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Manon Aubry, eurodéputée LFI, répond aux questions de Laurence Ferrari et est notamment revenue sur le terme de «nuisibles», utilisé lors des universités d'été des Insoumis pour désigner les milliardaires.
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00:00La grande interview Europe 1 C News, Laurence Ferrari.
00:06Et notre invitée aujourd'hui dans la grande interview sur C News et sur Europe 1, c'est Manon Aubry.
00:10Bonjour à vous.
00:10Bonjour.
00:11Eurodéputée de la France Insoumise, la classe politique rend hommage à Edouard Balladur, ancien Premier ministre décédé à l'âge
00:16de 97 ans.
00:18C'était un homme d'État. Que retiendrez-vous de lui ? Manon Aubry.
00:21C'était clairement un homme d'État, pas de ma génération, mais de ce que moi j'ai pu voir
00:27de lui,
00:27et ce que ma génération sans doute retiendra de lui, c'est cette grande course de 1995 où il était
00:33donné gagnant.
00:34Finalement, il n'accède pas au second tour. C'est peut-être une leçon d'humilité que d'aucuns feraient
00:40bien de se souvenir à l'aune de la nouvelle campagne présidentielle.
00:45Vous avez raison. En tout cas, il était partisan de la rigueur budgétaire, artisan de la plus grande réforme des
00:49retraites.
00:49Il demandait aussi à ses militants de ne pas huer le nom de ses adversaires.
00:53On se rappelle de « Je vous demande de vous arrêter ». Les temps ont bien changé ? Ce n
00:56'est pas exactement ce que vous faites à la France Insoumise, Manon Aubry.
00:59Alors, pour être très précis, le « Je demande de vous arrêter » a été prononcé au moment où il
01:05apprend sa défaite et l'annonce son soutien au second tour à Jacques Chirac.
01:09C'est en effet compliqué d'annoncer, soutenir quelqu'un qui est hué dans la salle.
01:14Je trouve ça assez logique qu'il ait demandé cela. Et de la même manière où si nous devions appeler
01:19demain à voter pour un candidat, ce ne serait pas logique qu'on appelle à huer.
01:24Par contre, qu'il y ait des réactions dans des salles face à des politiques antisociales, face à des politiques
01:30racistes qui ont été menées et qu'elles puissent être exprimées de manière vocale, ça ne me choque pas.
01:35C'est une autre façon de faire de la politique. Mais on voit bien que votre stratégie, c'est plutôt
01:39l'inverse. C'est plutôt antagoniser le débat, plutôt le crisper. C'est plutôt l'anathème, l'invective.
01:45Non, je ne suis pas d'accord avec ça. Alors, l'insulte, je vous laisse vos mots. Je crois que
01:50je n'ai jamais été insultante ici, sur votre plateau, ni à votre égard, ni à l'égard de celles
01:55et ceux qui nous écoutent.
01:57Et le truc de c'était mieux avant la politique, franchement, je trouve ça un peu old school, comme on
02:05dirait. La politique évolue au gré des réseaux sociaux, au gré aussi de l'implication du plus grand nombre.
02:12Et je pense que la politique gagne d'abord quand le plus grand nombre s'implique dans cette politique. Et
02:16je crois que c'est la grande force de la France insoumise d'avoir intéressé à la politique des millions
02:21de gens qui s'en sentaient exclus,
02:22des millions de gens qui se sentaient dépossédés. Et c'est l'enjeu de cette élection présidentielle de 2027, de
02:28réimpliquer ces millions de gens qui, peut-être, n'ont jamais voté dans leur vie
02:31et qui peuvent se dire, cette fois-ci, on peut gagner, cette fois-ci, on peut changer la vie, cette
02:34fois-ci, on peut augmenter notre salaire, cette fois-ci, on peut faire la Sixième République pour donner plus de
02:38pouvoir au peuple.
02:39Mais l'intérêt des Français, c'est aussi de tenir un débat dans leur respect, peut-être, républicain, maintenant, au
02:43bruit.
