- il y a 6 jours
Tous les jours, actualité, débats et bonne humeur rythment L'Heure des pros. Ce lundi, le décès de Philippe Bouvard à l'âge de 96 ans.
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00:00Elodie Huchard
00:01C'est la suite de l'heure des pros sur CNews et sur Europe 1.
00:08On continue cette émission en évoquant Philippe Bouvard.
00:11On a appris sa disparition à 96 ans il y a quelques minutes.
00:15Il s'est éteint en douceur à 8h, dit la station RTL où il officiait.
00:21On va regarder justement un résumé de la carrière de Philippe Bouvard.
00:28Humoriste, journaliste, animateur de radio, de télévision, écrivain.
00:32Philippe Bouvard a toujours été inclassable.
00:34Touche à tout de génie, cet observateur sans concession de ses contemporains
00:39en a égratigné plus d'un de sa plume trempée au vitriol.
00:43Parfois cynique, mais au final, pour mieux en rire,
00:46il ne s'épargnait pas et pratiquait volontiers l'autodérision.
00:49À la question « comment pensez-vous que l'on se souviendra de vous ? », il répondait
00:53« Je ne sais pas, je pense qu'on ne se souviendra pas de moi.
00:58Je pense que la postérité, je pense que je vais laisser une soixantaine de livres
01:04qui encombreront davantage les bibliothèques que les mémoires. »
01:08Philippe Bouvard le reconnaissait.
01:10Il est toujours resté ce petit enfant juif, abandonné par son père à la naissance,
01:14un 6 décembre 1929, et obligé de se cacher pendant la Seconde Guerre mondiale.
01:19« Mais ça m'a laissé le souvenir d'une enfance traquée, douloureuse,
01:26qui fait que je suis aujourd'hui un peu moins européen que d'autres. »
01:32Doué pour l'écriture, mais pas pour les études, il va échouer trois fois au bac.
01:36En 1952, Philippe Bouvard entre au Figaro comme coursier.
01:40Il a 23 ans et va gravir tous les échelons.
01:43Le simple stagiaire deviendra journaliste, éditorialiste,
01:46et finalement rédacteur en chef à François.
01:49Il sera également chroniqueur à l'Express, Paris Match, puis au Point.
01:53La radio lui fait du pied.
01:54En 1977, il lance « Les grosses têtes » sur RTL.
01:58L'émission deviendra culte et pendant un temps, la plus écoutée du PAF.
02:02Philippe Bouvard l'animera pendant 37 ans.
02:05À la télévision, son petit théâtre de Bouvard sera une rampe de lancement
02:08pour toute une génération de comédiens.
02:10Malgré son éviction des grosses têtes et la fin de plusieurs collaborations,
02:14Philippe Bouvard ne prendra jamais sa retraite
02:16et restera jusqu'au bout ce trublion impertinent, prêt à tout pour un bon mot.
02:23On le voit Olivier Vial, c'est plus de 65 ans de carrière Philippe Bouvard
02:28et c'est important de le rappeler parce que véritablement des monstres de la télé comme ça
02:32qui parviennent pendant plus de 60 ans à se renouveler, à créer des concepts,
02:38où on rappelle notamment que « Les grosses têtes »,
02:40il avait été congédié par RTL au début des années 2000.
02:43Il a réussi ensuite toujours quand même à rebondir.
02:46Donc c'est aussi ça, un talent de savoir gérer une carrière sur le temps long.
02:49Alors c'est vrai, dans le monde médiatique, pas uniquement bien sûr.
02:52Mais c'est vrai et surtout en fait ce qui est très intéressant,
02:54c'est de voir qu'il a commencé vraiment lui au bas de l'échelle,
02:58sans avoir de diplôme et pourtant en fait,
03:01il a réussi à passer de coursier jusqu'à cette personnalité
03:04qui aujourd'hui a inventé des concepts,
03:08à fédérer des familles autour de lui.
03:10C'est-à-dire qu'il a des familles d'artistes
03:12qu'il a réussi réellement à créer un esprit de bande.
03:16C'est vrai pour les grosses têtes.
03:18On se rappelle effectivement des sociétaires des grosses têtes
03:22qui ont marqué, on en a déjà parlé,
03:24mais Jean-Yann Kersozon, etc.
03:27Jacques Martin, où il y avait des affrontements entre eux
03:30qui étaient juste des moments de radio
03:32et puis après de télé qui étaient formidables.
03:35Et effectivement, ça, c'est lui qui a réussi à l'animer
03:37et à le faire durer dans le temps,
03:39tout en étant justement, en ayant commencé au tout bas de l'échelle.
03:43Et je pense que ça aussi, c'était une force pour lui.
03:45C'est qu'en fait, il n'avait plus rien à prouver.
