- il y a 2 mois
Le journaliste et animateur radio, figure incontournable des Grosses Têtes, est mort ce lundi 24 août. Il avait abandonné les rênes de l'émission mythique en 2014.
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00:00Priorité au direct, vous voyez à Cannes, à l'extérieur de cette église Notre-Dame, du bon voyage Stephen, ce
00:07cercueil qui transporte le corps de Philippe Bouvard.
00:10Les obsèques viennent de se terminer et on entend à nouveau des applaudissements, des badauds, des anonymes venus lui rendre
00:15hommage Stephen.
00:17Oui, c'est Canoa qui ont fait le déplacement, puis on l'entendait même, des gens qui sont venus des
00:21quatre coins de France,
00:22comme ces gens qui attendaient pendant près de 40 ans devant la rue Bayard où Philippe Bouvard enregistrait les grosses
00:30têtes 19 000 heures au compteur de cette émission au micro d'Hertel.
00:35Alors qu'on voit le maire de Cannes, Eric Ciotti également.
00:38Qui a pris la parole pendant cette cérémonie, il se connaissait très très bien. Philippe Bouvard nous entourage, la famille
00:43n'a pas voulu que des personnalités prennent la parole.
00:46David Lissnard qui a dit que Bouvard c'était l'esprit français dans la salle à manger. Sa fille Nathalie,
00:50elle, s'est amusée de ce dernier pied de nez de Philippe Bouvard,
00:53de mourir en pleine grande vacances et d'être enterré le jour de la rentrée scolaire. David Lissnard aussi a
00:58blagué en disant que le corbillard est égaré à quelques encablures du casino municipal.
01:03Philippe Bouvard a tant dépensé d'argent et tant perdu au poker. Philippe Bouvard qui sera donc inhumé à partir
01:09de 17 heures au cimetière.
01:11Et on voit Colette, Colette Bouvard, 73 ans de mariage. Ils se sont rencontrés dans un train. Ils se sont
01:18mariés en 1953, l'année où Philippe Bouvard a décroché sa première carte de presse.
01:22Il était simple journaliste au Figaro. Philippe Bouvard qui a tout fait dans sa vie, tous les métiers du journalisme,
01:28un petit reporter, éditorialiste, chroniqueur, patron de presse, interviewer et ensuite créateur en 1977 des Grosses Têtes.
01:34Benoît Ruiz est avec nous. Benoît, vous êtes là à la sortie devant cette église où il y a, on
01:40le voit, quelques personnalités.
01:42Éric Ciotti qui vient saluer l'épouse de Philippe Bouvard, mais aussi beaucoup, beaucoup d'anonymes qui sont venus lui
01:47dire merci, merci de les avoir fait rire pendant toutes ces années, c'est ça ?
01:54Exactement, dans une ambiance particulière car s'il y a eu, c'est vrai, beaucoup d'émotions au début, lorsque
02:01notamment le cercueil est arrivé,
02:03et bien pendant la cérémonie, alors que nous étions à l'extérieur, et bien les personnes présentes autour de cette
02:10église se sont mises à se parler et surtout à rire entre elles.
02:15Une dame me disait tout à l'heure, je n'ai jamais autant ri à un enterrement, et bien c
02:20'est peut-être aussi ça l'esprit Philippe Bouvard,
02:22ce qu'il faut retenir de ce qui s'est passé cet après-midi avec toutes ces personnes qui sont
02:28venues lui rendre hommage,
02:29mais un hommage, on va dire, emprunt de solennité, d'émotion, mais aussi avec du rire, avec de la bonne
02:36humeur,
02:36avec des personnes qui ne se connaissaient pas entre elles et qui se sont mises à parler entre elles.
02:41On les a même surnommées tout à l'heure de notre côté les grosses têtes canoises,
02:45car elles étaient en train vraiment de palabrer autour de la carrière de Philippe Bouvard,
02:52et en train de se raconter leurs anecdotes, les anecdotes sur Philippe Bouvard.
02:56Certaines étaient très drôles, comme lorsqu'elles, ces personnes apercevaient Philippe Bouvard au volant de sa voiture.
03:03Du fait de sa petite taille, et bien ils ne voyaient que la tête dépassée, et ça faisait rire comme
03:08ça l'assistance.
03:09Donc vous voyez, une ambiance, voilà, un enterrement avec, on a envie de dire, le sourire.