02:44Mais je ne crois pas avoir manqué de respect à qui que ce soit, ni moi, ni Jean-Duc.
02:47Là, je parle de vous, de façon générale. Quand on voit que lors des universités d'été de la France
02:52insoumise,
02:52il y a eu une demande d'immigration de l'apologie de terrorisme, la famille traditionnelle s'est pétainiste,
02:57l'amitié s'est luttée contre le fascisme, et bien sûr, les riches sont dénuisibles.
03:00On voit que ce n'est pas exactement dans le sens que vous venez d'évoquer.
03:03Ce sont quelques résumés un peu hâtifs de nos universités d'été,
03:07où il y avait plus de 10 000 personnes sur 4 jours, avec plus d'une centaine de conférences.
03:12C'est donc bien, elles sont mises en ligne. Je vous invite à les regarder, y compris celle à laquelle
03:15vous faites référence,
03:16celle que j'ai animée, qui s'intitulait « Faut-il interdire les milliardaires ? »
03:19qui posait un débat, qui à mon sens doit être pesé dans le débat public,
03:24et j'observe que depuis une semaine, ça a fait beaucoup parler,
03:26donc c'est bien la démonstration que j'ai appuyée sur un point qui fait mal,
03:30où on a aujourd'hui un triple problème qui est posé par les milliardaires dans notre pays.
03:34Le premier, c'est leur impact sur le climat, puisque les 1% les plus riches sont responsables
03:39de deux tiers des émissions de gaz à effet de serre.
03:41Un problème démocratique, où on a des chiffres qui ont été publiés par plusieurs ONG.
03:46Des ONG ? Donc ce ne sont pas des chiffres officiels, on est d'accord.
03:49Si vous avez d'autres chiffres à affirmer, qui démontrent que le mode de vie des plus riches
03:57n'a pas d'impact sur le climat, bon courage pour essayer de démontrer l'inverse.
04:01Deuxième problème qui est posé par les milliardaires, c'est une forme de confiscation démocratique,
04:06où on a 90% des médias qui sont détenus par 9 milliardaires.
04:10Je le dis d'autant plus ici, dans une chaîne qui est détenue par Bolloré.
04:13Je pense qu'il faut pouvoir l'affirmer.
04:15Et le troisième problème, c'est une question d'inégalité de richesse.
04:20Quand vous avez, parmi les ménages les plus riches, les 13 000 ménages les plus riches,
04:24qui ne payent pas un seul euro d'impôt.
04:26Alors que vous, Laurence Ferrari, vous payez probablement plus d'impôts que les milliardaires.
04:30Et moi aussi, que les milliardaires dans notre pays, les milliardaires, pour bien comprendre ce dont on parle,
04:36on parle de 53 personnes en France.
04:39Sauf si M. Bolloré écoute sa chaîne ce matin, en quel cas je le salue.
04:43Tous les gens qui nous écoutent ce matin ne sont pas concernés.
04:46Et pour bien comprendre ce qu'est un milliardaire, quand on gagne le salaire médian par mois,
04:52c'est-à-dire 2180 euros par mois, il faut, tenez-vous bien, 37 500 ans pour devenir milliardaire.
04:58Et même pour devenir le niveau de Bernard Arnault, 5,6 millions d'années.
05:03Donc ce sont des simples qui sont complètement déconnectés de la réalité.
05:07Donc oui, moi j'assume de dire qu'à terme, il faudra faire en sorte qu'il n'y ait
05:12pas une telle agglomération de richesse.
05:15Vous avez dit, ils sont des nuisibles.
05:17Ça a beaucoup choqué.
05:18La définition du nuisible dans le Larousse, c'est un animal, souvent rongeur ou insecte,
05:23considéré comme parasite ou destructeur, le ragondin ou le renard,
05:27qui, accessoirement, est susceptible d'être chassé.
05:31C'est ça que vous nous dites ?
05:31C'est intéressant parce que je suis allée aussi regarder la définition du nuisible dans le Larousse.
05:36Donc on croise un peu nos sources, Laurent Serrailly.
