Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 1 semaine
Lundi 31 août 2026, retrouvez John Plassard (Associé et responsable de la stratégie d'investissement, Banque Cité Gestion) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Pauline Gratelle.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:09Un invité tous les midis avec nous pour décrypter à chaud les tendances de la séance à la mi-journée
00:15et les enjeux de la semaine.
00:17John Plassard, bonjour.
00:19Bonjour Pauline.
00:21Vous êtes associé et responsable de la stratégie d'investissement pour la banque Cité Gestion.
00:25Bon, John, bienvenue dans un monde où l'inflation américaine reste la priorité absolue de Kevin Walsh.
00:32Que faut-il retenir du forum de Jackson Hole qui s'est déroulé du 27 au 29 août la semaine
00:38dernière ?
00:39Écoutez, je pense tout d'abord que la majeure partie des économistes pensent qu'il ne s'est rien passé.
00:45C'est faux.
00:46Le message a été extrêmement clair et on avait besoin de clarté.
00:51C'est ça qui est important de noter.
00:53Et Kevin Walsh n'a pas promis de hausse en septembre, même si on a des anticipations de hausse en
01:00septembre.
01:01Mais il a clairement remis au centre de l'échiquier l'inflation.
01:05Et ça, c'est très important.
01:07Vous savez, la réserve fédérale américaine a deux mandats.
01:10C'est la stabilité des prix, c'est-à-dire une inflation proche de 2 %,
01:14et de l'autre côté, un plein emploi, c'est-à-dire un emploi en dessous de 5 %, un
01:21taux de chômage en dessous de 5 %.
01:23Et là, c'est important parce qu'il se focalise sur l'inflation.
01:26Et en fait, il a offert aux analystes un diagnostic assez ferme.
01:34Il y a une économie américaine qui est encore résiliente.
01:37On l'a vu la semaine passée avec la révision de la croissance du deuxième trimestre américain à 1,5
01:43%.
01:43On a un marché du travail qui est stable.
01:46Vous avez dit, on regardera ce qui va se passer ce vendredi pour le rapport de l'emploi de août.
01:54Et puis, vous avez des conditions financières, et ça, c'est peut-être le mot le plus important de Jackson
01:58Hole,
01:59qui sont encore insuffisamment restrictives.
02:03Qu'est-ce que ça veut dire ?
02:04Ça veut dire que ça ne le dérangerait pas si les taux progressaient à l'avenir.
02:10Mais bien sûr, aujourd'hui, si on fait un très très bref résumé,
02:15c'est que Jackson Hole marque surtout que la Fed refuse de déclarer victoire sur l'inflation.
02:24Et un retour crédible vers les 2 % immédiatement.
02:27C'est-à-dire que ça va prendre plus de temps.
02:30Et ça, c'est très important.
02:31Et je pense que le message est important.
02:33Vous venez de parler des taux longs américains, mais aussi européens, on peut le rappeler.
02:38Et là, on voit que les taux réagissent au discours de Kevin Walsh d'une manière assez nette.
02:45Oui, parce qu'on rappelle que l'indice PCE qui a été publié la semaine dernière aux États-Unis
02:50restait quand même largement supérieur à 3 %.
02:54Oui, tout à fait.
02:56Alors, il faut faire attention ici avec ces statistiques.
02:58D'abord, oui, vous avez tout à fait raison.
03:00Le PCE, c'est l'indice le plus regardé de la part de la Fed.
03:04Mais il faut aussi rappeler une chose, c'est que Kevin Walsh, le nouveau président de la Fed,
03:09a rappelé qu'il voulait se baser sur d'autres statistiques.
03:13Qu'est-ce que ça veut dire ? Ce ne sont pas des statistiques sur le passé, mais des statistiques
03:18flash, comme on dit,
03:19c'est-à-dire des anticipations avant la fin du mois.
