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  • il y a 6 semaines
Chaque soir, Maxime Switek vous accompagne de 21h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00On continue cette émission avec une image que je voulais vous montrer à tout prix parce que c'est l
00:03'une des images de la soirée, image mystérieuse.
00:06Vous allez la voir, on part du côté de Moscou, voilà l'appareil que vous voyez, cet avion qui atterrit
00:10à Moscou, c'est un C-17, un C-17 américain,
00:14avec à bord de cet avion visiblement le patron de la CIA, visite rarissime du patron de la CIA à
00:21Moscou, la dernière date d'il y a plus de 5 ans avant la guerre en Ukraine,
00:24le patron de la CIA à Moscou, visiblement pour rencontrer, peut-être en personne, Vladimir Poutine, mais pour dire quoi
00:33et dans quel cadre.
00:34Mystère et boule de gomme.
00:35C'est le mystère et boule de gomme comme dit Didier François, mais c'est particulièrement intéressant de décrypter cette
00:40image-là et de décrypter ce qui est en train de se passer ce soir,
00:42c'est l'une des informations de la soirée, on en parle avec Didier François, avec le général Chollet, avec
00:47Mickaël Benhamou et avec Elza Vidal,
00:49je vous salue à nouveau tous les quatre, l'Isaadef à mes côtés évidemment.
00:53Didier François, on va partir du point de départ, c'est cette image-là, c'est cet avion qui atterrit
01:00à Moscou tout à l'heure.
01:01Ah bah oui, c'est le début de l'enquête journalistique, puisqu'en fait au départ il n'y a
01:07rien annoncé, c'est une visite secrète,
01:10alors on se rend compte au fur et à mesure qu'elle a été bien préparée en amont, mais on
01:14le découvre grâce aux petits indices commençant par cet avion,
01:18parce que quand même, vous voyez bien, un avion américain de cette taille, c'est un C-17 Globemaster, c
01:23'est quand même du Maus costaud,
01:25avec le sigle de l'US Air Force qui se pose à Vnukovo, qui est l'aéroport gouvernemental russe à
01:33côté de Moscou.
01:34Donc là, tout le monde se dit, oula, de quoi s'agit-il ? Et donc évidemment, il commence à
01:39revoir d'où il vient.
01:40Or, il est parti de Riga, en Lettonie, et juste à côté de lui, il s'était posé avant un
01:47autre avion qui, lui, venait de la base d'Anjou,
01:50à côté de Washington, qui est là pour le coup la base gouvernementale des avions américains,
01:55et on se rend compte que finalement, à bord, il y a de fortes chances que c'ait été le
02:00directeur de la CIA qui a changé d'avion à Riga
02:02et rentré dans ce C-17. Alors pourquoi ce C-17 ? Parce que justement, ce C-17 a cet
02:08avantage incroyable d'avoir à l'intérieur
02:10ce qu'on appelle une cellule de conférence sécurisée, qui permet en fait de communiquer de manière cryptée,
02:19et donc évidemment une haute autorité qui doit pouvoir rendre compte, vous voyez, c'est cette espèce de petite salle
02:24-là.
02:24C'est ce qu'il y a à l'intérieur de l'avion.
02:26À l'intérieur de l'avion, il y a cette salle qui est en fait une capsule, c'est vraiment,
02:30c'est le nom d'ailleurs,
02:31la capsule, qui permet de rester en contact avec son patron à la Maison-Blanche,
02:39sans de pouvoir être écouté ni par les Russes, les Chinois, les Français, les Savoirs.
02:44Donc en tout cas, ça lui permet de pouvoir rendre compte d'une mission qui semble être une mission importante,
02:49puisque pour qu'on déplace un directeur de la CIA, ça veut dire que, alors qu'on sait parfaitement que
02:55depuis mars 2025,
02:56le patron de la CIA, John Radcliffe, a ouvert un canal de négociation et de déconfliction, on appelle ça,
03:02avec son homologue, Narishkin, des services de renseignement extérieurs russes.
03:06– Et là, il décide de se déplacer.
03:07– Et donc là, il décide de se déplacer.
03:09– Alors là, ça c'était votre boulot, mon général.
