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  • il y a 1 semaine
Dans son édito du 03/09/2026, Mathieu Bock-Côté revient sur [thématique de l'édito]

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Transcription
00:00C'est la crise à France Inter, l'arrivée Mathieu Bocoté de Charles Sapin, anciennement du Figaro, du Point désormais
00:08à Valeurs Actuelles, provoque l'indignation.
00:11Apparemment, son appartenance à ce journal devrait immédiatement le disqualifier de la radio publique.
00:17La rédaction s'est mobilisée, les syndicats précisément.
00:20LFI se mobilise aussi en plus d'attaquer Marc Henault du même journal qu'on peut voir sur France Info.
00:28Mais que se passe-t-il ?
00:29D'abord, un mot sur Charles Sapin. Je pense que c'est le point de départ, puisqu'on parle beaucoup
00:32de lui.
00:33Je pense que c'est un des meilleurs journalistes politiques de Paris.
00:37Je pense que c'est le point de départ, passe par le Figaro, par le Point.
00:40C'est un homme calme, respectueux, brillant.
00:43Il a écrit un livre sur la montée des populismes ou des nationalismes en Europe de grande qualité.
00:47C'est le contraire d'un battleur, c'est le contraire d'un polémiste.
00:50C'est véritablement un très, très bon journaliste et reconnu comme tel.
00:55Dès lors, pourquoi est-il légitime de l'exécuter ?
00:57Parce qu'il porte apparemment la sale étiquette de Valeurs Actuelles.
01:01On y revient dans un instant.
01:03Donc, le service public cherche, pour la présidentielle évidemment, à se donner une forme d'apparence de pluralisme.
01:10France Inter, une apparence de pluralisme dans l'espace public pour au moins donner l'impression qu'ils ne militent
01:15pas tous du même côté.
01:17Donc, on invite Sapin, on l'invite sur l'idée de Valeurs Actuelles.
01:20Je précise que quand on l'a invité d'abord à rejoindre le service public, il était au point.
01:24Donc, on l'invite pour avoir un éditorial le dimanche matin, si je ne me trompe pas, de trois minutes
01:30et quelques secondes.
01:30Et bien, pour cette invitation à rejoindre le service public, il y a une mobilisation, donc de la boîte, globalement,
01:38des syndicats dans la boîte, qui disent, nous sommes ici devant une provocation.
01:43Nous sommes ici devant une inquiétante dérive, une très coupable dérive.
01:47On a un peu l'impression, en quelque sorte, que l'Allemagne vient d'entrer en Pologne.
01:52Et d'ailleurs, si je peux me permettre, la comparaison se fait parce qu'un humoriste, vous savez, la notion
01:55d'humoriste sur les services publics, l'a quasiment traité de pré-nazi.
01:59Il a dit, aujourd'hui, Sapin, demain, à peu près les nazis ou les néo-nazis.
02:03Donc, on comprend la grande subtilité de cette maison financée par tous.
02:07Quoi qu'il en soit, les forces syndicales se mobilisent pour dire non.
02:11Une ligne rouge a été franchie.
02:14Quelle est cette ligne rouge?
02:15Eh bien, la Société des journalistes nous dit, par exemple,
02:18elle marque sa ferme opposition au choix d'ouvrir l'antenne à un représentant d'un média condamné,
02:24notamment pour injure raciste, et ajoute-t-il qu'il n'a cessé ces dernières années de prendre violemment l
02:31'audiovisuel public pour cible.
02:33Donc, il y a deux arguments là-dedans.
02:35Premièrement, il y a ce qu'on appelle le procès au bono,
02:38comme jugement, la coordination de valeur actuelle, qui remonte il y a quelques années déjà,
02:41qui, de mon point de vue, quoi qu'on pense des fameuses caricatures qui avaient lieu,
02:45était un véritable procès politique pour chercher à marquer un titre, valeur actuelle, du sourd de l'infréquentabilité.
02:50On voulait le condamner pour à jamais dire « vous portez la marque de l'infréquentabilité ».
02:55Une espèce de procès plus politique, une décision de justice orientée, à tout le moins selon plusieurs,
03:00qui avaient dit « franchement, ici, la justice a dérapé ».
03:02Je l'ai entendu assez souvent. Je me fais l'écho de cette critique.
03:06Donc là, on voit la fonction des fameuses condamnations pour incitation à la haine de ci ou à la haine
03:10de ça.
03:10C'est pour qu'à jamais, on puisse vous déchoir de vos droits civiques, de vos droits publics, de vos
03:17droits politiques.
03:18Si vous avez cette condamnation, vous êtes à jamais infréquentable sur le service public,
03:22même si vous, personnellement, vous n'avez pas eu la condamnation,
03:25mais vous vous associez à un titre qui vous contamine sur le mode radioactif.
03:29Deuxième élément, deuxième argument utilisé, on nous dit « valeur actuelle a critiqué le service public ».
