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Eliot Deval reçoit deux éditorialistes aux idées diamétralement opposées, dans #FaceaFace

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Transcription
00:00Il est quasiment 19h sur CNews, merci d'être avec nous pour un face-à-face inédit.
00:05Henri Guénaud et Pierre Lelouch, bonsoir à tous les deux.
00:08Bonsoir.
00:08Ravis de pouvoir faire cette émission avec vous.
00:11Et nous aussi.
00:11Vous êtes des hommes qui étaient au cœur du réacteur.
00:15Et surtout, vous allez pouvoir nous parler de l'actualité internationale.
00:18On va pouvoir parler ensemble de l'Ukraine, de la Russie, on parlera du Moyen-Orient.
00:23On va parler également de cette actualité qui fait mal aux européistes
00:27et l'Islande qui dit non à l'Union européenne.
00:30Est-ce une humiliation ?
00:31C'est la première question qu'on va se poser.
00:33Mais avant cela, c'est le point sur l'information avec Pauline Trefzer.
00:36Bonsoir Pauline.
00:40Bonsoir Elliot, bonsoir à tous.
00:41À la une de votre journal, Edouard Philippe veut créer un nouveau parti
00:45ou une confédération de partis avec des candidats uniques aux législatives.
00:51Objectif, obtenir une majorité politique à l'Assemblée après 2027.
00:55Déclaration du candidat à horizon ce dimanche à Tourcoing,
00:58lors de la rentrée politique de Gérald Darmanin.
01:01Le garde des Sceaux a d'ailleurs apporté son soutien aux candidats.
01:05Écoutez.
01:07Notre situation est telle que nous ne pouvons pas nous permettre de nous diviser.
01:12Nous ne pouvons pas avoir plusieurs candidats au premier tour.
01:16Nous devons avoir un seul candidat au premier tour.
01:20Edouard est le futur, je l'espère, chef de famille.
01:25Gauche, il y a désormais cinq candidats.
01:27Sans surprise, Olivier Faura a annoncé sa candidature à la primaire du PS.
01:32Annonce faite quelques heures après son discours en clôture de l'université d'été de Blois.
01:37C'est la première fois que le premier secrétaire du parti socialiste brigue l'Elysée.
01:42Dans le Cap Corse, l'incendie qui s'est déclaré samedi a été fixé par les sapeurs-pompiers.
01:48Les flammes ont parcouru 109 hectares de végétation, a indiqué la préfecture de la Haute-Corse.
01:54Le feu n'a fait aucune victime ni de dégâts aux habitations.
01:57Seul un bâtiment agricole a été endommagé.
02:00L'incendie se serait déclaré en bord de route.
02:04Une chasse à l'homme toujours en cours en Suisse.
02:07Une femme de 22 ans est décédée après avoir été touchée par des tirs.
02:11Les faits se sont déroulés cette nuit lors d'une rêve-partie à Arreau, près de Zurich.
02:16Cinq autres personnes ont été blessées, certaines grièvement.
02:20La police est mobilisée pour tenter de retrouver le ou les auteurs.
02:24Un large dispositif a été déployé autour de l'hippodrome où près de 3500 festivaliers s'étaient réunis.
02:32Et puis cette situation catastrophique au Népal, alors que 3000 personnes sont toujours portées disparues.
02:38De fortes pluies et la montée des eaux compliquent les périlleuses opérations des secouristes.
02:43La crue dévastatrice survenue mercredi a fait au moins 750 morts au Népal et au Tibet.
02:49Un bilan humain qui reste très provisoire.
02:54On vous retrouve à 20h pour un nouveau point.
02:58Henri Guénaud, Pierre Lelouch, le face-à-face de ce dimanche soir.
03:02Messieurs, on va commencer avec l'Islande.
03:04Les médias n'en parlent pas beaucoup.
03:06Les responsables politiques français sont extrêmement silencieux ce dimanche soir.
03:11Les Islandais ont pourtant rejeté ce week-end par référendum une reprise des négociations d'adhésion à l'Union Européenne.
03:19Un coup dur pour les européistes qui auraient vu d'un bon oeil une candidature de la riche île de
03:25l'Atlantique Nord.
03:26A la question, l'Islande doit-elle rouvrir les négociations d'adhésion avec l'Union Européenne ?
03:3052,8% des Islandais ont répondu non.
03:34Et 47,2% ont répondu oui.
03:38Je vous propose d'écouter quelques Islandais.
03:43Je suis un peu déçue par ce résultat.
03:45Je pense que cela aurait été une excellente occasion pour nous de voir au moins en quoi aurait consisté cet
03:50accord,
03:50d'en parler et d'en débattre.
03:52Car je pense sincèrement que, compte tenu de la situation mondiale actuelle, nous avons besoin d'allier.
04:00J'ai voté oui, mais je ne me souciais pas vraiment des résultats.
04:05Pourquoi voteriez-vous non ? Pourquoi seriez-vous contre ça ?
04:10Ce n'était pas un vote sur l'adhésion.
04:12C'était un vote sur ce que cela nous apporterait.
04:15Je ne comprends donc pas pourquoi quelqu'un dirait non.
04:17Je ne comprends pas.
04:18Je vous propose qu'on lise la réaction de Marine Le Pen en rejetant par référendum la reprise des négociations
04:23à l'Union Européenne.
04:23Le peuple islandais a rappelé une évidence.
04:25L'adhésion à l'Union Européenne n'est pas l'horizon naturel de toute démocratie européenne.
04:29Ce vote délivre un message limpide.
04:31Les peuples doivent pouvoir décider eux-mêmes de leur avenir, de leurs institutions
04:35et de leur capacité à défendre leurs intérêts nationaux.
04:39Est-ce une humiliation pour les européistes, pour Mme von der Leyen
04:43et tous ceux qui imaginent cette Union Européenne
04:47qui doit grandir, grandir, grandir jusqu'à peut-être créer une fédération ?
04:50Pierre Lelouch.
04:52Moi je trouve que c'est un vote salutaire et je souscris à ce qu'a dit Marine Le Pen.
04:57Complètement.
05:00Ce qui est amusant dans cette histoire, c'est qu'il y a un peuple islandais
05:05qui dit, ben non, je ne crois pas, nous ne croyons pas
05:10que la solution de tous nos problèmes c'est plus d'Europe.
05:14Vous savez qu'en France, la mantra c'est plus d'Europe, encore plus d'Europe,
05:18tenez-nous encore de plus d'Europe et vous aurez des résultats.
05:21La réalité, malheureusement, est beaucoup plus complexe
05:23et on s'aperçoit que dans bien des secteurs, je pense notamment au commerce extérieur
05:27ou à la politique étrangère, au budget, la solution ce n'est pas plus d'Europe.
05:33Et donc là, c'est en effet une piqûre de rappel.
05:35Je ne sais pas si c'est une humiliation, mais c'est une énorme déconvenue
05:39pour tous ceux qui pensent que la solution pour l'Europe, c'est toujours plus d'Europe
05:45ce qui est la thèse de Mme von der Leyen, son but c'est une Europe à 40,
05:51une espèce de mini-ONU et avec un système qui est très pervers.
