00:00Donc on parle effectivement de l'AFD et des réactions.
00:07Ce matin, Raphaël Glucksmann était sur l'antenne d'RTL, je vous propose de l'écouter.
00:12Et je partage une inquiétude très profonde.
00:17Je pense que l'Europe est à un moment de bascule, que toutes nos démocraties sont menacées
00:22et que ce qui a été patiemment construit pendant 80 longues années,
00:25c'est-à-dire des démocraties libérales, un espace de paix sur le continent européen,
00:29tout cela est extrêmement fragile aujourd'hui.
00:32J'aimerais qu'on prenne la mesure du bouleversement qui a lieu.
00:35La politique de l'autruche, mettre la tête dans le sable en espérant que ça passe, ça ne fonctionnera pas.
00:40En Allemagne, il y avait un tabou. Il y avait un tabou absolu sur le vote pour l'extrême droite.
00:44Et aujourd'hui, ce qu'on voit, c'est que ce tabou a sauté et qu'il a sauté absolument
00:48partout en Europe.
00:49Nos démocraties sont menacées.
00:51Je mets le RN dans le même sac que l'AFD, vous savez.
00:54Vous n'avez qu'à regarder ce qui s'est passé depuis une semaine.
00:57Quelles sont les déclarations du RN ?
00:59Si nous arrivons au pouvoir, nous coupons le robinet d'aide à l'Ukraine.
01:03Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'on sacrifie la sécurité des Européennes et des Européens.
01:07Ça veut dire qu'on donne la victoire à Vladimir Poutine.
01:09Vous avez vu qu'il y a une sorte de rétropédalage ?
01:11Non, c'est l'identité politique.
01:14C'est leur vote au Parlement européen.
01:17C'est leur vote à l'Assemblée nationale.
01:18C'est une constante.
01:20Mais au-delà de ça, vous avez des liens extrêmement puissants avec l'ensemble de ces extrêmes droits européens.
01:25Et moi, ce que je vois au Parlement européen, c'est qu'ils votent la même chose sur absolument tous
01:29les sujets.
01:30Ils sont alliés.
01:31Oui, et en fait, ça s'appelle la démocratie.
01:33Les gens, ils ne veulent pas de votre politique, monsieur Glixmann.
01:36Ils ne veulent pas de votre politique.
01:38Il n'y a aucune remise en question de ça.
01:38Donc, ça vous ennuie ?
01:40En fait, c'est précisément la démocratie, ça ?
01:42Oui, sans le peuple.
01:43C'est le peuple ?
01:44Non, mais eux, ils ont une démocratie sans le peuple.
01:47Il y a 61% des démocraties.
01:49C'est sidérant, en fait.
01:50Mais c'est la définition du totalitarisme.
01:51Bien sûr.
01:52Désolé.
01:52Alors, ce qui est extraordinaire, c'est qu'ils nous donnent, à longueur de journée, une définition soft du totalitarisme.
02:00Bien sûr.
02:00Il n'y a que nous qui pensons.
02:01Qui savons.
02:02Mais c'est ce qu'a dit François Bayrou dimanche matin.
02:06C'est un croix.
02:06On peut reprendre l'extrait, d'ailleurs, je le dis pour Marine Nancy, que j'ai passé hier soir,
02:10l'extrait où il dit, moi, je sais plus que les autres.
02:12Oui, voilà.
02:13Je sais plus.
02:14D'ailleurs, on va le repasser.
02:15Charlotte Dornela, c'est formidable d'écouter ça.
02:17Le problème, c'est que peut-être qu'ils savent plus, François Bayrou, par exemple,
02:20sait mieux comment être Premier ministre que moi.
02:22Je n'ai aucun problème avec ça.
02:23Il sait beaucoup de choses sur le fonctionnement de l'État que j'ignore absolument et que les électeurs ignorent.
02:27Mais ça tombe bien, on ne nous demande pas les mêmes choses et les mêmes compétences.
02:31C'est pour ça que je ne suis pas Premier ministre.
02:33C'est pour ça que les gens qui votent ne sont pas tous Premier ministre.
02:36Et la question qu'on lui pose, ce n'est pas du tout celle de la compétence ou de la
02:39connaissance des rouages de l'État.
02:42Il y a une question centrale.
02:43Monsieur Glucksmann nous dit, il se passe ça, c'est horrible, et c'est horrible parce qu'il se passe
02:47ça.
02:48Et pourquoi il se passe ça ? Parce que c'est horrible.
02:51Pourquoi ?
02:52Quel est le sujet que vous avez tous intégralement refusé de traiter, que vous avez laissé prospérer en expliquant que
02:59ça allait bien se passer ?
03:00Il dit faire l'autruche et mettre la tête dans le sable sur les résultats de l'extrême droite, donc
03:04ça ne fera pas avancer les choses.
03:07Mais que n'a-t-il pas pensé la même chose sur d'autres sujets et évidemment sur le sujet
03:11de l'immigration ?
03:12Alors je vois que depuis hier, dimanche, avant-hier, beaucoup nous disent mais pas du tout, c'est pas du
03:20tout le sujet de l'immigration,
03:21parce que d'ailleurs c'est un land dans lequel la question ne se pose pas.
03:24Vincent déjà nous a expliqué le contraire tout juste, mais simplement ils continueront à nous expliquer que c'est pas
03:32du tout ça le sujet.
03:33Mais si vous regardez même l'histoire de l'AFD, alors pour le coup Marine Tondelier était née, donc plus
03:37personne n'a d'excuses,
03:38l'histoire de l'AFD c'est qu'en 2013 ils se lancent sur l'opposition à l'Union Européenne,
03:44mais ils explosent en visibilité et en intérêt pour les électeurs en 2015,
03:50quand Angela Merkel accepte tout le fameux million de réfugiés en disant nous pouvons le faire.
03:55On le fera.
03:56Voilà, et bien il y a beaucoup d'Allemands, comme beaucoup d'Européens de manière générale, qui disent on ne
04:01peut plus.
04:02Et qui ne veulent pas.
04:03C'est pas qu'on ne veut pas initialement, c'est qu'on ne peut plus et donc on ne
04:06veut plus en effet.