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  • il y a 2 mois
Aujourd'hui, dans les "4V", Myriam Encaoua revient sur les questions de l'actualité avec Bruno Retailleau, président des Républicains, candidat LR à l'élection présidentielle.

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00:03Bonjour Bruno Rotaillot, hier lors du débat du MEDEF, vous avez proposé de lier l'âge de départ à la
00:11retraite à l'espérance de vie.
00:13Concrètement, ça veut dire un départ à quel âge ?
00:16Concrètement, c'est une mesure déjà qui est dans le Code du travail, qui avait été insérée dès 2003, au
00:23moment de cette réforme des retraites.
00:26Et c'est intelligent, parce que l'âge de la retraite, l'âge de départ à la retraite, doit dépendre
00:32du nombre d'années que l'on fait de l'espérance de vie.
00:3586 ans pour les femmes, 80 ans pour les hommes, c'est l'espérance de vie, un chiffre de l
00:40'INSEE.
00:40Vous, Président, les femmes partiront plus tard que les hommes ?
00:44Non, je veux et je présenterai mon projet. Je pense que les grandes victimes du système actuel, ce sont les
00:49femmes.
00:50Sur les 60 000 Françaises et Français qui doivent attendre 67 ans pour que la décote soit annulée, les deux
00:59tiers sont des femmes.
01:00Pourquoi ? Parce qu'elles ont eu des enfants, parce qu'elles ont eu une carrière hachée.
01:04Et on ne dit jamais que les grandes victimes de la réforme, en tout cas du régime actuel, ce sont
01:11les femmes.
01:11Mais sur l'espérance de vie et cette réforme que vous proposez, il y a l'espérance de vie et
01:17il y a l'espérance de vie en bonne santé.
01:20Ce n'est pas la même chose. Laquelle prenez-vous en compte pour bien comprendre ce que vous voulez faire
01:24?
01:24En bonne santé, en bonne santé. Mais c'est très naturel. L'âge de la retraite, on l'a bien
01:29vu d'ailleurs, il y a 50 ans, vous n'étiez pas très en forme.
01:33Et pourtant, d'ailleurs, la retraite était à 65 ans. Mais l'espérance de vie a progressé et lié les
01:38deux.
01:38C'est important. Je vais vous dire pourquoi. C'est simplement pour qu'on sévit des psychodrames tous les 10
01:43ans, tous les 15 ans.
01:44Qu'on puisse bouger en fonction du nombre d'années dont on va pouvoir bénéficier des pensions.
01:50Ne plus refaire des réformes tous les deux ou trois ans.
01:52Plus vous avez une espérance de vie en bonne santé, plus vous allez avoir évidemment des pensions qui vont vous
01:58être reversées.
01:59Donc plus ça coûtera cher à la société. Donc il faut ajuster l'âge de départ à cette espérance.
02:03Mais l'âge de départ, c'est fondamental.
02:05Pour moi, c'est fondamental.
02:06Ça veut dire quel âge précisément ? Puisqu'on connaît maintenant l'espérance de vie moyenne, 86, 80 pour les
02:13autres.
02:13Je le dirai dans quelques semaines.
02:15Quand précisément ?
02:16Ah, dans quelques semaines. Donc vraiment, au mois de septembre, je le préciserai.
02:20Mais contrairement à beaucoup d'autres, j'assumerai le fait de repousser l'âge légal.
02:25Je vais vous dire pourquoi. Parce que ceux qui ne le font pas en disant, écoutez, moi je vais donner
02:29la liberté.
02:30Ça sera simplement, je vais être, par exemple, augmenté. Je vais passer de 43 à 45 annuités.
02:36Mais en fait, qu'est-ce qui se passe ? On rentre sur le marché du travail à 21, 22
02:40ans.
02:40Vous ajoutez 43, 44 ans. Vous êtes déjà à plus de 65 ans.
02:44Et en plus, ils oublient de dire que quand on part à la retraite, sans qu'il y ait avant
02:49un âge légal, on paie un maximum de décès.
02:52Après 64 ans, vous, Président ? Ce sera après la réforme qu'avait votée ?
02:57Vous verrez, parce qu'elle sera plus subtile que ça.
02:59Plus subtile. Bon, patience. Donc, hier, lors du débat du MEDEF, avec vous, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Gabriel
03:06Attal, Marine Tondelier, Edouard Philippe,
03:08duquel vous vous êtes, vous, sentis le plus proche ?
03:11C'est difficile à dire, parce qu'en réalité, hier, pendant le débat, il y avait finalement trois groupes.
03:17Il y avait un premier groupe composé de Mme Le Pen et de M. Mélenchon.
03:21On rase gratis, grosso modo. Ils d'ailleurs regardaient sur les retraites.
