- il y a 6 jours
Natascha Kampusch, une petite autrichienne de 10 ans enlevée sur le chemin de l'école. Huit ans plus tard, le 23 août 2006, elle retrouvait la lumière, émergeant titubante, d'une prison en sous-sol. Son ravisseur ne délivrera aucun de ses secrets. Vingt ans après sa libération, la jeune femme n'a jamais tout dit sur sa captivité.
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:04Et avant de retrouver Jean-Alphonse, c'est l'heure du crime. Toute l'actualité avec vous, Aude Vernuccio. Bonjour
00:08Aude.
00:08Bonjour Amandine, bonjour à tous. La France perd une figure libre, une grosse tête.
00:13Les mots d'Emmanuel Macron après la mort de Philippe Bouvard, icône de l'émission phare de RTL.
00:18Il s'est éteint à 96 ans chez lui à Cannes ce matin, selon sa femme.
00:22Le chef de l'État salue aussi son humour et se goussit français du bon mot.
00:27Sur le réseau social X, Laurent Ruquier qui a repris les grosses têtes en 2014, rend hommage lui à l
00:33'homme et à son succès.
00:34C'est un record qui je pense ne sera jamais battu à la radio.
00:3737 ans à animer une émission, à faire que ce soit un rendez-vous pour une majorité de français.
00:43Ça reste l'émission numéro 1, toutes radios confondues.
00:46Ça l'était déjà à l'époque de Philippe Bouvard.
00:48Même Coluche sur Europa n'a jamais détrôné les grosses têtes de Philippe Bouvard.
00:53Laurent Ruquier avec Céline Landreau et émission spéciale, on disait, à 15h30.
00:58Appelez le 3210 pour partager vos souvenirs de Philippe Bouvard.
01:02À huit mois de la présidentielle, notre sondage Harris Interactive Toluna pour RTL.
01:06Pour la première fois, Jean-Luc Mélenchon est en capacité de se qualifier au second tour de la présidentielle.
01:11L'insoumis qui, dans certains cas, devance même Edouard Philippe.
01:14Il recueille entre 16 et 18% des intentions de vote.
01:17Marine Le Pen du RN, elle caracole en tête avec 35 à 38% au premier tour.
01:23Olivier Bost le disait dans le journal de Midi 30.
01:25À ce stade, un duel Mélenchon-Le Pen est possible au second tour.
01:29Ça se jouerait à quelques milliers de voix quand même avec Edouard Philippe en baisse.
01:33Le troisième et dernier candidat qui peut prétendre aujourd'hui au second tour.
01:37Et c'est bien ce qu'il faut retenir de ce sondage RTL Harris Interactive.
01:41La force et la dynamique de la radicalité.
01:45Si nous additionnons les scores de Marine Le Pen et de Jean-Luc Mélenchon, cela fait plus d'un électeur
01:49sur deux.
01:50Car Marine Le Pen est aussi en progression.
01:52Elle recueille entre 35 et 38% des intentions de vote.
01:55Dans tous les cas de figure, au second tour, la candidate du RN l'emporterait.
02:01Pour les autres candidats, l'argument « je suis le seul qui peut battre Marine Le Pen » n'existe
02:06pas ou n'existe plus.
02:07C'est le fait de cette rentrée politique dans cette campagne présidentielle qui ne fait que commencer.
02:12Également à retenir, 3000 foyers toujours privés d'électricité dans les Landes.
02:17Après le passage des orages, une trentaine de résidents de maisons sinistrées ont été accueillis dans un centre à Perorade.
02:22Le préfet des Landes indique que dans ce secteur, l'autoroute A641 est toujours coupée dans les deux sens.
02:28La météo et 18 départements placés en vigilance orange aux orages par Météo France,
02:33du sud-ouest au massif central et jusqu'en Méditerranée.
02:36Les températures de 22 à 26 degrés près de la Manche, de 26 à 29 degrés en général et jusqu
02:42'à 32 degrés dans la moitié sud.
02:45RTL, il est 14h03, tout de suite l'heure du crime avec vous Jean-Alphonse Richard.
02:49Merci beaucoup, Otver Noutchou.
02:50On vous retrouve évidemment à 15h pour l'info.
02:52Mais tout de suite, c'est l'heure du crime.
03:04Ce jour-là, je me suis dit peut-être qu'une occasion pour me libérer ne se présentera plus jamais.
03:10Et je me suis rendue compte de manière très forte que si je ne m'échappais pas, j'allais rester
03:16à l'infini, dans sa cage, enfermée.
03:20Bonjour, Natacha Kampouche, une petite autrichienne de 10 ans enlevée sur le chemin de l'école 8 ans plus tard.
03:28Le 23 août 2006, elle retrouvait la lumière émergente titubante d'une prison en sous-sol.
03:34Son ravisseur ne délivrera aucun de ses secrets.
03:3820 ans après sa libération, la jeune femme n'a jamais tout dit sur sa captivité, sauf peut-être à
03:44son psychiatre.
03:44Alors, Natacha Kampouche, la vérité enfouie, l'heure du crime, la seule émission Radio 100% fait divers, c'est
03:52tout de suite sur RTL.
04:00Lundi 2 mars 1998, autour de 16h15, Brigitta Simi Kampouche se demande pourquoi sa fille Natacha, 10 ans, n'est
04:09toujours pas rentrée de l'école.
04:11Elle devrait être là, depuis une bonne demi-heure.
04:15La barre d'immeuble où la mère et la fille vivent, dans le quartier de Donaustadt, au nord de Vienne,
04:21n'est qu'à un quart d'heure à pied de l'école élémentaire.
04:25Natacha Kampouche s'y est rendue le matin, son cartable sur le dos.
04:29La maman se renseigne, elle apprend, avec un frisson d'effroi, que sa fille ne s'est pas présentée à
04:36l'école.
04:36Le commissariat de quartier est alerté, puis la brigade criminelle de Vienne.
04:41La thèse d'une fugue n'est pas écartée.
04:44Pendant de longues semaines, la police va ainsi s'intéresser aux parents récemment séparés de Natacha Kampouche.
04:51Le couple se dispute très fréquemment.
04:54L'ambiance est tendue.
04:56Brigitte Simicampouche finit par dire qu'elle a eu des mots le matin même avec sa fille.
05:02La maman est un temps suspectée.
05:04Même son mari, le boulanger Ludwig Koch, laisse entendre que son ex-épouse ne serait pas étrangère à la disparition.
05:13Lui aussi est placé sous surveillance.
05:15Il possède une maison juste de l'autre côté de la frontière, en Hongrie, près de Bratislava.
05:21Là, propriété est perquisitionnée.
05:24500 policiers participent pendant des semaines aux recherches, en Autriche et à l'étranger, mais aucune trace de l'écolière.
05:34Les enquêteurs ont du mal à rassembler des témoignages fiables sur la disparition de Natacha Kampouche.
05:40La plupart des déclarations sont fantaisistes, et l'absence de vidéosurveillance sur le trajet suivi par l'écolière ne facilite
05:48guère les recherches.
05:49Plus d'une semaine après la disparition, les déclarations d'une petite fille de 12 ans, prénommée Ishtar, ont retenu
05:56toutefois l'attention.
05:58Elle aussi se rendait à l'école en empruntant la rue Mélangas.
06:02Elle se souvient avoir vu un homme embarquer une enfant de son âge dans une camionnette blanche.
06:08La petite fille correspond à la description de Natacha.
06:12Cheveux châtain clair, visage rond, 1m45 pour 45 kg, cartable sur le dos, manteau rouge.
06:20L'écolière est persuadée qu'il y avait deux hommes dans ce fourgon Volkswagen garé dans la rue.
06:25Impossible de décrire les individus, elle est réinterrogée plusieurs fois, mais la petite Ishtar ne varie jamais dans ses déclarations.
06:33Les enquêteurs soupçonnent un rapt organisé.
06:37L'entourage familial est à nouveau exploré, avant de privilégier la piste de maniaques sexuels ou d'un réseau pédophile.
06:44Près de 700 propriétaires de fourgon Volkswagen blancs sont interrogés.
06:49Au cours de ce porte-à-porte, les policiers se présentent chez le dénommé Wolfgang Pricklopil.
06:55Il, 36 ans, formé chez l'électronicien Simmons, il gagne sa vie en retapant et en vendant des appartements.
07:03Un célibataire inconnu de la police, jamais cité dans des affaires de mœurs.
07:07La seule fois où la police est intervenue chez lui, c'était après une plainte des voisins.
07:11Il tirait à la carabine sur des pigeons.
07:15Pricklopil a hérité de cette maison de Strassoff, à 17 km du centre de Vienne.
07:20Le jour de la disparition, dit-il, il était sur un chantier.
07:24La police n'insiste pas, elle vient de passer à côté de la disparue.
07:30Nous cherchions un corps, pas une petite fille vivante, reconnaîtra le patron de la brigade criminelle.
07:39Vendredi 9 juillet 2004, 6 ans, après la disparition de l'intachat Kampouche,
07:44la police judiciaire autrichienne indique avoir effectué des vérifications sur le français Michel Fourniret.
07:49Il est détenu en Belgique, Fourniret a retenu, reconnu, 9 assassinats en France et en Belgique.
07:56Il aurait pu donc voyager en Autriche, au volant de son fourgon blanc.
08:01Mais la piste est abandonnée.
08:02Les portraits de Natacha Kampouche, vieillis grâce à la technique du morphing,
08:07sont affichés dans les commissariats, les bâtiments publics, les magasins.
08:12Personne n'a croisé cette adolescente blonde qui aurait alors 16 ans.
08:19Personne n'a croisé Natacha Kampouche, c'est pourtant chose d'incroyable.
