- il y a 4 minutes
Chaque vendredi, samedi et dimanche, invités et chroniqueurs sont autour du micro d'Hélène Roué pour débattre des actualités du jour.
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00:00Europe 1 Soir, 18h-20h, Hélène Roué.
00:03Vous écoutez Europe 1, il est 18h16, bonsoir et bienvenue si vous nous rejoignez.
00:08J'accueille mes débatteurs du soir, Georges Fenech, ancien magistrat, bonsoir Georges.
00:11Bonsoir.
00:12Ainsi qu'Eric Tecner, directeur de la rédaction du Média Frontière, bonsoir Eric.
00:16Bonsoir Hélène.
00:16Nous accueillons Stéphane Ablo, député PS de Meurthe-et-Moselle, bonsoir monsieur le député.
00:21Bonsoir.
00:21Alors je vous vais poser une première question d'actualité sur ces blocus lycéens
00:26qui, même si on commence à voir des articles, que la mobilisation faiblit.
00:29On a également entendu l'appel des syndicats qui appellent à une manifestation le 13 octobre.
00:34Et puis est-ce que le 17, il y aura un mouvement national ?
00:36Quel regard vous portez sur ces blocus ?
00:39Est-ce que les manifestations du 13 et du 17 peuvent vous inquiéter,
00:43étant donné les violences que nous avons vues ?
00:45Disons que moi personnellement, je ne suis pas jeune, comme beaucoup.
00:49Je ne peux pas parler à la place des jeunes.
00:51Ils ont un fonctionnement qui est le leur.
00:53C'est la génération Covid.
00:55Vous savez, ils étaient coincés pendant six mois.
00:56Quand j'étais maire à l'époque, on les laissait comme ça chez eux.
00:59Ils n'allaient pas à l'école.
01:02C'était terrible.
01:03En même temps, vous le savez, sur vos médias,
01:06et d'ailleurs vous n'avez pas tort de dire qu'il y a des guerres dans le monde.
01:09Il y a des problèmes d'essence qui augmentent.
01:12C'est quand même un climat assez anxiogène.
01:14Donc quand on est jeune, c'est sûr qu'on pense à son avenir.
01:17Maintenant, je ne justifie pas les cas.
01:19Je ne confonds pas les deux choses.
01:21Mais d'un point de vue global, et c'est vrai, il y a quand même eu des choses qui
01:25se sont passées.
01:26Il faut de toute façon, quoi qu'il arrive, toujours avoir un canal d'écoute.
01:30Mais ça ne veut pas dire qu'on doit donner raison à ceux qui s'expriment et qui veulent conflictualiser,
01:37qui veulent violenter.
01:38Ça, ce n'est pas normal.
01:40Même si c'est inhérent à tout mouvement,
01:43on l'a vu à l'époque des Gilets jaunes, dans d'autres circonstances,
01:46à un moment donné, il faut mettre des limites.
01:49Il faut aussi qu'on retrouve l'ordre, ce qui est normal.
01:52Mais l'anxiété, vous n'avez pas l'impression que c'est quelque chose qui traverse quand même les générations
01:55?
01:55Dans les années 60-70, tout n'était pas tout rose non plus dans le monde ?
01:58À l'époque, j'étais très petit en mai 68,
02:01mais il y a une génération qui disait qu'on veut changer de monde.
02:05Je comprenais.
02:06Ça ne veut pas dire que les 68ards avaient raison.
02:09On a vu aussi qu'ils voulaient changer le monde,
02:12et que c'est le monde qui les a changés pour la plupart.
02:15Mais ce n'était pas ça.
02:17Il y avait quelque chose de plus profond, à mon avis.
02:18C'est un avis.
02:19Je pense qu'il y avait un monde,
02:22c'était celui de leurs parents,
02:27qui imposaient une certaine morale, etc.
02:29Il fallait peut-être une morale,
02:30mais en tout cas, il y avait des choses à renverser.
02:33Et c'était une génération qui avait besoin de le faire.
02:38Après, il n'y a peut-être pas que des choses positives
02:40qui en ont découlé.
02:41Mais en tout cas, je ne suis pas sociologue,
02:45je ne suis pas historien.
02:48Mais il y a des époques.
02:50Le droit de s'exprimer.
02:51Après, il y a des oppositions.
02:53On a vu à l'époque, en 68,
02:55il y avait ceux qui étaient pour.
