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  • il y a 1 semaine
Stéphanie Bonhomme, mère d'Elias, poignardé à mort en janvier 2025, était invitée sur le plateau de BFMTV, ce mercredi 2 septembre. 

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Transcription
00:00Le courage, il est porté, il est incarné par beaucoup de français évidemment,
00:04et il prend une toute autre dimension quand on est une famille de victimes,
00:08quand on est la maman d'une victime.
00:10C'est une question que l'on pose ce soir, elle est majeure, elle est dans l'actualité.
00:13Comment protéger nos enfants ?
00:14Ce matin, sur notre antenne, Ségolène Royal a lancé l'idée de caméra partout.
00:18Caméra, dit-elle, pour traquer les attouchements et violences sexuelles sur les enfants.
00:22Mais caméra aussi, face aux attaques au couteau,
00:25dont sont victimes de très nombreux mineurs, et souvent par des mineurs.
00:28On vous propose ce soir la réaction en exclusivité d'une maman de victime,
00:34la mère d'Elias, Stéphanie Bonhomme, que je salue tout à fait.
00:39Bonsoir madame, installez-vous, merci d'être là.
00:42Vous êtes également médecin à l'hôpital, vous êtes la mère d'Elias.
00:46On rappelle ce qui s'est passé évidemment.
00:50Elias a été poignardé à la sortie de son collège, il avait 14 ans, c'était en janvier 2025.
00:56Et votre combat, vous l'avez toujours, évidemment, il sera éternel.
00:59Vous le poursuivez avec ardeur, avec courage.
01:02C'est pour ça que le mot de courage prend un sens particulier.
01:05Je vous remercie d'être là.
01:06Votre révolte est intacte.
01:09Je salue également Dominique Rizet.
01:11Merci de votre présence, cher Dominique.
01:12Vous êtes consultant police-justice BFM TV.
01:16Il y a beaucoup de questions à vous poser, Stéphanie Bonhomme.
01:18J'ai écouté ce matin chez Apolline de Malherbe, Ségolène Royal,
01:22qui parlait de la présence de caméras partout pour traquer les comportements tout à fait condamnables.
01:29Pour aussi, on imagine, des caméras aux abords de tous les collèges, dans les rues,
01:34pour non pas prévenir, malheureusement, ni anticiper de tels actes terribles,
01:40et ces attaques au couteau, mais pour pouvoir peut-être renseigner une enquête.
01:44Est-ce que je peux vous demander déjà votre avis sur une telle proposition ?
01:47Elle est irréaliste, pour une raison très simple,
01:52puisque c'est la question que j'avais posée à la maire de Paris, Anne Hidalgo.
01:56C'est que poser un peu partout des caméras de surveillance,
02:02ça demande une première chose, c'est-à-dire creuser dans les trottoirs.
02:06Et en fait, il y a des câbles partout.
02:08Donc déjà, il y a un problème technique.
02:11Et la deuxième chose, c'est qu'il faut des personnes qui regardent ces caméras.
02:16Et le temps d'intervenir, vous pouvez regarder Elias qui se fait poignarder par une machette.
02:24Le temps d'intervenir, ça ne change rien.
02:28Donc on en avait longuement discuté avec la maire de Paris et la sous-préfète et l'adjoint au maire
02:37en charge de la sécurité.
02:40Je crois que c'est une belle parole, mais concrètement, c'est irréaliste matériellement et ça n'apportera rien.
02:50Et ce n'est pas des caméras qui vont dissuader des prédateurs ultra-violents.
02:56Comme c'est important d'écouter aussi votre parole, évidemment, votre regard.
03:00Permettez qu'on écoute Ségolène Royal, ce qu'elle a dit, et votre réaction, Dominique Rizet.
03:05Si je suis élue présidente de la République, ce sera zéro tolérance pour les violences faites aux enfants.
03:10Vous m'entendez ? Zéro tolérance.
03:11La première chose à faire, c'est de mettre des caméras de vidéosurveillance partout.
03:15Pourquoi ça n'est pas encore fait ?
03:16Des caméras dans les écoles ?
03:18Mais bien sûr, dans le péris scolaire, mais bien sûr.
