- il y a 5 semaines
Chères lectrices, chers lecteurs,
Jeudi 4 septembre, nous avons eu le plaisir d'accueillir le lancement de Mon ami Curnonsky, premier roman de Louis Michaud paru aux éditions du Rocher.
🎙️ Discussion animée par Léo Fourrier.
Vous souhaitant de belles lectures,
L'écume 🌊
La Quatrième : À 32 ans, Hubert flotte entre les plaisirs faciles de Paris et un travail lénifiant. Son existence bascule avec la découverte des ouvrages de Curnonsky, sacré « Prince des Gastronomes » en 1927. Cet ardent défenseur de la gastronomie devient son mentor posthume et lui révèle une manière de vivre où manger, boire, écrire, aimer et penser forment une seule et même discipline du bonheur.
Un jour, un fast-food est plastiqué dans un petit village de Bourgogne par « les Curnonskas », un groupe d'activistes qui défend l'héritage spirituel de Curnonsky et veut sauver la cuisine française de sa destruction prochaine. Malgré lui, Hubert est embarqué dans leur combat, et finira convaincu que, derrière l'affadissement de la Table, se profile la mort de l'Art.
Dans un style où se mêlent lyrisme et argot, humour et érudition, Louis Michaud célèbre les sens et pose une question essentielle : et si le goût était le dernier rempart de notre liberté ?
Né en 1994, Louis Michaud est le co-auteur de Jean Cau, l'indocile, paru en 2024 aux éditions Gallimard. Mon ami Curnonsky est son premier roman.
Jeudi 4 septembre, nous avons eu le plaisir d'accueillir le lancement de Mon ami Curnonsky, premier roman de Louis Michaud paru aux éditions du Rocher.
🎙️ Discussion animée par Léo Fourrier.
Vous souhaitant de belles lectures,
L'écume 🌊
La Quatrième : À 32 ans, Hubert flotte entre les plaisirs faciles de Paris et un travail lénifiant. Son existence bascule avec la découverte des ouvrages de Curnonsky, sacré « Prince des Gastronomes » en 1927. Cet ardent défenseur de la gastronomie devient son mentor posthume et lui révèle une manière de vivre où manger, boire, écrire, aimer et penser forment une seule et même discipline du bonheur.
Un jour, un fast-food est plastiqué dans un petit village de Bourgogne par « les Curnonskas », un groupe d'activistes qui défend l'héritage spirituel de Curnonsky et veut sauver la cuisine française de sa destruction prochaine. Malgré lui, Hubert est embarqué dans leur combat, et finira convaincu que, derrière l'affadissement de la Table, se profile la mort de l'Art.
Dans un style où se mêlent lyrisme et argot, humour et érudition, Louis Michaud célèbre les sens et pose une question essentielle : et si le goût était le dernier rempart de notre liberté ?
Né en 1994, Louis Michaud est le co-auteur de Jean Cau, l'indocile, paru en 2024 aux éditions Gallimard. Mon ami Curnonsky est son premier roman.
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00:02Et bonsoir à toutes, bonsoir à tous, merci beaucoup d'être venu aussi nombreux pour le
00:06lancement ce soir de Mon Ami Kurnonski, de mon ami Louis Michaud, et ouais, t'es pas le seul à
00:13faire
00:13du jeu de mots, et tu as publié donc il y a deux ans déjà Jean-Colin Docile, qui est
00:20paru aux
00:20éditions Gallimard avec Ludovic Marino, et cette année paru pour la rentrée littéraire aux éditions
00:26du Rocher, donc Mon Ami Kurnonski, ton premier roman. Et donc ma première question aurait été, pourquoi
00:31être passé au roman ? Bonjour à tous, écoutez, le roman, désolé je suis un peu ému, c'est ça
00:43qu'après
00:43le Jean-Co, le roman déjà c'est ce que je lis le plus au quotidien, je lis assez peu
00:48d'essais, un peu de
00:49philosophie, le roman c'est ce qui berce mon quotidien et j'ai toujours aimé en lire, et souvent de
00:54manière
00:54assez naturelle, on a envie d'en écrire, mais je me sentais pas encore le courage de faire un thème
01:00général sur lequel porter un roman, donc j'ai fait un petit truchement, et je me suis servi d'une
01:05figure
01:05historique pour essayer de bâtir là-dessus un roman, et c'est ce qui a donné mon ami Kurnonski,
01:11je souhaite qu'on pourra revenir après sur pourquoi Kurnonski, donc c'est vraiment ça, c'est d'abord
01:16l'amour du roman, et puis souvent les défauts des premiers romans, ce qui est clair pour moi,
01:22c'est qu'on prend un thème très personnel, une histoire qui nous est arrivée, et souvent l'écriture
01:25un peu cathartique, moi je voulais éviter ce biais-là, qui est de raconter trop sa vie sur un
01:31premier roman, et en utilisant Kurnonski au moins, il y avait une figure médiatrice qu'on rêvère un peu,
01:36qui permettait un peu de s'éloigner de son propre vécu.
01:39Oui, parce que ton personnage principal, Hubert, donc, le narrateur, parle à la première
01:44personne, et tu es un entrepreneur parisien, avec, je n'ai pas jusqu'à dire un métier
01:49quelconque, comme tu le disais, ça t'es Hubert, pas lui ! Heureusement ! Et justement, il te connaît
01:57ça un peu, et c'est vrai qu'il y a beaucoup d'endroits cités, notamment du marché du livre
02:01ancien, la percée du vin jaune, dans le Jura, que tu connais bien, on peut le dire, et que moi
02:08aussi, je le connais bien grâce à toi, et ils me connaissent aussi là-bas, du coup,
02:12mais pourquoi, du coup, avoir justement pris cette figure de Kurnonski, tu te disais,
02:17et pourquoi avoir choisi spécifiquement Kurnonski ?