03:12– Non, mais tu connais bien l'affaire de la capsule.
03:17– Pourquoi est-ce que, et on va, comment dire, dissiper le brouillard au fur et à mesure,
03:23mais en général, pourquoi est-ce que le patron de la CIA peut être amené à se déplacer en personne
03:29?
03:30Qu'est-ce qu'il y a de si important à dire ou de si important à montrer aux Russes
03:33?
03:33– Alors, on faisait allusion à ce canal entre le patron de la CIA américain et puis son homologue russe.
03:42Il faut se rappeler qu'en avril 2025, Radcliffe, en personne, avait négocié depuis les États-Unis
03:50la libération d'une prisonnière qui était américano-russe ou russo-américaine.
03:56Il n'avait pas eu besoin de se déplacer.
03:58Il y a un canal, il suffisait de décrocher son téléphone, de négocier cette libération.
04:03S'il se déplace, c'est qu'il y a un vrai sujet.
04:05Et moi, la comparaison que je peux faire, même si on a dit précédemment que comparaison n'est pas raison,
04:10c'est le rapprochement avec la précédente visite.
04:14La précédente visite, c'était son prédécesseur, William Burns, qui est allé en novembre 2021,
04:20donc quelques mois avant l'invasion en Ukraine,
04:24alors qu'il y avait déjà quand même des signes très forts d'une guerre hybride,
04:29dans le sens où il y avait eu une destruction dans l'espace d'un satellite
04:35pour montrer la capacité de nuisance dans l'espace.
04:37Il y avait la crise des migrants à la frontière polonaise.
04:41Il y avait l'exercice terre-air-mer, Zapad, de novembre,
04:46qui était la répétition générale avant.
04:48C'était des dizaines de milliers de soldats russes mobilisés en exercice
04:51pour montrer la puissance russe.
04:52Et là, il y a eu un déplacement, et de toute évidence,
04:55et je le tiens de source très sûre aux États-Unis,
04:58il y a eu la mise sur la table du renseignement américain
05:01qui disait à Poutine, nous savons ce que vous allez faire, ne le faites pas.
05:05Et donc, on se déplace pour un sujet qui est extrêmement sérieux.
05:09Et on se déplace, j'allais dire armé, ce n'est pas le bon terme,
05:12mais en tout cas fort d'éléments concrets, d'éléments probants.
05:18Si on se déplace, et si on ne se déplace pas forcément tout seul d'ailleurs,
05:21avec un certain nombre de, ou un responsable du renseignement,
05:24c'est pour dire, voilà ce que l'on sait de ce que vous êtes en train de faire ?
05:27Il arrive avec des billes. Il arrive en disant, alors, il cache ses sources.
05:31L'enjeu, ce n'est pas de dire, tiens, c'est ton concierge,
05:35ou ta femme de ménage, ou ton conseiller qui nous a tout dit.
05:37Ce n'est pas le moment de dire aussi, on est capable d'entrer dans tes communications,
05:42ton iPhone, on arrive à le capter.
05:44Non, on se garde bien.
05:45Mais en revanche, avec de la matière telle que des images satellites,
05:49et autres affirmations, on peut montrer à son homologue,
05:54et moi je suis persuadé qu'il a vu Poutine en personne,
05:57on est en mesure de lui dire, on sait, ne le faites pas.
06:00Mais on sait quoi, et ne faites pas quoi.
06:03C'est la grande question, je dis qu'on dissipe le brouillard au fur et à mesure,
06:05Michael Benhamon.
06:06Je crois aussi, côté américain, il y a une volonté d'éviter une humiliation
06:09de la part des Russes avant les élections du mois de novembre.
06:12Il y a peut-être aussi ça qui se joue, de dire aux Russes, écoutez,
06:15on vous fait des choses, on a bien compris que vous êtes assez agités en ce moment,
06:18mais pas avant les élections du mois de novembre,
06:20ne perturbez pas ce cycle électoral.
06:22Qu'est-ce que vous voulez en échange ?
06:23C'est ça, les élections parlementaires américaines, début novembre.
06:28Qu'est-ce que vous voulez en échange ?
