- il y a 5 semaines
Avec Pierre Huguenin, copropriétaire des Vergers du Moiron, et Daniel Sauvaitre, président de l’Interfel (l’interprofession des fruits et légumes)
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NewsTranscription
00:00Radio, à vous de le dire, Stéphanie Demiru.
00:03Bonjour à tous, soyez les bienvenus, ravis de vous retrouver désormais du lundi au vendredi de 10h à midi
00:10pour votre nouveau rendez-vous, à vous de le dire, dans la prochaine demi-heure.
00:14C'est votre histoire, on va parler de ce qui vous concerne, votre quotidien, ce qui vous fait réagir
00:20parce que l'actualité, eh bien ce n'est pas ce qu'on vous raconte, mais c'est avant tout
00:23et surtout ce que vous vivez.
00:25Au menu aujourd'hui, est-ce que l'on va finir par consommer des fruits et légumes venus de l
00:30'étranger ?
00:31On nous dit manger 5 fruits et légumes français par jour, nous on veut bien,
00:35mais comment on fait si les produits français sont plus petits, moins beaux en raison de la sécheresse et de
00:40la canicule ?
00:41Ils sont écartés des rayons au profit de produits importés, sans compter les prix, plus 13% en un an.
00:48On nous annonce le retour des gueules cassées, vous savez, ces fruits moches au supermarché,
00:53alors bluff ou réalité ? Est-ce que vous trouvez ça normal ?
00:56A vous de le dire, venez témoigner au 0826 300 300.
01:00On sera notamment avec Daniel Sauvetre, président de l'interprofession des fruits et légumes.
01:05Il nous dira ce qu'il attend des annonces de la ministre de l'Agriculture jeudi prochain.
01:08A partir de 10h30, trois débatteurs autour de la table pour commenter les sujets qui font parler la France ce
01:15matin.
01:15Édouard Philippe en tablier, servant des frites avec Gérald Darmanin.
01:19La photo devait montrer un candidat proche des Français, mais elle a plutôt déclenché les railleries,
01:24notamment l'invité de Jacques Cardoz ce matin.
01:28On l'entendra.
01:29Veille de rentrée des classes, est-ce qu'il faut enfin augmenter les profs ?
01:33C'est un petit peu le serpent de mer, une bonne fois pour toutes.
01:35Chacun y va de sa promesse.
01:37Au moins 200 euros pour Gabriel Attal, pour Édouard Philippe 20%.
01:41Mais à chaque fois, ça n'arrive pas.
01:43On en parle avec nos débatteurs.
01:45Interdire le voile dans l'espace public, c'est le sujet qui a occupé le week-end.
01:50Vraies mesures de fermeté ou promesses inapplicables ?
01:53Le Rassemblement national, en tout cas, remet cette mesure, cette promesse au goût du jour.
01:58Mais est-ce qu'elle est vraiment réalisable ?
02:00Est-ce que c'est souhaitable ?
02:01On en parle avec mes débatteurs.
02:04Et vous, chers auditeurs, vous pouvez bien sûr nous appeler au Standard pour prendre part aux discussions,
02:09puisque, vous le savez, c'est votre émission.
02:13Bonjour, Gilles Gansman.
02:14Bonjour, Stéphanie.
02:15Je suis ravie de vous retrouver.
02:17Moi aussi, on s'est croisés au moment des émissions médias à l'époque.
02:21Absolument.
02:21Quand Valérie était en vacances.
02:23Là, Valérie a pris de longues vacances.
02:25Elle profite de la vie, c'est bien.
02:27On pense à elle, évidemment.
02:28On l'embrasse très fort.
02:29Eh bien oui, ça y est, c'est déjà la retraite.
02:31Non, je rigole.
02:32Oh non, non, non.
02:32Elle sera là pour les livres.
02:33Elle sera là dès samedis pour son émission sur les livres.
02:38Et on l'écoutera.
02:40Et vous allez, vous Gilles, nous accompagner durant ces deux heures.
02:43Vous allez rester avec moi dans ce studio.
02:45Vous avez votre rendez-vous zapping à 10h30.
02:48Mais vous serez aussi notre vérificateur de...
02:51Mais Jiminy Cricket.
02:52Exactement.
02:53Sur Jiminy pour vérifier.
02:54On n'a pas raconté trop de bêtises.
02:56Non, on va essayer.
02:57On va essayer.
