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L'eurodéputée de la France insoumise, Manon Aubry était l’invité de #LaGrandeInterview de Laurence Ferrari dans #LaMatinale sur CNEWS, en partenariat avec Europe 1.
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00:00Et notre invitée aujourd'hui dans la grande interview sur CNews et sur Europe 1, c'est Manon Aubry. Bonjour
00:04à vous.
00:04Bonjour.
00:05Eurodéputée de la France insoumise, la classe politique rend hommage à Edouard Balladur, ancien Premier ministre décédé à l'âge
00:10de 97 ans.
00:12C'était un homme d'État. Que retiendrez-vous de lui ? Manon Aubry.
00:15C'était clairement un homme d'État, pas de ma génération, mais de ce que moi j'ai pu voir
00:20de lui, ce que ma génération sans doute retiendra de lui.
00:23C'est cette grande course de 1995 où il était donné gagnant. Finalement, il n'accède pas au second tour.
00:31C'est peut-être une leçon d'humilité que d'aucuns feraient bien de se souvenir à l'aune de
00:37la nouvelle campagne présidentielle.
00:39Vous avez raison. En tout cas, il était partisan de la rigueur budgétaire, artisan de la plus grande réforme des
00:43retraites.
00:43Il demandait aussi à ses militants de ne pas huer le nom de ses adversaires.
00:47Je vous demande de vous arrêter. Les temps ont bien changé. Ce n'est pas exactement ce que vous faites
00:51à la France insoumise, Manon Aubry.
00:53Pour être très précis, le « je demande de vous arrêter » a été prononcé au moment où il apprend
00:59sa défaite et l'annonce son soutien au second tour à Jacques Chirac.
01:03C'est en effet compliqué d'annoncer, soutenir quelqu'un qui est hué dans la salle. Je trouve ça assez
01:09logique qu'il ait demandé cela.
01:11Et de la même manière où si nous devions appeler demain à voter pour un candidat, ce ne serait pas
01:16logique qu'on appelle à huer.
01:18Par contre, qu'il y ait des réactions dans des salles face à des politiques antisociales, face à des politiques
01:24racistes qui ont été menées et qu'elles puissent être exprimées de manière vocale, ça ne me choque pas.
01:29C'est une autre façon de faire de la politique. Mais on voit bien que votre stratégie, c'est plutôt
01:33l'inverse. C'est plutôt antagoniser le débat, le crisper, l'anathème, l'invective, l'insulte.
01:40Alors l'insulte, je vous laisse vos mots. Je crois que je n'ai jamais été insultante ici, sur votre
01:46plateau, ni à votre égard, ni à l'égard de celles et ceux qui nous écoutent.
01:51Et le truc de « c'était mieux avant la politique », franchement, je trouve ça un peu old school,
01:59comme on dirait.
02:00Au gré, la politique évolue, au gré des réseaux sociaux, au gré aussi de l'implication du plus grand nombre.
02:06Et je pense que la politique gagne d'abord quand le plus grand nombre s'implique dans cette politique.
02:10Et je crois que c'est la grande force de la France insoumise d'avoir intéressé à la politique des
02:15millions de gens qui s'en sentaient exclus,
02:17des millions de gens qui se sentaient dépossédés.
02:19Et c'est l'enjeu de cette élection présidentielle de 2027 de réimpliquer ces millions de gens qui, peut-être,
02:24n'ont jamais voté dans leur vie
02:25et qui peuvent se dire « cette fois-ci, on peut gagner, cette fois-ci, on peut changer la vie,
02:28cette fois-ci, on peut augmenter notre salaire,
02:30cette fois-ci, on peut faire la Sixième République pour donner plus de pouvoir au peuple. »
02:33Mais l'intérêt des Français, c'est aussi de tenir un débat dans leur respect, peut-être, républicain, Manon Aubry.
02:38Mais je ne crois pas avoir manqué de respect à qui que ce soit, ni moi, ni Jean-Luc Mélenchon.
02:41Je parle de vous de façon générale.
02:43Quand on voit que lors des universités d'été de la France insoumise, il y a eu une demande d
02:47'immigration de l'apologie de terrorisme,
02:49la famille traditionnelle s'est pétainiste, l'amitié s'est luttée contre le fascisme,
02:53et bien sûr, les riches sont dénuisibles. On voit que ce n'est pas exactement dans le sens que vous
02:56venez d'évoquer.
