- il y a 4 semaines
L'astronaute française Sophie Adenot se prépare pour sa seconde sortie extravéhiculaire ce mardi 25 août. Avec l'Américain Anil Menon, ils vont achever leur mission de la semaine dernière visant à installer une nouvelle antenne de communication entre l'ISS et Houston.
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00:00BFM TV, ce sont des images absolument saisissantes, magnifiques qu'on vous propose cet après-midi sur BFM TV.
00:06Vous allez voir pour ce retour de Sophie Adnaud dans l'espace.
00:10Certains d'entre vous ont peut-être eu la chance de regarder cette première sortie la semaine dernière.
00:16Eh bien, Sophie Adnaud remet ça puisque la mission est inachevée.
00:20Elle était devenue la semaine dernière la première femme française à sortir en dehors de cette station spatiale internationale.
00:26Et regardez, elle se prépare à remettre ça, Sophie Adnaud, avec son collègue américain.
00:33Patrick Saut, c'est toujours un moment exceptionnel, émouvant.
00:36C'est le rêve de tous les astronautes.
00:38Là, l'objectif pour Sophie Adnaud, c'est de terminer la mission qui n'avait pas pu être terminée la
00:43semaine dernière.
00:43Oui, avant même d'avoir des paroles de spécialistes ou une analyse géopolitique.
00:48En fait, on va écouter presque ce silence et ces pas qui sont toujours assez hypnotiques dans l'espace.
00:56Et c'est donc vraiment un grand moment, vous l'avez dit, symboliquement, le fait que ce soit de nouveau,
01:01je dirais, la première française à sortir dans l'espace.
01:05En fait, on a beaucoup regardé le ciel ces dernières semaines.
01:08Là aussi, je ne vous parle pas forcément en tant que journaliste avec cette éclipse, avec ces nuits des étoiles
01:13filantes.
01:14Et à chaque fois, je crois qu'il y a eu énormément de Français qui avaient une pensée en plus
01:18pour ce qui n'était pas une étoile filante,
01:20mais bien la Station Spatiale Internationale qui passe très vite au-dessus de nos têtes.
01:24Et donc, ces images, elles restent encore très, très fortes.
01:27Et c'est ce qu'on va faire toute l'après-midi.
01:29Et on va commenter ça avec Nathalie Tingeot, administratrice au siège de l'Agence Spatiale Européenne à Paris.
01:34Merci beaucoup d'être là.
01:35Gilles Davidovitch est là également, vice-président de la Société Astronomique de France.
01:39Merci.
01:39Et puis, Marc Dana, auteur de Sophie Adnaud, de la Terre aux étoiles.
01:44Je montre votre livre à la caméra, Sophie Adnaud, de la Terre aux étoiles.
01:48Sophie Adnaud qui réalise non seulement un rêve d'enfant d'être astronaute, c'était son rêve depuis l'enfance,
01:52mais aussi, elle l'avait dit, de sortir dans l'espace.
01:55C'était le Graal, ce que tout astronaute attend.
01:59C'est ça.
01:59Le Graal, c'est le terme typique des astronautes.
02:02Le rêve dans le rêve, c'est celui de Thomas Pesquet, je crois.
02:05Et Sophie a ce terme de l'aventure dans l'aventure.
02:08Et c'est vrai que c'est un challenge supplémentaire qui est extrêmement difficile, extrêmement technique
02:12et surtout aussi extrêmement athlétique parce qu'il va se dérouler à bord de ce scaphandre EMU
02:18qui a été conçu par les Américains dans les années 70,
02:21c'est-à-dire à l'époque où les sorties extravéhiculaires étaient 100% masculines.
02:24Il n'est absolument pas adapté à la corpulence des femmes.
02:28Et ça a nécessité vraiment un travail de préparation, une endurance
02:31et même des exercices de musculation supplémentaires de la part des astronautes femmes
02:35et notamment de Sophie qui m'avait expliqué dès mai 2024,
02:39effectivement, les exercices supplémentaires que ça pouvait représenter
02:43car la partie la plus rigide, celle du buste,
02:45est elle forcément pas tout à fait adaptée à sa morphologie.
02:49Donc ça a été des exercices et une difficulté supplémentaire.
02:52Mais on est certain ici qu'elle va s'en sortir comme un chef.
02:55Et elle continue évidemment à s'entraîner un jour après jour
02:58depuis cette première sortie la semaine dernière.
03:00On va voir d'ailleurs des images de Sophie Adnaud
03:03qui se prépare à ce nouvel exercice, à ce nouveau marathon.
03:07Puisque vous le disiez, Marc Danas, c'est un exercice sportif aussi,
03:12même si on garde le sourire.
03:13Là, on est avec son collègue américain avec qui elle va sortir à nouveau.
03:17Sophie Adnaud souriante mais très concentrée.
03:19Gilles Davidovitch parce que ça demande extrêmement de concentration
03:23mais aussi de force, d'énergie.
03:26C'est très sportif, très physique.
03:27Absolument.
03:28Et là, on ne se rend pas vraiment compte encore des efforts,
03:32de concentration et d'efforts physiques aussi que cela va entraîner.
03:38Mais elle est au rendez-vous, bien sûr.
03:40Marc l'a précisé, elle s'est beaucoup entraînée physiquement.
03:44Et imaginez enchaîner deux marathons à quelques jours d'intervalle.
03:49Thomas Pesquel l'avait déjà fait aussi,
03:51où ils ont enchaîné comme ça les EVA.
03:54C'est extrêmement éprouvant.
03:56Et ça demande une concentration absolue,
03:58une préparation spécifique pour ne pas commettre d'impair.
04:02Et on voit là, évidemment, que ce sont des grands professionnels.
04:06Rien n'est laissé au hasard.
04:07Et il y a beaucoup de communication aussi.
04:09C'est ça qui est intéressant pour les jeunes ou les moins jeunes.
04:11D'ailleurs, là, on voit sur cette image, Nathalie Tingeau,
04:13qu'il nous montre finalement cette boîte à outils.
04:16C'est ça ? On va l'avoir d'ailleurs en détail pendant cet après-midi.
04:20Oui, effectivement.
04:21La communication, ça fait partie maintenant des tâches qui sont allouées aux astronautes.
04:27Et dans le cas de Sophie, en plus, elle est vraiment décidée à partager sa mission avec tout le monde.
04:34Elle est décidée aussi à communiquer beaucoup avec les écoles,
04:38à faire beaucoup de pédagogie.
04:40Et puis, elle a suscité des vocations parce qu'elle a été pionnière, première femme, pilote d'essai, d'hélicoptère,
04:47mais aussi pionnière, première femme à faire une EVA.
04:51Et elle tient vraiment à transmettre.
04:52Donc, la communication, c'est important.
04:54La pédagogie, c'est important.
04:55Et puis, aujourd'hui, dans l'ère des nouvelles technologies, des réseaux sociaux,
05:01ça devient vraiment une composante majeure.
05:03Et d'ailleurs, dans la sélection des astronautes, dans cette sélection en particulier,
05:08la capacité à communiquer a joué un rôle important.
05:10Et d'ailleurs, on voit encore d'autres images, puisqu'elle publie très régulièrement, quasiment quotidiennement,
05:15ces images, ces vidéos, pour partager la vie d'une astronaute dans l'espace.
05:20Et on va d'ailleurs, du côté de la cité de l'espace, retrouver Benjamin Péter.
05:23Merci beaucoup d'être avec nous.
05:25Vous retransmettez cet événement, événement à nouveau historique, pour Sophie Adnaud.
05:31Benjamin Péter, ça attire à nouveau du monde.
05:33C'est important pour vous de communiquer, de montrer ces moments historiques ?
05:41Bien sûr, ça fait partie, effectivement, de nos missions, de partager ces moments d'actualité, ces événements.
05:46Donc, oui, vous le voyez autour de moi, il y a énormément de visiteurs qui ont envie de l'accompagner,
05:50quelque part.
05:51C'était déjà magique, la semaine dernière, ce qu'on a pu vivre avec elle.
05:54C'est ce moment très fort.
05:5630 ans, presque jour pour jour, après le vol de Claudie Hénuré, qui l'a inspiré elle-même.
06:02Et là, c'est vrai que pouvoir en vivre une seconde, c'est vraiment un moment encore supplémentaire.
06:07C'est la cerise sur le gâteau.
06:08Et on se dit qu'en plus, elle va pouvoir en profiter davantage.