03:34Donc, si je comprends bien, la critique du service public n'est plus admise sur le service public.
03:39Ça fait beaucoup de gens, quand même.
03:41Autrement dit, si vous avez critiqué le service public,
03:43si vous doutez de l'ampleur des moyens accordés au service public,
03:46vous ne devez plus y être invité à tout le moins comme éditorialiste,
03:50peut-être comme invité circonstanciel, mais vous ne pouvez pas intégrer cette équipe.
03:54On ajoute, parce qu'ils sont nombreux à s'emmêler,
03:57donc ceux-là, c'est les personnels de Radio France,
04:01réunis en Assemblée générale, qui ont dit « si, vous ne cédez pas,
04:05eh bien, il y aura la grève, une grève anti-sapin.
04:08Bonhomme, tu ne passeras pas, la grève, on se mobilise contre tes 3 minutes 22. »
04:13On nous dit par ailleurs que « valeur actuelle », ce n'est pas la ligne de…
04:15Globalement, ce n'est pas la ligne du service public.
04:17D'accord, donc c'est quoi la ligne du service public ?
04:19Ça m'intéresse.
04:20Si VA, ce n'est pas leur ligne, c'est quoi donc la ligne ?
04:23Il doit en avoir une.
04:24Et ça veut dire qu'ils en ont eu.
04:25Ah bien oui, effectivement, c'est assez intéressant.
04:27Ensuite, dans le Parisien, on a fait écho à tout cela.
04:29Dans le Parisien, on nous a dit, c'est un argument qui a été entendu au moment du débat,
04:33« Le pluralisme ne peut servir de prétexte à la légitimation de toutes les paroles. »
04:40Intéressant, donc je veux savoir quelles sont les paroles qui ne sont pas autorisées.
04:44Quelles sont les paroles inacceptables ?
04:46Donc, le pluralisme, jusqu'où ?
04:48D'ailleurs, c'est une question qui s'est posée dans le Parisien,
04:49toujours un responsable syndical a posé cette question dramatique.
04:52Le pluralisme, jusqu'où ?
04:54Jusqu'où ?
04:55Pourriez-vous tracer le périmètre des opinions acceptables, chers amis ?
04:59Rappelons que c'est la loi.
05:00Oui, mais ce détail, je crois, ne les encombre pas.
05:04Ensuite, je précise, ah oui, Le Monde, dans sa présentation du débat,
05:06a dit « Le Monde, de son côté, qui présente Valeurs Actuelles comme classé très à droite ».
05:10Qui les a classés ainsi ? Je suis curieux.
05:12Qui est le classeur officiel qui permet de dire que quelqu'un n'est pas le bienvenu ?
05:15Je me rappelle que pour Charlotte, c'est l'AFP qui l'avait qualifié de « marqué à l'extrême
05:19droite ».
05:19Donc, j'avais demandé qui est le marqueur,
05:21mais la personne de l'AFP m'avait oublié de me répondre.
05:23Manque de temps, ces gens-là.
05:25Ensuite, pour la petite histoire, Sapin s'est présenté devant la rédaction de France Inter.
05:32Et il a expliqué presque sur le mode de l'autocritique.
05:34Il s'est soumis à ce rituel.
05:37« Valeurs Actuelles a évolué. Certains des articles, des « une » qui ont été faits autrefois étaient inacceptables, dit
05:44-il.
05:44Mais je suis là désormais pour marquer une nouvelle ligne. »
05:46Il s'est soumis à cette autocritique, peut-être de manière exagérée,
05:49mais quoi qu'il en soit, il l'a fait.
05:51Eh bien, on dit « on s'en fiche, mon bonhomme. Tu ne viendras pas. Vous ne passerez pas. »
05:55Mais en sens un peu parodique.
05:56Et désormais, donc, tout.
05:58« Non pas sarane, Charles Sapin. Apparemment, 3 minutes 22, c'est le fascisme. »
06:02La France Insoumise s'est mêlée de la polémique.
06:05On pouvait avoir l'impression qu'elle traitait Radio France comme une radio qui lui appartenait, non ?
06:11Oui. Jean-Luc Mélenchon était clair. Au moins, c'est un homme clair en ces matières.
06:15Je cite. « Un éditorialiste de Valeurs Actuelles fait un édito politique sur France Inter.
06:20Ben voyons, après les trucages de France Culture, le service public s'aligne à son tour.
06:25Matinal traquenard, édito ultra-droite art. On est presque contraints à l'exil radiophonique. »
06:30Ah, ça, c'est Mélenchon.
06:31Donc, sachez, quand vous écoutez France Inter, France Culture, l'extrême droite domine.
06:36L'ultra-droite même. Ça m'avait échappé.
06:39Mais bon, quoi qu'il en soit...
06:40Un dimanche et deux minutes, trois minutes.