02:56Il y a De Gaulle qui a dit,
02:57non, nous, on fait des grandes manifestations.
02:58Et puis il y avait le contre.
02:59À un moment donné, il faut siffler la fin de la récréation
03:01et dire comment on fait pour assembler la France.
03:03Parce qu'on est là pour la France.
03:05Alors Stéphane Abelot, député PS de Meurthe et Moselle.
03:08On va évidemment parler de ce premier tour de la primaire socialiste.
03:12Ça a commencé ce matin.
03:14Quel regard vous portez sur les candidatures ?
03:16Est-ce que vous-même, vous avez voté ?
03:18Et puis surtout, cette cyberattaque ?
03:20Et qu'est-ce qui s'est passé ?
03:21Je ne sais pas ce qui s'est passé.
03:22Il faut demander aux Russes.
03:23Non, je plaisante.
03:24Non, mais à ceux qui le font, on ne sait pas.
03:26Mais ça ne change rien.
03:27Parce que M. Minucci, on en a parlé tout à l'heure,
03:30il y a des personnes qui sont enregistrées.
03:33Alors 15 euros, ça fait quand même un peu cher.
03:35C'est un peu cher.
03:37Après, 140 000 qui sont inscrits,
03:42ce n'est pas les 2 millions de l'époque de Hamon
03:43qui n'avaient d'ailleurs pas fait un gros score aux élections.
03:45Donc pour moi, ce n'est pas représentatif.
03:47Ça, c'est mon avis.
03:48C'est personnel.
03:49C'est-à-dire que je pense que la gauche doit se reconstruire autrement
03:52et mérite autre chose que...
03:54Alors, je ne dis pas un simulac de démocratie,
03:56mais c'est très bien que les gens participent.
03:58Mais là, franchement, ce n'est pas représentatif.
04:00Si vous avez une personne sur 300 en France qui donne un avis...
04:03Je ne sais pas, moi, j'étais maire d'une ville de 30 000 habitants.
04:05Il y avait 10 socialistes.
04:06Alors, c'est très bien que des gens adhèrent à des idées.
04:09Mais il ne faut pas être dogmatique.
04:11Il faut que le parti ne fasse pas ça pour lui,
04:13mais puisse s'ouvrir.
04:14Et les partis doivent changer maintenant.
04:16C'est fini l'époque du millénaire d'avant.
04:18Moi, je crois que maintenant, il faut écouter aussi la société
04:21puis arrêter avec les tabous, quoi.
04:22Est-ce qu'on a le droit de parler d'immigration au PS ?
04:25Oui.
04:25Est-ce qu'on a le droit de parler de sécurité ?
04:26Oui.
04:27Est-ce qu'on a le droit de discuter avec celles et ceux qui souffrent
04:29dans les régions qui ont voté aussi extrêmes
04:32parce que, d'un côté comme de l'autre,
04:34ils sentaient des choses qui n'allaient pas ?
04:36Je ne parle pas de ceux qui, politiquement,
04:38cherchent à manipuler toutes ces angoisses-là.
04:40Je parle de quelque chose de profond
04:43où, on le sait, nous, quand on a été maire,
04:46on doit rassembler parce qu'on doit travailler ensemble
04:48et vivre ensemble et ne pas avoir peur.
04:50de ne pas avoir peur de dire que les choses ne vont pas.
04:52Mais justement, quand on voit ce qui s'est quand même passé
04:54pendant cette primaire, le rassemblement,
04:55la reconstruction du parti,
04:57c'est vrai que ça a l'air compliqué
04:58entre les invectives, entre Philippe Brun
05:00qui a été exfiltré à la dernière minute.
05:02Il dit que c'est une manœuvre d'Olivier Faure.
05:04La justice le dira.
05:05Mais c'est vrai qu'on a quand même un peu le sentiment,
05:07vous savez, des anciennes combines du Parti Socialiste
05:09qui existent en réalité depuis 40 ans.
05:11Les choses ne changent pas.
05:12Et puis, comment vous voyez la suite ?
05:13Une fois que la personne sera désignée,
05:15est-ce que François Hollande va revenir en décembre ?
05:17Est-ce que ce n'est pas là, finalement ?
05:19Où est votre candidat ?
05:21Sincèrement, je n'ai pas l'habitude de me défiler.
05:25Je suis dans un parti.
05:26Vous avez l'air d'épiter.
05:27Non, mais sérieux, il faut changer le logiciel.
