00:00On a Muriel Robin qui est avec nous en ligne par téléphone.
00:03Bonsoir Muriel Robin.
00:05Merci de prendre quelques instants pour nous.
00:07C'est vrai que Philippe Bouvard, ça a été le découvreur de talent.
00:11Ça a été le petit théâtre de Bouvard qui tous les soirs était regardé.
00:14Il faut se souvenir des scores de l'époque.
00:16Plus de 10 à 12 millions de téléspectateurs le soir.
00:19Est-ce que vous dites merci Philippe Bouvard de ce qu'il a fait pour les jeunes,
00:23pour les comiques, pour des gens comme vous ?
00:25Oui en tout cas pour moi.
00:26Moi je dis merci Philippe Bouvard parce que j'ai appris à écrire,
00:30parce que j'ai voulu rentrer au clé.
00:31Après le conservatoire, aussi bizarre que ça puisse paraître.
00:34Après Michel Bouquet, je suis allée vers Philippe Bouvard pour travailler.
00:40Et j'ai appris l'écriture.
00:41J'ai appris à être efficace dans l'écriture, rapide.
00:45Il disait j'achète quand on passait un sketch.
00:48Il n'y avait pas de discussion, il n'y avait pas non,
00:50il faudrait le retravailler comme ci ou comme ça.
00:52Ça le faisait rire ou pas.
00:55Et comme il s'était en fait, il avait le goût du grand public.
01:00Donc il ne se trompait pas.
01:02Il ne se trompait pas.
01:02Et quand il achetait souvent, si la mission a marché,
01:05c'est que tous les sketchs qui passaient plaisaient aussi au public évidemment.
01:08Il était comment avec vous, avec ces jeunes humoristes ?
01:12Dur ?
01:13Dur.
01:14Parce que rire n'est pas synonyme d'être drôle.
01:18Donc il riait beaucoup, on le faisait rire beaucoup.
01:20Mais il était dur.
01:22Ce n'est pas quelqu'un du tout de...
01:24On se pressentait un peu peut-être, pour les gens qui nous écoutent.
01:28Mais il n'y avait jamais de démonstration d'affection,
01:31ni dans les mots, ni dans les actes.
01:34Voilà, c'était un travailleur.
01:37C'était une machine de guerre.
01:39Il avançait.
01:40On passait des auditions, les sketchs dans un couloir,
01:43en bas de l'escalier par lequel on arrive au studio Gabriel.
01:47Il avait un chrono à la main.
01:49Il nous donnait 20 minutes, paf, paf, paf, on passait les sketchs.
01:52Et puis qu'il repartait, il montait dans sa 604 avec le téléphone.
01:57On savait qu'il y avait un bureau à l'arrière.
01:59On a l'impression que tout d'un coup, on était avec un Américain
02:02qui était très, très, très moderne,
02:03qui partait écrire des papiers pour je ne sais quel journal.
02:08Mais bon, encore une fois, à titre personnel,
02:11moi, il m'a d'abord donné confiance
02:12parce qu'il me présentait, quand on faisait des galas sur scène
02:16dans lesquelles il nous accompagnait,
02:20il me présentait comme la comédienne la plus drôle de l'émission,
02:26donc de la télé, donc de la France.
02:29Donc moi, mon fils Bouvard,
02:31qui était client de Thierry Luron,
02:34parce que je regardais ça en noir et blanc, évidemment, à l'époque,
02:37j'étais adoubée, et entre la confiance
02:40et, encore une fois, le fait d'avoir appris à écrire,
02:43de m'être lancée dans l'écriture
02:46pour rentrer dans cette émission,
02:48je lui dois, et je n'ai pas cessé, d'ailleurs,
02:51tout au long de toutes ces années,
02:53ça fait 40 ans maintenant,
02:55on est à Thierry Luron, un peu plus, même, je crois,
02:58de l'appeler et de le remercier.
03:00Et il était très fier.
03:01Il a fini quand même par lâcher quelques mots,
03:03par me dire qu'il était très fier.
03:04Et, m'a-t-il dit particulièrement de vous,
03:07et je lui ai répondu,
03:08je pense que vous dites ça à chaque artiste
03:11qui vous appelle,
03:13mais, et vous avez bien raison,
03:14mais ça fait plaisir d'entendre.
03:16Merci.
03:16C'est parti.