03:14On voit que la famille, évidemment, est pleine d'émotions, mais autour, s'il y a une émotion,
03:21il y a une envie de rendre hommage par le rire, et en se disant que Philippe Bouvard,
03:24il a bien laissé une trace dans le paysage français, dans le paysage audiovisuel,
03:31dans le paysage médiatique, mais aussi dans le cœur de toutes ces personnes, des canoises,
03:35notamment où il résidait depuis des années, où il était venu en vacances à l'âge de 8 ans.
03:39Il a adoré cette ville, et il y est resté.
03:42Donc voilà ici, un peu l'ambiance autour de cette cérémonie.
03:47Et maintenant, tous ceux qui le peuvent vont aller, et bien du côté du cimetière du Jasse,
03:54juste à côté de l'hôpital de Cannes, pour l'inhumation,
03:58qui aura lieu, normalement, aux alentours de 17 heures.
04:02Philippe Bouvard qui avait beaucoup écrit sur la mort,
04:05qui n'en avait pas peur, et sa fille Nathalie a notamment cité
04:09quelques phrases de Philippe Bouvard autour de la mort,
04:11notamment celle-ci,
04:12« J'ai toujours fui les enterrements, au point de me faire passer pour mort,
04:15pour échapper au mien, où la mort n'est jamais qu'un jour dans la vie,
04:19et de surcroît le dernier à ce qu'il paraît. »
04:21Et on va retrouver Jérémy Normand.
04:23Jérémy, vous avez assisté en grande partie à ses obsèques.
04:27Racontez-nous comment ça s'est déroulé.
04:31Oui, on a pu effectivement assister à l'intégralité de la cérémonie d'hommage
04:36qui vient d'avoir lieu à l'instant dans l'église de Notre-Dame de Bon Voyage,
04:40avec très peu de prise de parole, Stephen en parlait à l'instant,
04:42sa fille Nathalie qui a pris la parole pour dire, encore une fois,
04:46avec quelques mots, tout l'esprit qui caractérisait Philippe Bouvard,
04:50avec cette ironie qu'il pouvait avoir quant à la mort,
04:52même s'il avait consacré à la mort trois livres ces dernières années,
04:56et notamment celui-ci, « Je suis mort ».
04:59Et alors, avec cette phrase qui est écrite sur le livret de Metz,
05:02je cite, « Je suis mort hier, c'est mon premier jour d'éternité,
05:05il ne peut plus rien m'arriver ».
05:07Cette phrase qui figure au dos du livret de Metz,
05:11sur le côté recto, ce portrait de Philippe Bouvard,
05:14et puis au dos, effectivement, cette phrase issue de son livre
05:18qui avait publié en 2009, très peu de prise de parole,
05:21celle notamment assez remarquée de David Lissnard, le maire de Cannes,
05:23qui a longuement pris la parole, et qui est revenu avec un mot,
05:27le mot de panache, le panache qui caractérisait selon lui
05:29Philippe Bouvard et l'esprit français.
05:31Il a dit notamment, Philippe Bouvard, c'était l'esprit français
05:34dans la salle à manger, en référence à toutes ces émissions
05:37en soirée à la télévision, ces émissions en fin de journée,
05:40à la radio, toutes ces années où il a évidemment animé
05:43Les Grosses Têtes.
05:44On peut quand même dire qu'il y a peu de sociétaires
05:47de l'émission Les Grosses Têtes qui ont assisté à cette messe.
05:50On a croisé Chantal Latsou, qui nous a adressé quelques mots sur BFM TV,
05:54mais on n'a pas vu Muriel Robin, on n'a pas vu Mimati, par exemple,
05:58on n'a pas vu d'autres personnalités qu'il a fait connaître
06:01dans son émission sur Antenne 2, le petit théâtre de Bouvard.
06:06Et ça a été remarqué notamment par des passants, des anonymes
06:09qui sont venus ici et qui étaient pour certains, nous disent-ils, surpris
06:12de ne pas voir davantage de personnalités que le journaliste a fait émerger,
06:18a fait connaître sur les différentes plateformes,
06:20la télévision et la radio, évidemment.
06:22Mais vous voyez sur ces images le maire de Cannes
06:25et les proches de Philippe Bouvard qui lui rendent un dernier hommage,
06:29un dernier au revoir, alors que le cercueil de Philippe Bouvard
06:32est maintenant sorti de l'église et qu'il s'apprête ensuite
06:35à être inhumé au cimetière à Cannes.
06:39Voilà ces images avec, vous voyez, la foule quand même nombreuse.
06:42L'église était pleine à craquer, il y avait aussi beaucoup d'anonymes
06:47et c'était justement un vœu de la famille de Philippe Bouvard
06:50de permettre à des anonymes de venir de tous horizons,
06:53de venir rendre un hommage et participer, assister en tout cas, à cette messe.