05:56C'est comme un rouleau compresseur en coton qui avance,
06:00qui attrape du pouvoir et attrape de l'argent, mais on ne sait pas où ça va.
06:04Donc c'est une sorte de rouleau compresseur sans direction,
06:09avec à sa tête une femme qui est avide de pouvoir, avide de pouvoir,
06:14qui s'assoit sur les États et c'est très malsain.
06:18L'évolution de l'Europe sous Mme von der Leyen est quelque chose qui me perturbe beaucoup,
06:23qui me rend très inquiet sur la suite des opérations.
06:25Et au fond, ce qu'ont dit les Islandais, c'était une bonne piqûre de rappel sur la réalité,
06:31à savoir que les peuples méritent d'être respectés.
06:33Et c'est l'ancien ministre chargé des Affaires européennes qui parle.
06:37Monsieur Guénaud, était-ce une humiliation pour l'Union européenne de von der Leyen
06:42et de fait d'Emmanuel Macron ?
06:44Une humiliation, ce n'est pas le mot que j'emploierais,
06:48mais comme d'habitude, ce que vous appelez les européistes
06:53ne peuvent pas comprendre qu'on dise non à l'Europe.
06:56Ils ne peuvent pas comprendre qu'un peuple, en tout cas la majorité d'un peuple,
07:03puisse ne pas avoir d'envie irrépressible de rejoindre le paradis européen.
07:09C'est formidable.
07:11D'ailleurs, un des Islandais disait la même chose.
07:13Il disait, non, je ne comprends pas qu'on dise non.
07:16Je me souviens de la campagne de Maastricht.
07:19C'est tous les gens qui disaient, mais ce n'est pas possible.
07:21Vous ne pouvez pas dire non.
07:22Ce n'est pas pensable.
07:22Le directeur du Monde, à l'époque, M. Lessourne, qui était un économiste tout à fait estimable,
07:32avait fait un éditorial.
07:33Et dans cet éditorial, il avait écrit,
07:37« Si le nom l'emportait, ce serait la plus grande catastrophe depuis Hitler pour l'Europe. »
07:46Et donc, oui, c'est sain que ce petit peuple ait, dans sa majorité, refusé de rejoindre le paradis européen.
07:53Quant à Mme von der Leyen, moi j'ai toujours dit qu'elle était dangereuse, je continue à le dire,
07:58mais ce qui se passe depuis qu'elle est là ne tient pas qu'à Mme von der Leyen.
08:04Si elle s'assied sur les États, c'est parce que les États lui permettent de s'asseoir sur eux.
08:08Exact.
08:09Voilà, c'est quand même...
08:11Enfin, moi, c'est tous ces chefs d'État qui n'ont comme solution...
08:17Alors, vous savez, il y a deux ou trois solutions comme ça en France.
08:20C'est... Il y a un problème, décentralisation.
08:22Voilà. Il y a un autre point, Europe.
08:24Plus d'Europe.
08:25Toujours plus d'Europe.
08:26Toujours.
08:26Toujours plus d'Europe.
08:27Il y a la guerre, la paix, la civilisation, l'immigration, l'économie, tout ça.
08:33Europe.
08:34Vous n'avez pas d'argent.
08:35L'Europe n'a qu'à emprunter.
08:38Vous êtes mal défendu.
08:39On n'a qu'à faire l'armée européenne.
08:41Voilà.
08:43Vous ne maîtrisez pas l'immigration.
08:46Sachant que si on ne maîtrise pas l'immigration, c'est aussi à cause de l'Europe.
08:49C'est-à-dire...
08:50Donc, tout est comme ça.
08:51C'est un espèce...
08:53L'Europe, c'est le reflet de tous les renoncements,
08:56de tous les reniements de la classe politique et de la classe dirigeante
09:00de chacun de nos pays et en particulier du nôtre.
09:02Ayant dit cela, on est d'accord sur l'essentiel.
09:06Il faut quand même l'Europe, mais pas celle-là.
09:08Pas celle-là.
09:09Elle est en train de dériver vers, encore une fois, quelque chose qui est sans pilote.
09:13C'est de l'accumulation de pouvoirs bureaucratiques au mépris de l'intérêt.
09:18Quand vous voyez que ce sont ces technocrates qui ont dit
09:222035, on arrête les voitures thermiques.
09:24Résultat, c'est les Chinois qui achètent maintenant les usines automobiles en Europe.
09:28C'est des erreurs monstrueuses.
09:31Idem sur le nucléaire.
09:32Mme von der Leyen explique qu'il n'y a plus de nucléaire.
09:35Parce que c'est la politique allemande depuis Mme Merkel.
09:38On arrête le nucléaire.
09:39M. Macron, d'ailleurs, obéit.
09:41On va couper la moitié de nos nucléaires.
09:43Jusqu'à ce qu'on rencontre qu'aujourd'hui, on entend à la radio des pubs pour
09:46« électrifions la France grâce au nucléaire ».
09:49Tout ça, c'est du grand n'importe quoi.
09:52J'ajoute maintenant, sur la partie islandaise, c'est des gens qui vivent des pêcheries.
09:57Leur business numéro un, c'est les pêches.
09:59Ils rentrent dans l'Europe, les pêches, il va y arriver tout le monde pour partager le poisson.
10:04Ils n'ont pas envie.
10:05Regardez les Norvégiens.
10:06Les Norvégiens, ils vivent très bien hors de l'Europe.
10:08Ils ont tous les avantages.
10:09L'Europe, c'est un des inconvénients.
10:11Prenez les Suisses, je débrouille très bien.
10:14Pourquoi ? Parce qu'ils sont en même temps associés, tout en gardant la totalité de leur souveraineté.
10:19Donc, ce sont des pays qui s'en sortent fort bien.
10:23Je pense que la piqûre de rappel méritait d'être faite.
10:27J'espère qu'on saura en tirer les leçons à Bruxelles.
10:29On pourrait rajouter le Danemark qui est dedans, mais qui, ayant dit non à Maastricht, a obtenu des options.
10:38On appelle ça des « opting out » dans le jargon.
10:41C'est-à-dire qu'ils ont, sur un tas de sujets, un traitement d'exception.
10:46Voilà, qu'ils ont négocié pour pouvoir revenir, enfin, pour accepter de revenir dans l'Union après le non-référendum.
10:56Il y a des trucs inaccessables.
10:58Je pense, pardon Henri, je pense à quelque chose que moi j'ai vécu comme mise à faire européenne.
11:03C'est l'histoire de Mercosur qui est dans les tuyaux depuis des années.
11:07Vous savez que c'est une compétence fédérale, le commerce extérieur.
11:11Comme l'agriculture.
11:12C'est les deux domaines vraiment fédéralisés.
11:14Donc le ministre français, il n'a aucun pouvoir.
11:17C'est quelqu'un qui décide que le Mercosur est bien.
11:20Puis après, vous vivez avec les conséquences.
