Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 1 semaine
Tous les jours de la semaine, invités et chroniqueurs sont autour du micro de Pierre de Vilno pour débattre des actualités du jour.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Europe 1 Soir, 18h-20h, Pierre de Villeneuve.
00:04Et pour m'accompagner jusqu'à 20h, Catherine Neyla.
00:06Bonsoir chère Catherine.
00:08Bonsoir chère Catherine.
00:08Ravie de vous revoir après cette pause estivale, chère Catherine,
00:13qui reprend pour une saison avec nous.
00:15Antonin André.
00:16Bonsoir Pierre.
00:17Chef du service politique du JDD.
00:19Nous accueillons le ministre du commerce extérieur et de l'attractivité.
00:23Il faut être attractif en disant attractivité en bonne et due forme.
00:27Bonsoir Nicolas Faurissier.
00:28Bonsoir.
00:29Merci d'être avec nous.
00:30Je le disais tout à l'heure en préambule, je parlais de la France, de Paris, de Versailles,
00:33du Louvre, de la Joconde, de la Tour Eiffel, de la haute gastronomie,
00:36des joaillets, de la haute couture, de la tech, de l'aviation.
00:39Tout ça c'est la France.
00:41On l'oublie un peu dernièrement parce que la France est affaiblie économiquement.
00:45Elle est dans une pleine interrogation si ce n'est plus politiquement.
00:49Comme est-ce qu'on arrive à vendre la France dans une France affaiblie
00:52où on emprunte désormais à plus de 4%
00:55où le déficit du commerce extérieur s'est établi à 69,2 milliards d'euros en 2025.
01:00Comment est-ce qu'on y arrive ?
01:01Tout ce que vous dites explique qu'on y arrive.
01:04Parce que je trouve moi qu'il y a quand même, dans tout ce que vous rappelez,
01:08l'image d'une France qui est dynamique, intelligente,
01:13qui est très bonne en matière de technologie,
01:15qui a un savoir-faire dans de multiples métiers qui est excellent.
01:19On est les champions du monde, les premiers exportateurs au monde de vins, spiritueux, boissons,
01:24les premiers de parfums, de cosmétiques,
01:28les deuxièmes au monde pour l'aéronautique et les produits de l'aviation.
01:32On est les deuxièmes au monde pour le cuir par exemple,
01:36et dans le domaine du luxe mais pas seulement.
01:38Et je pourrais continuer.
01:39Donc la France est la cinquième puissance exportatrice du monde.
01:43Et pour la septième année consécutive, puisque c'est l'autre volet de mon boulot,
01:47on est, pour la septième année consécutive,
01:50la première destination d'investissement direct étranger en Europe.
01:54On a eu au Schultz-France de juin 93 milliards d'euros d'engagement d'investissement.
01:59Donc ça veut bien dire que nous avons certainement des tas de choses à faire
02:02pour réformer, améliorer notre situation politique, économique et sociale.
02:08Ce sera le débat de la présidentielle, et moi j'ai ma petite idée là-dessus,
02:10mais ce n'est pas mon rôle aujourd'hui.
02:12Mais nous avons aussi énormément d'atouts.
02:14Et je m'efforce, moi, de dire ça, de dire qu'il y a aussi du positif,
02:18et de dire qu'à l'international, à l'export en particulier, on doit être conquérant.
02:23Je ne vous ai pas dit le contraire.
02:24Je vous ai juste demandé, est-ce que le fait d'être affaibli économiquement,
02:29gardons juste l'aspect économique,
02:303 500 milliards de dette, 1 700 milliards de dépenses publiques,
02:351 000 milliards de dépenses sociales,
02:36est-ce que ça joue, est-ce que ça plombe le fait que...
02:38Mais bien sûr que ça joue, parce que nous avons un problème de compétitivité.
02:41Et c'est ça notre affaiblissement, mais en même temps,
02:44c'est plutôt un problème financier, un problème de dette,
02:47un problème de marché financier, qu'un problème de capacité industrielle.
02:50La preuve, c'est ce que vous venez de rappeler, c'est ce que je rappelle moi-même.
02:53Donc c'est tout le paradoxe.
