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  • il y a 1 semaine
Tous les jours dans la matinale d’Europe 1, Olivier de Lagarde scrute et analyse la presse du jour.

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00:00La revue de presse d'Europe 1, Olivier Delagarde.
00:02On commence ce matin avec la disparition d'Edouard Balladur.
00:05Je vous demande de vous arrêter.
00:07Une phrase qui semble résumer à elle seule tout un personnage,
00:11quant au soir de sa défaite au premier tour de la présidentielle de 1995.
00:15Edouard Balladur recadre sèchement ses supporters qui s'étaient mis à huer Jacques Chirac, son principal concurrent.
00:21La nouvelle de sa disparition a bousculé les journaux, parfois après leur bouclage.
00:26C'est donc souvent sur les sites de vos quotidiens qu'il faut aller ce matin.
00:29Le destin m'a quatre fois mis dans des situations difficiles, avait-il résumé, rapporte le Figaro.
00:37En mai 68, d'abord, lorsqu'il est l'un des principaux collaborateurs de Pompidou à Matignon en 73-74.
00:43Ensuite, ces deux années-là, il seconde, le même Georges Pompidou à l'Elysée, alors que ce dernier agonise.
00:49En 1986-88, ministre d'État, de l'économie et des finances, lors de la première cohabitation,
00:55ce n'est pas rien alors de redresser la France, après cinq ans socialisme.
00:59En 1993-95, le Premier ministre, il a entre les mains le destin du pays, alors qu'à l'Elysée,
01:06François Mitterrand est mourant.
01:07Curieusement, souligne le Figaro, Édouard Balladur n'incluait pas au rang des positions difficiles son échec face à Jacques Chirac,
01:14ce dont tous les commentateurs politiques se souviennent aujourd'hui.
01:17La France est-elle passée à côté de quelque chose en lui préférant Jacques Chirac ?
01:21Cette année-là, nombreux sont les commentateurs à le supputer, saluant un homme d'État rigoureux et intègre.
01:28Mais alors, qu'est-ce qui n'allait pas ?
01:29Eh bien, le style, sans aucun doute, ce côté grand bourgeois avec ses costumes anglais et ses chaussettes d'archeuve,
01:35avec son goûte aristocratique qui lui donnait un petit côté Louis-Philippe,
01:38les surnoms, d'ailleurs pas très gentils, avaient fleuri pour le décrire.
01:42Rappelle Édouard Lederer sur le site des Echos.
01:46Balamou, le grand balamouchi, le canard enchaîné l'avait surnommé sa suffisance.
01:50Mais celui qui lui a sans doute fait le plus de mal à l'époque fut plantu.
01:54Ce roi des caricaturistes le croquait à l'heure systématiquement à la une du monde, en chaise à porteur.
02:00Allez-vous faire élire au pays de 1789 après ça ?
02:04Aujourd'hui, toute la droite sans exception salue la disparition d'un grand dirigeant.
02:09Même au RN, on lui rend hommage.
02:10A l'époque, le Front National l'a pourtant combattu, rappelle Marine Le Pen.
02:14Mais au-delà des désaccords politiques que nous avions, a-t-elle déclaré,
02:17il convient aujourd'hui de saluer un homme d'État qui aura marqué la vie publique française
02:22et qui aura porté avec constance ses convictions et sa conception au service de la République.
02:27Mais qu'est-ce qui aurait fondamentalement changé avec Édouard Balladur ?
02:30Eh bien l'État n'aurait probablement pas pris l'habitude de vivre au-dessus de ses moyens.
02:34Hier, signale Étienne Lefebvre à la une de l'opinion,
02:36dans une indifférence quasi générale, les taux d'intérêt à 10 ans de la dette française
02:40ont franchi un nouveau palier à 4,17%.
02:44C'est du chinois pour vous ?
02:45Eh bien cela veut dire que ça va nous coûter des dizaines de milliards supplémentaires
02:49juste pour rembourser les intérêts.
02:51La facture, à elle seule, va bientôt représenter 3% des déficits.
02:57La France, honte financière de l'Europe, comme entre nos girards dans une tribune du Figaro.
03:02Si un expert financier m'avait prédit qu'il y a 20 ans que l'État français en prêterait un
03:06jour
03:06plus cher que la Grèce ou le Portugal, je l'aurais traité de charlatan,
03:11j'aurais eu tort car c'est exactement ce qui se passe aujourd'hui.
03:13Quoi d'autre dans les journaux ?
03:15La rentrée scolaire, évidemment, et comment améliorer une éducation nationale devenue bateau-ivre ?
03:20Faut-il, comme tous les syndicats d'enseignants, sauter sur sa chaise en récamant
03:24« Plus d'argent, plus d'argent, plus d'argent ? »
03:27On reste quand même abasourdi qu'aucun professeur en France ne fasse son examen de conscience,
03:32ne remette en question ses méthodes, sa pédagogie.
03:35Parce que quand un élève a des difficultés à l'école, c'est son problème.
03:38Mais quand c'est toute une génération qui arrive au collège sans avoir acquis les savoirs fondamentaux,
03:43cela devient le problème de l'éducation nationale et de ses agents.
03:47Mais, allez, on va terminer par un sujet de philosophie politique.
03:51« Faut-il protéger le citoyen contre lui-même ? »
03:55C'est Gaspard Koenig qui soulève la question dans sa chronique des échos.
03:58Point de départ, une ministre déléguée à la citoyenneté dont on ne connaissait pas l'existence,
04:03écrit-il, s'est lancée dans une croisade pour rendre le port du casque obligatoire à vélo.
04:09Alors, évidemment, bien sûr que c'est prudent de porter un casque,
04:12bien sûr que si on tombe, on se fait moins mal.
04:14Mais ce n'est pas la question.
04:15La question, écrit-il, c'est celle de la liberté, celle du choix personnel.
04:21Les romantiques qui pédalent tête nue prennent leurs risques sans en créer pour autrui.
04:25Et pour tordre le coup à ceux qui vont dire que leur accident risque de coûter cher à la collectivité,
04:30il répond que si on se met à demander aux individus d'ajuster leur comportement
04:34en fonction d'une certaine probabilité de coût,
04:37ça devrait conduire à interdire le ski alpin ou la charcuterie,
04:40dans une société libre, le rôle de l'État n'est pas de réduire à tout prix le nombre d
04:46'accidents,
04:46mais de s'assurer que chacun a les moyens de les éviter et que tous seront secourus.
04:52Bref, pour nous résumer, pour paraphraser Pompidou dont nous parlions précédemment,
04:57il faudrait juste que l'administration arrête d'emmerder les cyclistes.
05:00Quand on partait de bon matin, quand on partait sur les chemins, à bicyclette...
05:08La revue de presse d'Olivier Delagarde, merci Olivier.
05:11Question de liberté, ça ce sont des sujets qui nous passionnent, sur Europe 1 évidemment.
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