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Tous les jours, actualité, débats et bonne humeur rythment L'Heure des pros. Ce jeudi, Pascal Praud revient sur l'éventualité d'une primaire de la droite et du centre.

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Transcription
00:00Écoutez ce qu'il disait par exemple sur la primaire.
00:03Je ne suis pas par nature un enthousiaste de la primaire.
00:06Je ne crois pas que l'organisation de primaire relève d'une logique de vertu ou de modernité.
00:11Je pense que c'est l'expression d'une nécessité, beaucoup plus que celle d'une vertu ou de la
00:14modernité.
00:15Nous sommes dans un système où si un camp, la droite et le centre,
00:19arrivent divisés à l'élection présidentielle au premier tour,
00:22le risque qu'il ne soit pas présent au deuxième est très élevé.
00:24Et là encore, je ne suis pas devant en disant ça.
00:27Je constate simplement ce qui s'est passé, ce qui s'est passé pour la gauche en 2002,
00:32lorsque la division à gauche a conduit à l'élimination de Lionel Jospin du deuxième tour.
00:39Et donc, on a bien compris que dans un dispositif où il y a trois camps
00:43qui peuvent être au deuxième tour de l'élection présidentielle,
00:44il faut que chaque camp s'ordonne au maximum avant le premier tour,
00:48sinon il risque de ne pas être qualifié pour le deuxième.
00:51C'est ça qui rend nécessaires les primaires, qu'on les aime ou qu'on ne les aime pas.
00:54C'est parce qu'il n'y a pas de candidat légitime avec la force de l'évidence
00:57pour aller représenter la droite et le centre à ce stade
01:00qu'il faut organiser le truc le plus démocratique possible,
01:04le plus ouvert possible pour dire le bon candidat c'est celui-là,
01:07c'est le légitime et c'est lui qui va se présenter.
01:09Et c'est comme ça qu'on maximise la chance de gagner.
01:11C'est pour ça d'ailleurs que des gens qui étaient a priori très peu ouverts à la primaire,
01:16ils sont venus par nécessité.
01:18C'est vraiment la nécessité qui fait loi.
01:19Donc vous voulez que le match ait lieu, vous souhaitez ?
01:21Bien sûr, il faut qu'il ait lieu.
01:22Ça donne d'ailleurs, d'abord ça oblige à préciser sa pensée,
01:26à travailler, à convaincre son électorat très en amont,
01:29et de ce point de vue-là c'est plutôt sain.
01:30Et puis ensuite ça permet de trancher à l'intérieur de son propre camp des lignes politiques.
01:35Donc ça a au moins cette vertu-là.
01:36Vous savez à qui ils me font penser ?
01:38Dans Ridicule, il y a un personnage,
01:40comment il s'appelle ce personnage qui est joué par Bernard Giraudot ?
01:43Qui dit, je viens de démontrer l'existence de Dieu,
01:48mais je pourrais tout aussi bien démontrer le contraire.
01:51Voilà.
01:52Et le roi est fâché, et puis il est répudié.
01:54Je ne sais plus comment s'appelle ce personnage.
01:57Mais la difficulté des hommes politiques, c'est ça.
02:00C'est-à-dire qu'évidemment qu'il est intelligent, Édouard Philippe.
02:03Et il sait, c'est vraiment thèse, antithèse, synthèse.
02:06C'est-à-dire qu'il est capable de dire tout et son contraire.
02:08La preuve, la preuve, je ne peux pas vous dire autre chose.
02:11La preuve, c'est lui.
02:12Il n'y a pas de meilleur argument pour la primaire
02:14que ceux que je viens d'entendre là.
02:16J'estime qu'on est en 2014-2015.
02:19Entre-temps, il y a 2016.
02:21La primaire, il soutient Alain Juppé.
02:22Il la perd au profit de François Fillon.
02:24Il a sans doute aussi tiré une expérience de cette primaire perdue
02:29où il rejoint Emmanuel Macron.
02:31Peut-être que son avis a changé.
02:32Quant à la légitimité d'un candidat qui ferait l'unanimité,
02:36et ça n'est plus possible aujourd'hui dans cet espace-là,
02:39il estime qu'avec les sondages, il peut empocher la mise.
02:42Ce n'est pas tout à fait à l'église le corps.
02:44Ce n'est pas du tout le même contexte.
02:46J'aimerais bien avoir la date exacte,
02:48mais il y avait encore des partis avant Emmanuel Macron.
02:51C'est-à-dire que tout ça a volé en éclats.
02:53Et moi, je trouve que ça pose une véritable question
02:55sur le fonctionnement de notre démocratie aujourd'hui.
02:58En fait, normalement, on est lié à un candidat
03:01au suffrage universel direct.
03:02Donc, ce n'est pas le modèle de la Ve République
03:04de faire des primaires pour désigner des candidats,
03:09une pré-sélection.
03:10Ça ne fonctionne pas comme ça normalement.
03:11Donc là, c'est extrêmement problématique.
03:13Moi, qu'on me dise probablement de choisir
03:16entre un Gabriel Attal et un David Isner
03:18ou un Bruno...