02:20En fait, il y a quelque chose qui est arrivé en parallèle avec Janko, c'est au moment
02:26où Janko se termine, qu'on envoie le manuscrit, je commence à, je continue à aller au parc George
02:32Brassens les week-ends, je parle avec les bouquinistes, et il s'est passé à peu près la même
02:36chose qui s'était passée avec Janko trois ans avant, c'est, en découvrant un ouvrage
02:40au hasard, vraiment, il y a quelque chose qui se passe au niveau de la plume, c'est
02:45que Kurnonski, je me dis, c'est marrant, je ne connais pas ce russe ou ce polonais qui
02:50écrit, puis en fait, je vois que c'est Maurice Edmond-Saillant, je vois qu'il y a une plaque
02:53qui est à son nom en baladant à côté de Sainte-Custard, donc tout ça, c'est marrant, de petits
02:58indices,
02:58je me rends compte ensuite qu'il était le colocataire de Paul Jean-Toulet, le poète qui a écrit
03:03les contre-rimes, et voilà, qui est un poète, enfin, qui a fait ce recueil de poèmes que
03:08je vous conseille, les contre-rimes de Paul Jean-Toulet, c'est magnifique.
03:11Disponible dans les magasins.
03:14Voilà, et je me suis dit, et puis après, peu à peu, comme Janko, une fois que la plume
03:19m'a été, voilà, une fois que la plume vraiment m'a procuré ses frissons, je suis intéressé
03:25à l'homme derrière, et là, je me suis rendu compte qu'il y avait quelque chose, puisque
03:29Kurwonski, sa biographie était difficile à trouver, mais avec les bouquinistes du parc
03:32Jean-Jean-Jean-Saint, on trouve des merveilles, et là, je me rends compte que le personnage
03:35est fascinant, il est en chevin, il arrive, il monte à Paris pour faire des études de
03:42droit, et il abandonne tout de suite ça, à partir du moment où il rencontre le fondateur
03:46du Chat Noir, qui était, vous voyez peut-être encore ces petites affiches publicitaires du
03:50Chat Noir un peu partout, en fait, à l'époque, c'était à la fois un cabaret et un journal,
03:54je crois qu'il y a quelqu'un de courageux qui essaye de ressusciter ce journal Montmartre
03:583, bon, c'est pas beaucoup de... mais soutenez-le, parce que j'ai vu que ça, c'est très
04:02bien,
04:02et en fait, là, il acquiert justement cette plume légère, allègre, qui se moque, en fait,
04:08qui se moque, mais sans blesser, et ça, c'est très difficile à faire, et c'est ça qui m
04:13'a
04:13beaucoup plu chez lui, c'est que ça reste allègre, et c'est jamais méchant, tout en étant
04:17parfois critique, quand il se moquait de tel cabaret ou autre, et après, au même moment,
04:23il gagne sa vie en tant que plume avec Willy, qui est le premier mari de Colette, et Jean
04:32Tinan, Paul Getoulé, Pierre-Louis, voilà, si vous ne connaissez pas en grâce à l'auteur,
04:37n'hésitez pas à les acheter ici, je suis sûr que vous les avez, c'est magnifique, et j'ai
04:39sûr du compte qu'au-delà, en fait, d'une communion de cœur en lisant, il y avait vraiment
04:45une communion aussi, je voyais que ses amis de l'époque, je me suis dit, tiens, c'est une
04:49fratrie que j'aurais bien dit littéraire, avec Colette, Jean Tinan, Pierre-Louis,
04:53que j'aurais bien aimé la voir, en tout cas, ça m'a misé, mais j'ai essayé, et
04:57puis après, Le Prince des Gastronomes, et ça, on ne boit pas Laura, ensuite.
05:01Et dès le début du roman, on sent une fascination pour ce Paris Belle Époque, car le personnage,
05:06si vous ne l'avez pas encore lu, emmène sa conquête du moment Constance dans une virée
05:12parisienne, un peu à la Midnight in Paris, où ils vont aller de place en place dans les
05:17adresses de Kurnansky, et elles ont toutes disparues, l'une remplacée par une banque,
05:21l'autre remplacée par une spirituelle, ou un fast-food, il y a un nombre d'enseignes
05:27de fast-food qui sont citées dans ce livre, c'est assez fascinant, de Otakos, Apophesky-Chiquel.
05:33Et vu ce qu'en fait le personnage, et du coup, justement, on sent cette fascination qui
05:39dérive, et ça qui est surprenant avec ce roman, c'est que ça pourrait être un simple
05:44éloge de Kurnansky sur 200 pages, mais on sent vraiment une intrigue qui se crée un
05:48peu délirante, quand même, sur un groupe de terroristes, les terroristes les Kurnanskis,
05:55qui décident que face à la malbouffe et à l'affadissement général du goût, ils doivent
06:00faire quelque chose, et donc ils décident tout d'abord de faire exploser un Otakos
06:05dans le village de Tilschatel, et c'est là que le personnage va à Tilschatel, et grâce
06:10à sa connaissance experte du PMU de Tilschatel, enfin, pas de Tilschatel, mais du PMU en général,
06:15donc il y a tout un mode d'emploi du PMU que vous découvrez.
06:17C'est vrai que ça, c'est un argument marketing hors pair, le livre coûte 20 euros, et je donne
06:22une méthode infaillible pour s'introduire dans n'importe quelle PMU de France pour moins
06:26de 10 euros. Donc si vous faites 3 PMU dans l'année, c'est déjà rentabilisé,
06:30et ça, donc voilà, c'est aussi un argument marketing que vous devez absolument relayer
06:34auprès de ceux qui ne sont pas forcément lecteurs ou lectrices.
06:37Pour un café de bière, on rencontre qui on veut.
06:41Et justement, à partir de là, il va vouloir intégrer ces Kurnanskis, il va notamment rencontrer
06:46un personnage, Fridolin, accompagné de son chien, sa chienne Plume, et justement, comment
06:55est arrivé l'idée de faire une intrigue entre ces deux personnages, qui sont un peu les
07:00personnages principaux, et comment se sont-ils créés pour toi ? Pourquoi en avoir fait des
07:05Kurnanskis ?