06:42Oui, mais ces trois minutes-là contaminent le tout.
06:44C'est-à-dire que c'est un principe de contamination.
06:46Il suffit d'avoir une petite tâche comme ça, on sait que le cancer est généralisé.
06:50Si je peux me permettre, donc, c'est M. Mélenchon qui a parlé.
06:52Le grand timonier a parlé.
06:54Ensuite, Daniel Obono, avec la subtilité qui est la sienne, a décidé de frapper plus loin.
06:58Elle dit...
07:13Donc, je comprends que Mme Obono se voit comme la directrice de la ligne éditoriale de Radio France.
07:19Et, on peut se dire ainsi, c'est comme si une seule voix divergente se faisait entendre et tout était
07:25contaminé.
07:26Je pense qu'on pourrait s'inquiéter, par ailleurs, sur un commentaire de plus, pour les fameuses SDJ.
07:31Les sociétés des journalistes, on peut se demander dans quelle mesure elles sont généralement colonisées par la gauche la plus
07:35radicale,
07:36avec des stratégies d'antrisme qui fait en sorte que ces SDJ cherchent à fixer une ligne idéologique à tous
07:40les médias,
07:40qu'ils soient publics ou privés.
07:41On pourrait se poser des questions sur leur rôle.
07:43Mais ça, c'est un commentaire à la marche.
07:45Évoquons la polémique entourant Marqueno.
07:48Pourquoi a-t-il été la cible des Insoumis?
07:50Alors, nos amis Insoumis ont découvert tardivement que Marqueno participait de temps en temps à France Info.
07:55Et là, on est sur le mode, donc, il faut frapper, sur le mode de la terreur morale intimidée,
07:59ceux qui sont classés à droite.
08:01Donc, je cite ce qu'a dit Hénon.
08:03La question du voile, elle est différente, en mon sens, de la kippa, de la croix,
08:06parce qu'il y a aussi des associations islamistes qui ont théorisé le port du voile
08:11comme une arme.
08:12Alors, on peut être d'accord ou non avec Hénon.
08:15On l'a vu, la question du voile peut nous diviser.
08:17Il n'en demeure pas moins que LFI y voit une opinion délinquante.
08:22Donc, que fait LFI?
08:23LFI décide de charger.
08:24Manuel Bompard, qui est le coordinateur national de ce machin,
08:28dit, quand on installe sur le service public un journaliste d'un média condamné
08:32pour incitation à la haine raciale, il faudrait mettre des traits d'union de tout ça,
08:35comment peut-on s'étonner...
08:37Non, pardon, rappelons que Marqueno, c'est un journaliste de valeurs actuelles.
08:39Oui, bien sûr. Comment peut-on s'étonner qu'il en profite pour tenter de rendre
08:43acceptables les pires idées de l'extrême droite?
08:45Les rédactions concernées vont-elles continuer à laisser faire sans réagir?
08:50J'aimerais savoir quelles sont les pires idées de l'extrême droite.
08:52Est-ce qu'on pourrait les préciser?
08:54Quoi qu'il en soit, Antoine Léoma en rajoute.
08:56Comment le service public de l'information peut-il tolérer ce genre de propos?
08:59Donc, on en appelle à l'intolérance, au moins c'est clair.
09:01Ce que je note ici, dans le cas de LFI particulièrement,
09:03c'est qu'LFI considère que la radio, Radio France lui appartient.
09:07Elle doit fixer les paramètres de la pensée acceptable sur Radio France
09:10et si Radio France s'en éloigne, sanctions.
09:13Deuxièmement, LFI ne recule jamais.
09:16C'est la logique léniniste.
09:17Vous connaissez la formule de Klaus Witz,
09:18la politique, la guerre et la poursuite de la politique par d'autres moyens.
09:22Lénine dit non.
09:24La politique, c'est la poursuite de la guerre par d'autres moyens.
09:26Nous sommes ici chez de purs léninistes
09:28qui ne reculent jamais,
09:30qui frappent toujours,
09:30qui ont les positions les plus extrêmes,
09:32qui nous forcent à entrer dans leur débat
09:33et qui, à la fin, sont dans une logique de censure,
09:35de bannissement social,
09:37de bannissement civique,
09:38de destruction des réputations.
09:39Nous sommes devant un parti qui n'a plus de culture démocratique.
09:42Il faudrait peut-être en tirer des conclusions peut-être un jour.
09:43Je ne sais lesquelles, mais on se posera la question.
09:45Quoi qu'il en soit, je pense que tout journaliste
09:47ou tout intellectuel qui se respecte aujourd'hui
09:49devrait être solidaire de Charles Sapin,
09:50qu'on soit d'accord ou non avec lui,
09:52d'accord ou non avec Valeurs Actuelles.
09:53C'est un journaliste qui mérite d'être défendu.
09:55Je constate que pour l'instant, la plupart sont trop discrets.
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