08:23Des personnes l'ont vue et l'ont même saluée sans savoir qui vraiment elle était.
08:27Jamais seule dans tous les cas, toujours en compagnie de Wolfgang Priclopil,
08:32le très discret artisan électricien de Strassoff.
08:358 ans après l'enlèvement et alors que les enquêteurs n'ont plus aucun espoir
08:39de retrouver la petite Autrichienne vivante,
08:43eh bien l'incroyable va survenir.
08:45Mais ça, on va voir tout ce rebondissement dans la suite de l'heure du crime.
08:51Il faut maintenant se replacer effectivement à ce 2 mars 1998,
08:57cette petite fille de 10 ans qui disparaît.
09:00Bonjour Joël Stoltz.
09:03Merci beaucoup d'être avec nous aujourd'hui dans l'heure du crime.
09:06Joël Stoltz, vous êtes journaliste, vous êtes correspondante du Monde à Vienne,
09:11en Autriche évidemment cette histoire, vous la connaissez, elle vous est familière
09:14parce qu'en Autriche tout le monde connaît évidemment Natacha Kampouche.
09:20Les recherches vont être tout de suite très importantes, très soutenues
09:24parce qu'on prend vraiment à cœur d'avoir une réponse,
09:28de savoir où se trouve cette petite fille à l'époque, 10 ans.
09:32Oui, beaucoup de recherches sont entreprises,
09:34avec donc les témoignages d'une écolière qui l'avait accompagnée,
09:38de la famille, de la mère avec qui elle vivait.
09:41Les policiers et beaucoup de journalistes se sont persuadés qu'elle était morte
09:47et qu'on ne retrouverait jamais peut-être son cadavre,
09:53mais en tout cas c'était difficile d'imaginer qu'elle a été détenue.
09:58C'est-à-dire que c'était difficile à imaginer.
09:59C'était difficile à imaginer, je vous comprends bien,
10:02parce que là c'est le silence le plus total.
10:04Cette petite fille a disparu, évidemment qu'elle a été sans doute enlevée,
10:07mais on craint le pire, on craint un maniaque
10:09et surtout on craint peut-être de retrouver un jour son cadavre.
10:13Hélène Coll, bonjour.
10:15Bonjour.
10:16Merci beaucoup d'être avec nous également en direct dans cette heure du crime.
10:20Vous êtes notre correspondante RTL en Allemagne et vous aussi,
10:23vous connaissez bien cette affaire, vous l'avez suivie,
10:25vous l'avez couverte à épisodes successifs.
10:28Alors, le doute va perdurer tout de suite sur une fugue.
10:32Ça va prendre du temps quand même,
10:33avec une possible implication du père ou de la mère.
10:36Pourquoi ? Pourquoi on s'intéresse aux parents ?
10:39Alors, en fait, moi j'ai suivi l'affaire Natacha une fois qu'elle a été libérée.
10:43Donc, je pense que Joël Stoll, je ne pourrai plus en dire
10:45sur vraiment ce qui s'est passé au moment de l'enlèvement.
10:47Mais effectivement, ce qu'on a appris au moment où elle est sortie,
10:50elle est mise de ce cachot terrible et qu'elle est sortie de son enfer,
10:55on a appris des choses sur la famille avant qu'elle soit enlevée.
10:58Et c'est vrai, par exemple, qu'on a appris que c'était une petite fille
11:01qui avait une enfance, pas difficile, mais compliquée,
11:04des troubles alimentaires, elle a longtemps fait pipi au lit.
11:07Elle est née bien après deux demi-sœurs, donc qui est partie du domicile.
11:12Alors, ses parents étaient séparés, fraîchement séparés.
11:15Père qui avait eu des problèmes d'alcoolisme, une mère qui,
11:19de ses propres mots, Natacha Kampouch a dit, sa mère était très dure.
11:22Elle avait une dureté de caractère, peut-être même une forme de brutalité.
11:26En tout cas, Natacha Kampouch a dit, ça c'est important pour la suite,
11:29que quand elle était soumise à l'emprise de son ravisseur,
11:33elle a toujours pensé à la dureté de caractère de sa mère.
11:36Et c'est ça qui lui a donné un cap à tenir.
11:38Par exemple, pendant toute sa détention, elle ne l'a jamais cédée,
11:41elle ne l'a jamais appelée maître comme il le souhaitait.
11:43Et ça, c'était parce qu'elle avait vécu une enfance face à une mère très dure.
11:47Donc, c'est peut-être aussi pour ça qu'au début,
11:49on a peut-être supposé une implication du père ou de la mère.
11:54Bonjour docteur Paul Bainsoussan.
11:56Bonjour Jean-Alphonse.
11:57Merci beaucoup d'être avec nous aujourd'hui dans le studio L'Heure du Crime,
12:00expert psychiatre auprès des tribunaux.
12:01Vous vous intéressez beaucoup à cette affaire, vous la connaissez bien.
12:03Vous avez lu et relu tous les rapports qui ont été faits là-dessus.
12:06C'est intéressant ce que dit Hélène Cole sur la maman.
12:09On va chercher les parents parce que ça ne va pas dans la famille.
12:12On se dit après tout, pourquoi ?
12:13Elle aurait pu fuguer cette politique.
12:15C'est ça, il y a une séparation parentale conflictuelle récente.
12:18Des disputes entre les parents dont Natacha est souvent l'objet.
12:22Donc tout ça peut, un conflit mère-fille bien sûr,
12:25l'alcoolisme du père, tout ça peut orienter.
12:28On comprend très bien que les enquêteurs à l'époque n'excluent aucune piste.
12:32Mais dans la piste extra-familiale,
12:34et c'est ce qui va faire que l'enquête va se fourvoyer,
12:37on a surtout privilégié l'hypothèse d'un sujet aux antécédents sexuels,
12:42d'un ravisseur aux antécédents sexuels.
12:43Oui, pédophiles, ce genre de profil.
12:46Paul Gang, Pricklopil étant exemple de tout antécédent judiciaire,
12:50en particulier sexuel,
12:51va passer crème, si j'ose dire, auprès des enquêteurs lorsqu'il sera interrogé.
12:56Intéressant aussi, c'est le fait que quand il reçoit la visite des policiers,
13:00Pricklopil, là on est au tout début de l'affaire,
13:02ils font le tour des propriétaires de Volkswagen Blanc,
13:07il reste de marbre.
13:09Il n'y a rien qui permet d'identifier une possible implication.
13:13C'est étonnant ce genre de profil.
13:15C'est un être froid, méthodique, pour ce qu'on peut savoir de lui aujourd'hui,
13:20obsessionnel, qui a très longuement préparé l'enlèvement,
13:23mais surtout la séquestration,
13:25avec une cache enfouie de façon souterraine,
13:27avec plusieurs portes, des véritables passages secrets.
13:31On comprend très bien que la police ne va pas perquisitionner
13:34des centaines de domiciles,
13:36puisqu'il y a des centaines de propriétaires de Volkswagen Blanc.
13:40Il a un alibi, il était sur un chantier,
13:43ça va très bien se passer.
13:44Joël Stoltz, encore une question pour vous, avec le recul.
13:47Alors c'est facile de refaire l'histoire,
13:48quand on a la clé de l'énigme, c'est plus beaucoup plus facile.
13:52Pourquoi est-ce qu'à l'époque, on passe à côté de Volkswagen Pricklopil ?
13:56Oui, c'est vrai qu'il faut comparer avec ce qui s'est passé
14:00dix ans plus tôt en Belgique,
14:02l'affaire Dutroux, qui est évidemment différente,
14:04mais c'était aussi une affaire de disparition et de séquestration.
14:08Et c'était pour un petit pays, la Belgique comme l'Autriche,
14:13c'était très difficile d'imaginer que ça puisse se produire.
14:17Et donc, ce n'est pas totalement étonnant qu'il soit passé à côté.
14:22Après huit ans de silence,
14:24une adolescente fluette frappe à la porte d'une maison.
14:28Natacha Kampouche, la vérité enfouie,
14:31elle était dans mon jardin.
14:32Elle me disait qu'elle s'était enfuie et qu'il allait la tuer.
14:35Elle était sincère, elle tenait à peine sur ses jambes.
14:38L'enquête de l'heure du crime, je vous retrouve dans un instant sur RTL.
14:47Bonne journée sur RTL.
14:54L'heure du crime, présentée par Jean-Alphonse Richard sur RTL.
14:58Au programme de l'heure du crime, l'affaire Natacha Kampouche.
15:01Cette écolière, 10 ans, a disparu en mars 88 au détour d'une rue de Vienne, en Autriche.
15:07Leur apte ne fait pas de doute, plus d'espoir de la retrouver en vie.
15:12Huit ans plus tard, elle va pourtant réapparaître, vivante.
15:19Mercredi 23 août 2006, aux alentours de 13h, Ingeborg Kozik, une retraitée qui habite Dutch Wagram, dans la banlieue de
15:28Vienne, est attirée par des appels sous la fenêtre de sa cuisine.
15:32C'est une jeune fille au teintre et pâle, maigre, les cheveux teints en blond, qui demande de l'aide.
15:38Elle a poussé le portail, elle veut entrer.
15:41Elle vient de Strassoff, la commune voisine.
15:44Elle a traversé des jardiners.
15:46Elle est en fuite.
15:47Elle affirme être Natacha Kampouche.
15:50L'écolière disparue il y a 8 ans.
15:51Elle avait 10 ans.
15:52Elle en a 18.
15:53Elle dit à la retraitée d'aller vérifier, dans des vieux journaux qui ont parlé de l'enlèvement.