05:39Moi j'ai vu qui nuit, qui fait tort à quelque chose, à quelqu'un qui est susceptible de causer
05:44des torts par son comportement.
05:46Vous n'avez pas lu la ligne d'après qui était celle-là ?
05:47Moi, j'assume, oui mais c'est une des définitions du nuisible là.
05:50Et moi j'assume de dire que oui les milliers...
05:51Donc il faut les chasser les milliers ?
05:52Attendez, attendez.
05:53J'assume de dire...
05:55À un coup de carabine ?
05:56Vous ne faites pas semblant de comprendre autre chose.
05:58Moi j'assume...
05:59L'animalisation dans le débat public, ça a une connotation historique que vous connaissez parfaitement.
06:03J'assume de dire que oui, ils sont susceptibles de causer des torts par leur comportement à notre société.
06:10Ils causent des torts d'un point de vue climatique.
06:12Ils causent des torts d'un point de vue démocratique.
06:14Ils causent des torts d'un point de vue économique.
06:17Je vous l'ai dit, 90% des médias qui sont détenus par 9 milliardaires.
06:21Oui, c'est un problème démocratique dans notre société.
06:23Vous ne pensez pas que les Français sont intéressants, peuvent se faire leur opinion comme ils le veulent ?
06:26Je pense que la liberté de la presse est une valeur cardinale dans notre pays.
06:30Et que oui, quand les médias sont détenus par un tout petit nombre d'individus...
06:34Il y a le service public maintenant.
06:35Et qu'ils ont des intérêts, oui, le service public qui invite de plus en plus des chroniques de cœur
06:41qui sont venues de l'extrême droite.
06:43Donc j'observe, j'observe, j'observe, valeur actuelle notamment.
06:47Donc j'observe que la liberté de la presse aujourd'hui est une valeur qui est sérieusement remise en question
06:54dans notre pays.
06:55Et que les milliardaires y jouent un rôle.
06:57Et d'un point de vue économique, oui, les milliardaires jouent un rôle négatif pour notre société.
07:02Ils ne créent pas d'emplois.
07:03J'y arrive.
07:04Ceux qui créent massivement de l'emploi dans notre pays...
07:07LVMH 211 000 emplois dans le monde.
07:1040 000 emplois dans le monde.
07:11Il y a des milliers d'emplois.
07:14Savez-vous qui crée le plus d'emplois en France dans notre pays ?
07:17Les PM.
07:17Très bien.
07:181,9.
07:19J'ai lu votre programme, vous voyez ?
07:20Très bien, bonne lecture le soir.
07:22Vous devriez peut-être le lire un tout petit peu plus pour l'intégrer un peu plus.
07:261,9 million d'emplois créés par les petites entreprises.
07:30A l'inverse, sur ces dernières années, les grandes entreprises détenues par les milliardaires,
07:34c'est 173 000 destructions d'emplois.
07:37Je peux vous parler de l'ensemble des plans sociaux, que ce soit de la famille Mulies, de Decathlon,
07:43y compris dans LVMH, il y a eu un certain nombre de plans sociaux.
07:47Bernard Arnault, lui-même, il a démarré sa carrière avec un grand plan social dont il se vantait.
07:52D'une suppression de 8 000 postes.
07:54Vous le voyez bien, aujourd'hui...
07:55Avec une entreprise qui s'appelait Boussac, qu'il a sauvé.
07:56Exactement, avec une entreprise qui s'appelait Boussac.
07:58Il a développé et dont il a créé l'Empire.
08:008 000 emplois supprimés.
08:02Je vais vous dire, aujourd'hui, si vous voulez...
08:03Il a redressé cette entreprise qui était condamnée à la faillite.
08:05Si vous voulez faire fonctionner notre société et notre économie, notre économie aujourd'hui,
08:11la croissance économique repose en grande partie sur la consommation populaire.
08:15Pour que la consommation populaire puisse fonctionner, il faut de l'emploi, des salaires et des capacités d'acheter.
08:21La réalité, c'est que vous avez trouvé des punching balls dans la figure de milliardaire.
