00:00Europe 1, le meilleur de Pascal Proé-Vous.
00:03Le meilleur de Pascal Proé-Vous, dernière séquence, toujours en compagnie du comédien Philippe Lelouch.
00:09C'était le 17 juin dernier, avec autour de la table également,
00:12les chroniqueurs Gérard Carrérou, Olivier Guenec, Sabrina Madieber et Gauthier Lebray.
00:18Europe 1, Pascal Proé-Vous.
00:20Philippe Lelouch est avec nous pour évoquer Coluche, 40 ans après sa mort.
00:24Fabrice Laffitte me dit qu'il a la première émission de Coluche sur l'antenne d'Europe 1, on est
00:28en 1978.
00:30Oui, le 24 avril 118, Coluche anime avec Robert Villard et Gérard Lanvin.
00:34Sa toute première émission, c'était entre 15h et 17h, dans le studio qui donnera son nom, Studio Coluche.
00:39On n'est pas là pour se faire engueuler.
00:41Alors voilà, ils nous ont fait venir, et puis alors attention, ils nous ont dit,
00:44vous n'aurez qu'à parler à bâton rompu.
00:46Alors on a des petits bâtons, et puis on va vous les casser.
00:50Parce que quand on est en cas de faire, on va être viré de main, autant qu'on fasse des
00:53conneries.
00:53Il n'y a pas de raison.
00:55Ce qu'il faut, c'est pas s'arrêter de parler, ils nous ont dit.
00:58Parlez les mecs, attention.
01:00Attendez, j'en passe un, Jean-Louis, tiens.
01:01On a cassé des petits, vas-y.
01:03On parle à bâton rompu, voilà, ça y est.
01:08C'était un événement, je vous assure, moi j'étais ado, c'était un événement.
01:11Mais vous, Gérard, vous étiez...
01:29Après, c'est là qu'il y a eu les restos du cœur.
01:32Mais à l'époque, c'était Gilda, je crois, qui était en charge d'Europe.
01:39Et tous les jours, on avait une masse de gens qui gueulaient, qui disaient, c'est un scandale, j'adorais...
01:45Est-ce que c'était pas Europe ?
01:46Et c'était très dur à tenir.
01:49Enfin, je veux dire, l'équipe d'Europe a bien tenu et a soutenu Coluche jusqu'au bout.
01:53Mais c'était une partie de notre auditoire a eu du mal à s'y faire.
01:58J'adore Gérard Carreau, pardonnez-moi, mais je suis fan.
02:00Comme nous tous.
02:01Mais on est tous fans de Gérard Carreau et c'est pour ça qu'il est avec nous.
02:05Il fait une saison magnifique.
02:07C'est une sorte de Dembélé.
02:09C'est notre ballon d'or à nous.
02:11C'est notre ballon d'or.
02:12Écoutez, Guy Bedos, lorsqu'il apprend la nouvelle de la mort de Coluche et qu'il appelle Jean-Pierre Elkabach.
02:17Guy Bedos, bonsoir Guy.
02:20Bonsoir Jean-Pierre.
02:21J'ai appris la nouvelle en écoutant votre émission dans la voiture.
02:23Je rentrais chez moi avec ma femme.
02:25Au moment où vous avez commencé à dire, il n'y a qu'un grand ami, etc.,
02:29je me suis cramponné au tableau de bord en me disant, qu'est-ce que c'est ?
02:33Qui c'est ?
02:33Et puis quand j'ai entendu ça, effectivement, bref, voilà.
02:37On se sent un peu abandonné, là.
02:41C'est vraiment très triste.
02:44Écoutez également la réaction de Marie Gildas sur la disparition de Coluche.
02:47Il y avait un lien particulier puisque Marie s'accompagnait.
02:50Elle était là aussi pour tempérer Coluche.
02:53Je voudrais, Maryse, je sais que pour quelqu'un qui a travaillé neuf mois tous les jours
02:58et pas seulement pendant une heure et demie à l'antenne qui riait, qui nous faisait rire,
03:03c'est plus que bouleversant, hein ?
03:05Oui, c'est plus que ça parce qu'on était vraiment devenus amis, je peux le dire, je crois.
03:10C'était un grand ami.