06:10On sait qu'elle a eu quelques difficultés la semaine dernière avec Anil Ménon,
06:13notamment avec ses fameux boulons récalcitrants sur cette antenne qui avait du mal à s'enlever.
06:18Donc, là, on espère que ça va se passer un peu plus facilement et que, quelque part, elle va pouvoir
06:24vraiment profiter de cet instant,
06:26de cette seconde EVA historique, comme vous le disiez.
06:29Mais ça permet aussi, évidemment, de rappeler la complexité de ce qu'elle est en train de faire.
06:34Parce qu'on parle de rêve, d'aventure dans l'aventure.
06:36Mais il faut une préparation minutieuse.
06:38C'est extrêmement physique et complexe qu'elle va faire.
06:44Oui, c'est ce qu'on disait.
06:45C'est ça.
06:45C'est la dépense énergétique d'un marathon.
06:47Et à l'issue de sa première sortie spatiale, elle disait qu'elle avait beaucoup de courbatures au niveau des
06:52bras, au niveau des doigts, des mains.
06:54Dites-vous bien, chaque fois que vous essayez de saisir quelque chose, un outil, vous agrippez quelque part,
06:59c'est comme si vous aviez une balle de tennis et vous pressez une balle de tennis.
07:02Donc, une fois, deux fois, ça va.
07:04Mais des centaines, des milliers de fois pendant six heures et demie, il faut se rendre compte que c'est
07:07extrêmement exigeant.
07:08Donc, il y a des courbatures partout.
07:10Et pourtant, elle y retourne.
07:11Elle y retourne avec le sourire.
07:13Ça se voit dans tout ce qu'elle entreprend de toute façon depuis qu'elle est arrivée dans la station
07:18spatiale.
07:18On voit qu'elle a un enthousiasme incroyable.
07:21Et là encore, pour cette sortie spatiale, ce graal effectivement des astronautes,
07:25ce moment où vous avez un mini vaisseau individuel qui vous permet d'aller à l'extérieur,
07:29c'est encore avec beaucoup, beaucoup d'enthousiasme qu'elle le réalise.
07:33Et que vous disent les gens, les curieux qui viennent sur place à la cité de l'espace ?
07:37Il y a toujours un engouement, une passion pour cette conquête spatiale ?
07:44Oui, on sent qu'il y a quelque part une adnomania qui est en train de monter.
07:49C'est vrai que les gens ont appris à la connaître.
07:51Nous, on a une exposition qui lui est consacrée à la mission Epsilon ici.
07:55Et c'est vrai qu'au début, les gens ne la connaissaient pas forcément tous.
07:58Et c'est vrai que petit à petit, on voit maintenant qu'il s'y intéresse.
08:01Beaucoup de jeunes, vous parliez de transmission tout à l'heure, c'est aussi ça.
08:05C'est-à-dire qu'on a beaucoup de plus jeunes qui arrivent avec des casquettes de l'Agence spatiale
08:09européenne,
08:10qui ont envie quelque part de s'inspirer.
08:13Beaucoup de petites filles aussi, puisque ça fait partie de son message d'inspirer les plus jeunes.
08:17Alors à peut-être devenir astronautes, mais tous ne pourront pas devenir forcément astronautes.
08:21Mais au moins à se lancer vers les sciences, à accomplir leurs rêves.
08:24C'est en tout cas vraiment le message qu'elle porte depuis sa préparation, depuis sa formation et depuis qu
08:29'elle est dans l'ISS.
08:30Merci beaucoup à vous Benjamin Peter.
08:33Vous allez suivre tout ça depuis la cité de l'espace à Toulouse.
08:35On va suivre tout ça évidemment aussi ici sur BFM TV.
08:38Alors qu'on voit là les images, Gilles Davidovitch, là ce sont des images de Houston au Texas.
08:43Parce qu'il y a à la fois un travail en collaboration dans la Station spatiale internationale.
08:47Mais évidemment, minute par minute, on va l'entendre aussi dans les échanges avec Houston.
08:51C'est la tour de contrôle en quelque sorte.
08:53Absolument, vous avez en fait un cockpit, deux personnes à bord de la Station spatiale
08:58qui vont guider les opérations depuis l'intérieur de la Station spatiale.
09:02Et puis effectivement la tour de contrôle, c'est parfaitement résumé, à Houston avec un contact avec le sol.
09:08Qui d'ailleurs assuré, la communication est assurée par un autre astronaute.
09:12On parle toujours d'astronaute à astronaute.
09:15Effectivement depuis Houston, de sorte à piloter en fait l'ensemble des opérations.
09:20Oui, ils sont sept en fait.
09:21En fait c'est Anne McLean, la voix principale féminine qu'on a entendue la dernière fois.
09:27Et qu'on va sans doute entendre à nouveau.
09:28Elle était astronaute, elle a fait en 2025, elle était dans la Station.
09:32Et il y a sept personnes en fait dans différentes compétences qui sont habilitées pendant ce vol à parler avec
09:38les astronautes.
09:39Depuis le directeur de vol jusqu'à le support, les fonctions de support.
09:44Donc c'est vraiment toute une équipe.
09:46Il y a une centaine de personnes à peu près à Houston et c'est sept personnes qui sont dédiées
09:50spécifiquement aux deux astronautes en EVA.
09:54C'est imminent en tous les cas.
09:55Il est 14h25 et d'après le programme, c'est maintenant qu'on devrait vivre cette deuxième sortie de Sophie
10:02Adnaud dans l'espace.
10:03Marc Dana, elle a déjà communiqué, on l'a vu, elle communique régulièrement sur les réseaux sociaux sur cette première
10:07sortie en disant qu'elle avait adoré ça.
10:09Ça a été à la hauteur de ce qu'elle attendait.
10:12Mais sortir une deuxième fois, c'est une nouvelle pression, une pression supplémentaire pour elle ?
10:17Une pression supplémentaire, je pense que c'est difficile d'atteindre Sophie Adnaud globalement.
10:22Il ne faut pas oublier d'où elle vient.
10:23C'est quand même une ancienne militaire qui a eu énormément de missions en Afghanistan pour aller sauver des soldats
10:32sur des terrains très complexes, y compris de nuit, au milieu des balles.
10:38Depuis toujours, elle a toujours su très bien gérer le stress.
10:42Elle a confessé justement la semaine dernière qu'elle ne s'est accordé que quelques petits instants pour regarder un
10:49peu la planète bleue
10:49parce que forcément, son obsession, c'est de réussir sa mission.
10:55On sait qu'on a de toute façon des délais de temps qui sont relativement courts, ne serait-ce que
11:01pour respirer.
11:02Ce scaphandre, il tient à peine une dizaine d'heures.
11:06Mais c'est pour elle une mission dans la mission également.
11:09C'est une mission qui est effectivement très technique et c'est normal qu'elle aille au bout.
11:12Parce qu'après tout, les deux astronautes qui se sont préparés sur ce changement d'antenne,
11:16qui est une espèce de parabole qui fait à peu près 1m80 et qui est vraiment importante.
11:20Ce qui prouve vraiment la confiance de la NASA à son égard, c'est que c'est un moyen de
11:25connexion capitale entre space et ground,
11:28entre l'ISS et Houston.
11:31Et sans ça, l'ISS ne peut pas vraiment tourner.
11:35Entendons-nous, ce sont des ouvriers surqualifiés,
11:39mais le BOSS, ça reste quand même le seul qui décide et qui prend les décisions
11:43et ensuite, ils vont exécuter avec tout ce qu'ils auront observé.
11:47Évidemment, s'ils partent par palanquer de deux,
11:50c'est justement, s'il y a quelque chose qui devait coincer,
11:52il n'y a que l'autre astronaute qui peut porter secours éventuellement au premier.
11:57Alors qu'on voit justement en haut à gauche les images de la semaine dernière,
12:01on voit les astronautes qui sont à l'extérieur dans ce vide spatial.
12:05On se rappelle, Nathalie, qu'il s'agissait de dévisser,
12:09puisqu'il fallait démonter cette antenne pour en placer une nouvelle,
12:12de dévisser l'antenne et on avait vu à quel point il y a eu quelques boulons récalcitrants,
12:17ils ont eu du mal à les faire sortir.
12:19Oui, absolument. Alors ça faisait partie de tous les scénarii.
12:22Dans l'armée, on appelle ça le combat en mode dégradé.