02:57Ce sont quelques résumés un peu hâtifs de nos universités d'été où il y avait plus de 10 000
03:02personnes sur 4 jours
03:03avec plus d'une centaine de conférences.
03:06Ça tombe bien, elles sont mises en ligne. Je vous invite à les regarder, y compris celle à laquelle vous
03:09faites référence,
03:10celle que j'ai animée qui s'intitulait « Faut-il interdire les milliardaires ? »
03:13qui posait un débat qui, à mon sens, doit être pesé dans le débat public.
03:18Et j'observe que depuis une semaine, ça a fait beaucoup parler.
03:20Donc, c'est bien la démonstration que j'ai appuyée sur un point qui fait mal,
03:24où on a aujourd'hui un triple problème qui est posé par les milliardaires dans notre pays.
03:28Le premier, c'est leur impact sur le climat, puisque les 1% les plus riches sont responsables
03:32de deux tiers des émissions de gaz à effet de serre.
03:34Un problème démocratique où on a...
03:37Ce sont des chiffres qui ont été publiés par plusieurs ONG.
03:40Des ONG ? Donc, ce ne sont pas des chiffres officiels, on est d'accord.
03:43Alors, si vous avez d'autres chiffres à affirmer...
03:46Moi, je n'en ai pas, c'est pour ça que je n'en ai pas, vous tenez les votes.
03:47Qui démontrent que le mode de vie des plus riches n'a pas d'impact sur le climat.
03:53Bon courage pour essayer de démontrer l'inverse.
03:55Deuxième problème qui est posé par les milliardaires,
03:57c'est une forme de confiscation démocratique.
04:00On a 90% des médias qui sont détenus par 9 milliardaires.
04:04Je le dis d'autant plus ici, dans une chaîne qui est détenue par Molloré.
04:07Je pense qu'il faut pouvoir l'affirmer.
04:09Et le troisième problème, c'est une question d'inégalité de richesse.
04:14Quand vous avez, parmi les ménages les plus riches,
04:17les 13 000 ménages les plus riches, qui ne payent pas un seul euro d'impôt.
04:20Alors que vous, Laurence Ferrari, vous payez probablement plus d'impôts que les milliardaires.
04:24Et moi aussi que les milliardaires dans notre pays.
04:26Les milliardaires, pour bien comprendre ce dont on parle,
04:29on parle de 53 personnes en France.
04:32Sauf si M. Bolloré écoute sa chaîne ce matin, auquel cas je le salue.
04:37tous les gens qui nous écoutent ce matin ne sont pas concernés.
04:40Et pour bien comprendre ce qu'est un milliardaire,
04:43quand on gagne le salaire médian par mois,
04:46c'est-à-dire 2180 euros par mois,
04:48il faut, tenez-vous bien, 37 500 ans pour devenir milliardaire.
04:52Et même pour devenir le niveau de Bernard Arnault,
04:55c'est 5,6 millions d'années.
04:57Donc ce sont des sommes qui sont complètement déconnectées de la réalité.
05:01Donc oui, moi j'assume de dire qu'à terme,
05:04il faudra faire en sorte qu'il n'y ait pas une telle agglomération de richesse.
05:09Vous avez dit, ils sont des nuisibles.
05:11Ça a beaucoup choqué.
05:12La définition du nuisible dans le Larousse,
05:14c'est un animal, souvent rongeur ou insecte,
05:17considéré comme parasite ou destructeur,
05:19le ragondin ou le renard,
05:21qui, accessoirement, est susceptible d'être chassé.
05:24C'est ça que vous nous dites ?
05:25C'est intéressant parce que je suis allée aussi regarder la définition du nuisible dans le Larousse.
05:30Donc il va falloir qu'on croise un peu nos sources, Laurent Serrailly.
05:33Moi j'ai vu qu'il nuit qui fait tort à quelque chose,
05:36à quelqu'un qui est susceptible de causer des torts par son comportement.
05:40Vous n'avez pas lu la ligne d'après qui était celle-là ?