03:46Il a réussi, qu'effectivement, il n'a pas eu besoin de coups de pouce,
03:49il n'a pas eu besoin de grandes familles,
03:52il n'a pas eu besoin, c'est son travail,
03:53c'est son talent qui l'a fait durer.
03:56Et c'est ce qui pouvait lui permettre, je pense,
03:57d'avoir cette forme de liberté.
03:58C'est qu'effectivement, il savait que sa carrière,
04:00il ne la devait qu'à lui.
04:02Ses idées et ses nouveaux formats, c'est lui qui les inventait,
04:05c'est lui qui les incarnait, c'est lui qui les portait.
04:08Et tout ça, en gardant, malgré cette carrière-là,
04:13malgré le fait qu'au fur et à mesure,
04:15il a acquis une culture énorme,
04:16il y avait toujours cet esprit potage très simple,
04:21très communicatif, qui a marqué les Français.
04:24Et puis, quand même, les audiences,
04:26parce qu'on parle à quel point il a marqué
04:28des générations entières.
04:29Naïma, au milieu des années 90,
04:31les grosses têtes, ça dépassait les 2 millions d'auditeurs quotidiens.
04:35C'est pour ça aussi que ces monstres de la télé
04:38arrivent à marquer les Français,
04:402 millions d'auditeurs quotidiens.
04:42C'est absolument énorme.
04:44Nos téléspectateurs, nos auditeurs
04:45ne se rendent pas forcément compte
04:46de ce que ça peut représenter.
04:47Ce sont des scores qui sont absolument incroyables.
04:51Parce que je pense aussi qu'ils correspondaient
04:53à ce que les Français attendaient.
04:56Cette culture bien française,
04:59cet esprit français,
05:01c'est l'humour potage,
05:02c'est l'humour franchuillard,
05:04c'est l'humour malicieux
05:06et sans filtre.
05:08Et c'est ça qui, lui, il a incarné.
05:10Et c'est ça qui représente,
05:12à mon avis,
05:14de ce que j'ai pu observer
05:16venant d'une autre culture.
05:17C'était ça, la culture française.
05:19Aujourd'hui, on n'arrête pas
05:20de remettre en cause
05:21ce qu'est la France,
05:22sa culture, son identité,
05:25avec d'ailleurs violence,
05:26avec beaucoup de violence.
05:28On veut même nier
05:30ce que, aujourd'hui,
05:31moi, je considère les Français de souche.
05:33C'est ça, l'esprit français, en fait.
05:35On le reconnaît, l'esprit français.
05:37Et c'est ça qui est dommage aujourd'hui.
05:39C'est pour ça que, tout à l'heure,
05:40j'en parlais à mon ami Maïmouna.
05:42C'est qu'il est regrettable
05:43que vous aviez
05:45les policiers
05:46comme l'ARCOM
05:46qui, aujourd'hui,
05:47voudraient effacer
05:48ce qu'est cet esprit français.
05:51On va regarder
05:51un certain nombre d'anecdotes.
05:53On va écouter ces anecdotes.
05:55Alors, il est arrivé
05:55au centre de formation
05:57des journalistes
05:57après trois échecs
05:59au BACHO.
06:00Il s'est fait, notamment,
06:01attraper parce qu'il rédigeait
06:02contre rémunération,
06:04visiblement,
06:04les copies
06:04de ses camarades.
06:06Et pendant son service militaire,
06:08il avait imaginé
06:09un journal
06:10pour son régiment.
06:11Donc, on voit quand même
06:12que le journalisme
06:13a été ancré en lui
06:14assez tôt.
06:15Maïmouna,
06:15on a parlé tout à l'heure
06:16de Léon Zitrone,
06:17un autre nom
06:18que les moins de 20 ans
06:19ne connaissent sans doute pas,
06:20celui de Pierre Lazareff
06:21puisqu'il l'a rencontré
06:23grâce à sa mère.
06:24C'était un voisin.
06:25Et donc,
06:26c'est justement
06:27Pierre Lazareff
06:27qui lui conseille,
06:28en fait,
06:28dans un premier temps,
06:29non pas une carrière
06:30de journaliste,
06:31mais d'abord
06:31une carrière commerciale.
06:33Visiblement,
06:33il n'avait pas vu
06:35le potentiel
06:36de Philippe Bouvard.
06:36Mais il est revenu
06:37à son amour
06:39de raison
06:40ou de cœur.
06:41Mais je pensais
06:42à un autre Pierre,
06:43Pierre Belmar.
06:44Mais pourquoi est-ce
06:44que Belmar n'a pas...
06:45Oui, mais en même temps,
06:46Pierre Belmar
06:46ou Pierre Lazareff
06:48restent dans le panthéon français
06:49de la création audiovisuelle
06:51et de la création journalistique
06:53puisque Lazareff,
06:54c'était surtout l'écriture.
