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  • il y a 1 semaine
Retour sur une semaine de faits de sociétés qui ont marqué l’actualité. 

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Transcription
00:00Bienvenue sur le plateau de Polyjustice, 7 jours en France.
00:03Nous allons revenir pendant une heure sur les événements marquants de la semaine que nous vivons,
00:07chaque jour, entre 13h et 15h, sur l'antenne de Céline.
00:13On en vient aujourd'hui à ce témoignage que j'évoque depuis le début de l'émission.
00:18C'est un moment important aujourd'hui que de vous recevoir, Marie-Christine Renaudot.
00:22Bonjour, merci d'être là. Vraiment, je vous dis merci.
00:25Merci, parce que certes, vous avez réussi à coucher sur le papier tout ce que vous avez vécu pendant 20
00:31ans,
00:32sous les coups, le joug de votre bourreau, parce qu'il faut l'appeler ainsi.
00:36Regardez, quand les portes et les volets sont clos, voilà comment vous avez intitulé ce livre,
00:42qui retrace 20 ans de violences conjugales, d'humiliation.
00:46Vous racontez les faits bruts, sans édulcorer, quoi que ce soit.
00:50C'est un livre bouleversant avant toute autre chose.
00:52Je tiens à vous le dire parce que je l'ai lu, évidemment.
00:55Je l'ai lu de A à Z.
00:57À chaque page qui passait, j'avais mon cœur qui se serrait un peu plus.
01:01Je dois vraiment le dire.
01:02Vous avez été victime d'un mari qui s'est livré à des épisodes sadiques,
01:07tout ce qu'on peut imaginer.
01:09À mesure que je progressais dans cette lecture, je me disais,
01:11mais cette femme est une survivante.
01:13Et en fait, non, vous le dites au détour d'une page,
01:15je suis vivante.
01:17C'est l'espoir de vie qui vous tient.
01:20Hélas, c'est aussi cet espoir qui vous a fait rester pendant longtemps,
01:24pensant que vous alliez le changer.
01:25Entre autres, j'espérais, oui, le faire changer.
01:28Parce qu'on reste amoureux de cet homme qu'on a connu dès le départ,
01:31qui est gentil, souriant, aimable, tout ce que l'on veut,
01:35tout ce qu'une femme désire.
01:36C'est comme ça qu'il était au départ.
01:38Mais rapidement, quand même, vous vous rendez compte que quelque chose ne va pas bien.
01:41Racontez-nous votre histoire.
01:42Alors, on s'est rencontrés trois mois après, un 31 décembre aussi.
01:49Nous étions à un réveillon.
01:52Et puis, on dansait.
01:54Il était un petit peu alcoolisé, mais sans plus.
01:57Et viennent les plats chauds.
01:58Et je lui dis, écoute, il faut venir à table.
02:00Les plats chauds arrivent.
02:00Et là, il me dit, ta gueule.
02:02Le premier soir.
02:03Alors, ça, c'est trois mois après notre rencontre.
02:05Enfin, le premier soir de sortie officielle et qui était censé être festif.
02:09Exactement.
02:10Et donc, on s'est expliqué le lendemain.
02:12Il s'est excusé en disant, mais moi, je ne parle jamais comme ça.
02:15Je ne suis pas comme ça.
02:16Et c'est vrai, il n'était absolument pas comme ça.
02:19Et donc, je l'ai cru.
02:21Parce que c'était vraiment sincère, ce qu'il disait.
02:24Il y avait de la sincérité dans sa voix.
02:26Sauf que cette violence, elle va crescendo et très vite, elle s'installe.
02:29Exactement.
02:30Donc, après les paroles.
02:31Et puis, on part.
02:33Loin, parce qu'on s'installe ensemble.
02:35On prend un commerce.
02:36On part, on s'éloigne de tout le monde, de nos amis, de notre famille.
02:40Et il vous coupe de vos amis.
02:41Et il vous coupe de ma famille et de mes amis, effectivement.
02:44Il vous reproche de parler au client dans la boulanger.
02:46Exactement.
02:47Exactement.
02:47Il est là, toujours à côté de moi.
02:48Écoutez ce que je dis, ce que je fais.
02:50Et nous essayons de faire un enfant.
02:52On a mis six ans et demi pour avoir un enfant.
02:56Et lorsque je tombe enceinte, il faisait sa sieste.
02:59Et je le réveille en lui disant, ça y est, je suis enceinte.
03:03Et là, ça a été ma première claque.
03:05Il vous a reproché, en fait, tous les moments heureux,
03:08ou tous les moments où vous deviez vous réjouir,
03:09il fallait qu'il les rûne pour vous.
03:12Tous.
03:13Exactement.
03:13Les anniversaires, les vacances.
03:14Les Noëls.
03:15Tout.
03:15Tout le temps.
03:16Et puis alors, surtout, dramatique,
03:19vous subissez les coups de cet homme en pleine grossesse.
03:22Il vous frappe à plusieurs reprises lorsque vous êtes enceinte.
03:25Exactement.
03:26Il me frappe.
03:27Il essaie de m'étrangler également.
03:30J'ai des marques sur le ventre.
03:32J'ai des marques de strangulation.
03:33Je vais voir mon médecin traitant.
03:36Et mon médecin traitant me dit,
03:38eh bien Marie, je vous connais tous les deux,
03:40je ne peux rien faire.
03:43Et là, lorsqu'on entend ça, on se dit,
03:47qui va me croire ?
03:48Qu'est-ce que je peux faire de plus ?
03:49En fait, je n'ai plus qu'à subir.
03:52Marie-Christine, quand 50 personnes refusent de voir,
03:55il y en a quand même au moins deux ou trois,
03:57dans votre cas, à vous, qui comprennent.
03:59Et notamment cette femme médecin qui va faire,
04:02en quelque sorte, basculer les choses
04:04parce qu'elle comprend à votre attitude dans son cabinet
04:07que quelque chose ne va pas.
04:08Alors, l'infirmière, c'est une infirmière.
04:10L'infirmière.
04:11Oui, qui me dit, parce que mon livre s'appelle comme ça,
04:14parce que je disais, ma phrase de mon SES,
04:17c'était quand les portes et les volets sont clos,
04:19on ne sait jamais ce qui se passe.
04:21parce que tout le monde me disait,
04:23qu'est-ce que vous avez un mari charmant ?
04:25Qu'est-ce qu'il est gentil ?
04:26Et je leur répondais,
04:27quand les portes et les volets sont clos,
04:28on ne sait jamais ce qui se passe.
04:29Et une seule personne a compris,
04:32c'est Stéphanie, que je remercie encore,
04:34qui m'a dit, en fait, si tu dis ça,
04:37c'est soit tu as été enfant battu,
04:39soit tu es femme battue.
04:41Et je lui dis, ouais, je suis femme battue,
04:42je n'y arrive plus, en fait,
04:43je ne sais plus quoi faire, je suis au bout.
04:46Et bien, elle m'a dit, moi, je vais te tendre la main,
04:47et puis on va y aller, et puis je vais t'aider.
04:51On a dû vous demander des milliers de fois,
04:53parce qu'en plus, vous avez sorti ce livre,
04:55donc des gens l'ont parcouru,
04:56ont pris connaissance de cette histoire.
04:58Pourquoi vous n'êtes pas partie avant ?
05:00Ça, c'est la grande chose.
05:01Alors, moi, je dirais pourquoi je suis restée autant de temps.
05:04Ce n'est pas la même chose.
05:05Alors, à posteriori, vous savez pourquoi ?
05:06Oui, parce qu'il y avait la violence financière.
05:09Il me disait, je travaillais avec lui.