11:22Mais quand la voix de la France ne se fait pas entendre parce que maintenant on est minoritaire, en fait,
11:27et bien voilà, donc ça se fait sans nous.
11:29Et c'est très grave ce qui est en train de se passer.
11:31Donc il y a besoin d'une reprise de confiance.
11:32C'est juste un mot sur le Mercosur parce que c'est un sujet majeur et très révélateur.
11:38Alors c'est une compétence, la négociation des traités est une compétence exclusive de l'Union.
11:42La négociation.
11:43Ça date de 1958.
11:45Ça ne date pas du traité de Lisbonne, etc.
11:49Deuxièmement, les décisions, elles sont prises dans ce domaine à la majorité qualifiée.
11:54Ça aussi, contrairement à ce qu'un certain imbécile a soutenu, ça ne date pas du traité de Lisbonne.
11:59C'est en vigueur depuis 1971 dans ce domaine.
12:03Qui sont les imbéciles qui ont soutenu ça ?
12:05Oui, sur Twitter, sur les réseaux, un peu partout, les commentaires.
12:09On va dire, oui, c'est Lisbonne, c'est pas Lisbonne, c'est depuis 1971.
12:15Sauf qu'on a perdu, avec l'élargissement, on a perdu le moyen de peser sur la décision.
12:20On a perdu les moyens de peser, mais c'est la première fois, malgré tout ça,
12:24c'est la première fois que la France se fait marcher dessus de cette manière.
12:29Alors, l'explication, c'est pas qu'on a marché sur la France,
12:32c'est que M. Macron a fait semblant de maintenir une position.
12:37Mais oui, c'est important, parce que le résultat, c'est que la France,
12:40là où il y a une humiliation totale, d'habitude, malgré tout,
12:44on tient un peu compte de la France quand elle résiste beaucoup sur un sujet.
12:49Et ce sujet, il était majeur.
12:51J'ai une question, parce que je pense à chaque fois aux téléspectateurs,
12:54on pourrait se dire, l'Islande, c'est loin, c'est une petite île, etc.
12:58Mais pourquoi l'Islande dit non ?
13:00Et pourquoi aujourd'hui, vous avez des pays, je pense à l'Ukraine, pour ne pas le citer,
13:05qui poussent, poussent pour intégrer l'Union Européenne ?
13:10Parce que l'Ukraine, vous pourriez parler aussi d'un certain nombre d'États des Balkans
13:16qui font la queue pour rentrer dans l'Union Européenne.
13:18Parce que pour eux, c'est une question de survie.
13:21Les pays qui sont, en plus, l'Ukraine est dévastée par la guerre.
13:24Et pour elles, c'est aussi un moyen de s'installer dans le camp occidental face à la Russie.
13:29Donc il y a des grosses réseaux géopolitiques que n'a pas l'Islande.
13:33L'Islande fait partie du camp occidental.
13:36C'est plus compliqué dans les Balkans.
13:37Il y a aussi des facteurs économiques.
13:40Quand l'Europe se pointe quelque part, elle arrive avec son carnet de chèques.
13:43Et quand vous êtes dans les Balkans et que vous êtes pauvre,
13:46c'est un argument très fort.
13:51En Ukraine, évidemment, l'objectif européen, il est recherché depuis, de mémoire, 1993.
13:58C'est-à-dire dès le moment où l'Ukraine est devenue indépendante,
14:01elle cherchait à se rapprocher parce que sinon elle tombait dans le giron russe
14:05et elle avait envie d'Occident et d'argent occidental.
14:08Elle en a plein d'ailleurs en ce moment.
14:10Parlons justement de l'Ukraine et de la Russie.
14:12Jusqu'où l'engrenage ? Comment éviter l'engrenage ?
14:14Ça va quand même sur l'entrée de l'Ukraine dans l'Union Européenne.
14:16Vous pouvez, mais vous avez donné la parole à M. Lelouch.
14:18Qui est une folie absolue.
14:20Voilà, c'est-à-dire que ça va coûter, mais des sommes folles.
14:24Parce que le principe, c'est que quand un pays rentre,
14:27on rapproche son niveau de vie, du niveau de vie des autres Européens.
14:30Bon, s'agissant de l'Ukraine, c'est abyssal.
14:33Sans parler de la reconstruction, mais c'est abyssal.
14:36Ni de la corruption et de l'état d'Oura.
14:37Voilà, ni de la corruption qui, elle, va...
14:39Ça, c'est autre chose.
14:40De toute façon, la corruption, elle est déjà en train d'essémer partout.
14:45Mais non seulement ils ont besoin de beaucoup d'argent,
14:49mais ça va leur faire des marchés extraordinaires.
14:52Notamment, on ne va pas revenir dessus,
14:54mais c'est très significatif.
14:56Le poulet ukrainien...
14:58Pour l'agriculture française, c'est la fin des agricoles.
15:00C'est mortel.
15:03Et puis, il n'y a aucune raison.
15:04On va aller jusqu'où, comme ça, jusqu'à Vladivostok ?
15:07Ça m'a l'air compliqué.
15:09Oui, pour l'instant, mais après, on se dirait, pourquoi pas ?
15:11Parce que, voilà, on se pose la question sur la Russie.
15:13La Russie, justement.
15:15Et c'est intéressant d'avoir face à face
15:18deux personnalités qui, depuis 2022 et le début du conflit,
15:23alertent sur le risque d'engrenage.
15:25J'en veux pour preuve une tribune que vous avez publiée
15:27dans les colonnes du Figaro, le 12 mai 2022.
15:31Et je la cite régulièrement, cette tribune,
15:33tant elle avait marqué les esprits.
15:35Parce qu'à l'époque, il ne fallait surtout pas dire
15:37ce que vous étiez en train de dire.
15:38Le titre, c'était « Nous marchons vers la guerre
15:41comme des somnambules ».
15:42Et pareil, face à vous, vous avez une personne
15:45qui, parfois, est allée sur le service public
15:47pour parler du danger de cette guerre
15:50et de l'engrenage qu'il pouvait introduire cette guerre.
15:53Titre de mon livre, oui.
15:54Vous étiez également, vous avez pris la plume
15:56dans les colonnes du Monde.
15:58Je ne sais pas si vous avez encore le droit
15:59d'écrire dans le Monde.
16:00Oui, c'est un monde loin.
16:03Ce qui était au départ un conflit local limité à l'Ukraine
16:06est devenu une guerre par procuration non déclarée
16:08entre l'OTAN et la Russie.
16:10Vous avez publié ça le 23 juin 2022.
16:14Donc depuis...
16:14Et après un livre entier pour expliquer...
16:16C'est un temps.
16:16Ce que je veux dire, c'est que depuis 4 ans,
16:18vous alertez.
16:18Tous les deux.
16:19Je vous propose d'écouter M. Mandon,
16:21le chef d'état-major.
16:22Général Mandon, qui était l'invité du MEDEF.
16:27Elle a attaqué la Géorgie en 2008,
16:31pris la Crimée en 2014,
16:33réattaqué l'Ukraine en 2022.
