00:00Europe 1 Soir, 18h-20h, Pierre de Villeneuve.
00:04Toujours sur le plateau d'Europe 1, toujours dans le studio je devrais dire,
00:10avec Joseph Massescaron et Jean-Michel Salvatore,
00:12nous sommes avec le ministre délégué auprès du ministre de l'Intérieur,
00:15Jean-Didier Berger.
00:17Quand on regarde les sondages pour la future présidentielle,
00:22il y a une dynamique bien sûr qui est tirée par Marine Le Pen
00:26puisqu'elle reste première devant tout le monde.
00:29Et derrière, il y a bien sûr Edouard Philippe et puis il y a aussi la montée
00:32de celui dont on parlait juste avant la pause, c'est-à-dire Jean-Luc Mélenchon.
00:35Écoutez l'analyse du journaliste politique de CNews, Tom Abonnet.
00:38Edouard Philippe est le mieux placé à cette heure,
00:41mais ça me paraît encore très fragile, les écarts ne sont pas énormes.
00:44Il bénéficie aussi d'une forme de dynamique, même si je la trouve très légère,
00:48parce qu'il a enregistré le ralliement de Gérald Darmanin par exemple.
00:51Je pense quand même que tout ça est très fragile
00:54parce qu'Edouard Philippe ne propose pas grand-chose pour l'instant,
00:57vous ne l'entendez pas proposer énormément de choses.
00:58Il s'oppose beaucoup, oui, il s'oppose au LFI, il s'oppose au RN,
01:02mais on ne sait pas vraiment lui quel est son programme,
01:03qu'il nous avait pourtant promis massif.
01:06Et puis dans cette position-là, dans ce trio,
01:09Rotaillot-Philippe-Attal, je pense que d'être le premier,
01:13n'est pas forcément la position la plus facile, paradoxalement,
01:16parce qu'en fait vous allez être chassé par les deux autres.
01:18Alors l'histoire politique de la France est digne des montagnes russes les plus sévères.
01:23Jean-Didi Berger, vous venez d'une famille politique qui est celle des Républicains.
01:27Donc normalement, enfin normalement, je ne sais pas s'il y a de la normalité en politique aujourd'hui,
01:31mais en tout cas théoriquement, vous devriez soutenir Bruno Rotaillot.
01:35Est-ce que vous êtes plutôt derrière Rotaillot, derrière Attal, derrière Édouard Philippe,
01:39et est-ce que vous souhaitez qu'il se départage, et si oui, quand ?
01:43Bon, d'abord, je n'ai pas fait de choix pour le moment,
01:45et je pense qu'en temps politique, les mois qui nous séparent de la présidentielle
01:50représentent à peu près deux éternités.
01:52Donc une éternité, c'est long, surtout sur la fin, et une deuxième, c'est encore plus long.
01:55Donc on va prendre le temps de voir surtout les propositions des différents candidats.
02:00Ce que je souhaite, c'est qu'en tout cas, il y ait un rapprochement, une convergence,
02:05que ce soit des hommes ou des programmes surtout,
02:08pour faire en sorte qu'il y ait une unité en vue de l'élection présidentielle
02:12et qui nous permette de défendre le programme le plus efficace, le plus puissant,
02:17pour faire en sorte de régler les problèmes qui restent à régler dans notre pays.
02:21Il y a des choses qui ont été faites, tout n'a pas été réussi,
02:23mais il y a beaucoup de choses qui ont été faites,
02:24et je pense que l'élection présidentielle sera aussi une façon d'y revenir.
02:29Mais il reste tellement à faire que se diviser, ça n'est évidemment pas la meilleure solution qu'on gagne.
02:34En attendant, dans le Bloc Central, vous critiquez les extrêmes.
02:38Hier, dans le Grand Rendez-vous, François Bayrou parlait de la tenaille du PI en parlant du RN et de
02:43LFI.
02:44Est-ce qu'en même temps, ça vous étonne,
02:46ou est-ce que ça ne vous étonne pas que Marine Le Pen soit si loin dans les sondages ?
02:49Écoutez, moi je le constate, ce qui m'étonne, c'est qu'on puisse être condamné à plusieurs reprises,
02:58et avoir encore un si haut étiage, donc il faut en tirer les conclusions.
03:03C'est qu'un certain nombre de nos compatriotes,
03:06oui mais ce n'est pas pour ça qu'elle n'a pas été condamnée à plusieurs reprises.
03:09Donc je constate que les condamnations ne l'empêchent pas pour l'heure de se présenter,
03:16mais je constate quand même que dans l'histoire de notre pays,
03:19il y a eu...
03:21Vous avez des informations là-dessus ?
03:22Non, pas du tout, ce que je constate, c'est que simplement dans notre pays,
03:24il y a déjà eu, par le passé, des hommes et des femmes politiques qui ont été condamnés,
03:28et d'une façon qui a mis un terme à leur carrière politique,
03:32d'une façon qui a fait tomber la confiance de nos compatriotes,
03:36et j'observe qu'en l'occurrence, dans les médias...