06:56Parce que ce sont des gens
06:57qui avaient...
06:59Vous avez parlé de carrière.
07:01Je ne pense pas
07:01à l'idée de carrière
07:02les concernant.
07:03Je pense à l'idée
07:03de la vie.
07:04C'était une vie.
07:05C'était un souffle.
07:06C'était l'envie d'exister.
07:07La passion.
07:08C'est une passion.
07:09Voilà.
07:10Tous ces gens,
07:12un jour ou l'autre,
07:13devraient être là
07:14pour témoigner
07:15de la nécessité
07:16de l'urgence absolue
07:18de revenir
07:18à ces instruments de musique
07:19que sont la radio
07:21et la télé
07:21parce que ce sont
07:22des instruments
07:23qui nous unissent,
07:24en fait.
07:24Et il y a
07:25des points de convergence
07:26qui donnent
07:27de la solidité
07:28à une société.
07:30Moi, je me souviens
07:30de cette époque-là
07:31des années 70, 80 encore
07:32où les gens se disaient
07:33« Ah, mais à telle heure,
07:34il faut que j'écoute
07:35telle émission. »
07:36Et notamment l'idée
07:36de l'émission de Bouvard
07:38ou la revue de presse
07:41de Yvan Leva.
07:41Il y avait des moments
07:42comme ça
07:43qui étaient des points
07:44de jonction
07:45d'une société.
07:46On les a perdus,
07:47ces repères.
07:47C'est normal.
07:48C'est la société,
07:49c'est le monde qui avance.
07:51Est-ce que ce monde
07:52d'hier n'a pas
07:54des vertus
07:54à revenir
07:56quelque part ?
07:57Au moins,
07:58dans l'état d'esprit.
07:59C'est l'état d'esprit
08:00qui n'est plus là.
08:01C'est ça.
08:01On peut courir
08:02derrière ça
08:02et dire
08:03« Ah, c'était beau,
08:04c'était bien,
08:05c'était tellement utile,
08:06c'était tellement joyeux. »
08:07Et puis,
08:07il y avait des gens
08:08et des grands esprits,
08:09pas que des gens médiocres
08:10qui étaient là.
08:11Mais il y avait l'idée
08:12qu'on faisait partie
08:13d'un peuple,
08:14l'idée du peuple français.
08:15Ça, c'est vrai
08:15ce que vous dites.
08:17Vraiment,
08:18je me retrouve dans vos mots,
08:19Mémouna,
08:20c'était aussi
08:21la liberté de création.
08:22Vous pourrez même
08:23regarder le cinéma français.
08:25Oui.
08:25On a la nostalgie.
08:27Moi, j'adore regarder
08:28les vieux films
08:29avec nos grands acteurs
08:31qui ont traversé aussi
08:32les époques
08:32et qui restent pour nous
08:33des écones.
08:35Par exemple,
08:36rien que...
08:36Bon, Alain Delon,
08:38Alain Delon a été un monstre
08:39parce qu'il a incarné aussi
08:41cette liberté à la française.
08:42Je reviens toujours
08:43à ce mot, liberté.
08:44Et je pense qu'on ne peut pas créer,
08:46c'est pareil pour vous,
08:47les journalistes,
08:47c'est pareil pour vous,
08:49les présentateurs,
08:50sans cette liberté.
08:51Si vous êtes
08:52à un moment
08:55cadenassé,
08:56si on vous oblige
08:57attention à ceci,
08:58attention à cela,
08:58on ne peut pas.
08:59Et c'est, encore une fois,
09:01la France qui perd son âme.
09:03Vraiment,
09:03je reviens sur ça
09:04parce que je suis très inquiète
09:05de cette perte de liberté.
09:06Il n'y avait pas de régulateur
09:07d'audiovisuel pendant
09:08une très grande partie,
09:09pardon,
09:09j'ai pris la parole.
09:10Il n'y avait pas
09:11d'épée de Damoclès
09:13permanente
09:13avec des petits outils
09:15juridiques
09:15qui vont vous mettre
09:16dans telle case
09:16et tel petit signon,
09:18on va pouvoir vous
09:20serrer la corde au cou.
09:23Dernièrement.
09:23Ça veut dire quoi ?
09:24Ça veut dire qu'un jour
09:26ou l'autre,
09:26il faudra revenir
09:27sur ce concept
09:28de liberté
09:28tout en respectant
09:30forcément la dignité,
09:31la pluralité,
09:32tout ce qui est
09:33autour de la liberté,
09:33mais arrêtez,
09:35arrêtez de punir
09:36des gens de télé
09:37ou de radio
09:38parce qu'ils sortent
09:39du cadre.
09:40On va réécouter
09:40Philippe Bouvard
09:41qui justement parlait
09:42lui-même
09:43de cet esprit potache.
