00:00Assis sur le toit de ma maison, un jour de pluie, contemplant le gris, se protégeait un parapluie, une vieille
00:09gabardine.
00:11Monsieur le chat, près de moi, s'interrogeait. Pourquoi les traits tirés, le visage fermé ? J'étais ailleurs, au
00:20-delà de moi.
00:22Une fumée légère se dégageait de la cheminée. Il y avait de la poésie dans ses volutes. S'accrocher, ne
00:33pas chuter.
00:34À vrai dire, ma pensée était tout autre, comme si les tuiles mouillées ne pouvaient me faire tomber.
00:42De mon piédestal, je m'enivrais de ma propre existence. J'étais heureux d'être là.
00:52Il ne faut pas grand-chose pour voir les choses différemment.
00:57Il faisait froid, pourtant j'avais bien du mal à me décider à regagner le plancher des vaches, comme l
01:06'on dit.
01:06Oui, je pensais à elles. Elles avaient bien raison de passer l'été en alpages.
01:13Elles aussi avaient l'horizon comme infini.
01:18Que pensent-elles ? Elles broutent, c'est tout, c'est bien assez.
01:24J'aime ces instants où, sur mon toit mouillé, je peux divaguer, m'abandonner,
01:31Me laisser envahir par l'inutile, le futile, en bas, le carcan de la toute-puissance,
01:41Où chacun veut dominer, écrit Haro à la violence sociétale.
01:49Nous en avons tous une part de responsabilité.
01:53Sur mon toit mouillé, je me laisse submerger partout, et rien du tout.
02:02Il faut que je regagne ma modeste chambre à 21 heures.
02:08C'est bien ainsi.
02:10C'est bien ainsi.