07:09En fait, c'est que je voulais, justement, tu l'as dit, sur le Paris Belle Époque, et
07:12déjà, c'est vraiment que tout ce que je... Tu verrais, c'est dans le chapitre 2 qui
07:15s'appelle « L'insoupçonnable érotisme d'artichaut à la barigoule », où ça commence
07:20avec une... En fait, c'est une recette qui est donnée par Kurnanskis, qui nous s'appelle
07:23« La table et l'amour », et qui vous permet, en fait, apparemment, d'avoir des effets
07:29aphrodisiaques inégalés, je ne l'ai pas encore essayé. En tout cas, ça avait l'air
07:33de fonctionner pas mal.
07:35Et, en fait, après, j'ai... À partir de là, en fait, j'ai vraiment, en copiant la
07:40biographie de Kurnanskis, en imitant, et ensuite, en relisant, en faisant des biographies
07:47croisées... Vous voyez, en fait, là où ils allaient, dans tous les cafés, c'était
07:50vraiment un côté d'ici, il y a eu qui n'existe plus, un côté du Balzard, il y avait
07:52le café d'art court, mais c'est là où allaient tous les grands poètes de l'époque,
07:57je pense à Moréa, mais même Maupassant, Apollinaire, aujourd'hui, qui m'attend
08:02qu'il était un King Joué, mais maintenant, d'ailleurs, le King Joué lui-même a fermé,
08:05qui est sur la place de la Sorbonne, pas tendu qu'à la place Cuja, il y avait un autre
08:09café, c'est ici où... Monsieur Test a été dévoilé pour la première fois, c'est
08:13ici où Willy et Colette se rendaient tous les jours, et je me suis rendu que ça, sans
08:18que ça soit lié, forcément, à la gastronomie ou autre, c'était... En fait, ça me rendait
08:24triste d'imaginer, non pas le changement de mobilier commercial ou autre, mais de voir
08:31que la vie littéraire, qui était quelque chose d'humain, de frémétique, de physique,
08:34en fait, c'est quelque chose qui était dans la rue, qu'on voyait, des artistes qu'on
08:40pouvait sentir, qu'on révérait, il n'est pas forcément apprécié aujourd'hui, et je peux
08:44comprendre pourquoi, mais par exemple, Maurice Barès, qui était le prince de la jeunesse à la
08:47fin du XIXe siècle, il se baladait là, et pour des personnes avant le XIXe, donc avant
08:51tous ses écrits sur la Première Guerre mondiale, il était, c'était une idole absolue, on pouvait
08:55le voir, lui parler, échanger une bière avec lui, donc, c'est-à-dire que lorsqu'on avait
09:00à peu près notre âge, une petite trentaine ou autre, on pouvait voir des mythes, des mythes
09:08lettrés, au gré de la rue, comme ça, et ça, ça m'a fasciné.
09:11Est-ce que c'est le quartier qui les a perdus, ou est-ce que c'est les mythes littéraires
09:15qui ne se font plus comme avant ?
09:17Je pense que simplement, c'est que la littérature, en termes de culture, décroît, c'est remplacé
09:22par d'autres, ou cumulé avec d'autres choses, donc c'est aussi ça, et puis il y a aussi
09:27une chose de bûlée, mais ça, c'est un autre débat.
09:30Et en fait, pour revenir à la question sur les Curements se cassent, c'est qu'après,
09:33je voulais justement partir vraiment dans quelque chose, il y a eu cette mélancolie sur la
09:38deuxième, sur le deuxième chapitre, et ensuite, on partait vraiment sur qu'est-ce qu'aujourd'hui
09:45de Kurnoski, qu'est-ce qu'on en fait ? Et de voir le point le plus haut, burlesque, caricaturale,
09:52qui est dans toute la veine, quasiment, il y a toute une veine du roman français qui
09:55est comme ça, allègre, caricaturale, qui s'amuse, qui s'amuse, mais en fait, il y a une
10:00certaine forme d'audace, moi ça me fait marrer, c'est par exemple, je pense au Beaujolais
10:05nouveau est arrivé de René Fallet, où là, pour parler en fait de la fin des petits
10:11villages autour du bassin parisien, remplacés par les grandes tours, on imagine quatre quasiment
10:17guignols qui passent leur temps à boire, puis à balancer des bouteilles sur les personnes,
10:22sur les cadres, et finalement, un cadre où on les rejoint, et je voulais faire quelque
10:24chose de burlesque.
10:26Et ça l'est, puisqu'il y a, on ne va pas dévoiler, mais un épisode au Salon de l
10:29'Agriculture
10:30qui est particulièrement une sorte d'attaque déguisée en vache, et justement, ce burlesque
10:37quand même, il n'empêche pas, comme tu as dit, une certaine nostalgie assez triste
10:42au début quand même, et justement, comment tu penses-tu que par le burlesque, il pourrait
10:50y avoir une réaction chez les lecteurs, et en tout cas, que les personnages dans leur
10:56entreprise aussi burlesque des Kuronska puissent faire réagir.
11:01C'est juste que la mélancolie en tant que telle, je trouve que c'est un sentiment qui
11:04est beau, mais qui finalement tourne un peu en rond, et au lieu de partir sur le reste
11:11du livre qui aurait pu être mélancolique à Kuronski ou à l'Orient, on ne mange pas
11:14bien, j'ai fait, on va prendre le contraposé, on va démarrer la moto, et puis on va suivre
11:21les Kuronska sur quatre chapitres, pour voir, allons, on va voir, on va ressusciter
11:26l'héritage spirituel de Kuronska, on va sauver la gastronomie française, et puis
11:29on va voir que derrière, oui, l'aménuisement de la littérature en tant qu'objet débattu,
11:35vu dans les cafés, où physiquement on pouvait voir les auteurs, les autrices, tout ça a
11:41disparu, mais il y a quelque chose d'autre dans l'espoir, dans l'énergie, qui est toujours
11:45possible à n'importe quelle époque, et les choses évoluent, on n'est pas vu de voir exactement
11:48la même chose, donc c'est ça aussi que je voulais montrer, et pour quitter, pour me
11:51forcer à quitter cette mélancolie, partir sur quelque chose de beaucoup plus dynamique
11:56et actif.