03:11Je l'aimais, c'est quelqu'un de rare qu'on vient de perdre, vraiment quelqu'un de rare.
03:14On ne peut pas s'imaginer à quel point il était rare, ce type.
03:17C'était quelqu'un de fantastique, quoi.
03:19Et j'ai mal, j'ai très mal.
03:21C'est un déchirement.
03:22Je ne peux pas vous dire autrement.
03:23C'est réellement un déchirement.
03:25C'est vrai que, Philippe, on est de la même génération et c'était une de nos icônes.
03:31Ah, totalement.
03:32Une icône majeure.
03:33Et c'est vrai qu'on a tellement aimé ces années-là.
03:36Ces années 80, les années canales, la liberté.
03:39On ne se posait pas les questions lorsqu'on abordait une fille qu'on peut se poser aujourd'hui.
03:44Si aujourd'hui vous avez 20 ans, j'imagine que vous faites attention dans le bon sens du terme.
03:51Mais aussi parfois en se disant, qu'est-ce qui peut arriver ?
03:55Est-ce que demain je ne peux pas avoir une plainte que je n'aurais pas imaginée alors que je
04:00n'ai pas eu le sentiment de ne pas faire ce qu'il ne fallait pas faire, etc.
04:04Vous voyez, et on se comportait bien.
04:07Parce que j'ai horreur aussi quand on imagine que tous les hommes se comportaient mal avec les femmes dans
04:12les années 80.
04:13Nous, on était adolescents, mais on a aimé cette liberté, on a aimé cette période et qu'aujourd'hui on
04:21souffre parfois.
04:23Pascal, c'est exactement ce que je raconte dans le show, moi, perso, parce qu'on a été élevés par
04:27des mecs comme Coluche.
04:28Mais en fait, ce qui est très piégeant, et c'est ce que j'essaye d'expliquer du mieux que
04:33je peux,
04:33c'est qu'on a connu une période qui avait ses défauts, mais où la liberté était totale.
04:38Par exemple, on ne mettait pas de casque en moto.
04:39Alors évidemment, on a accepté tous les interdits parce que...
04:42Moi j'en mettais quand même.
04:43Les casques, c'est vraiment ça, c'est 70.
04:44Dans les années 80 quand même, on les met.
04:47Jusqu'à fin 80, on arrivait à tricher encore un peu.
04:50Mais on va accepter l'obligation puisque c'est moins dangereux.
04:53On fumait dans les boîtes de nuit et partout.
04:55Alors oui, on va accepter, on ne fume plus.
04:57On fumait dans le train, on fumait dans les avions.
05:01Alors dans les boîtes de nuit, on avait le droit de boire aussi.
05:03Parce qu'il n'y avait pas de radar, il n'y avait pas de contrôle, etc.
05:05Alors on a accepté l'interdiction parce que c'est mieux.
05:07Mais à force d'accepter toutes ces petites interdictions,
05:11on a l'impression d'avoir renié sur la grande liberté.
05:13Et c'est ça qui fait que les nouveaux réacs d'aujourd'hui,
05:15dont je fais partie, supposément,
05:17c'est pas...
05:18Quand nous on était môme, Pascal, les réacs c'était des mecs qui voulaient plus d'ordre et de sécurité.
05:21Les réacs d'aujourd'hui veulent plus de liberté.
05:23C'est ça qui est drôle à analyser.
05:25Donc le réac d'aujourd'hui n'a rien à voir avec le réac de 70.
05:27Oui, mais comment vous comptez les exemples que vous avez donnés sur la fumée et l'alcool ?
05:31C'est imparable.
05:32C'est imparable.
05:33C'est bien ce qu'on dit.
05:34C'est pour le mieux, mais c'est de la liberté en moins.
05:37Donc c'est ça qui est très compliqué à intellectualiser.
05:40Par exemple, vous ne le mettez pas dans un environnement
05:44où il y a des gens qui fument.
05:47Si vous, il vous invite chez lui...
05:49Ah oui, chez lui, avec mon fils, oui, évidemment.
05:51Mais vous vous rendez compte de ce qu'il dit ?
05:53C'est-à-dire qu'il pense que son fils, qui a 9 mois,
05:56peut être intoxiquée par quelqu'un qui, un soir,
05:59va venir fumer de la cigarette chez lui.