03:19Ce ne sont pas les mêmes sensibilités.
03:21Et le problème, je pense que c'est autant l'incarnation
03:23que le projet qui manque.
03:24Et en fait, on en a du mal à les voir.
03:26Mais ce ne sont pas du tout les mêmes sensibilités.
03:28J'entends ce que vous dites.
03:29D'abord, c'est l'abbé de Villecourt.
03:31Et il y a mon ami Jean Dalric de Noirmoutier,
03:34célèbre comédien qui va remonter sur scène
03:36pour Alceste à la comédie française.
03:38Et puis Pierre Charon, qui me rappelle
03:39l'abbé de Villecourt.
03:40Et puis Stéphane Gunel.
03:42Tout le monde me dit l'abbé de Villecourt.
03:43Ce que je veux vous dire, et tout à l'heure,
03:44ce n'est pas...
03:45Je me suis placé tout à l'heure
03:47du côté d'Édouard Philippe.
03:49Bon.
03:50Ce n'est pas être contre le RN
03:51de dire ce que je disais là.
03:53Je me suis placé de leur côté.
03:55Ils me disent en permanence,
03:56ils nous disent la France.
03:57Ils disent par exemple
03:58le RN est une menace.
04:00Très bien.
04:00Ils disent l'EFI est une menace.
04:02Très bien.
04:02Menace pour la démocratie.
04:04À ce moment-là,
04:05tous vos arguments que vous avez donnés tombent.
04:07Et pourquoi ?
04:08Parce que les différences de sensibilité,
04:11les différences de sensibilité,
04:12elles peuvent exister,
04:13mais c'est moins important
04:14qu'une menace contre le RN.
04:16Donc ce que je veux vous dire,
04:17c'est que quand ils disent que le RN
04:18c'est une menace contre la démocratie,
04:20c'est du baratin.
04:21Ils savent que ça fonctionne
04:22parce que c'est du baratin.
04:23Je suis désolé de vous le dire.
04:24C'est une menace pour leur poste.
04:27Alors la valette a raison,
04:28c'est une menace pour leur poste.
04:29Il y a une crimine.
04:29Qui vous dit que les électeurs
04:30de Gabriel Attal
04:31iraient nécessairement voter
04:32pour un candidat du centre
04:33qui se dit pourtant
04:34d'un candidat de droite ?
04:35Ça n'a aucun sens.
04:36Et bien écoutez...
04:37Gabriel Attal est un candidat du centre
04:39mais plutôt progressiste.
04:40C'est de centre droit
04:41et il a une campagne
04:42qui se situe
04:44plus à droite que...
04:45Votre communiste, madame Lecor,
04:47excusez-moi de vous le rappeler quand même.
04:48Je ne suis pas là pour défendre les Français.
04:49Je dis simplement
04:50qu'en fait,
04:51l'exercice de la démocratie,
04:52c'est de pouvoir confronter
04:53différents projets,
04:53différents points de vue,
04:54différentes sensibilités
04:55et de ne pas les réduire
04:56à trois blocs
04:57qui seraient le centre,
04:58le Rassemblement national
04:59et les filles.
04:59Surtout après dix ans
05:00de en même temps.
05:00Les Français n'en peuvent plus
05:01de en même temps.
05:02Vous avez vu que Guillaume Tabard
05:03du Figaro rapporte ce matin
05:04qu'Emmanuel Macron
05:05serait favorable à une coalition
05:06qui irait de Raphaël Glucksmann
05:07à David Lissnard.
05:09C'est-à-dire le en même temps
05:092.0
05:10mais un peu musclé aux hormones.
05:12Mais c'est encore...
05:13C'est déplorable.
05:14Les Français ne veulent plus de ça.
05:14C'est pourquoi les gens parlent.
05:16c'est parce qu'ils ne sont pas d'accord.
05:17Moi, je me suis placé,
05:19ce n'est pas fréquent,
05:20je me suis placé
05:21du côté d'Edouard Philippe.
05:22J'ai essayé de trouver
05:23une cohérence dans son discours.
05:27Que dites-vous,
05:28Vincent Herbouet ?
05:28Ne vous justifiez pas comme ça,
05:30comme si vous étiez coupable.
05:31C'est pas mal d'aller voir,
05:33de changer de point de vue.
05:34Ben oui.
05:35Vous avez le droit.
05:36Ben oui.
05:36Personne ne vous le reproche.
05:37Ben non.
05:38Lâchez votre téléphone.
05:39Ben oui.
05:40Voilà.
05:40Pourquoi lâchez votre téléphone ?
05:41Parce que c'est sur les réseaux sociaux
05:42qu'on vous accuse
05:43de tous les crimes.
05:44Ce n'est pas important.
05:45Non, ce n'était pas les réseaux sociaux.
05:46Ce n'était pas les réseaux sociaux.
05:49Votre conscience ?
05:50Non.
05:53Ma conscience.
05:53Vous savez ce qu'elle vous dit,
05:54ma conscience ?
05:56Bon.
05:57Est-ce que...

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