15:59Ingeborg Kozik la laisse entrer.
16:02Elle était sincère.
16:03Elle était très excitée.
16:04Elle tenait à peine sur ses jambes, va déclarer la retraitée.
16:07Deux policiers se présentent à la maison.
16:09Ils sont incapables de reconnaître Natacha Kampouche.
16:12Mais la jeune fille livre une cascade de détails.
16:16Elle était séquestrée au numéro 60 de Einestrasse à Strassoff.
16:23Prisonnière, dans un sous-sol, dans le garage.
16:26Son ravisseur s'appelle Wolfgang Priklopil.
16:29Tout à l'heure, il lui a demandé de passer l'aspirateur dans sa voiture, une BMW rouge.
16:34Il a reçu un coup de fil, mais comme l'aspirateur faisait trop de bruit, il est rentré dans la
16:39maison.
16:40Elle en a profité pour s'enfuir.
16:42Elle a laissé l'aspirateur tourner, a sauté la clôture et a couru le plus vite possible.
16:46L'adolescente est conduite au poste de police de Dutch Wagram pour vérification.
16:51Le médecin la décrit comme anémiée.
16:54Elle ne pèse que 42 kilos pour en mettre 60.
16:58En 8 ans, elle n'aurait grandi que de 15 centimètres.
17:01Conséquence de sa réclusion forcée.
17:04Ses empreintes digitales sont bien celles.
17:06De Natacha Kampouche, une cicatrice, signalée par les parents et présente.
17:11L'ADN confirme l'identité.
17:17Les policiers se précipitent chez Wolfgang Priclopil, une maison jaune entourée d'un jardin impeccable.
17:24Les volets roulants sont tirés.
17:26Il y a des caméras de vidéosurveillance aux quatre coins de la propriété.
17:29Le suspect n'est plus là.
17:30Son coupé BMW rouge non plus.
17:33La voiture est aperçue un peu plus tard sur le périphérique de Vienne, mais on perd sa trace.
17:38Dans le garage, propre, sans désordre, une trappe cachée par l'établi donne accès à un escalier de neuf marches.
17:46En bas, camouflé par une armoire métallique, on découvre un boyau qu'on ne peut franchir qu'à genoux.
17:53Il aboutit à une pièce bétonnée, sans fenêtre, insonorisée, 5 mètres carrés.
17:59Un lit, un bureau, une chaise, un lavabo, un WC.
18:02Des vêtements de femmes sont suspendus à des cintres.
18:05Aucune trace de chaîne ou de lien dans cette cachette.
18:08Elle pouvait lire les journaux, regarder la télé, écouter la radio, mais toujours sous le contrôle de son ravisseur, annonce
18:15le commissaire Gerhard Lang.
18:17La traque de Wolfgang Pricklopil tourne court.
18:21Après avoir pris la fuite, il a appelé vers 14h son seul ami, c'est son associé, Ernst Holzaffel.
18:27Il lui a demandé de venir le chercher dans un centre commercial.
18:31Il lui a raconté que la police le cherchait parce qu'il ne se serait pas arrêté à un banal
18:36contrôle routier.
18:37Et Holzaffel passe 6h avec son associé, on ne sait pas ce qu'ils se sont dit.
18:42Puis ce dernier le dépose vers 20h à la gare viennoise de Nord-Anne-Mof.
18:48Pricklopil, 44 ans, laisse en mot pour sa mère.
18:51À 20h59, il s'allonge en travers de la voie numéro 1, juste avant le passage d'un train de
18:58banlieue.
19:02La policière Sabine Frodenberger est la première à entendre Natacha Kampouche,
19:08bien avant qu'elle soit placée dans un lieu tenu secret où même ses parents n'ont pas accès.
19:12La policière décrit l'ex-captive comme une jeune femme intelligente qui s'exprime avec un vocabulaire choisi.
19:18Pricklopil, qu'elle continue d'appeler Wolfgang, l'aurait éduquée en lui donnant des livres et des journaux.
19:24Elle a pu suivre l'actualité à la télé.
19:27Elle est au courant de la deuxième guerre d'Irak et connaît le comique Mr. Bean.
19:32La rescapée devait appeler son ravisseur maître.
19:35Selon la policière, Natacha Kampouche a pu être abusée sexuellement, même si la victime n'aborde pas le sujet.
19:41Elle ne veut pas qu'on dise du mal de Wolfgang.
19:44Elle le présente comme quelqu'un de gentil, même s'il lui arrivait de la battre si elle désobéissait.
19:51Les enquêteurs estiment que Natacha Kampouche souffre du syndrome de Stockholm,
19:56une affection particulière qui se noue entre le geôlier et sa prisonnière.
20:03Le syndrome de Stockholm, évidemment, c'est une explication, mais on ne va pas au fond.
20:07On sait qu'elle est encore liée quasiment avec cet homme Wolfgang Pricklopil, Natacha Kampouche.
20:14Mais à la stupéfaction et la joie vont succéder beaucoup de questions.
20:20Parce qu'on va se demander vraiment ce qui s'est passé.
20:21Natacha Kampouche, elle va s'exprimer sous l'œil vigilant d'un psychiatre, sous l'œil de ses parents, sous
20:27l'œil des policiers.
20:28Autant vous dire que ses confessions sont rares ou en tout cas elles divergent parfois.
20:33Alors d'autres personnes que Wolfgang Pricklopil était-elle au courant de cette séquestration,
20:37ça aussi c'est une question qui va se poser.
20:41Joël Stoltz, vous êtes avec nous dans cette heure du crime.
20:44Alors vraiment, on est le 23 août 2006.
20:47Natacha Kampouche refait surface.
20:50À tel point, on a du mal d'ailleurs à la croire, ce qu'elle raconte, cette jeune femme.
20:57On a du mal à la croire parce que c'est presque quasiment une revenante.
21:01Oui, alors le seul apparemment qui a cru tout de suite parce qu'il n'avait jamais cessé vraiment de
21:09chercher,
21:09c'est un journaliste de la télévision et de la radio autrichienne,
21:13parce que d'une certaine manière il n'a jamais vraiment cru qu'elle avait disparu.
21:19Mais c'est vrai que c'était totalement incroyable qu'elle ait pu disparaître pendant huit ans dans un sous
21:27-sol.
21:28Dans un sous-sol, effectivement, Hélène Kohl.
21:30Un mot sur ce sous-sol, vous êtes notre correspondante RTL en Allemagne.
21:33Et vous connaissez très très bien ce dossier, la cache dans la maison.
21:37Dans la maison, il y a eu des photos, il y a eu des images de fait de cet endroit.
21:42C'est une cellule qui a été préparée depuis longtemps.
21:45C'est une prison qui a été organisée.
21:48Oui, alors moi je me suis rendue à Vienne quelques semaines après,
21:51dans le courant du mois de septembre, donc quelques jours,
21:54quelques semaines après l'évasion réussie de Natacha.
21:57Et j'ai notamment rencontré un des enquêteurs qui était rentré dans cette cellule,
22:01dans ce cachot, c'est le terme qu'utilise Natacha, cachot.
22:04Et il m'a dit ce mot, cette phrase qui est encore en tête.
22:08Il dit, vous avez pu voir ces photos, en fait quand on y est, c'est encore pire que ça.
22:13C'est beaucoup plus impressionnant.
22:14C'est extrêmement exigu, 5 mètres carrés, même si c'est caché.
22:19Et d'ailleurs, Natacha a dit à un moment donné qu'elle avait pu participer à la propre décoration de
22:24cet espace.
22:25Elle avait choisi papier peint, elle avait choisi ces petits bibelots qu'elle avait quelquefois surmis sur son étagère.
22:31Mais c'est évidemment très petit, c'est très humide, il fait froid, c'est humide.
22:38Et tout de suite, l'un des premiers témoignages de Natacha, elle a insisté sur le mal-être physique
22:44qu'il a saisi quand elle est rentrée dans cette pièce.
22:46Effectivement, passée par ce boyau, elle y est poussée par Pritopil le premier soir.
22:50Et il y a ce ventilateur qui tourne en permanence.
22:53Et donc, c'est pour ça que les enquêteurs ont dit que cette cellule était préparée depuis longtemps.
22:57Et il y avait un système de ventilation, il y avait effectivement cette double porte.
23:01Et cette ventilation a rendu Natacha complètement folle au début.
23:05Elle a tapé contre les murs, elle a crié.
23:09Et pendant six mois, elle n'est jamais sortie.
23:11Ensuite, dans le courant de l'hiver suivant, elle a pu se déplacer dans la maison.
23:15Joël Stoltz, je rappelle que vous êtes correspondante du Monde à Vienne, en Autriche.
23:19Et vous aussi, vous connaissez bien cette histoire, Joël Stoltz.
23:21La première policière, c'est la jeune Sabine Frodenberger.
23:25Elle, elle va dire tout de suite, elle est peut-être un peu naïve comme ça,
23:29elle va raconter tout de suite que la prisonnière a été abusée sexuellement.
23:33Oui, alors, dans ses mémoires, elle est très peu explicite.
23:38Dans le film, c'est plus explicite.
23:41On voit notamment qu'il lui a imposé des rapports sexuels.
23:44Et que le jour où elle a un orgasme, par exemple,
23:48elle est tentée de se suicider parce que, d'une certaine manière,
23:52c'est trop conflictuel pour elle.
23:54Évidemment, lui, il poursuivait le fantasme d'une femme qui serait sa compagne,
23:59de la femme parfaite.
24:01Et elle, elle était complètement prise entre deux feux, d'une certaine manière.
24:08C'est-à-dire, d'un côté, ce ravisseur qui lui imposait des privations,
24:11puisqu'il était lui-même anorexique.