11:57Il y a des festins notamment, qui égrènent tout le livre, il y a le festin chez Maxime,
12:01le festin chez La Pérouse, le festin, enfin même la grande bouffe, par moments, on passe
12:07presque à la goinfrerie quand on est au sein de l'agriculture.
12:10Et puis l'intronisation par le pâté lorin aussi.
12:12L'intronisation par le pâté lorin avec le menu calligraphié, exactement.
12:17Il y a le pâté de lorin, l'article à la barégoule, il y a plein d'idées de recettes
12:20si jamais dans ce livre.
12:23Mais j'avais une question quand même, ok c'est burlesque et allègre et léger, mais
12:27la question finance, enfin ça commence chez Maxime avec des huîtres trempées dans le
12:32champagne car c'est comme ça que tu en as qu'il ait mangé.
12:34Comment être allègre quand on ne peut pas aller chez Maxime ? Le livre apporte des réponses,
12:38il n'est pas complètement figé.
12:41Et justement j'imagine une lettre fictive que garde précieusement celle qui va mener
12:45le complot avec Kurnansky, ce qui aurait été la dernière amante de Kurnansky, une lettre
12:50que j'avante avec Kurnansky, fictive, où Kurnansky conclut en disant, de toute façon
12:54bien manger ce sera soit pour les plus riches, soit pour les plus fous, et on en parlera
12:58après sur les bouillons, les choses comme ça, mais moi ce que je déplore, c'est en tout
13:04cas la philosophie de Kurnansky, j'essaie juste de l'appliquer aujourd'hui, c'est manger
13:08des choses qui ont le goût de ce qu'ils sont.
13:10Et même ça aujourd'hui, ça paraît en fait, c'est quelque chose de quasiment pour
13:17les riches, même dans une brasserie parisienne où c'est 25 euros, 30 euros le plat, juste
13:21pour manger un plat qui paraît simple avec des bons produits, c'est impossible pour
13:24une famille, déjà voler à Paris et habiter à Paris, on n'en parle pas.
13:30Et après, même si on est dans une petite ville de province, moi j'ai grandi en province,
13:37je suis né et j'ai grandi en province, donc je sais très bien ce que c'est, aujourd'hui
13:41les villes moyennes, c'est-à-dire qu'il y a toujours des exceptions, mais c'est globalement
13:46très polarisé, où quand on arrive dans une ville moyenne, on voit une ancienne de
13:50Fassou à côté du panneau municipal, et dans la ville, il y a quelques bonnes brasseries,
13:54mais ça reste globalement assez cher, ou bien il y a des beaux restos, une étoilée,
13:57des étoiles, qui continuent à attirer bien entendu des familles et autres, mais c'est-à-dire
14:00que même la philosophie de Kuremanski mangeait le goût de ce qu'ils sont, c'est en fait
14:05difficile pour la... et c'est ça en fait que j'ai voulu appuyer dans le roman.
14:08Ce qui est une véritable critique de justement l'uniformisation des territoires, c'est...
14:12Et d'ailleurs chez La Pérouse et chez Maxime, ils ne mangent pas bien, mais c'est
14:15comme le Café de la Paix, en fait, il se... et c'est... en fait, il y va parce que
14:19Kuremanski y allait, mais maintenant chez La Pérouse, voilà, je ne sais pas si vous
14:22aimez La Pérouse ou pas, c'est... mais quand on sort, il y a des fleurs en plastique,
14:27je trouve ça risible, même si le lieu est resté magnifique...
14:30Ça reste magnifique, mais...
14:31Oui, oui, bien sûr, mais avec les fleurs en plastique, ça montre, avec le welcome, c'est...
14:35Voilà.
14:35L'authenticité n'est plus...
14:36Voilà, mais si on se sent pas à l'authenticité, c'est-à-dire que c'est plutôt
14:38qui on essaie d'attirer à l'intérieur.
14:41La Pérouse, quand ça a été... c'était créé longtemps, mais le moment de Kuremanski,
14:45alors ce qu'il fait, c'est 81 ans, c'est son ami Topolonski, la famille mythique qui
14:49avait La Pérouse, c'était le moment où il y avait ses premiers trois étoiles,
14:53ses premiers trois étoiles, donc c'était déjà très cher, bien entendu, mais voilà,
14:57il y avait quand même au moins une excellence de la nourriture, ou autre, et le Grand Véflon,
15:00ça a été le même drame aussi.
15:03Et donc, quels seraient, sans plastiquer des fast-foods, mais est-ce que serait l'éloge
15:10de l'argot qui est le... enfin, un rapport au langage et à la réalité, et au réel
15:16même, plus qu'à la réalité, de chaque réel, de chaque réel ?
15:20Non, le livre n'apporte pas de réponses, j'aime bien les apori aussi, c'est la joie
15:24de l'auteur, mais contrairement aux politiques, on n'est pas obligé d'apporter des réponses
15:28tout en faisant les malins, donc c'est aussi une posture, bien entendu, mais puisque
15:34d'ailleurs, le vrai critique du... enfin, le vrai reproche que je fais, moi, dans le
15:38livre, c'est... je pense pas... pour moi, le problème, c'est pas tant l'affadissement
15:42du Gonjart, parce qu'en fait, les gens sont attentifs à ce qu'ils mangent au quotidien,
15:45on voit même le succès des émissions de télé, ou des choses comme ça, le problème,
15:48c'est... ce que je trouve dramatique, c'est... en fait, c'est qu'aujourd'hui, l'appropriation
15:55de l'espace public est fait majoritairement en dynamique par des chaînes uniformisées
16:02où on mange mal, où on mange gras, où on mange du sucre, du mou, et c'est ça qui
16:06est
16:06le... et c'est ça qui est le problème, et ça, c'est l'inverse de la philosophie
16:09de Churonsky, qui était manger le goût de ce qu'ils sont, et ça, c'est un problème...