03:22Mais bien sûr, déjà, il n'y aura plus de passage à l'acte, mais bien évidemment.
03:25Mais des caméras où partout dans ça ?
03:26D'ailleurs, dans tous les lieux où il y a un accueil de public fragile, il doit y avoir des
03:32caméras.
03:32Donc ça veut dire quoi ? Dans les EHPAD, dans les crèches, dans les écoles, partout où il y a
03:36un public vulnérable ?
03:37Mais bien sûr, avec le droit aussi aux parents de mettre des caméras quand ils confient leurs enfants à des
03:43nourrices.
03:43Vous les incitez à mettre des caméras quand ils mettent leurs enfants chez les nourrices ?
03:49D'ailleurs, je vous annonce que mon premier déplacement sera sur ce sujet.
03:52Beaucoup de propositions à cette campagne présidentielle, face à la détresse aussi de ceux qui vivent des situations tragiques.
03:58Qu'en pensez-vous ?
03:58Je pense que quand Ségolène Royal dit qu'il n'y aura plus de passage à l'acte, elle se
04:02trompe.
04:02C'est une erreur parce qu'il y aura quand même des passages à l'acte.
04:04Vous pensez bien que quelqu'un qui commet un délit ou un crime n'a pas forcément le premier souci,
04:10enfin son premier souci, la première réaction de regarder en l'air si une caméra est en train de le
04:16filmer.
04:17En revanche, là où la caméra de vidéo protection, dit-on, peut être utile,
04:22Madame Bonhomme, c'est qu'elle peut ensuite servir à retrouver les auteurs.
04:27Dans l'affaire d'Elias, et vous le savez combien vous le savez,
04:33les deux auteurs sont signalés au moment de leur fuite, on les signale, on dit,
04:37voilà, ils sont grands, il y a un Africain, il y a un Antillais,
04:42les policiers qui ont cette information vont rechercher deux personnes qui correspondent à ce signalement,
04:47pardon pour l'Africain et l'Antillais, c'est pas du tout,
04:49et donc vont pouvoir les interpeller.
04:53Et c'est vrai que la caméra, elle peut servir,
04:55et on a beaucoup d'histoires dans lesquelles les caméras de vidéo protection,
05:01l'enlèvement de la petite maïliste, la caméra de vidéo protection était importante,
05:05un attentat à Lyon qui a été solutionné, on a retrouvé l'auteur grâce à la caméra,
05:09et puis ces caméras, elles sont intelligentes aujourd'hui.
05:12On n'a pas forcément besoin d'aller chercher, d'aller les alimenter en creusant dans les trottoirs,
05:17il y a des alimentations avec des petits panneaux solaires,
05:21et l'intelligence artificielle, c'est ce qui se passe à Disney, à Euro Disney,
05:25l'intelligence artificielle permet de repérer des mouvements suspects,
05:29ça n'empêchera pas les passages à l'acte, ça peut un peu dissuader.
05:31Vous permettez une question, il y a les caméras intelligentes,
05:33il y a nos institutions évidemment aussi.
05:35Moins intelligentes que les caméras.
05:37Je ne voudrais pas le dire ainsi, mais vous le dites, sans doute le pense-t-on ainsi,
05:42mais c'est nos institutions qui doivent protéger aussi, évidemment, nos enfants, écoles, justice.
05:48Où en êtes-vous Stéphanie Bonhomme ?
05:49Est-ce que votre révolte est intacte ?
05:52Est-ce que les choses ont avancé ?
05:54Ou est-ce que depuis des mois, voire davantage,
05:58les choses sont restées exactement dans le même état ?
06:00Les choses sont exactement dans le même état,
06:04C'est-à-dire que, premièrement, la sénatrice Marie-Claire Cargé avait sollicité auprès du garde des Sceaux
06:14lors des questions au Sénat de diligenter une enquête au sein pour évaluer les carences,
06:21voire des responsabilités individuelles au sein du tribunal pour enfants de Paris.
06:26Ça n'a pas eu lieu.
06:28Deuxièmement, le garde des Sceaux a recommandé sa circulaire relative à l'amélioration des victimes.
06:38Il a demandé à ce que, dans les juridictions, il y ait des ritex lorsqu'il y a des drames.