05:41J'assume, oui mais c'est une des définitions du nuisible là.
05:44Et moi j'assume de dire que oui, les miens...
05:45Donc il faut les chasser les miens ?
05:46Attendez, attendez.
05:47J'assume de dire...
05:48A coup de carabine ?
05:48J'assume, non pas à coup de carabine,
05:50ne faites pas semblant de comprendre autre chose.
05:52L'animalisation dans le débat public,
05:54ça a une connotation historique que vous connaissez parfaitement maintenant.
05:58J'assume de dire que oui,
06:00ils sont susceptibles de causer des torts par leur comportement à notre société.
06:04Ils causent des torts d'un point de vue climatique,
06:06ils causent des torts d'un point de vue démocratique,
06:08ils causent des torts d'un point de vue économique.
06:11Je vous l'ai dit, 90% des médias qui sont détenus par 9 milliardaires.
06:15Oui, c'est un problème démocratique dans notre société.
06:17Vous ne pensez pas que les Français sont intéressants ?
06:18Moi je pense que la liberté de la presse est une valeur cardinale dans notre pays
06:23et que oui, quand les médias sont détenus par un tout petit nombre d'individus
06:28et qu'ils ont des intérêts...
06:32Oui, le service public qui invite de plus en plus des chroniques de cœur
06:35qui sont venues de l'extrême droite.
06:37Donc j'observe...
06:38Et puis pas l'extrême droite, c'est...
06:39J'observe, valeur actuelle,
06:40notamment.
06:41Donc j'observe que la liberté de la presse aujourd'hui
06:45est une valeur qui est sérieusement remise en question dans notre pays
06:49et que les milliardaires y jouent un rôle.
06:51Et d'un point de vue économique,
06:53oui, les milliardaires jouent un rôle négatif pour notre société.
06:56Ils ne créent pas d'emplois.
06:57J'y arrive.
06:58Ceux qui créent massivement de l'emploi dans notre pays...
07:00Vous savez qui c'est ?
07:01LVMH 211 000 emplois dans le monde.
07:04Il y a 40 000 en France.
07:05Laurence Ferrari.
07:06Il y a des milliers d'emplois.
07:07Laurence Ferrari.
07:08Savez-vous qui crée le plus d'emplois en France dans notre pays ?
07:10Les PME.
07:11Très bien.
07:121,9...
07:13Je lis votre programme, vous voyez ?
07:14Très bien.
07:14Bonne lecture le soir.
07:16Vous devriez peut-être le lire un tout petit peu plus pour l'intégrer un peu plus.
07:19L'intégrer un peu plus.
07:201,9 million d'emplois créés par les petites entreprises.
07:24A l'inverse, sur ces dernières années,
07:25les grandes entreprises détenues par les milliardaires,
07:28c'est 173 000 destructions d'emplois.
07:31Mais combien de créations ?
07:32Je peux vous parler de l'ensemble des plans sociaux,
07:34que ce soit de la famille Muliez, de Décathlon,
07:37y compris dans LVMH.
07:39Il y a eu un certain nombre de plans sociaux.
07:41Bernard Arnault, lui-même,
07:42il a démarré sa carrière avec un grand plan social
07:45dont il se vantait d'une suppression de 8 000 postes.
07:47Vous le voyez bien aujourd'hui.
07:49Avec une entreprise qui s'appelait Boussac,
07:49qu'il a sauvée.
07:50Exactement, avec une entreprise qui s'appelait Boussac.
07:52Et dont il a créé l'Empire.
07:548 000 emplois supprimés.
07:56Je vais vous dire, aujourd'hui,
07:57il a redressé cette entreprise qui était condamnée à la faillite.
07:59Si vous voulez faire fonctionner notre société et notre économie,
08:03notre économie aujourd'hui,
08:05la croissance économique repose en grande partie sur la consommation populaire.
08:08Pour que la consommation populaire puisse fonctionner,
08:11il faut de l'emploi, des salaires et des capacités d'acheter.
08:15La réalité, c'est que vous avez trouvé des punching balls
08:17dans la figure de milliardaire.
08:19C'est assez facile.
08:20Et ça fait du buzz gratuitement.