16:36Donc la revue stratégique française estime
16:39qu'en 2030,
16:41en tout cas cet horizon qui est difficile à définir,
16:43mais en tout cas dans les prochaines années,
16:44on est à risque vis-à-vis d'une Russie
16:46qui pourrait tenter sa chance
16:48et par des mécaniques d'alliance,
16:51on pourrait se retrouver entraîné.
16:53Vous voyez inscrit comment éviter l'engrenage.
16:56L'engrenage, on y est déjà.
16:57C'est jusqu'où l'engrenage ?
16:59Jusqu'où Henri Guénaud l'engrenage ?
17:00D'abord, j'ai un problème, moi, de principe.
17:03Je ne peux pas admettre
17:05que le chef d'état-major des armées
17:08vienne expliquer la politique du président de la République.
17:11Ça n'est pas son rôle.
17:12Ça ne l'a jamais été.
17:14Ça a commencé avec M. Macron,
17:17une fois qu'il s'est débarrassé
17:19de façon aussi inélégante que possible
17:20du général de Villiers.
17:22Mais l'armée, elle doit être en dehors de tout ça.
17:28C'est un principe de la République absolument essentiel.
17:31Donc moi, je suis très mal à l'aise
17:34quand je vois le chef d'état-major des armées.
17:36Là, ce qu'il fait, ce n'est pas un discours
17:37pour expliquer les dispositions militaires
17:41qu'il prend sur ordre du président de la République.
17:43Mais non, là, il vient expliquer,
17:46et justifier la politique du président de la République.
17:48Ce n'est pas la première fois.
17:49Et moi, je trouve ça absolument désolant
17:51au regard des principes de notre République.
17:55Ça, c'est ma première chose.
17:57Après, votre question...
17:58La question, c'était jusqu'où l'engrenage ?
18:00Il n'y a pas de limite.
18:01On n'en sait rien.
18:02C'est le propre de l'engrenage.
18:03C'est le propre de l'escalade.
18:04La guerre, c'est un engrenage.
18:06Comme toute violence, d'ailleurs.
18:07C'est un engrenage.
18:08Bon, c'est un engrenage avec de l'escalade.
18:11On ne sait jamais où ça s'arrête.
18:13Le problème, c'est qu'on peut, pendant un temps,
18:16parfois même longtemps, maîtriser cette escalade.
18:19Puis, il y a un moment où on risque de perdre
18:22la maîtrise de l'escalade.
18:23Aujourd'hui, vous considérez qu'on la maîtrise ?
18:24Aujourd'hui, d'abord, je vais répondre à tous les gens
18:26qui m'ont expliqué pendant 4 ans
18:28qu'il n'y avait pas d'escalade.
18:29Ah non, non, non, c'est un fantasme.
18:31Voilà, on la voit, l'escalade.
18:33Elle se voit depuis 4 ans.
18:35Et là, elle nous saute aux yeux, l'escalade.
18:38On ne peut plus l'ignorer.
18:40La question est de savoir où elle nous mène.
18:42Voilà, j'avais écrit dans le JDD,
18:45il y a 2 mois ou 3 mois, un papier.
18:50Je me disais, oui, mais c'est lui qui a commencé.
18:53C'est les Russes qui ont commencé.
18:54Mais on n'est pas dans la cour de récréation.
18:57Ah oui, mais monsieur, c'est lui qui a commencé.
18:59Il faut arrêter.
19:01Nous ne savons pas où nous allons.
19:03Alors, on me dit toujours, personne ne va utiliser.
19:04Il va utiliser l'arme nucléaire.
19:06Mais comprenons une chose, le spectacle auquel nous assistons,
19:09c'est qu'une superpuissance nucléaire aujourd'hui
19:11peut être bombardée de l'est à l'ouest, du nord au sud
19:16par n'importe quel pays.
19:17Voilà, c'est à ça que nous assistons.
19:19C'est d'ailleurs, ça ne pourra pas laisser indifférente
19:25la doctrine de la dissuasion.
19:27Parce que si c'est comme ça, ça veut dire que la dissuasion nucléaire,
19:31ça ne sert qu'à dissuader l'usage de l'arme nucléaire.
19:34Donc, mais ça ne dissuade pas d'être attaqué dans ces forces vivies.
19:40Donc, moi, je ne sais pas, je sais une chose, c'est que Vladimir Poutine,
19:46si on ne l'aime pas, on dira monstre froid,
19:48si on ne l'aime un peu plus, on dira animal à sang froid,
19:52c'est quelqu'un qui ne s'est pas un exalté.
19:55Il a tous les défauts possibles, on peut le juger criminel, on peut le juger cruel,
19:59tout ce qu'on voudra, mais ce n'est pas un exalté.
20:01Et donc, rationnellement, il n'a pas envie d'utiliser l'arme nucléaire.
20:05Mais ça ne veut pas dire qu'à un moment donné, ça ne va pas arriver.
20:11– Moi, j'insiste sur un point, depuis 2021-2022,
20:19cette guerre aurait pu être évitée.
20:21La tension entre l'Ukraine et la Russie,
20:24elle était consubstantiale à la séparation de ces trois pays à la fin de 1991,
20:30Biélorussie, Ukraine, Russie,
20:31le jour où les trois chefs d'État de l'époque se sont réunis pour divorcer,
20:35c'était la fin de l'URSS, et à partir de là, il y a toujours eu une tension.
20:41La Russie ne se conçoit pas comme superpuissance sans l'Ukraine.
20:45Et les Ukrainiens, eux, cherchaient justement à trouver une vraie autonomie,
20:50une vraie souveraineté.
20:51Donc la tension, elle était là depuis le début,
20:53y compris par exemple pour le partage du port de Sébastopol,
20:56où il y avait la marine ukrainienne et la marine russe,
20:59y compris pour les armes atomiques.
21:01L'Union soviétique avait laissé 5000 armes nucléaires sur le sol ukrainien.
21:05Que nous, Français, avec d'autres, on s'est dépêché de rapatrier en Russie.
21:10Donc le problème, il est ancien.
21:11Il est reparti de l'avant au moment du Maïdan.
21:16Et là, il y avait un processus qui s'appelait Minsk,
21:19avec une responsabilité de la France et de l'Allemagne,
21:22pour arrêter les frais avec les Ukrainiens et les Russes.
21:25On ne s'en est pas occupés.
21:27Et les dirigeants de l'époque, c'est-à-dire M. Hollande et Mme Merkel, l'ont dit.
21:33On n'en est pas occupés.
21:34Ensuite, il y a eu une nouvelle tentative, juste avant la guerre, en 2021,
21:38avec des propositions qui ont été faites, pas étendues.
21:42Ensuite, il y a eu des négociations, après le début de la guerre, à Istanbul,
21:46début en mars-avril 2022.
21:49On ne s'en est pas occupé.
21:50On a essayé de voir quelle était la politique française de l'époque,
21:53mais il n'y en avait pas.
21:54Donc, ce que je dis, c'est que, bien sûr que la Russie a attaqué,
21:57et on connaît les raisons de cette attaque.
21:59Elle ne se conçoit pas sans l'Ukraine, à tort ou à raison.