08:25C'est assez facile et ça fait du buzz gratuitement.
08:27La vérité, madame Ferrari, c'est que ici, comme vous n'êtes pas la seule sur d'autres plateaux télé,
08:33je vois bien que dans le cadre de cette campagne présidentielle,
08:36vous vous évertuez à défendre les milliardaires.
08:41Moi, j'assume qu'en 2027, nous ferons en sorte que cette concentration des richesses indécentes
08:47qui est faite sur le dos des travailleurs, elle se terminera,
08:50notamment avec un héritage maximum à 12 millions d'euros.
08:54Ça ne concerne que 0,01% de la population.
08:57Ce n'est pas grand-chose pour 12 millions d'euros.
08:58Non, ça ne représente pas grand monde.
08:59Ah, voilà, ça ne représente pas grand monde.
09:01Et donc, c'est de cette manière-là qu'on va sortir de cette société d'héritiers.
09:05Et je vais même vous dire, allez, un argument libéral.
09:07Pour tous ceux qui aiment la société méritocratique,
09:09qui nous disent, c'est le mérite qui doit primer,
09:11bah chiche, partons tous à égalité dans la vie,
09:14partons du même point de départ,
09:15et arrêtons ces héritages maximums
09:18qui fait que la seule bonne chose, c'est d'être née dans la bonne famille.
09:20Vous voulez limiter l'héritage.
09:22Est-ce que quand on prend une petite entreprise
09:24qui est en train de faire faillite,
09:25qui a deux ou trois employés, dix,
09:27et qu'on arrive à la relancer et à en créer, je ne sais pas,
09:30100, 200, 1000,
09:32on est coupable, à vos yeux ?
09:33Ce n'est pas ça aussi, la France ?
09:34Ce n'est pas ça, justement, le rôle des PME ?
09:36Mais les PME, je vous l'ai dit,
09:38c'est le tissu économique principal de notre pays.
09:40Donc on est à l'héritage quand même,
09:41si on est à l'héritage d'une toute petite entreprise ?
09:42Mais ça n'a rien à voir avec les milliardaires dont je vous parle.
09:44C'est pour ça que j'ai fait ce petit exercice de pédagogie au début
09:49pour rappeler les milliardaires que les gens nous écoutent,
09:51on ne parle pas de vous,
09:53on parle de 53 familles dans notre pays
09:55qui détiennent des richesses
09:57où il faut des centaines de milliers d'années
09:58pour dépenser l'ensemble de leurs factures.
10:01Il n'est pas milliardaire, il est millionnaire.
10:03Il est juste en dessous.
10:04Il est millionnaire, mais sachez que Mathieu Piguet s'a dit lui-même
10:08qu'il souhaitait payer davantage d'impôts
10:11pour qu'il y ait un système plus redistributif des richesses.
10:14Vous voyez, peut-être ça pourra inspirer M. Bolloré.
10:16Non, je ne sais pas, vous lui poserez la question ?
10:18Mais il nous écoute ce matin et il vous répondra sans nul qui nous écoute.
10:21Juste sur votre programme,
10:22parce que moi je trouve ça très intéressant,
10:24effectivement, vous dites effectivement,
10:25l'héritage, il faut arrêter avec 12 millions d'euros.
10:29nationaliser les grandes entreprises,
10:31industrie stratégique pour garantir notre souveraineté.
10:33Vous avez chiffré ça ?
10:34Vous êtes au courant du niveau de notre dette ?
10:36Vous avez l'argent ?
10:36Où est-ce que vous le trouvez en fait, maintenant, au Brie ?
10:38C'est intéressant qu'on ait le débat sur la dette,
10:41parce qu'après le débat qu'il y a eu avec le MEDEF,
10:45on a eu toute une volée de propositions
10:48de la droite et de l'extrême droite,
10:49qui voulaient supprimer tous les impôts de production, etc.
10:52Et étrangement, personne ne leur demande
10:54« Mais attendez, comment vous allez financer ça ?
10:56C'est 100 milliards en moins dans les caisses de l'État ? »
10:58Et pas de problème, personne ne nous pose la question.