12:26Donc il y a un premier scénario et puis il y a plein de scénarios différents
12:30et on adapte les procédures au type de scénario.
12:33Donc ce n'est pas un échec la semaine dernière à la mission ?
12:35Non, ce n'est absolument pas un échec.
12:36Il était prévu qu'il se passe des choses et ils ont accumulé, disons,
12:42les choses qui pouvaient se passer.
12:44Il faut savoir que les matériaux, enfin les êtres humains,
12:47sont soumis à des conditions extrêmement hostiles et difficiles dans l'espace,
12:51mais les matériaux aussi.
12:53Parce que l'antenne principale, elle était depuis 2000 dans la station.
12:58Celles qui vont monter, elle est depuis 2009 en stockage externe.
13:03Donc vous imaginez ce qu'elles ont subi pendant 25 ans,
13:06enfin pour la première.
13:07Donc il n'est pas tellement étonnant que des boulons aient été grippés.
13:13Donc ça fait partie vraiment...
13:16C'est comme monter... Imaginez que vous montez une...
13:21lâcher, pour ne pas donner la marque, en environnement normal.
13:25Ça ne se passe jamais comme on veut, il manque toujours quelque chose.
13:28Là, ils sont en environnement hyper contraint.
13:30Donc vous pouvez imaginer que...
13:31Mais ce n'est absolument pas un échec.
13:32Elle a très bien géré ça.
13:34Alors moi, je voulais dire, il y a quelque chose qu'elle a dit
13:36que j'ai beaucoup aimé dans son débriefing.
13:38Elle a parlé de dissonance cognitive au moment de sortir.
13:42C'est-à-dire qu'elle a dit qu'il y a une partie de son cerveau
13:44qui dit, il ne faut pas y aller, qu'est-ce que tu fais là ?
13:47Et puis il y a une partie qui fait une analyse très positive
13:49et qui dit, vas-y, vas-y.
13:51Et elle, elle a appris à gérer ça, en plus avec sa manière très particulière,
13:54avec le yoga, avec tout ça.
13:57Et c'est la partie positive de son cerveau
13:59qui a dominé au moment où elle est sortie.
14:01Alors qu'on voit ces images en direct à gauche.
14:04Est-ce que Gilles, vous pouvez nous décrire ce qu'on est en train de voir là ?
14:07Là, ce n'est pas Sophie Adnaud.
14:08Puisque Sophie Adnaud, elle est déjà prête dans son scaphandre,
14:10dans sa combinaison de l'autre côté du sas, en fait ?
14:13De l'autre côté du sas, en fait, depuis à peu près 4 heures,
14:17ils ont commencé à enfiler des sous-vêtements refroidis,
14:22donc très proche du corps,
14:23refroidis spécifiquement avec un circuit d'eau particulier.
14:26Puis après, à être habillés et d'ailleurs aidés,
14:31vêtus de cette combinaison très complexe et très lourde,
14:34aidés par leurs camarades.
14:36Puis s'en sont suivis une série de tests d'étanchéité, évidemment,
14:40et des tests radio, extrêmement méticuleux.
14:42Il n'est pas question, bien entendu, qu'il y ait un problème technique
14:46avec ces combinaisons, une fois à l'extérieur de la station.
14:50Donc là, les sas sont fermés des deux côtés.
14:52Ils ne sont pas encore, ça ne va pas tarder à s'ouvrir,
14:55du côté du vide spatial.
14:56Voilà, là on aperçoit d'ailleurs, à travers le hublot,
14:59la pluie maintenant, on aperçoit, ils sont là, derrière, les deux astronautes.
15:02Exactement, les deux astronautes sont à l'intérieur du sas,
15:04les deux portes sont fermées, et donc on va ouvrir dans pas très longtemps.
15:08Donc ce qu'il faut bien comprendre aussi,
15:10on parlait de palanquer, Marc parlait de palanquer tout à l'heure,
15:12en référence aux plongeurs,
15:14eh bien on a là aussi le même problème potentiel,
15:17qui est de respirer de l'oxygène pur
15:20pour chasser l'azote complètement dans le sang,
15:23exactement comme pour les plongeurs en grande profondeur,
15:26même genre de choses.
15:27Ça peut être plus complexe encore pour les plongeurs
15:29avec des mélanges différents de gaz,
15:32mais voilà, on a chassé complètement l'azote du sang
15:37de nos deux astronautes.
15:38Ils ont fait des petits mouvements,
15:42on les a vus tout à l'heure dans la préparation,
15:45pour effectivement accélérer le processus.
15:48En respirant de l'oxygène pur, effectivement.
15:51Et aussi ce qui est important de souligner,
15:52c'est qu'une fois qu'ils seront à l'extérieur
15:54et pendant 6 à 7 heures,
15:55ils vont se retrouver avec ce scaphand,
15:57donc il y a sa difficulté, on l'a dit,
15:59au niveau de sa maniabilité,
16:03au niveau du casque et de la visibilité,
16:05c'est un champ de vision qui est extrêmement serré.
16:09Et puis on a aussi son atmosphère,
16:11c'est-à-dire que son atmosphère,
16:12elle est à peu près au tiers
16:14de ce qu'on a ici sur Terre, sur ce plateau,
16:16ce qui fait qu'on est à peu près
16:17comme l'équivalent de l'Everest,
16:19donc c'est physiquement,
16:20vous voyez un petit peu ce que ça nécessite.
16:23Et j'avais interviewé pour le livre
16:25Hervé Stévenin au Centre Européen des Astronautes,
16:28qui m'expliquait qu'on leur demandait justement
16:31de concentrer des périodes très intenses,
16:34comme si c'était un 100 mètres en fait,
16:36puis ensuite des temps de récupération.
16:38Et ces temps de récupération
16:39sont très importants pour se permettre
16:41de repartir sur un autre 100 mètres.
16:42Donc pendant les 6 heures où elle sera à l'extérieur ?
16:45Alors après, Jean-Pierre Hénéré va vous dire
16:47que c'est l'équivalent de plusieurs matchs de foot.
16:49En général, on dit que c'est plutôt un marathon,
16:51mais physiquement, ça représente ça.
16:53Et quand elle se retrouve courbaturée,
16:54comme elle dit, notamment les 48 premières heures
16:57après le VA, la première,
16:59ce n'est pas par hasard.
17:00Et un marathon avec un litre d'eau ?
17:02Parce qu'en plus, il faut effectivement
17:03avoir un litre d'eau.
17:04Alors dernière confidence d'Hervé,
17:06c'est qu'effectivement, il boit 4 à 5 litres avant.
17:09Et beaucoup de part, voilà.
17:11Alors que vous allez, si vous nous rejoignez,
17:13on va voir dans un instant ce moment assez magique
17:16de ce sas qui va s'ouvrir
17:19et on va voir apparaître dans ce vide sidéral
17:21l'astronaute américain,
17:24mais aussi, évidemment, Sophie Adnaud
17:27qui va faire ce nouvel exploit
17:29au nom de la France aussi, finalement, Patrick.
17:31On va voir d'ailleurs le drapeau français
17:33qui se trouve sur cette combinaison.
17:36Le drapeau américain, évidemment,
17:38d'Anil Ménon.
17:38Mais c'est aussi, finalement, une fierté pour la France.
17:41Emmanuel Macron avait communiqué largement
17:42là-dessus la semaine dernière.
17:43Oui, une fierté française pour une Française.
17:47Moi, je n'oublie pas quand même,
17:49puisqu'on a parlé de la sortie de la semaine dernière,
17:51qui, vous l'avez très bien expliqué,
17:53c'est terminé, mais avait été planifié.
17:57Ce n'est pas un échec,
17:58c'est simplement qu'on continue les réparations.
18:00Et je n'ai pas oublié, en fait,
18:01la vague de commentaires sexistes aussi,
18:04parce que ces réparations n'ont pas été terminées
18:07et qu'il s'agissait d'une femme.
18:09Sur les réseaux sociaux,
18:10c'est important de donner le contexte.
18:11Ah, c'est bien ce que je veux dire.
18:12Oui, oui, sur les réseaux sociaux,
18:14pas ailleurs, mais justement.
18:15Mais ça en dit long.
18:16Ça en dit long aussi sur le combat qui reste à mener
18:19et sur le fait qu'il faille insister sur le fait
18:22qu'effectivement, c'est la Française vraiment de tous les possibles.