02:57Et puis vous surveillez aussi les réseaux sociaux,
02:59parce que, évidemment, l'idée, c'est qu'on ait des sujets qui fassent réagir.
03:03Et oui.
03:03Alors, rappelons le téléphone.
03:05Vous avez parlé que les auditeurs pouvaient nous appeler.
03:08C'est 0826 25 25.
03:13Et si, attention.
03:14Alors, 0826 300 300.
03:16Donc, si vous ne connaissez plus le numéro de téléphone,
03:18qu'est-ce que je vais faire de vous ?
03:19Je ne me cherchais pas.
03:20C'est Valérie qui le disait.
03:220826 300 300.
03:23Vous pouvez aller sur Facebook.
03:25Notre Facebook est ouvert.
03:26On est en live sur Facebook.
03:27Et puis, également, prenez l'habitude d'aller sur YouTube,
03:30parce que sur YouTube, il y a également beaucoup de réactions.
03:33On les regardera.
03:33Et puis, évidemment, le réseau social sur X ou sur même Insta.
03:38Et très important, chers auditeurs,
03:40si, à un moment donné, vous entendez quelque chose qui vous paraît un petit peu hors sol,
03:44ça arrive.
03:44C'est d'ailleurs souvent le reproche qu'on fait aux médias.
03:48On aura nos débatteurs à partir de 10h30,
03:50qui sont souvent aguerris aux commentaires politiques.
03:54Eh bien, vous avez un droit, une forme de droit au rappel de la vie réelle.
03:59Et il y aura une petite cloche, Anthony.
04:00Voilà, celle-là.
04:01Et vous aurez le droit de venir réagir sur l'entête de Sud Radio.
04:04Plus que le droit, même.
04:06C'est une obligation de votre part.
04:08Si, vous, ce que vous vivez dans votre quotidien,
04:11ça n'a rien à voir avec ce que vous entendez à la radio.
04:13Surtout, venez nous en parler.
04:16Stéphanie, vous achetez des fruits et légumes ?
04:18Eh bien, oui, évidemment.
04:19Mais vous savez que je suis allée chez Lidl.
04:22Je ne veux pas prononcer de marque.
04:26Mais c'est vrai que j'étais étonnée de voir qu'il n'y avait rien du tout.
04:29Il y avait des tomates et des poires et c'est tout.
04:32J'ai l'impression qu'il y a beaucoup de problèmes dans les approvisionnements.
04:36Et puis, c'est vrai qu'on entend beaucoup de voix.
04:38De plus en plus, c'était le sujet du jour.
04:40Pour les agriculteurs qui se plaignent parce qu'il y a eu la sécheresse et la canicule.
04:45Et qu'ils ne connaissent pas leur avenir.
04:47On a au téléphone Pierre Huguenin.
04:51Pierre Huguenin, il est copropriétaire des vergers du Moiron.
04:55Et il voulait réagir ce matin sur l'antenne de Sud Radio.
04:58Bonjour, Pierre.
05:00Bonjour.
05:01Soyez le bienvenu sur l'antenne de Sud Radio.
05:04Alors, vous, vous êtes arboriculteur.
05:06C'est bien ça ?
05:06Vous cultivez des pommes, des noisettes, des noix ?
05:12Pommes principalement et noisettes en seconde culture.
05:15On fait ça avec ma sœur dans le sud-ouest, c'est-à-dire à côté de Bergerac.
05:19On l'entend à votre bel accent.
05:22Comment s'est passé l'été, Pierre ?
05:25On imagine que ça a été certainement compliqué pour vous.
05:30Extrêmement compliqué avec les cinq vagues de chaleur qu'on a subies cet été.
05:34Et le manque d'eau depuis le mois d'avril.
05:37Et qui se poursuit encore cette semaine.
05:41Et voilà, on n'a vraiment pas d'eau.
05:43Et c'est un problème.
05:44Alors, c'est un problème concrètement.
05:46Qu'est-ce que ça donne sur vos récoltes ?
05:49Alors, sur nos récoltes, on a des fruits qui sont brûlés par le soleil.
05:54On a du petit calibre, puisque au mois d'avril, en pleine multiplication cellulaire,
06:00juste après la pollinisation des fleurs, on a manqué d'eau.
06:04Donc, ça induit forcément un calibre qui est plus petit.
