00:00Europe 1 Soir, 18h-20h, Pierre de Villeneuve.
00:04Entouré d'Éric Tecner, bonsoir Éric.
00:06Bonsoir Pierre de Villeneuve.
00:07Directeur de la rédaction du Média Frontière, bonsoir Jules Torres.
00:10Monsieur Villeneuve.
00:11Journaliste politique au JDD et à l'infiltré.
00:14Bonsoir Christelle Morancet.
00:15Bonsoir.
00:15Merci d'être avec nous, vous êtes présidente horizon de la région Pays de Loire,
00:19auteur de ce livre Courage et Coeur aux éditions du Rocher.
00:23Question d'actualité, sondage IFOP pour la présidentielle,
00:27puisque vous êtes soutien d'Edouard Philippe.
00:28Edouard Philippe n'a pas la moyenne.
00:30En fait, les sondages du premier tour,
00:35c'est un peu comme les notes sur 20 qu'on a au lycée ou au collège.
00:38Donc quand vous avez en dessous de 10 et que vous n'avez pas la moyenne 9,5,
00:41ça fait mal ?
00:42Qu'est-ce qu'on fait maintenant Christelle Morancet ?
00:44C'est le premier sondage où tous les candidats de droite et centre
00:48sont tous sondés individuellement.
00:50Donc vous vous consolez en regardant les autres ?
00:52Non, mais c'est la réalité.
00:53C'est la première fois qu'il y a un sondage,
00:54ça prouve une seule chose, qu'il faut l'unité.
00:56Il faut un seul candidat rassembler autour d'Edouard Philippe.
00:58Mais Edouard Philippe n'en voulait pas de la primaire pour l'instant.
01:01Je ne parle pas de primaire, je dis que ça prouve une seule chose.
01:03Ne me gueulez pas, je ne vous ai rien dit.
01:04Non, mais ça prouve une seule chose.
01:06Quand vous prenez Bruno Retailleau, David Lissnard,
01:09Edouard Philippe et Gabriel Attal,
01:11ça fait 24%, donc il faut se rassembler.
01:13Mais pourquoi autour d'Edouard Philippe ?
01:15Parce que c'est le plus à même de rassembler justement...
01:17Pourquoi c'est le plus à même ?
01:19C'est le plus à même de rassembler Bruno Retailleau,
01:22David Lissnard et Gabriel Attal.
01:24Mais est-ce que quand on parle du centre et de la droite,
01:28et on va écouter Bruno Retailleau,
01:29que j'interrogeais dans Objectif Élysée 2027,
01:33je lui posais cette question,
01:34qu'est-ce que la droite ?
01:36Et il me disait, la droite, ce n'est pas le centre.
01:38Je pense que la droite, ce n'est pas le centre.
01:40Et la droite, ce n'est pas non plus la gauche.
01:42La droite, pour moi, c'est le travail.
01:44Le travail qui paye beaucoup plus que l'assistanat.
01:46C'est ce que je veux faire.
01:47La droite considère que la liberté n'est pas possible sans l'ordre.
01:50Voilà, ça, c'est la droite.
01:51L'ordre républicain, c'est d'abord pour les plus modestes.
01:54Parce que la loi de la jungle,
01:55c'est les plus forts qui gagnent contre les plus faibles.
01:57Il n'y a pas que vous.
01:58Et la droite, oui, de moins en moins.
02:01Mais la droite, c'est aussi la transmission.
02:03C'est une forme de fierté française.
02:05C'est aimer son pays, être patriote.
02:07Le dire et en même temps le célébrer, vous voyez.
02:10Est-ce qu'il est de droite ?
02:11Il est du centre.
02:12Il dit, par exemple, moi, je veux une immigration choisie.
02:14Moi, je dis, je veux baisser l'immigration.
02:16Il ne pourra pas faire l'immigration choisie
02:18parce qu'il refuse de donner la parole au peuple.
02:21Donc, la parole, ce sera les magistrats,
02:22comme d'habitude, qui trancheront.
02:23Alors, ce que je ne comprends pas,
02:25c'est qu'il y a des points communs,
02:26notamment sur le travail,
02:28sur le fait de sortir le pays
02:30de cette crise financière, économique
02:32qui approche et qui peut être terrible,
02:33et vous le savez.