02:54Et moi, mon sentiment depuis très longtemps, d'ailleurs,
02:57quand j'étais parlementaire, je le pensais déjà,
02:59c'est qu'avec un peu d'effort, un peu de réorganisation,
03:02de la volonté, de la fierté, le drapeau français qu'on brandit,
03:05on pourrait faire bien mieux, mais je rappelle quand même
03:08que nous sommes déjà une grande puissance exportatrice.
03:09Mais vous dites un peu de...
03:11Qu'est-ce que vous pouvez faire, vous, à votre...
03:12On ne va pas faire le débat de l'élection présidentielle.
03:15D'accord que si, ça intéresse les Français.
03:17Oui, mais je ne me permettrai pas de le faire dans son entièreté.
03:22J'entends bien, mais vous avez une idée.
03:23Vous m'avez dit que vous avez une petite idée, Nicolas Faureissier.
03:25Dans le domaine de l'entreprise et de l'économie,
03:27puisque c'est mon secteur,
03:29je crois qu'il faut qu'on remette l'entreprise au cœur de nos préoccupations,
03:33parce qu'avant de distribuer de la richesse, avant d'utiliser cette richesse
03:36pour faire plus de services publics, plus de réponses aux attentes de nos compatriotes,
03:41il faut d'abord la créer.
03:42Et qui crée la richesse, si ce n'est les entreprises ?
03:44Donc le vrai sujet aujourd'hui, ça a été d'ailleurs très bien dit
03:46au moment de la rencontre des entreprises au MEDEF.
03:50Absolument, moi j'ai passé deux jours entiers.
03:53Je vais vous prendre un exemple très concret.
03:54On a 50 milliards pratiquement d'impôts de production,
03:58c'est-à-dire avant le moindre bénéfice sur nos entreprises,
04:04de plus que les Allemands.
04:0530 milliards en moyenne, de plus que la moyenne européenne.
04:07Donc il y a un certain nombre de choses qu'il faut qu'on réoriente dans notre pays.
04:10Ce sera le débat de ces élections présidentielles sur la dépense publique.
04:14Ça fait des années qu'on en parle, Nicolas Faureissier.
04:15Oui mais ça fait des années, mais je crois qu'il y a aussi beaucoup de gens
04:17qui nous disent, je vais faire ci, je vais faire ça,
04:20de façon souvent un peu simpliste et démagogique.
04:22En réalité, les choses sont beaucoup plus complexes.
04:24Moi j'observe simplement que depuis 2017,
04:26et je le dis d'autant plus librement,
04:28que pendant toutes ces années, j'étais plutôt dans l'opposition.
04:31Vous avez un président qui a créé Choose France,
04:33qui a fait l'attractivité de la France,
04:35qui a effectivement permis à des entreprises...
04:38Baisser l'impôt sur les sociétés,
04:40la moyenne européenne de 25%,
04:41qui a fait la plate-taxe pour faciliter l'investissement.
04:44Tout ça, tout ça, tout ça.
04:45Et en attendant, il y a toujours des impôts de production.
04:48Pourquoi est-ce qu'il y a toujours ces impôts de production ?
04:50On a commencé à les baisser, sauf qu'il ne vous a pas échappé,
04:51vous l'avez dit vous-même,
04:52qu'on a une situation budgétaire extrêmement tendue,
04:54et qu'il faut qu'avant de pouvoir baisser les impôts de production plus,
04:58ce qui est vraiment un objectif important, à mon avis,
05:00pour la compétitivité de nos entreprises et du pays,
05:02et pour la création d'emplois,
05:04eh bien il faut qu'on remette de l'ordre dans les comptes publics.
05:06C'est évident, nous le savons très bien,
05:08il faut simplement que dans cette campagne,
05:10je l'espère en tout cas,
05:12en tout cas pour mon camp,
05:13nous ayons un candidat qui s'impose,
05:15qui rassemble,
05:16et qui porte cette politique.
05:18Et je suis persuadé que les Françaises et les Français l'attendent.
05:20Nicolas Faorissier, c'est quoi votre camp ?
05:22Vous êtes dans la majorité,
05:24puisque vous êtes ministre,
05:25et en même temps vous êtes un LR.
05:26Je suis un LR suspendu,
05:28mais je reste totalement fidèle à ma famille,
05:32et j'ai évidemment les mêmes relations qu'avant,
05:35même s'il y a une situation un peu particulière.
