00:05Il faut savoir que j'ai été placée à la protection d'enfance à l'âge de 8 ans, un
00:12jour.
00:13Quand j'étais en primaire, j'ai été punie dans ma chambre et avec pour seule source d'occupation,
00:18du coup, un livre sur Marie Curie. C'est comme ça que mon amour pour les sciences a débuté
00:23et ça a été donc ma source d'évasion sur mon environnement compliqué.
00:27Et donc, j'ai été mobilisée au niveau de ces sciences, que ce soit les sciences naturelles
00:32où on peut découvrir l'environnement ou les sciences dures, où on peut arriver aux mêmes résultats
00:37en utilisant plusieurs trajectoires. Et donc, ça a vraiment joué un rôle d'évasion pour moi.
00:48Ça a été assez compliqué, il faut dire. Dans mon cursus scolaire un peu standard,
00:53on m'orientait vers des filières professionnelles. Le système de la protection de l'enfance,
00:58c'est 45% des SDF de 18-25 ans sont issus de la protection de l'enfance.
01:04C'est moins de 5% des jeunes de la protection de l'enfance qui font des études supérieures.
01:10Donc, moi, j'avais pour ambition de faire des études supérieures en sciences.
01:14Et donc, dans mon orientation, les personnes qui m'encadraient, qui m'accompagnaient,
01:18me poussaient plutôt vers des filières professionnalisantes,
01:21notamment jusqu'à l'âge de mes 18 ans, où en fait, on a jugé que mon parcours était trop
01:25ambitieux
01:26pour pouvoir m'accompagner jusqu'à 21 ans.
01:28Et donc, j'ai dû me débrouiller et un peu tout plaquer
01:32et essayer d'aller en dehors des cases où on m'avait mise
01:36pour pouvoir donner assez d'énergie pour arriver là où j'en suis aujourd'hui.
01:45J'ai connu très tard l'existence des rôles modèles.
01:48Il faut savoir qu'en général, on a des rôles modèles comme Marie Curie,
01:53quelque chose qui n'est presque pas atteignable.
01:55Et puis, de là où on part, ça peut même paraître encore plus loin.
01:59Et en fait, c'est la rencontre avec d'autres femmes,
02:03des femmes qui sont scientifiques et qui arrivent à concilier leur vie pro,
02:07leur vie personnelle, qui te permettent en tant que femme de te projeter,
02:11de te projeter sur un métier, de te projeter sur une carrière.
02:15Et c'est hyper important parce qu'on a besoin aussi de réussir à matérialiser nos ambitions
02:22et à avoir un petit peu un objectif et pouvoir s'y accrocher.
02:27Également d'avoir ces personnes qui sont là dans notre quotidien.
02:30Peut-être que c'est notre manageuse ou peut-être que c'est une femme,
02:34une grande femme qu'on a rencontrée. En l'occurrence, moi, j'ai deux grandes femmes
02:39que j'ai rencontrées. Elisabeth Richard, qui est déléguée de la fondation ENGIE,
02:43et Céline Gréco, professeure en médecine, responsable d'unité de recherche
02:47et directrice générale de l'association Impact.
02:51Et elles nous aident à avancer. Elles nous aident aussi à avoir les bonnes notions.
02:56Et elles sont là. Et c'est sur ce genre de modèle que je trouve important de s'appuyer.
03:08Alors déjà, il faut avoir confiance en soi. Ce que les gens nous disent, il ne faut pas écouter.
03:13Nous, on sait de quoi on est capable. Donc, avoir peur, par exemple, de ne pas être assez bonne en
03:18maths,
03:18ce n'est pas une excuse. On va y arriver, on va travailler.
03:22S'il faut, on passera deux heures de plus que les autres.
03:24Mais il ne faut pas lâcher ses rêves et prendre une carrière par défaut,
03:27parce qu'on a des freins individuels. Donc, il faut aller au-delà de ses freins individuels,
03:33suivre ses ambitions. Il faut aussi, du coup, s'entourer.
03:37Voilà, la vie est faite de rencontres. Avoir de l'ambition, mais rester humble.
03:40Toujours apprendre, s'amuser. Et c'est le plus important, je pense que c'est la passion pour ce qu
03:45'on fait.
Commentaires