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  • il y a 4 semaines
C'est un peuple qui a su préserver son identité francophone contre vents et marées. Ivan Kabacoff traverse le Nouveau-Brunswick, seule province canadienne officiellement bilingue anglais/français, pour découvrir l'histoire tragique et émouvante des Acadiens et leur passion pour la mer, en particulier la pêche au homard. Année de Production :

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00:03Musique
00:23Bonjour, je suis ravi de vous retrouver pour la suite de notre voyage à la rencontre des Acadiennes et des
00:28Acadiens
00:29Ici, au Nouveau-Brunswick, l'une des quatre provinces atlantiques du Canada
00:33Nous allons continuer à vous raconter l'histoire de ce peuple à l'identité francophone chevillée au cœur
00:38Notre voyage commence par la ville de Dieppe, qui a le même nom que la ville de Dieppe en Normandie
00:44Et pour savoir pourquoi, j'ai rendez-vous avec son maire, il s'appelle Yvon Lapierre
00:48Alors vous êtes prêts ? C'est parti pour un voyage en francophonie, en Acadie, sur les routes du Nouveau
00:53-Brunswick
01:10Depuis 1998, Yvon Lapierre a été élu maire de Dieppe trois fois
01:13Il vient d'être élu pour son quatrième mandat
01:16Il est le maire d'une ville canadienne qui a le même nom qu'une ville française
01:19Dieppe, en Normandie, à 5000 kilomètres de là
01:22Pour m'en expliquer la raison, Yvon m'a donné rendez-vous près du Monument aux Morts, tout près de
01:26sa mairie
01:28Monsieur le maire, bonjour
01:29Bonjour, bienvenue à Dieppe
01:31Merci Yvon, ravi de te rencontrer
01:33Moi aussi
01:34Pourquoi ta ville de Dieppe a le même nom que la ville de Dieppe en France ?
01:38Les gens de la communauté ici, qui s'organisaient comme communes, ont choisi le nom de Dieppe pour se commémorer
01:46la perte de près de 1000 soldats canadiens sur les plages de Dieppe en Normandie
01:52C'est une passe très, très dure pour les Canadiens
01:56Quand on voit le monument qui est ici et qu'on voit les galets
02:00Les galets, chaque galet représente un soldat canadien mort sur les plages de Dieppe
02:05C'est quelqu'un qui nous a envoyé ça de Dieppe même
02:08Donc les relations avec la ville de Dieppe en France sont assez intenses ?
02:11Nous avons des relations très, très, très fortes avec nos collègues de Dieppe en France
02:17Avant de venir, je suis passé devant cette plaque de 1604
02:21Ta ville a une vraie identité francophone
02:23Effectivement, 1604, c'était l'arrivée des Français en Amérique du Nord
02:29Ou ce qu'on connaît aujourd'hui comme l'Amérique du Nord
02:31On voulait reconnaître le fait que les Français étaient les premiers arrivés en terre d'Amérique
02:36Et puis, ta mairie, on ne peut pas l'arrêter, hein ?
02:39Non, c'est certain, on est directement sur le coin de la rue Champlain et la rue Amiro
02:45Qui sont un point d'intersection, un des plus occupés en termes de circulation
02:49Dans tout le sud-est de la province
02:52Alors pour nous, c'était quand même important de montrer que nous, les francophones
02:56Nous sommes ici à Dieppe, on est installés, on est ici pour rester
03:00Tu me montres ta ville ?
03:01Absolument, avec plaisir
03:11Alors, on passe devant l'entrée de notre Centre des arts et de la culture
03:15Qui, évidemment, est très important pour nous, la culture francophone
03:18Alors, on a tous les éléments de la culture qui prennent place ici à l'intérieur
03:22Et aussi à l'extérieur, comme tu vois, on a une belle scène extérieure également
03:27Donc, la culture au cœur de la ville
03:28La culture au cœur de la ville, absolument
03:44Ah, ça vit le marché ?
03:45Oui, ça bouge, ça bouge toujours
03:47C'était, au tout début, ça a été un grand succès
03:53Il y avait un grand besoin parce qu'encore une fois, du côté de la francophonie
03:57Chez nos voisins, les agriculteurs francophones et artisans francophones
04:04avaient beaucoup de difficultés à trouver leur place chez nos voisins
04:08Alors, on a décidé d'acheter la bâtisse justement pour créer notre propre marché des fermiers
04:15C'est, sans aucun doute, dans la région, le marché le plus populaire et populeux
04:21Tu me montres un produit un peu de la région
04:23Certainement
04:24On y va ?