06:58Et donc on le voit sur le perron de cette église, en plein centre de Cannes,
07:00à quelques pas seulement de la croisette que Philippe Bouvard affectionnait tant.
07:03Eh bien toutes ces personnalités, ces proches, ces anonymes
07:07qui sont rassemblés aujourd'hui pour accompagner le cercueil
07:10qui est maintenant entré dans le Corbiard.
07:14Merci beaucoup Géraud, merci à Julie Poncet aussi pour les images.
07:18Steven, effectivement beaucoup d'anonymes aussi qui sont venus,
07:22qui sont là, qui ont été autorisés à rentrer dans l'église.
07:24Il avait cette envie, il était très proche du public,
07:26il a été toute sa carrière, il avait l'envie aussi que des anonymes
07:29puissent rentrer, lui rendre hommage.
07:31Oui, ces gens qui ont fait son succès d'une certaine manière,
07:34qui se pressaient rue Bayard, où était le siège d'RTL,
07:36et qui assistaient chaque jour à l'enregistrement des grosses têtes.
07:39Ces gens, voilà, une bonne centaine a pu pénétrer dans l'église.
07:43Il sera néanmoins inhumé dans la stricte intimité dans une heure maintenant.
07:48Philippe Bouvard à Cannes, qui avait choisi son épitaphe.
07:51On verra si sa pirouette, il y a quelques années, se réalisera vraiment.
07:54Cet épitaphe, il avait dit que ce serait vivant, j'étais assez petit,
07:58sous la pierre, je fais figure de monument, il y a donc un progrès.
08:02Philippe Bouvard, cette petite taille, ce rire, ses épaules qui gigotaient,
08:06ce regard bleu perçant, tout cela a fait aussi, cette bonhomie,
08:09partie de son succès et de son personnage, aussi rond et rondouillard.
08:15Son humour, en tout cas, qui a marqué les médias français,
08:19cette recherche permanente de mêler le savoir et le rire et de transmettre.
08:25Il aura fait cette carrière, 70 ans quasiment, de première carte de presse en 1953
08:31et retraite le 1er janvier 2025.
08:34En tout cas, voilà cet esprit si français qui aura participé à faire des médias.
08:39Voilà son terrain de jeu favori, lui qui avait raté son bac six fois.
08:43Voilà ce registre qui est ouvert et le maire de Cannes qui s'exprime aussi en ce moment.
08:48Le maire de Cannes, Éric Ciotti également, qu'on a vu à l'intérieur de l'église,
08:52participer à la cérémonie.
08:53On va retrouver Jérémy Normand.
08:55Qui montre la popularité de Philippe.
08:58Oui, je suis avec Jacques Maillot, excusez-moi, je vous interromps,
09:01mais vous nous disiez à l'instant, effectivement, votre émotion
09:03et l'importance que ça avait pour vous d'être présent pour ce dernier au revoir
09:07à Philippe Bouvard, que vous avez connu si longtemps, 50 ans d'amitié.
09:10Oui, écoutez, c'est vrai que c'est une longue amitié
09:14et que je devais d'être là, forcément, mais je suis très content pour lui
09:19parce qu'il y a beaucoup de monde, il y a beaucoup de public
09:21et ça reflète tout à fait ce qu'était Philippe Bouvard.
09:24C'était un homme qui pratiquait un humour très populaire
09:28et qui savait parler aux gens les plus modestes dans un français parfait.
09:32Comme quoi les politiques qui sont parmi nous devraient en prendre de la graine
09:37et il ne faut pas forcément descendre bas pour s'adresser aux gens simples.
09:42Philippe le faisait très bien, il faisait un français très châtié
09:44et je suis très content qu'il y ait autant de monde à son enterrement
09:49et des vrais gens, comme disait.
09:51Il a débuté coursier au Figaro pour terminer l'homme qu'il est aujourd'hui.
09:55C'est aussi une histoire française.
09:56Commencer d'en bas sans avoir même décroché son bac
09:59et puis réussir à inonder nos écrans, nos ondes de radio.
10:02Oui, c'est un véritable autodidacte et les autodidactes en général sont insubmersibles
10:08parce qu'ils ont une force de travail que nous n'avons pas, nous,
10:12ceux qui ont fait des études, etc.
10:14Et je pense que Philippe faisait partie de ces gens-là
10:16et son parcours est exemplaire.