02:35Et puis, il y a quand même des divergences.
02:37Et puis, il y a surtout des chapelles hermétiques
02:38en disant, ben non, moi, j'y vais jusqu'au bout.
02:40Non, mais moi, je vais vous répondre
02:41par rapport à Bruno Retailleau, que je connais bien.
02:43Bien sûr, et vous le dites dans le livre,
02:44vous racontez...
02:45Moi, je suis une femme de droite.
02:46Vous lui avez succédé en tant que président d'État.
02:48Je vais répondre par rapport à ce qu'il dit.
02:50Moi, je suis une femme de droite.
02:51Et Bruno Retailleau sait très bien
02:52que pour gagner, il y a besoin de rassembler
02:53la droite et le centre.
02:54Juste les dernières élections sénatoriales.
02:56La liste de Bruno Retailleau,
02:58Bruno Retailleau, sa deuxième, elle est UDI,
03:01c'est le centre, je pense.
03:02Troisième, LR, quatrième, Horizon,
03:04et cinquième, Modem.
03:05Bruno Retailleau, en 2015, aux élections régionales,
03:07il a une liste qui va des LR jusqu'au Modem
03:10en passant par l'UDI.
03:11Donc, ça vous étonne quand il me dit
03:13la droite, ce n'est pas le centre ?
03:14Ça vous étonne ?
03:15Mais il sait exactement, Bruno Retailleau,
03:17parce que quand il veut gagner,
03:18il rassemble la droite et le centre.
03:20Il l'a fait au dernier sénatorial au mois de septembre.
03:22Donc, pour gagner, il faut le rassemblement
03:24le plus large possible, à droite et au centre.
03:26Jules Torres.
03:26Ce n'est pas faux, mais madame la présidente,
03:27est-ce que vous n'avez pas l'impression
03:28que justement, votre réponse, par exemple,
03:30sur la multiplication des candidats,
03:32c'est le mauvais sujet ?
03:33C'est-à-dire que c'est un petit peu comme la gauche
03:35qui a expliqué qu'elle avait perdu en 2002
03:36parce qu'il y avait une multiplication des candidats,
03:38parce qu'il y avait Jospin, Laguillet,
03:40Chevènement, Noël Mamère, Christiane Taubira.
03:42Est-ce qu'au contraire, ça ne montre pas
03:43qu'Edouard Philippe, actuellement,
03:45n'est pas capable de montrer que son projet
03:47est le meilleur, peut fédérer la droite et le centre,
03:50et que dans les sondages, ça ne se retranscrit pas ?
03:52Mais il est encore tôt.
03:53Je veux dire, aujourd'hui,
03:54qu'il y ait plusieurs candidats à droite et au centre,
03:56c'est totalement légitime.
03:58Mais il y a un moment, dans ce pays,
04:00la situation du pays
04:03nécessite aussi un peu de responsabilité.
04:04Et donc, il y a un moment donné,
04:06on verra dans quelques semaines,
04:08si la photographie actuelle bouge ou pas,
04:11mais il y a un moment,
04:11il faudra que chacun prenne ses responsabilités.
04:13Et si on veut être qualifié au deuxième tour,
04:15on sera qualifié au deuxième tour
04:17si la droite et le centre sont réunis.
04:19S'il y a de la division,
04:20on ne sera pas qualifié,
04:21donc on aura un deuxième tour
04:22entre RN et LFI.
04:23Moi, ce n'est pas ce que j'ai envie pour mon pays.
04:25Il faudrait une primaire.
04:26C'est quand même le seul moyen
04:27de départager aujourd'hui.
04:28Mais une primaire...
04:31Aujourd'hui, tout le monde a dans la bouche
04:32le mot primaire.
04:33Enfin, je veux dire, moi, dans ma région,
04:35les gens ne m'interpellent pas pour la primaire.
04:37Non, mais non plus, je ne me laisse pas
04:38en pensant à la primaire,
04:38mais quand vous êtes à 10%...
04:40Moi, je vais vous dire,
04:41ça intéresse les politiques
04:42et les journalistes.
04:43Aujourd'hui, par contre, ce qui est sûr,
04:45c'est que les Français veulent
04:46un seul candidat à droite et au centre.
04:48Éric Tegner.