08:21La vérité, madame Ferrari,
08:23c'est que ici,
08:25comme vous n'êtes pas la seule sur d'autres plateaux télé,
08:27je vois bien que dans le cadre de cette campagne présidentielle,
08:30vous vous évertuez à défendre les milliardaires.
08:35Moi, j'assume qu'en 2027,
08:38nous ferons en sorte que cette concentration des richesses indécentes
08:41qui est faite sur le dos des travailleurs,
08:42elle se terminera,
08:44notamment avec un héritage maximum à 12 millions d'euros.
08:48Ça ne concerne que 0,01% de la population.
08:51Ce n'est pas grand-chose pour nous, 12 millions d'euros.
08:52Non, ça ne représente pas grand monde.
08:53Ah, voilà, ça ne représente pas grand monde.
08:55Et donc, c'est de cette manière-là
08:56qu'on va sortir de cette société d'héritiers.
08:59Et je vais même vous dire,
08:59allez, un argument libéral.
09:01Pour tous ceux qui aiment la société méritocratique,
09:03qui nous disent, c'est le mérite qui doit primer,
09:05bah, chiche, partons tous à égalité dans la vie,
09:08partons du même point de départ
09:09et arrêtons ces héritages maximum
09:11qui fait que la seule bonne chose,
09:13c'est d'être née dans la bonne famille.
09:14Vous voulez limiter l'héritage.
09:16Est-ce que quand on prend une petite entreprise
09:18qui est en train de faire faillite,
09:19qui a deux ou trois employés, dix,
09:20et qu'on arrive à la relancer
09:22et à en créer, je ne sais pas, 100, 200, 1000,
09:25on est coupable, à vos yeux ?
09:27Ce n'est pas ça aussi, la France ?
09:28Ce n'est pas ça, justement, le rôle des PME ?
09:30Mais les PME, je vous l'ai dit,
09:32c'est le tissu économique principal de notre pays.
09:33Donc on est un héritage quand même,
09:34si on est héritage d'une toute petite entreprise ?
09:36Mais ça n'a rien à voir avec les milliardaires
09:37dont je vous parle.
09:38C'est pour ça que j'ai fait ce petit exercice
09:42de pédagogie au début
09:43pour rappeler les milliardaires
09:44que les gens nous écoutent.
09:45On ne parle pas de vous.
09:47On parle de 53 familles dans notre pays
09:49qui détiennent des richesses
09:50où il faut des centaines de milliers d'années
09:52pour dépenser l'ensemble de leurs factures.
09:55Il n'est pas milliardaire, il est millionnaire.
09:57Il est juste en dessous.
09:58Il est millionnaire, mais...
10:00Sachez que Mathieu Piguet a dit lui-même
10:02qu'il souhaitait payer davantage d'impôts
10:05pour qu'il y ait un système
10:06plus redistributif des richesses.
10:08Vous voyez, peut-être ça pourra inspirer
10:09M. Bolloré.
10:10Non, je ne sais pas, vous lui poserez la question ?
10:11Mais il nous écoute ce matin
10:12et il vous répondra sans nul.
10:15Juste sur votre programme,
10:16parce que moi, je trouve ça très intéressant.
10:17Effectivement, vous dites effectivement
10:19l'héritage, il faut arrêter
10:21avec 12 millions d'euros.
10:23Nationaliser les grandes entreprises,
10:25industrie stratégique
10:26pour garantir notre souveraineté.
10:27Vous avez chiffré ça ?
10:28Vous êtes au courant du niveau de notre dette ?
10:30Vous avez l'argent ?
10:30Ou est-ce que vous le trouvez, en fait,
10:31maintenant, au bruit ?
10:32C'est intéressant qu'on ait le débat
10:34sur la dette,
10:35parce qu'après le débat
10:37qu'il y a eu avec le MEDEF,
10:39on a eu toute une volée de propositions
10:41de la droite et de l'extrême droite
10:43qui voulaient supprimer
10:45tous les impôts de production, etc.
10:46Et étrangement,
10:47personne ne leur demande
10:48« Mais attendez, comment vous allez financer ça ?
10:50C'est 100 milliards en moins
10:51dans les caisses de l'État ? »
10:52Et pas de problème,
10:52personne ne pose la question.