06:08Et ensuite, les canicules et le manque d'eau n'ont pas amélioré la situation.
06:13Et on a toujours des fruits qui sont petits.
06:16Et beaucoup sont brûlés par le soleil.
06:20Alors, ça veut dire quoi, Pierre, que vous avez par conséquent du mal à les vendre au supermarché ?
06:25Parce qu'il y a des calibrages, c'est ça ? Expliquez-nous.
06:30Alors, il y a deux catégories de fruits.
06:32Nous, on fait de la pomme en frais.
06:36C'est-à-dire de la pomme à croquer qu'on retrouve sur les étals de supermarché.
06:39Il y a plusieurs critères pour les mettre en rayon.
06:43C'est-à-dire, il y a le calibre, qui est un des principaux critères.
06:47Ensuite, il y a la couleur.
06:48Et il y a les aspects, c'est-à-dire, il faut que ce soit quand même une belle pomme,
06:53comme on peut retrouver dans les dessins animés.
06:56C'est-à-dire, parfaite, pas de défaut, de belles couleurs.
07:00Et du coup, les épisodes caniculaires nous ont induit plusieurs choses,
07:04c'est-à-dire des petits fruits.
07:05Ça, c'est la première des choses.
07:07Ensuite, on a des fruits qui sont abîmés liés à des brûlures du soleil.
07:11Et ensuite, la couleur, elle se fait entre une différence de température
07:16qu'on peut avoir entre la nuit et le jour.
07:20Et pendant les épisodes caniculaires,
07:22comme la température ne descend pas la nuit,
07:24du coup, on a des fruits qui sont plutôt non colorés.
07:26C'est-à-dire...
07:27Mais, M. Huguin, est-ce que vous vous êtes persuadé
07:31que ces fruits qui sont bons à la consommation
07:35et qui ont du sucre, sont appétissants ?
07:40Est-ce que le fait qu'ils ne ressemblent pas forcément à la pomme,
07:43qu'on imagine comme dans les dessins animés, vous nous avez dit,
07:46vous êtes sûr que les Français ne les achètent pas ?
07:48Il n'y a aucune conscience de la part des Français ?
07:52Si, il y a une conscience de la part des Français,
07:54mais le souci, c'est que nous, on passe par des distributeurs.
07:58C'est-à-dire que je produis 1000 tonnes de pommes par an.
08:01Et donc, c'est très compliqué pour moi de venir,
08:04de les vendre en direct.
08:05Donc, pour ça, on fait appel à des metteurs à marché
08:08ou des coopératives.
08:09Et les coopératives ont des contrats avec les centrales d'achat.
08:13Et c'est ces contrats-là qui viennent décider de l'avenir de la pomme.
08:19Mais est-ce que vous pensez que les Français sont prêts
08:22à acheter des fruits abîmés ou pas ?
08:27Alors, il y a une certaine catégorie de Français
08:29qui feront l'effort d'acheter des fruits abîmés.
08:34Mais il y a une autre partie des Français
08:35qui sont là pour acheter des beaux fruits,
08:37qui vont se conserver.
08:39Parce qu'évidemment, quand vous avez un fruit qui est brûlé par le soleil,
08:41regardez, je vais vous amener un exemple.
08:45Ça, c'est une brûlure.
08:48Vous pouvez être sur notre Facebook ou YouTube.
08:49Non, mais ça, c'est vrai que c'est certainement compliqué.
08:52Mais quand même, là, vous avez entendu,
08:54vous avez certainement lu l'interview,
08:57notamment dans le JDD, Thierry Cotillard,
08:59les trois mousquetaires, ils promettent.
09:01Vous savez, c'est le retour des fameux fruits moches.
09:04C'était il y a quelques années.
09:06On avait été assez connus pour ça en France.
09:08Et il y a vraiment des promesses de ce point de vue-là.
09:11une vraie opération de communication des supermarchés
09:13pour que les Français achètent ces fruits.
09:16Parce qu'il faut vraiment le rappeler,
09:17et c'est extrêmement important pour vous,
09:20Pierre, qu'ils sont tout aussi bons
09:22que les fruits de dessin animé,
09:24comme vous les appelez.
09:26Oui, ils sont tout aussi bons.
09:28Ils sont tout aussi bons.
09:29Mais M. Cotillard le rappelle,
09:33là, dans la tribune du journal du dimanche.
09:38Voilà, du journal du dimanche de hier.