16:14en fait, c'est le problème du libéralisme effréné lorsqu'il n'y a pas de contrefous
16:18parce que la critique va plus loin que le simple goût, puisqu'il y a le fait
16:22de ne plus être qu'un matricule qui commande à la borne, peut-être même dans le bouillon
16:26où ce n'est plus tout le même rapport...
16:29mais rien que le fait que... je trouve ça hallucinant quand vous baladez Rue Soufflot, on est en bas,
16:33il y a le Panthéon, c'est vraiment un beau lieu parisien, et je me souviens, la première fois
16:37que je suis venu à Paris, je crois que je devais avoir 19, 20 ans, c'était comme ça, je
16:41vois le Panthéon la première fois,
16:42je vois à gauche un peu Burger King, à droite, à la gauche...
16:45je me suis dit, ah oui, mais comment, on ne les a plus laissés, enfin c'était très naïf sûrement
16:49de ma part,
16:49mais je pense qu'il faut être naïf, et d'ailleurs sinon on n'écrit pas, et c'est ça
16:55en fait,
16:56Kurnoski, ça m'a amené à ça, et à me transformer une obsession en roman, qui était latente en moi,
17:02peut-être de manière décennée depuis longtemps, mais voilà, et puis je trouve surtout que, contrairement à ce qu'on
17:09pense,
17:10parce que je ne sais pas ce que vous pensez, mais c'est le, mais en fait l'enthousiasme, le
17:15fait d'essayer d'être trop l'allègre,
17:19l'allégresse ou autre, ça peut peut-être en plus emporté que la simple constatation, la consternation, le point levé,
17:27donc voilà, c'est aussi pour ça que j'ai voulu faire un roman plus burlesque que didactique.
17:31Et c'est très réussi, et justement j'ai une question sur, parce qu'il y a beaucoup de dialogue
17:39quand même dans ce roman,
17:41et pourquoi avoir autant écrit en argot ? Il y a une partie où il y a deux, où tu
17:47parles de deux grandes familles littéraires,
17:49donc Voltaire contre Rabelais, ceux qui ont eu la langue vivante et dynamique contre la langue classique.
17:54Les deux sont magnifiques, il n'y a pas de hiérarchisation.
17:56Oui, non, il n'y a pas de hiérarchie.
17:57Non mais simplement, en fait je me suis dit, là c'était vraiment, ça m'a abusé,
18:01toujours avec les boucnistes du parc Jean Croissant, ce que Michel connaît bien, qui est là-bas, que je suis.
18:06Et c'est le... En fait ils commençaient à avoir des dictionnaires d'argot, ceux d'Aristide Brouillant,
18:12D'Uneton, enfin pour citer qu'eux, donc je me suis fait un petit glossaire,
18:14et je me suis dit, on va pousser la révolte d'Ecleronska, c'est encore plus loin,
18:17dans le sorte de flouiller en disant, on va sauver la gastronomie française, on va en plus parler argot,
18:23parler argot pour ne pas se faire comprendre par la police, etc.
18:26Et en plus, je trouvais que ça participait à cette... un peu ce moment fleuri...
18:31Et d'ailleurs, il y a toute une partie où il parle seulement à...
18:35Il y a sûrement quelques qu'eux dans ce casse qui parlent vraiment argot.
18:40Et donc c'était ça en fait, c'était pour vraiment...
18:42Et puis, aussi, c'est qu'il y a eu une rencontre.
18:45En fait j'avais fait deux manuscrits différents pour mon ami Kuranski.
18:49Le premier qui était très mauvais, que j'ai intégralement réécrit, qu'il y a la version maintenant.
18:53Et en fait, le premier, c'était au même moment où je rencontre Kuranski,
18:57je rencontre aussi les écrits d'Alphonse Bouddard.
19:01Alphonse Bouddard qui, en fait, aujourd'hui, est un peu oublié,
19:03qui est mort dans les années 2000 et qui a eu...
19:06En fait, en 1976, le prix Renaudot pour un livre que je vous conseille absolument,
19:10qui s'appelle « Les combattants du petit bonheur ».
19:11C'est le meilleur pour commencer l'œuvre de Bouddard.
19:14Et en fait, Bouddard, il est né dans le 13e arrondissement à côté d'ici,
19:18au pied des entreprises Citroën où, à l'époque,
19:22c'était vraiment le cumul de la pauvreté, de la violence, de la misère.
19:29Et il a commencé à parler argot avant le français.
19:31Et c'est ensuite, quand il a commencé à écrire,
19:35il a calmé son argot pour le franciser.
19:37Et ça fait une œuvre magnifique.
19:39Il a été résistant.
19:42Ensuite, quand il est revenu, il y a eu ça dans un autre type de regard,
19:45donc je vous conseille.
19:46Et il y a surtout un deuxième livre qui m'avait plu.
19:49« Le combattant du petit bonheur », c'est
19:50« Si vous voulez rentrer dans son oeuvre, c'est le mieux ».
19:52Vous allez voir même, pendant l'occupation,
19:55il montre à quel point c'était difficile même
19:57de reconnaître ceux qui allaient devenir résistants ou collabos au tout début.
20:00Qu'est-ce que ça a été ?
20:01Une sorte d'épuration à la libération de Paris, mais avec en plus.
20:04Ce que j'ai aimé dans l'Argo aussi,
20:06c'est que j'ai oublié de le dire,
20:07c'est que c'est une langue qui passe à la constitution
20:09et dénuée des lestes moraux qu'on peut avoir dans notre langue habituelle.
