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Avec Christophe Kerrero
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NewsTranscription
00:00Midi 14h, Sud Radio, la France dans tous ses états, Péricault-Légas.
00:05Vous êtes bien sur Sud Radio, il est 13h03 et je reçois parce qu'aujourd'hui c'est la veille
00:10de la rentrée, c'est la rentrée des profs.
00:12Et évidemment tous les parents, mais même tous les français sont quand même soucieux de ce que devient l'école.
00:17Est-ce que l'école continue à s'effondrer ?
00:19Alors je reçois en studio une sommité de l'éducation nationale, quelqu'un, une autorité si je puis dire morale
00:25et professionnelle qui est Christophe Guerrero.
00:28Christophe Guerrero a été bien, dans bien des fonctions, recteur de l'Académie de Paris, directeur de cabinet de Jean
00:33-Michel Blanquer,
00:34il a même été inspecteur général de l'éducation nationale.
00:38C'est un homme qui connaît l'éducation nationale française, j'allais dire par cœur, dans ses traits fonds, dans
00:42ses subtilités, dans ses secrets, dans ses mystères.
00:45Christophe Guerrero, bonjour, merci d'être sur Sud Radio.
00:48Je vous recevais il y a 11 mois à peu près, j'ai regardé la date, c'était au mois
00:51d'octobre.
00:53Vous veniez de publier un livre qui était « L'école n'a pas dit son dernier mot ».
00:56Je vous pose la question solennellement, l'école a-t-elle dit son dernier mot ou continue-t-elle à
01:02s'effondrer ?
01:03Pour commencer, une petite note positive, parce que la rentrée des classes, c'est toujours une émotion, une émotion populaire.
01:11Ce sont les rires, les cris des enfants dans les cours de récréation, souvent encore sous le soleil.
01:16Et donc, d'abord, je salue l'ensemble des cadres, des professeurs qui rentrent aujourd'hui,
01:21et puis demain, les parents et les élèves.
01:24Alors, une fois qu'on a fait ce constat, c'est vrai qu'il faut rester lucide sur la situation.
01:31Pas alarmiste, mais lucide.
01:33Je pense que l'école, il ne faut pas la prendre comme la seule institution qui a des difficultés.
01:40Certes.
01:42Elle est essentielle, parce qu'elle est la mère de toutes les autres politiques publiques.
01:47Et que nous attendons de l'école, plus de souveraineté, de l'industrie.
01:54Et le fondement de la République aussi.
01:56Et c'est aussi le fondement de la République, tout à fait.
01:59Donc, elle est essentielle, ce n'est pas moi qui essaie de dire le contraire,
02:02mais elle n'est jamais que le reflet de la société.
02:04Donc, c'est une question qui nous touche tous.
02:08Et moi, je vois plutôt d'un bon oeil, en cette rentrée, en cette pré-rentrée,
02:12que l'ensemble des forces politiques, publiques, associatives,
02:18commencent à dire que c'est un sujet essentiel.
02:20Parce que c'est à cette condition seule que nous pourrons retrousser les manches,
02:25et avoir le courage nécessaire pour affronter toutes les idées.
02:28Il était temps, quand même.
02:29Je vous signale que Michel Rocard, en 1991, disait déjà,
02:33nous ne nous en sortirons que lorsque le Premier ministre sera le ministre de l'Éducation nationale.
02:38C'est un enjeu national.
02:40Le recul, quand même, le retard qui a été pris, est immense aujourd'hui,
02:44par rapport à cette période.
02:46Vous le savez, dans quelques jours, nous aurons les résultats,
02:49les fameux résultats bizarres.
02:51Ils n'annoncent pas très bons, paraît-il.
02:53Moi, je n'en sais rien, je ne suis pas...
02:55Dans le secret de la direction de la perspective et de la prospective de l'Éducation nationale,
03:00il n'y a pas de raison, en effet, qu'il y ait de très gros changements
03:04par rapport à ce que nous connaissons.
03:07Mais tout simplement parce qu'il faut revoir l'ensemble du modèle.
03:13On a multiplié les réformes au cours des années écoulées, des mesures,
03:18mais tout cela ne forme pas une vision collective de l'école.
03:21En fait, la vraie question, c'est qu'attendons-nous collectivement de notre école ?
03:26Je pense qu'il faudrait déjà clarifier les choses là-dessus.
03:30Qu'attendent les parents ? Qu'attend la société ?
03:32Et comment ensuite on met en musique les choses
03:35avec les professionnels de l'Éducation nationale,
03:38les professeurs, les cadres,
03:39mais aussi le monde associatif, les collectivités ?
03:42Vous considérez que c'est aux parents qu'il faut s'adresser pour savoir ?
03:44Ce n'est pas à l'État de savoir quels sont les programmes ?
03:48C'est l'ensemble de la société qui doit définir ce qu'elle attend.
03:52Il y a beaucoup de confusion dans les esprits.
03:56Souvent, on reproche à l'école de ne pas faire ci,
03:58mais on dit parfois qu'elle fait trop ça.
04:01Clarifions les choses.
04:02Qu'est-ce qu'on attend les uns des autres ?
04:04Et dans une société extraordinairement complexe comme la nôtre,
04:07je pense qu'il faut poser les choses raisonnablement, posément.
04:11Ça ne veut pas dire qu'on arrête tout,
04:13mais ça veut dire simplement qu'on se met d'accord
04:15sur ce qu'on attend les uns des autres.
04:16Christophe Quérérot, je ne vais pas vous faire l'inventaire
04:20des tragédies auxquelles nous sommes confrontés.
04:22On parle quasiment du préalphabétisme pour certaines classes,
04:26des enfants qui ne savent pas écrire le français.
04:29L'autre jour, je rencontrais un professeur de droit
04:31qui faisait passer son examen à quelqu'un qui allait devenir avocat.
04:35Et cette jeune fille de 24 ans ne savait pas qui était François Mitterrand.
04:38Donc on est quand même dans une situation absolument avérante.
04:41C'est une exception, bien entendu.
04:42Voilà.
04:42Et on sait que le niveau scolaire s'effondre.
04:45Comment expliquez-vous qu'en tant d'années...
04:47Et vous êtes de ceux qui avaient tiré les signaux d'alarme.
04:49Et Jean-Michel Blanquer n'est pas, j'allais dire,
04:51le plus incompétent des ministres de l'Éducation nationale.
04:53Il y en a eu d'autres avant.
04:54Depuis tant que la classe politique, que la société,
04:56que les parents, que les enseignants hurlent,
04:58on va dans le mur, on est en train de s'effondrer.
05:00Comment se fait-il qu'aucun gouvernement n'ait eu le courage
05:02de prendre les mesures nécessaires, efficaces et courageuses
05:05pour redresser la barre ?
05:07Alors vous le soulignez, on a un drame français,
05:09notamment autour des 25 à 30% d'élèves
05:13qui ne maîtrisent pas la langue française
05:15et donc qui auront un problème dans le raisonnement.
05:20Se concentrer sur la langue, la maîtrise de la langue
05:23est la priorité absolue.
05:25Mais encore une fois, on a aussi demandé à l'école,
05:28de l'extérieur, de s'occuper de beaucoup d'autres choses.