10:53Il n'y a que la gauche
10:54qu'on nous pose la question
10:55« Comment on va financer ça ? »
10:56Mais si vous voulez un plan de financement,
10:58il se trouve que dans le cadre de la campagne,
10:59je vous donnerai rendez-vous,
11:00on présentera un plan de financement
11:01Ça n'a jamais bien marché,
11:02les nationalisations ?
11:03On se rappelle de 1981,
11:05de ce que ça a coûté aux Français,
11:06500 millions de francs ?
11:07Non, ce n'est pas vrai.
11:08Un certain nombre de nationalisations,
11:09je pense, ne se ferait pas de mal.
11:11ArcelorMittal ?
11:13ArcelorMittal, par exemple.
11:143 milliards d'euros.
11:15ArcelorMittal,
11:15pour pouvoir produire
11:16ce dont nous avons besoin,
11:18c'est-à-dire de l'acier en France.
11:19Je pense aussi à un volet
11:21de l'entreprise totale,
11:22pas toute l'entreprise totale,
11:23mais là,
11:24alors que c'est la rentrée scolaire,
11:27qu'on a les Français
11:27qui se saignent
11:30à l'école avec un prix de l'essence
11:31qui est à 2,10 euros,
11:332,20 euros.
11:34Oui, moi, j'assume de dire
11:34qu'il faut pouvoir bloquer
11:35le prix de l'essence
11:36et faire en sorte
11:37qu'un certain nombre
11:37d'entreprises pétrolières
11:39comme Totale
11:39ne se gavent pas littéralement
11:42sur le dos des automobilistes
11:43qui n'ont d'autres choix
11:44que de prendre leur voiture
11:45pour aller faire les courses.
11:46Donc, oui,
11:47il y a des sources de financement
11:48et il y a la nécessité
11:50de réguler les prix
11:51dans un certain nombre d'activités
11:53qui sont essentielles pour les gens.
11:55Se déplacer en fait partie.
11:56Il y a la question
11:57du pouvoir d'achat
11:58qui est évidemment
11:58extrêmement importante
11:59pour les Français.
12:00Il y a aussi le voile islamique
12:02qui refait surface
12:03dans le débat politique
12:04à la faveur d'une proposition
12:05du Rassemblement national
12:07qui veut sanctionner
12:08le port du voile dans la rue
12:09avec des amendes
12:09selon Jean-Philippe Tanguy
12:10dans le cadre d'une grande loi
12:12sur la lutte
12:13contre les idéologies islamistes,
12:14mesure nuancée
12:15par Jordan Bardella
12:16qui dit ne pas vouloir
12:17d'une police du vêtement
12:18et propose un référendum aux Français.
12:20Qu'est-ce que cela recouvre pour vous ?
12:22Vous le disiez à l'instant,
12:23le pouvoir d'achat
12:23c'est une des problématiques principales
12:26posées par les Françaises
12:27et les Français
12:28en cette rentrée scolaire
12:29et quelle est la proposition
12:30du Rassemblement national ?
12:31Interdire le voile.
12:32C'est tout ce qu'ils ont à proposer
12:33sur le pouvoir d'achat,
12:35sur les enjeux matériels,
12:39quotidiens des gens
12:40qui sont en train de galérer.
12:41Interdire le voile,
12:42faire la police du vêtement.
12:43Vous imaginez,
12:44on va aller mesurer
12:44la taille du bout de tissu
12:45dans la rue
12:46et comment on fera la différence
12:47entre une femme voilée
12:50et par exemple
12:51une femme religieuse catholique.
12:52Vous voyez que tout ça
12:53n'a aucun sens.
12:54C'est l'affaire la différence.
12:55Ah bon ?
12:55Et vous la faites ?
12:56Vous voyez très bien
12:57si c'est une femme catholique.
12:58À la taille du vêtement ?
12:59Ou une jeune femme.
13:00Mais du coup,
13:01c'est bien la démonstration
13:02que l'objectif,
13:03l'unique objectif
13:04du Rassemblement national,
13:05c'est de s'en prendre
13:06aux femmes de confession musulmane.
13:08Et je vous le dis,
13:09Laurence Ferrari,
13:11franchement,
13:12ça suffit.