09:45Je reprends évidemment
09:46ces mots
09:46même si je revendique
09:47une certaine complaisance
09:48dans le registre
09:49de la braguette.
09:50L'exercice est plus périlleux
09:51qu'il n'y paraît.
09:52En radio,
09:53un bon mot
09:53qui vient 5 secondes trop tard
09:54n'est plus un bon mot.
09:55On parlait tout à l'heure
09:56de la difficulté
09:57d'être réactif
09:58et avant de réécouter
09:59Philippe Bouvard,
10:00deux chiffres.
10:01Philippe Bouvard,
10:02il avait estimé
10:03en 2013
10:04donc les chiffres
10:05ont dû augmenter depuis
10:05qu'il avait écrit
10:0630 000 articles
10:07et présenté au moins
10:086 000 émissions
10:09de télévision.
10:11On écoute maintenant
10:12Philippe Bouvard
10:12sur RTL.
10:14Les grosses têtes
10:15vous doivent
10:16la création
10:17de cette émission.
10:18RTL est très fier
10:20de vous avoir encore
10:21sur son antenne
10:22et moi-même
10:22j'ai toujours été très fier
10:24de vous avoir succédé
10:25même si parfois
10:26nous avons eu
10:26des mots
10:27parfois difficiles
10:28l'un envers l'autre.
10:30Sachez en tout cas
10:31et vous le savez très bien
10:32que vous resterez
10:32pour toujours
10:33un de mes maîtres
10:34dans ce métier
10:35Philippe Bouvard
10:35donc je vous remercie encore
10:37d'avoir créé cette émission
10:38qui m'a amusé
10:39quand j'étais jeune
10:40et dont je suis particulièrement fier
10:42d'avoir repris le flambeau
10:43depuis 10 ans
10:4410 saisons déjà quasiment
10:45vous les avez fait 37 ans
10:47alors je voudrais dire
10:48quand même
10:48que le flambeau
10:50qui a 58 ans
10:51que je le tiens
10:52alors il est devenu
10:54un petit lumignon
10:55quand même
10:56c'est important
10:58de pouvoir intervenir
10:59et de garder
11:01la confiance
11:02des auditeurs
11:03et les auditeurs
11:05je les embrasse
11:06les auditeurs
11:07un par un
11:07ça va faire du monde
11:08et il vous embrasse aussi
11:10et nous vous embrassons
11:11Au revoir Philippe
11:15Justement Philippe Bouvard
11:16d'abord en 2000
11:17il avait été remplacé
11:18à la présentation
11:20par Christophe de Chavanne
11:21mais avait été rappelé
11:22faute d'audience
11:24Philippe Bouvard
11:25qui parlait d'abandon
11:26justement
11:26quand il a été remplacé
11:28par Laurent Ruquier
11:29il disait
11:29ce n'est pas moi
11:30qui ai pris la décision
11:31d'arrêter
11:31mais je l'ai accepté
11:32l'annonce de cet abandon
11:34car c'en est un déchirement
11:36afin de reconnaître
11:37quelques années plus tard
11:38que lui-même
11:39sans doute
11:40n'aurait jamais
11:41arrêté de lui-même
11:42justement
11:42les grosses têtes
11:44on va revoir
11:44une nouvelle séquence
11:45de Philippe Bouvard
11:49Sur son avenir
11:51Je comprendrais
11:52qu'on m'arrête
11:53bien sûr
11:54bien sûr
11:55mais
11:56j'en serais assez triste
11:58et
11:58dans la minute
12:00qui suivra
12:02je chercherai autre chose
12:04je ne sais pas
12:04si ça sera la dernière
12:05des grosses têtes
12:06si c'est seulement
12:07ma dernière à moi
12:09je dis au revoir
12:11et puis
12:12le suivant arrive
12:14si c'est la fin
12:15des grosses têtes
12:16c'est la fin
12:17d'une petite époque
12:19et je verserai un pleur
12:21parce que
12:22les grosses têtes
12:23c'est mon bébé
12:24vous me direz
12:24quand un bébé
12:25a 38 ans
12:25il peut marcher tout seul
12:27un bébé
12:28un bébé qui a 38 ans
12:29peut marcher tout seul
12:29certes Olivier
12:30mais
12:31on a vu aussi
12:32en 2000
12:33quand il est parti
12:34les audiences
12:34qui vraiment
12:35ont baissé
12:36donc il y avait quand même
12:37un vrai aussi
12:38effet bouvard
12:39le concept
12:40il perdure encore aujourd'hui
12:41mais on n'est plus du tout
12:42dans les chiffres
12:43que je n'ai tout à l'heure
12:43en termes d'audience
12:44il y avait quand même
12:46il était à la fois
12:47le chef d'équipe
12:48mais il avait imposé
12:50sa personnalité
12:51il avait imposé son regard
12:53il avait imposé son rire
12:54et effectivement