05:30Maintenant, il ne faut pas se livrer en spectacle.
05:33Et puis, à quoi ça sert ?
05:35Je veux dire, vous vous rendez compte ?
05:36Cinq candidats qui peuvent s'engueuler
05:39et qui ne sont pas forcément représentatifs
05:41de la population.
05:43Sans compter Karim Boimbran, François Hollande, Bernard Cazin.
05:45Je crois qu'il faut faire l'inverse.
05:46L'inverse, c'est que pensent les Françaises et les Français.
05:50Je ne sais pas, c'est à nous de les écouter,
05:52d'écouter leurs préoccupations.
05:54Ce n'est pas à nous d'écouter nos préoccupations.
05:56Enfin, je veux dire, on n'est pas dans un parti pour...
05:59On est en France, on est dans un pays.
06:01Et dans ce pays-là, le pays mérite
06:03qu'on puisse aussi élargir la participation.
06:08Donc, là, pour moi,
06:09ce n'est pas quelque chose de représentatif.
06:11Donc, moi, je ne participerai pas au vote.
06:12Par contre, je pense qu'il est nécessaire
06:15qu'un ou une candidate puisse élargir,
06:19dépasser le clan,
06:21et puis dire comment on fait maintenant
06:22ne pas aller vers ceux qui sont radicalisés,
06:27mais travailler avec l'ensemble de la population
06:29et voir comment on rassemble.
06:30C'est ça, l'intérêt.
06:31C'est ce qu'on fait au niveau des villes.
06:33Alors, je ne dis pas qu'on peut transposer le modèle
06:35au niveau national,
06:36mais je veux dire, nous, on a souffert beaucoup
06:38sur nos territoires.
06:39Et quand les gens ont besoin de quelque chose,
06:41ils ne sortent pas un drapeau en disant
06:43je suis de tel bord politique.
06:44Ils disent, voilà, on veut des transports,
06:46on veut ci, puis on parle avec tout le monde.
06:47Et à la fin, voilà,
06:49ce n'est pas le parti qui nous dit
06:52avec 5 personnes sur 30 000,
06:54on veut ça.
06:55On peut discuter,
06:57mais après, voilà.
06:59Vous avez quand même un favori ?
07:01Quelqu'un derrière qui vous aide,
07:03dont vous êtes proche,
07:04et qui, vous pensez,
07:05ouvrira un espace pour la social-démocratie ?
07:07Moi, je ne suis pas un social-démocrate,
07:10je ne suis pas dans une tendance particulière,
07:11personnellement.
07:12Je dis, je suis pour mon pays,
07:14moi, j'aime la France,
07:15j'aime ses traditions,
07:17j'aime son identité,
07:18j'aime le terroir.
07:19Moi, je suis vraiment un amoureux de la France,
07:21franchement.
07:22Et je suis un vrai patriote.
07:24Donc, je veux dire,
07:25je ne me reconnais pas dans...
07:27Enfin, je veux dire,
07:28il faut que quelqu'un puisse aussi,
07:29à un moment donné,
07:31prendre les choses à bras-le-corps
07:32et dire, voilà,
07:33on parle de choses
07:35dont les Français ont besoin.
07:37Donc, après,
07:38comment on fait quand on a 18% ?
07:40On peut s'appeler Glucksmann ou autre,
07:41et on gagne avec 50%.
07:43Comment on fait quand...
07:45Je veux dire, voilà,
07:46il ne faut pas...
07:47On s'allie avec Jean-Luc Mélenchon ?
07:49Non, ce n'est pas...
07:50Lui, il a un électorat.
07:51Il sait comment faire,
07:52c'est un malin,
07:54mais il y a une rupture.
07:55Donc, après,
07:56moi, ça ne m'intéresse même pas
07:57de parler de lui,
07:58mais il y a des Français
07:59qui lui font confiance.
08:01Et moi, je pense qu'il faut leur dire
08:02un message de...
08:03Voilà, comment on fait
08:04pour éviter d'opposer
08:07la campagne à la ville, quoi.
08:08Comment on fait pour éviter
08:09d'opposer les populations ?
08:10Il y a des problèmes en France.
08:11Il faut les régler, les problèmes.
08:14Et Mélenchon, non.
08:15Lui, il instrumentalise.
08:16Bon, après,
08:16on n'est pas là pour parler de lui, quoi.
08:18Georges Fenech.
