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Avez-vous un endroit où vous allez pour regarder le monde autrement ?
Un toit, une montagne, un banc, un coin de silence…
https://www.thebookedition.com/fr/fuir-le-blanc-p-434711.html
Assis sur un toit mouillé, sous la pluie, un homme contemple le gris. À ses côtés, Monsieur le chat observe. Plus loin, les vaches ont l’horizon pour infini.
Prendre de la hauteur pour regarder autrement notre existence, l’inutile, le futile et la violence sociétale qui nous attend en bas.
« Sur mon toit mouillé » est une prose poétique de Jean Genat, extraite du projet Le monde oblique.
Un fragment sur la contemplation, la liberté intérieure et ces instants où quelques mètres suffisent pour déplacer notre regard sur le monde.

La Cage Invisible — Écrire, c’est frapper contre l’invisible.

#Solitude #SolitudeChoisie #SeulAuMonde #Contemplation #Introspection #lacageinvisible

Jean Genat — Auteur

Recueils :

• La Faille
• Internat, mon amour
• La Part des autres
• Fuir le blanc

La Cage Invisible
Écrire, c’est frapper contre l’invisible.
Écrire pour laisser une trace avant que le blanc ne gagne du terrain.

Transcription
00:00Assis sur le toit de ma maison, un jour de pluie, contemplant le gris, se protégeait un parapluie, une vieille
00:09gabardine.
00:11Monsieur le chat, près de moi, s'interrogeait. Pourquoi les traits tirés, le visage fermé ? J'étais ailleurs, au
00:20-delà de moi.
00:22Une fumée légère se dégageait de la cheminée. Il y avait de la poésie dans ses volutes. S'accrocher, ne
00:33pas chuter.
00:34À vrai dire, ma pensée était tout autre, comme si les tuiles mouillées ne pouvaient me faire tomber.
00:42De mon piédestal, je m'enivrais de ma propre existence. J'étais heureux d'être là.
00:52Il ne faut pas grand-chose pour voir les choses différemment.
00:57Il faisait froid, pourtant j'avais bien du mal à me décider à regagner le plancher des vaches, comme l
01:06'on dit.
01:06Oui, je pensais à elles. Elles avaient bien raison de passer l'été en alpages.
01:13Elles aussi avaient l'horizon comme infini.
01:18Que pensent-elles ? Elles broutent, c'est tout, c'est bien assez.
01:24J'aime ces instants où, sur mon toit mouillé, je peux divaguer, m'abandonner,
01:31Me laisser envahir par l'inutile, le futile, en bas, le carcan de la toute-puissance,
01:41Où chacun veut dominer, écrit Haro à la violence sociétale.
01:49Nous en avons tous une part de responsabilité.
01:53Sur mon toit mouillé, je me laisse submerger partout, et rien du tout.
02:02Il faut que je regagne ma modeste chambre à 21 heures.
02:08C'est bien ainsi.
02:10C'est bien ainsi.

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