03:39C'est ça qui vous étonne ?
03:40Oui, c'est une première forme d'étonnement,
03:42parce que moi quand je confie mon portefeuille,
03:45et quand je confie l'avenir de mes enfants à quelqu'un,
03:48je fais en sorte de choisir quelqu'un d'honnête.
03:51Voilà, quelqu'un qui n'a pas de condamnation de justice.
03:56Vous considérez Marine Le Pen comme malhonnête ce soir ?
03:58En tout cas, c'est la justice qui a considéré
04:00qu'il y avait un souci tel que ça méritait condamnation.
04:05Donc voilà, c'est ma première forme d'étonnement.
04:09Deuxièmement, ça veut dire que nos compatriotes,
04:10ils considèrent que, pour l'heure,
04:12les solutions qu'on propose au niveau du Bloc central
04:15ne sont pas suffisamment puissantes
04:17pour qu'ils puissent décider de nous refaire confiance.
04:19Et ça, ça vous étonne aussi en tant que LR,
04:21avant d'être dans une majorité ?
04:23Vous savez, d'abord, moi j'ai toujours été de droite,
04:28je suis toujours de droite, je n'ai pas changé.
04:31Aujourd'hui, je suis toujours LR, même si LR suspendu.
04:35J'observe qu'en d'autres temps, d'autres LR aujourd'hui,
04:37à la tête du parti, étaient aux responsabilités,
04:40et que, parfois même, dans le même ministère que moi,
04:43et qu'à ce moment-là, c'était possible d'être LR sans être suspendu.
04:46Bon, voilà, mais je crois que, là encore,
04:48nos compatriotes ont la maturité politique
04:50pour comprendre les différentes postures.
04:53Moi, ce qui m'intéresse, c'est ce qui va être proposé.
04:57J'observe que, pour l'instant,
04:58il y a eu encore très peu de propositions du bloc central.
05:01Même du côté de Bruno Retailleau,
05:02qui a fait maintes propositions,
05:04notamment sur remettre les Français au travail,
05:07sur l'âge du départ à la retraite.
05:10Mais tout ça, ce sont des objectifs.
05:13Il y a des propositions qui sont bonnes,
05:16beaucoup que je peux partager,
05:17mais ce que j'observe, c'est que nos compatriotes,
05:19en tout cas, eux, ils considèrent que les propositions,
05:21sur un certain nombre de thèmes,
05:23à la fois régaliens, mais également socio-économiques,
05:26parfois sociétaux, ou l'éducation, la santé,
05:30tous ces sujets qui sont importants pour eux,
05:32le changement climatique,
05:34que les propositions du bloc central, pour l'heure,
05:37ne sont pas encore suffisamment puissantes.
05:39Je pense qu'encore une fois, il reste beaucoup de temps.
05:41Donc, c'est en fonction de ces propositions
05:42que, pour ma part, je me prononcerai
05:45et que je sois, je dirais, le candidat.
05:47Donc, vous l'avez dit, vous êtes membre suspendu de LR.
05:51Comment vous sentez-vous dans ce gouvernement ?
05:54C'est quand même un gouvernement qui ne réforme pas beaucoup,
05:56qui expédie les affaires courantes,
05:58qui renonce à beaucoup de réformes courageuses
06:00que l'homme de droite que vous êtes,
06:02ou que vous étiez, devait soutenir,
06:04comme par exemple, le renoncement de la réforme des retraites,
06:07comme par exemple, le projet de mettre à contribution les retraités,
06:12comme par exemple, la façon de renier l'épargne salariale,
06:16comme c'est prévu pour le budget de 2026.
06:19Donc, comment vous vous sentez dans ce gouvernement
06:21qui fait de plus en plus de concessions à la gauche
06:24et qui est de moins en moins de droite ?
06:26Jean-Didier Berger.
06:27D'abord, moi, je me sens très à l'aise
06:29au sein du gouvernement de Sébastien Lecornu
06:30parce que, heureusement, il y a des ministres de droite
06:33qui font une politique de droite
06:35et qui permettent de tirer la couverture
06:37vers les idées de droite et vers l'action concrète.
06:40Dans quel domaine, par exemple ?
06:42Notamment en matière de sécurité.
06:43Moi, je suis ministre de la sécurité.
06:44Vincent Germain est ministre du logement.
06:46Annie Gennevard est ministre de l'Agriculture.
06:48Je pense que tous les interlocuteurs que nous avons
06:51sont assez contents d'avoir des ministres de droite
06:53dans des domaines qui sont des domaines importants.
06:56Et vous diriez que le premier ministre est de droite aussi
06:58puisqu'il vient de la même famille politique ?
07:00En tout cas, oui.
07:02Moi, je me sens très à l'aise, en tout cas,
07:04avec les idées défendues par Sébastien Lecornu.
07:06Maintenant, vous faites un état d'un certain nombre de choses.
07:09Il ferait un bon candidat pour l'Ontario centrale.
07:10Attendez, je vais essayer de répondre à toutes les questions
07:12les unes après les autres.