05:30C'est pourquoi je pense qu'il faut redéfinir collectivement les priorités.
05:35C'est-à-dire qu'on ne peut pas tout faire.
05:37Encore une fois, historiquement,
05:39la France s'est d'abord occupée du lycée.
05:42Vous le savez.
05:43Enfin, historiquement.
05:45Surtout, la Vème République a beaucoup privilégié le lycée,
05:49la IIIème République, l'école primaire.
05:51Aujourd'hui, il faut remettre des moyens considérables
05:57sur l'école primaire.
05:59Bien entendu.
06:00Mais on ne peut pas dire qu'on ne l'a pas commencé,
06:03depuis, et quels que soient les gouvernements d'ailleurs.
06:05On a baissé le nombre d'élèves par classe dans le premier degré.
06:09C'est un mieux.
06:10Ensuite, il ne faut pas nier qu'il y a eu un certain nombre de dérives,
06:15parfois un peu trop teintées d'idéologies,
06:17qui nous ont fait perdre la boussole en termes d'apprentissage,
06:22notamment des savoirs fondamentaux.
06:23Mais je pense que cette errance est derrière nous.
06:25Et que maintenant, l'enjeu, c'est de former les professeurs,
06:28notamment les professeurs des écoles,
06:30aux méthodes qui fonctionnent,
06:31pour que tous nos enfants sachent lire, écrire et compter.
06:35Alors, je voudrais qu'Anissa nous fasse un petit point,
06:37justement, sur l'état dans lequel est l'éducation nationale aujourd'hui.
06:39Anissa Arflaoui.
06:40En fait, je vais simplement rebondir sur le terme que vous venez d'utiliser,
06:44en parlant d'errance.
06:45Et vous imaginez que cette errance est derrière nous.
06:47Je vais juste me permettre de rappeler,
06:49à toutes les personnes qui nous écoutent,
06:51le nombre de ministres de l'éducation nationale
06:53que nous avons eu depuis le premier quinquennat d'Emmanuel Macron.
06:57Je vais citer les noms également,
06:59parce que peut-être que certains ne se souviennent pas de tous.
07:02Jean-Michel Blanquer, Papendaï, Gabriel Attal, Amélie,
07:06Ouéda Castera, Nicole, Belloubet, Anne, Jeunetais,
07:09Elisabeth Borne, Édouard, Geoffrey.
07:11Ça fait beaucoup, quand même, de ministres.
07:13Et si on fait le calcul, ils font à peu près moins de deux ans.
07:16Et encore, on sait que ce n'est pas ça.
07:18Mais ça fait une moyenne de moins de deux ans de gouvernance par ministre.
07:23En sachant que si on fait des petites observations un peu plus précises,
07:28on voit qu'il y avait même pour Nicole Belloubet,
07:31qui a été ministre de l'éducation nationale du 8 février 2024,
07:34au 21 septembre 2024,
07:38225 jours, dont 66 jours en tant que ministre démissionnaire.
07:41C'est pas comment on fait pour avancer.
07:42C'est une vraie question que l'on se pose.
07:44On sait que ce sont ces ministres qui ont le dernier mot sur l'organisation des programmes scolaires.
07:50C'est eux qui décident de l'évolution du contenu de nos chers élèves, étudiants, collégiens.
07:58Est-ce que ce n'est pas ça, finalement, qui justifie la déchéance, aujourd'hui ?
08:03Je pense qu'on ne peut pas résumer les difficultés à ce que vous avez annoncé.
08:08Je disais tout à l'heure, l'école, c'est le reflet de la société.
08:14Il ne vous a pas échappé que nous avons une situation politique complexe depuis quelques années.
08:19Et donc, l'école en a été, d'une certaine façon, victime,
08:23avec les multiplications de gouvernements que vous énonciez.
08:26Mais il faut surtout se projeter dans l'avenir, dans les mois qui viennent.
08:32Cette situation, nous souhaitons tous être clarifiée.
08:36Et il faut œuvrer à ce que, à l'issue des échéances majeures qui sont devant nous,
08:43et bien précisément, nous puissions nous donner un cap,
08:46non pas sur six mois, non pas sur un an, non pas sur cinq ans, mais sur dix, voire vingt
08:52ans.
08:53Et se mettre d'accord, c'est pourquoi un peu, j'appelle toujours la Scandinavie au secours,
08:59c'est-à-dire pourquoi, dans certains pays, on n'est pas capable de dépasser un certain nombre de clivages
09:04partisans
09:05pour se mettre d'accord sur des choses, somme toute, assez élémentaires.
09:09C'est-à-dire, apprendre à lire, apprendre à penser,
09:13c'est quelque chose qui est partagé, je crois, par l'ensemble des femmes et des hommes politiques de ce
09:17pays.
09:18Et les Français, ils n'attendent que cela.
09:20C'était d'ailleurs le mantra de Jean-Michel Blanquer,
09:23il y a eu beaucoup de succès quand il avait fait son fameux lire, écrire, compter, respecter autrui.
09:28Parce que c'est ce qui est attendu.
09:29Et donc, il faut que, enfin, nous sommes une démocratie,
09:34il faut donc que le peuple tape du poing sur la table et dise,
09:38voilà, nous, nous ne voulons plus de querelles de chapelle sur la question éducative,
09:43nous voulons nous projeter à dix, quinze ou vingt ans,
09:46parce qu'on parle de l'avenir de la nation.
09:49Jean-Michel Blanquer, aujourd'hui, sur l'ensemble politique,
09:53est-ce que vous pensez qu'on aura quand même, dans le personnel politique,
09:57des gens qui sauront, avec compétence et courage, s'attaquer à ce dossier ?
10:00On en parle, on continue à en parler dans quelques instants.
10:03Voilà, je reçois Christophe Guerrero, qui a été recteur de l'Académie de Paris,
10:07directeur du cabinet de Jean-Michel Blanquer,
10:09auteur de l'École n'a pas dit son dernier mot aux éditions Robert Laffont.
10:12Je pense que l'ouvrage est toujours d'actualité.
10:14On peut continuer, voilà, et puis on continue avec vous dans quelques instants,
10:17à disserter sur l'avenir de cette école qui continue à s'effondrer.
10:20Et on aura le témoignage d'une professeure qui nous appellera de Normandie.
10:24A tout de suite sur Sud Radio.
10:26Midi 14h, Sud Radio, la France dans tous ses états, Péricolegas.
10:32Merci d'être avec nous, merci de nous écouter.
10:35Vous êtes sur Sud Radio, appelez-nous, réagissez, dites tout ce que vous avez envie de dire.
10:41Et puis tout de suite, en fait, avec nous, il y a Sarah, Sarah Hausset, qui est là pour dire
10:45ce qu'elle pense.
10:46Sarah, vous êtes professeure de français dans un collège, dans la région du Gard.
10:52Oui, tout à fait.
10:53Je suis agrégée de l'être moderne et par choix, j'enseigne en collège.
10:57Parce que pour moi, le collège, c'est vraiment là où tout se joue.
11:01Alors, M. Guerrero a raison sur le fait qu'il faut reprendre le primaire, il a tout à fait raison.
11:08Mais beaucoup de choses ont été faites, sous M. Blanquer notamment, sur le primaire et sur le lycée, mais pas
11:14du tout sur le collège.
