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  • il y a 1 semaine
Ce vendredi, Julien Veysseyre va tenter de devenir le premier homme amputé à terminer les 170km de l'ultra trail Mont-Blanc. 

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Transcription
00:00Des athlètes valides, il y en a plein qui ont fini l'UTMB à n'importe quel niveau, à n
00:04'importe quel temps, on va dire.
00:06Maintenant, des athlètes en dit, il n'y en a pas un qui l'a amputé, il n'y en
00:09a pas un qui l'a fini aujourd'hui.
00:11Monsieur Julien Bezler !
00:20On est à 5 semaines de l'UTMB, donc là la pression monte et la charge de travail aussi.
00:26Mon accident, j'ai eu un accident de chariot-élévateur à 18 ans.
00:30Les chariot-élévateurs, c'est les choses qui servent à transporter les palettes avec deux fourches devant.
00:34Et en fait, moi je l'ai mis sur le flanc et du coup l'arceau est tombé sur la
00:38cheville, elle broyait la cheville.
00:41Forcément, j'avais la volonté de rebondir et tout ça, mais non, te dire que c'est simple, non.
00:46Sur la performance sportive, c'est sûr que de courir avec une jambe en moins, oui, c'est beaucoup plus
00:50de problématiques.
00:51Alors il y a celle des blessures et tout ça, mais il y a celle aussi du rendement,
00:54parce qu'aujourd'hui, les études qui ont été faites, alors la fourchette, elle est hyper large,
00:58je ne suis pas hyper à l'aise avec ça, mais en même temps, il faut quand même poser des
01:02chiffres à un moment donné.
01:03C'est qu'apparemment, notre conso énergétique, elle est entre 30 et 70% supérieure à une personne valide avec
01:09la jambe en moins.
01:10Donc forcément, du coup, ça impacte surtout quand on parle d'ultra.
01:13Bon, c'est un sport qui est déjà hyper exigeant sur le long.
01:17C'est vrai que cette question, des fois, cette réflexion, j'ai déjà eu à entendre vite de la part
01:21de personnes qui ne connaissent pas le milieu
01:23et qui disent « mais ce n'est pas un avantage de courir avec une lame ? » Non.
01:27Bon, et hop !
01:32Et là, j'appuie pour chasser l'air, là, sur cette valve derrière.
01:35Ça permet de chasser l'air.
01:36Et là, voilà, on est au fond de l'emboiture.
01:39Il n'y a plus qu'à.
01:42En volume d'heures hebdo, là, tout de suite, on est proche.
01:46Ouais, on est autour d'entre 20 et 35 heures hebdo.
01:50Ça dépend des semaines, mais là, on rentre vraiment dans des cœurs très pas courts.
01:57Je suis ce que tu fais et tout, et c'est très cool.
02:00Je ne te prends pas trop d'énergie.
02:01Ouais, il faut que j'aille à la compte de presse, mais merci, au plaisir, ouais.
02:06Ce qui me fait un peu peur, mais en fait, c'est émotionnellement parlant,
02:11c'est que je pense que je vais avoir beaucoup de mal, je pense, à retenir mes larmes.
02:16Rien qu'au départ, tu vois, à l'arrivée, ce n'est pas grave de lâcher,
02:18mais au départ, je me dis « putain, il faudrait rester focus sur la partie sportive,
02:23ne pas te laisser trop manger par les émotions parce que tu perds aussi un peu d'énergie.
02:26Mais je pense que ça représente tellement de travail et tout ça
02:30que c'est sûr que ça va être, émotionnellement, ça va être assez dur de gérer. »
02:36Forcément, il y a le challenge sportif et le fait d'être un pionnier, ça, ça m'anime vraiment.
02:40Il y a un peu aussi ce côté dépasser les barrières mentales
02:43et puis aussi passer ce message-là.
02:45Après un accident du travail, dans mon cas, mais après un aléa de la vie,
02:50que malgré tout, on peut se reconstruire et accomplir de grandes choses,
02:53si tenté qu'on en ait envie.
02:57Sous-titrage Société Radio-Canada
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