12:54c'est de lui aussi
12:57que tenait
12:57toute la tonalité
12:58de l'émission
12:59parce que
13:00comme il a dit
13:00c'est une question de rythme
13:01et donc il fallait
13:02savoir exactement
13:03à quel moment
13:04on passait à autre chose
13:05à quel moment
13:06en fait c'était drôle
13:07à quel moment
13:07ça ne l'était plus
13:08et ça
13:08être en capacité
13:10de mener un rythme
13:11comme ça
13:11d'une émission
13:12où ça fuse
13:13dans tous les sens
13:14où vous avez
13:14autour de la table
13:15des monstres
13:17de l'humour
13:18des puits
13:19de science
13:20parce que
13:20comme on l'a rappelé
13:21à son époque
13:22c'était aussi
13:23la capacité
13:24à être un chef d'orchestre
13:25avec des personnalités
13:26mais formidables
13:27de Jean-Yann
13:28à Olivier de Kersozon
13:30en passant par Jacques Martin
13:32qui était lui aussi
13:33ou du tour
13:33ou du tour
13:34mais Jacques Martin
13:35qui était déjà à l'époque
13:36une très très grande
13:37personnalité de la télé
13:38et qui venait se mettre
13:39au service
13:39d'une émission
13:40de Philippe Bouvard
13:40donc on voit effectivement
13:42qu'il avait cette capacité-là
13:43à la fois
13:44de fédérer
13:45des personnalités
13:46et des talents
13:46et de leur donner
13:48le rythme
13:48et de leur donner
13:49une impulsion
13:49donc c'est normal
13:50qu'effectivement
13:51que quand lui part
13:52il y a une partie
13:53quand même
13:54même si le concept
13:55continue
13:56il y a une partie
13:56de l'âme
13:57qui a disparu
13:58et c'est normal aussi
13:59que lui ait eu du mal
14:00à faire le deuil
14:02de cette émission-là
14:03de la présentation
14:03de cette émission
14:04parce que c'était une famille
14:05c'était une famille
14:06et il y a un moment donné
14:07où en fait
14:08on lui demande
14:08de quitter la famille
14:09et je pense qu'effectivement
14:10ça a dû être un moment
14:10très dur pour lui
14:11On va écouter
14:14un nouvel extrait
14:14de Philippe Bouvard
14:16c'était sur Paris 1ère
14:17c'était sa dernière émission
14:21C'est le moment
14:22que je redoutais un peu
14:23que nous allons nous quitter
14:25pas complètement
14:27vous l'avez entendu
14:28mais je vais quitter
14:29les grosses têtes
14:30et les grosses têtes
14:32elles faisaient partie
14:34de ma vie
14:35comme elles faisaient partie
14:37de la vôtre
14:37je le sais
14:38alors elle faisait partie
14:40de ma vie
14:41parce qu'il y avait
14:41ces heures
14:42d'enregistrement
14:44deux heures
14:45par jour
14:47et toute l'année
14:49parce que les grosses têtes
14:50ne prenaient jamais
14:51de vacances
14:51et puis il y avait
14:52toute la préparation
14:54celle que
14:54vous ne soupçonniez
14:56souvent pas
14:57puis parfois oui
14:58parce que
14:58parce que
14:59j'avais la détestable
15:01habitude
15:01de ne poser
15:02que des questions
15:03dont je connaissais
15:04préalablement
15:05les réponses
15:07et donc
15:08ça faisait
15:087 à 8 heures
15:10par jour
15:10dédiées
15:11aux grosses têtes
15:12alors ça veut dire
15:14si vous allez me manquer
15:16alors je voudrais
15:17vous dire
15:18très simplement
15:19que je penserais
15:20souvent à vous
15:21que peut-être
15:22que j'aurai au téléphone
15:23dans une autre émission
15:25certains d'entre vous
15:26que vous avez été
15:28plus de la moitié
15:30de ma vie professionnelle
15:32sans doute
15:32la moitié
15:33la plus heureuse
15:35et que je vous embrasse
15:37tous
15:37merci
15:40on va rejoindre
15:41Yves Tréa
15:41dans un instant
15:42mais Naïma
15:42c'est aussi le talent
15:43de créer une troupe
15:45et de créer
15:45une famille
15:46une fois de plus
15:47dans les grossettes
15:47dans le petit théâtre
15:48de Bouvard
15:50on entend l'émotion
15:51dans la voix
15:51de Philippe Bouvard
15:52et je le dis
15:53pour nos auditeurs
15:53de Repin
15:54on voit surtout
15:54les larmes
15:55sur les joues
15:56de ceux
15:56qui ont travaillé
15:57avec lui
15:57parce que c'est vraiment
15:58une famille
15:59où en fait