05:37Mais ce que je veux dire,
05:38c'est que je suis de centre droit,
05:40je suis un libéral,
05:42et en même temps un social libéral,
05:43parce que je pense que la richesse,
05:45elle est faite pour aussi être distribuée,
05:47pour qu'il y ait plus de participation,
05:48pour qu'au fond,
05:49il y ait un projet collectif qui nous entraîne.
05:51Ça, c'est ma pensée profonde.
05:52– Vous avez été marabouté en même temps,
05:55vous êtes un social et un libéral,
05:55– Non, non, non, c'est ce que j'ai essayé de faire toute ma vie politique,
05:57y compris dans mes actions parlementaires.
06:00Mais voilà, on sait qu'il va falloir remettre de l'ordre dans notre pays,
06:03et que c'est important.
06:04Je voulais juste dire une chose,
06:05par rapport,
06:07on n'est pas faible économiquement,
06:09on est dans un monde extrêmement difficile,
06:11extrêmement concurrentiel,
06:12bien plus que jamais,
06:13où notamment la politique commerciale dont je m'occupe
06:16est désormais utilisée comme une arme.
06:18Regardez M. Trump,
06:19regardez ce qui se passe dans un certain nombre de pays,
06:21je ne vais pas rentrer dans le détail,
06:23où effectivement,
06:24dès qu'il y a une possibilité,
06:25les Chinois savent très bien faire,
06:27d'utiliser le commerce,
06:29ou les règles de commerce,
06:30ou le dumping,
06:31ou les subventions publiques,
06:33pour essayer de vendre moins cher que les autres,
06:35et tuer un secteur dans un autre pays,
06:36eh bien, tout ça est utilisé.
06:38Et donc, mon boulot,
06:39et le boulot du gouvernement,
06:40c'est à la fois de résister,
06:43de tenir bon,
06:43de pousser l'Union Européenne à être plus offensive,
06:46dans notre capacité de réponse et de défense,
06:48de sortir de la naïveté,
06:49je crois que c'est en train de bouger,
06:51ça bouge depuis deux ou trois ans,
06:52mais c'est aussi de porter les entreprises,
06:54dans le monde,
06:56de les emmener,
06:57de les accompagner,
06:58d'ouvrir les portes,
06:58et de conquérir des départs de marché.
07:00Est-ce que, néanmoins,
07:02vous êtes inquiète par la situation,
07:03parce que la dette et la situation financière de la France,
07:06on le voit bien,
07:06est un sujet qui monte aujourd'hui,
07:08on empruntera plus de 4%,
07:10c'était pas arrivé depuis 10 ans.
07:11Est-ce que vous redoutez néanmoins,
07:14parce que ça fait des années qu'on connaît ce problème structurel,
07:17est-ce que vous observez,
07:18ou est-ce que vous redoutez,
07:19il y a un certain nombre d'entreprises ou d'investisseurs
07:21qui font des études,
07:22avant d'investir dans un pays,
07:25là,
07:25la situation est telle qu'il y a un risque aujourd'hui
07:28de détournement des investisseurs étrangers
07:30sur le marché français.
07:31Est-ce que vous êtes inquiète de cela,
07:34et est-ce que vous êtes inquiète aussi du risque
07:36d'une crise financière
07:38et d'une intervention de la BCE ?
07:39Il y a deux choses dans votre question.
07:41Pardon.
07:42Il y a deux choses dans votre question.
07:42C'est pour les auditeurs qui prend la parole.
07:43Vous êtes Nicolas Faurissier,
07:44c'est pour ça que je vous introduis.
07:46Non, il y a deux aspects.
07:49La crainte des investisseurs internationaux,
07:51elle est toujours là,
07:52mais en même temps,
07:53j'observe quand même
07:53qu'encore une fois,
07:55ça fait sept ans,
07:56année après année,
07:57que la France engrange
07:58le maximum d'investissements directs.
08:01Les taux d'emprunt,
08:02on est à la crainte des Européens.
08:04On était déjà dans cette situation
08:05l'année dernière
08:05et on fait 93 milliards.
08:07On est ceux qui empruntent-on le plus cher.
08:08Oui, je suis d'accord.
08:09En fait, ça a beaucoup augmenté
08:10après la dissolution, il faut le dire.