13:12Laissez ces femmes tranquilles.
13:14Laissez ces femmes tranquilles.
13:15Laissez ces femmes décider
13:16par elles-mêmes.
13:16Ça suffit pour s'en prendre.
13:17Pour les femmes,
13:18le voile Manon Ambrie,
13:20une femme n'a pas à considérer
13:21qu'elle est un gibier,
13:22qu'un homme ne peut la regarder
13:23qu'avec un oeil de prédateur.
13:24Vous savez qui je cite ?
13:26Jean-Luc Mélenchon.
13:27Et de quoi parlait-il ?
13:28Avril 2010.
13:29Et de quoi parlait-il,
13:30Laurence Ferrari ?
13:30Allez-y, je vous en prie.
13:31On écoute Jean-Luc Mélenchon
13:32et on va mesurer le chemin
13:33qu'il a partagé.
13:34Je vous en prie.
13:34Pour arriver à la position de 2020.
13:35Je vous en prie.
13:36Jean-Luc Mélenchon,
13:37avril 2010.
13:38Et dans ce pays,
13:39on va vivre ensemble
13:40et on ne se ramalera pas
13:41avec des fantômes
13:42qui se promènent dans la rue
13:43et qui interdisent
13:44qu'on les regarde.
13:45Ça, pas question.
13:45C'est comment on se positionne
13:46par rapport à un traitement.
13:47Donc moi, je considère
13:48que c'est un traitement dégradant,
13:50primo.
13:51Secondo, je considère
13:52que c'est une provocation
13:53d'un certain nombre
13:54de milieux intégristes
13:55contre la République.
13:56Et par conséquent,
13:57la République a gagné
13:58et elle va gagner encore une fois.
13:59Ça sera interdit.
14:00Et on le fera
14:01non seulement pour empêcher
14:02une absurdité
14:03qui consiste à accepter l'idée
14:05qu'une femme considère
14:06qu'elle est un enjeu,
14:07un gibier,
14:08qu'un homme ne peut la regarder
14:10qu'avec un oeil de prédateur.
14:12Première chose.
14:13Et deuxièmement,
14:14parce que c'est obscène
14:15cette histoire de burqa.
14:16Ça part de l'idée
14:17que les hommes
14:17ne sont que des prédateurs.
14:19Et deuxième idée,
14:20c'est qu'on donnera
14:20un signal au monde entier
14:22et aux femmes du monde entier
14:24qui se battent
14:24contre cette histoire-là.
14:25Par conséquent,
14:26on interdira.
14:27Et peu me chaud
14:28qui propose l'interdiction.
14:29– M. M. M.
14:29– Quel signal vous donnez
14:30à des femmes
14:31qui portent la burqa volontairement ?
14:33– Je leur donne
14:34le signal suivant.
14:35En République française,
14:37les hommes et les femmes
14:37sont égaux.
14:38J'ai le droit
14:39de te regarder dans les yeux.
14:41J'ai le droit
14:42de te regarder
14:42et tu as le droit
14:43de me regarder.
14:44– Voilà pour Jean-Luc Mélenchon.
14:45Qu'est-ce qui s'est passé
14:45depuis avril 2010,
14:46Manon Aubry ?
14:47– Et ôtez-moi d'un doute là,
14:49de quoi parle Jean-Luc Mélenchon ?
14:50– Le voile.
14:51– Non, il parle de la burqa.
14:52– Est-ce que la burqa
14:53est la même chose
14:53que le voile, Mme Ferrari ?
14:55– Effectivement,
14:55ce n'est pas la même chose.
14:56– La réponse est non.
14:57Dans le cas de la burqa,
14:57en effet, vous ne pouvez pas
14:59voir les yeux,
15:00le visage de la femme.
15:02Dans le cas du voile,
15:02vous pouvez.
15:03Et je vais vous dire
15:04parce que je ne suis pas prête
15:07à ce que l'ensemble
15:09de la campagne présidentielle
15:10consiste à diviser
15:11le peuple français
15:12et prendre les femmes
15:13de confession musulmane
15:15pour la seule cible
15:16des ambitions politiques
15:19et racistes
15:20du Rassemblement national.