09:42Mais c'était une opération qui avait été lancée il y a déjà dix ans
09:45et a fortiori qui a été arrêtée
09:48et qui recommence cette année.
09:50Si cette opération a été arrêtée il y a dix ans,
09:52c'est que ce n'était pas très intéressant pour les Français.
09:57On a une auditrice, Blandine.
09:59Restez avec nous, restez avec nous surtout, Pierre.
10:02On est avec Blandine qui veut aussi témoigner.
10:05Bonjour, Blandine.
10:06Bonjour, c'est Fanny Gilles.
10:08Bonjour.
10:08Bienvenue sur l'antenne de Sud Radio.
10:10Vous nous appelez de Carcaran,
10:11magnifique région près de Toulon.
10:14C'est bien ça ?
10:15Oui, c'est bien ça, tout à fait.
10:17Vous êtes maraîchère, Blandine ?
10:19Oui, exactement, tout à fait.
10:20Je suis maraîchère sur Carcaran.
10:23Alors, vous avez entendu, j'imagine, le témoignage de Pierre.
10:28Est-ce que vous avez vécu, vous, la même chose ?
10:30Qu'est-ce que vous cultivez ?
10:31Oui, alors, par rapport à Pierre,
10:34moi, c'est vrai que ma situation,
10:35elle est un tout petit peu plus différente.
10:37Monsieur Pierre a une grosse, grosse exploitation de pommiers.
10:40Nous, on a une exploitation, mais beaucoup plus petite.
10:44On ne travaille pas avec les magasins, par exemple.
10:47Donc, c'est vrai que nous, niveau contrat, on n'en a pas.
10:50Donc, moi, la différence, c'est que je vends des tomates,
10:53des courgettes, aubergines, poivrons, des fraises,
10:55tout ça en direct, en fait, de ma production.
10:59Moi, j'ai une plus petite, donc, exploitation que monsieur Pierre.
11:03Et du fait qu'on vende en direct,
11:05c'est vrai que par rapport à cet été,
11:07niveau rendement, je suis tout à fait d'accord avec lui.
11:09Les tomates, elles étaient de calibre beaucoup plus petites.
11:12La parcelle de pommes de terre qu'on a arrachées,
11:14ça a été pareil.
11:15Mais moi, j'avais beaucoup, quand même, de fruits moches.
11:18Vous vous en parlez.
11:19Et nous avons, à la cabane, un petit côté dédié à ça.
11:23Donc, c'est mon slogan, c'est « moins moche, mais bon ».
11:26Et donc, on fait un peu moins cher.
11:28Et comme disait, donc, je rejoins Pierre sur ce sujet,
11:30il y a certaines catégories, voilà, de personnes
11:33qui, ça ne les dérange absolument pas
11:36d'acheter, donc, des légumes un peu moches.
11:38J'ai juste à couper un petit bout.
11:40Cependant, après, j'ai une autre clientèle
11:41qui aime bien avoir des fruits et des légumes
11:43un peu plus corrects et qui tiennent dans le temps, forcément.
11:46Mais ça passe par l'éducation aussi des Français.
11:49Il faut vous donner un coup de main aussi.
11:52Il faut être solitaire, parce que...
11:54Solidaire, plutôt.
11:55Pierre, vous, j'imagine que vous avez peur
11:58pour même le devenir de votre exploitation ?
12:03Tout à fait.
12:03Ma première crainte, c'est déjà le retour à fleurs
12:06pour l'année prochaine pour mes arbres fouetiers.
12:09C'est des épisodes qui sont caniculaires.
12:11C'est des épisodes qui sont très exceptionnels pour nous.
12:13Et je ne sais pas comment les arbres vont réagir.
12:17Et ce qui me fait le plus peur tout de suite,
12:20c'est le retour à fleurs pour l'année prochaine,
12:22c'est-à-dire la pérennité de l'entreprise l'année prochaine.
12:24Ça veut dire qu'à cause de la canicule,
12:26vous n'êtes pas sûr que ça va bourgeonner, c'est ça ?
12:30Exactement.
12:31Il y a deux choix.
12:33Il y a deux sujets.
12:35Le premier sujet, c'est est-ce que les bourgeons ont...
12:38Est-ce que les arbres n'ont pas trop souffert
12:39et vont préparer les bourgeons cet hiver ?