06:44Pascal Bruston, qui est la présidente du tribunal pour enfants de Paris, ne l'a pas fait.
06:48Donc, concrètement, il n'y a pas eu un rapport de l'inspection générale de la justice,
06:57mais après, il n'y a pas eu plus d'investigation.
07:01Et par ailleurs, on en est toujours au même stade,
07:04c'est-à-dire que les hauts magistrats protègent les juges des enfants,
07:09et donc on nous a refusé un dialogue pour comprendre les différentes décisions
07:15qui ont fait que les meurtriers d'Elias, qui étaient très connus, archi connus de la justice,
07:22ont continué, en toute impunité, depuis 2023, à commettre tous leurs actes.
07:29Je tiens juste à préciser que, lorsque je suis arrivée sur la scène où Elias a été agressée,
07:37il y avait les policiers, les policiers, je me permets de vous corriger,
07:44avaient sur leur portable les différentes photos de mineurs délinquants
07:50qu'ils connaissaient par cœur.
07:53C'est-à-dire qu'ils ont montré le téléphone, et l'ami d'Elias,
07:56il y a eu trois photos qui ont défilé, il a dit « c'est lui ».
07:59Donc, on n'est même pas au stade de la vidéo qu'il va identifier,
08:04c'est-à-dire qu'il y a des mineurs délinquants récidivistes
08:07que les policiers connaissent par cœur.
08:10Et en fait, les policiers, ils en ont marre.
08:13Ils en ont marre de voir ces mineurs délinquants remis,
08:18ils les mettent en garde à vue, ils les interrogent, ils sont déférés,
08:21et ils ressortent avec des mesures d'éducation judiciaire,
08:25et ils les retrouvent six mois plus tard.
08:27Et puis, à un moment, comme cette impunité judiciaire, elle est donnée,
08:31les deux meurtriers d'Elias, ils continuent, ils s'arment d'armes létales,
08:39et puis ils choisissent deux enfants pour les voler, et finalement, tuer Elias.
08:46Vous dites que les hauts magistrats protègent les juges des enfants.
08:50Il y a eu le mot « carence est faible » dans cette affaire,
08:54des dysfonctionnements qui ont été documentés, qui ont été fléchés,
08:57qui ont été identifiés.
09:00Que répondez-vous à ceux qui mettent en avant, pour cette justice des mineurs,
09:06une clochardisation de la justice, un manque de moyens, une mauvaise organisation ?
09:11Vous l'entendez, cela ?
09:13Je l'entends, mais je ne l'accepte pas.
09:16On a vécu un été caniculaire.
09:20La majorité des hôpitaux de France et des EHPAD, y compris l'hôpital dans lequel je travaille,
09:26ont mis des couvertures de survie sur les fenêtres qui étaient exposées au soleil
09:32pour essayer de diminuer la température au sein des urgences, protéger les patients.
09:38À aucun moment, on n'a pris du retard pour soigner les malades.
09:43Et si ça a été le cas, notre responsabilité aurait été engagée.
09:50C'est-à-dire que nous manquons de moyens, mais néanmoins, on serre les dents et on fait le maximum.
09:56Donc pour moi, c'est un prétexte.
09:58Dominique Rizet, il y a une question qui doit se poser.
10:01Vous voyez, on a démarré ce débat avec l'actualité de ce qui a été dit.
10:05C'est bien d'interroger les propositions des candidats.
10:07Et on voit quand même parfois que même si des caméras sont nécessaires, évidemment, dans ce genre d'affaires,
10:12je ne connaissais pas ce détail.
10:14Je ne sais pas si vous l'aviez déjà vu.
10:15Il est effroyable.
10:16Il est effroyable parce qu'il y a une évidence sur le fait que ces mineurs délinquants sont connus.
10:28Et je tiens à préciser que lorsque la police judiciaire nous reçoit,
10:33évidemment, on est en larmes, on ne va pas bien.
10:36Et on précise que le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, souhaite nous recevoir.
10:42On est dans notre malheur.
10:44On se pose la question d'y aller.
10:46Et en fait, le commandant de police judiciaire nous dit, allez-y, faites-le pour nous.