22:02C'est comme ça.
22:03Mais nous, est-ce qu'on a empêché cette affaire, ou trouvé une solution ?
22:07Car il y avait une solution, qui était la fédéralisation des territoires de l'Est et de la Crimée,
22:12et cette situation n'a pas pu être faite, en partie aussi,
22:16à cause du Parlement ukrainien qui ne voulait pas en entendre parler.
22:19C'est une situation très complexe, qui ressemble au Balkan.
22:22Après, la question, c'est, est-ce qu'il faut ou pas en faire partie, et se laisser entraîner ?
22:29Là, nous sommes partis pour être vraiment entraînés.
22:33Je rappelle que l'Europe a déversé en Ukraine 150 milliards d'euros,
22:39plus 90, plus 27 que demande aujourd'hui Zelensky, parce que ce n'est pas assez.
22:44Donc, on est à peu près pas loin de 250, 300 milliards d'euros.
22:49C'est absolument gigantesque.
22:51Je ne connais pas de guerre qu'on ne contrôle pas,
22:54parce qu'on ne la contrôle pas, dans laquelle on met autant d'argent et autant d'armes,
22:58et on met des armes très pointues.
23:00La dernière en date étant la décision anglaise et française
23:05de transférer la technologie d'une arme extrêmement sophistiquée,
23:08qui s'appelle le Scalp en France et le Storm Chabot en Angleterre,
23:12une arme franco-britannique,
23:13un missile extrêmement précis qui frappe en profondeur en Russie.
23:17Bon, on fait tout ça.
23:18Après, on...
23:20Est-ce que vous considérez qu'aujourd'hui, la France ou l'Union Européenne
23:24est co-belligérante dans cette guerre ?
23:25Elle n'est pas loin de ça.
23:27On n'en est pas loin, malheureusement,
23:29et c'est là que, dans l'escalade, il y a une escalade ukrainienne.
23:33Zelensky est passé maître dans l'art d'internationaliser la guerre.
23:37Il a réussi à avoir tous les Européens derrière lui,
23:40pas les Américains, pas les Hongriens,
23:42mais il a tous les Européens derrière lui.
23:45Il a internationalisé la guerre et il la porte sur le territoire russe.
23:49La question, c'est, qu'est-ce que peut faire un Poutine
23:53qui reçoit des missiles toute la journée ?
23:56Bon, pour l'instant, il ne fait pas grand-chose.
23:58Enfin, il envoie des avertissements.
24:00Ce point est important.
24:02Ce qui s'est passé à l'aéroport de Leipzig il y a dix jours est très important.
24:07Pour la première fois, il y avait des drones à côté d'avions ukrainiens
24:11pleins d'armes en direction de l'Ukraine.
24:13Donc, il a montré qu'il pouvait attaquer à l'intérieur d'un pays de l'OTAN.
24:17Si on rentre dans ce genre de dialectique,
24:20là, l'engrenage va être extrêmement coûteux.
24:23Ce que je constate, c'est qu'on n'en est même pas conscient
24:26et que personne n'en parle et personne n'en discute.
24:29C'est pourtant important.
24:30La publicité, on revient dans un instant.
24:32On continuera d'en parler.
24:33On reviendra aussi sur les six mois de conflits au Proche et au Moyen-Orient
24:37avec toutes les questions qu'on doit se poser.
24:39C'est tout ça pourquoi ?
24:40On reviendra aussi sur la crise migratoire à Ceuta.
24:44Et nous parlerons de l'actualité nationale avec cette campagne présidentielle
24:48pour le pire, pour le meilleur.
24:50C'est la question que vous poserez à tout de suite.
24:55Il est 19h30 sur CNews et on poursuit ce face-à-face inédit
24:59entre Pierre Lelouch et Henri Guenno.
25:00Et nous parlions juste avant la pause, si vous nous rejoignez,
25:04du conflit en Ukraine.
25:07Et la question, c'était jusqu'où l'engrenage ?
25:09On a parlé de la situation en Ukraine, de la Russie également.
25:13Mais il faut aborder également l'une des pièces maîtresses
25:17qui est le président de la République française.
25:20Parce qu'aujourd'hui, c'est vrai que c'est un président en première ligne
25:23pour défendre Volodymyr Zelensky.
25:26Et quand on dit jusqu'où l'engrenage,
25:28il faut aussi se demander jusqu'où veut ou peut aller Emmanuel Macron.
25:33Comment vous expliquez cette omniprésence d'Emmanuel Macron
25:36en matière de lutte contre l'adversaire,
25:41pour ne pas dire l'ennemi russe, Pierre Lelouch ?
25:43Moi, c'est comme ça que c'est présenté.
25:44D'abord, il faut savoir que dans un président complètement affaibli
25:48par le résultat des élections, il ne contrôle plus rien.
25:51Tout est dans les mains du Parlement.
25:53Et en fait, il n'est même plus président arbitre.
25:57Le pouvoir lui a complètement échappé.
25:58La seule chose qui lui reste, c'est l'international.
26:02Coup de chance, l'international, c'est plein de guerres,
26:04plein de conflits et plein de problèmes.
26:06Donc, il se démultiplie.
26:08Demain, il part en Suède, par exemple.
26:10Il n'arrête pas de voyager et il s'occupe en faisant de l'international.
26:13Et en inventant des coalitions.
26:16Alors, ce qui est intéressant dans l'affaire ukrainienne,
26:18c'est qu'il n'était pas du tout sur cette ligne au début.
26:21Il était plutôt sur une ligne où il disait, lui,
26:24qu'il fallait prendre en compte les intérêts stratégiques légitimes de la Russie.
26:29Ce qui est exact.
26:30Demain, il y aura la fin de la guerre à un moment ou à un autre.
26:33Et puis après, il faudra rebâtir un système de sécurité en Europe.
26:36Et dans ce système, il faudra prendre en compte les intérêts de tous les pays,
26:39y compris la Russie.
26:41Même si ce que je dis aujourd'hui est inaudible.
26:43Mais si demain, il y aura une fin de la guerre
26:46et il y aura un accord de stabilisation de la situation en Europe,
26:50il faudra prendre en compte les intérêts de tous, y compris la Russie.
26:52Donc, au départ, il est sur cette ligne.
26:54Et à la suite d'un voyage en Europe centrale l'année suivante,
26:58il prend la thèse complètement inverse.
27:00Et il devient le leader du camp, de la guerre jusqu'au bout.
27:07Le problème, c'est que moi, je ne sais pas quel est le bout.
27:11On met beaucoup d'argent pour aider les Ukrainiens.
27:14Et c'est bien d'aider les Ukrainiens parce qu'ils sont agressés.
27:17Mais je voudrais juste savoir où est-ce qu'il veut nous entraîner,
27:19M. Zelensky.
27:20Quelle est la part de contrôle d'un État nucléaire comme la France
27:24face à une autre puissance qui est également nucléaire
27:27dans une guerre que nous ne contrôlons pas ?
27:29Qu'on aide à financer, qu'on aide à armer.
27:31Mais j'aimerais bien savoir ce que veut Zelensky
27:34et jusqu'où on va.