12:42Et est-ce qu'il va y avoir suffisamment de froid
12:44pour finir d'affiner ces bourgeons
12:46pour la mise en place de la fleur pour le mars prochain ?
12:50On va bientôt avoir, avec Stéphanie,
12:52le patron de l'interprofession des fruits et légumes.
12:55Vous, vous avez un autre souci,
12:57c'est que les pommes viennent de Pologne.
12:59Ça coûte combien, un kilo de pommes polonaises
13:01et un kilo de pommes de chez vous ?
13:03Pour être concret.
13:04Alors, nous, le coût de production de la pomme,
13:09il avoisine les 60 ou 67 centimes d'euros.
13:12Et le coût de production polonais,
13:15il est presque divisé par deux.
13:17Mais ce n'est pas normal.
13:19C'est principalement lié au coût de la main-d'œuvre.
13:22C'est parce que l'arboriculture est excessivement demandeuse de main-d'œuvre.
13:29Et donc, le premier coût sur mon exploitation, c'est la main-d'œuvre.
13:34Donc, ça veut dire, Pierre, que les supermarchés achètent moins cher la pomme polonaise
13:39et par conséquent privilégient cette pomme étrangère à la vôtre, c'est ça ?
13:43Et c'est plus de marge.
13:44Eh bien oui, mais c'est vrai que ce n'est pas normal.
13:48Exactement.
13:49Et du coup, moi, je ne suis pas trop décisionnaire sur ça.
13:52Ça dépend des contrats qu'on a avec les metteurs en marché.
13:54Oui.
13:55Et du coup, ce qui a été négocié maintenant,
13:59si M. Le Bompard, si M. Intermarché et M. Leclerc décident de faire un effort,
14:06on a peut-être une chance au moins de survivre cette année.
14:10Merci. En tout cas, bon courage, Pierre Huguenin, copropriétaire des vergers du Moirond.
14:14Et puis, on encourage les Français à aller acheter des fruits moches et des petites pommes
14:20parce qu'elles sont largement comestibles et même excellentes souvent.
14:25Merci à vous.
14:26Merci à Blandine aussi, qui a témoigné depuis Carquerane.
14:30Et on sera dans quelques instants avec Daniel Sauvêtre.
14:33On va l'écouter, voir s'il propose des solutions intelligentes pour ses producteurs et ses agriculteurs
14:39qui souffrent.
14:40A tout de suite sur Sud Radio.
14:46Merci de nous rejoindre sur Sud Radio.
14:48On poursuit nos discussions avec Gilles Ganzemann.
14:51On a entendu des agriculteurs, des maraîchers qui nous ont expliqué leur souffrance
14:55par rapport à cette canicule et à cette sécheresse et à leur récolte.
14:59Et puis, cette injonction d'acheter 5 fruits et légumes français, c'est un vieux prix.
15:03Moi, je n'ai pas envie de casser mon PEL.
15:05Ah oui, non, non, n'exagérez pas quand même.
15:07Mais c'est vrai qu'on aimerait bien être solidaires.
15:10Mais parfois, ce n'est pas possible.
15:11Déjà, on ne trouve pas toujours de bons fruits français puisque les supermarchés
15:16préfèrent acheter des pommes polonaises.
15:18C'est ce que nous expliquait il y a quelques instants notre arboriculteur.
15:22Et puis, parfois, c'est cher aussi, c'est plus cher.
15:26Donc, ça n'aide pas beaucoup nos agriculteurs français.
15:29Bonjour, Daniel Sauvêtre.
15:32Bonjour.
15:33Vous êtes président de l'Interfel.
15:35C'est l'interprofession des fruits et légumes.
15:37Vous représentez, en gros, tous ces professionnels qu'on a entendus tout à l'heure.
15:41J'imagine que vous avez écouté leurs témoignages, leurs souffrances.
15:44Pierre Huguenin qui a peur carrément que son exploitation ne survive pas.
15:49Il aimerait bien qu'Intermarché, Carrefour et les autres achètent vraiment ces fameux fruits moches.
15:53Alors, il y a beaucoup d'opérations de communication.
15:55En ce moment, on les entend, ces patrons de grandes distributions dire
15:59« Oui, on va les remettre au goût du jour. »
16:01Mais est-ce qu'on peut les croire vraiment, Daniel Sauvêtre ?
16:05Bien sûr qu'on peut les croire.