20:13C'est que nous, aujourd'hui, on parle et on s'est approprié des mots
20:19un peu valises, mais qui finissent par transmettre des émotions
20:21auxquelles finalement on n'accorde plus beaucoup de valeur.
20:23Alors que l'Argo, en réfléchissant sur telle ou telle métaphore ou autre,
20:28il y a quelque chose d'autre qui se fait.
20:30Et justement, c'est quand j'ai lu « Le café du pauvre » d'Alphonse Boudard,
20:34son deuxième livre, ça raconte un résistant qui part ensuite en Allemagne
20:37encore faire la guerre pour vraiment aller tuer le maximum de Bosch.
20:40Il revient en pensant que là, c'est bon, il va trouver du travail.
20:42Toutes les femmes seront à ses pieds.
20:44Et en fait, personne ne s'occupe de lui.
20:45Il se retrouve avec un prêtre qui essaie de le violer à moitié
20:48au fin fond d'une mesure en banlieue parisienne.
20:51Il ne trouve pas de job.
20:52Le seul job qu'il trouve, c'est pour vendre des lampes.
20:55Il se balade avec sa petite valise.
20:56Il arrive dans une boucherie et il se fait violer par la bouchère.
21:00Et en fait, ça raconte le pari de la post-Première Guerre,
21:08enfin de la Seconde Guerre mondiale.
21:09Et en fait, le café du pauvre, c'était le café.
21:14En fait, comme les ouvriers ou les personnes pauvres
21:16ne pouvaient pas se paier de café,
21:18le café du pauvre, c'est de faire l'amour avec sa femme après.
21:21Et j'aimerais que cette métaphore où on transfigurait la pauvreté
21:24par un geste amoureux ou autre, je trouvais ça très très beau.
21:26Parce qu'en même temps, c'est très pudique aussi.
21:28Donc c'est ça qui m'a beaucoup plu.
21:29C'est pour ça que j'ai beaucoup aimé aussi dans l'argot.
21:31Ça m'a permis aussi, mais c'était avant tout le côté burlesque
21:33qui m'a amusé bien entendu.
21:36Et puis même aussi, autre chose, c'est qu'il y a aussi
21:38une vraie vraie littérature gothique qui aujourd'hui existe moins,
21:41ou qui est caricaturée.
21:43C'est bon nom.
21:46Et là, en fait, dans le livre, je donne aussi quelques sources.
21:49D'art ou autre, j'en parle.
21:51Donc si ça peut donner à quelques lecteurs, lectrices,
21:54l'envie de lire un peu de ces auteurs que je trouve injustement oubliés.
21:58Il y a les loges de Kurnansky, mais il y a aussi l'éloge
22:02d'un bon nombre d'auteurs que tu as cités avant tout au long du livre.
22:08Et pourquoi leur rendre hommage ?
22:12Ça, c'est vraiment lié à ma personnalité.
22:14C'est que moi, je suis un lecteur d'enthousiastes.
22:15C'est-à-dire que quand j'aime un auteur, un auteur, j'en parle.
22:19J'en parle à mes copains.
22:23Pour moi, c'est vraiment la littérature.
22:25J'ai toujours considéré que c'était une sorte de cercle concentrique d'enthousiasme.
22:30L'acte d'écrire est déjà si difficile au quotidien.
22:34C'est forcément en opposition au monde, en retrait.
22:38On a angoissé déjà de pouvoir écrire tous les jours.
22:41C'est quand même par rapport à sa vie professionnelle.
22:43Il faut se mettre en retrait.
22:45Il faut être frais.
22:47Et puis, il faut être sûr que ceux à qu'on va consacrer 2-3 ans,
22:50on sait qu'en tous les cas, la majorité des gens,
22:52on ne sait pas savoir que ça existe.
22:54Ceux qui vont l'acheter, est-ce que vous allez le lire ?
22:58Si on est comme ça, on fait peur.
23:03Je suis quelqu'un d'enthousiaste.
23:05C'est ma personnalité.
23:07Quand j'aime des auteurs, j'en parle.
23:09Ça ne va pas plus grand que ça.
23:11Pour l'écriture, comment s'est passé le processus d'écriture ?
23:13Il y avait deux versions.
23:15Une très mauvaise qui a été remaniée.
23:17Par rapport à ton travail,
23:20comment ça a organisé la rédaction du livre pour toi ?
23:22Combien de temps ça a pris ?
23:24Tout compris, ça a pris 3 ans.
23:26J'ai commencé en janvier 2020.
23:29En fait, c'est au moment où on a envoyé avec Ludovic
23:32le manuscrit pour Jean Co. chez Gallimard.
23:34C'était en janvier 2023.
23:37En janvier 2023, on ne sait rien.
23:38On l'envoie comme ça.
23:39Ludovic vient de Cannes, au mois de Lille.
23:41Nos parents ne sont pas du tout au milieu.
23:43On ne savait pas comment ça allait se passer.
23:46Il nous dit qu'on va revenir vers nous.
23:48Finalement, au bout de 6 mois, il nous a dit
23:49oui, quand même 6 mois.
23:50Et puis en février-mars, je me suis dit
23:52que j'ai commencé à découvrir Pignonski.
23:53Ça m'a amusé.
23:55Et puis au mois de mai,
23:58c'était en mai 2023,
23:59j'ai commencé à écrire.
24:01J'ai fait un plan qui n'est pas du tout possible.
24:07Et puis au quotidien, j'ai vraiment une discipline d'écriture.
24:11Je fais environ 1 000 mots par jour.
24:12Ce qui correspond à 2 heures d'écriture par jour.
24:15Un premier jet.
24:16Et après que je remanie énormément
24:18une fois que ce premier jet est fait.
24:20Pignonski, à la fin, c'était comme ça.
24:22Mais c'est environ ce que je fais.
24:23C'est environ 2-2 heures et demie d'écriture par jour.
24:265 jours sur 7.