10:19Et c'est un exemple pour tous les jeunes,
10:21ce qui montre qu'on n'est pas obligé d'être énarque aux polytechniciens
10:25pour faire une grande carrière.
10:26Qu'est-ce que vous retenez de lui ? Son impertinence, sa générosité ?
10:28Qu'est-ce que vous retenez ?
10:29Son espièglerie parce que la particularité de Philippe,
10:33c'est qu'il était resté très jeune d'esprit jusqu'à son dernier souffle.
10:37On s'est parlé encore il y a dix jours.
10:39Et je crois que cette jeunesse lui a gardé ce souffle extraordinaire
10:43et sa fraîcheur d'âme qui a toujours été identique.
10:47Et je l'ai écrit l'autre jour dans Maths, je crois.
10:51Il était à l'abri de tout aigreur parce qu'il aimait les gens,
10:55il aimait les jeunes, il nous a tous aidés.
10:57Et c'est un exemple.
11:00Ça ne va pas être simple pour ses successeurs.
11:01Lui qui a marqué à ce point-là l'histoire de la télévision avec son esprit,
11:04son espièglerie dont vous parliez à l'instant.
11:05Pas simple de prendre la suite ?
11:07Non, surtout avec les médias qui ont tendance un peu à s'aseptiser, on le sait.
11:13Et le prêtre, tout à l'heure, dans son prêche, l'a dit,
11:19les médias sont beaucoup plus lisses qu'avant.
11:21Et Philippe a profité de ces aspérités.
11:23On en a tous profité.
11:25On avait une liberté de ton absolue.
11:27Voilà, j'espère que ça va continuer.
11:29Mais ce n'est pas gagné.
11:30Il faut être vigilant.
11:33Merci beaucoup, Jacques Maillot.
11:37Et on va écouter tout de suite David Snislarn, le maire de Cannes, qui s'exprime.
11:42L'intimité de ses proches.
11:44Il a eu des engagements publics pour moi, donc je me permets de m'autoriser à les évoquer.
11:48Il m'a toujours soutenu.
11:49Il a toujours présidé mes comités de soutien.
11:51C'était quelqu'un en privé qui était comme il est en public, c'est-à-dire drôle, précis, fidèle
11:56en amitié, espiègle, espiègle, joyeux.
12:00Et il me permet de dire, je crois, sans entrer dans une intimité qui ne serait pas de mon ressort,
12:05mais qu'il avait en lui l'énergie du doute de tous les autodidactes,
12:11de ce que je comprends parfaitement bien de ces gens qui ne parlent de rien et qui réussissent par leur
12:16travail.
12:17Donc il était aussi jouisseur que travailleur.
12:19Et il était très travailleur.
12:21Je vous le fais redire juste une dernière fois.
12:23Ce panache, il va manquer.
12:26Mais le panache, il manque à la France aujourd'hui.
12:29Vous voyez, sans jouer, un peu nostalgique quand même.
12:32Mais les cavalcades joyeuses d'un Jean-Paul Belmondo, l'humour d'un Goscinny,
12:36les saillies ergothiques d'un Frédéric Dard sans Antonio,
12:41la sens des mots d'un Pierre des Proches, ça nous manque.
12:43Et bien sûr, l'ironie grinçante, mais quand même drôle et joyeuse et positive d'un Philippe Bouvard, ça nous
12:51manque.
12:51Donc il faut cultiver ça.
12:52C'est ça le panache français.
12:53Est-ce que l'Américaine va lui rendre hommage d'une manière ou d'une autre ?
12:56Oui, on va lui rendre hommage.
12:57On lui a déjà rendu hommage puisqu'il est décédé le jour de l'anniversaire de la libération de Cannes.
13:01Et nous avons célébré un hommage au Monument aux Morts.
13:03Mais nous allons baptiser un lieu du nom de Philippe Bouvard.
13:06Et je proposerai au conseil municipal, on va faire un recensement d'idées,
13:11mais pour ma part, je proposerai qu'un joli théâtre dans le quartier Alexandre III s'appelle Théâtre Philippe Bouvard.
13:18Merci, monsieur.
13:18La France a perdu son identité.
13:22Bouvard est effectivement un beau symbole pour l'émission.
13:26Le théâtre de Bouvard qui a révélé tellement de talents.
13:29David Lysnard qui signalait qu'il était soutenu par son ami Philippe Bouvard,
13:34qui était un homme de droite revendiqué, assumé.
13:37Un journaliste qui n'a jamais caché être quelqu'un de conservateur,
13:41d'avoir des opinions et qu'il fallait parfois jouer avec.