18:26C'est un peu ce que disait Emmanuel Macron
18:28et que cette mission, en fait, ce n'est pas un échec.
18:32Et une deuxième mission,
18:33eh bien, la poursuite d'une même mission pour la France.
18:37Et j'ai obligé de regarder Nathalie Tingeau,
18:39il y a aussi le drapeau européen.
18:41C'est d'abord la mission spatiale européenne.
18:42Merci de préciser.
18:43Nous, on dit que c'est une mission européenne
18:45avec un passeport français.
18:47Nathalie Tingeau, on voit cette image.
18:49Ça y est, les premières images depuis l'extérieur
18:51de la Station Spatiale Internationale.
18:53Et on va voir ce sas, cette trappe
18:57qui va s'ouvrir dans un instant.
18:59Alors, on va voir aussi, ça va être intéressant.
19:01Là, on est un petit peu dans l'obscurité
19:02puisqu'on va alterner les moments de nuit orbitale
19:05et de jour orbitale.
19:07Ça aussi, c'est assez spectaculaire à voir.
19:09C'est 16 levées de soleil dans la Station Spatiale.
19:12Donc, dans 45 minutes, il fera...
19:13Voilà.
19:14Toutes les 45 minutes, on passe du jour à la nuit.
19:17Alors, on va récapituler justement, Gilles Davidovitch,
19:19ce qui va se passer dans un instant.
19:21Donc, dans un instant, en fait, on va...
19:23Pardon, on va les écouter justement.
19:24Je crois qu'on entend...
19:25Allons-y, allons-y.
19:25On les entend qui échangent.
19:26On va écouter.
19:30Mission Control Houston.
19:31Houston, vous avez une vision de l'extérieur
19:33de la Station Spatiale Internationale, EV1,
19:36qui est aujourd'hui l'astronaute de la NASA à Anil Menon,
19:39a ouvert les coutilles et est en train de sortir
19:41de la Station Spatiale Internationale.
19:44Il est en train d'accrocher son mousqueton.
19:48Ensuite, une fois que ce sera fait, EV2,
19:51donc Sophia Deneau, va le suivre.
20:05Très bien, Anil, vous pouvez à présent récupérer
20:10le sac de l'unité remplaçable en orbite, l'ORU,
20:13et le mettre dans la boîte à outils.
20:19Et Sophie, dites-nous si vous allez garder le sac avec vous
20:24ou s'il va rester dans le sas.
20:30Le sac va être positionné dans le sas
20:33et sera ensuite transféré à Anil une fois qu'il sera accroché.
20:42Très bien, j'attrape la sangle.
20:46Très bien, j'ai la sangle du sac.
20:50Bien noté, la sangle a été transmise
20:52et le sac est en train de sortir du sas.
21:10Voilà, alors qu'on voit plus précisément ces mouvements,
21:14Nathalie Tingeau, on voit donc pour l'instant,
21:17c'est Anil Menon, l'astronaute américain,
21:20qui est sortie et en fait, qui décrit,
21:22pas à pas, étape après étape, absolument tout ce qu'il est en train de faire
21:25à Houston, à la tour de contrôle.
21:28Alors lui, c'est sa troisième EVA,
21:30donc il commence à bien connaître le processus
21:33et puis il déroule les procédures en fait
21:38et communique en effet pour lui permettre à elle ensuite
21:41de sortir en toute sécurité
21:43en connaissance de l'environnement immédiat
21:48dans lequel elle va faire sa sortie.
21:50Et donc là, on entendait évoquer la boîte à outils,
21:53il est en train de contrôler aussi que tout se passe bien,
21:56qu'il a bien sa boîte à outils, qu'il l'attache
21:57puisqu'évidemment, il faut absolument que rien ne s'envole dans l'espace ?
22:01Absolument, absolument.
22:03Et ils doivent s'adapter en permanence en fait.
22:05Alors, ils répètent énormément les procédures
22:07et comme je vous le disais, en mode dégradé aussi,
22:10de manière à être capable de s'adapter,
22:14d'intérioriser déjà tout ce qu'ils font
22:16et de s'adapter à la moindre chose qui ne se passe pas normalement.
22:20Donc c'est pour ça qu'ils verbalisent aussi beaucoup
22:22de manière à adapter le pas suivant
22:28pour le coéquipier, pour eux-mêmes et pour le coéquipier.
22:31Et informer aussi au sol
22:32parce qu'il y a des caméras qui permettent au sol de les voir,
22:36mais ils ont des angles morts aussi.
22:38Donc c'est important qu'on verbalise sur ce qu'on fait
22:41et aussi sur le ressenti de chaque action.
22:45Voilà.
22:46On n'a pas le droit à l'erreur.
22:47Et en général, vous entendiez sur le sol,
22:49ils disent en général copie,
22:51qui est le langage des pilotes aussi,
22:52pour dire que c'est pris, bien reçu.
22:55On donne le moindre détail.
22:57C'est-à-dire que ça peut être
22:58je tourne ma chaise vers la droite,
23:00je m'adresse, je prends le téléphone avec moi, etc.
23:03Et c'est vraiment le moindre fait et geste est raconté,
23:06notamment au début, comme il y a cette phase,
23:09même si maintenant Sophie devient presque expérimentée en EVA,
23:12parce que c'est important de le noter,
23:13mais ce n'est pas pour faire le cocorico,
23:15mais au niveau européen, c'est la record de Boumane,
23:17puisque maintenant elle atteint deux EVA,
23:20Samantha, Christophe Aretti, qui est une très grande astronaute italienne,
23:23on avait jusqu'à présent une seule.
23:25Eh bien, il y a ces premières minutes où on se retrouve justement dans ce vide sidéral,
23:30avec la planète comme ça sous ses pieds,
23:32à 400 km sous ses pieds.
23:35Le cerveau n'est pas fait pour ça.
23:36Là, on est dans cette nuit orbitale, au-dessus de l'Australie,
23:38vous me disiez, Gilles Davidovitch, au-dessus de l'Australie, à 428 km.
23:42On a dû bouger, parce qu'on fait le tour en 4...
23:44Oui, ça va vite, c'est toujours au-dessus de l'Australie.
23:46Il ne faut pas oublier que c'est grand l'Australie.
23:48C'est très grand, donc ça remonte et ils vont traverser l'Ouest de l'Océan Pacifique.
23:57Voilà, on le voit très bien.
23:58Et pour les fans, il y a des applications très bien sur les téléphones portables
24:01où on peut suivre l'ISS, on peut voir même une notification
24:05et regarder le ciel la nuit, et on voit le petit point qui passe, c'est assez passionnant.
24:10Et l'ordre de grandeur, c'est 400 mètres cubes,
24:12c'est la taille d'un terrain de foot, à peu près, pour vous dire.
24:17parce qu'elle, elle va se déplacer le long de la station.
24:22Donc pour vous donner une idée des distances aussi qu'elle va devoir parcourir,
24:25alors que son coéquipier sera activé par le Canadarm,
24:30donc le bras robotique canadien.
24:32Accroché sur ce bras guidé de l'intérieur de la station spatiale internationale.
24:37Le bras robotique.
24:37Et téléguidé par d'autres membres.
24:40C'est Jacques Attaoué qui sera le premier opérateur du bras aujourd'hui.
24:46Alors que là, quand on voit Anil Menon qui s'affaire, effectivement,
24:52qui est en train de sortir tout ce dont il aura besoin pour cette mission,
24:55encore une fois, complexe, très complexe, qui va durer six heures.
24:58On comprend la difficulté que ce sera, Gilles Davidovitch,
25:02de réaliser ce changement, ce remontage.
25:05Il faudra revisser des boutons, dévisser d'autres boulons.
25:08On comprend à quel point c'est compliqué de travailler dans l'espace.
25:13Ce n'est pas du tout la même chose, évidemment, que de visser un boulon sur Terre.
25:17Non, non, non.
25:17Alors en plus, vous savez que d'abord, il faut rester accroché en permanence
25:21avec évidemment deux longes, un peu comme les alpinistes
25:26ou comme les gens qui font de l'acrobranche.
25:28Donc ça, c'est familier pour les astronautes.
25:31Mais évidemment, c'est la même chose pour les outils.
25:34Il n'est pas question non plus de perdre des outils.
25:37Or, ce sont les gants qui sont les plus sollicités.
25:40Bien entendu, on l'a dit, Marc l'a précisé,
25:42le scafond est extrêmement rigide.