04:44Alors, laissez-moi te montrer quelque chose vraiment typique de cette région ici, particulièrement du Canada en général
04:51Surtout dans l'est du Canada, c'est le sirop d'érable
04:54Eh bien oui, forcément
04:55Bonjour
04:56Allô
04:56Bonjour
04:57Ça va ?
04:58Ça va bien ?
04:59Oui
04:59Alors, le fameux sirop d'érable ?
05:01Oui
05:02Moi ici, je prends les produits, je le transforme, je prends du sirop d'érable, je le bouille, ça concentre
05:11mes succes et je peux le mettre sous la neige
05:13Et les enfants, ils mangent des sucettes ?
05:15Oui
05:21Merci, bon, j'ai la sucette, j'ai le cornet
05:23Oui
05:24Si je suis pas au Canada
05:25Ça, t'as le meilleur, t'as le... t'as la tire
05:29Oh !
05:32T'as la surprise du chef
05:35Merci à vous, à la prochaine, ciao
05:38Pour toi Yvon, c'est important que ta ville soit complètement multiculturelle
05:42Effectivement
05:43Et puis, évidemment, on favorise la francophonie, mais on veut être multiculturelle, on accepte les gens de partout, évidemment
05:50Et d'ailleurs, durant la dernière année, notre région ici, pas seulement Dieppe, mais la région du Grand Moncton comme
05:58telle, on a eu le plus haut taux de nouveaux arrivants au Canada, en termes de pourcentage de population au
06:06Canada
06:12Alors, maintenant, je t'emmène à la Maison d'Ouaron, la plus vieille maison de Dieppe
06:27Alors, voilà la Maison d'Ouaron et Pauline est la personne qui va nous la présenter comme telle parce que
06:35c'est elle qui est la plus connaissante de l'histoire
06:44Bonjour
06:44Bonjour
06:45Bonjour, un plaisir, bienvenue sur la Maison d'Ouaron
06:47Bonjour, bienvenue
06:49Pauline, qui est M. d'Ouaron ?
06:51M. d'Ouaron, c'est un écrivain public, c'était le juge de paix pour la province, puis aussi, il
06:56était l'agriculteur pour toute la province
06:57Donc, c'est un homme de très d'affaires, qui est reconnu, puis qui est très bien vu ici, à
07:03la Dieppe
07:03Donc, Yvon me disait que c'était l'une des maisons les plus anciennes de Dieppe
07:07Oui, c'est la deuxième plus ancienne maison
07:08C'est une maison qui est typiquement acadienne
07:11Typiquement acadienne, les meubles, de tout, la fête, ils fêtent le 15 août toujours
07:15C'est vraiment des Acadiens qui ont toujours resté dans cette maison-ci
07:18Ça fait que nous, on a trouvé l'importance de la préserver
07:21Tu me montres ?
07:22Oui, certainement
07:28Bienvenue au salon de M. d'Ouaron
07:30Il est là, M. d'Ouaron ?
07:31Oui, M. d'Ouaron avec son chapeau, c'est la seule et unique photo que nous avons de M. d
07:34'Ouaron
07:35Donc, c'est pour ça que le symbole de la maison, c'est le chapeau
07:38Parce qu'on ne sait pas si M. d'Ouaron avait des cheveux ou pas
07:41Ici, on vous montre la maçonne
07:43La maçonne qui comprenait le foyer, qui chauffait la maison
07:45Elle allait de ici, au sous-sol, au troisième étage, pour chauffer les chambres, à coucher
07:50Qu'est-ce qu'elle représente pour toi, cette maison d'Ouaron ?
07:52Pour moi, elle représente vraiment l'Acadie, vraiment le chenou
07:54Donc, je suis très content qu'on a pu préserver cette maison
07:56C'est vraiment le fun, on est chanceux de l'avoir ici
08:00C'est un beau retour dans l'histoire de ta ville de Dieppe
08:03C'est très intéressant, c'est vraiment unique pour la région
08:10Ça rassemble les gens
08:13Pourquoi tu aimes ton métier de maire de Dieppe ? Qu'est-ce qui te plaît dans ton métier ?