11:16Et j'ai l'occasion d'en parler avec M. Blanquer, qui en est convenu, c'est un homme de
11:21grande honnêteté intellectuelle.
11:23Mais si vous voulez, l'éducation, moi je vais vous dire sans embâche, elle est en dessous du niveau de
11:28la mère.
11:29M. Guerrero a dit que le niveau d'analphabétisation était jusqu'à 30%.
11:34Non, il est à 70%.
11:36Moi, je vous le dis, les enfants, il y en a peut-être qui ne savent pas déchiffrer.
11:41Mais dans ceux qui déchiffrent, ils ne comprennent plus.
11:43Sur quoi vous vous basez, Sarah ?
11:45Pour annoncer 70% de problèmes d'alphabétisation.
11:51Je vais vous donner un exemple très précis.
11:53Il y a un petit texte que je fais depuis 17 ans, qui est un texte de 19ème, très facile.
11:57C'est deux répliques de théâtre avec un petit résumé qui explique une situation de quiproquo.
12:02Un domestique doit venir, il ne vient pas, donc il y a un invité qui vient à sa place.
12:06C'est trois lignes.
12:07Et après, il y a quatre répliques.
12:08Et bien, depuis quatre ans, les trois quarts de mes élèves ne comprennent pas ce texte.
12:13Alors qu'il n'y avait jamais eu de problème jusque-là sur ce texte-là.
12:15Donc, je veux bien que ce ne soit pas des évaluations comme l'éducation aime les faire avec des petits
12:20points et des coins.
12:21Mais moi, je le vois.
12:22Mais vraiment, c'est gros comme une maison.
12:24Ils ne comprennent pas ce qu'ils disent.
12:25Et qu'on laisse réagir Christophe Guerrero à cette affirmation qui est très vraie, hein, Sarah.
12:32Moi, je ne me fie, bonjour madame, je ne me fie évidemment qu'aux publications de l'ADEP.
12:38Et j'ai à fait baisse de croire qu'elles ne sont pas complètement fausses puisqu'elles rejoignent malgré tout
12:42les évaluations internationales.
12:43Mais cela dit, 25 à 30% d'élèves qui déclisent pas en 6ème, c'est considérable.
12:49C'est considérable.
12:49Et c'est encore une fois une moyenne.
12:51Il peut y avoir des endroits, notamment dans les endroits très difficiles, en grande difficulté sociale, où ça va plus
12:59loin.
13:01Alors, bon, il faut malgré tout poursuivre le travail à l'école.
13:06Il y a eu beaucoup d'efforts, vous le concédiez madame.
13:10Il faut aller plus loin sur la formation.
13:12Je crois que notre grande faiblesse, c'est la formation des professeurs.
13:17La formation initiale et la formation continue.
13:21Moi, j'ai l'habitude de dire, en tout cas, ma génération, c'était comme cela, et je crains que
13:26ça n'a pas beaucoup évolué,
13:27qu'on nous met dans le grand bain sans savoir nager.
13:29Vous voulez dire qu'on paye encore l'effet IFM ?
13:31L'effet manque de formation.
13:34La Troisième République, c'était donner les moyens de former ses institutrices et ses instituteurs dans ce qu'on appelait
13:42les écoles normales.
13:43La Cinquième République ne s'est pas donné les moyens de former les professeurs alors qu'on lançait une massification
13:50considérable et une démocratisation du second domaine.
13:52Jusqu'en 1968, si, mais c'est après.
13:56Malgré tout, je crois quand même que même sous le gaullisme, on n'a pas fait ce qu'il fallait
14:01sur la massification.
14:03Et d'ailleurs, mai 68, d'une certaine façon, c'est la révélation de cela.
14:07Donc, il est temps de réagir là-dessus.
14:10Les pays qui réussissent bien, il y a parfois jusqu'à 100 heures de formation continue obligatoire pour les professeurs.
14:19Quand on cite Singapour, alors évidemment une autre société, il y a 100 heures de formation.
14:24Ce n'est pas seulement la société qui est très dure avec ses enfants.
14:27C'est aussi une professionnalisation extrême des professeurs.
14:32Alors, ça ne veut pas dire que les professeurs ne connaissent pas bien leur discipline, naturellement.
14:36Mais c'est une base, cela.
14:38Ce n'est pas le métier.
14:40Et ce métier, il s'apprend.
14:42Sarah, la formation que vous avez eue, vous, ne correspond pas du tout à cette façon aujourd'hui.
14:47Je ne suis pas... Pardon, M. Kerrero, je ne suis pas du tout d'accord avec vous.
14:50On a tendance à rejeter sur la formation.
14:53Bon, moi, je suis peut-être un contre-exemple parce que j'ai Bac plus 12, j'ai un DEA,
14:56j'ai fait ma thèse aussi.
14:57Donc, j'estime que je suis ultra formée et qu'on me déforme régulièrement.
15:02Par exemple, on parle des problèmes de français.
15:04Mais je suis désolée, on est passé de 6 heures de français à 4 heures et demie de français.
15:08Ce n'est pas de la faute des enseignants, ça.
15:10Et ça, il n'y a pas très longtemps, c'est 2016.
15:12Quant à la formation des enseignants en primaire, effectivement, on leur a fait faire n'importe quoi depuis une dizaine
15:17d'années.
15:18Tri-formation des déchets, moi, ils me le disent, les instituts.
15:21Ils me disent qu'on n'a pas été formés.
15:22Et ça, je suis d'accord.
15:23Mais les enseignants de collège et de lycée qui sont certifiés ou agrégés comme moi, il y en a beaucoup.
15:28On est ultra formés et on est totalement désespérés.
15:31M. Quiriero, moi, je suis au bout de me tirer une balle dans la tête.
15:34Et j'ai 60 ans.
15:35Ce n'est pas mon problème, ce n'est pas ma formation.
15:38C'est, vous avez raison sur la société, mais le manque de moyens qu'on a pour aider les enfants.
15:44Mme Belkacem a enlevé toutes les heures supplémentaires et M. Blanquer ne les a jamais remises.
15:48La suppression du latin et du grec n'a pas été remise.
15:51Et tout ça, M. Blanquer aurait pu le faire.
15:53Et toutes ces choses-là, ça finit par faire.
15:56Vous parliez des quartiers difficiles.
15:57Moi, je ne suis pas dans un quartier difficile.
15:59Je suis dans un petit collège de campagne où j'ai un peu de tout.
16:02Toutes les nationalités, beaucoup de petits Français, fils de cultivateurs,
16:05ils ne savent plus lire, ils ne savent plus écrire.
16:08Et ce n'est pas un problème de culture.
16:10Christophe Carrero, vous avez été directeur de cabinet de Jean-Michel Blanquer.
16:13Pourquoi n'avez-vous pas rétabli les heures supplémentaires ?
16:16Pourquoi nous n'avons pas retouché au collège ?
16:18Tout simplement parce qu'il venait d'y avoir une réforme du collège.
16:22Et c'était tout de même très difficile de revenir complètement sur ce qui venait d'être bâti.
16:27Parce que malgré tout, une réforme, c'est très perturbant pour les personnels.