03:24Ils veulent descendre l'âge de la retraite, ce que nul autre pays européen n'a fait.
03:28Au contraire, tous les autres pays européens sont en train d'augmenter l'âge de départ à la retraite.
03:33Ce serait la ruine de la France. Donc, un premier groupe. On rase gratis. Il n'y a qu'à
03:36Faucon.
03:37Et puis, il y avait le groupe des anciens premiers ministres qui propose des choses qu'ils n'ont pas
03:41faites pendant qu'ils étaient...
03:42Avec qui vous avez gouverné ?
03:44Non, j'ai gouverné pendant un an. J'ai gouverné pendant un an.
03:47J'étais un ministre d'opposition à Emmanuel Macron, un ministre de cohabitation.
03:50Je me suis opposé régulièrement sur l'Algérie, sur les visas, sur l'immigration.
03:54Donc, j'étais anti-macroniste.
03:56Eux ont accompagné M. Macron depuis le départ.
04:00On a quand même constaté des convergences avec Édouard Philippe hier.
04:03Lesquelles ?
04:04Quand même, tous les deux, vous voulez travailler plus longtemps.
04:07Tous les deux, vous voulez moins de normes.
04:09Tous les deux, vous voulez baisser le coût du travail.
04:11Qu'est-ce qui vous empêche d'être unis ?
04:13Tout le monde, franchement, sur ces points-là, à part Mme Tondelier, M. Mélenchon,
04:18même M. Gabriel, comment dirais-je, Raphaël Glucksmann, on était assez convergents.
04:24Ce qui nous empêche d'être unis, je vais vous le dire.
04:26Vous savez si les sondages, aujourd'hui, ont une dynamique pour M. Mélenchon, pour Mme Le Pen,
04:34c'est parce que les Français veulent une rupture.
04:36Et les Français n'auront pas une rupture.
04:38Édouard Philippe, ce n'est pas la rupture ?
04:39Mais non, parce qu'il ne parviendra pas.
04:41Je ne remets pas en cause ces qualités, mais il ne parviendra pas à se décontaminer de l'ère Macron.
04:45Vous incarnez davantage la rupture ?
04:47Bien sûr, je l'incarnerai.
04:48Et ça s'est vu hier.
04:49Parce que moi, je ne propose pas seulement des réformes.
04:51Je propose vraiment de changer de système, une rupture profonde.
04:55On va revenir à Édouard Philippe dans un instant, parce qu'il les appels à la primaire se font de
05:00plus en plus entendre.
05:01Mais d'abord, je voudrais une petite précision, puisqu'on parle du MEDEF.
05:03Le patron des patrons, Patrick Martin, propose d'augmenter la TVA pour faire baisser les cotisations sociales
05:10et ainsi remonter les salaires.
05:13Est-ce que vous êtes pour ? Est-ce que vous êtes contre ?
05:15Moi, j'ai ma solution.
05:16Cette solution, qui n'est pas celle-là précisément.
05:19La TVA sociale, pour le dire.
05:20Je l'ai exposée, grâce à des économies.
05:23Je considère que, avant la 36e heure, les gens payent leur dû à la société,
05:29c'est-à-dire des cotisations patronales et sociales.
05:31Mais à partir de cette durée-là, la 36e heure, plus personne, plus de cotisations sociales,
05:39ni pour l'employeur, ni pour le salarié.
05:42En 2017, vous disiez que c'était intelligent, la TVA sociale.
05:45Mais plus tard, en 2024, au gouvernement, vous parliez de conditions strictes.
05:51Vous disiez, attention, perte de pouvoir d'achat.
05:52Donc, pour vous, la TVA sociale, c'est non.
05:54Que ce soit clair.
05:55Il faut y réfléchir, pourquoi pas.
05:57Le meilleur moyen, je pense qu'il faut qu'on parvienne à ne pas faire peser toutes les charges,
06:02notamment de solidarité, sur le travail.
06:04Et moi, je veux faire payer les importations.
06:07Donc, ça, il faut y réfléchir.
06:08Mais pour le pouvoir d'achat, j'ai proposé une solution.
06:11Il faut accepter de travailler un peu plus.
06:13Et avec une demi-heure de plus par jour, on pourrait donner quasiment deux mois de salaire de plus.
06:19Vous vous rendez compte, pour chaque Français, ça, c'est du pouvoir d'achat.
06:23Mais il faut lier le pouvoir d'achat au travail.
06:25Moi, je veux être le candidat du courage, de la vérité.
06:28Et je dis aux Français, c'est possible de gagner bien plus, mais il faut travailler un peu plus.
06:33Je reviens à Edouard Philippe un instant.
06:36Des voix s'élèvent dans votre camp.