08:19De voir la communauté grandir d'une façon saine dans tous les sens du mot
08:24Autant en termes d'énergie personnelle, mais d'énergie des citoyens
08:29C'est important pour la communauté qu'on continue à s'affirmer comme francophone
08:35Parce qu'on est quand même dans une province où on est minoritaire
08:40On est une ville, la plus grande ville francophone hors Québec
08:45Alors, on est très fiers de ça
08:47Et nous voulons continuer à faire grandir notre communauté
08:52Et accueillir les francophones de partout de la planète
08:56Pour toi, être francophone, qu'est-ce que ça veut dire ?
08:59La langue française m'a donné une fierté de parler une langue
09:04Qui est encore vivante et très vivante
09:08Et de la faire vivre dans notre communauté
09:10Pour moi, c'est ça qui m'excite
09:11Je sais que c'est un plaisir partagé avec nos citoyens
09:16Et il y a même beaucoup d'anglophones qui déménagent dans notre région
09:20Pour cette raison, parce qu'ils veulent que leurs enfants aillent apprendre le français
09:24Aller dans une école francophone
09:25Si tu avais un mot en français pour définir ta ville de Dieppe, ce serait lequel ?
09:30Énergie jeune et vivante
09:34C'est trois mots
09:35C'est pas mal, c'est pas mal
09:37Merci
09:37Un plaisir, crois-moi
09:39Un grand plaisir
09:40Merci à toi
09:44À Dieppe se trouve aussi l'un des campus du collège communautaire du Nouveau-Brunschwick
09:48C'est dans cet établissement d'enseignement supérieur que se réunit le club leader étudiant francophone
09:53piloté par l'agence universitaire de la francophonie
09:55Il y a 180 clubs comme celui-ci dans le monde
09:58L'objectif est de créer une nouvelle génération de leaders francophones
10:01Pour Yvette, leurs professeurs, l'existence de ces clubs est indispensable
10:05À 98% de notre économie, notre moteur économique provient des petites et moyennes entreprises
10:12Alors, les idées, on n'en a pas assez
10:15Il faut avoir les étudiants avec les idées fraîches, puis innovateurs
10:21Puis le résultat, c'est que ça va prendre la relève
10:25C'est certain qu'avec l'agence universitaire de la francophonie, ils nous offrent ces options ici
10:31et les opportunités de pouvoir faire le réseautage entre les clubs
10:36Donc, tu sais, t'as une idée, t'en as deux, c'est exponentiel
10:40L'agence universitaire de la francophonie propose aux étudiants un défi
10:43Créer un projet d'entreprise en 48 heures autour d'un thème imposé avec l'aide de mentors
10:48Ils partagent ensuite leurs idées avec d'autres jeunes entrepreneurs francophones dans les Amériques, au Brésil ou au Chili
10:54Un plus pour Steven, un étudiant en administration des affaires, lauréat de ce défi
10:59Nous sommes dans un monde où on parle aujourd'hui de mondialisation, où on parle d'interculturalisme
11:04Un étudiant chilien veut venir étudier au Canada, un étudiant ivoirien veut aller étudier au Cameroun
11:10On veut acquérir des expériences d'autres pays, avoir des expériences professionnelles venant d'ailleurs
11:16Donc, c'est important d'informer les autres sur ce qui se passe là où nous sommes
11:21Et aussi avoir eux leur expérience de leur pays et des différents endroits qu'ils ont déjà parcourus aussi
11:27Dans le monde des affaires, c'est toujours important d'être bilingue et pourquoi pas mieux connaître le français
11:33Parce que vous avez des clients, vous avez des contacts de fournisseurs, vous allez rencontrer des investisseurs
11:38Alors c'est important de connaître la langue, d'échanger et puis d'avancer dans votre expérience, dans votre monde
11:47d'affaires
12:02Je vais rencontrer maintenant un autre maire, il s'appelle Maxime Bourgeois et c'est le maire de la petite
12:08ville de Mamrancouk
12:09Petite peut-être, mais on dit que c'est le berceau de la nouvelle Acadie
12:13Pour m'en expliquer la raison, Maxime m'a donné rendez-vous devant le monument Lefebvre
12:16Il est célèbre dans toute la province du Nouveau-Brunsuit
12:21Maxime Bourgeois est avocat
12:23En 2021, cet enfant du pays devient le maire de Mamrancouk
12:26Et il décide de se consacrer pleinement à la communauté de ses concitoyens
12:30On dit de Mamrancouk qu'il est le berceau de la nouvelle Acadie
12:33Car c'est dans les alentours de ce village que les Acadiens sont revenus endiguer
12:37Et cultiver les terres des marais après leur grande déportation au XVIIIe siècle
12:42Maxime m'attend devant le lieu emblématique de cette renaissance acadienne
12:45En plein coeur de Mamrancouk, le monument Lefebvre
12:50Monsieur le maire, bonjour
12:52Comment ça va ?
