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https://www.thebookedition.com/fr/fuir-le-blanc-p-434711.html
Une salle obscure. Un drap blanc. Une lumière qui s’allume.
Pendant quelques instants, les images prennent toute la place. Nous devenons l’autre, celui qui aime, qui risque, qui sauve le monde.
Puis vient le mot « fin ».
Une porte s’ouvre. La lumière agresse. Dehors, un parking, des voitures alignées.
La magie s’est effacée.
Un fragment de prose poétique sur le cinéma, l’illusion et ce besoin étrange que nous avons de quitter le réel pour mieux sentir que nous existons.
Le monde oblique — Jean Genat
La Cage Invisible
#JeanGenat #LeMondeOblique #ProsePoétique #Cinéma #Littérature #lacageinvisible

Recueils :
• La Faille
• Internat, mon amour
• La Part des autres
• Fuir le blanc
Transcription
00:00Une salle obscure, un drap blanc, des bancs rustiques.
00:04Derrière, une lampe magique, une promesse, une vision faite de passion.
00:12Le drap s'anime et l'écran fait l'amour avec moi.
00:17Des visages, des paysages, une histoire s'y déroule.
00:22On est l'autre, celui qui emplit la toile.
00:26Une folie, existé, la musique souligne les moments cruciaux.
00:32Gros plans, une respiration retenue, le charme de l'image colorée.
00:40Prendre tous les risques, le doute n'est pas permis, je suis folie.
00:46Le mot fin arrive bien trop vite.
00:50Des noms défilent sur l'écran, personne ne les lit.
00:55L'importance est ailleurs, pousser la porte, issue de secours.
01:01La lumière soudaine m'agresse, l'obscurité se dissipe.
01:07Un parking, des voitures alignées.
01:11L'instant d'avant, de grands sentiments.
01:15Un monde à sauver, ça c'est quelque chose.
01:18Une envie folle d'y retourner.
01:22La salle est noire, la magie s'est effacée.
01:27Il faudra revenir.

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