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  • il y a 3 semaines
Tous les jours, actualité, débats et bonne humeur rythment L'Heure des pros. Ce mardi, Pascal Praud revient sur la victoire de l'extrême droite en Allemagne dans la région de Saxe-Anhalt qui fait réagir en France.

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Transcription
00:00Donc on parle effectivement de l'AFD et des réactions.
00:07Ce matin, Raphaël Glucksmann était sur l'antenne d'RTL, je vous propose de l'écouter.
00:12Et je partage une inquiétude très profonde.
00:17Je pense que l'Europe est à un moment de bascule, que toutes nos démocraties sont menacées
00:22et que ce qui a été patiemment construit pendant 80 longues années,
00:25c'est-à-dire des démocraties libérales, un espace de paix sur le continent européen,
00:29tout cela est extrêmement fragile aujourd'hui.
00:32J'aimerais qu'on prenne la mesure du bouleversement qui a lieu.
00:35La politique de l'autruche, mettre la tête dans le sable en espérant que ça passe, ça ne fonctionnera pas.
00:40En Allemagne, il y avait un tabou. Il y avait un tabou absolu sur le vote pour l'extrême droite.
00:44Et aujourd'hui, ce qu'on voit, c'est que ce tabou a sauté et qu'il a sauté absolument
00:48partout en Europe.
00:49Nos démocraties sont menacées.
00:51Je mets le RN dans le même sac que l'AFD, vous savez.
00:54Vous n'avez qu'à regarder ce qui s'est passé depuis une semaine.
00:57Quelles sont les déclarations du RN ?
00:59Si nous arrivons au pouvoir, nous coupons le robinet d'aide à l'Ukraine.
01:03Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'on sacrifie la sécurité des Européennes et des Européens.
01:07Ça veut dire qu'on donne la victoire à Vladimir Poutine.
01:09Vous avez vu qu'il y a une sorte de rétropédalage ?
01:11Non, c'est l'identité politique.
01:14C'est leur vote au Parlement européen.
01:17C'est leur vote à l'Assemblée nationale.
01:18C'est une constante.
01:20Mais au-delà de ça, vous avez des liens extrêmement puissants avec l'ensemble de ces extrêmes droits européens.
01:25Et moi, ce que je vois au Parlement européen, c'est qu'ils votent la même chose sur absolument tous
01:29les sujets.
01:30Ils sont alliés.
01:31Oui, et en fait, ça s'appelle la démocratie.
01:33Les gens, ils ne veulent pas de votre politique, monsieur Glixmann.
01:36Ils ne veulent pas de votre politique.
01:38Il n'y a aucune remise en question de ça.
01:38Donc, ça vous ennuie ?
01:40En fait, c'est précisément la démocratie, ça ?
01:42Oui, sans le peuple.
01:43C'est le peuple ?
01:44Non, mais eux, ils ont une démocratie sans le peuple.
01:47Il y a 61% des démocraties.
01:49C'est sidérant, en fait.
01:50Mais c'est la définition du totalitarisme.
01:51Bien sûr.
01:52Désolé.
01:52Alors, ce qui est extraordinaire, c'est qu'ils nous donnent, à longueur de journée, une définition soft du totalitarisme.
02:00Bien sûr.
02:00Il n'y a que nous qui pensons.
02:01Qui savons.
02:02Mais c'est ce qu'a dit François Bayrou dimanche matin.
02:06C'est un croix.
02:06On peut reprendre l'extrait, d'ailleurs, je le dis pour Marine Nancy, que j'ai passé hier soir,
02:10l'extrait où il dit, moi, je sais plus que les autres.
02:12Oui, voilà.
02:13Je sais plus.
02:14D'ailleurs, on va le repasser.
02:15Charlotte Dornela, c'est formidable d'écouter ça.
02:17Le problème, c'est que peut-être qu'ils savent plus, François Bayrou, par exemple,
02:20sait mieux comment être Premier ministre que moi.
02:22Je n'ai aucun problème avec ça.
02:23Il sait beaucoup de choses sur le fonctionnement de l'État que j'ignore absolument et que les électeurs ignorent.
02:27Mais ça tombe bien, on ne nous demande pas les mêmes choses et les mêmes compétences.
02:31C'est pour ça que je ne suis pas Premier ministre.
02:33C'est pour ça que les gens qui votent ne sont pas tous Premier ministre.
02:36Et la question qu'on lui pose, ce n'est pas du tout celle de la compétence ou de la
02:39connaissance des rouages de l'État.
02:42Il y a une question centrale.
02:43Monsieur Glucksmann nous dit, il se passe ça, c'est horrible, et c'est horrible parce qu'il se passe
02:47ça.
02:48Et pourquoi il se passe ça ? Parce que c'est horrible.
02:51Pourquoi ?
02:52Quel est le sujet que vous avez tous intégralement refusé de traiter, que vous avez laissé prospérer en expliquant que
02:59ça allait bien se passer ?
03:00Il dit faire l'autruche et mettre la tête dans le sable sur les résultats de l'extrême droite, donc
03:04ça ne fera pas avancer les choses.
03:07Mais que n'a-t-il pas pensé la même chose sur d'autres sujets et évidemment sur le sujet
03:11de l'immigration ?
03:12Alors je vois que depuis hier, dimanche, avant-hier, beaucoup nous disent mais pas du tout, c'est pas du
03:20tout le sujet de l'immigration,
03:21parce que d'ailleurs c'est un land dans lequel la question ne se pose pas.
03:24Vincent déjà nous a expliqué le contraire tout juste, mais simplement ils continueront à nous expliquer que c'est pas
03:32du tout ça le sujet.
03:33Mais si vous regardez même l'histoire de l'AFD, alors pour le coup Marine Tondelier était née, donc plus
03:37personne n'a d'excuses,
03:38l'histoire de l'AFD c'est qu'en 2013 ils se lancent sur l'opposition à l'Union Européenne,
03:44mais ils explosent en visibilité et en intérêt pour les électeurs en 2015,
03:50quand Angela Merkel accepte tout le fameux million de réfugiés en disant nous pouvons le faire.
03:55On le fera.
03:56Voilà, et bien il y a beaucoup d'Allemands, comme beaucoup d'Européens de manière générale, qui disent on ne
04:01peut plus.
04:02Et qui ne veulent pas.
04:03C'est pas qu'on ne veut pas initialement, c'est qu'on ne peut plus et donc on ne
04:06veut plus en effet.

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