04:48Je veux vous dire, moi,
04:49ça ne m'intéresse pas beaucoup,
04:50les sondages, etc.
04:51Moi, ce que je note,
04:52c'est que quand je vous googlise,
04:54je trouve un portrait du monde
04:56qui dit que Christelle Morancel
04:57est la tâcheur des pays de la Loire.
04:58C'est-à-dire que vous,
04:59vous étiez clair,
05:00vous vouliez 100 millions d'euros
05:01d'économie, etc.
05:02Parce que dans le fond,
05:03le problème des candidats du centre
05:04et de la droite,
05:05c'est qu'il n'y a pas d'idée.
05:06C'est-à-dire qu'il n'y a pas l'envie
05:06de casser la baraque.
05:08Il n'y a pas véritablement
05:09de proposition qui dise
05:10on va secouer le cocotier un peu là
05:12et on va casser dans le dur
05:13et que la solution du bloc central
05:15aujourd'hui,
05:16c'est plutôt de dire
05:17entre Marine Le Pen et Mélenchon,
05:19nous, on est un peu la capacité
05:20de continuer à faire la même chose,
05:22c'est-à-dire le chaos.
05:23Bien sûr,
05:23mais là-dessus,
05:25je vous rejoins,
05:26c'est pour ça que
05:27les semaines qui vont venir,
05:28ce qui est important,
05:29c'est de rentrer dans le débat
05:30des idées
05:31et qu'aujourd'hui,
05:32on n'entend pas beaucoup les idées.
05:34Il y a Edouard Philippe
05:34qui s'est clairement positionné
05:36sur une réforme des retraites
05:38qui est quand même assez radicale.
05:40Quand il parle d'un projet massif,
05:42je pense qu'en termes de retraite,
05:43on est sur un projet massif.
05:45Donc il y a un moment,
05:46il faut aujourd'hui,
05:47en effet,
05:47être dans une rupture,
05:50d'être dans les propositions
05:51et ne pas hésiter
05:53à être dans la réforme.
05:54Ce pays, il nécessite.
05:55Je veux dire,
05:55on a 3600 milliards de dettes.
05:57Quand vous voyez les débats
05:58actuellement
05:59concernant le budget 2027
06:01à l'Assemblée nationale,
06:02j'ai envie de pleurer.
06:03Celui l'année dernière,
06:05moi je l'ai dit très clairement,
06:06j'aurais censuré le gouvernement.
06:07Quand on est capable
06:09de suspendre
06:10la réforme des retraites,
06:12c'est irresponsable.
06:14Donc aujourd'hui,
06:14ce pays,
06:15on a des atouts extraordinaires.
06:17Des atouts extraordinaires.
06:18J'arrive d'un voyage
06:20avec la région en Chine
06:21je me dis qu'on ne peut pas
06:22aujourd'hui être
06:23les derniers de la classe
06:24sur les classements PISA,
06:25en termes d'innovation,
06:27on a tout pour réussir.
06:28Maintenant,
06:28il faut juste faire des propositions
06:30et des propositions,
06:31pas des nouvelles propositions
06:32avec de l'ancien.
06:33On est en 2026,
06:35quelles sont les propositions
06:36pour les 10, 15
06:37et 20 prochaines années ?
06:39Ça nécessite
06:40une réforme en profondeur.
06:42Moi, je l'ai fait
06:42dans ma région.
06:43J'ai pris mes responsabilités.
06:45Vous avez fait gagner
06:45beaucoup d'argent
06:46à votre région,
06:47vous avez cassé
06:48effectivement la caisse
06:50des subventions
06:51qui étaient inutiles,
06:52mais là,
06:53vous vous dites,
06:53vous revenez de Chine.
06:54plusieurs choses.
06:55D'abord,
06:55vous revenez d'un pays
06:56qui n'est pas considéré
06:57comme un pays démocratique.
06:59Donc,
06:59vous revenez d'un pays
07:01où l'économie fonctionne,
07:02elle est quand même
07:03hautement subventionnée.
07:04Donc,
07:05aujourd'hui,
07:05on subventionne
07:07à hauteur vraiment
07:08de milliards
07:09et des entreprises
07:11qui,
07:11demain,
07:12peuvent se casser la gueule.
07:13Ce n'est pas grave,
07:13on en subventionnerait une autre.