06:29Qu'est-ce qu'on peut faire pour vous, du coup,
06:30en échange d'un calme relatif dans les deux, trois prochains mois ?
06:33C'est peut-être ça qui s'est passé.
06:36Mais juste une chose, parce que vous venez de le dire,
06:38Elsa Vidal, Michael Benhamou dit,
06:40les Américains voient bien que les Russes s'agitent.
06:42Oui.
06:43Qu'est-ce que ça veut dire ?
06:44Ces agitations.
06:44Que font-ils concrètement ?
06:46Alors, les agitations dont on parle,
06:48ce sont d'abord l'accumulation de moyens
06:50qui permettraient de lancer des drones
06:53en direction de territoire de pays,
06:55membres de l'UE et de l'OTAN,
06:57à partir de la Russie,
06:59dont notamment le Télégraphe a parlé il y a une dizaine de jours.
07:03Et puis, ce sont des sabotages
07:06et des moyens de pression ou de provocation
07:08que le gouvernement russe met en œuvre depuis plusieurs semaines,
07:12particulièrement fort cet été,
07:14qui sont effectivement des violations des espaces aériens avec des drones,
07:18des attaques de drones sur des ports en Roumanie,
07:21l'entrée pour une durée de trois minutes,
07:24ça peut ressembler Bénin,
07:25mais c'est assez long en temps aérien,
07:26d'avions russes dans l'espace aérien de la Finlande.
07:29Donc, cette pression accumulée.
07:31Et puis, on sait aussi qu'il y a eu des déplacements importants à Kaliningrad,
07:36ce territoire qui appartient à la Russie,
07:38qui est situé entre la Pologne, la Lituanie et la mer Baltique,
07:41un territoire qui pourrait aisément servir pour tester
07:44à la fois l'unité et la réactivité de l'OTAN.
07:47Donc, je testerai auprès de vous dans une seconde cette hypothèse-là
07:50que Radcliffe, le patron de la CIA, serait venu dire aux Russes, à Poutine,
07:53écoutez, on voit bien tout ce que vous êtes en train de faire,
07:56n'allez pas trop loin, voilà la ligne rouge.
07:58Je teste l'hypothèse dans un instant,
07:59je vais l'attester d'abord sur Antoine Ellard,
08:01qui est à Washington, pour nous ce soir, du côté de la Maison-Blanche.
08:04Antoine, est-ce que c'est ce qui, cette hypothèse-là, en tout cas,
08:07est-ce qu'elle ressort dans la presse américaine ce soir ?
08:12Alors, écoutez, la presse américaine n'a pas d'informations
08:15sur les personnes que Radcliffe aurait pu rencontrer à Moscou,
08:18ni qu'elle ait pu être l'objet de sa visite,
08:21quel message il est venu porter dans la capitale russe.
08:24Alors, il y a plusieurs hypothèses qui circulent dans la presse américaine.
08:26La première, c'est qu'il a évoqué l'Ukraine.
08:29Ça a été rappelé, la CIA a été impliquée dans les échanges de prisonniers
08:33qui a eu lieu, notamment l'année dernière, entre l'Ukraine et la Russie.
08:36L'autre point qui a pu être abordé, c'est l'Iran.
08:38Alors que Washington cherche à isoler économiquement Téhéran,
08:43eh bien, la Russie, on le sait, a des liens économiques
08:46et soutient le régime iranien.
08:48Donc, ça a pu être un sujet de discussion.
08:49La dernière hypothèse, c'est celle que vous évoquiez également,
08:53c'est ces informations qui ont été récoltées par le renseignement américain
08:57et selon lesquelles la Russie s'apprêterait à lancer une opération
09:01pour tester la solidarité au sein de l'OTAN.
09:04Elle pourrait lancer une attaque contre la Pologne ou les Pays-Baltes.
09:07Héracliffe a pu aller à Moscou pour dire
09:09« On sait ce que vous préparez, ne vous avisez surtout pas
09:12de mettre votre plan à exécution ».
09:14Mais encore une fois, ça n'est qu'une hypothèse
09:16soulevée par la presse américaine.
09:18Et je vous sers cette hypothèse.