07:14Sur l'abandon de la réforme des retraites,
07:15est-ce que vous êtes fier de vous ?
07:17D'abord, moi, ce que je voudrais vous dire,
07:18c'est qu'il y a eu un vote en 2024.
07:20Les Français, ils ont choisi une assemblée.
07:23Souvent, on entendait dire
07:25la proportionnelle, c'est vachement bien,
07:27il faut plus de proportionnelle dans notre pays.
07:28Là, on a une assemblée qui pourrait être
07:30une assemblée issue d'un suffrage proportionnel.
07:32On a tous les inconvénients de la proportionnelle
07:34sans les avantages.
07:35Vous voulez dire...
07:36Et donc, quand il n'y a pas de majorité...
07:37Vous parlez d'une assemblée suite à une dissolution, M. Berger.
07:40Oui, absolument.
07:41Mais quel qu'en soit la cause...
07:41Je le rappelle, juste.
07:42Mais quel qu'en soit la cause,
07:45décider de la dissolution, quel qu'en soit la cause,
07:47il y a eu un moment donné où il y a eu un vote.
07:49Donc, quand les Français envoient
07:50des députés de la France Insoumise,
07:52des députés du Rassemblement National,
07:54des députés du Parti Socialiste,
07:56il y a un moment donné,
07:57quand on vote pour des députés
07:59qui soutiennent une politique
08:00qui est différente de celle
08:02qui est souhaitée par les Français,
08:04eh bien, ils ont acte.
08:05Moi, j'observe que le Rassemblement National,
08:06ils ont voté 34 milliards d'impôts supplémentaires
08:08dans le budget l'année dernière,
08:10main dans la main avec la France Insoumise.
08:12Et après, ils nous disent
08:13« Ah, le budget n'est pas bon. »
08:14Là, vous venez de dire un certain nombre de choses
08:15comme si c'était dans le budget.
08:16Et vous l'avez lu, le projet budget ?
08:18Parce que si vous êtes...
08:19On ne l'a pas encore.
08:20Donc, pourquoi est-ce que vous dites,
08:23dans ce cas-là, dans le budget,
08:25il y a ci, il y a ça,
08:26il y a des renouvelants,
08:26les renouvelants, les renouvelants, etc.
08:28C'est un secret de politique.
08:30Vous avez un ministre de l'économie
08:31qui s'exprime.
08:33Le Premier ministre a très bien dit
08:35et redit,
08:35et il l'a encore écrit sur X
08:39il y a très peu de temps,
08:41que les annonces,
08:43elles seront faites en temps et en heure.
08:44Et ce n'est pas parce qu'il y a des choses
08:46qui sont évoquées dans la presse,
08:49ici ou là,
08:49que ça constitue des vérités.
08:51Et évidemment,
08:52c'est toujours chercher le bénéfice,
08:55chercher le mobile du crime.
08:56Ceux qui balancent des boules puantes
08:59pour essayer de décrédibiliser un budget.
09:01Moi, je rappelle que ce budget,
09:02il y a des engagements qui ont été pris.
09:03Les boules puantes, ils ont été balancés
09:04par le ministre de l'économie.
09:04La désindexation des retraites.
09:06D'abord, premièrement,
09:07non mais attendez,
09:08d'abord, premièrement,
09:10le budget,
09:11il se fait sans augmentation d'impôts.
09:13Et dans notre pays,
09:14on sait,
09:15parce qu'il y a eu des décennies
09:16d'augmentation d'impôts dans notre pays,
09:18que c'est quand même déjà
09:19un premier gage.
09:20Deuxièmement,
09:21oui, il y a des priorités
09:22à financer,
09:23des priorités sur la sécurité,
09:24des priorités sur la défense,
09:26des priorités sur le changement climatique.
09:27Et ça,
09:28on fera les propositions
09:29qui vont bien sur le sujet.
09:31Ensuite, il y a une équation financière difficile.
09:33C'est aussi à tous les groupes de l'Assemblée
09:35de prendre leurs responsabilités
09:36et de faire en sorte
09:37de faire des pas
09:38pour que ça soit possible.
09:40Et tous ceux qui,
09:41pour des questions de posture politicienne,
09:43voudront dire de rejeter...
09:44Pardonnez-moi,
09:45mais ce discours,
09:45nous l'avons entendu,
09:46monsieur le ministre,
09:47l'année dernière.
09:48Donc, on a l'impression
09:49que c'est un jour sans fin.
09:51C'est-à-dire qu'à chaque fois,
09:51nous entendons le même type de discours.
09:53Et je comprends
09:53parce que vous ne pouvez pas faire...
09:55Vous ne pouvez pas avoir
09:55un autre discours.
09:56Et vous êtes totalement cohérent.
09:58Et moi, je ne peux pas faire
09:59une émission à rallonge.
10:00Merci, monsieur Berger.
10:01Merci, Jean-Denis Berger,
10:02d'avoir été avec nous.
10:0319h44.
10:03A tout de suite.
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