06:37Valérie Pécresse, Jean-François Copé.
06:39Ce matin, c'est Hervé Morin sur France Info Canal 16
06:42qui lance un appel à une grande primaire de la droite et du centre.
06:45On va l'écouter.
06:47La situation actuelle, c'est une machine à perdre exceptionnelle.
06:51Personne ne se détache.
06:52Personne ne peut revendiquer d'avoir une espèce d'élan populaire absolument considérable
06:58qui fait qu'en quelque sorte, le match est plié.
07:01Alors, il faudrait une grande primaire.
07:03Qu'est-ce que vous lui répondez ?
07:04Partir aussi nombreux ?
07:05Vous êtes cinq dans l'espace du bloc central.
07:07C'est beaucoup.
07:08C'est l'assurance de la défaite.
07:10Écoutez, d'abord, Hervé Morin est un ami.
07:13Ensuite, je n'ai jamais dit non par principe à la primaire.
07:16Jamais.
07:17Ce que j'ai dit seulement, c'est qu'entre ceux qui ne veulent pas de la primaire,
07:22par exemple, Édouard Philippe, il est catégoré…
07:24Il a peur de la primaire pour vous ?
07:25Je ne sais pas.
07:25Il faut lui demander.
07:26Vous lui poserez la question.
07:27Vous le pensez, vous ?
07:27Entre ceux…
07:28Je ne pense rien.
07:29Je ne suis pas dans sa tête.
07:31Je suis bien assez à faire avec cette campagne.
07:34Un, entre ceux qui veulent ou pas la primaire et ceux qui, voulant la primaire, veulent des périmètres différents.
07:40Certains veulent Mme Cnafot, d'autres pas Mme Cnafot, d'autres que ça aille jusqu'à moi ou avant moi.
07:44Peu importe.
07:45Mais quand vous dites pas opposition de principe, vous avez entendu Gabriel Attal, il ne l'écarte plus.
07:49On sent qu'il va faire des propositions.
07:51Vous dites chiche, je suis prêt à aller à la compétition interne.
07:54Je ne veux pas m'embourber.
07:56Je ne veux pas m'embourber dans des polémiques, justement, que je trouve politiciennes.
08:00Ça, c'est une affaire de tambouille.
08:01S'il y a une primaire, je l'affronterai.
08:04Moi, vous savez, depuis un an, depuis un an, j'ai affronté à deux reprises le suffrage interne de nos
08:10adhérents.
08:10J'ai peur d'aucune compétition.
08:12Simplement, aujourd'hui, je n'y crois pas parce que je vous ai en exposé des raisons.
08:16Mais s'il y en a une, vous irez.
08:18Vous l'avez dit ce matin.
08:19Mais je ne refuse aucune compétition.
08:21Vous avez eu des mots très forts sur la France insoumise.
08:26Bruno Retailleau, parti de collabos avec les ennemis de la France, avez-vous dit.
08:30Ces gens préfèrent pactiser avec les islamistes plutôt que de protéger les Français ?
08:36Les mots sont lourds de sens.
08:38Bruno Retailleau, est-ce que pour vous, c'est un parti qui doit être traduit dans les tribunaux ou même
08:42interdit ?
08:42En tout cas, certains de ses membres sont déjà devant les tribunaux.
08:45D'ailleurs, j'ai entendu que M. Delogu, qui s'en était pris à des policiers, a fait huit heures
08:49de garde à vue.
08:50Vous savez qu'un autre, le fondateur de la jeune guerre qui est impliqué dans le meurtre de Quentin Deranque
08:56à Lyon, a des comptes aussi à rendre à la justice.
08:59Donc il faudrait l'interdire, la France insoumise ?
09:01Je me souviens du plaidoyer justement d'un grand avocat, Malca, passionnément antisémite.
09:08Oui, c'est malheureusement un parti qui propage l'antisémitisme sous le masque de l'antisionisme.
09:14Quand M. Mélenchon se gargarise avec des mots mettant en cause les noms à consonance juive, personne ne se révolte.
09:23Souvenez-vous, Jean-Marie Le Pen, en 1989, il avait fait la même chose avec des journalistes qui avaient des
09:28noms à consonance juive.
09:30Donc vous maintenez vos propos, ils auront l'occasion de vous répondre, bien évidemment.
09:33Et je les précise même, parce que quand Mme Rima Hassan veut qu'on enlève les protections antiterroristes,
09:40notamment contre l'islamisme, sur le délit d'apologie pour l'islamisme,
09:44je pense que oui, elle préfère la protection des islamistes à la protection des Français.
09:48Et ils vous répondront. Merci, merci Bruno Rotaillot d'avoir été des nôtres sur France 2 dans les cas de
09:52vérité.

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