13:45En tout cas, il a tenté tout au long de sa vie d'être, voilà, d'une certaine manière engagé
13:52pour une certaine forme de conservatisme et pour certaines valeurs qu'il a toujours voulu mettre en avant.
13:59Il disait politiquement, je n'ai pas beaucoup évolué, mais un petit peu quand même.
14:02On m'a reproché d'être de droite.
14:03C'était un reproche en partie justifié.
14:06Lui qui faisait passer son chauffeur à partir de 1981,
14:10très loin de la rue du Faubourg Saint-Honoré.
14:14Il avait interdit à son chauffeur de passer devant l'Elysée quand Mitterrand avait été élu.
14:18Et pourtant, c'est quelqu'un qui a aussi eu plaisir à rencontrer ses hommes politiques
14:22après une chronique dans le Figaro Magazine, plus de sept ans après l'élection de Mitterrand.
14:26Eh bien, le président Mitterrand avait invité Philippe Bouvard au petit déjeuner.
14:30Il y était allé et il disait, je l'ai respecté par la suite.
14:33Lui qui avait quand même eu peut-être plus d'affect pour Chirac.
14:36Un vrai président, disait Bouvard.
14:38Un merveilleux comédien qui a le mieux interprété le personnage du magistrat suprême.
14:42Il n'a en tout cas jamais, en tout cas voilà, il a brocardé tous les hommes politiques et tous
14:48les présidents évidemment.
14:49Et on va retrouver Benoît Arouise.
14:51Benoît, vous êtes tout près de ce livre de condoléances où on voit les uns après les autres des anonymes
14:55venir signer, noter un petit mot.
15:00Oui, exactement. Des anonymes, des proches.
15:04Ils sont tous passés par ici.
15:06Le livre de condoléances qui était tout à l'heure de l'autre côté de la rue pour que...
15:10Voilà, c'est Julien Lepers qui est en train de laisser un petit mot.
15:15Le livre de condoléances tout à l'heure était de l'autre côté, plus proche des barrières,
15:19pour que les cannois, le public, puissent laisser leurs petits mots.
15:24Là, ce sont plus les personnes qui ont assisté à la cérémonie qui se sont...
15:32Voilà, donc on va essayer peut-être de poser une petite question à Julien Lepers.
15:37Voilà.
15:39Pardon.
15:41L'église est pleine à craquer.
15:43Donc pour moi, Philippe Bouvard, c'est un géant de l'audiovisuel.
15:47Géant de l'audiovisuel qui s'en va, comme Belmar, comme Jacques Martin, comme...
15:52J'en oublie beaucoup, pardon.
15:54Mais pour moi, Philippe, je l'ai côtoyé pendant 18 ans à RTL.
15:57Tous les jours, je faisais des émissions, je le côtoyais, il m'invitait à Cannes, chez lui.
16:01Je l'aimais beaucoup pour son impertinence, sa culture aussi,
16:06et son sens du métier, et son sens du populaire, de ce qu'allait aimer les gens.
16:12J'étais très proche de cette école-là, voilà.
16:14Et pour moi, c'est quelqu'un de très très fort qui s'en va.
16:17La moindre des choses, c'est d'être ici, aujourd'hui.
16:18Qu'est-ce que vous venez de regarder lui ?
16:19C'est tout, c'est tout, parce que je suis un peu ému, pardon.
16:22Excusez-moi, mais c'est déjà bien.
16:24Je suis très content d'être là.
16:26Je regarde toutes les fleurs et tous les gens qui sont là, voilà.
16:29Le peuple, le populaire, c'est exactement ce qu'il aimait.
16:32A bientôt, merci beaucoup.
16:33Vous avez laissé un petit mot ?
16:35Tu es là ?
16:38Donc, Julien Lepers qui a répondu en direct aux questions,
16:42qui a laissé un petit mot sur le livre de condoléances,
16:46mais vous l'avez entendu, il est très ému,
16:48et conséquence, il va ensuite quitter le parvis de l'église.
16:54Vous voyez, beaucoup de monde a une petite cohue avec des personnes.
16:58Alors, c'est vraiment populaire, ici.
17:01Il y avait des barrières, mais finalement, ces barrières ont été traversées assez facilement par le public.
17:06Et le public s'est mêlé aux people, s'est mêlé un peu à ceux qui étaient dans la cérémonie.
17:12Il y avait aussi des anonymes dans la cérémonie.
17:14Certains n'ont pas pu, car l'église était trop petite.