15:21– Ce n'est pas un acte politique
15:22pour vous le voile ?
15:23– C'est insupportable.
15:24Mais vous pensez
15:24qu'une femme n'est pas décide.
15:25– Je vous pose la question.
15:25– Est-ce que c'est un acte politique
15:26– Conviction religieuse
15:28et conviction politique.
15:30– Non, je ne vous le dis.
15:30– Je ne vous dis confondez.
15:31– Non, non, je vous le dis,
15:31vous confondez.
15:32C'est une conviction religieuse
15:34et la laïcité dans notre pays
15:36respecte la liberté de culte.
15:38Je vais même plus loin.
15:39Interdire le voile
15:40dans l'espace public,
15:41pour moi,
15:41c'est même une discrimination
15:44religieuse
15:44et qui pourrait mériter
15:45des poursuites judiciaires
15:48en la matière.
15:48Et j'observe
15:49que le Rassemblement national
15:50toujours, toujours, toujours
15:52s'en prend
15:52aux personnes de confession musulmane
15:54et particulièrement aux femmes.
15:56Eh bien, moi,
15:56j'ai envie de leur répondre
15:57avec une immense fermeté.
15:59Foutez-leur la paix.
15:59Foutez-leur la paix.
16:01Laissez-les décider
16:02comme elles veulent.
16:03Et occupez-vous plutôt
16:04des réelles problématiques,
16:05des réels problèmes
16:06des Françaises et des Français.
16:07Parce que vos obsessions
16:08islamophobes
16:09qui consistent
16:09à dire,
16:11à donner des injonctions
16:12aux femmes
16:12sur la manière
16:13dont elles doivent s'habiller,
16:14c'est juste insupportable.
16:15– Mme Lambry,
16:16Bruno Rotaillot a dit ce matin
16:17que vous étiez des collabos
16:18de l'islamisme.
16:19Est-ce que vous voulez répondre ?
16:20– Je crois que Bruno Rotaillot
16:22ne sait plus quoi faire
16:22pour exister dans cette campagne
16:23présidentielle.
16:25– Il déroule son programme.
16:25– Il est en train de disparaître
16:27dans les méandres des sondages.
16:29Et donc, je le vois bien,
16:31courir après le Rassemblement national
16:33en se disant,
16:33mince, comment je peux être plus abjecte
16:36que le Rassemblement national ?
16:37Alors, comme le Rassemblement national
16:38vient de mettre la barre très haute
16:39avec l'interdiction du voile,
16:40j'imagine qu'il ne sait plus quoi faire.
16:42Et donc, il se dit,
16:43chouette,
16:43on va prendre la France insoumise,
16:44on va les traiter de collabo,
16:45ça va faire parler de moi,
16:46résultat, ça marche,
16:47je vais vous m'interroger dessus.
16:48– Bon, il vous pose la question, oui.
16:49– Tout ça est ridicule,
16:50ça ne m'intéresse même plus.
16:51– Vous ne lui répondez pas,
16:51vous n'êtes pas des collabo de l'islam.
16:52– Non, mais de la part de celui
16:56qui a fait toutes les insultes
16:59pas possibles,
16:59qui a dit d'ailleurs…
17:00– Bruno Rotaillot ?
17:01– Oui, qui a dit « abale-voile ».
17:02– Ben, abale-voile, franchement.
17:03– C'est pas le genre.
17:05– Si, il a bien dit « abale-voile ».
17:06– Mais c'est pas le genre à insulter.
17:08– En faisant cela,
17:09il insulte, là aussi,
17:11des centaines de milliers de femmes
17:12qui portent le voile dans notre pays.
17:13Donc, d'un point de vue-là,
17:14il s'inscrit dans la droite continuité
17:16du Rassemblement national.
17:17Bon, ils n'ont qu'à faire cause commune
17:18et campagne commune.
17:19Moi, ça ne m'intéresse pas,
17:20je fais campagne pour les Français.
17:21– Fuck Marine Le Pen,
17:22ça vous a choqué
17:22lors du festival Rock en Seine,
17:24sur la Seine ?
17:25– Non.
17:26– Non, on peut insulter l'adversaire.
17:28– Bon, moi, je ne le fais pas.
17:29Moi, ce n'est pas moi qui l'ai fait.
