00:00Olivier Bitz, on est à six mois du premier tour de la présidentielle,
00:02vous êtes un sénateur horizon, donc j'imagine que vous soutenez Edouard Philippe.
00:06David Lysnard était hier le candidat Nouvelle Énergie,
00:11l'invité de Objectif Élysée 2027 sur CNews et sur Europe 1,
00:15et il plaide pour une primaire.
00:17Je propose depuis des mois le moins mauvais des systèmes,
00:20c'est-à-dire une grande primaire ouverte,
00:23pour sélectionner les candidats et pour éviter la division qui fait perdre,
00:27mais aussi la compromission.
00:28Parce que quand vous vous battez pour être président de la République,
00:31moi j'y mets toutes mes tripes, toutes mes convictions, toute mon âme,
00:34pour mon pays, pour retrouver cette belle France, cette grande France.
00:37C'est un combat permanent qui engage votre entourage, qui engage tout.
00:41Donc on ne peut pas, moi, me demander de céder, pour de mauvaises raisons,
00:46à une démarche qui ne serait pas la mienne.
00:47En revanche, je veux bien m'incliner si je perds dans une compétition.
00:50Donc pas dans les sondages.
00:51Si vous êtes devant ou derrière dans les sondages, vous vous en fichez.
00:54Mais si on se référait aux sondages, ce n'est pas moi qui me retirerais aujourd'hui.
00:56Alors, qu'est-ce que vous pensez de la proposition de David Lysnard pour une primaire ?
01:03Et est-ce qu'Edouard Philippe, vous avez l'impression qu'il se bat avec ses tripes,
01:06pour reprendre son expression ?
01:08Moi, je n'ai jamais été favorable à un régime de primaire, tout simplement parce que tout le monde sort
01:13complètement affaibli d'une primaire.
01:14Regardez dans quel état se trouve Glucksmann aujourd'hui, qui a été trié par Ségolène Royal pendant ce combat interne.
01:21Il n'a pas été trié, il a été trié de cette stagiaire.
01:24En tout cas, il est sorti affaibli de cette primaire.
01:29Donc ça veut dire qu'il y a un choix politique...
01:31Elle a juste eu un mot, on a l'impression qu'il a été trié, il a été déjà en
01:35étant Premier ministre.
01:37Il y a eu d'autres choses, mais en tout cas, la personne qui sort vainqueur de la primaire, finalement,
01:42sort déjà, on va dire, assez largement...
01:45Vous allez refiler, puis va tout seul, coûte que coûte.
01:47Je n'ai pas terminé.
01:48Je pense aussi que nous sommes dans une période où les candidats doivent parler aux Français.
01:53Et les Français n'ont pas envie, en tout cas, c'est comme ça que je le ressens, d'avoir
01:57un pré-débat entre plusieurs candidats.
02:00Les candidats doivent proposer leur projet aux Français directement, on va dire, sans passer...
02:05Donc vous n'êtes pas favorable au débat, c'est-à-dire que...
02:07Si, mais le débat entre les candidats...
02:09Des débats télévisés ou radiophoniques, ça oui, mais pas forcément de primaire.
02:12C'est la tradition de la Ve République, c'est d'avoir, effectivement, un candidat qui propose son projet aux
02:19Français.
02:19C'est ça, la tradition de la Ve République.
02:21Mais là, pour le coup, monsieur le sénateur, on voit bien qu'Édouard Philippe est quand même dans une séquence
02:26qui est compliquée.
02:26Il était à 26% il y a un an pile.
02:29Là, les derniers sondages, le 2 à 13%.
02:31Et il y a des membres de l'équipe de campagne, bon, qui sont pas forcément...
02:36Oui, qui sont inquiets.
02:38Il y a un poids lourd de la campagne qui m'a dit il y a deux jours.
02:41C'est une campagne Prozac. Il nous fait une campagne Prozac.
02:44Est-ce que ça, ça vous inquiète pas ?
02:45Écoutez, la route est encore longue.
02:47On sait bien que dans une campagne électorale, il y a des périodes de forte dynamique.
02:51Il y a des périodes un peu...
02:52De sommeil.
02:53Un petit peu différentes.
02:55Voilà, là, on sort d'une période de primaire à gauche.
02:58On sort aussi d'événements au niveau du pays qui viennent éclipser, on va dire, le reste du débat public.
03:04Pas du tout. Pas du tout. C'est justement le propre du débat public.
03:09Ce qui se passe en ce moment, c'est la traduction de ce que vivent les Français.
03:15Ça en dit long. Vous ne pouvez pas dire... Pardonnez-moi, il y a une course à la présidentielle.
03:19Et puis, il y a ce qui se passe dans le pays. Il y a des gens qui protestent.
03:22Alain Juppé avait loupé notamment l'attentat du père Hamel.
03:25Je me souviens, c'était en plein été et il n'avait pas réagi.
03:28Et à ce moment-là, il y avait eu un début de défaite.
03:30Bon, allez, on aura l'occasion d'en reparler.
03:31Merci beaucoup Olivier Bisse d'avoir été notre invité.
03:347h moins le quart sur Europe 1.