10:52Faites-le pour nous parce qu'en fait, on n'en peut plus.
10:55Nous, on ne peut pas le dire.
10:56Mais nous, les mineurs délinquants, on les connaît par cœur.
11:01C'est des agressions sexuelles.
11:02C'est des violences sur mineurs.
11:05Depuis 2023, les meurtriers d'Elias ont fait plus de 20 victimes.
11:10C'est-à-dire que 20 victimes de vols avec violence,
11:12c'est des enfants qui ne sont pas morts, mais qui sont traumatisés.
11:18Donc, la police judiciaire, elle nous a incité.
11:23Finalement, ce combat, on l'a entamé pour eux.
11:28C'est-à-dire qu'il y a une forme de désespoir des policiers
11:35sur ce cas des mineurs délinquants.
11:38C'est fort ce que vous dites.
11:40Désespoir des policiers qui sont aussi le pilier.
11:43Oui.
11:43Un des piliers qui tient encore de minicariser notre société.
11:46Et je vous rappelle ces propos de Fabien Vanemelry,
11:49qui est le patron du syndicat Alliance,
11:51qui avait dit à une époque, c'était il y a 3 ou 4 ans,
11:53après la mort du policier Eric Masson en Avignon,
11:56qui avait, lors d'une manifestation, dit
11:59« Le problème de la police, c'est la justice ».
12:02Souvenez-vous des réactions indignées des magistrats.
12:05Et de certains policiers, il faut dire aussi.
12:07Et de certains policiers, d'autres syndicats, et d'hommes politiques.
12:10Et en fait, oui, les policiers demandent aux parents,
12:12demandent d'ailleurs aux victimes en général,
12:15d'aller porter plainte, d'aller déposer plainte.
12:17Vous parliez tout à l'heure du rapport
12:19de l'Inspection Générale de la Justice,
12:20après la mort de votre fils, c'était en septembre 2025.
12:24Et ce rapport mettait en évidence des défaillances
12:27dans le suivi judiciaire des meurtriers,
12:29connues pour des violences répétées,
12:31qui n'avaient fait l'objet d'aucune mesure
12:33de surveillance particulière, malgré leurs antécédents.
12:36Et le rapport évoquait une chaîne de décisions défaillantes.
12:38Donc le problème, il est clairement identifié.
12:41On le connaît.
12:42Et on se retrouve quand même à toujours commenter
12:44les mêmes affaires avec les mêmes arguments.
12:45Est-ce que vous avez accès vous-même au tribunal,
12:48justement, pour enfants ?
12:50Est-ce que vous pouvez rencontrer directement des juges ?
12:51Est-ce qu'au moins, le droit au dialogue vous est accordé ?
12:55Le droit au dialogue nous a été accordé
12:57par les hauts magistrats pour nous recadrer.
13:01En fait, ces rendez-vous, ils ont eu lieu
13:03avec le premier président de la Cour d'appel de Paris
13:06et le président du tribunal judiciaire de Paris
13:09pour nous expliquer, nous, famille endeuillée,
13:15quasiment sur le deuxième rendez-vous,
13:17pour nous humilier en nous expliquant
13:20que ce n'était pas possible,
13:22que les antécédents judiciaires,
13:25nous n'avions pas à les connaître
13:29puisque c'est des affaires antérieures.
13:32Néanmoins, c'est des affaires antérieures
13:34qui vont, avec des décisions,
13:37qui vont, au final, entraîner le décès d'Elias.
13:41C'est-à-dire qu'au mois de novembre 2024,
13:43la juge des enfants,
13:45qui ordonne un contrôle judiciaire
13:47à celui qui va devenir le meurtrier d'Elias,
13:50mais qu'elle ne retient pas la demande du parquet
13:56qui demande une interdiction de port d'armes,
14:00elle réfute cette proposition.
14:04Donc, on a un enfant qui a un contrôle judiciaire,
14:07mais il ressort et on lui dit,
14:09alors en plus, pour les mineurs,
14:10le contrôle judiciaire, c'est beaucoup plus limité
14:12que pour un majeur,
14:13et il ressort et on lui a dit,
14:15non, tu n'as pas d'interdiction de port d'armes.