17:30Moi, je ne le ferai pas.
17:31Donc, vous ne le verrez
17:32ni dans mes paroles,
17:33ni dans mes tweets.
17:35Maintenant qu'il y a une colère
17:36dans notre pays
17:37à l'encontre de politiques
17:38d'extrême droite,
17:39je la comprends, évidemment.
17:41Et cette colère,
17:42moi, je souhaite
17:42qu'elle puisse s'exprimer
17:44d'abord dans les urnes
17:45et que le meilleur moyen
17:46de faire barrage
17:46à l'extrême droite,
17:47le meilleur moyen
17:48d'avoir un avenir
17:50qui soit meilleur
17:51pour nos enfants,
17:52d'avoir la retraite à 60 ans,
17:54d'avoir la 6e République,
17:55d'avoir l'augmentation
17:55du salaire minimum,
17:56c'est Jean-Luc Mélenchon.
17:57– Le duel des reines
17:58et les filles,
17:59il est inéluctable pour vous.
18:00Alors, on se parle,
18:01Manon Aubry,
18:01c'est votre meilleur adversaire ?
18:02– La leçon de la mort
18:04d'Edouard Balladur
18:06invite un peu d'humilité
18:07sur les paris
18:07à 8 mois d'une élection.
18:09Ce que je sais,
18:10c'est que nous n'avons jamais
18:11été autant en capacité
18:12d'accéder au second tour
18:14que la campagne va encore
18:15être longue,
18:15qu'il peut se passer
18:15beaucoup de choses.
18:16Mais ce que j'ai envie de dire
18:17à tous ceux
18:18qui nous écoutent
18:19et qui se disent
18:20« bon, peut-être
18:21cette fois-ci,
18:21on peut y arriver,
18:22venez nous aider »,
18:22que ce soit sur
18:23Mélenchon2027.fr,
18:24il y a déjà 350 000
18:26parrainages citoyens,
18:27on a besoin d'être
18:28le plus grand nombre
18:28parce que chacun,
18:29à notre niveau,
18:30on va pouvoir convaincre
18:31autour de nous
18:32et si chacun convainc
18:32ne serait-ce que 10 personnes,
18:33alors en 2027,
18:34on peut gagner.
18:35– Qui t'a appelé
18:35à la désobéissance civile
18:37si vous n'étiez pas,
18:38évidemment,
18:39à l'Élysée,
18:40Manon Aubry ?
18:40Vous savez,
18:40vous pouvez dire quoi
18:41désobéissance civile ?
18:42On a du mal à comprendre
18:43la limite entre sédition,
18:46émeute, révolution,
18:47c'est ça le chemin ?
18:48– Vous savez,
18:48le Rassemblement National
18:51dirige un certain nombre
18:51de grandes villes déjà,
18:53y compris là d'où je viens,
18:54à Fréjus,
18:55je ne crois pas
18:56qu'on ait mené
18:58des petites guerres civiles
18:58au niveau local.
19:00– Donc vous l'excluez ?
19:01– Par contre,
19:03à chaque fois
19:03que le Rassemblement National
19:04s'attaquera à nos droits,
19:06aux droits des personnes LGBT,
19:08aux droits des femmes,
19:09oui,
19:09ils nous trouveront
19:09sur leur chemin,
19:10y compris si parfois
19:11il faudra désobéir,
19:12c'est l'histoire des luttes sociales
19:13qui est l'histoire de la désobéissance.
19:14– Et avec des manifestations pacifiques,
19:15j'imagine.
19:16– Vous savez,
19:16sans désobéissance,
19:17on n'aurait pas eu le droit à l'avortement,
19:18on n'aurait pas eu le droit de vote
19:19pour les femmes,
19:20et donc c'est dans cette continuité-là
19:21que moi,
19:22je m'inscris singulièrement
19:23en tant que femme.
19:23– Manon Oubry a été l'invité ce matin
19:25de cette vidéo européenne.
19:26Merci à vous d'être revenue.
19:27Bonne journée sur nos antennes.
19:28– Sous-titrage Société Radio-Canada
19:31– Sous-titrage Société Radio-Canada
19:33– Sous-titrage Société Radio-Canada
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