25:44Et c'est la partie la plus délicate, en fait, les gants.
25:47On pourrait très bien abîmer un gant sur une arrête saillante
25:50de la structure extérieure de la station.
25:53Donc là aussi, c'est complexe.
25:54Il faut faire très attention aux gestes, bien anticiper les choses.
25:59Et vous avez raison de le rappeler.
26:02Il y a eu des boulons récalcitrants.
26:04Bon, cette fois, les boulons, normalement, sont bien dégrippés,
26:07sans mauvais jeu de mots, parce qu'en fait, évidemment,
26:10ils n'étaient pas grippés au sens strict du terme.
26:12C'est simplement que le métal,
26:16Nathalie l'a redit tout à l'heure,
26:17le métal est soumis, en fait, à des changements de température
26:21extrêmement violents entre le jour et la nuit.
26:23Et donc, bien évidemment, ça fait de la dilatation,
26:25de la contraction.
26:26Et au bout d'un certain temps, ça peut produire cet effet-là.
26:29Bon, là, a priori, il n'y a aucun souci devant eux
26:34pour terminer cette partie-là de la mission.
26:37Ça devrait même être assez rapide, en réalité.
26:40Nous allons voir, mais il est peu probable que ça dure 6h30.
26:43Mais tout ce qui se passe, justement, dans l'espace,
26:46dans ce ville sidérale, est soumis aussi à une part d'inconnus.
26:49Il y a des sorties dans l'espace qui se sont mal déroulées,
26:53où il y a eu des urgences.
26:55Il faut réagir au plus vite, évidemment.
26:57Alors, on a le cas de l'astronaut européen Luca Parmétano, en 2013.
27:02Italien, donc.
27:03Européen, italien.
27:04C'est important de le dire.
27:05Pas sport italien.
27:05Oui, pas sport italien.
27:07Qui va aller sur la lune.
27:08Il va faire une mission lunaire.
27:12Non, il n'ira pas sur la lune, non.
27:14Et donc, Luca Parmétano, effectivement,
27:17il y a eu une fuite du liquide de refroidissement de son scaphandre.
27:21Et en fait, je me permets de le dire,
27:23parce qu'il l'a dit lui-même, Luca est chauve, en fait.
27:26Et donc, quand l'eau a commencé à couler,
27:28normalement, si vous avez des cheveux,
27:30ça vous mouille les cheveux.
27:32Mais là, comme il n'y avait pas de cheveux pour retenir l'eau,
27:34en fait, l'eau est passée devant et est arrivée dans sa bouchon.
27:39Et l'eau montait, montait, montait.
27:41Et par le sang froid, c'est un pilote de chasse extrêmement entraîné aussi,
27:46par le sang froid qu'il a eu.
27:47Alors, la première pensée qu'il a eue, c'est,
27:49il avait une petite, sa fille était petite à l'époque,
27:51et il disait, en fait, ma fille va lire dans les journaux demain
27:54que je me suis noyée dans un bocal,
27:57enfin, dans l'espace, comme un poisson dans son bocal.
28:00Et en fait, il a réussi.
28:01Et en plus, au moment où il a commencé à se noyer dans son scaphandre,
28:04c'est là que la nuit, enfin, la station est passée dans la nuit.
28:07Donc, en fait, il était dans la nuit.
28:09Et heureusement, il y a une lampe qui l'a guidée.
28:12Et puis, sa camarade, l'astronaute dans la station,
28:15a eu les très bons réflexes.
28:16Donc, il a réussi en très peu de temps à revenir dans la station.
28:19Et moi, j'étais dans le couloir quand il a appelé le directeur général
28:22juste après l'incident.
28:24C'est une des conversions les plus émouvantes auxquelles j'ai assisté.
28:27Et ça ne l'empêche pas, aujourd'hui, d'avoir été sélectionnée pour Artemis III,
28:31qui ne va pas sur la Lune, mais qui s'en approche.
28:36Donc, voilà.
28:36C'est le sang-froid aussi, la capacité à régir par un astronaute
28:41dans une situation de crise.
28:44Ça vous permet aussi d'évaluer le potentiel futur de cet astronaute.
28:49Alors, on est en train de voir que ça bouge, ça bouge effectivement.
28:53On a toujours Annie Mennon qui est au-dessus.
28:55Mais là, on a l'impression d'apercevoir, effectivement,
28:59une deuxième astronaute, et ça doit être Sophie Adnaud.
29:01On ne voit pas très bien sur l'image.
29:02On est encore une fois dans cette nuit orbitale.
29:04Sophie Adnaud qui sort pour la deuxième fois en l'espace d'une semaine.
29:09Marc Dana.
29:10Il y a toujours tout de même, lors de ses premières minutes,
29:13l'inconnu de voir comment, une nouvelle fois,
29:15on va réagir à se retrouver dans ce vide spatial.
29:19Oui, enfin, je pense aussi que Sophie apprend très, très vite.
29:25Et effectivement, c'est des phases un peu délicates
29:27parce que le scaphandre, on l'a testé plusieurs fois à bord de l'ISS.
29:32Mais c'est un peu la première fois qu'il se retrouve.
29:35Dans ces conditions, on sait que, comme il n'y a pas de molécules d'air dans l'espace,
29:39il n'y a pas vraiment de température.
29:40Mais quand on parle de température extrême, effectivement, là, en pleine nuit,
29:44on peut être pas loin du moins 150 degrés
29:46et passer à plus 130 lorsque le soleil va apparaître dans une bonne demi-heure, je pense.
29:56Donc, cette espèce de scaphandre est un vaisseau à part entière.
30:02Par exemple, tout à l'heure, Gilles, effectivement, nous parlait de faire de l'acrobranche.
30:07Je rappelle que c'est quand même de l'acrobranche, mais avec une armure de chevalier.
30:10C'est pas non plus souple comme quand on va faire de l'acrobranche.
30:13Et ça va représenter pour elle un véritable challenge physique.
30:19Et ces premières minutes sont importantes.
30:22Et à chaque fois qu'on se retrouve, effectivement, accrochés à la structure de l'ISS,
30:27si par hasard on devait avoir un incident avec ces mousquetons,
30:32de toute façon, on a des petits moteurs.
30:34C'est pour ça que j'appelle ça une sorte de petit vaisseau à part entière
30:37qui peuvent vous ramener vers la station
30:39avec tout ce qu'il faut, donc, comme température, oxygène.
30:43Et voilà, on l'aperçoit très clairement.
30:45Sophie, on va essayer de l'écouter.
31:03Mission Control Houston avec l'astronaute de la NASA, Annie Leménon,
31:08et l'astronaute de l'ESA, Sophie Adnaud,
31:10qui sont à l'extérieur de la Station Spatiale Internationale,
31:12qui sont en train de faire un contrôle mutuel.
31:19Je vois une petite lumière verte.
31:24Est-ce que tu peux déplacer le petit appareil vers la gauche,
31:32de l'autre côté ?
31:35Double vérification.
31:38On peut le voir, c'est vers le bas.
31:41Je regarde, ici, ta longe.
32:01Très bien, vérification à mon tour de ton équipement.
32:11Trois leviers vers le haut.
32:16Est-ce que tu peux te déplacer légèrement ?
32:18Je veux juste m'assurer que tout soit bien en place.
32:34Un petit élément à déplacer légèrement.
32:48Très bien, je vois le casque, je vois la lampe.
32:53Je vois que la longe de sécurité est bien arrimée.
32:58Je vois le mousqueton, tout est bon.
33:01Très bien.
33:06Nous allons à présent nous déplacer vers l'avant-tribord.
33:23Très bien.
33:25Les contrôles sont effectués.
33:26Vous avez à présent la possibilité de vous déplacer.
33:29Sophie, c'est vous qui allez lancer le déplacement.
33:31Vous allez vous déplacer vers bâbord.
33:34Ensuite, Annie, vous allez vous déplacer vers l'autre côté
33:37pour la mise en place.
33:42Pendant ce déplacement, gardez un œil sur votre longe de sécurité
33:46afin de vous assurer qu'elle vous suit bien.
33:54Bien noté, bien reçu.
34:01Mission Control Houston, nous venons d'entendre la confirmation
34:05de la part de l'astronaute Anil Menon et Sophie Adeno.
34:09Ils viennent de faire leur contrôle mutuel.