14:18Et ça, c'est le 5 novembre 2024.
14:20Donc, nous, on a souhaité rencontrer ces juges
14:24pour poser les questions.
14:25Et en fait, les hauts magistrats
14:29protègent leur corporation,
14:31protègent leur juge
14:32pour ne pas donner des explications,
14:36puisque finalement, pour eux,
14:38expliquer, c'est rendre des comptes.
14:41Alors que pour nous, expliquer, c'est comprendre et ne pas juger.
14:46Je crois que le droit de savoir,
14:48le droit à la parole,
14:49normalement, pour vous,
14:50il doit être plus qu'automatique,
14:52il doit être naturel et instinctif.
14:54Est-ce que cette situation est généralisée ?
14:57Je ne sais pas.
14:58Je ne l'espère pas.
14:58Oui, cette affaire, pardon madame,
15:01elle ne me surprend pas du tout.
15:02Et votre témoignage poignant
15:04et votre combat,
15:06c'est le combat de malheureusement
15:09beaucoup de parents
15:10qui voudraient la vérité,
15:11qui voudraient connaître
15:12et que la justice passe d'ailleurs
15:13après la mort de leurs enfants.
15:15Et on voit aussi,
15:17si vous n'avez pas des avocats solides,
15:19si vous ne rejoignez pas,
15:20il y a des possibilités.
15:22Une association qui va vous soutenir,
15:24qui va vous aider.
15:25J'ai l'impression que la justice,
15:26mais bon, c'est vrai que je tiens
15:29souvent ce genre de propos
15:30à parfois, pas toujours,
15:32mais du mépris pour les victimes.
15:33Vous êtes au contact
15:34avec les policiers très souvent.
15:36Donc j'imagine que vous avez
15:37déjà entendu ces récits.
15:39Il y a un véritable désespoir
15:40chez ces policiers.
15:41Certains vous disent
15:42« Moi, je n'ai plus à cœur
15:43peut-être de continuer.
15:44Moi, je n'en peux plus
15:45de la même situation. »
15:46Les policiers et les gendarmes
15:47sont pour beaucoup d'entre eux
15:49totalement démotivés.
15:50Je rappelle quand même,
15:51on disait
15:52« Le problème de la police,
15:53c'est la justice. »
15:53Il y avait un général de gendarmerie
15:54qui s'appelle le général Bertrand Soublet
15:57qui un jour a dénoncé des faits,
15:59qui a dit
15:59« Voilà, nous, notre problème. »
16:00Il était numéro 3 de la gendarmerie,
16:02directeur des opérations
16:03et de l'emploi.
16:04« Notre problème,
16:05c'est la mise à disposition
16:06d'individus,
16:08de personnes,
16:09j'enlève le mot individu,
16:10de personnes qui sont libérées
16:12assez rapidement
16:13ou aussitôt. »
16:14Et donc,
16:14nos hommes sur le terrain
16:15ne comprennent pas.
16:16Le général Soublet,
16:17il a ensuite été muté
16:19à l'outre-mer.
16:20Il a commandé l'outre-mer
16:21et il a fini par quitter
16:22la gendarmerie
16:24après avoir écrit un livre
16:25qui s'est beaucoup vendu.
16:26Mais ce général est oublié,
16:28ses propos sont oubliés
16:29et ce qu'il a dit est oublié.
16:32Mais quel électrochoc,
16:33pardonnez-moi.
16:35Voici Stéphanie Bonhomme,
16:37la maman d'Elias
16:38qui fait partie
16:39de ces trop nombreuses
16:41aujourd'hui familles de victimes
16:42qui demandent des explications,
16:44des clarifications.
16:45Il n'y a aucun désir de vengeance.
16:47Il n'y a pas de désir
16:48de punition de magistrats.
16:50Et il y a le dialogue.
16:52Qu'est-ce qu'il y a
16:53de plus beau dans une démocratie
16:54malgré le choc subi
16:56et la tragédie
16:56que de devoir dialoguer
16:57pour comprendre ?
16:58Moi j'étais à la place des justes,
17:00il faut prendre
17:00cette main tendue,
17:01au contraire.
