00:00Deuxième passage de Philippe de Villiers, quand je dis qu'il est visionnaire,
00:03et c'est vraiment intéressant de voir ce que dit un homme politique,
00:06il y a ceux qui voient plus loin que le bout de leur nez, si j'ose dire,
00:10et là vous allez voir un échange, on est en 2013,
00:14avec François Hollande, qui est très attentif d'ailleurs à ce que dit Philippe de Villiers.
00:17Et il est à côté de Laurent Fabius, qui a voté non en 2005,
00:22mais qui est quand même avec François Hollande, pour dire la cohérence de ces gens.
00:26Bon, sur des sujets aussi importants.
00:28C'est-à-dire qu'il accepte d'être président de la République alors qu'il a voté contre.
00:31Bon, bref.
00:32Et voyez ce que dit Philippe de Villiers, parce que là encore, on est en 2013, il y a 13
00:37ans.
00:38Tout est dit.
00:41Monsieur le président de la République, mes chers collègues,
00:48je vous demande de bien vouloir, par prudence, laisser s'exprimer
00:54la minorité dans cette enceinte, qui peut-être représente, sans doute représentera demain,
01:04si ce n'est pas le cas aujourd'hui, l'immense majorité des peuples à l'extérieur de cette enceinte.
01:12Monsieur le président, vous avez reçu les félicitations chaleureuses de monsieur Barroso,
01:19la Commission de Bruxelles.
01:22Cela vous a satisfait, cela m'inquiète.
01:27Vous avez eu un mot dans votre propos qui est juste.
01:30Vous craignez la défiance des peuples européens.
01:35Peut-être ce mot vous est-il inspiré par votre voisin,
01:40qui a voté non en 2005, lors de la dernière consultation référendaire.
01:47Pour le reste, le compte de fait, pour reprendre une expression utilisée il y a un instant, continue.
01:54Monsieur le président, je voudrais vous dire solennellement,
01:59et de façon respectueuse et cordiale,
02:04votre rêve,
02:06votre rêve de la fusion des nations européennes par l'intégration,
02:13le rêve des élites post-nationales,
02:19est un rêve qui s'est évanoui dans le cœur des peuples.
02:24Il s'est désintégré.
02:27Parce qu'il était tramé dans un tissu de mensonges.
02:34Le mensonge de Schengen,
02:38qui devait nous apporter la sécurité en abattant les frontières internes.
02:43Le mensonge d'une Europe sans protection douanière,
02:47qui devait nous apporter la prospérité,
02:50le courant des échanges.
02:54La fin de notre industrie est là.
02:56Vous le savez.
02:58Et M. Montebourg le déplore tous les jours.
03:02Et puis aussi l'euro,
03:04qui devait nous apporter la croissance.
03:08Et puis le pouvoir d'une oligarchée à Bruxelles,
03:15qui devait finalement rencontrer la confiance des peuples.
03:23Aujourd'hui, les peuples s'éloignent.
03:27Ils s'éloignent parce que partout,
03:28c'est l'austérité,
03:30l'appauvrissement,
03:31le marasme et le sentiment d'un pouvoir de plus en plus lointain.
03:36Alors, on ne résout pas un problème, M. le Président,
03:39avec les modes de pensée qui l'ont engendré.
03:42Aujourd'hui,
03:44ce que nous attendons de vous,
03:46c'est que vous prononciez un mot tabou dans cette enceinte.
03:50Un mot tabou dans le milieu confiné,
03:54où se rencontrent les banquets et les marchés,
03:56les milieux d'affaires et les grands profiteurs de la mondialisation sauvage.
03:59C'est le mot référendum pour que les peuples puissent exprimer leur aspiration profonde.
04:04On a besoin de racines,
04:06on a besoin de frontières,
04:07on a besoin de protection,
04:09on a besoin d'un univers juridique stable,
04:12on a besoin de ne pas perturber le droit de la filiation,
04:16on a besoin que vous protégez nos attachements vitaux.