24:29Et j'ai l'impression de vendre ma nouvelle boutique.
24:35C'est ça, c'est 1 000 mots par jour.
24:37Pour Largo, ça a été beaucoup de travail
24:39sur les dictionnaires.
24:41C'est donc que j'ai du beaucoup épuré.
24:42Tout ça en plaisir, dans le choix des mots, à chaque fois.
24:44Oui, d'ailleurs, ça fait sûrement très fabriqué.
24:48Mais bon, c'était aussi un plaisir pur.
24:50Donc voilà.
24:51Et puis le premier manuscrit a été fait au bout d'un an.
24:53Parce qu'après, je l'ai renvoyé.
24:54J'ai commencé à le faire lire
24:56quelques mois après la sortie de Jean Côte,
24:58donc en juillet de 24.
24:59Et là, on m'a dit,
25:01non, il faudrait que tu le refasses.
25:02Parce qu'en fait, là,
25:02le narrateur lui-même parlait en argot.
25:04Donc c'était vraiment...
25:06Et en fait, j'ai intégralement tout réécrit
25:08à partir de là.
25:10Donc après, ça m'a pris un an et demi.
25:11Donc il faut tout trois ans.
25:12C'est ça.
25:14Je pense que c'est le temps moyen pour un roman.
25:17Quand je vois, quand je discute avec les autrices,
25:20les auteurs,
25:20c'est vraiment...
25:21Souvent, c'est ça, trois ans.
25:24Donc voilà.
25:26Si vous avez envie d'écrire, n'hésitez pas.
25:29J'ai vu que tu avais déjà une très bonne couverture presse
25:31en cette rentrée.
25:33Est-ce que tu avais du retour du monde de la gastronomie,
25:36pour l'instant,
25:37ou de culinographe,
25:38comme on les appelle ?
25:39Voilà.
25:40Contrairement à Janko,
25:41il y a personne qui est venu me voir en me disant
25:42« Ouais, tu as dans ce qui ? »
25:43Je l'ai un peu connu.
25:44Il était très, très marrant.
25:45Comme il est mort en 1956.
25:47Janko, c'était un peu différent.
25:48Parfois, je retrouve des personnes qui me disent
25:50« Ouais, Janko, super.
25:51Je le connaissais bien.
25:52Ou bien c'est un gros con.
25:53Comment tu as pu parler de ce mec ? »
25:56Mais en revanche, j'ai beaucoup de...
25:58En fait, c'est un sujet très transvers.
26:01Je pense que les amateurs de littérature
26:02peut-être s'y retrouveront avec la renaissance
26:05un peu de ce Paris de la Belle Époque.
26:07Si vous aimez un peu cette période fin de siècle,
26:10c'est Jantina, un peu Jean Toulet.
26:11Mais en fait, il n'y a pas qu'eux.
26:12Il y a Moréa, Pierre-Louis,
26:15enfin bref, ceux qu'on a cités tout à l'heure.
26:17Et les lecteurs, ceux qui veulent découvrir
26:19un peu ces auteurs argotiques dont j'ai parlé,
26:20mais qui sont vraiment en plus des grands auteurs
26:23françaises.
26:25On a parlé de Bouddard,
26:26qui était Aristide Bruyant,
26:29ou autre.
26:32Et ensuite,
26:34il y a eu...
26:35Quelques web, j'ai reçu pas mal de propositions
26:37à dîner ou à déjeuner récemment.
26:39Donc, si vous me retrouvez avec des kilos de plus dans...
26:42Il y a une passion pour les artichauts à la Barré-Goule.
26:45J'espère qu'on ne proposera pas
26:46d'artichauts à la Barré-Goule.
26:48On connaîtra la signification.
26:51Merci beaucoup, Louis.
26:52Est-ce que vous aurez des questions dans la salle ?
26:55La première étant toujours la plus difficile.
27:01Marie-Lou ?
27:02Non.
27:02Non ? Sûr ?
27:04Bah justement.
27:09Oui ?
27:10Madame ?
27:15Bah justement, elle n'est pas si typiquement française.
27:18En fait, ce qui m'a étonné, c'est pourquoi elle est si haute.
27:22Pourquoi il y a cette précédence de la gastronomie française.
27:25Mais Clarence qui, d'ailleurs, s'est extasié sur...
27:27Après, c'est aussi cette période...
27:29Enfin, ce qui m'a étonné, c'est-à-dire, c'est beaucoup d'autres cuisines.
27:31Il disait qu'il y en avait deux dans le monde qu'il trouvait au sommet.
27:34C'était la française, bien entendu.
27:36C'est aussi l'époque tricocardière, poste Première Guerre mondiale.
27:39Et la chinoise qu'il met au sommet.
27:42Et il dit, là, il y a une profusion, une diversité dans les régions, dans les...
27:48Et là, il explique que c'est, selon lui, les deux plus grandes gastronomies au monde.
27:54Dans leur synthèse, dans leur...
27:57Parce que, voilà, après, il parle un peu de la cuisine italienne, évidemment.
28:00Mais il dit que, finalement, c'est une culture assez simple.
28:02Enfin, il y a une gastronomie assez simple.
28:04Où une terre bénite par le soleil, par leurs différents climats,
28:07par leurs reliefs, plein d'avoir des bons produits.
28:09Mais, finalement, ils n'en ont pas fait une cuisine aussi aboutie que nous,
28:12sur les sauces ou les choses comme ça.
28:13La différence de la chinoise.
28:15Et, pour répondre pourquoi après...
28:17Moi, j'ai ma petite réponse sur la...
28:19Sur pourquoi la précédence de la gastronomie française.
28:21C'est après avoir lu Histoire de la gastronomie de Raymond Dumais.
28:24Qui a également écrit La mort du vin, que je vous conseille.
28:27Parce que c'est rare qu'on soit content
28:29quand un auteur soit trompé sur un diagnostic.
28:31Mais là, c'est le cas.
