00:00Commençons à l'envers, si vous le voulez bien.
00:02Vous avez dit que la présidentielle 2027 serait l'élection la plus importante depuis l'origine de la Vème République,
00:09car elle marque la fin d'un cycle, les dix années d'Emmanuel Macron,
00:13et doit ouvrir un cycle vraiment nouveau, pas justement une simple prolongation.
00:18Vous redoutez de la même façon ce que vous appelez la tenaille du pire,
00:22RN contre LFI, Marine Le Pen, encore ce matin, dans le journal du dimanche, au plus haut dans les sondages,
00:27et Jean-Luc Mélenchon aux portes du second tour.
00:30Alors la question c'est, pourquoi la tenaille du pire,
00:34lorsque 13 millions de Français ont donné leur voix aux RN, aux Européennes ?
00:38Est-ce que ce n'est pas les insulter en nouvelle fois, en disant,
00:42écoutez, vous ne pouvez pas voter Rassemblement National ?
00:46On ne peut pas dire les choses comme ça.
00:49Lorsque vous êtes un citoyen, responsable politique, que vous voyez les risques,
00:55vous ne pouvez pas ne pas nommer les risques.
00:58– Donc vous savez mieux que les 13 millions d'électeurs ?
01:00– Oui, vous savez mieux.
01:03– Oui, vous savez mieux, et les représentants des échos savent mieux,
01:08et Mathieu Bocoté sait mieux, tout le monde sait mieux,
01:12que les mensonges qu'on est en train de proférer.
01:16– Pourquoi ? Parce que les choix des deux extrêmes,
01:20c'est pour ça que je dis la tenaille du pire,
01:22c'est une tenaille entre pire et pire.
01:25Les deux plongeraient la France dans une situation dont elle ne sortirait pas.
01:34– Je dis que le danger est un danger, comme on dit en médecine, létal,
01:40c'est-à-dire question de vie ou de mort.
01:42– Vous n'exagérez rien à la France.
01:43– Je n'exagère rien, et peut-être tous ensemble, y compris vous,
01:52ne remplissez pas la mission de dire ce que les choses sont.
01:56Nous sommes dans un pays où toutes les forces politiques,
02:00y compris celles-là, ont depuis 50 ans, en tout cas depuis 1981,
02:07porté l'asservissement du pays par une dette qui dépasse
02:13tout ce qu'on peut se représenter.
02:17– Le RN n'est pas responsable de la France.
02:19– Toutes les forces politiques, ça a inclus le modem ?
02:21– Oui, bien sûr.
02:22– Et le RN qui n'a pas gouverné ?
02:24– Le RN, ça n'est pas qu'il n'ait pas gouverné.
02:27– Ça compte un peu, non ?
02:27– Il est monté à la tribune sans interruption pendant toutes ces années,
02:32y compris lorsque nous étions au gouvernement,
02:36pour demander des dépenses supplémentaires.
02:39Et vous avez vu que Marine Le Pen, encore cette semaine,
02:42a dit à plusieurs reprises qu'elle voulait la retraite à 60 ans,
02:47pour ceux qui avaient commencé avant 60 ans.
02:48– Elle présente aussi un plan d'économie de 125 milliards.
02:50– C'est une blague.
02:51– Pourquoi c'est une blague ?
02:52– Parce que c'est une blague.
02:53– Mais ce n'est pas parce que vous, vous me dites que c'est une blague,
02:55que c'est une blague, monsieur Bayrou.
02:56– Eh bien, écoutez, vérifiez, prenez votre stylo.
02:58– Elle n'a pas présenté pour le moment.
02:59– Lisez les échos, 125 milliards d'économies sur combien de temps ?
03:04Qu'est-ce que ça veut dire ?
03:06125 milliards, le budget de l'État, c'est 450 milliards.
03:09Et si on fait 125 milliards d'économies, évidemment, aucun gouvernement ne peut en claquant des doigts
03:17faire des économies de cet ordre.
03:19Vous savez, j'ai chiffré dans le livre, parce que le livre a cet avantage que c'est la première
03:26fois
03:27qu'on décrit le mécanisme de la dette, qu'on dit de manière explicite ce qui s'est passé
03:34avec les chiffres qui permettent de le vérifier et de le prouver.
03:41Les mesures qu'elle annonce, alors elle dit deux choses, trois choses simples.
03:47La première, on va faire payer l'immigration.
03:55On va couper les crédits de l'immigration.
03:58Et j'ai donné le chiffre présenté par un institut proche de la droite et de, je crois, qui est
04:09admis par le RN aussi.
04:10Ils disent 6 milliards.
04:13Vous parlez de 125 milliards, ils disent 6 milliards.
04:16Deuxièmement, on ne paiera pas notre contribution à l'Europe.
04:20À cet instant précis, l'agriculture française n'a plus les subventions et l'Europe saute.
04:25C'est un danger commun, j'y reviendrai dans une seconde.
04:31Troisièmement, elle dit les agences.
04:33Les agences, le Sénat a essayé de couper dans les agences.
04:37770 agences.
04:38770 agences qui ne servent pour un certain nombre d'entre elles pas à grand chose,
04:44mais qui ne permettent pas de faire les économies.
04:46Mais François, je vous entends, votre propos est important,
04:48mais vous faites le procès ici d'une mauvaise politique de désendettement.
04:51Mais si vous faites le procès de l'endettement, c'est le procès de la classe politique au pouvoir en
04:57ce moment.
04:58L'endettement, vous me corrigerez, j'ai l'impression que c'est davantage la classe politique au pouvoir
05:01qui tourne en rond, qui prend les postes depuis tant d'années, davantage que l'opposition permanente.
05:07Eh bien, je ne crois pas.
05:09Donc l'endettement, c'est davantage Marine Le Pen, par exemple, qu'Emmanuel Macron ?
05:12Je dis que les oppositions, et l'extrême droite en particulier, et LFI a fortiori,
05:19ont sans cesse demandé des dépenses supplémentaires.
05:22Marine Le Pen...
05:23Mais vos amis les ont faits, ces dépenses supplémentaires ?
05:26Non, non, ils ne les ont pas toutes.
05:27Mais la date n'a pas augmenté par la magie ?
05:31Peut-être que vous lirez mon livre, qui s'appelle « Alertes sur la France qui vient »,
05:36et vous vérifierez ce qu'a été ce mécanisme-là depuis 1981.
05:43Sans cesse, on a reporté sur les générations à venir les dépenses de la vie de tous les jours.
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