24:14Et donc, il la privait de nourriture.
24:17Et surtout, il lui a imposé des rapports sexuels.
24:21Évidemment, on entend ce que vous dites,
24:23Joël Stoltz, docteur Paul Bensoussan, expert psychiatre.
24:26C'est très intéressant, ce que raconte Joël Stoltz,
24:29parce que là, on est au cœur presque du secret,
24:32le secret intime de cette détention.
24:34Et on comprend mieux les silences de l'intérêt à Kampouche.
24:38On comprend mieux.
24:39Et ce qui m'avait beaucoup choqué à l'époque,
24:41c'était justement ce manque de respect de l'intimité,
24:44puisque la jeune femme ne désirait pas en parler.
24:48Elle demandait qu'on lui laissa le temps de se livrer elle-même.
24:52Mais tout le monde fantasmait sur ce qui avait pu se passer,
24:56et nécessairement du côté de la sphère sexuelle.
25:00Il y avait beaucoup de choses...
25:00Fantasmait parfois même de manière malsaine.
25:02Bien sûr.
25:03Au sens de laisser l'imagination s'emballer,
25:07et de penser qu'il ne pouvait pas en être autrement.
25:10Mais même après ce qu'elle le révélera plus tard au compte-gouttes,
25:12on n'a pas l'impression que le cœur de cette affaire était sexuelle.
25:16On a plutôt l'impression que c'était l'emprise,
25:19le contrôle coercitif,
25:20des rapports de domination-soumission,
25:22qui étaient au cœur de l'affaire.
25:24Mais très vite,
25:26Natacha Kampouche va déranger.
25:28Elle l'est d'abord perçue comme une miraculée,
25:31mais après on lui reproche d'être trop secrète.
25:34On attendait une enfant sauvage,
25:36on trouve une jeune femme éduquée avec du vocabulaire.
25:39Personne n'y comprend rien.
25:41On apprendra par la suite,
25:43et vous allez sûrement l'évoquer,
25:44qu'elle aurait eu des occasions de s'évader,
25:47ce qu'elle n'a pas fait.
25:48Et très très vite,
25:49on va avoir une atmosphère de suspicion
25:51autour de cette malheureuse.
25:53Huit années passées sous très haute surveillance.
25:57Natacha Kampouche,
25:58la vérité enfouie.
26:00Ce n'était pas mon maître,
26:01j'étais aussi forte que lui.
26:03L'enquête de l'heure du crime,
26:04que s'est-il passé derrière les murs
26:06de la maison jaune de Wolfgang Priclopil ?
26:09Que racontent ces témoins
26:10qui ont vu la jeune femme ?
26:11C'est à suivre dans un court instant
26:13sur RTL, dans l'heure du crime.
26:14Bonne journée sur RTL.
26:23RTL
26:25RTL
26:26Votre crime
26:27Présenté par Jean-Alphonse Richard
26:29sur RTL
26:30Parce que je m'étais déjà penchée
26:36sur cette idée des mois avant.
26:39Depuis le moment où il m'a emmenée
26:42pour la première fois sortir
26:44mon contact d'autres personnes.
26:47Là, je me suis dit
26:48qu'il fallait peut-être m'en fouillir.
26:51Heure du crime consacrée
26:52à l'affaire Natacha Kampouche.
26:53Il y a 20 ans,
26:54cette jeune autrichienne était libre
26:55après 8 années de séquestration
26:57dans une maison près de Vienne.
26:58Son ravisseur s'est suicidé.
27:005 jours après l'évasion,
27:02elle donne de ses nouvelles.
27:06Lundi 28 août 2006,
27:08le pédopsychiatre viennois
27:10Max Friedrich,
27:11qui suit Natacha Kampouche,
27:13s'exprime entouré d'enquêteurs
27:15au siège de la police judiciaire autrichienne.
27:17Il déclare que sa patiente,
27:1918 ans,
27:19est trop fragile
27:20pour apparaître en public.
27:21Il demande fermement à la presse
27:23de ne pas la harceler.
27:24Dans un message lu par le médecin,
27:27Natacha Kampouche affirme
27:28porter le deuil de son ravisseur.
27:30Elle exprime ses condoléances
27:32à la famille de Wolfgang.
27:34Elle veut démentir
27:35certaines informations.
27:36Je ne l'ai jamais appelée maître,
27:38comme Priclopil le lui aurait demandé.
27:40« Ce n'était pas mon maître,
27:42j'étais aussi forte que lui ».
27:43Selon Natacha Kampouche,
27:45Wolfgang Priclopil
27:47était son seul ravisseur.
27:49L'ex disparu
27:50explique que si sa jeunesse
27:52a été différente des filles de son âge,
27:54elle n'a pas l'impression
27:55d'avoir raté grand-chose.
27:57Sa vie de prisonnière
27:58était réglée au millimètre.
27:59Travaux ménagers,
28:01lecture,
28:01télévision,
28:02discussion avec son geôlier.
28:03Elle se dit indignée
28:05des spéculations
28:06sur sa vie intime
28:07en détention.
28:08Des enquêteurs
28:09ont laissé entendre
28:10que des rapports sexuels
28:11consentis
28:12auraient pu être menés.
28:15« Laissez-moi tranquille
28:16pour l'instant,
28:16laissez-moi le temps
28:17de pouvoir raconter moi-même »,
28:19précise-t-elle dans son message.
28:23Les policiers autrichiens
28:25accusés d'avoir raté
28:26Wolfgang Priclopil
28:27veulent lever
28:27toutes les zones d'ombre
28:29sur la séquestration.
28:31Ernst Holzapfel,
28:32l'ami ravisseur
28:33et dernière personne
28:34à l'avoir vu vivant,
28:35est entendu comme témoin.
28:36Il déclare n'être
28:37au courant de rien.
28:38Selon lui,
28:39Priclopil recevait
28:40très peu de monde
28:41chez lui.
28:42Seule sa mère
28:43passait le voir.
28:44Elle avait beaucoup
28:45d'influence sur lui.
28:46Elle l'encouragait
28:47à se trouver une épouse.
28:49Holzapfel se souvient
28:50que mi-juillet,
28:52Priclopil,
28:53accompagné d'une jeune femme,
28:54est venu le voir.
28:55« Il me l'a présenté
28:56comme une connaissance,
28:57sans dire son nom »,
28:58déclare-t-il.
28:59Selon lui,
29:00la fille n'avait pas
29:01l'air malheureuse.
29:01J'étais très surpris.
29:03Je me suis demandé
29:03si c'était plus
29:05qu'une connaissance.
29:06Des voisins ont également
29:07aperçu,
29:08au début de l'été,
29:09cette jeune femme
29:10dans le jardin du ravisseur.
29:11Ils ont pensé
29:12que Wolfgang,
29:13cette fois,
29:14s'était trouvé
29:14une petite amie.
29:15Alain de Priclopil
29:17a affirmé
29:18qu'il s'agissait
29:18d'une Yougoslave.
29:20Mais il s'agissait
29:21bien de Natacha Kampouche.
29:26Natacha Kampouche,
29:27une victime
29:27qui sème le doute.
29:29Hélène Kohl,
29:30vous êtes avec nous
29:31dans cette heure du crime,
29:31correspondante RTL
29:32en Allemagne.
29:34L'Autriche
29:35a du mal à comprendre
29:37le comportement
29:38de Natacha Kampouche
29:39parce que c'est un peu
29:39déroutant,
29:40effectivement.
29:41Elle l'appelle
29:41Wolfgang.
29:42Elle dit que,
29:43finalement,
29:44elle présente
29:44ses condoléances
29:45à la famille.
29:46Ça fait beaucoup.
29:47Oui,
29:48il y a eu deux moments
29:49de la communication
29:50de Natacha Kampouche
29:51dans l'immédiate,
29:52les semaines
29:53qui ont suivi
29:54son évasion.
29:55Il y a eu ce communiqué
29:55lu par le psychiatre,
29:57effectivement.
29:57Et puis,
29:58deux semaines après,
29:58elle donne
29:59une première interview
30:00à la télévision
30:01à ce journaliste
30:02dont a parlé,
30:02Joël Stoltz,
30:03qui avait, lui,
30:04toujours suivi l'affaire,
30:06Christophe Feuerstein,
30:07qui continue d'ailleurs
30:08à avoir des relations
30:08avec la famille
30:09de Natacha Kampouche.
30:10Une interview
30:11qui est donnée,
30:12qui est diffusée
30:13par Tronçon.
30:14C'est cinq fois
30:14quelques minutes
30:15parce qu'elle a du mal
30:16à parler longuement.
30:19Et alors,
30:19je me souviens
30:19d'une façon viscérale
30:21encore de ce moment
30:22de télévision.
30:23Il y avait,
30:24c'était une image
30:24absolument terrible,
30:25il y avait un contraste
30:26frappant entre le ton
30:28qu'elle utilisait,
30:29le son,
30:30les mots qu'elle nous donnait
30:32et l'image
30:33qu'elle nous donnait
30:34à voir.
30:35C'était à la fois
30:35une jeune fille
30:37totalement dans la maîtrise
30:38d'elle-même,
30:39utilisant un vocabulaire
30:40très précis,
30:41parfois d'ailleurs
30:42un peu désuète
30:43dans les tournures de phrases.
30:44On avait l'impression
30:44que c'était une vieille
30:46dame viennoise
30:47qui s'exprimait
30:48de façon un peu pédante.
30:50Et puis,
30:50il y avait le message
30:50de son corps.
30:51Elle avait les jambes
30:52complètement crispées,
30:54fermées,
30:54les mains nouées.