10:59Il n'y a que la gauche qu'on nous pose la question
11:01« Comment on va financer ça ? »
11:02Mais si vous voulez un plan de financement,
11:04il se trouve que dans le cadre de la campagne,
11:05je vous donnerai rendez-vous,
11:06on présentera un plan de financement.
11:07Ça n'a jamais bien marché, les nationalisations.
11:09On se rappelle de 81, de ce que ça a coûté aux Français,
11:12500 millions de francs ?
11:13Non, ce n'est pas vrai.
11:14Un certain nombre de nationalisations, je pense,
11:16ne se feraient pas de mal.
11:18ArcelorMittal ?
11:19ArcelorMittal, par exemple.
11:203 milliards d'euros.
11:21ArcelorMittal, pour pouvoir produire ce dont nous avons besoin,
11:24c'est-à-dire de l'ACI en France.
11:25Je pense aussi à un volet de l'entreprise totale,
11:28pas toute l'entreprise totale.
11:29Mais là, alors que c'est la rentrée scolaire,
11:32qu'on a les Français qui se saignent pour prendre la voiture,
11:35amener leur enfant à l'école,
11:36avec un prix de l'essence qui est à 2,10 euros, 2,20 euros.
11:40Oui, moi j'assume de dire qu'il faut pouvoir bloquer
11:42le prix de l'essence et faire en sorte
11:43qu'un certain nombre d'entreprises pétrolières,
11:45comme Total, ne se gavent pas littéralement
11:48sur le dos des automobilistes
11:49qui n'ont d'autre choix que de prendre leur voiture
11:51pour aller faire les courses.
11:52Donc oui, il y a des sources de financement
11:54et il y a la nécessité de réguler les prix
11:58dans un certain nombre d'activités
11:59qui sont essentielles pour les gens.
12:02Se déplacer en fait partie.
12:03Il y a la question du pouvoir d'achat
12:04qui est évidemment extrêmement importante pour les Français.
12:06Il y a aussi le voile islamique
12:08qui refait surface dans le débat politique
12:10à la faveur d'une proposition du Rassemblement National
12:13qui veut sanctionner le port du voile dans la rue
12:15avec des amendes, selon Jean-Philippe Tanguy,
12:17dans le cadre d'une grande loi sur la lutte
12:19contre les idéologies islamistes,
12:20mesure nuancée par Jordan Bardella
12:22qui dit ne pas vouloir d'une police du vêtement
12:24et propose un référendum aux Français.
12:26Qu'est-ce que cela recouvre pour vous ?
12:28Vous le disiez à l'instant,
12:29le pouvoir d'achat,
12:30c'est l'une des problématiques principales
12:32posées par les Françaises et les Français
12:34en cette rentrée scolaire.
12:35Et quelle est la proposition du Rassemblement National ?
12:37Interdire le voile.
12:38C'est tout ce qu'ils ont à proposer
12:39sur le pouvoir d'achat,
12:41sur les enjeux matériels,
12:44quotidiens des gens
12:46qui sont en train de galérer.
12:47Interdire le voile,
12:48faire la police du vêtement.
12:49Vous imaginez, on va les mesurer
12:50la taille du bout de tissu dans la rue
12:52et comment on fera la différence
12:53entre une femme voilée
12:56et par exemple une femme religieuse catholique.
12:58Vous voyez que tout ça n'a aucun sens.
13:00C'est facile à faire la différence.
13:01Ah bon ?
13:02Et vous la faites ?
13:02Vous voyez très bien
13:03si c'est une religieuse catholique.
13:04À la taille du vêtement ?
13:06Ou une jeune femme.
13:06Mais du coup, c'est bien la démonstration
13:08que l'objectif,
13:09l'unique objectif du Rassemblement National,
13:11c'est de s'en prendre
13:12aux femmes de confession musulmane.
13:14Et je vous le dis,
13:15Laurence Ferrari,
13:17franchement, ça suffit.
13:18Laissez ces femmes tranquilles.