03:22Et c'est pour ça qu'à l'avenir, les statistiques économiques qui vont être diffusées seront peut-être différemment
03:32appréciées de la part de la Fed.
03:34Et ça, c'est important.
03:37Quels sont les impacts concrets sur les marchés, John ?
03:41Donc, on a parlé des rendements qui sont, pas envolés, mais qui ont quand même progressé.
03:48Est-ce qu'il y a d'autres impacts à noter ?
03:50Et est-ce qu'on peut attendre encore d'autres impacts dans les jours, dans les semaines à venir ?
03:55Oui, je pense.
03:56Bon, d'abord, j'enfonce une porte ouverte, mais vous avez les valeurs les plus sensibles au taux,
04:02notamment les technologies chères, les valeurs de l'intelligence artificielle considérées comme chères en termes de valorisation,
04:09et puis les actifs spéculatifs qui deviennent de plus en plus vulnérables.
04:13Mais je dirais que, contrairement à ce qu'on peut penser, c'est que le discours au quiche faucon de
04:22Kevin Walsh
04:23pourrait ne pas empêcher les marchés de baisser.
04:26Pourquoi ? Qu'est-ce que ça veut dire très concrètement ?
04:28Ça veut dire que, vous savez, on a reproché en 2024 la Réserve fédérale américaine et la Banque centrale européenne
04:36d'être en retard sur le cycle de hausse de taux.
04:39Eh bien là, en abordant un message beaucoup plus au quiche sur les marchés, sans forcément monter les taux,
04:47eh bien on va avoir un marché qui potentiellement pourrait remercier cette vue clairvoyante de Kevin Walsh.
04:57Donc oui, une pression sur les valeurs sensibles au taux, comme je viens de le dire,
05:02mais d'un autre côté, potentiellement une fin d'année pas si mauvaise que ça, avec des taux longs plus
05:08élevés,
05:08mais on va comprendre et on a compris pourquoi.
05:12Bon, on verra ça du coup dans les prochains mois.
05:15Kevin Walsh veut aussi réduire la communication de la Fed pour laisser les marchés interpréter eux-mêmes les chiffres.
05:23Qu'est-ce qu'il faut en penser, John ?
05:26C'est-à-dire que je pense qu'on a vécu trop d'années avec une Fed qui faisait le
05:32travail.
05:32Et qu'est-ce que ça veut dire ?
05:34Ça veut dire qu'aujourd'hui, on devra réfléchir par nous-mêmes, avec les statistiques,
05:38avec les données qui ne sont pas simplement le PCE et l'emploi,
05:43avec des données de la consommation, un message qui nous est donné des entreprises, par exemple,
05:49ce qu'on ne faisait pas avant, puisqu'on écoutait seulement et naïvement, d'une certaine manière,
05:54le message de la Fed, le message de plusieurs membres de la Fed.
05:58Donc, je dirais que ce n'est pas un manque de communication,
06:02c'est de dire qu'on ne veut pas mal vous conduire à l'avenir,
06:06parce qu'il y a tellement de choses qui peuvent arriver.
06:09Vous l'avez dit, Pauline, juste avant, on a le prix du baril qui repart à la hausse,
06:14alors qu'on avait de bons espoirs à la fin de la semaine passée que ça repartait à la baisse.
06:18Donc, là-dessus aussi, s'il y a un message qui nous est donné sur ces six prochains mois
06:24et qu'il y a tellement de volatilité dans le marché,
06:26eh bien, la forward guidance ne sert plus à rien.
06:29Alors, évidemment, il y a des revers là-dessus, sur le fait de moins communiquer.
06:34Il y a beaucoup plus de volatilité.
06:36Et on imagine bien que cette volatilité va être induite par ce qu'on appelle la data dependency,
06:43la dépendance aux données économiques qui, si elles sont bonnes ou mauvaises,
06:49eh bien, va faire beaucoup plus et on aura une réaction beaucoup plus immédiate sur les marchés.