30:55On voyait ces phalanges
30:56qui devenaient presque bleues
30:57tellement elle était crispée
30:58et elle parlait
30:59les yeux fermés.
31:01Moi,
31:02je me souviens,
31:02elle chiffonnait
31:03son mouchoir,
31:03elle pleure un petit peu
31:04et en même temps,
31:06voilà,
31:06elle raconte
31:07qu'elle a du mal
31:08à faire un trait direct
31:11avec Volgang Priclopil
31:12alors que dans ses mémoires,
31:13quelques jours plus tard,
31:14Aliraj a été extrêmement
31:15soulagée d'apprendre
31:16son décès.
31:17Donc,
31:17on imagine
31:18qu'elle était prise
31:20dans des tourments terribles.
31:22Je me souviens avoir écrit
31:22un article en disant
31:23qu'il y a une tempête
31:24dans ce crâne.
31:25Je crois que c'était
31:26vraiment ça.
31:27Et du coup,
31:28elle a tout de suite
31:28extrêmement dérangé.
31:29Elle refuse d'être
31:30une victime
31:31et elle est tellement forte
31:33au début
31:34alors qu'on voit
31:35qu'elle souffre
31:36que ça a dérangé
31:38énormément de monde
31:38et d'ailleurs,
31:39à ce moment-là,
31:40il n'y avait pas encore
31:40les réseaux sociaux
31:41mais très vite
31:42en ligne
31:43sur Internet.
31:44Elle a été victime
31:45du harcèlement en ligne
31:46et c'est toujours
31:46une figure extrêmement détestée,
31:48vilipendée
31:49et qui a d'ailleurs
31:50écrit un livre là-dessus
31:51avec vous.
31:52On va en parler.
31:53C'est étonnant
31:55et surprenant
31:55et saisissant
31:56ce que vous dites
31:58Hélène Cole,
32:00docteur Paul Bensoussan,
32:02cette espèce
32:02de duplicité
32:04chez elle,
32:04je ne sais pas
32:05comment l'appeler
32:05d'ailleurs,
32:06ce déchirement
32:08de deux femmes
32:09qui s'entrechoquent
32:09comme ça
32:10entre elles
32:11après cette épreuve.
32:12Elle devrait cracher
32:13sur son ravisseur,
32:14elle devrait
32:15vraiment souhaiter
32:16être heureuse
32:17presque qu'il soit mort,
32:18ce n'est pas le cas.
32:19Comment est-ce
32:20qu'on peut interpréter ça ?
32:21C'est ce que vous disiez
32:22tout à l'heure,
32:22la captivité,
32:23la soumission ?
32:24Je crois que
32:25ce que le public
32:26n'a ni compris,
32:27ni accepté,
32:28ni pardonné,
32:29c'est l'ambivalence,
32:30c'est-à-dire
32:31la coexistence
32:33chez une même personnalité
32:34de sentiments
32:36contradictoires
32:37mais simultanés.
32:38La détestation
32:39de son ravisseur,
32:40bien sûr qu'on attendait,
32:41mais aussi la compassion
32:43pour sa mort,
32:43les condoléances
32:44à sa famille,
32:45c'est quelque chose
32:46qui était trop complexe.
32:47On l'attendait
32:48une histoire
32:48beaucoup plus simple
32:49et elle s'est montrée
32:52d'une nuance,
32:54d'une complexité
32:56dans son analyse
32:57et dans la façon
32:59de livrer
32:59son expérience
33:00de victime
33:00tout à fait unique
33:02dans l'histoire du crime.
33:03Elle s'est montrée
33:04peut-être trop subtile
33:06pour la lecture journalistique
33:08de l'époque
33:09et pour la compréhension
33:10du public de l'époque.
33:11Mais comment exprimer
33:13cette espèce
33:14d'empathie
33:15presque pour son ravisseur ?
33:17Alors, je me souviens,
33:18le syndrome de Stockholm,
33:19on est attaché
33:19à son ravisseur,
33:20on ne peut pas
33:20se sortir de là,
33:21ce sont des chaînes,
33:22des menottes
33:23qui existent.
33:24Mais là,
33:25il est mort.
33:26Elle n'a plus rien,
33:27elle ne risque plus rien.
33:28Oui, mais l'emprise
33:30ne disparaît pas
33:31à l'instant
33:31où son ravisseur
33:33se suicide.
33:33L'emprise,
33:34elle s'est instaurée
33:34alors que Natacha
33:36était une enfant
33:37prépubère.
33:38Sa personnalité
33:39s'est constituée
33:40des années durant
33:41à l'échelle du temps
33:42de l'enfance.
33:43Elle a passé pratiquement
33:44la moitié de sa vie
33:45en captivité
33:46avec un seul homme
33:47dont dépendait
33:49sa nourriture,
33:50sa survie
33:50puisqu'il lui avait fait croire
33:51qu'en cas d'évasion,
33:52elle mourrait
33:55et aussi son lien
33:56avec le monde extérieur.
33:57Donc,
33:58toute sa vie
33:58se résume à cet être.
33:59Ce n'est pas à l'instant
34:00où il meurt
34:01qu'elle retrouve
34:02une liberté.
34:03Au fond,
34:03on pourrait dire
34:04qu'il lui avait
34:05renié les ailes
34:07et qu'il a fallu du temps
34:09pour qu'elle retrouve
34:11une autonomie.
34:11Il n'est pas sûr
34:12qu'elle l'ait retrouvée.
34:13D'ailleurs,
34:13on va le voir
34:13dans la suite
34:14de l'ordre du crime
34:15parce qu'elle ne va pas
34:16si bien que ça
34:17Natacha Kampouch.
34:18Mais on va en parler
34:18un peu plus tard.
34:19Encore une question pour vous.
34:21Hélène Kohl,
34:21notre correspondante RTL
34:23en Allemagne
34:24et en Autriche.
34:25C'est très étonnant
34:26ces témoignages,
34:27ces voisins
34:27qui ont aperçu
34:28Natacha Kampouch
34:29dans le jardin
34:29comme si c'était
34:30sa petite amie.
34:32Oui,
34:33c'est à partir
34:34de ses 18 ans
34:35qu'elle a pu vraiment
34:36faire des sorties
34:37parce qu'à partir
34:38de ses 18 ans,
34:39peut-être que
34:39Volkswagen Pricopil
34:40considérait
34:41qu'il pouvait peut-être
34:42avoir une forme
34:43de relation normale
34:44ou établir une forme
34:45de normalité
34:46dans ses relations
34:46avec Natacha Kampouch.
34:48Et donc,
34:49elle est sortie,
34:50ils se sont allés
34:50faire du ski une fois.
34:51Elle s'est rendue
34:53sur le marché une fois
34:54et elle essayait
34:55de sourire
34:56toujours comme
34:56sur la photo
34:57qui était affichée
34:58partout en Autriche
34:59l'affiché de sa disparition
35:00pour que les gens
35:00la reconnaissent.
35:01Mais elle n'osait pas
35:02vraiment leur parler.
35:03Elle disait
35:03je savais que
35:04je n'aurais qu'une seule chance
35:05et si je ratais
35:05mon évasion,
35:06ça serait plus gestible.
35:08Elle avait peur
35:08de lui faire du mal
35:09et elle avait peur
35:10surtout que
35:10s'il lui arrivait
35:11du mal à lui,
35:12que malheureusement
35:13personne ne la retrouve
35:14jamais vivante.
35:15Et donc,
35:15c'est pour ça
35:15qu'elle était
35:15extrêmement prudente.
35:17moi je me suis toujours
35:19quand même étonnée
35:19sur le comportement
35:21des voisins même
35:22ou en tout cas
35:23la mère et l'ami
35:24qui eux
35:25n'ont pas posé
35:25plus de questions que ça
35:26mais peut-être
35:27que c'est aussi
35:27la mentalité autrichienne
35:29de ne pas trop regarder
35:30ce qui se passe
35:30chez les vins.
35:31Mais là, c'est vraiment
35:32ne rien regarder.
35:33La séquestrée va parler,
35:35des langues vont se délier.
35:36Natacha Kampouche,
35:37la vérité en fouille.
35:38Il cherchait des faux papiers
35:40pour organiser un mariage blanc
35:41avec sa prisonnière.
35:43L'enquête de l'heure du crime.
35:44On se retrouve dans un instant
35:45sur RTL.
35:48Bonne journée sur RTL.
35:56RTL, votre radio.
35:59L'heure du crime
36:00Présentée par Jean-Alphonse Richard
36:02sur RTL
36:05Retour dans l'heure du crime
36:06sur la mystérieuse affaire
36:07de Natacha Kampouche.
36:08Cette autrichienne
36:09enlevée en 1998
36:11à l'âge de 10 ans
36:12a pu s'enfuir
36:13après 8 années
36:14de séquestration.
36:15Son ravisseur
36:16s'est suicidé.
36:21Mercredi 6 septembre 2006
36:2320h15,
36:24les autrichiens
36:24sont devant leur télé
36:25pour découvrir
36:26le nouveau visage
36:27de Natacha Kampouche.
36:29Ses parents
36:29et son psychiatre
36:30étaient contre
36:30cette interview
36:32à la télé autrichienne.
36:34Elle espère ainsi
36:35décourager
36:35la traque
36:36des paparazzi.
36:37Elle a quitté l'hôpital
36:38où elle était gardée
36:39au secret
36:39depuis 15 jours.
36:41Natacha Kampouche
36:42n'a oublié
36:43aucune seconde
36:44de son enlèvement.
36:45Sa peur indicible
36:47en entrant
36:47dans cette cave sombre.
36:48Son ravisseur
36:49ne l'a autorisé
36:50à sortir
36:50que 6 mois plus tard.