13:20Laissez ces femmes tranquilles.
13:21Laissez ces femmes décider par elles-mêmes.
13:22Ce n'est pas dégradant pour les femmes,
13:24le voile, Manon Brie.
13:26Une femme n'a pas à considérer
13:28qu'elle est un gibier,
13:29qu'un homme ne peut la regarder
13:29qu'avec un oeil de prédateur.
13:31Vous savez qui je cite ?
13:32Jean-Luc Mélenchon.
13:34Avril 2010.
13:35Et de quoi parlait-il,
13:36Laurence Ferrari ?
13:36Allez-y, je vous en prie.
13:37On écoute Jean-Luc Mélenchon
13:38puis on va mesurer le chemin
13:39qui l'appartient
13:40pour arriver à la position de 2020.
13:42Je vous en prie.
13:42Jean-Luc Mélenchon,
13:43avril 2010.
13:45Et dans ce pays,
13:45on va vivre ensemble
13:46et on ne se tramele pas
13:47avec des fantômes
13:48qui se promènent dans la rue
13:49et qui interdisent
13:50qu'on les regarde.
13:51Ça, pas question.
13:51C'est comment on se positionne
13:53par rapport à un traitement.
13:54Donc moi, je considère
13:55que c'est un traitement dégradant,
13:56primo.
13:57Secondo, je considère
13:58que c'est une provocation
13:59d'un certain nombre
14:00de milieux intégristes
14:01contre la République.
14:02Et par conséquent,
14:03la République a gagné
14:04et elle va gagner encore une fois.
14:05Ça sera interdit.
14:06Et on le fera
14:07non seulement pour empêcher
14:08une absurdité
14:10qui consiste à accepter l'idée
14:11qu'une femme considère
14:12qu'elle est un enjeu,
14:13un gibier,
14:14qu'un homme ne peut la regarder
14:16qu'avec un oeil de prédateur.
14:18Première chose.
14:19Et deuxièmement,
14:20parce que c'est obscène
14:21cette histoire de burqa,
14:22ça part de l'idée
14:23que les hommes
14:23ne sont que des prédateurs.
14:25Et deuxième idée,
14:26c'est qu'on donnera
14:27un signal au monde entier
14:28et aux femmes du monde entier
14:30qui se battent
14:30contre cette histoire-là.
14:31Par conséquent,
14:32on interdira
14:33et Pemechaud
14:34qui propose l'interdiction.
14:36Quel signal vous donnez
14:36à des femmes
14:37qui portent la burqa volontairement ?
14:39Je leur donne
14:40le signal suivant.
14:41En République française,
14:42les hommes et les femmes
14:43sont égaux.
14:44J'ai le droit
14:45de te regarder dans les yeux.
14:47J'ai le droit
14:48de te regarder
14:49et tu as le droit
14:49de me regarder.
14:50Voilà pour Jean-Luc Mélenchon.
14:51Qu'est-ce qui s'est passé
14:52depuis avril 2010,
14:53Manon Aubry ?
14:53Et ôtez-moi d'un doute là,
14:55de quoi parle
14:56Jean-Luc Mélenchon ?
14:56De voile ?
14:57Non, il parle de la burqa.
14:58Est-ce que la burqa
14:59est la même chose
14:59que le voile,
15:03de la burqa ?
15:04En effet,
15:04vous ne pouvez pas voir
15:06les yeux,
15:06le visage de la femme.
15:08Dans le cas du voile,
15:09vous pouvez.
15:09Et je vais vous dire
15:10parce que je ne suis pas prête
15:14à ce que l'ensemble
15:15de la campagne présidentielle
15:16consiste à diviser
15:17le peuple français
15:18et prendre les femmes
15:19de confession musulmane
15:21pour la seule cible
15:22des ambitions politiques
15:25et racistes
15:26du Rassemblement national.
15:27C'est insupportable.
15:29C'est insupportable.
15:30Mais vous pensez
15:30qu'une femme n'est pas décide.
15:31Je vous pose la question.
15:31Est-ce que c'est un acte politique
15:32que le voile ?