27:36Moi, je considère qu'on est dans une situation
27:38tellement sérieuse aujourd'hui.
27:40Mais je n'arrête pas de le dire.
27:42Plus cette guerre dure, plus c'est dangereux.
27:44Donc, il y a un moment où il faut peut-être se mettre sur la table
27:47en disant, bon, quels sont les problèmes ?
27:49Et essayons de les régler.
27:50D'autant que ce problème, il est aussi connecté
27:52avec ce qui se passe en Orient.
27:53Parce que la guerre a la métastasé, naturellement.
27:56Henri Guénaud.
27:58Sur la place d'Emmanuel Macron,
28:00et c'est la question qu'on se pose régulièrement,
28:02est-ce qu'on a un président, va-t'en guerre ?
28:04Ou faiseur de paix ?
28:06Alors, il n'a pas fait la preuve qu'il était faiseur de paix.
28:09Il a eu plusieurs fois l'occasion de tenter de faire la paix.
28:13Je veux dire, quand la...
28:15Alors maintenant, on le lui reproche,
28:16mais quand il y a eu le conflit entre la Géorgie et la Russie,
28:22Nicolas Sarkozy, il a été faiseur de paix.
28:25C'est-à-dire qu'il a, contrairement à toutes les règles de l'Union Européenne,
28:30il était président de l'Union Européenne à l'époque.
28:32Il est contre les diplomates qui disaient
28:34« Vous ne pouvez pas faire ça, M. le Président.
28:36Il faut d'abord réunir les chefs d'État et de gouvernement.
28:39Il faut obtenir un mandat et après vous y allez. »
28:42Il a dit « Mais si je fais ça, ce sera fini.
28:44Il n'y aura plus de la Géorgie. »
28:45Donc, il est parti.
28:46Il est parti à Moscou.
28:48Il est parti à Bidici.
28:49Il a fait des propositions.
28:51Il a essayé de rapprocher les points de vue.
28:53Et il a obtenu un résultat qui n'est pas un résultat nul,
28:58comme le disent, là encore, les imbéciles.
29:01C'est-à-dire que sans ça, la Géorgie n'existerait plus du tout.
29:06Moi, je suis allé à Bidici avec lui en 2011.
29:10L'accueil des Géorgiens montrait qu'ils étaient bien contents
29:18que la France les ait aidés à ne pas disparaître de la scène du monde.
29:24Nicolas Sarkozy a été accueilli par une foule immense
29:27qu'on n'avait jamais vue à Bidici.
29:32Ça, ce sont des actes de quelqu'un qui cherche à apaiser les choses,
29:39qui cherche le chemin de la paix,
29:41ce qui est d'ailleurs la vocation de la France.
29:45La vocation de la France, ce n'est pas de nourrir tous les conflits,
29:49toutes les guerres, et de faire en sorte que tout le monde s'entretue.
29:52Non, c'est d'essayer de préserver la paix,
29:57d'autant que la Russie, c'est la Russie, c'est un grand pays.
30:00On n'a d'ailleurs aucun intérêt à ce que ce pays disparaisse,
30:02parce que ce serait un cataclysme mondial.
30:05Imaginez 6 000 têtes nucléaires qui se promèneraient dans toute l'Asie centrale
30:11et dans tout le reste du monde.
30:15Donc, nous n'avons pas d'intérêt à ce que la Russie écrase l'Ukraine,
30:19mais nous n'avons aucun intérêt à ce que la Russie soit disloquée.
30:24Mais à vous écouter, j'imagine qu'une personne...
30:26La dernière chose, c'est qu'on est dans un...
30:27Là, effectivement, après l'avoir dit son succès pendant très longtemps,
30:32là, on voit bien que nous avons posé la question de savoir
30:35jusqu'où nous mettons le doigt dans ce conflit,
30:38tel qu'il est en train de dégénérer.
30:40Et qui en parle ? Sachant qu'il n'y a aucun débat sur rien.
30:43Non, rien.
30:44Vous seriez rapidement à vous écouter accusé d'esprit momunicois,
30:48pour ne pas dire quasiment de russophiles, d'agents de Moscou, que sais-je.
30:55J'ai passé ma vie, parce que j'ai fait des études aux Etats-Unis
30:58et que j'ai présidié à un moment l'Assemblée de l'OTAN,
31:00à être considéré comme un agent de la CIA.
31:02Depuis que je dis qu'il faut essayer de regarder clairement cette histoire d'Ukraine,
31:07on me traite d'agent russe.
31:08Donc j'ai l'habitude de tout ça.
31:10Peu importe.
31:10Moi, ce qui m'importe, c'est les intérêts de la France
31:12et de savoir si c'est la bonne politique que nous menons.
31:15Je dis, attention, moi je veux bien qu'on aide l'Ukraine.
31:19C'est nécessaire.
31:20Et c'est important de marquer le coup.
31:21Maintenant, je veux savoir où, jusqu'où va la stratégie de M. Zelensky
31:26et comment on peut trouver le moyen d'arrêter cette affaire.
31:31Autre conflit à présent et l'actualité aujourd'hui...
31:34Je me remarque quand même sur la campagne,
31:35c'est que pour tous les candidats,
31:37le déplacement à Kiev est devenu une figure imposée.
31:40Et donc il n'y a pas de débat.
31:42C'est fantastique.
31:43Personne ne se pose la question.
31:45On va élire un président qui aura peut-être à décider de la guerre ou de la paix.
31:50Et il n'y a aucun débat sur ce sujet.
31:52Chacun va faire son petit voyage à Kiev.
31:55Aucun ne veut prendre de risque en parlant de ce sujet.
31:58C'est extravagant quand même.
32:00Vous avez raison.
32:00C'est vrai que pour l'instant, ce n'est pas un sujet qui est au cœur de l'actualité.
32:03Vous pensez que l'Assemblée nationale ne débat pas ?
32:05Personne ne débat.
32:06Il y a une espèce de vérité.
32:08Bon, on continue.
32:09Mais on continue vers quoi ?
32:10La question, c'est...
32:12C'est la première question que je vous ai posé.
32:14La question, c'est, veut-on faire la guerre à la Russie ?
32:17Voilà la question.
32:18La question, c'est ?
32:19C'est, veut-on faire la guerre à la Russie ?
32:21C'est la question que j'aurais dû vous poser.
32:21Et si on ne veut pas la faire, il faut chercher les moyens d'arrêter ce conflit.
32:26C'est la question que j'aurais dû vous poser.
32:28La guerre, toujours.
32:29Six mois après, tout ça, pourquoi ?
32:31Et là, on va parler de la guerre en Iran.
32:33On va commencer, je le rappelle, le 28 février dernier.
32:35L'actualité du jour, c'est que le guide suprême iranien, Mojtaba Ramenei, a appelé les pays musulmans à s
32:42'unir
32:42contre les Etats-Unis et Israël dans un message écrit dimanche, six mois après le début du conflit.
32:47Six mois de guerre, que faut-il retenir ?
32:49Qu'est-ce qui a changé ? Mathilde Ibanez nous explique.