09:19Donc, merci Antoine Hollard à Washington.
09:21Didier François.
09:23Honnêtement, on n'a pas de réponse,
09:24puisque pour l'instant, ça n'est pas...
09:25Mais ça va de l'être.
09:27On ne déplace pas le directeur de la CIA
09:29juste pour le plaisir de déplacer le directeur de la CIA.
09:32Encore une fois, la dernière fois qu'il y allait,
09:33c'est il y a cinq ans.
09:34Et quand on le fait, c'est des enjeux majeurs.
09:36C'est-à-dire que c'est au moins pour fixer des lignes rouges.
09:39Ils ne sont pas allés négocier.
09:40Ce n'est pas Wittkopf et Kouchner qui sont allés discuter.
09:45On pense qu'il a vu Poutine.
09:47Pourquoi ? Parce qu'après que le C-17 se soit posé à Venoukovo,
09:51on a les images d'une délégation...
09:53Ce sont ces images-là.
09:53Voilà, les images qu'on voit là,
09:55des véhicules officiels américains escortés par la milice russe
09:59qui va sur le Kremlin.
10:00La visite a duré quatre heures.
10:01Donc, ça n'a pas été non plus des négociations.
10:04On est bien sur un temps qui est un temps
10:06de discussion et d'exposition des positions.
10:09Voilà.
10:10Ce n'est pas la journée, les rencontres, etc.
10:13On n'est pas sur l'ouverture de négociations.
10:17On est sur un moment où quelqu'un qui a suffisamment...
10:22Mais tu expliqueras peut-être les tracts 1, tracts 2,
10:24comment ça se passe, ce genre de messages parallèles faits par les services de renseignement
10:28qui ne sont pas des diplomates, justement,
10:30et qui peuvent dire un certain nombre de choses à ses caches sans avoir à rendre compte.
10:35On est sur quelque chose où on engage quand même le gabarit.
10:38On a mis quelqu'un qui est venu certainement appuyé par des spécialistes de chez lui
10:43qui ont bien travaillé ce qu'il pouvait montrer
10:45et pour que ça soit suffisamment solide pour dire
10:48attention, voilà en tout cas, quelles seraient nos lignes rouges.
10:51On n'était pas sur le test et la recherche d'une solution, d'une discussion.
10:55– Pardon Didier, j'essaie de me figurer la scène.
10:59Ça veut dire que vous avez Vladimir Poutine qui, sagement,
11:02reçoit dans son bureau ou dans un bureau du Kremlin
11:04des Américains qui viennent lui dire et lui exposer
11:07carte à la main et images à la main.
11:11On vous surveille, voilà ce que vous êtes en train de faire.
11:13Donc ne franchissez pas cette ligne rouges-là.
11:14– En tout cas, c'est ce qui a été fait de manière extrêmement claire
11:16en 2021 par William Burns, comme le rappelait Serge,
11:19qui était le patron de la CIA de l'époque,
11:21où il a mis sur la table un certain nombre de documents
11:23que les Américains ont par ailleurs déclassifié par la suite
11:26pour le présenter à leurs alliés.
11:28Donc on verra ce qu'ils vont dire à leurs alliés
11:30puisque maintenant que c'est connu,
11:31ils ne sont pas partis avec un C-17 en pensant que personne ne le verrait
11:33puisque n'importe quel spotter avec une paire de jumelles est capable de le faire.
11:36On pensait bien que les autres services de renseignement
11:38sont déjà en train de voir avec les officiers de liaison
11:40et avec leurs homologues de directeur à directeur
11:43qu'est-ce que va être la ligne officielle des Américains.
11:45Donc il y aura des choses qui vont se dire.
11:47Donc on va le savoir, ils ne l'ont pas fait de manière...
11:50Donc ils veulent obtenir un effet, un effet politique,
11:52un effet diplomatique, un effet réel.
11:54Ils ne sont pas allés juste pour discuter
11:56parce que c'est sympa de se voir.
11:57Donc ce n'est pas du tout le genre de la maison.
11:59Donc vous voyez bien qu'ils sont allés sur quelque chose qui...