16:00le patriarche
16:01doit céder sa place
16:03et il y a une émotion
16:04qui est sincère
16:05on voit bien
16:05qu'on n'est pas
16:06dans le faire valoir
16:08dans l'apparence
16:08vraiment
16:09ces gens sont tristes
16:10de se quitter
16:10oui ça se voit
16:11ça s'entend dans sa voix
16:12à Lucie
16:13puisqu'il retient ses larmes
16:14on voit les larmes
16:16des personnes
16:17qui ont fait partie
16:18de sa troupe
16:19c'est quand même 38 ans
16:20comme il l'a dit
16:20c'est une famille
16:21c'est son bébé
16:22et je trouve que
16:23d'être débarqué ainsi
16:25moi je ne le savais pas
16:25je pensais qu'il était
16:26parti de lui-même
16:27donc ça me rend
16:28d'autant plus
16:30vraiment très très triste
16:32et on se dit
16:34qu'en fait
16:35malgré les succès
16:37malgré le succès
16:38on peut être débarqué
16:39comme ça
16:40je pense que c'est
16:41quelque chose
16:41qu'il a dû
16:42par la suite
16:43très mal vivre
16:46vous savez
16:46les grosses têtes
16:47quand on les écoutait
16:47on a parlé de fraternité
16:49de troupes
16:51c'est que ce qu'on ressentait
16:53quand on les écoutait
16:54on ressentait vraiment
16:55de la complicité
16:56et le plaisir
16:57d'être ensemble
16:58on ne sentait pas
16:59que c'était une émission
17:00pour faire une émission
17:01ou un travail
17:01c'était vraiment
17:02le plaisir d'ensemble
17:02et je pense que lui
17:03il l'a vécu comme ça
17:04il retrouvait les siens
17:06il retrouvait quelqu'un
17:07les copains finalement
17:10son équipe
17:11et le côté fraternel
17:13et c'est pour ça
17:15que la mayonnaise
17:15elle prenait
17:16c'est pour ça
17:17que la mayonnaise
17:17elle le prenait
17:18aussi à notre niveau
17:19qui avait le plaisir
17:20à être dans cette
17:22ambiance de bande
17:23on va en parler
17:24également avec Yves Tréard
17:26bonjour
17:26merci d'être avec nous
17:27sur CNews
17:28et sur Europe 1
17:29on parlait véritablement
17:31en fait
17:31de cet esprit bouvard
17:33de la capacité
17:34qu'il avait
17:34à installer
17:35une ambiance
17:36une chaleur
17:37naturelle
17:38c'est aussi
17:39ça être un chef
17:40d'orchestre
17:41d'émission
17:41c'est de créer
17:42en fait une troupe
17:43et de créer
17:44finalement une sorte
17:45de cohésion
17:46qui fait que
17:47pour le téléspectateur
17:48pour l'auditeur
17:49c'est toujours un moment
17:49agréable à écouter
17:51ou à regarder
17:52oui alors moi
17:53je voudrais quand même
17:54vous dire une chose
17:55c'est que j'interviens
17:56là en qualité
17:57de journaliste
17:57et de directeur adjoint
17:58de la rédaction
17:59du Figaro
17:59et d'abord
18:00pour préciser
18:01que Philippe Bouvard
18:03était un journaliste
18:04de presse écrite
18:04à l'origine
18:05il a commencé
18:06au Figaro
18:06il a commencé
18:07comme garçon d'étage
18:08comme garçon de course
18:10en 1952
18:11et il a fini
18:12comme éditorialiste
18:14au Figaro
18:14comme billettiste
18:15donc c'est vous dire
18:17le parcours
18:17qu'il a effectué
18:20il a quitté
18:21après le Figaro
18:22pendant un temps
18:22pour être billettiste
18:24et il a été
18:25mon billettiste
18:26d'ailleurs à François
18:27quand j'étais directeur
18:27de la rédaction
18:28de François
18:29il a été billettiste
18:30de François
18:31pendant très longtemps
18:32c'était un billet
18:33qui s'appelait
18:34ETOC
18:34et qui était
18:35à la une de François
18:36tous les jours
18:37et que les lecteurs
18:38je peux le dire
18:39s'arrachaient
18:40parce que c'était
18:41un billet
18:41plein d'humour
18:42qui surfait
18:43sur l'actualité
18:44et puis là aussi
18:46en même temps
18:46parallèlement
18:47il avait une page
18:48en dernière page
18:49du Figaro magazine
18:51qu'il écrivait
18:52toutes les semaines
18:53et donc c'était
18:54un journaliste
18:55non seulement
18:56un meneur de revue
18:58si je puis dire
18:58à la radio
18:59et à la télévision
19:00mais aussi
19:01et d'abord
19:02un journaliste
19:03de presse écrite
19:04qui avait commencé