06:54Donc, il va falloir vivre avec une volatilité dans les marchés qui est beaucoup plus importante
07:00que ce qu'on a connu avant avec les prédécesseurs de Kevin Walsh.
07:04Un mot peut-être rapide aussi sur l'intelligence artificielle que Kevin Walsh qualifie de virage historique pour la productivité.
07:12Est-ce que, selon vous, c'est un argument crédible à court terme pour justifier un coût du capital plus
07:18élevé ?
07:19Alors, pas vraiment. Et vous savez, c'est très intéressant ce qui se passe avec l'intelligence artificielle
07:25parce qu'on nous a dit, avant le développement qu'on connaît aujourd'hui et qu'on va connaître demain,
07:31on nous a dit que l'intelligence artificielle, évidemment, ça allait booster la productivité immédiatement
07:35et qu'on allait être dans une situation où ça va être désinflationniste.
07:40OK ? On aura moins d'inflation parce que, notamment, les salaires ne monteront plus, etc.
07:45Il y avait tout un débat philosophique. Bien là, on se rend compte qu'en fait,
07:49l'intelligence artificielle, aujourd'hui, est plutôt inflationniste.
07:53On a vu ce qui s'est passé sur le prix des semi-conducteurs.
07:56On a vu ce qui s'est passé sur le prix des mémoires.
07:59Et donc, on est dans une situation où, potentiellement, dans un deuxième temps,
08:04on verra l'inflation baisser grâce à l'intelligence artificielle et la productivité montée.
08:11Mais ce n'est pas encore le cas. Et je pense que c'est vraiment une vision à moyen long
08:16terme.
08:16Je partage ce qu'il dit sur l'augmentation de la productivité, mais elle n'est pas immédiate.
08:21Et c'est ça qu'il faut comprendre et c'est ça qu'il faut mettre dans nos anticipations économiques
08:26parce que, potentiellement, on pourrait avoir quelques déceptions dans les prochaines données économiques
08:33qui nous seraient données sur la productivité et puis aussi sur la question de l'inflation.
08:37Enfin, John, c'est lundi. C'est donc le moment où on va regarder un petit peu ce qu'on
08:42va suivre cette semaine sur les marchés.
08:44Il nous reste deux minutes. On a parlé du rapport sur l'emploi aux États-Unis pour le mois d
08:49'août
08:49qui sera publié vendredi. Est-ce qu'il faut qu'on suive autre chose, John, cette semaine ?
08:55Oui. Alors, on a pas mal de choses. Je vais le faire vite. Vous l'avez dit.
08:59Bon, tout le monde se focalise sur vendredi. Mais on a encore des sociétés qui vont publier.
09:03Et on a vu, qu'on le veuille ou non, que c'était la croissance des entreprises qui tirait le
09:09S&P ou qui le faisait baisser.
09:11Pour l'instant, tout va bien. Et si on regarde ce qui s'est passé, la majeure partie des sociétés
09:16américaines ont publié.
09:17Mais on va aussi avoir Broadcom, Dell, Palo Alto, Snowflakes. Et elles vont nous dire, ces sociétés, si NVIDIA,
09:25qui avait diffusé un message absolument extraordinaire en termes de croissance future, même jusqu'à 2028,
09:32elles vont, nous aussi, nous dire si NVIDIA était tout seul ou pas.
09:37En Europe, il faut suivre l'Europe. L'inflation en Europe, le retour de l'inflation, ça va être aussi
09:43très intéressant à noter.
09:45Et puis, en définitive, la Chine, on a pas mal de données économiques pour confirmer ou non la décélération de
09:54la croissance chinoise.
09:55Merci beaucoup, John. John Plassard, vous êtes donc associé et responsable de la stratégie d'investissement pour la banque Cité
10:03Gestion.
10:03Merci beaucoup et merci à tous de nous avoir suivis. On se retrouve tout à l'heure à 17h30 en
10:11direct sur Bismarck.
10:21Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires

Recommandations