16:33Même s'il y avait des erreurs dans cette réforme, on ne touche pas à la réforme, on ne touche
16:36pas aux erreurs.
16:36On a essayé de corriger les choses, on a parié sur le premier degré.
16:41Je ne dis pas que nous avons tout fait bien.
16:43Ça, ce n'est pas du tout ce que je dis.
16:45Peut-être aurait-il fallu, mais à l'époque, souvenez-vous, c'était déjà très difficile d'agir sur le
16:50premier degré.
16:50Il n'y avait pas de consensus.
16:52Je pense qu'au cours des dix dernières années, ce qu'on a acquis, c'est une sorte de consensus
16:56sur l'idée qu'il faut mettre le paquet sur les premières années.
16:59Et je pense que ça, c'est essentiel.
17:00Le premier degré, et ensuite, bien entendu, si vous avez une hausse du niveau de l'ensemble d'une classe
17:07d'âge à la fin du primaire,
17:09ça aura des conséquences très bénéfiques sur le collège.
17:11Ça ne veut pas dire qu'il ne faut rien faire au collège.
17:13C'est bien là que l'analphabétisme commence au primaire.
17:15Si on a un apprentissage de la langue, c'est perdu.
17:17Je vais aller plus loin encore.
17:18Mon regret, c'est de ne pas être plus loin dans les mille premiers jours.
17:22Alors, la différence essentielle, l'inégalité première sur le langage, c'est le nombre de mots acquis pour l'enfant.
17:32Et il peut y avoir une différence de 1 à 6 selon les classes sociales.
17:38Donc, il faut que, là aussi, il y a eu des expérimentations intéressantes,
17:42il faut que tous les enfants aient le niveau de vocabulaire, le nombre de mots requis pour entrer dans la
17:50lecture.
17:50Sinon, ils ne le peuvent pas.
17:51Donc, vous voyez, il faut qu'on travaille vraiment le plus en amont possible.
17:55C'est des choses très simples, que je dis là.
17:57Un tradition du portable dans les lycées, c'est une mesure que vous approuvez, je suppose ?
18:01Alors, oui, bien entendu.
18:03Ça ne résout pas tout.
18:03Je veux dire, on est tous...
18:05Là aussi, collectivement, il faut qu'on s'interroge avec nos portables.
18:08Je veux dire, les adultes ne sont pas toujours exemplaires sur ce sujet.
18:11Donc, c'est normal qu'à l'école, on apprenne, non pas à supprimer l'usage du téléphone portable,
18:16ou des réseaux sociaux, ou des écrans, mais leur bon usage.
18:19Ça, ça fait partie de l'éducation, et ça doit être partagé entre les familles et l'école.
18:24Et on sort un peu du sujet, les réseaux sociaux au moins de 15 ans, retouchés par le Conseil constitutionnel.
18:29C'était quand même une mesure qu'il faut envisager, à un moment donné.
18:31Là-dessus, moi, vous savez, je suis très modeste, j'ai comme madame bientôt 60 ans, je suis humble,
18:39et je me fie à ce que nous dit l'état de la science, aujourd'hui.
18:45Et vous avez sans doute lu le rapport sur les écrans, à la recherche du temps perdu,
18:52avec Marie-Caroline Missyre, Grégoire Bors, bon, ils nous disent qu'il ne faut pas tout supprimer.
18:56Mais il faut un usage intelligent, on ne va pas se déconnecter complètement,
19:00ni de l'intelligence artificielle, ni des réseaux sociaux, on va l'utiliser raisonnablement.
19:06Mais il y a des addictions qui peuvent être nocibles.
19:07Et on va aider, bien sûr, mais considérable.
19:09Mais la première chose, à mon avis, ce n'est pas d'écran, de toute façon, au primaire,
19:14pas de téléphone avant, 15 ans, des choses comme ça.
19:18Mais il faut se mettre d'accord, là aussi, collectivement.
19:20Et je veux dire, si l'école le fait, mais que les parents ne le font pas,
19:22ça ne va pas non plus fonctionner.
19:24Or, on le sait, on a tous des amis qui nous disent,
19:27c'est difficile de sevrer les enfants en matière d'écran.
19:32Et derrière, il y a la question du sommeil, qui est tout à fait essentielle.
19:35C'est toutes ces questions-là qu'il faut poser ensemble.
19:37Sarah, vous êtes, évidemment, vous approuver l'interdiction du portable dans les lycées, je suppose.
19:42Je vais vous surprendre, mais non.
19:44D'ailleurs, l'intervention de M. Quereiro, comme toujours, que j'estime beaucoup,
19:47est très modérée, il a raison.
19:48Le problème, c'est l'éducation.
19:51On travaille sur deux fronts.
19:53Nous, on instruit et les parents doivent éduquer.
19:56Quand les parents n'éduquent plus, c'est là qu'on a un problème.
19:58Vous rentrez à la maison, le portable, il est enfermé.
20:01Déjà, les problèmes de harcèlement, ça vient de ceux qui font le soir dans leur lit.
20:05Les parents ne sont pas au courant.
20:06Moi, j'autorise mes élèves à utiliser le téléphone, par exemple,
20:09pour prendre des photos d'un livre, pour être sûr qu'ils achètent le bon livre, etc.
20:12Pour prendre des photos de la leçon quand ils sont en difficulté.
20:14Je trouve qu'il ne faut pas prendre le marteau pour tuer une mouche.
20:17Il faut un usage raisonné et intelligent, au lieu d'interdire, ça ne servira à rien.
20:21Et les parents, comme disait M. Perrero, les parents sont demandeurs aussi,
20:24parce qu'ils veulent suivre leur enfant.
20:26Donc, ça ne marchera pas, ça.
20:28Moi, je crois qu'il faut ne pas tout mélanger.
20:30L'école est là pour instruire, avec un contenu,
20:33et l'éducation, c'est les parents.
20:35Alors, nous demanderons au prochain ou à la prochaine présidente de la République
20:38de redonner le nom de ministère de l'instruction publique,
20:42et non pas de l'éducation nationale, qui fut inspirée par Mussolini.
20:45C'est lui qui avait éducation nationale,
20:48et Anatole de Bonzi avait dit, mais c'est une très bonne idée, éducation nationale.
20:521932.
20:521932.
20:53Merci, Sarah, pour votre témoignage,
20:55et bonne rentrée quand même pour vous et vos élèves.
20:58Oui, bonne rentrée.
21:00Merci, au revoir, monsieur.
21:01Vous restez avec nous, nous sommes avec Christophe Quérérot, Anissa.
21:04Bien sûr, si vous êtes parents, vous êtes grands-parents,
21:07vous êtes professeurs,
21:08et vous avez envie de réagir aux propos de Christophe Quérérot.
21:11Nous parlons d'école, nous parlons de chute,
21:14du système éducatif, l'école sombre-telle.
21:17Vous avez votre mot à dire, dites-le, 0826 300 300.
21:20A tout de suite.
21:23Midi 14h, Sud Radio, la France dans tous ses états,
21:27Perico-Legas.
21:29Vous êtes bien sûr, Sud Radio, il est 13h30.
21:31Je reçois Christophe Quérérot, avec Anissa Arfawi,
21:34et vous nous appelez parce que vous avez, vous aussi,
21:36vous êtes soit enseignant, soit parent d'élève.
