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  • il y a 7 semaines
Karim Bouamrane, maire PS de Saint-Ouen-sur-Seine et candidat à l'élection présidentielle, répond aux questions de Laurence Ferrari.

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Transcription
00:00La grande interview sur CNews et sur Europe 1, c'est Karim Bouhamran. Bonjour à vous.
00:03Bienvenue. Vous êtes maire socialiste de Saint-Ouen et candidat à l'élection présidentielle.
00:07On en parle dans un instant. Un mot de l'actualité.
00:10En Allemagne, la victoire du parti d'extrême droite AFD, alternative pour l'Allemagne,
00:14dans une élection en Saint-Analt, provoque l'hier de Jean-Luc Mélenchon.
00:18Cela montre l'aveuglement des politiques centristes, ce désastre et leurs résultats.
00:22Est-ce que cela préfigure pour vous ce qui pourrait se passer en France et dans d'autres pays d
00:25'Europe ?
00:26C'est-à-dire cette montée du ras-le-bol des peuples face à des pouvoirs politiques
00:29qui ont été incapables de répondre à leurs demandes en matière de pouvoir d'achat, de sécurité et de régulation
00:34de l'immigration.
00:34Vous avez tout résumé. Le mépris, le déclassement, l'incapacité à pouvoir vivre de son travail,
00:39l'incapacité à pouvoir se loger, l'incapacité à pouvoir se soigner, l'incapacité à se dire
00:44« Tiens, mes enfants vont pouvoir mieux vivre que mes grands-parents, que nos grands-parents, que nos parents »
00:51engendrent une montée d'extrême droite.
00:52Et ce n'est pas avec des déclamations ou avec des cris d'orfès, c'est une crise systémique.
00:58Quand vous voyez que ça fait depuis 1945 qu'on n'a pas eu une poussée de l'extrême droite
01:02aussi forte,
01:03aussi flagrante dans un pays comme l'Allemagne,
01:07eh bien malheureusement, ce n'est pas en se disant « l'eau hyper chaude brûle »
01:14qu'on va commencer à apporter des solutions.
01:16C'est des gratitudes, c'est vraiment des sujets systémiques.
01:19Et ce qui se passe en Allemagne, c'est ce qui se passe en Italie,
01:22c'est ce qui se passe dans des régions d'Espagne, c'est ce qui se passe au Brésil,
01:25c'est ce qui peut se passer en Angleterre et en France.
01:28Éric Zemmour dit « Ils ont oublié qu'il y a une évidence, le désir de demeurer soi-même pour
01:33les peuples ».
01:34Est-ce que ce n'est pas ça, au fond, la question ?
01:36Je ne pense pas, je n'ai pas du tout une vision zémouriste de la situation,
01:41j'ai plutôt une valeur universelle.
01:43Il y a cette espèce de nostalgie du passé, cette espèce de colère du présent
01:47et puis une peur de l'avenir qui se traduit par des partis populistes
01:52qui trouvent comme solution le fait de stigmatiser la différence.
01:57La différence, c'est souvent l'immigré, c'est souvent l'étranger.
02:01Mais si on arrive à avoir une politique sociale féconde
02:04qui donne la possibilité, encore une fois, à tout le monde de vivre de son travail
02:07et de bien se loger, on n'a pas ce type de...
02:09Elle n'est pas cassée, cette machine-là, cette machine à intégration,
02:11cette machine à assimilation que vous et moi avons connue en tant que petits-enfants d'immigrés ?
02:16Elle est malheureusement cassée.
02:17Et ce n'est pas là le problème ?
02:18C'est là le problème, parce qu'aujourd'hui, lorsque vous avez une société
02:23qui n'arrive plus à vivre grâce à son travail,
02:26dans les années 70-80, lorsque vous avez des personnes comme vous, comme moi,
02:30issues d'un milieu populaire,
02:31il nous fallait à peine 15 ans pour doubler notre pouvoir d'achat.
02:34Aujourd'hui, il en faut 80.
02:36Lorsque vous voyez qu'aujourd'hui, l'évolution des rémunérations
02:40ont été deux fois moins importante que l'évolution du prix des logements,
02:44qu'on voyait qu'aujourd'hui, il y a 86% de déserts médicaux,
02:47ben oui, la société est grippée.
02:48Donc, qu'est-ce qu'on se dit ?
02:48On trouve un bouc émissaire, et le bouc émissaire, c'est souvent
02:50celui qui n'a pas le même phénotype que nous,
02:53la même orientation sexuelle que nous,
02:55la même orientation culturelle que nous.
02:56Je ne sais pas.
02:56Je ne sais pas.

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