36:52Elle décrit
36:52la claustrophobie,
36:54la faim,
36:54le silence.
36:56Il n'y avait
36:56jamais assez de temps
36:58quand il était là.
36:59Elle n'a pas réussi
37:00à s'échapper.
37:01Une fois,
37:02elle a essayé
37:02de sauter de sa voiture
37:04en marche
37:04sur le périphérique.
37:05Il était furieux
37:06contre elle.
37:07Quand elle a eu
37:0812 ans,
37:09elle s'est juré
37:10que quand elle serait
37:11plus grande,
37:12elle s'enfuirait.
37:13Préclopil
37:14l'a sorti
37:14de temps en temps
37:15dans le jardin.
37:16Une fois,
37:16il l'a emmené
37:17au ski.
37:17Une autre fois,
37:18dans un grand magasin
37:19de bricolage.
37:20Elle a tenté
37:21d'approcher
37:22les vendeurs,
37:23mais Wolfgang
37:24s'est interposé.
37:26Il les a envoyés
37:26balader.
37:27Natacha Kampouche
37:28ajoute
37:28« Wolfgang
37:29ne me lâchait
37:30pas d'une semelle.
37:31Il m'avait dit
37:32qu'il tuerait
37:33tout le monde
37:33si je tentais
37:34de me faire remarquer. »
37:37Vendredi 6 août 2010,
37:38le magazine
37:38Autrichien News
37:39révèle les dernières auditions
37:41d'Ernst Holzapfel,
37:43ancien associé
37:44et ami
37:45du ravisseur
37:46de Natacha Kampouche.
37:47Quatre ans après
37:48l'évasion,
37:48il est soupçonné
37:49d'avoir été son complice.
37:51Il en savait beaucoup
37:52sur Préclopil.
37:54Il le décrit
37:54comme un garçon
37:55complexé
37:56par son apparence.
37:57Il était malheureux
37:58depuis son adolescence.
37:59Aucune fille
38:00ne voulait de lui.
38:01Il avait pensé
38:02à se faire refaire
38:03le nez,
38:04dit Holzapfel.
38:05Préclopil avait cherché
38:07à se procurer
38:07des faux papiers tchèques
38:08pour organiser
38:09un mariage blanc
38:11avec sa prisonnière.
38:12Il avait dit
38:12à son ami
38:13qu'il voulait faire
38:14de la jeune fille
38:15la femme de sa vie.
38:17Trois ans plus tard,
38:18la justice autrichienne
38:19conclut que Préclopil
38:21a bien agi
38:21tout seul.
38:25Préclopil,
38:25le seul ravisseur
38:26donc pour la justice
38:27autrichienne,
38:28même s'il y a des doutes.
38:29Évidemment,
38:29il y a toujours des questions.
38:30Est-ce qu'il a eu une aide
38:31ou pas ?
38:31Il y a ce premier témoignage
38:32de l'écolière.
38:33On l'a dit,
38:34qu'il voit deux hommes
38:35et elle va certifier
38:36qu'il y avait bien deux hommes
38:36mais on en reste là.
38:38Préclopil est le seul ravisseur.
38:40Et effectivement,
38:41il emmène avec lui
38:42un peu partout
38:44Natasha Kampouche.
38:44Ça, c'est peut-être
38:45une des choses
38:46les plus étonnantes
38:46de cette histoire.
38:48Il y a un séjour au ski
38:49docteur Paul Bensoussan.
38:51Elle peut s'enfuir ?
38:52Cette jeune femme,
38:53cette jeune fille,
38:58il l'emmène dans
38:59des grands magasins.
38:59Qu'est-ce qui se passe ?
39:00Si on est dans un film,
39:02elle s'enfuit.
39:02Elle saute au cou
39:04de n'importe quel skieur
39:06à côté d'elle
39:06en disant au secours
39:07je suis Natasha Kampouche.
39:08On n'est pas dans un film.
39:09On est dans la vraie vie.
39:11Et l'emprise,
39:12le contrôle coercitif
39:14qu'a instauré Wolfgang
39:15Préclopil
39:15ne va pas disparaître
39:17en un instant.
39:18Si je dois prendre
39:18une comparaison très simple
39:20que tout le monde comprendra,
39:22c'est les détenus en centrale
39:23par rapport aux détenus
39:24en maison d'arrêt.
39:25Quand on leur demande
39:26la différence en centrale,
39:27la porte de la cellule
39:29peut être ouverte
39:29à certains moments.
39:30Le détenu peut se promener
39:32dans les couloirs
39:32de la maison d'arrêt.
39:34Ça n'en fait pas
39:35un homme libre.
39:36Ce n'est pas à l'instant même
39:37où la surveillance
39:38va se relâcher
39:39pour quelques minutes,
39:40pour quelques heures,
39:41qu'une jeune fille
39:43capturée enfant
39:44va redevenir
39:44une femme libre
39:45capable de s'évader.
39:47La peur,
39:48le contrôle,
39:49l'emprise instaurée
39:50mettent très longtemps
39:51à se dissiper.
39:52La peur physique,
39:53psychologique,
39:54les deux ?
39:55Physique,
39:55psychologique,
39:56l'impuissance,
39:57la dépendance absolue,
39:58tout ça ne s'évapore pas.
39:59C'est le fameux syndrome
40:00de Stockholm,
40:01on y revient.
40:01C'est un tout petit peu différent.
40:03A l'époque,
40:03c'est ce que tout le monde
40:04avait dit.
40:04Le syndrome de Stockholm,
40:06c'est une allégeance
40:08ou une sympathie
40:09qui est des victimes
40:12envers le preneur d'otages.
40:14Ça avait été défini
40:15après une prise d'otages
40:16à Stockholm en 73.
40:18Et on voyait surtout
40:19après une intervention
40:20musclée des forces
40:21de l'ordre,
40:22des victimes
40:23qui refusaient parfois
40:24de témoigner
40:24contre les preneurs d'otages.
40:26L'une d'elles
40:27aurait même épousé.
40:28Mais l'un d'eux.
40:30Mais on n'a pas
40:31de précédent
40:32d'une captivité
40:33qui dure des années.
40:34C'est tellement unique
40:35qu'à l'époque,
40:36j'avais publié
40:38une tribune
40:38dans laquelle
40:39je m'étonnais
40:39du simplisme
40:41de cette explication.
40:43Rappelons que
40:43le syndrome de Stockholm
40:44n'est pas un diagnostic
40:45psychiatrique.
40:46Il n'y a pas
40:47de critères diagnostiques
40:47définis.
40:49Et ça ne peut pas
40:51être assimilé
40:51à une prise d'otages
40:52qui dure des années.
40:53Et qui puissait,
40:53ce n'est pas systématique.
40:54Le syndrome de Stockholm,
40:55il y a beaucoup de personnes
40:56hélas qui ont été
40:57pris en otage
40:58et qui ne manifestent pas
41:00ces signes psychologiques.
41:02Joël Stoltz,
41:03vous êtes avec nous
41:04dans cette heure du crime
41:04correspondante du Monde
41:05à Vienne,
41:06en Autriche.
41:08Vous l'avez vu
41:09quand elle a publié
41:11son livre
41:11elle se montre là
41:13devant les journalistes.
41:15Elle avait très peur
41:17des journalistes.
41:18Mais là,
41:18elle est bien présente.
41:20Quelle attitude
41:20elle a avec la presse,
41:22avec vous
41:23qui êtes là
41:23dans ce public ?
41:25Alors,
41:25elle se méfiait
41:27énormément du public
41:28et des médias.
41:29D'abord,
41:30pendant des années,
41:32il y a des articles
41:33de journaux
41:34qui ont dit finalement
41:36que ce n'est pas possible.
41:38Elle avait été consentante.
41:40elle est allée même
41:41faire du ski
41:42avec lui.
41:43Pourquoi est-ce qu'elle
41:44ne s'est pas échappée
41:46à cette occasion ?
41:47Et donc,
41:48sa méfiance
41:49est restée très très grande
41:52à l'égard des médias
41:53d'une façon générale.
41:55Hélène Kohl,
41:57vous êtes avec nous
41:58correspondante RTL
42:00pour nous en Allemagne
42:01et puis en Autriche.
42:02Hélène Kohl,
42:03pris Clopil,
42:04avait convaincu
42:05Natacha Kampouch
42:08que si elle partait,
42:10il tuerait tout le monde
42:11finalement.
42:11Elle était dans la peur
42:12à cause de ça surtout.
42:14Oui,
42:15et puis il lui avait dit
42:15très tôt aussi
42:16que ses parents
42:16ne la cherchaient pas,
42:17par exemple.
42:18Ah bon,
42:18ça c'est bien.
42:19Qu'est-ce que ça fait
42:20dans l'esprit
42:21d'une petite fille
42:22de 10 ans
42:23qui se dit finalement
42:23je n'ai plus que lui.
42:25C'est le seul
42:25qui s'occupe de moi
42:26en quelque sorte.
42:27Ça c'est très important.
42:28On était évidemment
42:29dans une forme
42:30d'emprise complète
42:31comme on vient de l'entendre.
42:32Et c'est vrai
42:33qu'elle avait aussi très peur
42:34parce qu'elle disait
42:34tout simplement
42:35mais il n'a parlé
42:36de moi à personne.
42:37Donc s'il n'est plus là
42:37pour me sortir
42:38de ce cachot
42:39et me donner à manger
42:40je vais mourir
42:41dans des conditions horribles.
42:43Et donc forcément
42:43elle s'était attachée
42:44à lui.
42:45C'était son seul lien
42:46avec la vie finalement.