05:13Il n'avait pas déclaré au chômage et à la vieillesse,
05:17donc il était en droit,
05:18puisque j'étais conjointe, collaborateur.
05:20Donc, il me disait, si tu pars, tu n'auras rien.
05:23Donc, si je n'ai rien, comment je fais pour élever ma fille ?
05:25Si tu pars, tu ne reverras jamais ta fille.
05:27Si tu pars, je vais te tuer.
05:30Donc, en fait, j'avais toute cette pression-là qui faisait,
05:33et j'étais terrorisée.
05:34Je travaillais avec lui, 7 jours sur 7.
05:36Et finalement ?
05:37Et finalement, j'ai réussi à partir.
05:38Une fois que vous êtes partie, vous les avez faites, toutes ces choses-là ?
05:41Oui.
05:42Vous avez monté votre affaire, vous avez sauvé votre fille,
05:45parce qu'elle aussi, elle est sous l'emprise de cet homme et elle subit.
05:48Oui.
05:49Elle subit.
05:49Et elle se prend un coup, même, un jour.
05:51Elle se prend un coup lorsque, justement, le dernier jour,
05:54où là, j'ai décidé de déposer plainte,
05:59il rentre de colère, parce qu'il voulait voir absolument notre fille l'après-midi.
06:03Ce n'était pas possible, puisqu'elle allait chez sa psy.
06:05Donc, ça, je lui explique au téléphone.
06:06Où là, il dit, d'ailleurs,
06:08« Toi, je t'ai loupé, je te buterai un jour.
06:10Je ne sais pas quand, je te buterai. »
06:12Et j'ai enregistré, puisque un policier m'avait dit d'enregistrer.
06:15Et c'est ce qui m'a sauvée.
06:17Et le soir, il arrive, tout gentil, tout mignon à la porte,
06:19et ma fille dit, « Maman, papa, il est gentil, laisse-le rentrer. »
06:22Je ne pouvais pas interdire à ma fille de ne pas le laisser rentrer.
06:25Il est rentré comme un fou furieux.
06:28En fait, il alternait le chaud-froid en permanence.
06:30Tout le temps, tout le temps.
06:31Il savait quand il allait trop loin, de manière à tenter de récupérer les choses, c'est ça ?
06:35Oui, exactement.
06:35Et là, j'ai dit à ma fille, « Bon, tu appelles les gendarmes et vite. »
06:38Et là, il lui a dit, « Toi, si tu appelles les gendarmes, je te tue avec ta mère. »
06:42Alors, et là, elle s'est prise un coup de poing,
06:44puisqu'elle s'est mise entre nous deux pour que j'évite de prendre le coup de poing.
06:47Parlons de la justice.
06:48Il y a eu un procès aux assises, sauf que, ça c'est important de le souligner,
06:53on parlait de détention provisoire tout à l'heure,
06:55il sort une première fois de sa détention provisoire
06:57et il continue à vous provoquer, il ne respecte pas les ordonnances.
07:01Et personne pour les vérifier.
07:04Alors, c'est ce que je pensais au départ.
07:06Mais si, parce que nos téléphones étaient quand même géolocalisés.
07:10Donc, on a vu qu'il était près de moi, qu'il était interdit de la ville.
07:14Il s'y rendait quand même.
07:15J'ai fait des photos.
07:18Et donc, il a été, les gendarmes sont allés le chercher 3-4 mois après
07:21pour le réincarcérer.
07:23Vous avez eu un téléphone grand danger, comme on dit ?
07:25Vous, vous n'en avez pas eu ?
07:26Je n'en ai pas eu, parce qu'il n'y en avait plus.
07:28Alors, vous êtes interrogée durement aussi.
07:31Moi, c'est ça qui me frappe dans votre livre.
07:33Je vous le dis, ça m'a vraiment un peu plus pincé le cœur.
07:37Au procès aux assises, vous êtes la victime qui se retrouve finalement
07:41à devoir s'expliquer et de manière cohérente auprès du juge,
07:45sous peine de passer pour quelqu'un qui exagère.
07:47C'est fou, ça.
07:48Oui.
07:49Racontez-nous ça.
07:49C'est ça.
07:50Alors, déjà, on se prépare.
07:51Je me suis préparée, heureusement, avec mes psychologues et psychiatres.
07:54Et heureusement, j'étais prête parce que je ne m'attendais pas du tout à ça.
07:58Effectivement, un président de cour d'assises, il est là pour juger et il doit être impartial.
08:03Mais lorsqu'on entend des phrases...
08:05Alors, est-ce que vous êtes sûre qu'il vous a dit ça comme ça ?
08:08Comment est-ce que vous étiez habillé cette journée-là ?
08:10Oui, c'est à vous de vous justifier en permanence.
08:12Tout le temps.
08:13Tout le temps.
08:14Vous avez eu un procès ouvert, comme on dit.
08:16Oui.
08:16C'est ce qu'avait souhaité Gisèle Pellicot, plutôt qu'un huis clos.
08:20Expliquez votre volonté.
08:20Il y avait un qualificatif de viol qui était retenu, c'est pour ça.
08:23Oui, tout à fait.
08:24Donc, j'avais refusé au départ.
08:25Je voulais à huis clos.
08:27Et puis, mon avocate m'a dit, écoutez, moi, je serai vous.
08:30Donc, on a discuté longuement.
08:31Pour votre vie de femme future, pardon.
08:34Ce n'est pas à vous d'avoir honte, c'est à lui.
08:38Donc, on y va.
08:39Donc, vous n'avez pas eu honte.
08:41À ce moment-là, vous aviez surpassé ce sentiment.
08:42Oui, exactement.
08:42J'avais travaillé suffisamment là-dessus pour pouvoir être...
08:45On y reviendra tout à l'heure avec le psychologue, en effet.
08:48Mais ce sentiment de honte, je pense que c'est important.
08:50Oui, de s'arrêter sur ça et de faire en sorte que ça s'arrête tout court.
08:55Le procès, donc, il est condamné.
08:57Et alors, vous m'avez dit quelque chose d'édifiant, parce que le livre ne le raconte pas, ça.
09:00Il n'est pas allé en prison.
09:02Mais comment est-ce possible, Marie-Christine ?
09:04Parce qu'il a pris cinq ans.
09:06Et il avait fait un an de détention provisoire.
09:10Il était sorti avant le procès.
09:12Il s'est trouvé un CDI.
09:14Et avec ce CDI, son avocate a fait son travail.
09:17Il n'est pas retourné en prison.
09:18Il a eu un bracelet.
09:19Donc, vous êtes en train de nous dire que cet homme, corrigez-moi, si je me trompe,
09:23cinq ans de prison, deux avec sursis, il a effectué un an de détention provisoire.
09:29Et donc, à ce titre, il a été remis en liberté sous bracelet.
09:33Qu'on a mis le bracelet bien après, quand même.
09:34Parce que c'était en décembre et le bracelet, il l'a eu en avril.
09:37Il faut lire le livre de Marie-Christine pour prendre la mesure de ce qu'elle a subi.
09:41Et je vous assure que si cet homme-là n'est pas allé en prison, alors vraiment, je ne sais
09:47pas ce qu'il faut pour aller en prison aujourd'hui.
09:49Je vous le dis comme je le pense.
09:50Marie-Christine, vous restez bien sûr avec nous parce qu'on a plein de questions à vous poser aussi avec
09:54les autres invités.
09:54Moi, j'ai envie de vous dire, on a envie de vous prendre dans vos bras et de vous dire
09:58qu'on vous aime parce que vous êtes dignes d'être aimées.
10:00Et que ce qui vous est arrivé, c'est juste indécisible.
10:03Pardon, ça me donne vraiment envie de chialer comme on dit communément.