08:19Moi, j'ai un peu sur ma faim.
08:20Quand j'écoute M. Abelot,
08:22vous dites,
08:23c'est tout à votre honneur,
08:24vous êtes un homme du terroir,
08:25vous avez été maire
08:26d'une ville de 30 000 habitants,
08:27vous rêvez d'un large consensus
08:30en réalité autour de valeurs
08:31qui sont les vôtres,
08:32mais vous êtes quand même
08:33inscrit dans un groupe politique.
08:35Vous êtes inscrit au Parti Socialiste
08:37au sein de l'Assemblée Nationale.
08:38Et vous n'arrivez pas
08:41à pencher pour l'un ou l'autre
08:43des candidats de la primaire,
08:44alors qu'il y a une élection majeure.
08:46Pardon, mais j'ai connu...
08:47Il y a du choix.
08:47C'est votre premier mandat, je crois.
08:49Moi, j'ai connu le Parti Socialiste,
08:51grand parti de gouvernement,
08:53qui, malheureusement pour lui,
08:54a fait 1,7% seulement
08:57aux dernières présidentielles.
08:58Donc c'est vraiment une traversée
09:00plus que du désert.
09:02Vous avez touché le fond, quoi.
09:03Et là, le Parti Socialiste
09:05qui a commis, à mon avis,
09:06un péché mortel,
09:07à un certain moment,
09:08c'est de s'allier
09:10d'une manière ou d'une autre
09:11pour les élections,
09:12notamment avec LFI,
09:13et ça, vous risquez d'en payer,
09:15effectivement, les conséquences.
09:16Et donc, qu'on soit socialiste
09:18ou pas socialiste,
09:19je ne suis pas socialiste,
09:20mais je ne peux que regretter
09:23cette quasi,
09:25comment dirais-je,
09:26pas inexistence,
09:27vous existez, bien sûr,
09:28mais vous ne représentez plus
09:30l'espoir
09:31qui allait soulever...
09:33Vous le savez,
09:34puisque vous étiez affilié
09:35à l'UMP,
09:36ou LR,
09:37enfin la droite,
09:39cette crise-là,
09:39tout le monde la connaît.
09:40Oui, je peux en dire autant.
09:42C'est-à-dire que, voilà.
09:42Et donc,
09:43moi, ce que je note,
09:45et le but,
09:45ce n'est pas de rentrer
09:46dans un débat conflictuel,
09:48c'est de discuter,
09:49et c'est très bien
09:49qu'on puisse échanger
09:50pour dire que maintenant,
09:51c'est fini l'époque
09:52où les élus sont des moutons.
09:54À l'époque,
09:54on pouvait être 300 socialistes,
09:56être dans des majorités,
09:57puis baisser la tête
09:57et aller dans le sens
09:58qu'on nous disait.
09:59Maintenant, moi,
09:59j'ai ma liberté,
10:00j'essaie d'être cohérent
10:01avec mon parti, certes,
10:03mais après,
10:03on n'est pas là pour un parti,
10:04on est là pour une population.
10:06Et quand on est élu,
10:06on est élu de tout le monde.
10:08Et donc,
10:08on ne doit pas avoir des clichés
10:10et on peut aussi discuter.
10:11Moi, je suis...
10:12Vous savez,
10:12j'ai fait une loi,
10:13on en parlait tout à l'heure aussi,
10:14sur les parkings gratuits
10:15dans les hôpitaux en France.
10:16Très bonne chose.
10:17Je l'ai fait de manière transpartisane.
10:19Moi, j'ai refusé de la faire
10:19de manière dogmatique.
10:21On est là pour les Français,
10:22on doit les associer
10:23et essayer de les écouter.
10:25Donc après,
10:26droite, gauche, etc.,
10:27qu'importe.
10:27Le principal,
10:28c'est comment on avance.
10:29Voilà.
10:31Et là, d'ailleurs,
10:33sur cette loi,
10:34le Sénat doit la discuter.
10:36Moi, je ne suis pas assez
10:38impliqué dans les réseaux.
10:40Un grand merci Stéphane Ablo,
10:42député PS de Meurtre et Moselle,
10:43d'être venu dans Europe 1 Soir Week-end.
10:45Dans un instant,
10:46avec Éric Tecner et Georges Fenech,
10:47nous reviendrons sur ces blocus lycéens.
10:50Bien sûr,
10:50à tout de suite sur Europe 1.