12:54Ça va !
12:54Bonjour Maxime
12:55Enchanté
12:56Quel beau fauteuil de maire !
12:58La chaise du maire !
12:58Pas ce qu'un trône, hein ?
12:59Exactement
13:00Pourquoi on dit que Mamrancouk, c'est le berceau de la nouvelle Acadie ?
13:04Mamrancouk est reconnu comme le berceau de la nouvelle Acadie
13:07Parce que, suite à la déportation, Mamrancouk s'est épanoui justement avec son collège
13:14Le collège Saint-Joseph qui a été fondé par le père Camille Lefebvre
13:17Puis en 1881, plus de 2000 délégués des quatre coins de l'Acadie sont venus à Mamrancouk, au collège
13:25pour la première convention nationale de l'Acadie
13:28où est-ce qu'on a décidé que le 15 août serait la fête nationale des Acadiens
13:33Alors cette maison, c'est le fameux monument Lefebvre
13:50où est-ce qu'on trouve une très belle salle de spectacle, une exposition qui met en lumière l'histoire
13:55de l'Acadie
13:56un café culturel où est-ce qu'on peut s'asseoir, prendre un bon café et j'auras-y
14:00à Mamrancouk, on est aussi au cœur d'une communauté francophone
14:03Oui, puis dans l'esprit des acadiennes et des acadiennes, le sens de communauté est très très important
14:07que ce soit aller prendre un café chez un voisin ou encore être au salon funéraire avec les gens qui
14:13vivent un certain deuil chez leurs proches
14:15De plus en plus, les écoles jouent un rôle très très important
14:18Donc à Mamrancouk, on est très chanceux parce que l'école à Belandry, on ressent effectivement le sens de communauté
14:23Puis je vous y invite
14:24Tu vas souvent là-bas ?
14:25Oui, j'y vais souvent
14:26Ok, bon on y va, allons-y
14:30La venue régulière du maire pour rencontrer les enfants est au centre du projet de l'école à Belandry
14:36Bonjour les amis, alors je vous présente M. Maxime
14:39Avez-vous préparé des grosses questions pour M. le maire ?
14:42Si
14:43Excellent !
14:44Bon, ben moi je vous laisse, bye bye
14:46Qu'est-ce que tu rêvais être quand tu avais notre âge ?
14:50Ouf !
14:51La direction cherche à ouvrir l'école à la communauté et tisser des liens avec elle pour renforcer la qualité
14:55pédagogique apportée aux 400 élèves de l'établissement
14:58Des parents d'élèves cuisiniers viennent par exemple donner des cours de cuisine aux enfants, des plus petites aux grandes
15:03classes
15:04Tu peux pas voir après ta...
15:06Mais allez l'oeil
15:07Dans la serre de l'école, ce sont des jardiniers professionnels des alentours qui viennent apprendre aux élèves à cultiver
15:13et prendre soin de la terre tout au long de l'année
15:15C'est nos Québec 5, ça ouais
15:18Pierre, le directeur, veut me montrer l'atelier innovation de son école
15:22La seule de toutes les provinces atlantiques à avoir été labellisée par la célèbre marque à la pomme pour son
15:28avant-gardisme technologique
15:29L'Abbé Labo
15:30L'Abbé Labo
15:31C'est là ?
15:32Oui, on y va
15:34Bonjour !
15:35Salut !