10:11On va parler de France Télévisions qui fait polémique après avoir mis en avant une artiste, une rappeuse qui arborait
10:17un collier que vous allez voir d'ailleurs 13-12.
10:20C'est une référence à l'acronyme ACAB.
10:23ACAB, on vous le rappelle, ça veut dire en anglais, all cops are bastards, c'est-à-dire tous les
10:29policiers sont des bâtards, sont des salauds, enfin tout ce que vous voulez y mettre.
10:33Une promotion qui suscite évidemment de nombreuses réactions, interrogations sur le choix éditorial quand même du groupe public.
10:4113-12, alors pour que vous compreniez quand même comment ça marche et pourquoi ils ont tenté de faire ça
10:45subtilement, entre guillemets,
10:47c'est un code numérique qui remplace les lettres de l'acronyme ACAB et qui correspond à la position des
10:52lettres dans l'alphabet.
10:53Quand vous tapez sur le clavier, par exemple le A qui correspond au 1, le C qui correspond au 3
10:58et ainsi de suite, vous revenez sur du 1 et le B c'est le 2.
11:01C'est donc clairement un slogan anti-police. Stanistas Godon, je vous donne la parole dans un instant, mais regardez
11:07la réaction via Twitter que ça a inspiré à vos collègues,
11:11qui sont évidemment très remontés contre ce choix.
11:15Ils disent en 2026, le service public fait la promotion d'une artiste qui affiche fièrement la couleur,
11:20puisque la rappeuse Dezel s'affiche avec ce collier dans un reportage signifiant « tous les flics sont des bâtards
11:28».
11:29Merci France TV, au passage, ils leur disent, et nos collègues forces de l'ordre apprécient le message.
11:35Ça émane des officiers et commissaires de police, donc tout ce qu'il y a de plus sérieux.
11:40J'imagine que vous êtes évidemment tout à fait solidaires de vos collègues.
11:45Comment on laisse passer ça au grand jour sur une chaîne qui a une mission d'intérêt public et qui
11:51s'adresse à tous, et y compris à vous d'ailleurs ?
11:53Surtout qu'en plus, cet acronyme ACAB, il avait été repris déjà depuis de nombreuses années par toute l'ultra
12:00-gauche, ultra-violente,
12:02notamment dans le cadre des Gilets jaunes, ils l'ont inscrit.
12:04Même nous, notre siège social Alliance, on avait été tagué de ACAB d'ailleurs.
12:10Donc croyez-moi, ça c'est quelque chose qui est vraiment extrêmement sensible vis-à-vis des collègues.
12:14Alors, c'est vraiment dommage que le service public fasse de la pub à une rappeuse qui ose notamment, finalement,
12:21valider cet acronyme
12:23et notamment cette insulte à l'encontre de mes collègues sur terrain.
12:26J'espère qu'il y aura une réaction extrêmement ferme du ministère de l'Intérieur,
12:30parce que ça aussi, ça pose question, les outrages, les rébellions à l'encontre des forces de l'ordre,
12:34lorsqu'on dit par exemple la police ture, enfin tout cet environnement de haine anti-flic qui est orchestré,
12:41et puis bien alimenté chaque jour et chaque jour de plus en plus fort d'ailleurs.
12:46Nous, d'ailleurs, c'est pour ça qu'Alliance, le 15 septembre, je vous le dis, ça va être la
12:50rentrée sociale des flics
12:51et qu'on vous promet quand même des manifestations extrêmement importantes parce que ça suffit.
12:57Il y en a marre d'être la chaire à canon, verbale et physique.
13:01Nathalie Tomasini, est-ce que les policiers seraient fondés à se retourner contre le groupe public ?
13:06Est-ce qu'il y a matière là à se retourner contre eux, sachant que le message, il n'est
13:10pas ouvertement diffusé,
13:12mais enfin tout le monde aura compris quand même par quoi ça passe, par quel subterfuge on a tenté de
13:17passer ?
13:17Oui, c'était la question que j'allais poser, mais il y a matière, bien sûr, déjà à dépôt de
13:21plainte
13:22et potentiellement à suivre une procédure à l'encontre, en tout cas déjà de la rappeuse,
13:29de la première concernée, service public, il faut voir.
13:34Maintenant, moi ce que j'en dis, c'est qu'on peut critiquer les policiers, on peut les critiquer,
13:40mais on ne peut pas les insulter, ça c'est insupportable.
13:44Après, il s'agit d'une rappeuse, vous savez, les rappeurs...
13:47Ils vont dire liberté de créer, etc.
13:50Liberté d'expression, liberté artistique, il y a eu des procès très fameux
13:56où il y avait des insultes à l'égard des femmes et des violences,
14:02des potentielles violences proférées à l'égard des femmes,
14:05et pour autant, ils n'ont jamais été condamnés.
14:07Mais enfin au bout d'un moment, ça a bon dos quand même, la liberté de créer...
14:10Oui, mais voilà ce qu'on risque d'argumenter et d'évoquer.
14:15Je vous le disais il y a quelques secondes à peine,
14:18une jeune femme affirme avoir été agressée par un médecin dans son cabinet,
14:22dimanche à Roubaix, et elle affirme avoir tout filmé.
14:25Alors certes, vous allez voir les images et le déroulé, la chronologie.
14:28La vidéo, d'ailleurs, vous l'avez peut-être déjà vue,
14:30parce que depuis 48 heures, force est de constater qu'elle circule pas mal sur les réseaux sociaux.
14:34Avec l'équipe de 24 heures en France, on a quand même voulu en savoir plus,
14:37et on a découvert au fil de l'eau que la réalité était bien différente
14:41que celle que veut nous raconter la jeune femme dans son récit initial.
14:47Alors évidemment, premier élément, c'est la supposée agression.
14:50C'est vrai que c'est spectaculaire.
14:52On est à ce moment-là dans le cabinet du médecin.
14:54Regardez.
14:55Alors, vous ne me touchez pas.
14:57Aïe !
14:58Aïe !
14:59Ça me frappe !
15:00Ça me frappe !
15:02Oh mon Dieu !
15:06Oh mon Dieu, un médecin vient de me frapper, je vous jure ça en vidéo !
15:11Je vous jure, il vient de me frapper !
15:13Je suis sûr qu'il y a la vidéo !
15:15Je vous jure, il y a la vidéo !
15:17Il a pris vers les bras, il m'a poussé, il m'a frappé !
15:22Je suis jodée !
15:23Mais ça, c'est quoi, plus patiente !
15:26Donc évidemment, quand vous voyez ça, vous vous dites
15:27« Bah évidemment, on a envie de la défendre, cette jeune femme ! »
15:30D'autant qu'en sortant du cabinet, elle explique quand même ce par quoi elle est passée
15:34et elle en profite pour le mettre sur Internet.
15:36Écoutez.
15:38Les gars, je me suis choquée de ce qui vient de m'arriver.
15:41En gros, je prends un traitement de base pour l'anxiété.
15:44Il faut savoir qu'au tos, où je les prends, je ne peux pas faire d'air est brutal.
15:47Donc quand je n'ai plus, en fait, je ne peux pas aller aux urgences
15:50parce que je ne vais pas incompré les urgences pour ça.
15:53Mais il faut savoir que je ne peux pas passer de ce traitement.
15:55C'est comme arrêter les antidépresseurs d'un coup, ce n'est pas possible.
15:59Donc en général, un médecin, quand je n'en ai plus
16:01et que c'est urgent, genre un dimanche, que c'est fermé
16:03ou que les délais de médecin traitant sont trop longs,
16:06je vais au médecin et ils me prescrivent toujours.
16:08Il n'y a jamais eu de problème avec ça.