32:53Six mois de guerre et un Moyen-Orient profondément bouleversé.
32:56Fin février, Donald Trump voulait affaiblir durablement l'Iran.
32:59Mais Téhéran n'a pas capitulé et conserve des missiles, des drones et surtout une capacité à frapper les intérêts
33:06américains et leurs alliés dans la région.
33:09Mais cette guerre a surtout changé les équilibres au Moyen-Orient, car les alliés des Etats-Unis cherchent désormais davantage
33:15leur autonomie.
33:16C'est le cas de l'Arabie saoudite, la Turquie qui multiplie les contacts et refuse de dépendre d'un
33:22seul camp.
33:23Mais aussi du Qatar, du Pakistan ou encore de l'Egypte qui jouent les intermédiaires dans cette guerre.
33:28Même entre Washington et Israël, les divergences se sont accentuées.
33:33Donald Trump veut désormais sortir du conflit et Benyamin Netanyahou lui entend maintenir la pression sur Téhéran.
33:40Leur relation s'est donc progressivement tendue.
33:43Mais le symbole de l'échec américain, le détroit d'Hormuz, car le président américain affirme que les Etats-Unis
33:49en ont le contrôle.
33:51Mais l'Iran continue de perturber fortement la navigation dans la zone.
33:55Alors, si les Etats-Unis restent la première puissance militaire de la région, leur capacité à imposer leur choix est
34:02désormais contestée.
34:04Tout ça, pourquoi, Pierre Lelouch ?
34:07Au départ, c'était pour arrêter la bombe atomique iranienne.
34:12Et en décapitant le régime, les Américains et les Israéliens comptaient arrêter le programme nucléaire iranien.
34:20Et accessoirement, changer le régime.
34:22On finit avec ce régime.
34:23Le résultat, six mois après, c'est qu'il y a deux bombes atomiques iraniennes.
34:27Il y a la première qui continue toujours, dans les tunnels.
34:30Et la seconde, bien plus importante, c'est le blocage de l'économie mondiale par le détroit d'Hormuz.
34:36Que les Américains n'avaient pas prévu.
34:39Enfin, le président n'avait pas prévu.
34:42Les Pentagones et tout le monde savaient que les Iraniens voulaient et pouvaient bloquer le détroit d'Hormuz.
34:46Donc maintenant, ils ont entre leurs mains la capacité de bloquer 25% de l'énergie dont le monde a
34:54besoin tous les jours.
34:55Donc ça leur donne une force inouïe.
34:58Ils se présentent, eux qui avaient été décapités, ils se présentent désormais comme le leader du monde musulman.
35:04Ils ont fait un appel au monde musulman.
35:06Le monde musulman, c'est le Pakistan avec des armes nucléaires.
35:09C'est la Turquie, première puissance militaire d'Europe.
35:12Et c'est tous les pays arabes que les Iraniens méprisent d'ailleurs, mais qu'ils comptent diriger.
35:17Donc on en est là.
35:18Les Américains ont pris un grand coup sur la marmite, si j'ose dire, en perdant beaucoup de crédibilité.
35:23Les Russes et les Chinois sont dans la région aussi, du côté des Iraniens.
35:28Il faut bien comprendre qu'on ne réglera pas la question iranienne s'il n'y a pas d'accord
35:31entre l'Amérique, la Russie, la Chine, l'Europe.
35:34S'il n'y a pas ça, il n'y a pas de paix.
35:36C'est la même chose en Ukraine.
35:37Donc malheureusement, on est dans une situation où aujourd'hui, tout le monde se bat contre tout le monde.
35:43Il faut savoir qu'en Ukraine, le ciblage des missiles ukrainiens est fait par les Américains.
35:49Et en Iran, c'est exactement l'inverse.
35:51Ce sont les Russes qui donnent l'adresse des cibles américaines.
35:54Ce qui a donné d'ailleurs des dévastations extrêmement lourdes des bases américaines.
35:59Notamment à Bahreïn, le QG de la flotte américaine dans le Golfe a été détruit par l'Iran.
36:05La même question ?
36:09Il faut se souvenir du début.
36:12Je trouve que Pierre est très généreux en disant qu'ils avaient un objectif nucléaire.
36:17En fait, Trump est parti là-bas sans avoir un objectif de guerre précis.
36:23C'est-à-dire qu'il est allé sans objectif.
36:28Bon, sans doute, alors, ce que dit la presse américaine, mais c'est sans doute pas tout à fait faux.
36:33Netanyahou et Mossad l'avaient convaincu qu'une fois qu'on aurait décapité le régime, le régime s'écroulerait.
36:41Puis qu'après, on pourrait faire ce qu'on voulait.
36:43Que ce soit le nucléaire, un nouveau régime, et puis éventuellement peut-être prendre un peu la main mise sur
36:49le pétrole iranien.
36:50Une vieille histoire qui court dans toute l'histoire iranienne depuis plus d'un siècle, et américaine.
36:59Et troisièmement, il y allait sans vouloir, sans pouvoir même, faire la guerre jusqu'au bout.
37:06La guerre jusqu'au bout, si vous voulez éliminer le régime,
37:13si vous voulez vous emparer des stocks d'armes nucléaires,
37:17vous ne pouvez pas le faire en bombardant un pays de 90 millions d'euros d'euros.
37:21Mais il a cru qu'il pouvait à cause du Venezuela, si tu veux.
37:24Oui, mais bien sûr, je suis bien d'accord.
37:25Il y a eu le précédent du Venezuela.
37:26Je sais bien d'accord.
37:26Il a mis la main sur le pétrole en se débarrassant des leaders.
37:29Mais c'est dire, alors, simplement, il ne pouvait pas, il ne peut pas envoyer 500 000 hommes en Iran.
37:35Il ne peut pas, même s'il le voulait d'ailleurs, parce que les Américains ne le veulent pas.
37:39Voilà, le peuple américain ne veut pas envoyer des centaines de milliers de soldats.
37:43Ils n'iront pas, ils ne pourront pas.
37:45Donc, on fait la guerre sans pouvoir aller au bout de la guerre.
37:48Et on ne sait pas très bien, au fond, pourquoi on l'a fait.
37:50Voilà, et donc, le résultat, il est là.
37:52C'est-à-dire, la guerre, on y revient, c'est un engrenage.
37:55Et si vous ne pouvez pas aller jusqu'au bout, vous êtes forcément, vous êtes forcément perdant.
38:02Bon, et la question à se poser, d'ailleurs, avant d'entreprendre une guerre,
38:07sauf quand vous êtes attaqué, mais quand c'est vous l'attaquant,
38:09c'est, est-ce que le monde sera ensuite un peu meilleur ou pire ?
38:16Eh bien, le monde est pire.
38:18Avançons, parce qu'il nous reste cinq minutes si le monde est meilleur ou s'il est pire,
38:22ou on ne s'est pas posé la question avant ?
38:24Non, on ne s'est pas posé la question de savoir si le monde serait un peu meilleur ou s
38:28'il serait pire.