15:36Bon ben ici, comme on peut voir, c'est vraiment un endroit où est-ce que les jeunes viennent pour
15:41créer
15:41C'est ici où est-ce qu'on pose des défis, puis les jeunes essayent, vont imaginer des choses, qu
15:48'ils vont être capables de construire des choses
15:50Ça fait qu'on a la menuiserie, ce côté-là, on a les imprimantes 3D, on a les découpeurs laser
15:56Ça fait qu'on leur pose des défis, puis ils trouvent des solutions
16:02Pourquoi c'est important que l'école s'ouvre sur la communauté ?
16:04Nous, ça c'est une des grandes valeurs ici, que l'expertise dans cette communauté ici, soit la richesse qui
16:12existe, soit au profit des jeunes pour qu'ils peuvent s'épanouir, puis aussi mieux comprendre dans la communauté de
16:19vie
16:19Ça fait que pour nous, c'est normal d'avoir des gens de la communauté qui entrent dans l'école,
16:23qui offrent leur expertise, comme M. François ici, avec une expertise au niveau du jardinage et un ingénieur de formation
16:29Ça fait qu'ils amènent tout ce bagage-là que nous, on n'a pas nécessairement
16:32Puis pour les élèves, c'est d'autres modèles, d'autres personnes à qui peuvent s'inspirer pour ça
16:39Ça fait que, je crois beaucoup dans le proverbe sénégalais, ça prend un village pour élever un enfant, éduquer un
16:45enfant, puis on essaye de le vivre au quotidien ici
16:48Tu fais là, tu fais comme ça, tu prends toute l'image au complet
16:54Right-click, coupez
16:55Alors, je vous expliquais que pour nous, c'est important qu'on y aille dans la communauté, mais justement, je
16:59vais vous présenter Mme Stéphanie
17:00Ah ben bonjour, ben oui, salut
17:04Puis ses amis de sa classe
17:06Salut les enfants
17:08Mme Stéphanie a écrit une pièce de théâtre, puis les amis vont aller la présenter aux résidents dans la maison
17:14de retraite, juste ici
17:15D'accord, alors on y va comment?
17:18En autorité
17:27Abbé Landry, c'est toi et moi, un village qui nous rassemble, dans une école qui nous rassemble, dans une
17:35école qui nous rassemble
17:37Stéphanie, c'est quoi cette pièce de théâtre?
17:39Donc, pour souligner le cinquantième anniversaire de l'école Abbé Landry, le petit-fils d'Abbé Landry est venu parler
17:47aux élèves pour leur expliquer les raisons qui pouvaient justifier pourquoi l'école portait son nom
17:53Et c'est toi qui a écrit la pièce alors?
17:54Oui, j'ai écrit la pièce
18:04Dès que les élèves entrent dans la maison de retraite, c'est l'effervescence. Les enfants présentent d'abord leur
18:10spectacle aux pensionnaires de la résidence
18:13Ils passent ensuite d'une table à l'autre pour échanger avec eux. Les enfants posent beaucoup de questions sur
18:18leur vie et l'histoire de leur communauté
18:21Des sourires, des rires, tous vivent pendant une heure un moment de bonheur partagé. La visite se termine bien sûr
18:27en chanson avec l'hymne de l'école Abbé Landry
18:30La la la la la la la...
19:02Pour la dernière étape de notre voyage, je suis à Moncton, c'est le pôle économique du Nouveau-Brunswick.
19:08Et pour me faire découvrir la ville, j'ai rendez-vous avec Gabriel Robichaud, c'est un comédien, c'est
19:12aussi un auteur, ça c'est son dernier recueil de poésie.
19:15Et pour faire référence à l'un de ses poèmes, il m'a donné rendez-vous un tout petit peu
19:18à l'extérieur de la ville.
19:22Gabriel Robichaud est un comédien, poète et dramaturge très connu de la scène culturelle du Nouveau-Brunswick.
19:27Sa dernière pièce, Parlez-Mal, évoque l'insécurité linguistique, la peur de faire des fautes dans sa langue maternelle, le
19:33français.
19:34Celui qui a été lauréat des Jeux de la francophonie en 2017 dans la catégorie littérature, milite pour une plus
19:40grande présence de la littérature acadienne dans les programmes scolaires.
19:44J'aurais voulu savoir que les langues qui se portent le mieux ne sont pas celles dont on fige les
19:48règles dans le temps, mais celles que le temps font évoluer.
19:52Pour découvrir Moncton avec lui, Gabriel m'attend devant l'une des plus belles vues de la ville.
20:01Salut, Gabriel!
20:02Salut!