16:10Donc là, je prends un rendez-vous sur SOS Médecin
16:13parce que les dimanches, il n'y a qu'eux qui sont ouverts.
16:16Je lui dis au médecin, il me dit « Non, je ne vous ferai pas. »
16:19Je lui dis « Mais monsieur, c'est une urgence médicale, en fait,
16:21je ne peux pas arrêter d'un coup, je ne peux pas faire un sevrage brutale comme ça.
16:24Mon corps ne peut pas le supporter, c'est des médicaments
16:26qu'on ne peut pas arrêter d'un coup comme ça. »
16:28Il me dit « Ouais, non, je ne vous ferai pas, vous sortez. »
16:31Je lui dis « Faites-moi une attestation comme quand vous refusez »
16:34parce que je sais très bien que c'est une urgence médicale,
16:36genre je connais plein de gens qui travaillent en médecine,
16:38je connais plein de médecins, etc.
16:39Ils me l'ont toujours fait, il n'y a jamais eu de problème, etc.
16:42Donc je lui dis « Faites-moi une attestation
16:44parce que je ne sais pas qui vous êtes, je ne connais pas votre nom. »
16:46Donc écrivez sur papier comme ça s'il y a un problème
16:49parce que c'est des médecins qui peuvent littéralement faire un choc au corps
16:52quand tu arrêtes d'un coup et que tu prends des grosses doses habituelles
16:54et que tu arrêtes d'un coup.
16:55Tu peux littéralement avoir un choc neurologique, donc mourir.
16:59Je lui dis « Vous me faites un papier comme quoi vous refusez le soin,
17:01la prise en charge avec votre nom. »
17:04Il me dit « Je ne vous fais pas de papier, vous sortez. »
17:06Je lui dis « Je ne sortirai pas, vous me faites ce papier. »
17:08Alors vous avez compris qu'à ce stade, en fait,
17:11le médecin lui refuse ce qu'elle exige et estime être en droit d'obtenir.
17:15C'est le droit du praticien que de dire non.
17:18Enfin, après tout, c'est lui le spécialiste.
17:20Donc, elle fait scandale en refusant à plusieurs reprises,
17:24plusieurs injonctions de sortir du cabinet.
17:27Médecin qui est plutôt démuni à ce moment-là
17:30et qui donc va décider de la prendre par le bras pour la conduire dehors.
17:34Voici l'extrait.
17:36Voilà ce monsieur qui est médecin
17:39et qui, en plus, est violent envers moi.
17:41Donc voilà, et qui refuse de me represcrire un traitement
17:45et qui me fait...
17:46Parce que madame fait n'importe quoi.
17:47Madame ne fait pas n'importe quoi.
17:49Le monsieur vient vers moi, il est agressif.
17:51Il refuse de me faire une attestation.
17:53Vous refusez de me represcrire mon traitement.
17:57Mais c'est une urgence médicale.
17:59Je ne peux pas faire de sevrage brutale.
18:02Si, c'est une urgence médicale et je ne peux pas faire...
18:03Vous avez enregistré votre truc, vous pouvez sortir.
18:05Bah non.
18:06Allez.
18:07Bon.
18:08C'est une urgence médicale.
18:09Je ne fais pas de traitement d'arrêt brutal.
18:12Qu'est-ce que vous allez faire ?
18:13Vous allez me l'enter ?
18:17Bon, allez, c'est pas bien.
18:18On va appeler la police.
18:19Bah appeler la police, ça va être plus simple.
18:21Il n'y a pas de souci.
18:23Vous allez sortir.
18:25Alors, vous ne me touchez pas.
18:26Ah !
18:27Ah !
18:28Ah !
18:29Oh, médecin, me frappe !
18:31Oh, médecin, me frappe !
18:34Oh, mon dieu !
18:36Oh, mon dieu, un médecin...
18:37Un médecin vient de me frapper, je vous jure ça, en vidéo.
18:40Je vous jure, il vient de me frapper.
18:43Je suis choquée, il y a la vidéo.
18:45Je vous jure, il y a la vidéo.
18:46Il a bris vers les bras, il m'a poussé, il m'a frappé.
18:50Je suis choquée.
18:50Je suis choquée, on est assez frappé, patiente.
18:55Je suis choquée.
19:00Oh, mon dieu, je suis choquée.
19:03Je suis choquée, j'ai rien d'entendre, ça va être pour un médecin.
19:06C'est très amusant, vous vous faites bien à tous les jours.
19:09Mais c'est sous vidéo, en fait, on vous voit me toucher, me frapper.
19:13Oh, mon dieu.
19:14Voilà, beaucoup de réactions, évidemment, à la fois sur ce plateau avec nos invités.
19:17Mais j'aimerais d'abord qu'on sollicite Frédéric Pain, qui est médecin, vice-président du collectif Santé en danger,
19:23qui est avec nous en direct.
19:24Bonjour.
19:25Bonjour, monsieur.
19:26Évidemment, une prescription, une ordonnance, sans connaître l'historique de la patiente,
19:32on imagine que le médecin est fondé à refuser.
19:35Après tout, c'est lui qui juge de l'urgence médicale.
19:38Mais on a l'impression que ce genre de phénomène est de plus en plus fréquent, qu'en gros, on
19:42se rend dans le cabinet du médecin comme si on allait dans un supermarché en réclamant son dû.
19:47C'est un peu ça qui se passe ?
19:49Là, en l'occurrence, sur les images qu'on voit, on a vraiment l'impression que c'est ça qui
19:53se passe.
19:53Mais en fait, il n'y a rien qui va parce que déjà, en fait, elle est venue dès le
19:58départ, elle filme.
19:59Donc, il y avait quand même manifestement la préméditation de faire un esclande.
20:03Et probablement qu'elle savait que ça allait être refusé, puisque sinon, quel intérêt de filmer toutes les consultations ?
20:08Au-delà du fait que, je ne suis pas expert en droit, mais ça me paraît complètement interdit de filmer
20:13un médecin ou quiconque à son insu.
20:17Et puis, effectivement, elle se rend, pour un traitement qu'elle dit avoir de manière chronique,
20:25elle se rend voir le médecin de garde.
20:27Donc, elle va spécifiquement voir un médecin qu'elle ne connaît pas, essayer de voir son médecin traitant.
20:36Si c'est un traitement qu'elle prend de manière chronique, a une posologie déterminée,
20:40on peut tout à fait anticiper le moment où il va en manquer.
20:43Donc, en fait, elle peut prendre les rendez-vous.
20:46Mais apparemment, elle dit dans la vidéo qu'à chaque fois, il n'y a pas eu de problème, qu
20:51'elle allait voir les médecins le dimanche.
20:52Donc, en fait, systématiquement, elle semble aller voir un médecin qu'elle ne connaît pas, qui n'est pas son
20:58médecin traitant.
20:58Donc, on est d'accord que cette jeune fille ne bénéficie pas d'un suivi,
21:01que si son mal-être est si grave que ça, il faudrait qu'elle ait un médecin traitant.
21:06Et donc, il y a une forme d'anticipation.
21:07Donc là, clairement, vous nous dites, ça sent quand même, au nom du buzz, le piège dans lequel on essaie
21:14de faire tomber le médecin.
21:15C'est ça ? Il est piégé, cet homme ?
21:16Alors, je ne sais pas, parce qu'effectivement, elle est peut-être en souffrance.
21:20Et si elle a vraiment besoin de son traitement, effectivement, il ne faut pas qu'elle l'interrompe.
21:24Mais elle dit que ça fait longtemps qu'elle le prend.
21:27Donc, elle sait quand est-ce qu'elle n'en a plus.
21:28Donc, ça peut être anticipé.