34:11Pendant ces contrôles mutuels, chaque membre de l'équipage
34:14examine la longe et la combinaison de l'autre
34:18avant de se déplacer du SAS.
34:21Ils ont également signalé le HAB,
34:28que le HAB était bien en place.
34:31Ils sont en train de se déplacer vers la prochaine séquence
34:35de la procédure d'aujourd'hui.
34:36Pendant cette séquence, Anil Menon va se déplacer
34:40vers l'APFR, le cale-pied, qui sera attaché au bras armé,
34:48le canade d'armes, le bras articulé.
34:54À l'intérieur de la Station spatiale internationale,
34:59Jack Asaway est en train de préparer sa mission.
35:04Il est prêt à manipuler le bras robotisé
35:07depuis l'intérieur de l'ISS.
35:09Une fois que le bras articulé sera prêt,
35:11une fois qu'Anil Menon sera placé,
35:18Jack Asaway, depuis l'intérieur,
35:21va commencer à déplacer ce bras articulé.
35:33Un rappel, évitez les contacts accidentels
35:41avec le câble de la poutre.
35:48Et voilà ces images toujours saisissantes, impressionnantes,
35:52ces deux astronautes, Sophie Adnaud, Anil Menon,
35:55qui vont donc vers la deuxième étape,
35:57vers l'endroit où ils vont poser cette antenne.
36:00Patrick So, ça fait depuis des décennies,
36:02depuis les débuts de la conquête spatiale,
36:04qu'on voit des images en direct de ce qui se passe.
36:06Mais là, d'entendre à ce point-là,
36:08de voir aussi près, d'entendre à ce point-là,
36:09les échanges qui se passent en direct,
36:11c'est quand même phénoménal.
36:12Oui, mais toujours cette espèce de grain dans la voix
36:15qu'on a l'habitude d'entendre depuis les années 60.
36:18Et il n'y a plus les bip-bip réguliers
36:21des premières aventures spatiales et soviétiques.
36:25Et vous savez, moi je suis avec vous tous les après-midi,
36:28Pauline, pour commenter des guerres, des conflits.
36:31On va quand même rappeler qu'Anil Menon,
36:34s'il est dans la Station Spatiale Internationale,
36:36c'est parce qu'il a voyagé avec Soyouz,
36:37en partant de Baïkonour,
36:39et c'est un vaisseau russe,
36:41et il repartira vers les steppes kazakh.
36:44Et on a des membres d'équipage qui sont russes,
36:48et toutes ces guerres, tous les conflits
36:50qui sont à 428 kilomètres de là,
36:52justement n'entrent pas dans cette Station Spatiale Internationale.
36:55Moi ça m'épate à chaque fois.
36:56Il y en a eu des conflits,
36:58et ils les voient, ils passent au-dessus
37:00des zones de conflits entre la Russie et l'Ukraine,
37:02entre l'Iran et les Etats-Unis,
37:04pour ne parler que de ces grands conflits.
37:06Et là, on parlait de guerre des étoiles,
37:09de conquête spatiale,
37:10et de batailles entre soviétiques et américains,
37:13et là on travaille ensemble.
37:15C'est évidemment depuis Houston
37:17que les communications se passent,
37:18mais encore une fois,
37:19ce sont des vaisseaux qui partent,
37:21et de la Russie, et des Etats-Unis,
37:24et qui permettent de rêver encore.
37:26Oui, collaboration évidemment internationale,
37:28la française, l'américain,
37:29qui ensemble se rendent vers le lieu
37:31où ils vont devoir travailler plusieurs heures côte à côte,
37:34et on va le voir, vraiment main dans la main quasiment,
37:36Nathalie Tingeau.
37:37Qu'est-ce qu'ils font là, tous les deux ?
37:39Où ils vont précisément ?
37:40Alors, je voudrais juste dire, rajouter quelque chose.
37:43Ils ont le statut d'envoyés spéciaux de l'humanité.
37:46C'est un statut officiel.
37:47C'est presque anachronique,
37:48en 2026, où on est très radicaux.
37:50On doit leur porter secours en cas de problème.
37:53Ils ont même un passeport particulier.
37:55Quoi qu'il leur arrive.
37:56Ah oui, envoyés spéciaux de l'humanité, c'est beau.
37:58Absolument.
37:59C'est très beau, c'est pour ça que je me permets de le préciser.
38:02Donc en fait, là, ils ont quasiment terminé la première phase,
38:06ils sont rentrés dans la deuxième phase,
38:08donc préparation du Canada Arme.
38:10Ensuite, ils vont aller chercher la nouvelle antenne
38:13dans son lieu de stockage,
38:17l'installer,
38:17et ça sera le plus gros morceau aujourd'hui.
38:20Ça va prendre deux heures à peu près,
38:22si tout se passe bien.
38:24Et ensuite, ils vont enlever l'antenne.
38:27Je ne sais pas si vous vous souvenez,
38:28la dernière fois,
38:28ils n'ont pas pu ramener l'antenne
38:32qui devait être changée à sa zone de destination finale.
38:37Donc cette fois, ils vont tenter de la ramener
38:40et de la sécuriser.
38:41Ensuite, ils remettront en condition le Canada,
38:44mais puis ils rentreront.
38:46Et s'ils ont un peu de temps,
38:47ils devraient faire une...
38:49Parce que cette EVA était prévue, en fait.
38:52Elle devait arriver le 25,
38:53mais avec d'autres tâches à accomplir.
38:55Donc ils vont essayer,
38:56s'ils gagnent un peu de temps,
38:57ils ne vont pas rentrer plus tôt, normalement.
38:59S'ils gagnent un peu de temps,
39:00ils vont essayer de s'occuper des rétro-réflecteurs
39:04qui aident à la navigation
39:06au port d'amarrage Harmonie.
39:09Ils vont essayer de s'en occuper avant de rentrer.
39:13Et si, encore une fois,
39:15il y a d'autres tâches qu'ils peuvent faire sur le chemin du retour,
39:18elles leur seront assignées en direct par Houston.
39:22Sophie Adnaud avec Annie Mellon
39:24qui sont donc en train de progresser
39:27sur cette Station spatiale internationale
39:29à l'extérieur de l'ISS
39:31vers le lieu où ils vont donc remplacer,
39:34réinstaller cette nouvelle antenne.
39:37Gilles Davidovitch,
39:38je vous disais une expression intéressante tout à l'heure,
39:40l'éloge de la lenteur dans un monde
39:41où tout va extrêmement vite.
39:43Là, c'est vrai que quand on suit étape par étape,
39:45ça va très, très, très lentement.
39:46Alors, ça dépend de quoi on parle, effectivement.
39:49Ils vont à 28 000 km heure autour de nous.
39:51Et effectivement, une EVA,
39:53c'est l'éloge de la lenteur.
39:54C'est le paradoxe.
39:55Il faut aller doucement, lentement,
39:58s'assurer de ne rien oublier,
40:00pas de précipitation,
40:01la sécurité avant tout,
40:03y compris avant la mission en elle-même.
40:05Donc, ne jamais, évidemment,
40:07se détacher, bien entendu.
40:09Et puis, faire très attention
40:10à ces gestes, à ces moindres gestes,
40:12à ces outils,
40:13parce que tout peut prendre des proportions
40:17sans équivalent sur Terre.
40:18Donc, absolument, très, très lent.
40:21Et puis, encore une fois,
40:22la difficulté physique,
40:24vraiment la difficulté physique
40:25d'exécuter les mouvements.
40:28C'est beaucoup plus compliqué pour elle.
40:30Évidemment, en regardant ces images-là,
40:32on ne peut pas imaginer
40:33à quel point c'est difficile
40:34d'exécuter une tâche manuelle.
40:36Et non, et en plus,
40:37elle est complètement libre.
40:39Vous voyez qu'elle flotte.
40:40Son collègue, lui,
40:41il est attaché par les pieds.
40:42Donc, il n'a pas du tout
40:43la même sensation
40:44qu'elle concernant cette difficulté.
40:47Il a, bien sûr,
40:48les mêmes types de gants.
40:50Donc, la partie préhension
40:51est complexe, évidemment.
40:53Mais par contre,
40:54l'ensemble du maintien du corps
40:57et des actions-réactions
40:59sont totalement différentes
41:00pour elle et pour lui.
41:01Donc, elle,
41:02elle a beaucoup plus d'efforts à faire.
41:03Elle doit s'assurer en permanence.