17:17Mais voilà, tout le monde se mélange dans cette ambiance bon enfant,
17:22où tout le monde discute un peu avec tout le monde.
17:25Et c'est vrai que, pour le coup, les barrières n'existent plus et ce n'est pas bien grave.
17:29Et on a envie de dire tant mieux.
17:31C'est un peu à l'ancienne, sûrement, comme Philippe Bouvard aurait aimé qu'on le fasse.
17:38Donc voilà, un peu tout le monde qui se mélange sur ce parvis, ça discute.
17:41Et certaines personnes vont prendre la direction du cimetière pour l'inhumation
17:46qui devrait avoir lieu aux alentours des 17 heures.
17:50Merci beaucoup, Benoît Ruiz.
17:52Vous qui avez recueilli la réaction, l'émotion de Julien Lepers, l'animateur populaire,
17:57lui aussi de Question pour un champion, qui a salué un géant de l'audiovisuel,
18:01qui était parti de rien, qui a réussi Philippe Bouvard, et qui n'en avait pas honte.
18:05Au contraire, il était extrêmement fier de montrer sa réussite sociale, sa richesse, ses belles voitures.
18:10Ça faisait partie du personnage aussi.
18:12Oui, autodidacte absolu qui s'est fait virer de 7 lycées à Paris,
18:16qui a raté son bac à 3 reprises,
18:18qui a été aussi viré de son école de journalisme.
18:20Avec cette appréciation, il devrait plutôt s'intéresser aux études commerciales.
18:25Parce qu'il avait cela en lui, Philippe Bouvard,
18:27quelque chose de très américain, dont nous parlait Muriel Robin
18:30au moment de la mort de Philippe Bouvard.
18:32À la fois ce désir de marketer, comme ça,
18:36ses émissions télévisuelles et radiophoniques,
18:38de fabriquer des tablés, de mettre des gens qui n'avaient rien à faire ensemble,
18:42l'un avec l'autre.
18:43Et cette soif du travail absolu,
18:46la légende dit qu'il travaille jusqu'à 15 heures,
18:47et puis cet amour des automobiles, cette voiture,
18:50ces six secrétaires qu'il avait,
18:52ce téléphone installé dans les années 80 à l'arrière de sa voiture.
18:55Il était très américain en cela.
18:56Et on va retrouver tout de suite Jérémy Normand.
18:59Vous êtes avec un journaliste du Figaro.
19:01On me dit, puisqu'il a travaillé évidemment au Figaro,
19:03mais en démarrant au plus bas, comme coursier.
19:05Coursier en 52.
19:09Oui, et pas n'importe quelle journée, je suis avec Guillaume Roquet,
19:11le directeur de Figaro Magazine.
19:12Et vous avez pu, pendant toutes ces années, voir éclore et voir se transformer la plume de Philippe Bouvard,
19:18parce qu'on le sait, on le connaît surtout comme un homme de radio, un homme de télévision,
19:22mais c'était aussi un homme de plume qui avait publié de nombreux ouvrages,
19:25une cinquantaine si je ne m'abuse,
19:27et puis surtout qui écrivait chaque semaine dans vos colonnes.
19:29Oui, et Philippe Bouvard a commencé sa carrière au Figaro.
19:33Il le raconte d'ailleurs avec beaucoup de drôlerie,
19:35en disant qu'il avait d'abord été garçon d'étage,
19:38mais qu'on lui avait tout de suite dit que s'il avait du talent, il pourrait progresser.
19:41Et comme il en avait énormément,
19:43il a fait une très grande partie de sa carrière de presse écrite au Figaro,
19:47et notamment au Figaro Magazine,
19:49où dès le premier numéro du Figaro Magazine, en 1978, en septembre,
19:54il y avait Louis Powell, fondateur du journal,
19:56qui commençait, qui ouvrait le magazine,
19:58ensuite Jean Dormesson,
19:59et la troisième grande plume du magazine,
20:02c'était Philippe Bouvard, dans une chronique qui s'appelait à l'époque Boulevard Bouvard.
20:05Qu'est-ce qu'il lui a fallu à ce jeune ambitieux,
20:08qui a commencé comme coursier,
20:11pour arriver jusqu'à sa faconde,
20:13c'est son énergie, son envie, peut-être plus que les autres ?
20:16Qu'est-ce qui le caractérisait,
20:18qui lui a permis d'avoir ce parcours au sein du Figaro Magazine ?
20:21Alors, moi je dirais que son parcours journalistique au Figaro,
20:24mais aussi à la radio et à la télévision,
20:26c'est d'abord sa liberté.