21:30Et puis, l'urgence, effectivement, l'urgence de prescrire des benzodiazépines, elle n'est pas vitale.
21:40Si vraiment elle estime que c'est une urgence médicale, qu'elle ne peut absolument pas s'en passer, pourquoi
21:45à ce moment-là, si vraiment elle se sent en détresse, pourquoi elle ne va pas non plus vers un
21:48service d'urgence des hôpitaux où probablement elle sait qu'elle va être refoulée ?
21:54Bref, c'est vrai que des consultations comme ça, en garde, on en a dans nos cabinets.
21:58Moi, je n'en ai pas ou extrêmement rarement, parce qu'en fait, on connaît nos patients et ils ne
22:03se comportent pas comme ça.
22:04C'est vrai que quand on fait des gardes régulièrement, on voit arriver des gens qui viennent réclamer des benzodiazépines.
22:11Il y a aussi beaucoup de gens qui réclament des antalgiques comme le tramadol ou des choses comme ça, en
22:15nous disant qu'ils ont ça de manière chronique.
22:17Et comme par hasard, à chaque fois, ils n'en ont plus sur le week-end de garde quand leur
22:24médecin n'est pas là.
22:25Bon, restez avec nous quelques instants, parce que je veux aussi sonder votre confrère qui est psychiatre et pédopsychiatre, Gilles
22:30-Marie Vallée.
22:30Merci d'être là.
22:32On a l'impression qu'elle se prend pour le médecin à la place du médecin.
22:35C'est de plus en plus fréquent.
22:36Vous avez beaucoup de patients qui se comportent comme ça, comme s'ils connaissaient et maîtrisaient la médecine et étaient
22:41en droit d'exiger.
22:41Il y a quelque chose de suspect dans son attitude, là.
22:43En effet, on a l'impression qu'elle va de médecin en médecin, mais qu'il n'y en a
22:46pas de traitant, donc elle peut dire un peu tout ce qu'elle veut.
22:49Tout à fait. Alors, je ne parle pas de cette personne que je ne connais pas, mais j'observe effectivement
22:54une recrudescence de ce genre de pratiques, j'ai envie de dire.
22:57C'est-à-dire qu'on regarde sur Internet le médicament qui nous semblerait le plus adapté et on vient
23:03voir un médecin, parfois en consultation, même en visio,
23:08et on lui demande le traitement dont on a envie, au prétexte que c'est le diagnostic qui nous convient
23:13puisqu'on l'a fait sur Internet.
23:15Or, c'est important de rappeler que la liberté de prescription appartient au médecin et que, généralement, elle est la
23:21résultante d'une consultation avec un examen clinique, un diagnostic et effectivement soldé par cette...
23:28Nicolas Paganelli, quand elle dit « Oh, quel cri, c'est grandieux que le médecin l'a frappée », de
23:33fait, il la tire par le bras, est-ce qu'elle peut effectivement se retourner contre lui
23:35et est-ce que ça peut être porté devant la justice, ce qui lui permettrait à cette jeune femme de
23:39faire encore plus le buzz ?
23:41Alors, deux réponses, la théorie et la pratique. La théorie, elle pourrait alléguer des faits de violences volontaires, etc.
23:49La pratique, les magistrats sont des êtres humains, donc ils ne vous le diront jamais, mais ils examinent toujours la
23:54bonne foi des protagonistes.
23:56Vous imaginez bien qu'il y a des commissariats ou des parquets qui sont remplis de dépôts de plaintes pénales
24:01très sérieuses.
24:02Quand ils ont une affaire comme ça, qui arrive après un buzz médiatique très important, ils sont très circonspects.
24:07Là, pour caractériser la volonté du médecin de porter atteinte à son intégrité physique, il faut vraiment y aller.
24:14Tout sans la mise en scène, tout sans le buzz à plein nez.
24:17Il lui demande trois fois de partir.
24:18Il lui demande trois fois de partir.
24:20Absolument, et puis même quand elle hurle, elle hurle, elle pleure très vite, elle explique que c'est un médecin
24:24qui l'agresse,
24:25alors qu'en fait, il lui demande simplement de sortir de son cabinet.
24:29Michel Coriot, moi ce que je voudrais quand même rappeler, c'est que la plupart du temps, bon là, c
24:32'est un peu la situation inverse.
24:33Elle essaie de mettre en scène quelque chose qui n'est pas très clair, visiblement.
24:36Mais de plus en plus de médecins se font agresser dans leur cabinet par des patients qui sont un peu
24:41zélés aussi.
24:42On l'a vu, on se souvient de ce médecin, je me souviens le visage tuméfié, ensanglanté, qui avait témoigné
24:47sur notre antenne.
24:49Maintenant, voilà, on agresse les médecins comme on adresse les policiers, donc vous en avez l'habitude.
24:54C'est devenu ça maintenant, la pratique de la médecine ?
24:56Je crois que pour être médecin aujourd'hui, il faut vraiment avoir la foi.
24:59Moi, je salue l'engagement de ces professionnels de santé.
25:02C'est vrai qu'en 2024, on a recensé presque 2000 incidents liés à des consultations,
25:07en augmentation de 25% par rapport à l'année précédente.
25:09Et donc, ça témoigne en fait que la violence, elle est exacerbée, mais à tous les étages,
25:14que ce soit les élus, que ce soit les policiers, que ce soit les médecins.
25:18Aujourd'hui, il y a une vraie question de fermeté, d'autorité, et ça, c'est évidemment essentiel dans le
25:24débat.
25:24Sabrina, un petit mot.
25:25Il y a un élément important aussi, c'est qu'elle fait quelque chose d'interdit.
25:28Elle va filmer ce médecin dans son cabinet, qui est un lieu privé.
25:32Elle n'a pas le droit légalement de filmer ni de diffuser ces images.
25:36Donc là, pour être poursuivie en justice, elle risque, je crois,
25:39à mettre jusqu'à un an d'emprisonnement pour faire cela.
25:42Et on voit qu'elle se sert de ces images comme une sorte d'arme de propagande,
25:45puisqu'on voit toujours un bout de l'extrait qu'elle a choisi.
25:48Évidemment.
25:50Pensez aux représailles possibles envers ce médecin.
25:53Oui, parce qu'elle, elle n'a pas pris la peine de le flouter.
25:55Nous, évidemment, on a fait notre travail.
25:57Mais alors, elle, elle l'expose, elle le jette en pâture.
25:59C'est un peu ça le risque, M. Pint, n'est-ce pas ?
26:02Vous êtes toujours avec nous, vous vouliez intervenir.
26:05Oui, oui, en fait, la vidéo, quelque part,
26:10ça paraît bizarre ce que je vais dire,
26:11mais je trouve qu'elle nous rend service.
26:13Parce qu'en fait, évidemment, nous, dans le secret de la consultation,
26:18on ne va pas pouvoir dire ce qui se passe.
26:19Mais des choses comme ça, ça arrive.
26:21Et en fait, le fait qu'elle le filme et qu'elle l'expose,
26:23même si c'est complètement illégal et que je suis contre ça,
26:26en fait, ça montre à tout le monde ce qu'on peut vivre régulièrement.
26:31Et quand on le raconte, en fait, c'est notre bonne foi.
26:34On n'est pas obligé de nous croire.
26:36Là, en fait, ça montre réellement ce qui se passe parfois et trop souvent.
26:40Donc, en fait, finalement, ça peut, même si ça paraît paradoxal,
26:44finalement, ça rend service parce que ça éclaire aussi sur les comportements de certains.
26:47C'est quand même dangereux pour le médecin d'être affiché à visage découvert
26:51dans un extrait qu'elle choisit, elle, de diffuser.