12:01Donc on va le savoir.
12:02On ne le sait pas à ce stade, mais on va savoir ce qui s'est passé.
12:04– Michael, tu me dis qu'en 4 heures,
12:06on a quand même le temps de se dire pas mal de choses
12:08et notamment côté russe, qu'on en a un peu marre
12:10de voir son économie et ses infrastructures
12:12détruire par des missiles balistiques ukrainiens
12:14qui sont permis, dont la précision est permise,
12:17comme vous le savez, grâce à du renseignement américain
12:19donné gratuitement, en particulier par la CIA.
12:22Peut-être que les Russes ont dit, bon,
12:23ce serait bien que ça s'arrête.
12:24– Mais ce n'est pas eux qui l'ont fait venir.
12:25– Oui.
12:26– Ce n'est pas eux qui l'ont fait venir.
12:27D'abord, 4 heures, ce n'est pas 4 heures de négociation.
12:29– En 4 heures, on peut parler de ça aussi.
12:30– Non, mais ce n'est pas en 4 heures.
12:314 heures, c'est avec les déplacements
12:32et les différentes réunions.
12:38On est sur un modèle qui est un modèle
12:39où on vient dire des choses.
12:40Alors évidemment, les Russes ont répondu
12:42et connaissant la façon dont répondent les Russes,
12:44la dernière fois, Oudchakoff,
12:45avec les 3 envoyés de l'Elysée,
12:47a été assez brutal pour faire savoir ce qu'ils pensaient.
12:51Donc ils savent dire les choses
12:52de manière extrêmement brutale.
12:53Oudchakoff l'a été avec Bonn de manière radicale.
12:58Donc ils le font.
12:59Il n'y a pas de sujet, ils vont répondre.
13:01Mais en revanche, les Américains ont voulu dire quelque chose.
13:04Et c'est ça que veut dire ce déplacement.
13:06Donc c'est ça qu'on va essayer de savoir
13:08dans les jours qui viennent.
13:08On parlait des signaux, des signaux forts d'ailleurs.
13:10Vous parliez de ces bases de drones, etc.
13:12Et puis il y a toutes les déclarations
13:13et toute cette atmosphère russe autour de Poutine,
13:17belliqueuse et hargneuse même face à l'OTAN.
13:19Et on a un dernier exemple
13:20avec un député russe ce soir.
13:22Oui, qui s'appelle Victor Soboleff.
13:24Il est membre de la commission de défense du Parlement.
13:26Et il a donné une interview à un journal local,
13:28interview dans laquelle il donne une deadline,
13:30une date butoir,
13:31pour que la guerre avec l'Ukraine se termine,
13:33pour mieux se préparer à un conflit plus large avec l'OTAN.
13:35Regardez, d'ici 2030, nous devrons avoir achevé
13:38l'opération militaire spéciale en Ukraine
13:40par une victoire pour nos forces armées.
13:42Et parmi les adversaires possibles,
13:44ce député russe cite plusieurs pays européens,
13:46dont la France.
13:47Regardez à nouveau.
13:49Polonais, Allemands, Français, Britanniques,
13:51Belges, Norvégiens, Finlandais, Suédois.
13:54Tous souhaitent, dit-il, combattre la Russie
13:56et lui infliger une défaite stratégique.
13:58– Je sais que vous émettez beaucoup de réserve,
14:00Général Cholet,
14:01sur les déclarations d'un Sobolev
14:03et sur cette atmosphère-là.
14:05Mais on a entendu hier,
14:07Emmanuel Macron parlait de la menace russe encore,
14:09dire qu'elle existait.
14:10On a entendu le chef d'état-major des armées françaises dire…
14:13– 2030.
14:13– Exactement, 2030,
14:15qu'il fallait se préparer à échéance 2030,
14:17d'un conflit majeur avec la Russie.
14:19Donc, tout ça participe de ce, comment dire,
14:23de l'installation de ce rapport de force avec les Russes ?
14:26– J'émettais des réserves sur le lien
14:29entre le déplacement de John Ratcliffe
14:32et cette déclaration.
14:34Maintenant, tout le monde se rejoint
14:35sur, effectivement, cette échéance de 2030.