20:02Ça va?
20:03Oui, ça va à toi.
20:03Je comprends pourquoi tu m'as donné rendez-vous ici un petit peu en extérieur pour voir la ville.
20:07Oui.
20:08Et ça me fait penser au poème que tu as écrit dans ce livre et que j'ai lu avant
20:11d'arriver.
20:12À Moncton, il faut parfois apprendre à sortir de Moncton, puis pas juste pour se rendre à Montréal.
20:16Pourquoi tu écris ça?
20:18Oui.
20:18Ben, tu sais, Moncton, pour moi, c'est un peu la métropole de l'Acadie.
20:21C'est un endroit qui rassemble toutes sortes de gens, d'institutions, une espèce d'incubateur de création, très cosmopolite.
20:27Fait que tu sais, on ne parle pas d'une grande ville au niveau de la population,
20:31mais ce qui en fait sa grandeur, en fait, c'est que parce qu'on est petit, on se voit
20:33peut-être plus grand qu'on est.
20:34Tu me montres ta ville?
20:35Avec plaisir.
20:36Oui.
20:54Fait qu'ici, on est vraiment dans le centre-ville de Moncton, la rue Maine, la rue principale.
20:59On traverse la cour Robinson, qui est un endroit avec des bars, des restos, des trucs comme ça.
21:09Et on se fait une petite partie de l'échec?
21:10Ben oui, ben oui.
21:10Je mets Madame, là.
21:11Ok, ok.
21:12Donc, en fait, Moncton, ce n'est pas qu'une ville économique, c'est aussi une ville culturelle.
21:16Ben, pour moi, en fait, c'est avant tout une ville culturelle.
21:20C'est ce qui en fait son intérêt.
21:21Je veux dire, l'économie permet peut-être la culture, mais c'est une ville culturelle,
21:26et la dynamique de cette ville-là passe par sa francophonie.
21:28Bon, tu parles, tu parles, Gabriel, de moi, t'es chacumat, là.
21:32C'est pas les mêmes règles, hein?
21:34C'est pas les mêmes règles.
21:37Ça va?
21:44Donc, ici, en 1999, Moncton accueille le sommet de la francophonie.
21:49Puis, un des legs, ben, c'est ce parc-ci, le parc de la francophonie.
21:51D'accord.
21:52Ce moment-là a souvent été vu comme quelque chose d'extraordinaire,
21:54mais pour moi, qui avait 9 ans, ben, il avait quelque chose de normal.
21:57Donc, j'ai l'impression que ça a marqué aussi mon imaginaire.
21:59En fait, ça a permis de mettre le Nouveau-Brunswick sur la carte de la francophonie.
22:02Oui, ben, tout à coup, le Nouveau-Brunswick s'est imposé comme un état fiable,
22:06où est-ce que la francophonie avait sa place et qu'il voulait s'affirmer dans cet espace, le francophone.
22:10Je te propose d'aller au Café Clémentine.
22:12C'est un endroit super fédérateur pour les francophones du coin.
22:15Et là, tu y vas souvent?
22:16Oui, j'y vais souvent. C'est un genre de QG.
22:18Super.
22:20À la fin du 19e siècle, le centre Aberdeen était une école anglophone.
22:23Laissée à l'abandon, puis habitée par des artistes dans les années 70,
22:28l'édifice leur est donné pour un dollar symbolique.
22:30Dans les années 90, une coopérative est créée pour organiser la cohabitation de toutes les disciplines artistiques.
22:37La danse, le cinéma, le théâtre, l'art visuel et bien sûr la musique
22:41qui fait vibrer la salle de 300 places du centre Aberdeen.
22:52Et voilà, c'est un plaisir.
22:56Ça, c'est pour moi. Merci.
22:58OK, merci beaucoup.
23:02C'est plus qu'un QG, hein?
23:04C'est un resto sympa.
23:05Ben oui, ben oui.
23:06Qu'est-ce que le chiac?
23:07Ben le chiac, historiquement, les ouvriers francophones travaillent dans des usines anglophones
23:13où les propriétaires exigeaient qu'ils parlent anglais.
23:16Mais pour continuer à parler leur langue, on crée cette espèce de dialecte-là
23:20qui mélange du français, de l'anglais et du vieux français.
23:24D'accord.
