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  • il y a 4 semaines
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Le Dr Damien Mascret vous raconte une nouvelle histoire extraordinaire de la médecine.

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Transcription
00:00Il nous raconte des histoires de médecine 100% vraie et 100% vérifiée.
00:04Ce matin, docteur Bascré, vous allez nous toucher en plein cœur.
00:07Ah oui, en plein cœur, vous allez voir, Maya.
00:09Je vais vous emmener en Allemagne, en 1929, dans la petite ville d'Eberswald.
00:14Alors, c'est à une cinquantaine de kilomètres de Berlin.
00:16Et il va se passer quelque chose d'extraordinaire.
00:18Alors, je vous montre une photo de cette clinique, enfin cet hôpital.
00:21Vous voyez que le nom, en fait, de l'hôpital, c'est maintenant devenu l'hôpital Werner Forsmann.
00:27Parce que c'est Forsmann, un jeune médecin de 25 ans, qui a fait cette idée folle,
00:32qui a réalisé une idée folle en 1929 et qui l'a fait entrer, d'ailleurs, dans l'histoire de
00:36la médecine.
00:37Il a voulu toucher son cœur.
00:38Parce que Forsmann, que vous voyez sur cette photo, vous allez le voir,
00:42Forsmann a été, finalement, frappé par une expérience qui avait été faite par deux médecins français,
00:49physiologistes, qui s'appellent Chauveau et Marais.
00:52Une expérience assez extraordinaire qui avait fait Chauveau et Marais sur un cheval.
00:56Chauveau et Marais sur un cheval.
00:58Exactement.
00:58Et alors, c'est Auguste Chauveau qui réalise l'expérience.
01:01Attends, pardon, quand vous dites toucher son cœur, c'est-à-dire comme ça, avec la main ?
01:03Par l'intérieur, mais pas directement.
01:05Pas directement, vous allez voir.
01:07Non, il a fait exactement comme Chauveau et Marais qui avait dit, après tout,
01:11si on passe par la veine jugulaire, au niveau du cou, on n'est pas très loin du cœur.
01:15La veine, elle va au cœur.
01:16Et si on met un tuyau avec une petite...
01:18Ah oui, heureusement qu'avec celle de Tarlé...
01:21Avec un petit truc en caoutchouc au bout, on va mesurer la pression qu'il y a dans le cœur.
01:26Et effectivement, ils ont fait ça.
01:26Un truc en caoutchouc, un ballon ?
01:27Un petit ballon, un petit ballon.
01:29Et le cheval supporte ça très bien.
01:31Il ne bronche pas, ça se passe très très bien.
01:34Et donc, ce qui a étonné effectivement Forsman, c'est de dire,
01:36pourquoi on n'a pas essayé de le faire chez l'être humain ?
01:39Parce que ça, c'est en 1861 qu'ils ont fait ça chez le cheval.
01:43Et depuis, personne n'a osé le faire chez l'être humain.
01:45Évidemment, trouver un cobaye, ça n'est pas facile.
01:48Mais il va avoir une idée, Forsman, il va se dire, je vais le faire sur moi-même.
01:52Et oui, quand on a 25 ans, on est audacieux.
01:55Donc, qu'est-ce qu'il fait ?
01:56Audacieux, oui.
01:58Avec la connivence quand même de l'infirmière de bloc, Gerda, il va...
02:02Ah, Gerda, Gerda que oui, évidemment.
02:03Il va se faire une petite incision au niveau du pli du coude.
02:07Et puis, il va remonter un tuyau, en principe, qui sert pour les sondes urinaires,
02:10un tuyau en caoutchouc, et 60 cm pour aller jusqu'à son cœur.
02:14Il va arriver, effectivement, par la veine cave, il va rentrer dans son cœur.
02:19Alors, évidemment, il faut le prouver.
02:21Ils vont descendre à deux, parce que c'est au sous-sol que se trouve la radiographie.
02:24Ils arrivent, effectivement, vous imaginez bien le manipulateur radio,
02:26quand on lui dit, prends une radio, il y a une sonde dans mon cœur,
02:29et je l'ai mis moi-même.
02:30Il s'est enfoui au point.
02:31Il s'est émanoui.
02:32Oui, il a eu peur.
02:32Il a eu peur.
02:33Il a été chercher un collègue de Forceman, qui était tout aussi horrifié.
02:37Mais là, Forceman l'a quand même persuadé.
02:38Il lui a dit, non, non.
02:39Pendant ce temps-là, Forceman a ajusté.
02:40Oui, parce qu'il lui a dit, je ne sais pas où m'arrêter, moi.
02:41C'est ça ?
02:42Alors, Forceman, il y avait Garda qui tenait un miroir.
02:44Et lui, il était, vous voyez l'image derrière,
02:46elle tenait un miroir pour qu'il puisse ajuster la sonde.
02:49Il a poussé jusqu'au...
02:49Mais quoi, il la voyait à travers la peau ?
02:51On la voyait, c'est radio opaque, donc il la voyait.
02:53Ah oui, là, d'accord, oui.
02:54Il avait une fluoroscopie, c'est-à-dire qu'on voit en direct, finalement, la radio.
02:58Donc, il voyait progresser son truc jusqu'au cœur.
03:01Et il a pris cette fameuse photo spectaculaire,
03:04cette photo qui va lui valoir, d'ailleurs, le prix Nobel en 1954.
03:07Il ne s'est pas fait virer ?
03:08Alors, si.
03:09Eh bien, si.
03:09Oui, oui, parce que quand même, à un moment donné...
03:11Vous avez viré, parce que ça faisait trois mois qu'il était à la Mecque de la cardiologie,
03:15dans le service de Ferdinand Sauerbruch,
03:18qui, lui, était le pape aussi de la cardiologie.
03:21Sauerbruch, quand il a vu la publication, a dit,
03:24non mais attendez, la déclaration qu'il a faite, Sauerbruch, le pape de la chirurgie,
03:27ce genre de travail vous qualifie pour travailler dans un cirque,
03:30non, dans un hôpital réputé.
03:32Ah bah oui.
03:33Et boum, et boum, viré.
03:34Viré et Nobel en 1954.
03:36Et Nobel en 1954, c'est pas mal.
03:37Il a ouvert la porte à l'angioplastie, etc.
03:39Incroyable.
03:40Vous nous racontez toujours des histoires absolument incroyables.
03:43Merci docteur.

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