15:33C'est une conviction religieuse
15:34et conviction politique.
15:36Si je vous le dis...
15:36Je vous le dis,
15:37vous confondez.
15:38C'est une conviction religieuse.
15:40Et la laïcité
15:41dans notre pays
15:42respecte la liberté de culte.
15:44Je vais même plus loin.
15:45Interdire le voile
15:46dans l'espace public,
15:47pour moi,
15:47c'est même
15:48une discrimination religieuse
15:50et qui pourrait mériter
15:52des poursuites judiciaires
15:54en la matière.
15:54Et j'observe
15:55que le Rassemblement national
15:56toujours,
15:57toujours,
15:57toujours s'en prend
15:59aux personnes
16:00de confession musulmane
16:01et particulièrement
16:01aux femmes.
16:02Et bien moi,
16:02j'ai envie de leur répondre
16:03avec une immense fermeté.
16:05Foutez-leur la paix.
16:05Foutez-leur la paix.
16:07Laissez-les décider
16:08comme elles veulent.
16:09Et occupez-vous
16:09plutôt des réelles problématiques,
16:11des réels problèmes
16:12des Françaises
16:12et des Français.
16:13Parce que vos obsessions
16:14islamophobes
16:15qui consistent
16:15à dire,
16:17à donner des injonctions
16:18aux femmes
16:18sur la manière
16:19dont elles doivent s'habiller,
16:20c'est juste insupportable.
16:22Bruno Rotaillou a dit ce matin
16:23que vous étiez
16:24des collabos
16:24de l'islamisme.
16:25Qu'est-ce que vous
16:25voulez répondre ?
16:26Je crois que Bruno Rotaillou
16:28ne sait plus quoi faire
16:29pour exister
16:29dans cette campagne présidentielle.
16:31Il déroule son programme.
16:32Il est en train
16:32de disparaître
16:33dans les méandres
16:34des sondages.
16:35Et donc,
16:36je le vois bien,
16:37courir après
16:38le Rassemblement national
16:39en se disant,
16:40mince,
16:40comment je peux être
16:41plus abjecte
16:42que le Rassemblement national ?
16:43Alors,
16:43comme le Rassemblement national
16:44vient de mettre
16:44la barre très haute
16:45avec l'interdiction du voile,
16:46j'imagine qu'il ne sait
16:47plus quoi faire
16:48et donc il se dit,
16:49chouette,
16:49on va prendre la France insoumise,
16:50on va les traiter de collabos,
16:51ça va faire parler de moi,
16:52résultat,
16:53ça marche,
16:53vous m'interrogez dessus.
16:54Il vous pose la question.
16:55Tout ça est ridicule,
16:56ça ne m'intéresse même plus.
16:57Vous ne lui répondez pas.
16:57Vous n'êtes pas des collabos
16:58de l'islamisme.
16:59Non, mais de la part
17:00de celui
17:02qui a fait
17:03toutes les insultes
17:05pas possibles,
17:05qui a dit d'ailleurs
17:06à Balvoile,
17:07qui a dit
17:07à Balvoile,
17:09franchement,
17:10si ce n'est pas une insulte,
17:11si,
17:11il a bien dit à Balvoile.
17:12Mais ce n'est pas
17:13le genre à insulter.
17:14En faisant cela,
17:15il insulte,
17:16là aussi,
17:17des centaines de milliers
17:18de femmes qui portent
17:18le voile dans notre pays.
17:20Donc,
17:20d'un point de vue-là,
17:20il s'inscrit dans la droite
17:21continuité du Rassemblement
17:22national.
17:23Ils n'ont qu'à faire
17:24cause commune
17:24et campagne commune.
17:25Moi,
17:25ça ne m'intéresse pas,
17:26je fais campagne
17:26pour les Français.
17:27Fuck Marine Le Pen,
17:28ça vous a choqué
17:28lors du festival
17:29Rock en Seine,
17:30sur la Seine ?
17:31Non.
17:33Non,
17:33on peut insulter
17:34l'adversaire.