28:31Parce que lui, il prévisait la fin du vin français en 2020.
28:35Donc là, il s'est écrit en 76.
28:36Donc là, il s'est bien trompé.
28:37C'est tant mieux.
28:38Et lui, il disait qu'en fait, il y a eu deux mouvements.
28:41Le premier, c'est qu'en fait, pays féodal,
28:45avec une cour, une noblesse très haute,
28:49disséminée un peu partout sur le territoire,
28:51qui permet d'avoir des très gourmandes.
28:53Parce qu'il y a que sur l'intégralité du territoire,
28:56en fait, les nobles ont eu des cuisiniers
28:58qui ont porté à la perfection la gastronomie française,
29:01avec aussi une recherche sur le dressage des plats ou autre.
29:05Et à la Révolution française,
29:07leur patron à ses chefs étant soit guillotiné,
29:10soit parti à l'étranger,
29:13ils ont commencé à ouvrir des restaurants.
29:15Et en fait, quand on voit tout le palais royal
29:16que vous voyez aujourd'hui,
29:18les premiers restaurants,
29:20les premiers restaurants, en fait,
29:22ce sont en fait les anciens cuisiniers de ces nobles.
29:24Et c'est eux ensuite qui ont, on va dire,
29:27démocratisé cette gastronomie d'excellence.
29:31Et ça, selon Raymond Dumé,
29:33d'ailleurs, son Pécu, il dit ça,
29:34il reprend aussi des théories confessées par d'autres.
29:38Donc ça, c'est une idée.
29:39J'adore.
29:42J'adore.
30:07J'adore.
30:12J'adore.
30:13J'adore.
30:16J'adore.
30:21J'adore.
30:28J'adore.
30:30des langues spéciales qu'ils veulent pour se séparer
30:33les uns des autres par les argots.
30:35Mais moi, ce qui m'a amusé,
30:37c'est de travailler tout l'argot de ces dictionnaires d'argot
30:41entre la fin du 19ème jusqu'à, on va dire,
30:43l'année soixante.
30:44On va dire jusqu'au dictionnaire d'argot
30:46de Pierre Perret, le chanteur.
30:48On va dire jusque là, voilà, fin 19ème.
30:51En fait, on va dire, j'ai commencé à l'Émile Chotard.
30:53C'est le premier dictionnaire d'argot fin 19ème.
30:56Celui qui a utilisé Céline énormément.
30:59Il vient d'être réédité d'ailleurs chez Barthia, donc si vous voulez voir indexer
31:02un argot de Michita, je vous le conseille.
31:05Et donc en fait, c'est plutôt de réciter cet argot-là, un peu des années fin 19e ou
31:10mars 3e, comme ça, jusqu'au dans les années 50.
31:13C'est plutôt ça, mais c'est pas moi, je ne suis pas réapproprié un argot pour le
31:16parler, ça serait un peu ridicule de ma part, mais voilà.
31:19Quelques recherches ?
31:20Voilà, pour vrai que vraiment, c'est dans le cadre de la création de ce personnage.
31:23Parce qu'il y a des images qui sont très facetieuses, qui sont très étonnantes.
31:30C'est ça qui est…
31:35Tu es plein de faces ici.
31:37Toi aussi Léo.
31:38Et as-tu déjà un prochain projet, Michaud ?
31:40Oui, je suis en train d'écrire quelque chose, mais qui sera complètement différent.
31:44Une fresque familiale en Lorraine, sur la désindustrialisation de la France.
31:50Complètement différent.
31:50Mais qui reprend des grands thèmes qui te…
31:52Qui me font cher, voilà.
31:54C'est ça.
31:55Oui.
31:55C'est un autre thème qui m'est cher plutôt, parce que ce n'est pas tellement lié à
31:58Accuransky, mais voilà.
32:00Si on est une somme de…
32:02On est une somme de fixation, de monomanie.
32:06Donc moi j'essaie de le traiter en écrivant des livres.
32:09Et puis c'est…
32:10Et ça semble être une excellente thérapie.
32:12Merci beaucoup Léo.
32:13Merci Léo.
32:14Je pense qu'on peut l'applaudir.
32:18Merci beaucoup à vous.
32:21Merci.
32:22Alors…
32:22Voilà, là on a beaucoup parlé du livre.
32:24D'ailleurs je voulais féliciter Léo.
32:26Je voulais féliciter Léo déjà pour d'avoir le dessin.
32:28Merci beaucoup.
32:30Applaudissements.
32:30Je voulais également remercier les films des pages.
32:33Et je voulais également remercier…
32:35Parce que voilà, là on a parlé du livre.
32:36Le livre on l'écrit seul, mais on le fait vivre avec…
32:39Voilà, toute une somme d'une série de personnes qui sont…
32:41Voilà, que je trouve géniales.
32:43Donc je voudrais remercier toute l'équipe du Rocher qui sont…
32:45Voilà, je ne les vois pas, mais je les imagine à côté.
32:47Je voudrais remercier mon éditeur, Arnaud Leguern.
32:50Voilà, c'est vraiment une joie de travailler avec toi.
32:53Également Sylvana, qui peut-être s'il a l'impression de parler dans le vide.
32:57Donc Sylvana, Léna et également Emmanuel.
33:00Merci à toute l'équipe du Rocher.
33:02Vous faites un très très beau travail.
33:04C'est vraiment un plaisir de travailler avec vous.
33:07Et je voulais vous annoncer maintenant, voilà aussi, c'est tombé tout à l'heure,
33:10que ce roman a été sélectionné sur la première liste du Renaudot.
33:13Donc voilà.
33:15Applaudissements.
33:19Donc voilà, c'était une grande joie d'ailleurs que je m'ai pu passer plusieurs fois.
33:27Et voilà.
33:28Vous pouvez aller le plus loin possible dans les listes.
33:30Merci beaucoup Louis.
33:32Et vous pourrez trouver le livre à la caisse et une table…