41:06Et puis, vous voyez
41:06qu'elle est parfaitement à l'aise.
41:08Ça, c'est absolument remarquable.
41:09C'est elle, là ?
41:10Parce qu'on peut douter par moment
41:12est-ce que c'est Sophie Adnaud
41:13qu'on voit là à l'écran ?
41:15J'ai l'impression
41:15qu'il y a les bandes rouges.
41:16Là, il y a les bandes rouges, oui.
41:17Les bandes rouges, oui.
41:18Donc, c'est Annie.
41:19Mais aussi, le casque
41:20est attaché au torse du scaphandre.
41:23Ce qui fait que chaque fois
41:24qu'elle doit bouger la tête,
41:25elle doit bouger l'ensemble du torse.
41:28Donc, imaginez...
41:29Ce n'est pas comme le caouet
41:32où vous tournez la tête.
41:33Non, il faut tourner
41:34l'ensemble du buste
41:35pour chaque mouvement de la tête.
41:37Il n'est pas encore attaché par les pieds.
41:38Ça va arriver dans quelques instants.
41:40Oui, attaché par les pieds
41:41pour être attaché sur ce bras robotique
41:43qui va être télécommandé
41:45de l'intérieur de l'ISS.
41:46Sophie Adnaud,
41:46qui n'a pas le droit à l'erreur.
41:48Évidemment, Marc Dana,
41:49comme tous ceux
41:49qui font une sortie extravéhiculaire,
41:51elle parlait de mémoire musculaire.
41:53Chacun des mouvements quasiment
41:54qu'elle fait là,
41:55ils ont été répétés
41:56encore, encore et encore
41:58et encore tout au long
41:58de cette semaine
41:59pour évidemment
42:00que le corps se souvienne
42:02de ce qu'il faut faire.
42:03Oui, tout à fait.
42:04C'est ce qu'elle m'avait expliqué
42:05dans une interview
42:07pour le livre.
42:08C'est-à-dire que nous,
42:09quand on rentre dans notre chambre,
42:10on rentre dans la chambre,
42:11on n'a pas besoin de regarder
42:12où on va poser la main
42:13pour allumer la lumière.
42:14C'est à peu près ça.
42:15Et je pense que c'est comme ça
42:16que l'Italien Luca Parmitano
42:18s'en est merveilleusement sorti
42:20et que c'est devenu
42:21un des tout meilleurs
42:22astronautes au monde
42:23puisqu'il travaille
42:24à temps plein à Houston.
42:26C'est vraiment une référence.
42:28Pour compléter un petit peu
42:29ce que disait Patrick
42:30en ce qui concerne
42:31la géopolitique,
42:32parce que l'espace
42:33a toujours été de la géopolitique,
42:35depuis Spoutnik
42:36jusqu'à aujourd'hui.
42:38C'est effectivement
42:39un oeuvre de paix.
42:40On est dans une logique
42:41qui est plutôt
42:41la paix des braves
42:43parce qu'au niveau spatial,
42:44on a eu des réponses,
42:46on a eu des contrariétés.
42:48Nathalie, on sait quelque chose.
42:49Au niveau européen,
42:50on n'a plus de Soyouz
42:52à partir de la guerre
42:53en Ukraine
42:54au départ du centre spatial
42:56guyanais,
42:57du port européen
42:57de l'espace,
42:59à Kourou.
43:00On a eu pas mal de soucis
43:02avec les Russes
43:03pour autant.
43:04Et là,
43:05si on fait ça,
43:06là ça a l'air très impressionnant
43:07ces images
43:07qui viennent de l'espace,
43:08le scaphandre et tout ça,
43:10effectivement,
43:10ça fait rêver.
43:11Ça parle beaucoup aux gens.
43:13Mais à la base,
43:15tous les pays,
43:16on était dans le monde
43:17de la chute du mur de Berlin,
43:18c'était associé
43:19dans ces gigantesques projets
43:20pour la science.
43:22Alors l'idée,
43:23c'est quand même
43:23plus de la moitié du programme
43:24de Sophie comme des autres,
43:26c'est des expériences scientifiques
43:27avec des retombées
43:28souvent très concrètes
43:29en matière de santé,
43:31notamment,
43:32sur Terre
43:32ou même
43:33tout un tas d'outils
43:35qu'on utilise
43:36aujourd'hui,
43:37au quotidien
43:37et qui sont directement
43:38liés au spatial.
43:39Nathalie Tainjou,
43:39qu'est-ce qu'on voit
43:40en ce moment, justement ?
43:41Là, c'est à Nilménon,
43:43un gros plan.
43:43Là, on vient
43:44en plan plus large,
43:46à nouveau de l'extérieur
43:47et on essaie
43:49de comprendre un peu
43:50ce qu'on est en train de faire.
43:51Alors là,
43:51ils sont dans la phase
43:52de préparation
43:52du bras robotique.
43:54Donc,
43:55il y a tout un protocole
43:58avant qu'ils puissent
43:59s'arrimer.
44:01Il y a tout un protocole
44:03de préparation
44:05du bras.
44:06Mais puisqu'on parle
44:08géopolitique,
44:09il y a cinq partenaires
44:10dans la station spatiale,
44:11donc les Canadiens
44:12qui sont très proches
44:13des Européens
44:14et de plus en plus proches
44:15des Européens
44:16pour des questions
44:17que vous pouvez imaginer,
44:18pour des raisons
44:19que vous pouvez bien imaginer
44:21et qui sont un peu...
44:22On est un peu le tampon
44:24entre les États-Unis
44:27et le Canada.
44:29Il y a les Japonais.
44:30On n'en parle pas beaucoup,
44:31mais les Japonais
44:32sont un partenaire
44:33très important
44:33dans la station spatiale
44:34et c'est un partenaire
44:36qui va de plus en plus
44:37compter
44:38parce que l'Agence spatiale
44:39européenne
44:40actuellement se diversifie
44:42un peu dans ses partenariats
44:43et va travailler beaucoup
44:45avec les nations
44:45de l'Indo-Pacifique
44:47et les Japonais
44:49avec lesquels on a eu
44:50plusieurs projets
44:51en coopération.
44:51sont vraiment
44:52un très bon partenaire.
44:53Des images
44:54toujours assez incroyables.
44:58On voit...
44:58Alors là,
44:58on est toujours
44:59dans cette nuit orbitale.
45:00Gilles Davidovitch,
45:01à quel moment
45:01on va voir le jour ?
45:02On va voir
45:03le premier lever de soleil
45:04pour apercevoir
45:05la planète bleue.
45:06Là,
45:06ils sont au sud
45:08du détroit de Béring
45:09et donc on approche
45:10bientôt la fin
45:11de la zone nuit
45:12mais encore quelques minutes.
45:13Encore quelques minutes.
45:14Ils sont au sud
45:15de l'Alaska
45:15et ils vont arriver
45:18au large des États-Unis,
45:20de la côte nord-ouest
45:22américaine.
45:22Donc là,
45:23on verra beaucoup mieux
45:24en ce qui nous concerne
45:25et eux aussi
45:26parce que là,
45:26pour l'instant,
45:26ils ne sont éclairés
45:27que par les torches
45:28de leur combinaison
45:29de l'Alaska-Fan.
45:31Oui,
45:31donc y compris
45:31non seulement
45:32pour nos images,
45:33pour nous d'apercevoir
45:33la Terre au loin
45:34mais aussi pour leur travail.
45:36Évidemment,
45:36le jour et la nuit,
45:37c'est pas la une chose.
45:39Infiniment plus facile
45:41de voir ce qu'ils font,
45:43les gestes qu'ils font
45:46quand c'est côté jour.
45:48Alors qu'on a perçu
45:49effectivement les gants
45:50dont vous parliez
45:50qui sont évidemment
45:53un élément capital
45:54pour le travail
45:55de ces astronautes.
45:57Nathalie Tingeot,
45:58on voit là
45:59qu'on est encore
46:00dans cette nuit orbitale.
46:02Il fait glacial aussi,
46:03un moins 150 degrés,
46:05c'est ça ?
46:06Oui,
46:08entre moins 120 et moins 150.
46:10Mais vous parliez des gants
46:11et tout à l'heure,
46:13on parlait du scaphandre.
46:15En fait,
46:16il y a trois tailles
46:16de scaphandre
46:17mais il y a 63 tailles
46:19de gants.
46:20Donc,
46:21les gants doivent être
46:22vraiment très,
46:23très bien adaptés
46:25à chacun.