38:29Pour le peuple iranien, il aurait pu être meilleur si le régime tombait.
38:32Mais pour tout le monde.
38:33Ben, voilà.
38:34Non, mais pour tout le monde, simplement.
38:36Il n'en reste cinq minutes.
38:37La première fois que j'ai émis un doute, on m'a regardé en me demandant si je n'étais
38:42pas devenu pro-Mola.
38:43C'est un régime détestable.
38:45Mais ce n'est pas le sujet.
38:47Vous êtes déjà un agent de Moscou, donc vous ne pouvez pas aussi être un agent iranien.
38:51C'est très intéressant, on parlait de Munich tout à l'heure.
38:54Il faut se souvenir, si on arrêtait le Vietnam, c'était Munich asiatique.
38:57Si on partait de l'Afghanistan, c'était Munich asiatique.
39:02Nasser, en 1900, au moment de Suez, Nasser, c'était Hitler.
39:06Voilà, c'est le parti de la guerre.
39:08Depuis la Seconde Guerre mondiale, toujours, chaque fois que vous ne voulez pas le suivre,
39:12vous êtes Munich, et en face, vous avez Hitler.
39:14Il nous reste trop peu de temps pour parler de la campagne présidentielle,
39:19et pourtant, nous sommes à 231 jours, très précisément, du premier tour.
39:22Et la question, c'est pour le meilleur ou pour le pire ?
39:26Et je scrute ce qui peut se passer chez nos excellents confrères.
39:30Et j'ai entendu un homme, toujours très transparent, souvent brillant,
39:35dire « c'est la pire campagne présidentielle ».
39:38De la Ve République.
39:39De la Ve République.
39:40Oui, oui.
39:41Mais qu'est-ce que ça veut dire ?
39:42Vous ne voyez pas ?
39:44Je parle de vous, Henri Guéno, je le dis aux téléspectateurs,
39:46qui ne sont concentrés que par Céneau, c'est envers.
39:49Je constate que personne n'est à la hauteur des enjeux.
39:53Alors, je ne parle pas, encore une fois, de la qualité des hommes,
39:55je ne veux pas apporter de jugement, mais ce qu'ils font,
39:58la façon dont ils font de la politique.
40:01Regardez, la première chose qui est choquante, c'est dans une campagne présidentielle,
40:04vous ne passez pas votre premier tour à taper sur chacun des autres candidats.
40:08Vous passez votre premier tour à expliquer ce que vous voulez.
40:11Bon, alors quand il y a eu la droite et la gauche, ça n'empêchait pas de parler de la
40:14gauche,
40:14mais on a fait tout à l'heure sur notre plateau, on me dit, mais Nicolas Sarkozy,
40:19Ségolène Royal, eh bien, je n'ai pas souvenir qu'une seule fois,
40:23sauf quand elle nous attaquait, on ait parlé de Ségolène Royal pendant le premier tour.
40:27On parlait de la gauche qui avait trahi la gauche, mais on ne faisait pas ça.
40:30Enfin, ça n'a aucun sens.
40:32La deuxième, vous voyez que c'est le pire, c'est le débat auquel on a assisté au MEDEF.
40:39Enfin, je veux dire, moi, fermez les yeux, imaginez un instant,
40:42que ce soit Pompidou, Chabon, Giscard, Mitterrand, Chirac, etc.
40:50Imaginez-les dans cette situation.
40:51Assis comme ça, là devant le MEDEF, c'est impensable.
40:55Quelqu'un qui veut être président de la République ne peut pas se retrouver dans cette situation.
40:59Voilà, et on a atteint le sommet.
41:01Non, mais on a atteint le sommet d'une situation dans laquelle personne n'aurait jamais dû se trouver.
41:06Quand Mélenchon dit qu'il faut augmenter le SMIC,
41:07on peut être totalement contre pour un tas de raisons.
41:10La sale rit.
41:13Imaginez, dans un pays où la première préoccupation des gens, c'est le pouvoir d'achat,
41:19imaginez que ça, ça déclenche le rire.
41:22Voilà, ce n'était pas volontaire.
41:24C'est la situation qu'on avait.
41:25En plus de tout le reste, il va terminer Mélenchonis.
41:28Mais non, il a un côté Mélenchonis.
41:32Ce n'est pas le problème.
41:33Ce que je voudrais dire...
41:34Il nous reste deux minutes.
41:35Sur ce début de campagne, ce que je voudrais dire, c'est que je suis frappé par l'extrême force
41:43du déni français.
41:46Ça fait 50 ans qu'on est dans le déni, 50 ans qu'on est en déficit.
41:50Et on n'y arrive toujours pas.
41:51C'est-à-dire qu'on a une brochette de gens qui sont candidats, un Himalaya de problèmes devant nous.
41:56On est à un moment historique, les Français l'ont compris, ils sont malheureux.
42:00Ils ont compris que le système est au bout de la course.
42:02On est quelque part en 45 ou en 58, il y a tout à recommencer.
42:07Eh bien, je n'entends pas de ça.
42:09Je n'entends pas parler de ça.
42:11Il y a un décalage terrible, Eliott, entre ce qu'il faudrait faire et ce que j'entends.
42:19Sachant que, si on dit la vérité, les chances d'être élus sont faibles.
42:25Ce qu'il faut faire fait peur et personne ne peut prendre la responsabilité de dire...
42:32Mais vous partagez l'avis d'Henri Gueno, c'est la pire campagne pour l'instant.
42:34Elle vient à peine de commencer et vous pouvez avoir des super campagnes,
42:37mais sur ces 50 dernières années, force est de constater que ceux qui l'ont parfois remporté
42:41ont entraîné la France dans la situation dans laquelle nous sommes.
42:44On joue bien une campagne catastrophique pour ensuite avoir un vainqueur qui réussit à relancer le pays.
42:52J'attends vraiment que les candidats annoncent des choses à la hauteur des problèmes qui sont devant nous
42:58et qui touchent à l'immigration, à nos compliqués, à la défense, etc.
43:02C'était une heure d'émission qui est passée en l'espace de quelques instants pour moi.
43:08Grâce à vous.
43:08Non, pas du tout. C'était grâce à vous, tous les deux.
43:11C'était un bonheur de vous retrouver.
43:12J'espère qu'on va pouvoir réitérer cet échange-là tous les trois.
43:17Je vous remercie. Dans quelques instants, c'est l'heure des Pro 2.
43:21Et je le dis aux téléspectateurs, vous allez découvrir un entretien inédit.
43:26Vous n'avez pas pris la parole comme ça depuis près de dix ans après avoir quitté la scène politique.
43:32Je parle de François Fillon qui a pris la parole dans le média Legend que vous pouvez retrouver sur YouTube
43:38avec Guillaume Plais.
43:39Et vous allez découvrir dans quelques instants ce qu'il pense du climat politique actuel, de la justice également.
43:47et il est revenu pour la première fois sur ce qui lui était arrivé en 2017 en pleine campagne présidentielle.
43:56Restez avec nous et découvrons cela ensemble dans quelques instants.
43:59A tout de suite.
43:59A tout de suite.
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