19:05au Figaro
19:06en 1952
19:07et ça
19:07il ne faut pas l'oublier
19:08bien sûr
19:09et je recitais
19:10ces chiffres
19:10tout à l'heure
19:11Philippe Bouvard
19:12en 2013
19:12disait qu'il avait
19:13écrit environ
19:1530 000 articles
19:16alors c'est vrai
19:17que souvent
19:18on retient
19:19les séquences
19:19des grosses têtes
19:20mais sa passion
19:20aussi pour l'écriture
19:22une écriture
19:23comme il était
19:23finalement à l'antenne
19:24à la radio
19:25ou à la télé
19:26extrêmement incisive
19:27pointue
19:28et ça n'est pas forcément
19:30donné à tout le monde
19:30justement
19:31de faire des billets
19:32comme vous le mentionniez
19:33avec autant finalement
19:34d'esprit
19:35si j'ose dire
19:37oui c'est pas évident
19:38c'est un exercice
19:39exigeant
19:40très particulier
19:42parce qu'il ne faut pas
19:44se louper dans l'humour
19:45l'humour peut être
19:46facilement
19:47assez gras
19:48assez
19:50tombé à côté
19:51de la plaque
19:52et avec lui
19:53je dirais que
19:54dans son billet de François
19:55notamment
19:55qui était quotidien
19:56lui
19:56c'était tous les jours
19:58à la une du journal
19:59et bien il fallait
20:00qu'il trouve
20:02une astuce
20:04quelque chose
20:05pour faire sourire
20:06et pour justement
20:07montrer que l'actualité
20:08et bien
20:09pouvait être envisagée
20:10aussi
20:10avec le sourire
20:12de l'humour
20:13du recul
20:13et ça en montrait
20:15d'ailleurs
20:15l'aspect
20:17nécessairement
20:18un petit peu
20:18dramatique
20:19de cette actualité
20:20mais avec
20:21une plume
20:22qui était une plume
20:23décalée
20:23qui était une plume
20:24différente
20:25qui n'était pas une plume
20:26de la démonstration
20:27mais qui était une plume
20:28et bien
20:29de l'exposition
20:30si je puis dire
20:31On voit dans un certain
20:33nombre de citations
20:34qu'il a pu faire
20:35peut-être un regret
20:36du côté de l'écriture
20:37il disait
20:37après avoir
20:38tellement écrit
20:39sans laisser une œuvre
20:40quelle performance
20:42il était peut-être
20:44aussi déçu
20:45ou frustré
20:45qu'on retienne davantage
20:47ses aventures
20:48télévisuelles
20:48ou radiophoniques
20:50et que ses écrits
20:51que ce soit
20:51les articles
20:52ou les ouvrages
20:53passent peut-être
20:54un peu plus inaperçus
20:56ou en tout cas
20:56qu'on les oublie
20:57un peu plus rapidement
20:59Certes
20:59c'est effectivement
21:00vous avez raison
21:01je pense que
21:01dans le grand public
21:03le grand public
21:04retiendra davantage
21:06l'homme de radio
21:07l'homme des grosses têtes
21:08évidemment
21:08qui ont marqué
21:10et qui ont marqué
21:11l'histoire
21:12de la radio française
21:14homme de télévision
21:15aussi
21:15il ne faut pas oublier
21:16qu'il y avait
21:16une émission
21:17qui était très regardée
21:18le samedi soir
21:20pendant très longtemps
21:21qui était une émission
21:23chez Maxime
21:24ce qui était
21:24tout à fait étonnante
21:25qui était un petit peu
21:27l'ancêtre
21:28des émissions
21:29qu'on verra
21:30plus tard
21:31avec d'autres présentateurs
21:33et c'est vrai
21:34vous avez
21:36raison d'indiquer
21:38qu'il a aussi écrit
21:39des livres
21:40des livres
21:41qui finalement
21:42sont dans le même esprit
21:43que ses chroniques
21:44dans les journaux
21:46dans Figaro
21:47et dans François
21:49et c'est des livres
21:50qui à chaque fois
21:51se vendaient
21:52plutôt assez bien
21:53et qui envisageaient
21:54ou ils se mettaient
21:55en scène
21:56à chaque fois
21:56c'était
21:59des livres
22:00qui racontaient
22:01il y en a un
22:01notamment
22:01qui raconte
22:02sa passion
22:03pour le jeu
22:03comme vous le savez
22:05Philippe Bouvard
22:05s'est fait interdire
22:06de Casino
22:07parce qu'il avait
22:08une passion
22:10effrénée
22:10pour les jeux
22:12Merci beaucoup
22:13Yves Tréhard
22:14d'avoir été avec nous
22:15et d'avoir rappelé
22:16effectivement
22:16les débuts
22:17de Philippe Bouvard
22:18au Figaro
22:19c'est vrai que