23:24Pour faire croire aux patrons qui parlaient anglais,
23:29ils continuent de se parler dans leur langue.
23:31D'accord.
23:31Donc, c'est un peu une espèce de langue de résistance.
23:33Donc, à Moncton, on parle chiac dans la rue?
23:35Oui. Oui, oui. La population francophone va parler chiac.
23:39Donc, on peut dire, mettons, j'ai « driveé mon char » pour dire « j'ai conduit à ma
23:42voiture ».
23:42Donc, « driveé to drive » en anglais, « char », le vieux mot pour parler d'une voiture, d
23:47'une bagnole.
23:48Et qu'est-ce que ça représente le chiac pour toi aujourd'hui comme langue?
23:50Moi, je suis de ceux qui pensent que c'est une façon de transformer la langue française
23:53parce que du moment qu'une langue vit, elle s'adapte en fonction des mondes avec lesquels elle est confrontée.
24:00Donc, ici, il y avait une cohabitation des deux, il y avait une situation d'oppression.
24:02Puis, pour répondre à l'oppression, la langue de la résilience,
24:05c'était de trouver ces moyens-là de l'intégrer.
24:07Mais ce ne sont pas des anglophones qui parlent chiac, c'est les francophones qui parlent chiac.
24:10Comment on dit « bon appétit » en chiac?
24:13« Bon appétit ».
24:15« Bon appétit ».
24:20Pour terminer notre balade,
24:22Gabriel m'emmène sur le campus de l'université de Moncton,
24:25l'un des grands pôles francophones de la province.
24:27C'est là qu'il a fait ses études de lettres et de théâtre.
24:30Voilà, on se met là.
24:31Ouais, ouais, en plein cœur du campus.
24:35Gabriel, pour toi, qu'est-ce que la langue française t'apporte dans ton métier d'auteur, de comédien,
24:39mais aussi dans ta vie personnelle?
24:41C'est au cœur de ce qui je suis et de ce que je fais.
24:43C'est-à-dire que c'est la langue dans laquelle je travaille, dans laquelle je crée,
24:47c'est la langue dans laquelle j'aime, dans laquelle je rêve.
24:49C'est la langue aussi que j'ai envie de transmettre.
24:51C'est-à-dire que je suis papa d'un jeune garçon de deux ans,
24:53donc c'est la langue que je vais lui transmettre d'abord et avant tout.
24:57C'est la langue qui me fait quelque chose et à qui j'ai envie de faire quelque chose aussi.
25:01Et être un jeune acadien aujourd'hui, pour toi, qu'est-ce que ça veut dire?
25:04Pour moi, ce que l'Acadie a offré au monde, c'est son irrévérence, son pied-nais à l'histoire,
25:09sa façon de rire, sa façon de regarder le monde et d'accueillir aussi.
25:17Et si tu avais un mot pour définir ta province du Nouveau-Brunswick, ce serait lequel?
25:21Je vais tricher un peu, je pense que je dirais « à découvrir », donc deux mots.
25:25Mais j'ai l'impression que c'est un endroit qu'on regarde de loin ou de haut,
25:28tout dépendant du point de vue.
25:31Mais je pense vraiment que c'est quelque chose que...
25:33C'est un endroit qui a beaucoup à offrir, en fait, à la francophonie
25:37et auquel la francophonie a beaucoup à offrir aussi.
25:39Tu vas faire découvrir une des chansons.
25:42Oui, quand je suis au loin, quand je m'ennuie de chez moi,
25:46je pense à cette chanson-là.
25:48Dans la ville, il y a beaucoup de monde
25:52Dans la ville, j'aime promener
25:56À Moncton
26:00Rue de Forin
26:07Beaucoup d'arbres, même si les rues sont sales
26:11Dans la ville, il y a beaucoup de monde
26:16Alors, comme dit Gabriel, je vous invite à découvrir le Nouveau-Brunswick
26:23et aller à la rencontre des Acadiennes et des Acadiens.
26:25Il y a un très bon moment pour ça.
26:27C'est en août 2024, au moment du Grand Congrès Mondial des Acadiens.
26:31Tu y seras, Gabriel?
26:31Ah, bien sûr.
26:32Évidemment.
26:32D'ici là, portez-vous bien, où que vous soyez, sur la planète francophone.
26:36Salut!
26:36Sous-titrage Société Radio-Canada

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