21:39Vous avez forcément une idée de cette rentrée 2026.
21:44Le ministre de l'Éducation nationale a annoncé ce matin,
21:47je n'ai pas fait de réforme cette année
21:49parce que je consolide les réformes précédentes.
21:52Jean-Christophe Quérérot va nous en dire un mot.
21:54Et là, nous avons Brigitte qui nous appelle de Lavore.
21:56Bonjour, Brigitte.
21:57Bonjour, Monsieur. Merci de me recevoir.
22:00Alors, écoutez, moi, je suis une grand-mère
22:02et le maire qui vous appelle.
22:04Voilà.
22:04D'accord.
22:04Donc, vous voyez, j'ai de l'expérience.
22:06Vous avez la double casquette.
22:07Tout à fait.
22:08Et c'est vrai que je vois l'école s'effondrer
22:10depuis pas mal d'années.
22:12Quand on compare notre niveau,
22:13à notre âge de l'heure,
22:15c'est une catastrophe.
22:17C'est délicieux.
22:17Ceci dit, je voulais interpeller
22:19M. Quérérot pour savoir
22:20s'il connaissait le rôle des AESH.
22:23Bien sûr.
22:24AESH.
22:24Alors, d'abord, dites-nous,
22:26que sont les AESH, Christophe Quérérot ?
22:28Alors, ce sont les aides
22:31qu'on a mis en place
22:32pour les enfants en situation de handicap.
22:35Voilà.
22:35Ce sont des femmes, des hommes,
22:40plus ou moins jeunes,
22:42qui sont placés auprès d'enfants
22:44en situation de handicap
22:45dans le milieu scolaire
22:47pour réaliser ce qu'on appelle
22:49l'école inclusive,
22:50qui est un résultat de la loi de 2005
22:53votée sous Jacques Chirac.
22:56Alors, Brigitte, ça vous inspire quoi ?
22:57Votre présentation est très belle,
22:59mais dans la réalité, monsieur,
23:01ce sont des gens qui sont absolument invisibles,
23:03qui ont beaucoup de soucis
23:05à gérer les enfants,
23:06parce qu'il y a parfois parmi eux
23:07des gros handicapés.
23:09Ils doivent refaire avec eux les cours
23:12parce que pour qu'il soit,
23:13comment dire,
23:14pour que l'enfant soit bien suivi,
23:15il faut qu'il ait compris.
23:17Donc, il faut qu'elles reprennent
23:18très souvent avec eux
23:19tout ce que le professeur a dit.
23:21L'enfant est parfois très agressif
23:22ou inattentif.
23:23Enfin, il y a toute une problématique
23:25d'un enfant handicapé.
23:26Savez-vous que ça l'aise
23:28à ces personnes ?
23:30Oui, oui.
23:31C'est le SMIG,
23:32et le problème,
23:33c'est qu'ils ne sont pas à 100%.
23:35Voilà.
23:36Alors, un SMIG à moins de 100%,
23:37c'est combien d'après vous ?
23:38C'est trop peu, bien sûr,
23:40pour vivre.
23:41Alors, elles ont en fait
23:41un travail lourd,
23:44psychologiquement fatigant,
23:45et elles sont complètement
23:47mal connues.
23:48Et en plus,
23:49c'est des éléments
23:50dans les établissements
23:51qu'on envoie des fois
23:52à droite, à gauche.
23:53Bon, c'est vrai,
23:54parfois,
23:54elles sont très souvent
23:55de leur domicile,
23:57mais parfois,
23:58en cours d'année,
23:58on les envoie à 30 km,
24:00je ne sais pas si ça arrange ou pas.
24:02Elles sont,
24:03si vous voulez,
24:04corvéables à tous les niveaux.
24:05Alors, quand même,
24:06moi, je veux bien,
24:07mais elles sont quand même
24:08leur utilité.
24:09Ah, mais bien entendu,
24:10madame,
24:10c'est même essentiel.
24:11Vous posez,
24:12je vous remercie de cette question
24:13parce qu'elle est tout à fait
24:14essentielle.
24:16vous savez,
24:16nous sommes un pays
24:18de la hiérarchie
24:21et à l'éducation nationale.
24:22Tout en haut,
24:23vous avez le Collège de France,
24:25les grands professeurs
24:25d'université,
24:26puis tout en bas,
24:27vous avez les professeurs
24:28des écoles.
24:29Et puis,
24:30à l'intérieur même
24:30des systèmes,
24:31vous avez ce qu'on appelle
24:34les professeurs,
24:35les professions intellectuelles,
24:37et puis,
24:37de l'autre,
24:38l'administration
24:39avec un grand.
24:40Et puis,
24:41des auxiliaires,
24:43des assistants d'éducation,
24:45des assistants à ESH.
24:47Et vous avez raison,
24:49ils sont trop invisibles.
24:51Et c'est une,
24:52c'est une des raisons
24:53des difficultés françaises
24:55à mon avis.
24:56C'est-à-dire qu'en France,
24:58on ne regarde pas
24:59les personnes
25:00de la même façon
25:01selon leur diplôme,
25:03selon leur statut.
25:04C'est un sujet
25:05énorme
25:07dans la société française.
25:09Vous êtes conseiller d'État,
25:11vous êtes inspecteur
25:12des finances,
25:14quel que soit
25:14votre parcours professionnel,
25:16vous aurez un parcours
25:17professionnel d'excellence.
25:19Vous êtes manœuvre,
25:21vous êtes chauffeur-livreur,
25:23vous êtes assistant,
25:25eh bien,
25:25vous avez peu de perspectives.
25:27Cette espèce
25:29d'aristocratie
25:30d'ancien régime,
25:31elle est indigne
25:32d'une république moderne
25:33comme la nôtre.
25:33Et donc,
25:34nous devons,
25:35bien entendu,
25:35modifier le regard
25:37parce que,
25:38c'est précisément
25:38parce que nous sommes
25:39trop dans des silos,
25:41dans des petites cases,
25:42dans une logique cartésienne,
25:44c'est-à-dire
25:44le professeur
25:45d'un côté
25:46qui fait son cours,
25:47de l'autre,
25:48l'assistant d'éducation
25:49qui s'occupe de vie scolaire,
25:51l'assistant en charge
25:52de l'élève
25:53en situation de handicap
25:53qui va s'occuper
25:54de sa propre tâche.
25:55C'est toutes ces barrières-là
25:57qui nous empêchent
25:59d'avancer collectivement
26:00sur ce qu'est l'éducation.
26:02Parce que l'éducation,
26:03précisément,
26:04c'est quelque chose,
26:05comme le dit Anna Arendt,
26:06qui doit concerner
26:08tous les adultes.
26:09Nous sommes tous
26:10responsables
26:10de l'éducation
26:11des enfants
26:12avec, évidemment,
26:13des spécificités.
26:14Mais si nous ne parvenons pas
26:16à l'intérieur
26:17de la société,
26:18à nous regarder
26:20dignement
26:20et à considérer
26:21que l'un et l'autre
26:22vont apprendre
26:23quelque chose,
26:24je prends aussi,
26:25par exemple,
26:26les ASEM,
26:27c'est-à-dire
26:27les assistantes maternelles.