20:27En fait, parce que Bouvard interviewait
20:30les personnalités comme aucun autre ne le faisait jusque-là,
20:33en les provoquant, en faisant en quelque sorte
20:38la lumière sur ce que les gens n'avaient pas forcément envie de mettre en avant.
20:41Il ne le faisait jamais sans méchanceté,
20:43mais avec beaucoup d'humour,
20:44souvent un peu d'ironie,
20:45et c'était ça le style Bouvard,
20:47c'est-à-dire qu'il y avait à la fois un respect,
20:50d'abord un respect de la langue,
20:51un respect des interlocuteurs,
20:52mais aussi une grande liberté,
20:53ce que David Lysnard a appelé dans son hommage le panache.
20:56Effectivement, c'était un terme qui lui correspondait bien.
20:58Est-ce que cette liberté de ton,
21:01cette capacité aussi parfois à être un petit peu corrosif,
21:04valait au Figaro Magazine des courriers de lecteurs indignés,
21:09parfois scandalisés par son verbe ?
21:11Est-ce qu'il y avait quelque chose de cet ordre-là ?
21:13Alors non, parce qu'en fait,
21:13Philippe Bouvard, c'était vraiment une...
21:15Et on va se décaler en même temps que vous nous répondez.
21:19Voilà, on se décale et on va juste poursuivre la réponse de Guillaume Roquet.
21:22Philippe Bouvard, c'était une institution au Figaro.
21:25Et donc en fait, il avait cette liberté qui était celle des grands.
21:29Et en plus, c'est sa chronique, son bloc-note,
21:32puisque c'est comme ça qu'il s'appelait dans les dernières années.
21:35C'était toujours un exercice très, très indépendant,
21:37mais ça n'était jamais agressif,
21:39c'était jamais provocateur pour le plaisir de provoquer.
21:42C'était ça aussi le style Bouvard,
21:44c'est-à-dire, encore une fois, une grande liberté,
21:46mais jamais de méchanceté.
21:47Et comme il le disait très bien, merci beaucoup Guillaume Roquet,
21:49c'était aussi cette méchanceté, en tout cas ce côté caustique
21:52qui permettait à Philippe Bouvard de mettre en valeur ses invités,
21:55puisque lui, paraissant parfois presque méchant,
21:57eh bien ses invités, tout d'un coup, devenaient presque sympathiques.
22:01Et c'était ce qu'il disait,
22:02c'est pourquoi aussi il avait cette plume,
22:04cette façon d'interviewer ainsi ses invités.
22:07Merci beaucoup.
22:08Merci beaucoup à vous, Jérémy.
22:10Restez sur BFM TV, on se retrouve dans une poignée de minutes.
22:15Parole.
22:18Oui, avec cette phrase qu'a prononcée sa fille Nathalie
22:21dès le début de cette cérémonie d'hommage,
22:23cette phrase où elle citait Philippe Bouvard,
22:25qui disait qu'il détestait tellement les enterrements
22:27qu'il se ferait passer pour mort pour échapper aux siens.
22:31Une phrase qui a dessiné quelques sourires
22:33sur les nombreux visages qui étaient présents ici,
22:35à Cannes, dans l'église de Notre-Dame de Bon Voyage.
22:38Au premier rang, les proches et quelques personnalités
22:40qui ont fait le déplacement pour assister à cette messe.
22:44Et puis, dans l'Assemblée également,
22:45de nombreux anonymes qui ont tenu à venir rendre
22:48un dernier hommage à Philippe Bouvard
22:49et qui ont été d'ailleurs invités, conviés par les proches
22:52qui tenaient justement que cette cérémonie soit populaire
22:55comme l'était Philippe Bouvard.
22:57Il y a eu également une prise de parole du maire de Cannes,
22:58David Disnard, qui a notamment salué le panache
23:01qui caractérisait l'homme de médias, l'homme de radio,
23:04l'homme de télévision.
23:05Il a dit notamment qu'avec Philippe Bouvard,
23:07il y avait l'esprit français qui s'invitait
23:09dans les salles à manger de tous les Français
23:11lors de ses émissions de radio ou de télévision.
23:14On est avec Didier et Patricia
23:17qui font partie justement de ces nombreux habitants
23:19de la ville de Cannes
23:20qui ont tenu à venir rendre un dernier hommage.
23:23Didier, vous me disiez que ce cannois d'adoption
23:27qui était Philippe Bouvard
23:28était toujours très affable, très cordial
23:30et que vous le croisiez régulièrement
23:31dans ces dernières années ici.