08:11La France a énormément d'atouts
08:13et très attractifs
08:13parce qu'elle a un savoir-faire,
08:15un niveau d'excellence des ingénieurs,
08:17de la recherche-développement,
08:18des infrastructures,
08:19un art de vivre,
08:21une électricité décarbonée à profusion
08:23grâce au nucléaire,
08:24n'en déplaise, comment dire,
08:26à nos amis écologistes.
08:27Donc, on a beaucoup d'atouts.
08:29C'est ce qui fait que la France est attractive.
08:31Mais c'est vrai, je l'entends,
08:32parce que moi, je vois beaucoup
08:33les fonds d'investissement à l'international.
08:34C'est mon travail encore
08:36d'essayer de les amener et de venir.
08:38C'est encore sur un sujet de ce type
08:39cet après-midi.
08:41Eh bien, on voit bien qu'il y a...
08:44Les investisseurs regardent
08:45comment les choses vont se passer.
08:46Et c'est pour ça que ça me ramène
08:47à la deuxième question.
08:48C'est qu'il est extrêmement important
08:50que nous puissions avoir un budget
08:51qui assure la stabilité de la situation.
08:54Le ou la présidente
08:55qui sera élue ensuite au printemps
08:57fera ses choix.
08:59D'ailleurs, le président qui sera élu
09:00aura intérêt à avoir un budget.
09:02Parce que sinon, il perd un an.
09:03Quand on me dit
09:04qu'il va y avoir une loi spéciale,
09:06ça veut dire que ça nous coûte
09:07entre 15 et 25 milliards.
09:08Moi, je pense que c'est plutôt 25 milliards
09:10qui partent en fumée tout de suite.
09:12Sans rentrer dans les détails,
09:13c'est ça que ça veut dire.
09:14Et après, on met pratiquement
09:168 à 10 mois après l'élection
09:18à avoir un budget.
09:20Parce que le budget,
09:20il ne sera pas voté
09:21avant le mois d'octobre
09:22ou novembre de l'année 2027.
09:23Donc, ça veut dire que
09:24le président ou la présidente
09:25qui sera élue,
09:26quel que soit le candidat,
09:27d'ailleurs, quels que soient
09:28les choix politiques,
09:30sans budget au printemps,
09:32aura perdu une année
09:33de son quinquennat.
09:34Et ce que dit le Premier ministre
09:35Sébastien Lecornu
09:36à juste titre,
09:37c'est qu'il va poser sur la table
09:39des propositions de budget
09:40qui seront des propositions sérieuses,
09:43s'inscrivant dans la nécessité
09:44de continuer,
09:45justement pour répondre
09:46notamment aux marchés financiers
09:48et aux investisseurs,
09:49de continuer à améliorer
09:50notre situation,
09:51à réduire le déficit budgétaire.
09:54Il faut qu'on passe
09:54en dessous de 5% clairement.
09:56Il y aura un certain nombre
09:57de réformes ou d'efforts
09:59qui seront faits.
09:59Il n'y aura pas d'impôts nouveaux.
10:01Il l'a toujours dit
10:02très clairement
10:02ces dernières semaines.
10:03Il l'a encore redit
10:04cette semaine.
10:05Il n'y aura pas...
10:06On ne peut pas,
10:07dans le pays qui a
10:07le niveau de prélèvement
10:09obligatoire le plus élevé,
10:10continuer à dire
10:10la solution, c'est l'impôt.
10:12Ça, c'est clair.
10:12Pour moi, en tout cas,
10:13vous me demandez mon avis,
10:14c'est certain.
10:14Donc, il faut qu'on fasse
10:15des efforts sur la dépense publique
10:17et notamment la dépense de l'État,
10:18mais aussi sur un certain nombre
10:20d'autres postes.
10:21Ce n'est pas à moi
10:21de l'annoncer aujourd'hui,
10:23mais ce sera ça.
10:24Et après, vous avez
10:25un débat parlementaire.
10:26Et le débat parlementaire,
10:27il va dire,
10:28ok, oui, non,
10:29on amende,
10:29on n'est pas d'accord,
10:30mais l'idée,
10:30c'est d'arriver à un compromis
10:31pour qu'il y ait un budget
10:32qui sera réversible
10:34en fonction des choix
10:34du président ou de la présidente
10:36qui sera élue.
10:36Et je crois que c'est
10:37extrêmement important
10:38et que ça répond
10:39à votre question.
Commentaires

Recommandations