26:29Vous avez utilisé
26:30elles,
26:30j'ai entendu
26:31madame,
26:32parce que majoritairement,
26:33c'est une profession
26:34féminine.
26:34Mais les assistantes
26:35en maternelle,
26:36là, c'est pratiquement
26:37100% de femmes,
26:40elles ont un rôle
26:41immense dans l'éducation.
26:44Immense dans l'éducation,
26:45dans le fait de construire
26:49la société
26:50avec les petits-enfants.
26:52Et on ne leur donne pas,
26:53on ne les rend pas,
26:54là encore,
26:55suffisamment visibles.
26:56On ne leur dit pas,
26:58mais vous êtes aussi
26:59en charge
26:59du vocabulaire
27:00des enfants.
27:01Quand vous allez
27:02échanger avec eux,
27:03vous allez participer
27:06à l'éducation
27:07cognitive
27:08de l'enfant.
27:09Et à l'inverse,
27:10un professeur des écoles,
27:11il n'est pas seulement
27:13dans des tâches
27:13uniquement académiques.
27:15Donc, vous voyez,
27:16c'est tout ce carcan social
27:18issu de la société
27:20cartésienne,
27:21pour faire court,
27:21qu'il nous faut
27:24dépasser considérablement.
27:25Et les sociétés
27:26qui réussissent aujourd'hui,
27:27c'est celles qui font
27:28justement les ponts,
27:30qui abattent les cloisons
27:31et les murs
27:32entre tous ces métiers,
27:34pour se retrouver
27:35autour de l'essentiel,
27:36c'est-à-dire des enfants
27:39qui, bien entendu,
27:40maîtrisent les fondamentaux,
27:41bien entendu,
27:42maîtrisent le langage,
27:43mais savent vivre aussi
27:44en société,
27:45en se respectant.
27:47Moi, je prends toujours
27:48l'exemple,
27:48parce que moi,
27:49je suis un peu bavard.
27:49Non, non, non,
27:50au contraire,
27:50ce que vous dites,
27:51c'est très important.
27:52C'est vraiment quelque chose
27:53qui me tient à cœur.
27:54On le voit bien.
27:56Regardez,
27:57on dit souvent
27:58la ville de Paris,
27:59c'est une ville très sale,
28:00les villes françaises
28:01sont sales, etc.
28:02Mais ça,
28:03c'est pas parce qu'il n'y a
28:03pas assez de gens
28:04qui balayent,
28:05c'est parce que nous ne sommes
28:06pas collectivement
28:07assez responsables
28:08des déchets.
28:09Au Japon,
28:09chacun prend un déchet,
28:12un papier,
28:13quand il le voit par terre.
28:14Ça,
28:15vous voyez,
28:15on doit l'entrer
28:18dans l'attitude éducative
28:20très tôt.
28:21c'est très tôt
28:22que ça doit être
28:23une responsabilité.
28:24Alors,
28:24bien entendu,
28:25les parents,
28:25C'est du civisme,
28:26ça,
28:26Christophe,
28:27vous êtes d'accord.
28:27Ah,
28:28du civisme,
28:29bien entendu.
28:30C'est du civisme.
28:31Il y avait de l'instruction
28:32civique,
28:33mais le civisme,
28:34c'est de l'éducation.
28:35C'est de l'éducation.
28:36Dis bonjour à la dame,
28:38ramasse le papier,
28:39tient la porte.
28:41Eh bien,
28:41à la fin d'un cours,
28:43la classe est impeccable,
28:44aussi impeccable
28:45que quand on y est entré.
28:46Et tout ça,
28:47ce sont des règles.
28:47si on les fait rentrer
28:49très tôt
28:50dans la vie des enfants,
28:52ça devient facile,
28:53évident.
28:54À Paris,
28:55on avait mis en place
28:56une expérimentation
28:57qui s'appelait
28:58Cap Maternel.
28:59On voyait
29:01les petits,
29:02on avait mis
29:03les dames de service
29:04à la cantine
29:05en situation
29:06d'être des éducatrices
29:08et non plus
29:08des dames de service.
29:09C'est-à-dire que
29:10on leur disait,
29:11oui,
29:12vous n'allez pas servir
29:12les enfants.
29:13On est un des seuls pays
29:14où on sert les gosses.
29:15Il faut qu'ils apprennent
29:16à se servir.
29:17Et le geste de servir,
29:19c'est un geste fin
29:20qui est digne
29:21du geste d'écriture,
29:23scripteur.
29:23Il y a la précision.
29:26Eh bien,
29:26vous savez qu'on avait
29:27diminué par deux
29:28le bruit
29:29dans les réfectoires
29:30avec cette seule mesure
29:31qui est une mesure simple.
29:32Ça ne coûte rien.
29:34Et ça,
29:34est-ce que nous avons
29:36cette volonté collective
29:37de travailler ensemble ?
29:39Vous voyez,
29:39là,
29:39je vous donne des choses concrètes.
29:40Ce n'est pas abstrait.
29:41C'est simple.
29:42C'est facile.
29:43On se décide,
29:44oui ou non.
29:44Mais ça veut dire
29:45que chacun,
29:46on se dit,
29:46on se met aussi
29:47à la place de l'autre,
29:48de son travail.
29:49On respecte le travail.
29:51Tous les travaux
29:52autour de l'enfant
29:53dans l'école
29:53sont essentiels.
29:54Mais même avec les...
29:55On a un nombre
29:57de personnels
29:57absolument incroyables.
29:59Dans les lycées,
30:00dans les collèges,
30:01on a des gens
30:01qui s'occupent
30:02des espaces verts.
30:03On a l'occasion
30:04de faire découvrir
30:05aux enfants
30:06d'une autre façon
30:06de la nature.
30:07Il y a plein de choses
30:08très simples
30:09à mettre en place.
30:10Il faudrait libérer
30:11les énergies
30:12et se dire
30:13qu'est-ce qu'on veut
30:15collectivement
30:15pour nos enfants.
30:16S'il y a un ministre
30:17compétent à la tête
30:18du ministère,
30:18c'est sûr que ça simplifie
30:19beaucoup les choses.
30:20Merci Brigitte
30:21pour votre témoignage.
30:22Nous avons Marc
30:23qui nous appelle de Bordeaux.
30:24Bonjour Marc.
30:25Oui, bonjour.
30:26Vous êtes un grand-père
30:28heureux
30:29ou pas très heureux
30:30de ce qu'il y avait
30:32à vos petits-enfants ?
30:32Non, non.
30:33Pas très heureux.
30:34J'écoute votre émission
30:36et M. Carrero.
30:38mais bon,
30:40j'ai plus de 60 ans
30:41moi,
30:42même s'il a 60 ans
30:43depuis plusieurs années
30:44donc il est
30:45au fonctionnaire
30:46de l'éducation nationale,
30:48ancien recteur
30:49de l'académie
30:52et je pense
30:53qu'il fait
30:53de bons constats
30:55à aujourd'hui
30:57sur votre antenne.
30:59Par contre,
31:00je trouve ça
31:02bizarre
31:03qu'il n'applique pas
31:04ce qu'il dise.