06:02Mais le davagisme, c'est ça.
06:04Mais bien sûr.
06:06Mais il gueulait quand on lui demandait...
06:07Vous savez, ma mère avait un père qui fumait beaucoup.
06:08Mon grand-père, il a 90 ans aujourd'hui.
06:11Ma mère, elle se faisait vomir dans la voiture
06:12parce qu'elle ne supportait pas l'odeur de tabac.
06:14Et maintenant, ma mère qui est née en 68,
06:16vous ne la mettez pas à une terrasse
06:18où il y a quelqu'un qui met sa clope sous sa chaise.
06:20Mais votre réaction, elle fait sens.
06:24Vous avez dit tout de suite...
06:26Ah non, mais avec mon fils, quelqu'un ne va pas fumer.
06:28Mais il ne va pas mourir, votre fils,
06:29parce que je fumais une cigarette à côté de lui.
06:32Si vous me permettez, je fais un peu de...
06:34Non, il ne va pas mourir, ça c'est sûr.
06:35Je fais un peu de provoc.
06:36Et ce monde-là, je le trouve...
06:39Il y a une forme d'intolérance.
06:41Parce que moi, j'ai connu un monde
06:42où effectivement, tu fumais,
06:45à côté, tu demandais à quelqu'un,
06:46est-ce que ça vous gêne ?
06:47Ah oui, alors là, maintenant, vous pensez,
06:49par exemple, sur les plages,
06:50parce que maintenant, il y a des plages non-fumeurs aussi.
06:51Le type qui fume à côté de vous,
06:53ça servait de coller à la voûte,
06:54il vous demande avant d'allumer sa clope.
06:55Je pense que...
06:55Mais ça se passait comme ça.
06:56Oui, ça se passait comme ça.
06:57Sauf que maintenant, le type qui allume sa clope,
06:58il ne demande absolument pas
06:59à la personne d'à côté si ça le dérange.
07:01Mais c'est dommage.
07:01Mais on en vient à ça.
07:02C'est-à-dire qu'il y a le bon droit qui s'applique.
07:04Bon, qu'est-ce qui reste de Coluche ?
07:06Moi, j'aime bien ses films aussi.
07:07L'autre soir, il y avait l'aile ou la cuisse.
07:08J'ai adoré revoir quelques images.
07:10Alors lui, il a pensé que tout le temps...
07:11C'est une anecdote formidable.
07:12Moi, je suis un fan absolu.
07:14Vous l'avez connu ?
07:14Malheureusement pas.
07:15Mais je connais plein de gens qui l'ont connu
07:17et ils sont tous unanimes sur les qualités humaines du personnage.
07:21Je crois que c'est indéniable.
07:22Sa générosité absolue, etc.
07:25Bon, mais il y avait ce moment-là
07:27où il faisait des films, d'ailleurs,
07:28où il s'était presque fâché avec Lederman,
07:31qui avait dit, quand tu voudras...
07:32Il lui dit, mais il faut que tu fasses un spectacle.
07:34Tu ne vas pas faire que des films faciles comme ça.
07:36Et Coluche avait répondu, mais avec toi, il faut travailler.
07:38Alors que là, je prends du pognon et je ne fous rien.
07:40Sauf qu'au bout d'un moment, il s'est rendu compte
07:42que les films, bon, ce n'était pas toujours d'une grande qualité.
07:44Et il est revenu voir Lederman en disant,
07:46bon, allez, on se remet au travail.
07:49C'était le meilleur de Pascal Praud et vous.
07:52Et notrec Philippe Lelouch sera l'un des invités
07:54de Julien Pichnet pour la dernière du club de l'été
07:56aux côtés de Dimitri Pavlenko et Koe.
07:59Ce sera mercredi de 10h à 13h sur Europe 1.
08:03Dans un instant, Punchline,
08:05une heure d'information, d'analyse et de débat
08:07animé par Thomas Bonnet.
08:09Bonne fin de journée à tous.
08:1216h-18h, le meilleur de Pascal Praud et vous sur Europe 1.
08:16Sous-titrage Société Radio-Canada
08:18Sous-titrage Société Radio-Canada