14:38Lorsque le chef d'état-major des armées dit
14:40il faut qu'on soit en capacité complète opérationnelle
14:44dans deux ou trois ans,
14:45c'est parce que les services de renseignement français
14:48et occidentaux estiment,
14:51et c'est un assessment,
14:53c'est-à-dire c'est une prévision,
14:55de dire, voilà, prochaine étape,
14:58prochaine étape, ce sera un pays de l'OTAN.
15:01Et là, ça rejoint un peu ce que dit cette personne,
15:04de dire, en 2030, alors lui, maintenant, bien sûr,
15:06il reporte la faute sur les pays de l'OTAN,
15:08en disant les Norvégiens, les Français,
15:09tout le monde veut nous faire la guerre.
15:12Autant que je sache,
15:12personne en Ukraine ne voulait envahir la Russie
15:14et personne dans l'OTAN ne veut attaquer la Russie.
15:17Donc, c'est une aversion des responsabilités,
15:19mais tout le monde se rejoint
15:20sur un calendrier assez similaire.
15:22C'est-à-dire que dans deux ou trois ans,
15:24il peut y avoir, effectivement, un choc.
15:26Alors, ce que disait à l'instant Lisa,
15:28c'est, oui, il est possible
15:31qu'on mette sur la table
15:32des scénarios dans lesquels
15:34on aurait des indications
15:36que les Russes vont provoquer
15:37des actions dans l'OTAN.
15:40Mais ça pourrait être aussi des sujets
15:42dans le détroit d'Hormuz,
15:43ça pourrait être aussi le sujet
15:45sur la présence des Coréens
15:46et de leurs missiles balistiques.
15:47À ce stade,
15:48on peut envisager plusieurs dossiers.
15:51Il n'ait même pas dit qu'en fait,
15:52ils ont mis sur la table des choses
15:54parce que tout ça,
15:55c'est quand même un peu lié.
15:56Quand vous pensez que les Coréens
15:58qui pourraient franchir la frontière
16:00et se retrouver en Europe,
16:01ce serait quand même un changement radical
16:03d'un point de vue géopolitique.
16:03Quand vous parlez des Coréens,
16:04c'est les Nord-Coréens.
16:04Les Nord-Coréens, bien sûr.
16:05Ils viennent soutenir les Russes en Ukraine.
16:06Bien sûr.
16:07S'ils viennent pour dire
16:08on sait que vous allez attaquer
16:10tel réseau,
16:11tel réseau,
16:13par exemple Starlink,
16:13ou vous allez attaquer avec des drones,
16:15vous avez vu quand même cet incident
16:16sur l'aéroport allemand,
16:18trois drones
16:19avec des explosifs
16:20qu'on cherchait à taper
16:21un Antonov ukrainien.
16:22Mais je veux dire,
16:23c'est une agression caractérisée.
16:24Donc, il est possible
16:25que ce type de sujet,
16:27vous l'avez fait une fois,
16:28vous arrêtez,
16:29vous ne recommencez plus.
16:30Et on sait que vous êtes en train
16:31d'en préparer un autre.
16:32Tout à fait.
16:33Je voulais juste attirer l'attention
16:35sur un élément
16:35qui est que maintenant
16:36que circule l'information
16:39sur le fait des préparatifs russes
16:41en vue avant 2030,
16:43à l'horizon 2030,
16:44d'une attaque
16:45ou d'un test des limites de l'OTAN,
16:48depuis que cette information circule
16:49et est animée
16:50et que nous sommes obligés
16:51de nous positionner,
16:53eh bien, ça vient nourrir aussi
16:54une forme de,
16:55on dit parfois le complexe obsidional,
16:57mais de paranoïa en fait aussi
16:59qui se conçoit parmi ces dirigeants.
17:02comme perpétuellement entourés d'ennemis
17:05et obligés de recourir
17:06à une guerre préventive.