26:55Moi, je pense souvent aux policiers qui, lorsqu'ils s'interviennent,
26:58ont un téléphone portable braqué sur eux, visage découvert.
27:02Et eux, en revanche, il n'y a pas de loi qui les protège de cela.
27:06Donc, ils sont aussi jetés en pâture comme ça sur les réseaux sociaux.
27:09Il y a des risques de représailles.
27:11C'est très grave quand même.
27:11Frédéric Pain, pour être à la tête de ce collectif de médecins santé en danger,
27:16vous le savez bien, je l'évoquais à l'instant avec Michel Coriot,
27:19les médecins agressés, c'est votre réalité.
27:21D'ailleurs, je me demande si la personne que j'évoquais tout à l'heure,
27:23ce n'était pas à Roubaix, ce médecin qui était en pré-retraite, il me semble,
27:27et qui avait, vous vous en souvenez, le visage tuméfié.
27:29Ça fait partie du quotidien de plus en plus de praticiens.
27:32Est-ce que ça entraîne une désaffection pour la profession
27:34ou on n'en est pas là encore ?
27:37Alors, je pense que ça dépend des territoires.
27:39Mais c'est très clair qu'il y a des territoires
27:42où il n'y a plus de médecins directement à cause de ça.
27:46Je pense que si on regarde un peu en détail,
27:48on sait que la France, le désert médicaux, c'est un peu sur toute la France,
27:51mais il y a quand même des endroits où les médecins ne veulent plus aller,
27:54mais des endroits où les policiers ont du mal à aller,
27:56les endroits où les pompiers se font caillasser,
27:59effectivement, les médecins ont moins envie d'y aller.
28:01Ça, c'est très clair.
28:04On voulait aussi vous parler de ce bar PMU qui est à Luçon.
28:09Alors, Luçon, c'est en Vendée et qui a été victime de vols à répétition
28:12au cours de la même période.
28:13Des images de vidéosurveillance, vous le voyez,
28:15montrent cet homme qui s'approche, pas si discrètement que ça d'ailleurs,
28:20de la caisse qui plonge une première fois, vous voyez,
28:23la main dans le tiroir pour dérober de l'argent.
28:27Alors, on pense que c'est de l'argent au départ.
28:29Après, on a un doute.
28:29On se demande si ce n'est pas des cartes à gratter.
28:33Bon, on va le savoir dans un instant,
28:35alors qu'un employé, visiblement, clairement,
28:38est occupé avec un autre client.
28:39Mais il ne s'arrête pas là.
28:41Très ailé, cet homme.
28:42Il se dit, allez, je vais profiter de l'instant,
28:45l'opportunité étant là.
28:47Et il plonge à nouveau, sans gêne, sa main dans le tiroir.
28:53Alors, on va en parler avec Julie, qui est la buraliste de ce parc PMU Le Commerce
28:58et qui nous fait l'amitié d'être là.
29:00Bonjour.
29:01Merci d'accepter de nous parler aujourd'hui.
29:04Je ne sais pas si c'est vous qui avez dit,
29:05ça fait trois jours qu'un chic type nous dévalise avec un grand sourire.
29:09C'est un peu ironique, mais comment vous en êtes rendu compte ?
29:13J'imagine en visionnant les images.
29:14Et il est revenu, ce mec ?
29:16Alors, on s'en est rendu compte au troisième jour.
29:20J'étais tranquillement dans ma réserve et dans ma réserve, j'ai des caméras.
29:24Et c'est là que j'ai pu le voir attraper les jeux derrière, en fait.
29:28Et quand je suis revenue devant, je savais ce qu'il avait fait.
29:32Mais en discutant avec notre équipe,
29:36ce monsieur venait là déjà depuis trois jours.
29:38Donc, on a remonté et puis on a vu les choses.
29:42Et alors, à chaque fois, il vous a pris pas mal de choses.
29:44D'ailleurs, je voulais vous poser la question.
29:46C'est de l'argent ou c'est des cartes à gratter, des cartes de jeu qui volent ?
29:48Alors, il a réussi à ouvrir les tiroirs de la FDJ,
29:52qui ont une petite sécurité quand même, donc il connaissait le système.
29:56Il nous a volé des cartes à gratter,
29:58qui peut devenir de l'argent par la suite et qui est de l'argent pour nous même.
30:02Et vous n'en êtes pas rendu compte à la première visite ?
30:05C'est-à-dire que vous ne faites pas une sorte de bilan, quoi, journalier ?
30:09C'est-à-dire que, si je peux me permettre,
30:12le monsieur a étudié largement la faille de notre service.
30:16C'est venu tous les jours à 13h30 jusqu'à 13h40,
30:20au moment où le rush est le plus important dans notre staff.
30:24où l'on combine la fin de service et le début de service limonade.
30:32C'est le moment de la journée où on est le plus occupé.
30:35Donc oui, il a profité d'un moment de confusion, quoi, d'une certaine manière.
30:40Exactement, le moment où on est toute équipe et le plus occupé.
30:44Bon, comment on fait ?
30:46D'ailleurs, il y a des signalements qui sont faits.
30:49Maintenant, vous avez les images, vous pouvez envoyer à la FDJ
30:51pour que ce soit diffusé dans les autres bureaux,
30:53pour pas qu'il aille toucher les gains éventuels de son forfait, de son vol ?
30:57Alors, les gains éventuels sont déjà perçus.
31:00En général, ce genre de personnes grattent, volent, grattent
31:02et se font rembourser dans un autre bureau de tabac,
31:05dans l'instant T ou dans l'après-midi même.
31:07FDJ, elle, considère que si un carnet est volé,
31:11il ne suffit qu'un seul des tickets du carnet soit vendu légalement
31:15pour que l'intégralité du carnet soit validée.
31:18De toute manière, dès lors qu'ils sont dans les tiroirs,
31:20les tickets sont validés.
31:22Alors, les images, est-ce que c'est légal, en fait, de les utiliser ?
31:30Non, mais il est illégal de voler aussi.
31:33Vous dites qu'on veut jouer à armes égales avec les autres ?
31:37On ne dit pas ça, on ne dit pas ça.
31:39On a simplement envie que cette personne,
31:46son comportement soit diffusé le plus possible.
31:48On le fait, nous, sur nos réseaux de buralistes.
31:52On se prévient les uns les autres.
31:54Surtout pour se prévenir entre collègues ?
31:55Dès lors que l'on poste quelque chose sur le net,
31:58vous savez très bien que ça nous dérape.
32:00C'est posté sur nos groupes Facebook et dès lors que c'est repris,
32:05on n'a plus la main dessus.
32:06Mais effectivement, ça a été vu également avec la gendarmerie.
32:09Ce genre de diffusion n'est normalement pas permise,
32:13mais elle permet également d'obtenir des signalements.
32:16On sait qu'il a été à la tranche sur mer, qui n'est pas très loin de chez nous.
32:19On sait qu'il a...
32:20On s'est permis, quoi.
32:22En fait, vous faites ça un peu de guirlasse,
32:25parce que comme ça ne suit pas derrière,
32:26comme la justice n'est pas du côté des victimes...
32:28Oh, ça suit derrière, ça prend un peu de temps, mais ça suit.
32:31L'équipe de gendarmerie qui écoute
32:35est très intéressée par ce genre de choses
32:39et très investie à l'arrestation de cette personne.
32:41Bon, Nicolas Paganelli,
32:44il risque quoi pour la diffusion de ces images, en effet ?
32:47C'est toujours pareil.
32:48C'est-à-dire qu'en théorie, ils n'ont pas le droit de le faire.
32:51En pratique, il y a une telle émotion
32:53qui est suscitée par ce type de fait
32:55et par le profil des victimes
32:57que je vois mal un magistrat poursuivre ce couple de buralistes.