16:07Parce qu'en fait, il ne s'agit pas de ce que l'on appelle les fruits moches.
16:12Ce sont des fruits qui, d'habitude, ont un peu plus de peine à être commercialisés
16:16parce qu'il y a suffisamment de très bons fruits, d'un bon calibre avec un bel aspect.
16:21Donc là, on va avoir une offre qui va accepter parce que l'offre est plus rare.
16:25On aura des fruits, des légumes plus petits.
16:28Ils seront peut-être un peu moins colorés, mais ils ne seront pas moches.
16:31Le moche ne correspond pas vraiment à cette évolution de l'offre.
16:35Je vois bien qu'en marketing, on a cette démarche qui dit les fruits moches.
16:39Non, non, on va avoir une offre qui va faire accéder au marché des fruits, des légumes,
16:45peut-être plus petits, un peu moins colorés, qui d'habitude sont si peu valorisés,
16:50bien qu'on préfère ne pas les récolter ou qu'on les destine à autre chose.
16:54Et cette fois-ci, ils pourront accéder au marché de manière à avoir un meilleur équilibre offre-demande.
16:58Et tout au c'est bon, Daniel Sauvêtre, c'est vraiment important de le dire aux auditeurs.
17:02Oui, mais plus cher, petit et plus cher.
17:04Moi, j'ai été sur mon marché, Stéphanie, la tomate, elle a 8 euros le kilo.
17:09C'est ça, votre marché ?
17:09Moi, c'est dans le 15e.
17:11Mais c'est 8 euros le kilo de tomate, on ne peut pas acheter le kilo de tomate.
17:14Vous voyez, moi, j'ai acheté un agriculteur en direct.
17:17Tu as acheté un agriculteur ?
17:17Eh bien oui, j'ai eu la chance de passer vers, vous savez, vers Loche, c'est près de Tours.
17:223,90 le kilo, elles étaient excellentes, ces tomates.
17:24Ah, les tomates ?
17:24Eh oui.
17:25Mais vous voyez, je trouve que votre collègue est plus maligne que vous.
17:29Oui, bon, ça ne ramera pas tous les jours à 3 heures de route, c'est vrai, mais on aimerait
17:34bien.
17:34C'est vrai qu'on n'est pas toujours aidé dans les grandes villes.
17:38Il y a des gens qui ont la chance de pouvoir acheter en direct, et il faut le faire, il
17:42faut le privilégier.
17:43Mais quand vous êtes dans les grandes villes françaises, que vous êtes dans des supermarchés,
17:48peut-être que c'est plus compliqué, Daniel Sauvêtre.
17:52Oui, c'est plus compliqué, mais franchement, on connaît les consommateurs, ils sont très malins,
17:57ils savent choisir, vous savez, ils peuvent aller sur les marchés, ils peuvent aller dans différentes enseignes,
18:03ils vont comparer, et puis tout n'est pas hors de prix en permanence.
18:08Vous savez, les producteurs de melon me disent que cette année, l'offre a été importante toute l'année,
18:13et que finalement, ils n'ont pas réussi à couvrir leur prix de revient,
18:15parce que les prix sont restés toujours plutôt bas, et on a eu, pour les pêches nectarines,
18:21qui continuent de se trouver sur les marchés en abondance,
18:24ils me disent que cette fin de saison, l'offre est en train de devenir plus importante,
18:28la demande est un peu moins là, et donc les prix sont plutôt à la baisse.
18:31Vous voyez, on va avoir sur l'étale des fruits et légumes, on a 100% de situation que de
18:36fruits et légumes.
18:36C'est plus 13%, je voyais les chiffres d'augmentation en un an, fruits et légumes.
18:41Donc bon, vous dites, c'est pas cher, mais enfin, ça devient parfois...
18:46C'est pas plus 13% depuis le début de l'année, puisqu'on a connu plutôt un hiver où
18:52les fruits...
18:53Mais ça augmente depuis le 14 juillet, parce qu'en fait, on a eu un début de saison qui s
18:58'est plutôt bien passé,
18:59où les fruits, les légumes étaient en abondance, de bonne qualité, et tout le monde était content.
19:05En fait, la situation s'est inversée à partir du 14 juillet,
19:08parce que là, on a vraiment vu que la sécheresse, la canicule commençaient à avoir un impact.
19:13Et on a vu, avec la gamme des salades, après, on a vu toute la gamme, finalement, des légumes qui
19:23a annoncé des baisses.