22:20Mémona
22:20c'est parfois aussi
22:21la difficulté
22:22pour ses animateurs
22:23c'est-à-dire
22:23qu'on retient
22:25et nous-mêmes
22:25on l'a dit
22:26d'ailleurs
22:26assez naturellement
22:27le rire
22:27de Philippe Bouvard
22:29ses blagues
22:29son esprit
22:30mais en tant que journaliste
22:32je le rappelais
22:33au moins 30 000 articles
22:34écrits
22:35des livres
22:36aussi qu'il a publiés
22:37et il y a un côté
22:38un peu injuste
22:38c'est que
22:39le grand public
22:40retiendra forcément
22:41Philippe Bouvard
22:42et qu'il y a
22:42les grosses têtes
22:43le petit théâtre de Bouvard
22:44et sans doute moins
22:45en réalité
22:46ses livres
22:47on peut comprendre aussi
22:47peut-être la frustration
22:49souvent en fait
22:50on nous met un peu
22:50dans une case quand même
22:51on sacralise les cris
22:52et on a raison
22:53mais c'est vrai que
22:54ses émissions
22:55à la radio et à la télé
22:56avaient un tel
22:57pouvoir de séduction
22:59et le succès
22:59était si phénoménal
23:00que ça ne pouvait pas
23:02faire le même poids
23:02et Bouvard a écrit
23:04jusqu'à très tardivement
23:05je suis allée vérifier
23:06parce que je me souvenais
23:07qu'on avait signé
23:08tous les deux
23:09dans le même journal régional
23:10le Midi Libre
23:11et après 2021
23:12quand il a quitté
23:13le Figaro Magazine
23:14je l'ai revérifié à l'instant
23:15il a continué à écrire
23:16ça s'appelait
23:17L'œil de Bouvard
23:18et ces types-là
23:19c'est un peu comme Molière
23:21il meurt en place
23:23c'est très difficile
23:24de quitter
23:25ces métiers
23:26ces professions
23:27qui sont avant tout
23:28des passions
23:28c'est extrêmement difficile
23:29vous ne pouvez pas
23:31vous ne pouvez pas
23:32vous dire
23:33à un moment donné
23:33je décroche
23:34sinon vous mourrez
23:35voilà
23:36et puis on peut faire
23:37le parallèle
23:37effectivement sur ce point-là
23:38Olivier Vial
23:39on voit par exemple
23:40des Michel Drucker
23:40ce genre de monstre sacré
23:42de la télé
23:43qui reste jusqu'au bout
23:44parce qu'en fait
23:44leur vie et leur métier
23:46c'est la même chose
23:47oui
23:47et c'est d'autant plus vrai
23:49qu'en réalité
23:49il n'a pas de métier
23:51il est passé par la presse écrite
23:53il écrit des romans
23:54il écrit
23:55il fait de la radio
23:57etc
23:57effectivement
23:57c'est son vrai métier
23:59c'est son regard
23:59c'est sa vision
24:01et après il est capable
24:02de tout faire
24:02pour amener ça
24:04et donc ça effectivement
24:04c'est ce qui lui permet
24:05d'ailleurs sans doute
24:06de durer
24:06c'est qu'effectivement
24:07il ne sait pas
24:08comme aujourd'hui
24:09on a une tendance
24:09à s'hyper spécialiser
24:11là lui
24:11l'idée c'était
24:12ce qu'on appelait à l'époque
24:13les honnêtes hommes
24:14celui qui a une culture
24:15très générale
24:16et qui peut à peu près
24:17tout faire
24:17et il l'a montré
24:18en commençant
24:19comme l'a rappelé Yves Tréard
24:21en commençant
24:22comme simple coursier
24:23pour finir éditorialiste
24:24ensuite directeur
24:27d'un quotidien
24:29puis après
24:30en faisant toute sa carrière
24:31à la télé
24:31et à la radio
24:32donc c'est vrai
24:33que c'est plus une vie
24:34vous l'aviez dit tout à l'heure
24:35c'est plus une vie
24:36qu'une carrière
24:36en tant que telle
24:37puisqu'en réalité
24:38le point commun
24:39c'est simplement
24:40qu'il a ce regard
24:41sur l'actualité
24:43sur la vie
24:43et qu'il a envie
24:44de le partager
24:44et il va le partager
24:45de toutes les façons possibles
24:47et c'est l'heure
24:48de saluer
24:49nos auditeurs
24:50d'Europe 1
24:51qui vont retrouver
24:52tout de suite
24:52Julien Pichnet
24:53pour le club
24:55de l'été
24:57bonjour Julien
24:57quel est le programme
24:58aujourd'hui
24:59de l'émission
24:59bonjour Elodie
25:00et bonjour à tous
25:01on va évoquer évidemment
25:02la mémoire de Philippe Bouvin
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