33:00Vous comprenez ?
33:01Donc, j'ai envie de dire pas grand-chose, j'espère en tout cas.
33:03Michel Corré, vous dites très mauvaise idée, là,
33:04ce qu'ils sont en train de faire ?
33:05Écoutons, en tant que policier, je ne peux que rappeler
33:07qu'on n'a pas le droit de le faire et qu'il ne faut pas le faire.
33:09Mais évidemment, moi, je comprends parfaitement leur exaspération.
33:11C'est vrai que c'est la France qui travaille.
33:17Face à eux, ils ont des individus parce que ce genre de vol,
33:19malheureusement, c'est monnaie courante chez les buralistes.
33:23Et il y a un mot qui résume ça, c'est impunité.
33:25Et en fait, le problème de fond, c'est que de toute façon,
33:27ces personnes n'ont plus peur de la justice,
33:29n'ont plus peur de la réponse pénale.
33:31Et évidemment, ça n'aide pas ces buralistes.
33:33Vous vous rendez compte, Julie ?
33:34Julie et votre collègue, votre compagnon, je ne sais pas trop,
33:37vous avez un policier qui comprend votre exaspération.
33:40Voilà, on en est là aujourd'hui quand même en France.
33:42Oui, un policier, beaucoup de personnes autour de nous.
33:45Puis on est aussi entouré d'une équipe à qui je fais un gros bisou.
33:51Voilà, même si on n'est pas dans la légalité,
33:53à un moment donné, il faut aussi qu'on se fasse entendre.
33:57Et c'est chose faite.
33:58Et on est content de ça.
34:00Après, on ne voulait pas forcément afficher ou avoir plus de problèmes,
34:04mais au moins prévenir les collègues.
34:06Et voilà.
34:07À l'origine, à l'origine.
34:09Vous voyez un peu comme des lanceurs d'alerte.
34:10Des lanceurs d'alerte aujourd'hui.
34:11Merci beaucoup, Julie.
34:13Et merci à vous également d'avoir accepté de témoigner
34:16sur ce que vous avez subi, vécu.
34:22Je vous le disais tout à l'heure,
34:23on parle beaucoup de la lutte contre le trafic de drogue,
34:25de ce qui est fait en aval, en amont.
34:28Mais on parle très peu de ceux qui en subissent les conséquences directes.
34:31On entend rarement, à vrai dire, les consommateurs.
34:33Merci, Kamel, d'être là sur ce plateau avec nous
34:37pour nous livrer votre expérience de vie, j'ai envie de dire,
34:41parce que votre parcours, c'est une plongée en enfer et assez rapide, d'ailleurs.
34:44Je vais faire un tout petit peu la bio-express du début
34:47de ce que vous avez vécu, subi.
34:49La mort brutale de votre père, on comprend, vous déstabilise.
34:53Vous trouvez alors refuge dans l'alcool, les médicaments,
34:55puis les drogues dites douces.
34:56Et puis tout bascule quand votre mère vous met à la porte de chez elle.
35:00Vous êtes alors âgé de 14 ans, à peine.
35:03La suite, c'est cocaïne, puis héroïne, très vite.
35:07L'addiction, elle est immédiate ?
35:08Elle est immédiate, oui.
35:09C'est des produits, dès qu'on prend un tout petit peu,
35:12on peut tomber dedans très très vite, en fait.
35:14Ce qui est important, c'est pourquoi est-ce qu'on prend un produit ?
35:16Au-delà du fait de prendre un produit, c'est pourquoi est-ce qu'on le prend ?
35:18Alors pourquoi vous prenez un produit à ce moment-là ?
35:19Moi, c'était pour oublier, en fait.
35:21Je me sentais mal, j'étais super pas bien.
35:23Et le fait de me droguer faisait que je ne pensais pas à mon père,
35:26je ne pensais pas à tout ce qui manquait autour de moi.
35:28C'est votre seul refuge.
35:29Pourquoi votre mère vous met à la porte, si je peux poser la question ?
35:32Parce que je n'avais plus de repères à la maison.
35:33Je faisais tout et n'importe quoi.
35:36Tous les deux jours, j'avais la police à la maison.
35:38Je suis en garde de vue régulièrement.
35:40Il y a un moment où elle a tiré sur la corde.
35:42Donc la cocaïne, puis l'héroïne, mauvaise rencontre, mauvais moment, mauvaise personne.
35:46C'est facile de tomber ?
35:48C'est très, très facile, en fait.
35:49Souvent, tu prends ça pour supporter ta journée.
35:54Et puis, en fin de compte, ça va très, très, très vite, en fait.
35:56Moi, le temps que je me rende compte que j'en prenais, il y avait 4 ans qui étaient passés.
35:59Juste le temps que je me rende compte.
36:01Certains ne s'en rendent même jamais compte.
36:03Moi, je m'en suis rendu compte au bout de 4 ans.
36:05Vous en arrivez à de très fortes quantités, ce qu'on comprend, entre les lignes.
36:09Vous en avez conscience, à ce moment-là ?
36:11Non, en fait, non.
36:12Ce qu'il y a, c'est que tu te remplis, en fait.
36:14Ton mal-être, en fait, dès que tu prends le produit, tu oublies tes problèmes, tu oublies ce que tu
36:18vis.
36:19Et en fait, ce qui est important, c'est de trouver l'argent pour le produit et tout à vie,
36:22t'organiser autour de ça, en fait.
36:24Tu te lèves héroïne, tu te couches héroïne.
36:26Et c'est pareil pour la cocaïne, c'est des produits, dès que tu commences à en prendre, ça peut
36:29aller très, très vite.
36:30Et là, on comprend, dans votre cas, que tout est bon, en fait, pour en obtenir.
36:36Ça commence avec la mendicité, puis rapidement, ça passe au vol, comme riolage.
36:42Et enfin, la prostitution même, parce que, j'imagine, à un moment donné de votre vie, c'est votre dernier
36:49recours, et puis vous finissez en prison.
36:52Racontez-nous ce passage comme ça, crescendo, qui va en gradation, du petit vol, à « je suis obligée de
37:00me prostituer, parce que vraiment, il n'y a plus que ça qui compte dans ma vie ».
37:02Oui, voilà. Moi, je ne mettais pas ce mot-là, en fait. Je disais que j'étais à Gigolo, j
37:06'étais sur Kiberon, enfin voilà.
37:08Donc, je ne mettais pas ce mot-là, en fait.
37:10Donc, c'est… Voilà, souvent, on essaie de ne pas penser à ce qu'on fait.
37:15Le principal, c'est d'avoir de l'argent.
37:17Donc, je n'allais pas spécialement avoir des rapports que c'est avec les gens, mais en fait, j'étais
37:20ce qu'on appelle un…
37:22Je faisais… Je faisais des compagnies, quoi.
37:25Ce qu'on a à l'esprit, en fait, c'est que ça devient une obsession, en fait.
37:28Toute votre vie tourne autour de ça, la cam.
37:30Ça désociabilise, vous êtes un marginal à ce moment-là.
37:34Ah ouais, moi, je me suis retrouvé dans la rue, c'est clair, dans la rue.
37:37Je n'avais plus rien, je n'avais plus de papier d'identité, je n'avais plus rien, quoi.
37:41Et vous êtes vulnérable, vous avez subi peut-être des agressions, des choses comme ça.
37:44Ouais, ben c'est ça, en fait. C'est que dans les squats, c'est… Voilà, moi, je vivais en
37:46squat à l'époque, c'est la loi du squat, la loi de la rue, en fait.
37:49C'est quoi la loi du squat ?