31:05Pourquoi l'éducation
31:07depuis 30 ans
31:10rencontre
31:10autant de difficultés ?
31:12Rappelez-vous,
31:13M. François Mitterrand
31:14ou son ministre,
31:16le ministère
31:17de l'éducation,
31:19c'était un mammouth.
31:21Et à aujourd'hui...
31:22Clou d'Alegris,
31:23on m'a dit ça.
31:24Voilà.
31:25C'était ce Jospin,
31:27c'était pas ce Mitterrand.
31:28Voilà.
31:29Pardon.
31:30Non, non, non,
31:30mais ce Mitterrand aussi,
31:31il y a eu les mêmes problématiques
31:32qui se sont posées.
31:33Voilà.
31:33À aujourd'hui,
31:34on recule.
31:36On recule
31:37malgré...
31:38Et j'écoute cette émission,
31:40je ne connaissais pas
31:40son fonctionnaire,
31:42mais pourquoi
31:44l'État français,
31:47dans le ministère
31:48de l'éducation nationale,
31:49on a les solutions
31:50ou on n'applique pas ?
31:51C'est quoi le problème ?
31:52Le syndicalisme,
31:53c'est quoi le problème ?
31:55S'il a des bonnes idées,
31:56pourquoi ne les applique pas ?
31:58Faut-il écrire un livre ?
32:00Très bien.
32:00Mais pourquoi
32:03ces mesures connues
32:04ne sont pas appliquées ?
32:06Et Christophe Cairo
32:07n'est plus en responsabilité,
32:09mais il l'a été.
32:10Et ce qu'il nous a expliqué
32:11tout à l'heure,
32:12c'est qu'effectivement,
32:13il y avait une résolution
32:13collective à avoir,
32:15mais quand même,
32:15Christophe Cairo,
32:16au niveau du gouvernement,
32:18le chef du gouvernement,
32:19le président de la République,
32:21conscient de tout
32:21ce que vous avez évoqué,
32:22parce qu'ils le savent aussi,
32:23ils ne découvrent pas aujourd'hui.
32:25Et que fait...
32:26Pourquoi ?
32:27Est-ce que vraiment
32:28le mammouth,
32:29c'est-à-dire le poids,
32:30du syndicalisme
32:31et de l'administration
32:32au ministère,
32:33fait que lorsque l'on veut
32:34réformer en profondeur
32:35et dans le bon sens,
32:36on se heurte à un mur,
32:38on se heurte à un obstacle ?
32:40Encore une fois,
32:41moi, j'entends très bien
32:43ce que vous dites,
32:43monsieur,
32:44je suis vraiment humble.
32:47On essaye,
32:47quand on est aux affaires,
32:48de faire au mieux.
32:50On a essayé de faire...
32:51Moi, je suis responsable
32:52du petit bilan
32:53qui est le mien,
32:54j'ai essayé de faire.
32:55Je suis convaincu
32:56d'une chose,
32:57c'est que l'on peut agir.
32:59On peut agir,
33:00on peut avoir des résultats.
33:02Ensuite,
33:03il faut du temps long.
33:05Il ne faut pas
33:05qu'on ait des à-coups.
33:07Christophe Crééon,
33:08depuis le temps
33:08que le problème est posé,
33:09je vais aller dire
33:09depuis 40 ou 50 ans,
33:11je ne parle même pas
33:11de 68.
33:12Ça fait 40 ans
33:13qu'on a de la base.
33:15Pourquoi Rocard dit en 91 ?
33:16On ne s'en sortira
33:17que si l'éducation nationale
33:19est aux mains
33:20du Premier ministre,
33:21que c'est un enjeu national.
33:22Pourquoi a-t-il dit ça ?
33:23Ça fait seulement
33:2510 ou 15 ans
33:26que...
33:26Ça s'est beaucoup aggravé.
33:27Et qu'on converge
33:29vers un constat
33:30plus consensuel.
33:31Il y avait...
33:32L'éducation a été prisonnière
33:34vraiment de guerres idéologiques
33:36longtemps.
33:38Notamment,
33:39les querelles de lecture.
33:40Enfin, souvenez-vous,
33:41sous Robien,
33:42c'était quand même
33:43pratiquement sanglant.
33:44On a beaucoup progressé.
33:46Alors, on peut regretter
33:47qu'on soit aussi lent,
33:49mais c'est aussi
33:50la grandeur des démocraties
33:52que d'arriver
33:53à un débat consensuel
33:54au bout de plusieurs années.
33:55Ensuite,
33:56bon, moi je préfère
33:57me tourner vers l'avenir.
33:59Bon, c'est vrai
34:00qu'on n'a pas tout fait bien,
34:02qu'il y a eu des erreurs.
34:03Mais là,
34:04on est à un moment clé.
34:06Je pense que tout le monde sent,
34:08tous nos concitoyens sentent
34:09qu'on est à un moment clé
34:11où va se jouer
34:12le destin de la nation.
34:13Vous vous sentez les épaules
34:14si le prochain président
34:15vous demande,
34:16le prochain gouvernement,
34:17celui de 2027,
34:19vous demande
34:19de prendre vos responsabilités
34:21et vous laisse les moyens
34:22de mettre en place
34:23ce que vous suggérez.
34:24Vous auriez le courage
34:25d'y aller,
34:27vous ou quelqu'un
34:27d'autre expérience.
34:28Il faut que ce soit
34:29un professionnel
34:30comme vous êtes d'accord.
34:31Ce n'est pas un politicien simple.
34:32Ce n'est pas d'actualité,
34:33il faut se mettre d'accord
34:33sur une vision.
34:35Il faut se mettre d'accord
34:35sur une vision
34:36et il faut derrière
34:37les moyens.
34:38Ce que je vous dis là,
34:39c'est très simple,
34:39c'est ce que les militaires appliquent
34:41et c'est ce qu'il nous faut.
34:42Je pense qu'il faut
34:42une loi pluriannuelle
34:44qui garantisse
34:45des moyens
34:47constants,
34:47pérennes
34:48et une vision claire
34:49et ensuite,
34:51je crois qu'il faut
34:52laisser
34:53beaucoup plus
34:53de responsabilités au terrain.
34:55Vous savez, moi,
34:55je suis un grand lecteur
34:57de l'écrivain de Gaulle.
35:00Je relisais
35:01avant l'été
35:02le fil de l'épée.
35:04Vous voyez
35:04nos concitoyens
35:05qui vont massivement
35:06voir les deux.
35:06Qu'est-ce que c'est bien écrit,
35:07surtout ?
35:08Quelle langue ?
35:08C'est bien dit
35:09l'écrivain de Gaulle.
35:11Je pèse mes mots.
35:11Et la question
35:13du caractère.
35:15En fait,
35:16ce qu'il nous faut,
35:17ce sont des gens
35:17de caractère.
35:18Il y en a partout.
35:20Il faut les repérer,
35:21il faut former
35:23les décideurs
35:25à prendre des décisions,
35:27à ne pas être
35:27des exécutants.
35:28On attend trop
35:29des gens
35:29de l'exécution.
35:31Il faut responsabiliser
35:33et il faut
35:35qu'ils puissent
35:36décider.
35:36et là,
35:37on changera d'échelle.