17:07Et ça peut paraître
17:09complètement fou pour nous,
17:10mais il y a beaucoup de Russes
17:11avec qui j'ai parlé encore
17:12très récemment,
17:13me trouvant à l'étranger
17:14dans un endroit
17:15où il y avait beaucoup de Russes
17:16qui me disaient
17:16mais vous savez,
17:17on a été obligés d'attaquer,
17:18sinon l'Ukraine aurait attaqué
17:20et d'ailleurs,
17:20vous nous détestez tous
17:21et vous voulez nous attaquer
17:23ou nous humilier.
17:25Et ils étaient très surpris
17:26quand je leur disais
17:27qu'en fait,
17:27il n'y a pas de sentiment
17:28de haine vis-à-vis des Russes
17:30en Europe, etc.
17:31Donc il y a malgré tout
17:32le danger que
17:34cette prise de conscience
17:35de notre côté
17:35ne fasse que nourrir
17:36et on n'y peut rien
17:37une forme de paranoïa
17:39parmi les dirigeants russes.
17:41Ce qui est fou
17:42sur cette paranoïa russe
17:42c'est qu'elle se fait
17:43sur fond de retrait militaire
17:45américain en Europe quand même.
17:47Il faut le rappeler
17:47encore une fois.
17:48Donc en fait,
17:49ça n'a pas beaucoup de sens
17:49de croire que les Américains
17:51vont attaquer la Russie
17:52depuis l'Europe
17:52ou depuis l'Asie
17:53ou où que ce soit.
17:54Ce que je voulais aussi dire,
17:55c'est que ce qui est intéressant
17:56dans ce qui est en train
17:57de se passer,
17:57c'est que les Russes
17:58reprennent des analyses
18:00militaires américaines
18:01de think tanks américains
18:02qui ont dit en premier
18:03il y a six mois, un an
18:04que les Russes
18:05pourraient prendre le Donbass
18:06en 2030.
18:09Et donc,
18:09c'est toujours intéressant
18:10de voir à quel point
18:11les Russes et les Chinois aussi
18:13reprennent les analyses
18:14en source ouverte américaine
18:15et ensuite les intègrent
18:16dans leurs propres
18:17réflexions stratégiques.
18:18J'ai l'impression
18:19que c'est un peu
18:19ce qui est en train
18:20de se passer.
18:20C'est-à-dire en 2030,
18:21on aura pris le Donbass
18:22et donc on aura une position
18:23de domination sur l'Ukraine
18:25et on pourra ensuite
18:26faire ce qu'on veut en Europe.
18:27On va pouvoir,
18:28Didier-François,
18:29totalement dissiper
18:30le brouillard dont je parlais ?
18:31C'est-à-dire qu'à un moment donné,
18:31on va savoir réellement
18:32ce qui s'est passé ?
18:34Totalement non
18:34parce que ça reste quand même
18:35des rendez-vous
18:37à très haut niveau
18:38où il y a des choses
18:39extrêmement sérieuses
18:40qui se disent.
18:41Néanmoins,
18:42un, les Américains
18:43ont voulu le montrer
18:43sinon ils n'auraient pas
18:44pris le C-17.
18:45Donc c'est qu'ils veulent
18:46quand même dire
18:46un certain nombre de choses.
18:47Ensuite,
18:48on sait qu'il y a déjà
18:49eu des échanges.
18:50Par exemple,
18:50ils ont demandé aux Ukrainiens
18:51de ne pas tirer
18:52pendant cette réunion.
18:54On sait que la réunion
18:54a été préparée
18:55depuis au moins
18:56le 22 mars,
18:57pardon,
18:58le 22 août,
18:59excuse-moi,
18:59le 22 août,
19:01Serge a regardé ça de près
19:02puisque l'avion
19:03qui a été envoyé
19:04sur place
19:05le C-17
19:06a été mobilisé
19:08déjà à ce tronc-là.
19:08Donc on finira
19:09par savoir
19:09une partie des choses,
19:11en tout cas,
19:12ce qui est important
19:13pour le grand public.
19:13On va guetter ça
19:14peut-être qu'on se retrouve
19:15demain soir d'ailleurs
19:16pour en parler.
19:18On verra ce qui fuit
19:19du Kremlin
19:20ou du côté américain
19:21d'ici là.
19:22En tout cas,
19:22merci d'avoir été avec nous.

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