00:00La droite et le centre sont tiraillés en vue de la prochaine présidentielle, c'est loin d'être nouveau, vous
00:05êtes l'un des principaux témoins,
00:07on a quand même une droite tiraillée depuis quelques années, c'est absolument pas nouveau.
00:12Trois noms ressortent, Edouard Philippe, Gabriel Attal, Bruno Retailleau, et lorsqu'on regarde les chiffres du JDD, le sondage du
00:20JDD aujourd'hui,
00:21pour le second tour, il y a trois hypothèses, alors pas avec Bruno Retailleau mais avec Jean-Luc Mélenchon,
00:26contre lesquels Marine Le Pen se retrouverait. Hypothèse 1, Marine Le Pen l'emporte, 55-45 contre Gabriel Attal, 52
00:33-48 contre Edouard Philippe,
00:3566-34 contre Jean-Luc Mélenchon. Quelle est votre réaction ?
00:44La séquence précédente s'est terminée, ou en tout cas a été interrompue, sur le constat que nous faisions du
00:53risque majeur pour le pays.
00:55Ce risque majeur de dérive des finances publiques, peut-être faut-il rappeler simplement un chiffre, l'année prochaine,
01:07la totalité de l'impôt sur le revenu que vous payez, que tout le monde autour de la table paye,
01:12et que paient tous les autres Français, tous les foyers fiscaux, la totalité ne suffira pas à payer les intérêts
01:18de la dette.
01:20– 80 milliards à peu près.
01:22– Oui, on va dépasser 80 et on va à 100 milliards, et même certains disent à 120 milliards en
01:282030.
01:30Ce qui veut dire que nous sommes un pays en situation de surendettement.
01:35– Ou de faillite ?
01:38– Attention au mot, faillite, récession, surendettement, c'est très différent.
01:41– Surendettement, surendettement, et donc de surendettement, c'est-à-dire en situation d'étranglement.
01:48Un pays qui aurait besoin de nouveaux investissements et qui ne les a pas.
01:53Qui est responsable ? Toutes les forces politiques sont responsables,
01:58et ceux qui ont averti, ceux qui ont tiré la sonnette d'alarme,
02:04ceux qui ont demandé qu'en chante d'orientation, sont très rares, pour ne pas dire rarissimes.
02:10– Et c'est exactement, il y a un an, jour pour jour, presque jour pour jour,
02:14ce que le gouvernement que je conduisais a essayé de faire.
02:18– Un an passé, il n'y avait pas grand-chose à changer.
02:19– Au contraire, ça s'est aggravé.
02:22– Oui, 235 milliards de plus.
02:23– Parce qu'on a, en particulier, parce qu'on a renoncé à la réforme des retraites.
02:28Ce qui est… – Une faute ?
02:30– Un jour, les historiens diront…
02:31– C'était une faute ?
02:32– Quoi ?
02:33– De suspendre la réforme des retraites ?
02:35– En tout cas, le moins que l'on puisse dire, c'est que c'était une aggravation de la
02:40situation.
02:41Et les historiens, un jour, diront, mais enfin, comment se fait-il que ce pays,
02:48à ce moment de crise, a pris une décision aussi contraire à son intérêt ?
02:53– Dans cette situation, qu'est-ce qu'on fait, François ?
02:55– Et donc, voilà. Donc, nous avons une élection…
02:58– C'est quand même un gouvernement Lecornu qui a pris cette décision sous la pression du Parti Socialiste.
03:02C'est quand même un pouvoir que vous soutenez et auquel participe…
03:06– Bien, ce n'est pas un gouvernement Bayrou, merci de le rappeler.
03:09– Mais ce n'est pas un gouvernement que vous condamnez non plus.
03:10– Non, non, regardons précisément des chiffres.
03:15Le gouvernement que je conduisais, en fonction, et ça ne s'est pas produit souvent,
03:22le gouvernement qui a baissé le déficit de 5,8 à 5,1 du produit intérieur brut.
03:34Et c'est une baisse, une remise à l'endroit, une remise en ordre des finances du pays,
03:40comme il n'y en a pas eu beaucoup.
03:42– Et donc, cette remise en ordre, en effet, elle est interrompue.
03:50Le risque est immense. On a une élection présidentielle qui vient.
03:54Quelle est la différence entre cette élection présidentielle et les précédentes ?
03:58Il y en a une. C'est que vous avez décrit le choc des ambitions hors micro,
04:04M. Bocotelisé, les autotamponneuses au centre, et il avait raison, le sentiment de…
04:11– La machine à perdre ?
04:12– Il y avait, à l'élection présidentielle, jusqu'à maintenant, une manière simple de résoudre cette question.
04:21Et c'était le premier tour.
04:24Premier tour, c'était chacun présenter son profil, son projet,
04:31essayer de convaincre et d'entraîner les Français.
04:35– Je l'ai fait trois fois, et une fois en étant aux portes du deuxième tour, du second tour,
04:42il y avait un premier tour.
04:44Écoutez-moi bien, il n'y a plus de premier tour.
04:48Parce que si on va au premier tour dans l'ambiance de dispersion que vous décrivez,
04:54alors on risque d'avoir au deuxième tour le pire contre le pire,
04:58c'est-à-dire Le Pen contre Mélenchon.
04:59– Sous-titrage ST' 501
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