42:49Alors en 2013,
42:507 ans après l'évasion,
42:53Préclopil est désigné
42:54comme le seul ravisseur
42:55et le seul responsable.
42:57Effectivement
42:57on ne voit que lui
42:58et Hélène Cole
42:59dans ce décor.
43:01Mais après tout
43:02il y a des questions
43:02qui vont rester là-dessus.
43:04Oui
43:05et aussi beaucoup
43:06d'articles de presse
43:07encore récemment
43:08de journalistes
43:09qui ressortent
43:10les vieux dossiers
43:10et qui se disent
43:11c'est pas possible
43:12qu'il n'y ait pas quelqu'un
43:12qui ait été en quelque sorte
43:14qui ait couvert
43:15ce Préclopil
43:16d'une façon ou d'une autre.
43:17Évidemment
43:17le témoignage
43:18de l'autre fillette
43:19présent le jour
43:20de l'enlèvement
43:21le 3 mars 98
43:22exactement
43:23qui maintient encore
43:24aujourd'hui sa version.
43:25Elle dit
43:26il y avait deux hommes
43:26dans ce véhicule
43:27un au volant
43:28et un autre
43:28qui a donc enlevé
43:29Natacha par l'arrière.
43:32Natacha elle-même
43:32a dit dans un de ses témoignages
43:34que vos grandes Préclopiles
43:35le soir de l'enlèvement
43:36auraient attendu
43:37extrêmement longtemps
43:38un coup de téléphone.
43:39Il semblait très embêté
43:40puis finalement
43:40il l'avait mis
43:40dans ce cachot.
43:42Dernière chose
43:43que je veux vous dire ici
43:43l'enquêteur principal
43:44qui s'appelait
43:45Franz Kröhl
43:46qui s'est suicidé
43:47en 2010
43:48quelques mois
43:49après que l'enquête
43:50était définitivement
43:51fermée, clôturée.
43:53Lui il a toujours contesté
43:54le fait qu'il n'y ait eu
43:55qu'un seul criminel
43:56il pense qu'il y avait
43:57au moins un complice
43:58il s'est suicidé
43:59avec son arme de service
44:01refusant de croire
44:02à cette thèse-là.
44:04C'est effectivement
44:05quelque chose de plus
44:06qui tourne autour
44:07de cette affaire Natacha
44:08qui évidemment
44:08a rendu l'Autriche
44:09assez folle évidemment.
44:10Oui c'est un nouveau
44:11mais c'est un mystère
44:12à vrai dire.
44:12Moi je n'ai pas donné mon avis
44:14on s'en moquait un peu
44:15mais je crois beaucoup
44:16à plutôt deux personnes
44:17qu'une personne
44:18mais enfin ça c'est autre chose.
44:20Docteur Paul Bensoussan
44:21expert psychiatré
44:22avec nous
44:23un mot sur Priclopil
44:25il avait dit à son copain
44:27Priclopil
44:28son associé
44:29que son rêve
44:30c'était d'avoir une femme à lui
44:31et que cette fille
44:32lorsqu'il fait sa première confession
44:34après qu'il soit
44:35pourchassé par la police
44:37et avant évidemment
44:37de se suicider
44:38il va dire
44:39cette fille
44:40elle allait être
44:41la femme de ma vie.
44:41Voilà.
44:42Il avait construit
44:44finalement son mariage
44:45son avenir
44:45avec cette femme séquestrée.
44:47On pourrait faire un parallèle
44:48très lointain
44:49avec l'histoire de Lolita
44:50mais vu sous l'angle
44:51de la victime
44:52ici
44:53Natacha Kampouche
44:55raconte
44:56ce que Lolita
44:57n'a jamais raconté
44:58puisque dans le roman
44:59de Nabokov
45:00c'est l'auteur
45:01de l'enlèvement
45:02qui va
45:02et de l'emprise
45:03qui va parler.
45:04Ici c'est la victime
45:05qui nous parle
45:06et la complexité
45:07de cette affaire
45:08encore une fois
45:08je crois qu'on ne l'a
45:09ni comprise
45:10ni pardonnée
45:11c'est précisément
45:12qu'il était à la fois
45:13l'auteur de sa souffrance
45:14et son sauveur.
45:16Il était celui
45:17dont dépendait sa survie
45:19mais l'auteur
45:20de son malheur
45:21en même temps
45:21et il était impossible
45:23pour cette jeune femme
45:24dont je rappelle
45:25qu'elle était enfant
45:27lorsqu'elle a été raptée
45:29il était impossible
45:30de dissocier
45:31les deux images.
45:31Pour l'ancienne séquestrée
45:34une prison
45:35dont elle n'est jamais
45:36arrivée à sortir
45:37Natacha Kampouche
45:38la vérité enfouie
45:40à l'hôpital
45:40une infirmière
45:41m'avait averti
45:42nous nous reverrons
45:44souvent ici
45:44l'enquête de l'heure du crime
45:46je vous retrouve
45:46tout de suite sur RTL
46:00Dans l'heure du crime
46:06les 20 ans
46:07de l'évasion
46:08de Natacha Kampouche
46:09sur RTL
46:10enlevée à Vienne
46:11en Autriche
46:12en 98
46:13à l'âge de 10 ans
46:14parvenue à s'enfuir
46:15quand elle en avait 18
46:16son ravisseur
46:18s'est suicidé
46:18malgré le temps écoulé
46:20la jeune femme
46:21reste habitée
46:22par son histoire
46:23hors normes
46:27Septembre 2010
46:28Natacha Kampouche
46:29publie
46:313096 jours
46:32le premier récit
46:33de sa détention
46:346 ans plus tard
46:35elle sort un deuxième livre
46:37qui raconte son histoire
46:38avec ce titre
46:3910 ans de liberté
46:41elle y avoue
46:42son mal-être
46:43ressentant autour d'elle
46:44davantage de mépris
46:46que de compassion
46:47et qualifiant la société
46:48autrichienne
46:49de seconde prison
46:53Dans une interview
46:55à Zeit Magazine
46:56Natacha Kampouche
46:58raconte que
46:58dans les jours suivant
46:59son évasion
47:00sur son lit d'hôpital
47:01une infirmière
47:02l'avait avertie
47:03vous ne surmonterez
47:05jamais vraiment
47:06tout cela
47:06nous vous reverrons
47:08souvent ici
47:09je savais que
47:10ce n'était pas vrai
47:11je savais que
47:12je ne voulais pas
47:13vivre consumé
47:14par le ressentiment
47:15ni perdre
47:16ma liberté
47:18intérieure
47:19évidemment
47:23parfois
47:23j'ai la sensation
47:26notamment
47:27avant de m'endormir
47:28que je suis encore
47:30dans le cachot
47:31mais
47:32c'est dans un
47:33demi-sommeil
47:35et ensuite
47:36je vais mieux
47:38des cauchemars
47:39à vrai dire
47:39je n'en ai pas
47:40des cauchemars
47:41je n'en ai pas
47:42est-ce qu'il faut croire
47:42cette jeune femme
47:43c'était la voix
47:44évidemment de
47:45Natacha Kampouche
47:46au micro
47:46de notre ami
47:47Marc-Olivier Fogiel
47:48que vous retrouvez
47:48tous les matins
47:49sur RTL
47:49et qu'on salue
47:50c'était dans RTL
47:51soir le 28 septembre
47:542016
47:54Hélène Kohl
47:55on vous retrouve
47:57en direct
47:58dans cette heure du crime
47:59correspondante RTL
48:00en Allemagne
48:023096 jours
48:03c'est le temps
48:04de sa détention
48:05qu'est-ce qu'elle devient
48:06aujourd'hui
48:07Natacha Kampouche
48:09alors il faut imaginer
48:10que c'est une femme
48:11aujourd'hui
48:12elle a 38 ans
48:12et sa soeur Claudia
48:14sa demi-soeur
48:15pour être précis
48:16avec qui
48:16elle a tout de suite
48:17eu des liens
48:19elle a renoué
48:20le contact
48:21très rapidement
48:22alors qu'il lui a fallu
48:22beaucoup plus de temps
48:23pour avoir des contacts
48:24et des relations
48:25avec ses parents
48:26par exemple
48:26en tout cas
48:27sa soeur Claudia
48:27a témoigné
48:29au mois de mars
48:30puisque la télévision publique
48:32autrichienne
48:32préparait un documentaire
48:33pour les 20 ans
48:34de l'évasion
48:35et elle a notamment dit
48:37qu'actuellement
48:39Natacha va très mal
48:40physiquement très mal
48:42et que par ailleurs
48:43elle est enfermée
48:44dans ses pensées
48:45ça nous brise le coeur
48:46a dit la soeur
48:47nous nous sentons
48:48totalement impuissants
48:49et c'est vrai
48:49qu'à un moment donné
48:50Natacha avait dit
48:51il y a quelques années
48:51qu'elle se sentait
48:53prisonnière en liberté
48:54donc envahie en fait
48:56en quelque sorte
48:57par cette histoire
48:58en théorie
48:59elle est autrice
49:00aujourd'hui
49:00conceptrice de bijoux
49:01elle a un temps
49:03animé une émission
49:04de télévision
49:04une chaîne YouTube
49:05mais en réalité
49:06depuis 2023
49:07donc depuis plus de 3 ans
49:09déjà maintenant
49:09elle ne publie plus rien
49:10sur les réseaux sociaux
49:11et donc ça corroborerait
49:13le témoignage terrible
49:14de sa soeur Claudia
49:15qui s'est finalement
49:15opposée à la sortie
49:16du documentaire
49:17parce que ça aurait fait
49:19trop de mal
49:19à Natacha
49:21Natacha Campuch
49:22qui a fait
49:22peut-être que vous allez
49:23nous le confirmer