17:34Moi,
17:34je ne le fais pas.
17:36Ce n'est pas moi
17:36qui l'ai fait
17:36et moi,
17:37je ne le ferai pas.
17:37Donc,
17:38vous ne le verrez
17:39ni dans mes paroles
17:39ni dans mes tweets.
17:41Maintenant qu'il y a
17:41une colère dans notre pays
17:43à l'encontre de politiques
17:44d'extrême droite,
17:45je la comprends évidemment
17:47et cette colère,
17:47moi,
17:48je souhaite qu'elle puisse
17:50s'exprimer d'abord
17:50dans les urnes
17:51et que le meilleur moyen
17:52de faire barrage
17:52à l'extrême droite,
17:53le meilleur moyen
17:54d'avoir un avenir
17:56qui soit meilleur
17:57pour nos enfants,
17:58d'avoir la retraite
17:59à 60 ans,
18:00d'avoir la 6ème République,
18:01d'avoir l'augmentation
18:01du salaire minimum.
18:02C'est Jean-Luc Mélenchon.
18:03Le duel RN et les filles,
18:05il est inéluctable pour vous
18:06à l'heure où on se parle,
18:07Manon Aubry,
18:07c'est votre meilleur adversaire ?
18:08La leçon de la mort
18:10d'Edouard Balladur
18:12invite un peu d'humilité
18:13sur les paris
18:14à 8 mois d'une élection.
18:15Ce que je sais,
18:16c'est que nous n'avons jamais
18:17été autant en capacité
18:18d'accéder au second tour
18:20que la campagne
18:20va encore être longue,
18:21qu'il peut se passer
18:21beaucoup de choses.
18:22Mais ce que j'ai envie de dire
18:23à tous ceux
18:24qui nous écoutent
18:25et qui se disent
18:26peut-être cette fois-ci
18:27on peut y arriver,
18:3150 000 parrainages citoyens.
18:33On a besoin d'être
18:34le plus grand nombre
18:34parce que chacun
18:35à notre niveau,
18:36on va pouvoir convaincre
18:37autour de nous
18:38et si chacun convainc
18:39ne serait-ce que 10 personnes,
18:40alors en 2027,
18:41on peut gagner.
18:41Qui t'a appelé
18:41à la désobéissance civile
18:43si vous n'étiez pas
18:45évidemment à l'Élysée,
18:46Manon Aubry ?
18:46Ça veut dire quoi
18:47désobéissance civile ?
18:48On a du mal à comprendre
18:49la limite entre sédition,
18:52émeute, révolution.
18:53C'est ça le chemin ?
18:54Vous savez,
18:55le Rassemblement National
18:57dirige un certain nombre
18:57de grandes villes déjà,
18:59y compris là d'où je viens,
19:00à Fréjus.
19:01Je ne crois pas
19:02qu'on ait mené
19:04des petites guerres civiles
19:05au niveau local.
19:06Donc vous l'excluez ?
19:07Il n'y aura pas de guerre civile.
19:08Par contre,
19:09à chaque fois que
19:10le Rassemblement National
19:10s'attaquera à nos droits,
19:12aux droits des personnes LGBT,
19:14aux droits des femmes,
19:15oui, ils nous trouveront
19:15sur leur chemin,
19:16y compris si parfois
19:17il faudra désobéir.
19:18C'est l'histoire des luttes sociales
19:19qui est l'histoire
19:20de la désobéissance.
19:20Et avec des manifestations
19:21pacifiques, j'ai mal dit.
19:22Vous savez, sans désobéissance,
19:23on n'aurait pas eu
19:23le droit à l'avortement,
19:24on n'aurait pas eu
19:25le droit de vote pour les femmes
19:31Merci à vous d'être venus.
19:33Bonne journée sur nos antennes.
19:34Merci Manon Aubry,
19:35merci Laurence Ferrari.
19:36Dans un instant,
19:36vos signatures du mardi,
19:38Emmanuel Ducroix et Jeannie Bastier
19:39et votre club culture,
19:40Nicolas Caro.
19:41A tout de suite.
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