37:50Bah, c'est… Tu ramènes de l'argent, on s'en fout de savoir comment tu fais, mais il faut
37:54que tu en ramènes.
37:56Et voilà, donc c'est des agressions, c'est un petit peu tout et n'importe quoi, ouais.
38:00Et l'argent, donc, vous le trouvez via les vols à la tire, les cambriolages, il faut s'organiser, en
38:05plus, pour faire tout ça ?
38:06Ouais, il faut s'organiser, ouais.
38:08Moi, ça a été… Ce que je dis souvent, c'est que… Je ne dis pas qu'il faut mettre
38:12tout le monde en prison.
38:12Mais en fait, moi, la première peine que j'ai prise, la première fois que j'étais condamné, j'ai
38:16pris un enferme.
38:16Non, mais c'est tout bête, hein.
38:18J'ai pris un enferme.
38:19Mais moi, c'est un truc qui m'a calmé, quoi.
38:21Ça m'a posé, en fait.
38:22Et j'estime qu'aujourd'hui, ce qui se passe, c'est qu'on met des claques sur les mains
38:25des gens,
38:26et la justice, derrière, ça ne suit pas tellement.
38:29Et en fin de compte, au bout de 10-15 agressions, on va commencer à mettre les choses en place,
38:33alors que je pense que dès la première agression, il faudrait faire quelque chose.
38:36Moi, je pense que, voilà, avec le recul, je me rends compte que ça a été bénéfique pour moi
38:39de me retrouver avec une grosse peine dès le départ, en fait.
38:42Déjà, c'est un sevrage forcé.
38:43Ouais, bah ça, c'est… Entre guillemets.
38:45C'est-à-dire ?
38:46Parce que moi, je pense que je ne me suis jamais autant drogué que quand j'étais incarcéré.
38:50Alors ça, c'est intéressant.
38:51Donc ça veut dire que c'est encore plus facile de s'en procurer.
38:52Ah, mais c'est clair.
38:55Michel Coriot, je fais juste une incise.
38:56Ça coupe court un peu à tout ce qu'on pense sur la protection en prison.
39:02C'est une passoire, ça revient à ça.
39:04C'est un peu ce qu'on dénonce.
39:05C'est pour ça qu'avant d'un levier, il y a un quartier sécurisé,
39:07notamment pour que les narcotrafiques arrêtent d'organiser leur trafic, même en cellules.
39:11Mais au-delà de ça, c'est sûr qu'on le sait tous aujourd'hui,
39:14les prisons sont malheureusement des passoires.
39:16Et évidemment, ça n'aide pas à la réinsertion.
39:18C'est même l'école du crime.
39:19Donc vous dites, en substance, Kamel, la prison, c'est salvateur.
39:22Une première condamnation, déjà, ça calme.
39:24Pour vous, en tout cas, ça a marché.
39:25Ouais, ça a marché.
39:26Pour moi, ça a marché.
39:27Je le dis, franchement, ça a marché.
39:28C'est clair.
39:29Ça m'a aidé à ne pas y retourner, en fait.
39:31C'est-à-dire que la fois où vous sortez de prison, tout s'arrête ou ça dure encore un
39:34peu ?
39:34Non, tout s'arrête.
39:35Tout s'arrête.
39:36J'ai fait le choix.
39:37Il y a un moment, tu fais des choix dans ta vie.
39:38Et là, tu te rends compte que t'as perdu.
39:40T'as joué, t'as perdu.
39:42Donc soit tu recommences autrement.
39:44Voilà, c'est juste ça le truc.
39:46Tu te rends compte très vite que tu as fait des mauvais choix.
39:48Et en tout, combien de temps ça a duré, ça ?
39:50Moi, je me suis drogué de mes 13 à mes 30.
39:54C'est long.
39:54Ouais, c'est long.
39:55C'est long.
39:56Et il y a un autre événement fondateur, outre l'enfermement, visiblement, pour vous, ça a marché.
40:02C'est la naissance d'un enfant.
40:04Ça a été le catalyseur.
40:05Comment ça se passe ?
40:06Ah ben moi, en fait, c'est ça.
40:08D'autres, ça leur glisse dessus.
40:09Moi, c'est un truc qui ne m'a pas du tout glissé dessus.
40:11Je me suis ressenti responsable.
40:12Donc c'était important pour moi de donner toutes les valeurs que je n'avais pas pu avoir moi.
40:16Et tout l'amour que je n'ai pas pu avoir moi de le donner à ma fille.
40:19Et c'est ma fille, en fait, qui m'a aidé à décrocher.
40:22Parce qu'en fait, elle m'a grillé un jour à consommer.
40:24Et je n'ai pas pu lui mentir.
40:26Je lui ai dit oui.
40:27Je lui ai dit oui.
40:28Et ça a été pour moi un élément déclencheur, en fait.
40:30De me dire, attends, t'es papa, t'es en train de te défoncer à la maison.
40:33Voilà, il y a un moment où il faut faire des choix.
40:35Cet instinct de vie qui était encore en vous, il fallait qu'il y ait un enfant qui le remette
40:39à flot.
40:40C'est exactement ça, oui.
40:41C'est ça ?
40:41Oui.
40:42Ce qui est bien, c'est que vous en avez tiré quand même une leçon.
40:46Vous vous êtes rapproché à l'époque d'une association pour être pris en charge.
40:49Et puis, vous avez créé la vôtre.
40:50Oui.
40:51Qui s'appelle APICA, Association de prévention et information sur les conduites addictives.
40:56C'était il y a 25 ans, maintenant.
40:57L'idée, c'est quoi ?
40:58C'est prévenir les jeunes.
40:59C'est ça que vous attendez aujourd'hui ?
41:00Oui, c'est ça.
41:00Pour moi, l'ignorance augmente la vulnérabilité.
41:02À partir du moment où un jeune n'est pas informé, il est vulnérable.
41:05Et je pense qu'il faut avoir un discours avec les jeunes avant les dealers, en fait.
41:07Parce que de toute façon, le dealer, c'est quoi ?
41:09Ce n'est pas le dealer d'essai américaine, le premier dealer qu'un gars m'a rencontre.
41:12C'est quelqu'un qui connaît très, très bien.
41:14Donc, en fait, c'est aussi apprendre à choisir ses amis.
41:17Au lieu de parler de drogue, c'est le B à bas, en fait.
41:19C'est apprendre à choisir ses amis, qu'est-ce que tu veux faire dans ta vie.
41:23Moi, je leur explique souvent.
41:24Quoi que ce soit qui puisse t'arriver dans la vie, tu ne pourras jamais changer ton passé.
41:29Ton passé, tu ne pourras pas le changer et tu seras obligé de vivre avec.
41:31Par contre, ton futur, tu l'auras crée de ta main.
41:33Tu veux quelqu'un de bien, tu serais quelqu'un de bien.
41:34Tu veux être une petite mère, tu serais une petite mère.
41:36Et que vos enfants, je ne sais pas si vous en avez plusieurs aujourd'hui, vous les mettez en garde
41:38contre ça, justement ?
41:39Oui, complètement. La prévention à la maison, ça a été...
41:42J'imagine qu'ils ne sont pas coupés.
41:43Ils sont bien lotis.
41:44Voilà.
41:45En tout cas, mieux que d'autres.
41:46On en a toujours parlé, en tout cas.
41:47Ça, c'est important.
41:48Moi, je vous rencontre de ça dans les écoles.
41:50C'est que c'est un sujet qui est assez tabou.
41:51On ne parle pas trop de ça.
41:52Et je pense que, justement, non, il faut en parler, en fait.
41:56On se retrouve demain à partir de 14h.
41:58On se retrouve demain à partir de 14h.
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