19:25Vous l'avez dit, pour la tomate, on a eu un mois d'août avec une offre plus faible et
19:29des prix très soutenus.
19:31Les choses peuvent encore évoluer.
19:32On va voir arriver plutôt une production de tomates qui va remonter en septembre.
19:38Monsieur Sauvêtre, on a tous été dans le supermarché, et on craque tous sur cette petite boîte en carton,
19:4599 euros, les tomates cerises.
19:48Évidemment, c'est 90 euros de ces petits tomates cerises, ça vient du Maroc ou d'Espagne.
19:52Pourquoi on n'est pas capable de faire un petit carton de cerises à 99 centimes, nous, Français ?
19:59Alors, nous, on peut le faire.
20:01Les professionnels de tomates ont essayé de concurrencer cette offre qui nous vient du Maroc à très bas prix.
20:07Parce que vous savez que c'est des tomates qui sont produites au Sahara, au sud de l'Aïoun.
20:11Vous voyez, on se rend difficilement compte qu'elles font à peu près 3 000 kilomètres pour venir sur nos
20:16étals,
20:16et elles sont pourtant à 99 centimes.
20:18Elles font 3 000 kilomètres ?
20:21Le maximum, c'est 1,29 euros.
20:23Vous voyez, la différence pour les concurrencés, c'est 1,29 euros.
20:26Et à 1,29 euros, beaucoup d'enseignes ont choisi de mettre les deux sous les yeux des consommateurs,
20:31et c'est vrai qu'il est difficile pour un consommateur de faire le choix du 1,29 euros plutôt
20:35que 99.
20:36Il faut vraiment qu'il ait la fibre auprès de probiotiques, mais ça peut se faire.
20:40Mais c'est pas normal, ça devrait être moins cher d'acheter français, ça c'est absolument pas normal.
20:44Daniel Sauvette, vous restez avec nous, on va retrouver Paul, qui nous appelle de Razimé.
20:49Bonjour Paul.
20:51Bonjour Stéphanie, bonjour Gilles, bonjour René, bonjour à votre famille.
20:55Soyez le bienvenu sur l'antenne de Sud Radio.
20:57Alors Paul, pardonnez-moi, je ne connais pas bien cette ville.
21:00Où est-ce que vous vous trouvez ? Où est-ce que ça se trouve Razimé ?
21:02Dans l'Otégaronne.
21:04Ah, parfait, magnifique.
21:05L'Otégaronne, on est dans le bassin de production de frêves.
21:08Oui.
21:09Il y a de la tomate aussi, il y a beaucoup de légumes, beaucoup de fruits, kiwis, pommes, autres.
21:15L'Otégaronne, c'est quand même un département de production de fruits et légumes.
21:19Bon, comment ça se passe pour vous ? Ça s'est passé comment cet été ?
21:22Alors, c'est compliqué avec les fortes températures, parce qu'on a des pertes de rendement, voilà, on a des
21:27fruits déformés.
21:29On a aussi des problèmes, parce que pour travailler, on ne peut pas travailler quand il fait 40 degrés à
21:34l'extérieur.
21:34Même si les serres sont blanchis, qu'on a de l'hygrométrie, on a du personnel, il faut que le
21:39personnel puisse travailler aussi dans des conditions quand même normales.
21:42Donc, on commence très tôt le matin et on finit vers 12h, 13h, voilà.
21:47Donc, ça a affecté votre production de fraises cette saison ?
21:50Oui, on a eu moins de rendement, on a eu beaucoup plus de fruits déformés.
21:55Et ensuite, pour revenir sur le problème des prix, le problème des prix des fruits et légumes français, ça a
22:00été une fausse bonne idée.
22:01C'est la loi Egaline.
22:02Monsieur Soumettre, on devait vous en parler.
22:03La loi Egaline, en fait, ça oblige les distributeurs à mettre en rayon un certain prix, calculé d'après un
22:10prix de production.
22:10Et du coup, les produits importés qui n'y sont pas soumis, ils sont encore plus concurrentiels.
22:16Et ça, c'est une fausse bonne idée de la FNSE1 et c'est un drame.
22:19Parce qu'ils interdisent les promos, mais nous, on fait du foie gras aussi.
22:23Parce qu'en le foie gras, on le vend 90% du temps, on le vend en promo.