04:20M. le Président, vous avez évoqué François Mitterrand.
04:22Nous appartenons tous les deux à la génération
04:25qui a vu avec bonheur tomber le mur de Berlin.
04:29Prenez garde, M. le Président.
04:31Ne marchez pas trop sous le mur de Maastricht.
04:34Il pourrait s'effondrer sur vous.
04:37Philippe de Villiers, on est en 2013
04:38et on est 20 ans après la première intervention tout à l'heure.
04:41Donc il y a une cohérence et il dit aujourd'hui,
04:43il répète la même chose,
04:44mais n'est-il pas trop tard ?
04:46Richard Millet.
04:47Je pense qu'il est trop tard.
04:48Je veux dire que ce discours est tout à fait remarquable
04:50et par la logique de la pensée et par le ton.
04:54Une seule chose peut-être dont il ne parle pas,
04:57c'est le grand remplacement.
04:58C'est la pression migratoire.
04:59C'est absent de son discours.
05:01Peut-être que c'était stratégique de ne pas le nommer,
05:04mais en tout cas, on peut y ajouter ça.
05:07Vous allez souvent à Londres, Bertrand Deskers ?
05:09Non.
05:11Parce que ceux qui habitent à Londres
05:13sont frappés du changement de population.
05:16Absolument.
05:16Je peux le dire comme ça.
05:17Oui.
05:18Et effectivement, l'immigration massive qui existe un peu partout en Europe,
05:22mais notamment à Londres, fait qu'il y a beaucoup d'ailleurs de personnes que je peux connaître
05:26qui vont quitter Londres parce que c'est une ville qui devient différente.
05:30Le Londonistan.
05:31Le Londonistan.
05:32Vous savez que même, il se dit que certains veulent supprimer le drapeau britannique
05:39pour ne pas heurter les sensibilités des communautés installées.
05:44Je m'imagine qu'on n'en est quand même pas là.
05:46C'est une réalité ?
05:47Le RN sera à Birmingham lors des prochaines heures,
05:51justement sur le sujet avec Reform UK, etc.
05:53Le Royaume-Uni qui a quitté l'Union Européenne,
05:55mais qui n'a pas quitté les problématiques qui traversent le pays depuis longtemps.
05:58Vous avez vu qu'en Islande, les électeurs ont rejeté la reprise des négociations d'adhésion à l'Union Européenne.
06:0352% ont voté non contre 47% pour le oui,
06:06avec une participation particulière élevée de 82%.
06:09C'est-à-dire que si aujourd'hui vous aviez en France une adhésion à Maastricht,
06:15en fait, l'Europe, c'est pas l'Europe en soi qui est mauvaise, bien sûr.
06:20C'est la manière dont elle fonctionne.
06:22Non, mais le caïslandais, c'est un peu particulier quand même.
06:24Comment ?
06:24Oui, mais c'est intéressant.
06:25C'est très particulier parce que ça tourne beaucoup autour du thème de la pêche.
06:29C'est, je crois, la moitié de l'économie et c'était en danger.
06:32En cas d'adhésion à l'Union Européenne, ils ont beaucoup discuté.
06:35C'est 5% le BNB.
06:3640% il paraît, 40% du commerce.
06:39Richard Millet !
06:39Ce qui est intéressant, c'est que...
06:41Pardon, allez-y Richard.
06:42Est-ce que vous savez que l'Islande est le seul pays qui fête sa colonisation ?
06:46Oui, c'est peut-être pas une bonne idée non plus.
06:48Si, je veux dire, il n'y avait rien.
06:51Ah oui, d'accord.
06:51Non, mais officiellement, je veux dire...
06:53Il aurait été colonisé, c'est ce que vous voulez dire.
06:55La fête de la colonisation de l'Islande par les Islandais, la fête nationale.
07:00Ce qui est intéressant, c'est que l'Islande est un pays riche.
07:03L'Islande est un pays riche.
07:04À intervenir.
07:04Bonne nuit !