00:00– Bon, moi j'avoue que je suis un peu…
00:02D'abord, je voulais vous remercier.
00:04Vous remercier de m'avoir invité, parce qu'en effet,
00:07vous l'avez dit, mais je suis candidate.
00:09Et vous le savez qu'il y a eu ce qui a été présenté
00:12comme le premier grand débat de la campagne qui s'est déroulée.
00:16– On l'abuse cet après-midi au MEDEF, absolument.
00:18– Sur une chaîne concurrente.
00:19– C'était aussi chez nous.
00:21– Voilà, donc en fait, bien écoutez, ils ne m'avaient pas invité.
00:26Et en fait, je voudrais expliquer juste quelques secondes
00:30que ça va être comme ça, en fait, l'essentiel de la campagne.
00:33C'est-à-dire qu'en réalité, les principaux candidats vont avoir le temps,
00:36en effet, d'expliquer leur vision de la société,
00:39mais pendant des heures, en fait, sur toutes les antennes.
00:42Et les candidats, comme moi, vont avoir droit à quelques minutes,
00:46par-ci, par-là…
00:46– Le problème, c'est que si vous prenez une minute à chaque fois
00:48pour dire qu'on ne peut pas vous laisser la parole,
00:50on ne va pas y arriver, Nathalie Hertault.
00:51– Vous savez, j'en profite aujourd'hui, je vais le dire.
00:54Et puis ensuite, je vais bien sûr défendre mes idées.
00:57Mais je suppose que je n'ai pas été invité
01:00parce que j'aurais fait un peu tâche.
01:02J'aurais fait sans doute tâche en dénonçant, par exemple,
01:05les 1 000 suppressions d'emplois, les 1 000 licenciements à Sodexo.
01:09J'aurais peut-être fait tâche en disant qu'il faut prendre sur les profits
01:11pour augmenter le SMIC.
01:13Il faut le monter au moins, à mon avis, à 2 200 euros net.
01:17Parce que là, on a commencé à discuter du travail
01:20que le travail devait payer.
01:21Eh bien, soyons sérieux, soyons sérieux.
01:24Pour moi, 2 200 euros net,
01:27on commence à vivre à peu près dignement,
01:30sans avoir la trouille du lendemain.
01:32Et puis, je pense que j'aurais carrément gâché l'ambiance
01:34en expliquant que moi, je pensais qu'en effet,
01:37les grands groupes capitalistes,
01:39les grandes entreprises qui font l'économie,
01:41qui font l'économie, je dis bien,
01:43ces grands trusts, Total Energy,
01:46la BNP Paribas, ArcelorMittal,
01:48enfin ces grands groupes économiques qui pèsent sur la société,
01:51eh bien, en fait, il faut les exproprier.
01:52Et moi, ma conviction, c'est que les travailleurs les dirigent.
01:56Parce qu'en fait, ils seraient bien mieux dirigés
01:59en fonction des besoins de la population,
02:01en fonction de l'avenir de la planète.
02:03Donc voilà.
02:03– Alors, j'entends, j'entends Nathalie Arteau.
02:06Vous savez qu'on va parler de salaire tout à l'heure,
02:08on va parler de pas mal de propositions, etc.
02:10Mais là, sur l'héritage…
02:11– Alors, il y a quand même un lien.
02:12Parce que vous voyez, moi, j'explique que je suis pour l'expropriation,
02:16je suis contre, en fait, que les grands groupes,
02:20les grandes entreprises qui emploient des dizaines,
02:23de milliers de salariés,
02:24Sodexo, c'est quelque chose comme 24 000,
02:26mais à l'échelle du monde, c'est 300 000,
02:29ou même peut-être plus.
02:31Je suis contre que ça appartienne à une famille,
02:34à une poignée d'individus.
02:35Donc, je suis contre ça.
02:37Donc, évidemment, moi, je suis pour abolir l'héritage.
02:40– Justement, justement, j'allais dire,
02:41vous êtes contre le principe même d'héritage, en réalité.
02:43– Non, je suis pour abolir l'héritage
02:44sur ces grandes entreprises, sur ce capital.
02:48– Mais la limite, vous la mettez où ?
02:48– Je suis d'accord avec ce qui a été dit,
02:50il ne faut pas tout mélanger.
02:52Quand on a des gens qui travaillent,
02:54qui doivent travailler pour vivre,
02:56qui travaillent toute leur vie,
02:57qui vont peut-être économiser,
02:58se saigner, s'endetter pour avoir une petite maison,
03:01la léguer à ses enfants.
03:03Eh bien, écoutez, moi, je trouve ça légitime,
03:05compréhensible.
03:05Voilà, je comprends.
03:06– Là-dessus, vous ne taxez pas ?
03:07– Non, je pense qu'il n'y a rien à taxer.
03:11Par contre, il y a quand même des dynasties capitalistes,
03:15excusez-moi,
03:16mais qui ne sont pas à 12 millions.
03:17D'ailleurs, je ne sais pas pourquoi
03:18la France Insoumise a parlé de 12 millions,
03:19parce qu'en réalité, c'est bien au-delà.
03:22On compte en milliards, en réalité.
03:25On compte en milliards, en dizaines,
03:27et maintenant, en centaines de milliards.
03:28C'est ça qu'il faut réaliser quand même.
03:29– Bon, donc c'est bien qu'il faut que la parole tourne.
03:31Et donc, ça veut dire quand même qu'il y a un pouvoir.
03:34Ces gens-là ne sont pas seulement richissimes,
03:36ils ont un pouvoir sur l'économie
03:38et sur nos vies.
03:40Voilà, sur l'ensemble de la collectivité.
03:42– Et vous me dites, là-dessus, sur ces héritages-là,
03:43pour vous, c'est terminé.
03:44Vous d'entendre, Farid ?
03:45– Absolument.