07:15Donc,
07:15qu'est-ce qu'on a à apprendre
07:16de la Chine
07:17alors qu'encore une fois,
07:20certaines personnes,
07:21certains observateurs
07:22vont vous dire,
07:22attendez,
07:22on ne peut pas quand même
07:24comparer la Chine à la France,
07:25on n'est pas sur le même logiciel.
07:26Vous avez cité exactement
07:28l'exemple
07:30de la Chine
07:30qui investit massivement
07:32sur son économie.
07:34Moi,
07:34je rappelle
07:35que l'économie,
07:36nos entreprises,
07:38c'est elles qui créent
07:39la croissance,
07:39c'est elles qui créent
07:40la richesse,
07:40c'est elles qui créent
07:41les emplois
07:41et l'attractivité
07:42et le développement
07:42de nos territoires.
07:43Pourquoi on ne le fait pas en France ?
07:43Et le développement
07:44de nos territoires.
07:45Ce qui se passe aujourd'hui,
07:46dans ce pays,
07:47on a 3600 milliards de dettes.
07:49Donc,
07:49on est incapable
07:50au moment
07:51où on doit investir massivement
07:53parce qu'on est dans une période
07:54de transformation,
07:55mutation, révolution,
07:56on l'appelle comme on veut,
07:57il y a des mutations importantes
07:58au moment où la France
07:59devrait investir massivement
08:00comme le font les Etats-Unis,
08:02comme le font la Chine,
08:03on est incapable d'investir.
08:04Mais on est incapable
08:04pourquoi ?
08:05Parce qu'on n'a pas l'argent ?
08:06Parce qu'on emprunte
08:07350 milliards cette année ?
08:09Mais voilà,
08:09parce qu'aujourd'hui,
08:10on a une dette
08:11qui est là pour financer
08:12notre système social
08:13qui n'est plus du tout
08:14à la hauteur des enjeux.
08:16Mais c'est la question
08:17qu'on pose à tous les débats.
08:18Mais quel est celui
08:19qui va dire
08:19« on casse le truc » ?
08:20Aujourd'hui,
08:21moi je le dis,
08:22ce que j'ai fait
08:22au sein de ma région,
08:24j'ai enlevé le fonctionnement
08:25dont toutes les subventions
08:27pour maintenir
08:28un haut niveau d'investissement.
08:30Et donc l'investissement,
08:31c'est ce qui prépare l'avenir.
08:32C'est ce qu'on fait
08:33pour investir dans les lycées,
08:34c'est ce qu'on fait
08:34pour investir dans les transports
08:36et c'est ce que je fais
08:37dans l'économie
08:38pour l'innovation.
08:38Vous avez montré ça
08:39au niveau régional,
08:40mais est-ce qu'on peut le faire
08:40au niveau national ?
08:41Eh bien oui,
08:42il faut juste avoir
08:43du courage.
08:44Non, mais la question,
08:45je ne veux pas être flagarneur,
08:47mais qui est le Christelle Morancet
08:49de cette élection présidentielle ?
08:50Est-ce que c'est Édouard Philippe ?
08:51Moi, je n'ai pas l'impression
08:52dans son programme
08:53que y ait votre méthode
08:54dans la région Pays de la Loire.
08:55Moi, je veux bien tout entendre.
08:58Enfin, on me dit
08:59Édouard Philippe,
09:00c'est du sang et des larmes.
09:01Non, ce n'est pas du sang
09:02et des larmes,
09:02c'est des propositions
09:03qui sont très concrètes,
09:05qui le disent la vérité
09:05sur la situation de la France,
09:06parce que quand même,
09:07il n'y a pas beaucoup de candidats,
09:08il y a quand même des candidats
09:09à la présidentielle
09:10qui disent la dette,
09:11hop, on les fasse
09:12du jour au lendemain.
09:12Mais quand même,
09:13c'est quand même la réalité.
09:14On est un peu dur avec eux,
09:15madame la présidente.
09:16Voilà, quand même.
09:17Donc aujourd'hui,
09:18il donne la situation,
09:20il dit la vérité,
09:20maintenant, il faut donner du sens
09:21et après avoir le courage de faire.
09:23Et on se retrouve dans un instant
09:24sur Europe 1, 18h26.
09:25Restez avec nous.
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