46:26Et d'ailleurs,
46:27il y a un ingénieur,
46:28à partir du moment
46:28où la mission
46:29vous est assignée,
46:30il y a un ingénieur
46:31qui est dédié
46:34à l'amélioration
46:36du scaphandre,
46:36enfin l'adaptation
46:37du scaphandre
46:38à l'astronaute
46:40qui va le porter.
46:41Il y en a deux
46:42dans le sas,
46:43normalement,
46:43en permanence
46:43et il y a deux autres
46:45scaphandres
46:45dans la station
46:47au cas où il y a
46:48un problème
46:48avec un des scaphandres.
46:50Donc, voilà.
46:51Mais normalement,
46:51les gants,
46:52c'est vraiment
46:52la pièce
46:53qui est le plus adaptée
46:56à Sophie,
46:57pour le coup.
46:57Mais ça reste
46:58une douzaine de couches
46:59à peu près.
46:59Donc, je ne sais pas
47:00s'il y en a
47:00qui font du ski,
47:01c'est quand même pas...
47:03Oui.
47:05Donc,
47:07on a même aperçu,
47:08on aperçoit du coup,
47:09qu'est-ce qu'il y voit
47:09finalement là
47:10quand c'est la nuit
47:10orbitale du B ?
47:12Les étoiles,
47:13on aperçoit au loin.
47:14C'est ça,
47:15Gilles Davidovitch,
47:16ce qu'il voit
47:16quand il flotte là ?
47:17Pas encore la planète bleue,
47:19mais les étoiles derrière eux ?
47:21Non, on ne voit pas
47:21les étoiles depuis le casque.
47:23C'est compliqué
47:23à cause des différences
47:26de contraste, en fait.
47:27Par contre,
47:28ils peuvent très bien voir
47:29les aurores boréales
47:30et évidemment,
47:31la haute atmosphère terrestre.
47:32Ça, il n'y a pas
47:32de difficulté.
47:33Mais pour le fond du ciel,
47:34c'est beaucoup plus compliqué.
47:36Et d'ailleurs,
47:37même à l'intérieur
47:37de la station spatiale,
47:38ce n'est pas toujours évident
47:39justement de voir
47:40le ciel étoilé.
47:42Il faut éteindre
47:43l'ensemble des lumières
47:44à l'intérieur de la cupola,
47:45ce module spécifique
47:47qui a été conçu
47:48justement comme une fenêtre
47:49sur la Terre
47:50et dont les hublots latéraux
47:52seulement peuvent permettre
47:53d'espérer voir
47:55le fond du ciel.
47:56Donc, on ne voit pas
47:56trop les étoiles,
47:57on n'a pas trop le temps.
47:58Cela dit,
47:59Sophie a dit
48:00dans son debriefing
48:00qu'il y a eu
48:01un moment spécifique
48:02parce que suivant
48:03les paramètres,
48:05elle ne va pas voir
48:06la même chose.
48:06Il y a eu un moment spécifique
48:08avec un lever de lune
48:09où elle a vu
48:10son camarade astronaute
48:12avec les étoiles
48:13en fond
48:14et le vaisseau spatial
48:16qui les a amenés,
48:17le Crew Dragon.
48:18Et elle a dit,
48:19ça c'est un des premiers moments
48:22où elle a pu vraiment
48:22se concentrer
48:23sur ce qu'elle voyait
48:24à l'extérieur
48:24et pas sur sa tâche.
48:25Et elle a dit
48:26qu'elle n'oublie jamais
48:26cette image
48:27parce que c'était
48:27vraiment extraordinaire.
48:29parce qu'il y a des tout petits
48:30temps morts effectivement.
48:31C'est-à-dire qu'à un moment,
48:32votre collègue va bosser
48:34et puis on va vous dire
48:35attends ici deux secondes.
48:36Ça ne dure pas très longtemps
48:37en général.
48:39Et bien là,
48:39peut-être qu'effectivement
48:40tout astronaute en profite.
48:41Mais au moment où on parle,
48:42je ne pense vraiment pas
48:43que, mis à part
48:44les conditions nocturnes
48:45si je puis dire,
48:46que je ne pense pas
48:47que ça va être
48:48sa priorité
48:49dans les moments qui viennent.
48:50On va écouter justement
48:51quel échange
48:51ce qu'ils se disent
48:52en ce moment.
49:02Vous êtes très efficace
49:04en ce moment.
49:04Vous travaillez très, très bien.
49:07Nous sommes à la moitié du temps
49:09qui était dédié
49:10pour cette section
49:11et vous avez déjà
49:12pratiquement terminé
49:13cette séquence.
49:14Merci beaucoup.
49:15Merci.
49:37Le message de la NASA
49:39à Sophie Adnaud
49:40et son collègue
49:41à Neil Mennon.
49:41Ils travaillent très bien.
49:42Ils sont très efficaces.
49:43Ils sont,
49:44si on comprend bien,
49:44en avance même
49:45sur leur temps.
49:52qui devaient durer
49:54une demi-heure.
49:55Donc, c'est la preuve
49:56que l'expérience
49:57finalement acquise
49:58sert
49:59et déjà
50:00dans la deuxième EVA.
50:02Donc, ça,
50:03c'est très bien.
50:04Et d'ailleurs,
50:04c'est une des qualités
50:05qui avait été reconnue
50:07à Sophie Adnaud.
50:08Non seulement,
50:09elle a été sélectionnée
50:11sur 22 523 personnes,
50:14mais en plus,
50:15elle a été excellente
50:16à tous les entraînements
50:16qui sont notés.
50:18Et je crois
50:19que c'est un record
50:20d'avoir été nommée
50:21pour une mission
50:23un mois après avoir reçu
50:24sa qualification,
50:25son brevet d'astronaute.
50:28Donc, c'est vraiment...
50:29Voilà.
50:30Elle apprend très vite.
50:31Comme Marc disait tout à l'heure,
50:33elle est extraordinaire.
50:35C'est vraiment
50:36un avion de chasse.
50:37Pilote d'hélicoptère,
50:38mais un avion de chasse.
50:40Ce qui est intéressant,
50:41en plus, là,
50:41c'est de les voir travailler
50:43à deux complètement.
50:45Ils sont, je disais,
50:46main dans la main,
50:46mais ils sont vraiment
50:47plus que côte à côte,
50:48là,
50:49Gilles Davidovitch,
50:50tous les deux.
50:51Oui, en fait,
50:52effectivement,
50:53c'est encore un peu plus que ça.
50:55En fait,
50:56l'équipe est élargie.
50:57Vous avez finalement
50:58les deux astronautes
50:59qui préparent,
51:00là encore,
51:00donc ils ne sont toujours pas...
51:03Anne, il n'est toujours pas
51:03encore attachée par les pieds.
51:05Ça ne va pas tarder.
51:07Mais, effectivement,
51:07ils travaillent tous les deux
51:08de concert,
51:09plus les deux autres
51:10qui sont à l'intérieur
51:11de la Station Spatiale
51:12qui téléopère
51:14le Canadarm
51:16et qui est guide aussi.
51:18Et, en fait,
51:18cette équipe sol
51:19qui est absolument fondamentale
51:20pour suivre
51:21l'ensemble
51:23des opérations,
51:24y compris
51:25monitorer,
51:26d'ailleurs,
51:26les paramètres
51:28médicaux,
51:29en fait,
51:29accélération
51:30du rythme cardiaque,
51:33pression artérielle,
51:34température du corps
51:35et consommation
51:36de l'oxygène
51:38à l'intérieur
51:39du scaphandre.
51:39Alors qu'on voit là,
51:40tout d'un coup,
51:41cette lumière
51:42qui est beaucoup plus forte,
51:43on imagine que c'est
51:44le premier lever
51:46du jour
51:47alors qu'on est à 400,
51:48plus de 400 kilomètres
51:50de la Terre
51:51pour Sophie Adnaud
51:52qui est en train
51:53de réaliser un nouvel exploit,
51:54la deuxième sortie
51:56en l'espace d'une semaine
51:57dans l'espace,
51:58sortie extravéhiculaire
51:59qu'on continue, évidemment,
52:00à suivre de très près
52:01sur BFM TV.
52:03Restez avec nous.
52:04On y retournera
52:04dans la Station Spatiale Internationale
52:06et juste en dehors
52:07dans un instant,
52:08mais on va retourner.