35:39Merci Christophe Carreiro
35:40d'avoir été avec nous.
35:41Vous pouvez rester
35:42à l'antenne.
35:42Anissa,
35:43nous allons...
35:44Nous allons effectivement
35:45continuer.
35:46Déjà,
35:46on appelle
35:46toutes les personnes
35:48qui nous écoutent
35:49à nous téléphoner
35:50au 0 826 300 300.
35:53Vous avez des réactions,
35:54des choses à dire.
35:54Vous ne savez ni où
35:55ni comment les partager.
35:56Nous sommes présents
35:57sur Sud Radio.
36:01Midi 14h,
36:02Sud Radio,
36:03la France dans tous ses états,
36:05Péricolegas.
36:07Sud Radio,
36:08vous écoutez Péricole
36:10dans la France
36:10dans tous ses états
36:11et tout de suite,
36:12nous avons Richard
36:13de Montauban
36:13avec nous.
36:15Oui,
36:16bonjour.
36:17Bonjour Richard.
36:17Bonjour à vous.
36:20Je voulais réagir
36:22au vote des Islandais.
36:26Les Islandais,
36:28en fait,
36:28on entend peu
36:29dans les médias
36:30la vraie raison
36:31qui fait que les Islandais
36:32ont voté non à l'Europe.
36:33C'est en 2008,
36:35les Islandais
36:36ont trois banques privées
36:39qui ont fait faillite
36:39et le gouvernement
36:40qui était en place
36:42avec le Parlement
36:43a décidé
36:44de nationaliser
36:45la dette
36:46de ces banques
36:47sur pression
36:48des états européens
36:49parce que des banques
36:50privées européennes
36:51avaient des billes dedans.
36:52Ils avaient joué,
36:54ils avaient spéculé
36:54parce que les impôts
36:56sont moins chers
36:57en Islande
36:59et donc,
37:00ils avaient mis
37:00beaucoup d'argent
37:01à spéculer
37:02quand ça s'est effondré,
37:03ces placements
37:04spéculatifs,
37:05ça faisait 100 milliards
37:05à rembourser.
37:06L'Islande pourrait être
37:07aujourd'hui
37:08le pays le plus pauvre
37:09de la Terre
37:09avec cette dette
37:10mais heureusement,
37:11le peuple a réagi
37:13et donc,
37:15comme ils n'étaient pas
37:16dans l'Europe,
37:16ils ont pu
37:17s'affranchir
37:18de ça
37:19grâce au peuple
37:20et en référendum
37:21qui a décidé
37:22de laisser faire faillite
37:23à ces banques
37:24et de laisser les pertes
37:26aux banques européennes
37:27qui avaient joué
37:27à l'intérieur.
37:28C'était du privé.
37:29Vous êtes très bien informé,
37:31Richard,
37:31c'est un point essentiel.
37:36C'est-à-dire,
37:37c'est une question
37:38de souveraineté.
37:39A l'époque,
37:40Nicolas Sarkozy
37:40était allé voir
37:41en avion
37:42Mme Merkel
37:43pour lui dire
37:43est-ce qu'on peut
37:44soutenir un peu,
37:45c'était le scandale
37:47des surprimes,
37:48il y avait eu
37:49la première crise,
37:49vraiment la première
37:50crise économique,
37:51une des plus violentes
37:52après 1929
37:54et il s'agissait
37:55de savoir
37:55si les fonds publics
37:56pouvaient soutenir
37:57les banques privées.
37:58L'Allemagne,
37:58évidemment,
37:58qui était sacro-saintement
38:00attachée
38:01aux dogmes européens
38:02dit surtout pas
38:03et là,
38:05les Islandais
38:06se sont rendus compte
38:07que s'ils avaient été
38:08dans l'Union Européenne
38:09à l'époque,
38:10leur gouvernement
38:11et les pouvoirs publics
38:12n'auraient pas pu
38:12soutenir leur système
38:13bancaire
38:13donc ça se serait effondré.
38:14Donc voilà,
38:15vous soulevez le problème
38:16de la souveraineté.
38:17Est-ce qu'un peuple
38:18et un gouvernement,
38:19un État,
38:19peut décider
38:20quand il est confronté
38:21à une situation intérieure
38:22tragique
38:22de prendre la responsabilité
38:24de sauver son système
38:25bancaire ou pas ?
38:25Avec l'Union Européenne,
38:26ça n'aurait pas été possible
38:27et cet argument
38:28a joué évidemment
38:29dans le vote des Islandais
38:30contre l'Union Européenne.
38:32Je fais réagir
38:33juste Christophe Cairo,
38:34la souveraineté
38:35même en éducation,
38:36la souveraineté nationale,
38:37c'est quelque chose d'important ?
38:38Je pense que c'est ce qu'appellent
38:40de leur vœu
38:40tous nos concitoyens
38:41à la souveraineté.
38:42Tout simplement.
38:44Ça me fait penser
38:45en fait à l'exemple grec.
38:47En fait,
38:47tout simplement,
38:48où effectivement
38:49l'Islande a fait
38:50le meilleur choix
38:51au regard
38:52de ce qui s'est passé
38:53en Grèce.
38:53Les Grecs avaient voté
38:54par majorité
38:55à 61%
38:56un référendum
38:57qui les sortait
38:58du système européen.
38:59Dans la nuit,
38:59il y a eu une forme
39:00de coup d'État
39:01entre Bruxelles,
39:02Paris,
39:03Bonne,
39:03Berlin,
39:04Athènes,
39:04M. Tsipras
39:05a été forcé.
39:06Son ministre
39:06des Finances,
39:08M. Varoufakis
39:10a dû démissionner
39:11et finalement,
39:12la Grèce s'est allongée,
39:13s'est couchée
39:14et puis les commissaires
39:15européens sont arrivés
39:16et on a mis ce pays
39:17en coupe réglée
39:18et on avait
39:18quelques mois après
39:19des soins
39:20qui n'étaient pas remboursés,
39:21des fonctionnaires
39:21qui n'étaient pas payés,
39:22des retraités
39:23qui ne touchaient pas
39:23leur pension
39:24parce que la Grèce
39:25avait été acceptée
39:25dans des conditions
39:26qui n'étaient pas conformes.
39:27Une crise sociale
39:27et économique ?
39:28Donc effectivement,
39:29il y a de bonnes raisons.
39:30Il y a de bonnes raisons.
39:31C'est de la dette publique
39:33en Grèce.
39:33C'est la grosse différence.
39:34Ce qui n'était pas le cas
39:35en Islande.
39:36Donc la Grèce
39:38a usé
40:04qui n'étaient pas
40:05dans le cas
40:08de la Grèce
40:08à l'aise.
40:09C'est la grosse différence.
40:33Sous-titrage Société Radio-Canada
41:03...
41:33...
42:03...
42:33...
43:03...
43:33...
43:35...
43:36...
43:37...
43:38...
43:39...
43:40...
43:41...
43:43...
43:44...
43:44...
43:46...
43:46...
43:48...
43:49...
43:49...
43:49...
43:51...
43:52...
43:53...
43:55...
43:55...
43:56...
43:57...
43:59...
44:00...
44:00...
44:01...
44:03...
44:04...
44:05...
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44:17...
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44:28...
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