49:24Hélène Cole
49:25des séjours
49:26en établissement psychiatrique
49:28etc
49:28elle a été suivie
49:30très longtemps
49:31oui alors elle l'est
49:32sans doute encore
49:33aujourd'hui
49:33je n'ai pas de détails
49:34exactement sur ça
49:35mais c'est vrai
49:36qu'elle fait des apparitions
49:38elle a fait
49:39ces dernières années
49:39des apparitions
49:40à la télévision
49:41elle a témoigné
49:41notamment sur les questions
49:42du harcèlement en ligne
49:43il y a quelques années
49:44on voit une femme
49:45qui a
49:46qui est
49:47je dirais même physiquement
49:48elle a des variations
49:49de poids importants
49:51elle parle toujours
49:52d'une façon très fluette
49:53mais d'une façon
49:54assez
49:54très articulée
49:56très construite
49:59moi j'ai mon impression
50:00personnelle
50:01encore une fois
50:02qu'est-ce que ça vaut
50:02c'est que c'est quelqu'un
50:03qui se cherche
50:04c'est quelqu'un
50:04qui est en grande difficulté
50:06avec soi-même
50:07en réalité
50:07et on a peur
50:08qu'elle soit vraiment
50:10détruite
50:10c'est difficile à dire
50:11comme ça
50:11mais que les dégâts
50:12soient tellement considérables
50:14qu'elle n'arrive pas
50:14à les réparer
50:16docteur Paul Bensoussan
50:17vous connaissez bien
50:17ce genre de problématiques
50:19expert psychiatre
50:20auprès des tribunaux
50:20vous avez suivi
50:22beaucoup d'affaires
50:22celle-ci est assez
50:23exceptionnelle
50:24elle est finalement
50:25j'ai envie de dire
50:28Natacha Kampouche
50:28c'est l'éternelle
50:30prisonnière
50:31elle ne peut pas
50:32s'en sortir
50:32même s'il n'y a plus
50:33de murs aujourd'hui
50:34plus de barreaux
50:35plus de prison
50:36et plus de Wolfgang
50:37Priclopil bien sûr
50:38ce n'est pas possible
50:39elle est prisonnière
50:40d'autant plus
50:41que sa personnalité
50:43s'est constituée
50:44pendant les années
50:44de captivité
50:45c'est pour ça
50:46que ce n'est pas au moment
50:46où la porte de la cellule
50:48se rouvre
50:48qu'elle retrouve sa liberté
50:49et je comprends son titre
50:52prisonnière en liberté
50:53mais
50:53ce qui m'avait choqué
50:54à l'époque
50:55c'est que
50:56très vite
50:57de la miraculée
50:58dont nous avions l'image
51:01le public
51:02s'est montré
51:04progressivement
51:05même assez rapidement
51:06suspicieux
51:07féroce
51:08critique
51:08féroce
51:09c'est à dire qu'on ne lui a pas
51:10pardonné
51:11la complexité
51:12la subtilité
51:13la nuance
51:14l'ambivalence
51:15comment pouvait-elle
51:16exprimer de la compassion
51:17pour son ravisseur
51:18avait-elle été consentante
51:20pourquoi ne s'était-elle
51:22pas échappée
51:22toutes ces questions-là
51:24lui sont renvoyées
51:25j'ai moins suivi
51:26cette affaire aujourd'hui
51:27mais j'imagine qu'aujourd'hui
51:28encore elle ne peut pas
51:29se libérer
51:29en particulier
51:31de ces questions-là
51:32vous nous aviez dit
51:33Hélène Cole
51:33tout à l'heure
51:34ça m'a marqué
51:35lorsque vous parliez
51:36un petit peu
51:37de Natacha Kampouche
51:39qu'elle était
51:41toujours détestée
51:42finalement en Autriche
51:42c'est incompréhensible
51:44on a du mal
51:45c'est elle la victime
51:45quand même
51:47oui alors
51:47je me souviens
51:48au mois de novembre
51:49qui avait suivi
51:50son évasion
51:51j'étais allée faire
51:51un reportage
51:52il y avait une sorte
51:52de Natacha Magna
51:53dans les rues de Vienne
51:54les jeunes filles
51:55mettaient des foulards
51:56dans les cheveux
51:56parce qu'elle était apparue
51:57pour la première fois
51:57avec un foulard
51:58dans les cheveux
51:59il y avait
52:00quand elle a lancé
52:00sa ligne de bijoux
52:02énormément de choses
52:03et même
52:03si vous regardez
52:03son compte Instagram
52:04aujourd'hui
52:05il y a beaucoup de gens
52:05encore qui disent
52:06qu'ils sont très impressionnés
52:07par son parcours
52:08mais c'est vrai que
52:10cette distance
52:11qu'elle a toujours instaurée
52:12fait que
52:14il y a toujours
52:14une sorte de malaise
52:15voire d'hostilité
52:17à son égard
52:18férocité
52:18je dirais presque
52:19plutôt une hostilité
52:20et puis il y a encore
52:21toutes ces rumeurs
52:22qui circulent
52:23qui ne cessent de circuler
52:24sur le fait
52:25qu'elle ait eu
52:26une grossesse
52:26et qu'elle aurait
52:27avorté de son ravisseur
52:29sur le fait
52:29qu'elle ait été exposée
52:30dans des cercles
52:31sadomaso de Vienne
52:33par exemple
52:33pendant sa séquestration
52:34toutes des choses
52:35qui n'ont jamais été confirmées
52:36ce ne sont pour l'instant
52:37que des rumeurs
52:38mais évidemment
52:39tout ça
52:40c'est un halo
52:42ambigu
52:42autour de sa personne
52:43et dans un monde
52:44qui ensuite
52:45a basculé
52:46dans celui des réseaux sociaux
52:47vous imaginez
52:48ce que ça peut être
52:48bien sûr
52:48beaucoup de dégâts
52:49évidemment
52:49vous le décrivez très bien
52:50Hélène Kohl
52:52docteur Paul Bensoussan
52:53question subsidiaire
52:54pour vous
52:55j'ai l'impression
52:55qu'on ne la croit pas
52:56cette femme
52:57on a l'impression
52:58que finalement
52:59elle était très bien
52:59là où elle était
53:00dans sa cave
53:00si on suit un petit peu
53:01ses détracteurs
53:02c'est ça
53:03on ne la croit pas
53:04on ne lui pardonne pas
53:05je dirais
53:06sa nuance
53:07et sa subtilité
53:08on aurait voulu
53:09une histoire plus simple
53:10une évasion
53:11une détestation
53:12une haine
53:13la victime
53:13et le bourreau
53:14et elle a toujours
53:16refusé de se plier
53:17à ce schéma là
53:18et cet entêtement
53:21je dirais
53:22ou cette dignité
53:23avec laquelle
53:24elle a tenu
53:25à se singulariser
53:26ne lui a pas été pardonné
53:28c'est terrifiant
53:29quand même
53:29le constat
53:30le constat
53:31il est terrifiant
53:31il faut des histoires
53:33simples pour le public
53:34celle-ci ne l'est pas
53:35et elle est unique
53:36donc c'est un mauvais
53:38conte de fait
53:40qui se termine bien
53:41mais à la fois
53:41très mal pour elle
53:42c'est ça qui est terrifiant
53:43oui on a du mal
53:44à imaginer
53:45comment elle pourrait
53:45restaurer
53:46une personnalité
53:48elle ne se détachera
53:50jamais de son histoire
53:51Joël Stoltz
53:53je termine cette émission
53:54avec vous
53:54correspondante du Monde
53:56à Vienne
53:56en Autriche
53:57fait divers
53:57évidemment exceptionnel
53:58on vient de le raconter
53:59pendant une heure
53:59avec beaucoup de questions
54:00encore aujourd'hui
54:01on ne sait pas exactement
54:02ce qui s'est passé
54:03c'est un cas rarissime
54:04de séquestration
54:05dans ce pays
54:05c'est un fait divers
54:07exceptionnel
54:08mais il faut se souvenir
54:10que deux ans plus tard
54:11dans ce petit pays
54:12qui est l'Autriche
54:13il y a eu
54:14une autre affaire
54:15de séquestration
54:16qui est l'affaire Fritz
54:17donc c'est vrai
54:19que dans un petit pays
54:20comme l'Autriche
54:21deux faits divers
54:22de ce genre
54:23où quelqu'un
54:23est caché
54:24pendant des années
54:25dans une cave
54:26avec des abus sexuels
54:28c'est extraordinaire
54:30le public autrichien
54:31a eu du mal
54:32à se faire
54:33à cette idée
54:34et on le comprend bien
54:35évidemment
54:36merci beaucoup
54:36Joël Stolz
54:37Hélène Cole
54:38et puis le docteur
54:39Paul Ben-Soussan
54:40d'avoir été aujourd'hui
54:41les invités
54:41en direct
54:42de l'Heure du Crime
54:43merci à l'équipe
54:43de l'émission
54:44rédactrice en chef
54:45Justine Vigneault
54:45préparation Marie Bossard
54:46Lili Labeille
54:48réalisation en direct
54:49Jonathan Griveaux
54:51L'Heure du Crime
54:52la seule émission radio
54:54100% fait d'hiver
54:57Demain
54:58toujours en direct
54:59dans l'Heure du Crime
54:59une série de meurtres
55:00d'homosexuels
55:01dans la région parisienne
55:02le célèbre astrologue
55:05le mage Nathaniel
55:06est la première victime
55:08c'est l'affaire Rémi Roy
55:08le tueur
55:10au Minitel Rose
55:11de
Commentaires