22:26Parce qu'en fin d'année, on le met en promo pour que les gens achètent à Noël.
22:29Et au premier de là, en général, on met un truc pour qu'il y ait 30% sur 6,
22:33ils en achètent 2, de manière à ce que ça s'écoule.
22:35Mais le prix des bases rémunère correctement le producteur.
22:38On s'est tiré une balle dans le pied.
22:40Mais est-ce que vous vous sentez soutenu par le gouvernement ?
22:43Non, pas du tout. Ils n'ont rien fait. Ça fait 9 ans qu'ils ne font rien.
22:46À part nous augmenter les normes et les contraintes, ils n'ont rien fait.
22:50Là, aujourd'hui, tout le monde parle d'agriculture.
22:51Tout le monde est en campagne aujourd'hui.
22:52Et c'est dramatique parce que si on fait vraiment le bien du début à la fin,
22:57du début des deux quinquennats et la fin des deux quinquennats, c'est dramatique.
23:01Vous allez la rencontrer, d'ailleurs, la ministre Gennevard, le 3 septembre jeudi.
23:05Vous en attendez quand même quelque chose ?
23:06Non, on n'attendait rien d'elle.
23:08C'est un astre-mort, quoi.
23:10Elle a un charisme de bulot.
23:12Elle ne connaît pas ce dossier.
23:14Oui, mais c'est la vérité.
23:15Moi, j'étais chez LR avant.
23:17Je vous garantis, je suis très déçu de ce parti qui a dérivé complètement.
23:20Vous n'êtes pas le seul, malheureusement.
23:23Et aujourd'hui, ce qu'il faudrait, c'est arrêter de faire vivre les coopératives agricoles au détriment des exploitations
23:29agricoles.
23:30Parce qu'aujourd'hui, on a besoin des aides directes chez les producteurs.
23:33Et ça, c'est très important.
23:34Et oui, c'est très important.
23:35Et on va d'ailleurs terminer avec Paul, notre producteur de fraises de l'Otégaronne.
23:40Merci, Daniel Sauvêtre.
23:41Bon, bonne chance quand même pour votre rencontre avec Annie Gennevard.
23:46Paul, vous êtes...
23:48On peut demander à Daniel Sauvêtre, aussi, qui représente la profession.
23:52Qu'est-ce que...
23:54Merci, Gilles.
23:55Qu'est-ce que vous voulez dire ?
23:57Vous allez rencontrer la ministre, vous allez lui dire quoi ?
24:01Moi, j'attends beaucoup, justement, de la ministre.
24:04Parce qu'on a trois initiatives à prendre.
24:07Il faut d'abord des aides d'urgence pour tous les maraîchers qui sont en incapacité de continuer de travailler.
24:13Parce qu'ils ont tellement peu récoltés qu'ils n'ont pas de trésorerie.
24:16Donc, il faut des aides à la trésorerie.
24:18Il faut, d'un deuxième temps, revoir les règles de l'indemnité de solidarité nationale
24:23pour ceux qui ont plus de 30% de pertes et qui n'ont pas pu s'assurer avec la
24:28assurance récolte
24:28parce qu'elles ne correspondent pas à leur activité de maraîchage et d'arboriculture.
24:33Et puis, dans un troisième temps, il faut réellement se retrousser les manches dans ce pays
24:37pour mettre plus d'eau de côté l'hiver quand il y en a beaucoup,
24:41de manière à ne pas en manquer l'été.
24:43Puisque le potager français, si on veut qu'il produise des fruits et des légumes dans les mêmes quantités qu
24:47'on était habitué,
24:48il faudra plus d'eau.
24:50Et donc, de ce côté-là, on a vraiment besoin d'avoir, et les sénateurs ont pris une initiative
24:53avec les lois d'urgence de permettre cela.
24:55Eh bien, il va falloir maintenant le faire.
24:57Merci, Daniel Sauvêtre.
24:58Le message est passé.
25:00On se retrouve dans quelques instants à 10h30 avec nos débats.
25:03On va accueillir trois débatteurs, Philippe Coy, Rachida, Cahouté, Benoît Perrin.
25:09On les fera réagir sur les sujets d'actualité.
25:12Puis, on aura évidemment le rendez-vous zapping de Gilles Gansman.
25:15C'est dans quelques instants sur Sud Radio.
25:16A tout de suite.
25:18Sud Radio.