23:32Alors effectivement, étant natif de Cannes,
23:35ça a été un plaisir de savoir
23:37que M. Philippe Bouvard voulait finir ses jours à Cannes.
23:40Il a dit à 8 ans qu'il voulait vivre sa vie à Cannes
23:43et ne pas mourir ailleurs.
23:46Et il a tenu parole.
23:47Et il voulait que Cannes soit sa dernière demeure.
23:50Alors nous l'avons croisé souvent dans un restaurant
23:53où nous avons l'occasion d'aller avec mon épouse
23:55qui s'appelle Les Canailles,
23:57un restaurant rue des Mimosa
23:58où il avait souvent l'habitude d'aller.
24:00Et donc j'ai eu l'occasion de lui serrer la main,
24:02de converser un petit peu avec lui.
24:04Et il avait toujours l'œil vif.
24:06Et on avait toujours la possibilité de converser quelques minutes.
24:10Qu'est-ce que vous gardez ?
24:11Avec son épouse Colette.
24:13Pardonnez-moi.
24:13Avec son épouse Colette.
24:26levé comme ça à devoir répondre à une interview
24:30quasiment en forme d'interrogatoire.
24:31Souvenons-nous également de Julien Clerc
24:32qui avait littéralement les fesses entre deux chaises.
24:36Il y a tous ces moments qui sont des moments de télévision.
24:39– Exceptionnel.
24:40Et je pense qu'on ne retrouvera plus à la télévision ces moments-là.
24:43Il savait pratiquer l'autodérision, l'humour.
24:47et je pense que c'était pour lui une facilité
24:53que plus beaucoup auront maintenant.
24:55– Merci, merci beaucoup Didier.
24:57Effectivement, voilà, de nombreux Canois,
24:58de nombreux touristes aussi qui sont de passage à Cannes,
25:00qui ont fait le déplacement par l'église Notre-Dame de Bon Voyage
25:05avec également quelques personnalités
25:06comme des sociétaires des grosses têtes,
25:07comme Chantal Latsou qui nous a adressé quelques mots.
25:10C'était il y a quelques instants sur BFM TV.
25:12– Merci beaucoup à vous Jérémy Normand,
25:16toujours à Cannes devant cette église Notre-Dame de Bon Voyage,
25:19Stephen Bellery, une cérémonie à son image
25:22avec beaucoup d'anonymes, beaucoup de publics.
25:23Il était très proche du public tout au long de sa carrière.
25:26– C'est ces anonymes qui finalement ont fait la carrière de Philippe Bouvard,
25:29immense autodidacte, ces gens qu'on voyait souvent patienter le matin
25:33rue Bayard dans l'huitième arrondissement de Paris
25:35qui allait assister à l'enregistrement des grosses têtes,
25:37ces gens qui achetaient ses livres, qui lisaient ses chroniques,
25:40qui voulaient que ces anonymes pénètrent.
25:42Une bonne centaine de personnes a pu entrer dans l'église,
25:44lui rendra un ultime hommage.
25:46Il sera inhumé désormais dans l'intimité,
25:48autour de 17h au cimetière de Cannes.
25:50On vérifiera si l'épitaphe qu'il avait choisi
25:52sera bien gravé sur sa tombe vivant.
25:55J'étais assez petit, sous la pierre je fais figure de monument.
25:58Il y a donc un progrès.
25:59David Bissnard, le maire de Cannes,
26:01qui a annoncé sur BFM TV tout à l'heure
26:03qu'un théâtre cannois,
26:05il proposera cela en conseil municipal,
26:07sera rebaptisé théâtre Philippe Bouvard.
26:10Bernard Mabie, qui était avec nous tout à l'heure,
26:13annonçait qu'un hommage sera peut-être rendu à Philippe Bouvard
26:16dans quelques jours à Paris,
26:17car beaucoup de proches,
26:18de membres des grosses têtes de sociétaires,
26:21de membres de la culture parisienne,
26:23n'ont pas pu se rendre à Cannes.
26:25Le voyage est un peu compliqué parfois sur une journée en pleine rentrée.
26:28Et d'ailleurs, Nathalie,
26:29sa fille s'est amusée de cet ultime pied de nez,
26:31Philippe Bouvard,
26:32en disant que son père était mort en pleine grande vacances
26:35et l'enterrement avait lieu le jour de la rentrée médiatique.
26:38Elle s'est amusée finalement d'une certaine manière
26:40de cet ultime pied de nez
26:42à celui qui aura pendant 70 ans
26:44chroniqué la vie, la politique et la société.