17:02Oui, la justice devrait
17:03chaque semaine
17:05prendre des nouvelles
17:06de Mme Bonhomme
17:07et de son mari
17:07et de leurs enfants
17:08en leur demandant
17:09comment ça va,
17:10en leur expliquant
17:11où en est le dossier,
17:12en les informant
17:13sur l'état d'avancement
17:14du dossier.
17:15C'est comme ça
17:16que ça devrait se passer.
17:16Dans un monde normal,
17:18ça devrait se passer comme ça.
17:19Alors ça se passe comme ça
17:20avec, ça s'est passé comme ça
17:22puisque l'instruction
17:23est finie avec
17:23la juge d'instruction
17:24qui a mené cette instruction,
17:27mais ce n'a pas été le cas
17:28avec les juges des enfants
17:30qui, antérieurement,
17:35qui précédemment,
17:36avaient suivi
17:37les meurtriers d'Elias.
17:38et nous, on a des questions
17:41à poser.
17:42Et là, aujourd'hui,
17:45en fait,
17:47les hauts magistrats,
17:49leur cynisme
17:51nous ont humiliés
17:53dans notre malheur
17:55et en même temps,
17:56paradoxalement,
17:57ils nous ont renforcés.
17:58C'est-à-dire qu'ils ont renforcé
18:00notre détermination,
18:02ils ont renforcé
18:03notre famille
18:04puisqu'on s'est dit,
18:05en fait, on touche
18:08un sujet
18:09qui les déstabilise
18:11et nous,
18:14on est malheureux
18:15mais on va y aller.
18:17On va y aller
18:17pour Elias,
18:19on va y aller
18:19pour les autres victimes,
18:20on va y aller
18:22pour la jeune Liana,
18:24l'enfant Liana
18:25puisque quand les parents,
18:26enfin,
18:27je me permets
18:28de dire ça,
18:29je pense que quand les parents
18:30de Liana
18:30vont relever la tête,
18:32ils vont demander
18:33des explications,
18:35ils vont demander
18:36à la procureure
18:37d'Oche
18:37comment on est arrivé là,
18:39ils vont probablement
18:40demander aux gendarmes aussi
18:42ce qui a pu se passer,
18:44sauf que les gendarmes,
18:45eux,
18:45ils ne pourront pas
18:46se défiler,
18:48ils répondront en question,
18:50les médecins
18:51ne peuvent pas
18:51se défiler,
18:53nous répondons en question
18:54et les juges
18:56considèrent
18:57qu'au nom
18:57de l'indépendance,
18:58ils ne peuvent pas
18:59répondre aux questions,
19:01sauf que,
19:02comme disent mes enfants,
19:04mes grands enfants,
19:05ils rêvent leur vie,
19:06c'est-à-dire que
19:07l'indépendance,
19:08elle est vis-à-vis
19:09du pouvoir,
19:10elle est vis-à-vis
19:11de leur hiérarchie,
19:13elle est une indépendance
19:14économique,
19:15mais à aucun moment
19:16ils sont indépendants
19:19des victimes,
19:20des citoyens,
19:21des justiciables.
19:22Votre phrase,
19:24je vais la retenir
19:25pour clore cet entretien,
19:26le cynisme des magistrats
19:28m'a humiliée,
19:28fait mal,
19:29madame,
19:29vraiment,
19:30et on vous souhaite
19:31quand même beaucoup de,
19:32voilà,
19:33on vous souhaite,
19:33qu'est-ce qu'on peut vous souhaiter,
19:34on vous souhaite la solidarité
19:36avec votre famille,
19:37je sais qu'elle est très présente
19:38pour bien vous connaître,
19:39donc merci pour ce témoignage.
19:40Merci.
19:41Merci Dominique Rizet
19:42de nous avoir accompagnés
19:44et c'est important
19:45quand certains ne vous entendent pas,
19:47évidemment que vous ayez accès,
19:48il est heureux
19:49que vous ayez accès
19:49à tous les plateaux,
19:50je vous ai vu également
19:51dans un formidable article
19:53de Libération,
19:54donc croyez bien
19:55que vous avez
19:56les médias transpartisans
19:57si je puis dire,
19:58derrière vous
19:59et ça c'est important.
20:00Merci.
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