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  • il y a 14 minutes
Retrouvez le replay de Hammett Week-end sur BFMTV.

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00:00Une question dans l'actualité ce vendredi, 3000 enseignants remplaçants annoncés par le ministre.
00:06D'où viennent-ils ? Que faisaient-ils jusque-là ?
00:08Et surtout, cela permettra-t-il de calmer la colère alors que les lycéens se donnent déjà rendez-vous mardi
00:13prochain ?
00:14Écoutez les précisions ce matin du ministre de l'Éducation.
00:17J'ai demandé à ce qu'on identifie l'ensemble des professeurs remplaçants,
00:22ce qu'on appelle les titulaires de zone de remplacement dans notre jargon,
00:25donc les professeurs remplaçants, qui n'étaient pas affectés devant un élève.
00:28Et il y en a très précisément 3024.
00:31Il y a plusieurs centaines de recrutements supplémentaires.
00:33Donc oui, on avoisinera probablement au total, avec tout ce qu'on libère,
00:37on avoisinera probablement, on tutoiera probablement les 4000 équivalents temps plein.
00:41Est-ce que c'est suffisant ? On va en parler avec nos invités.
00:44Céline Géraud, responsable communication et porte-parole de la campagne de Gabriel Attal.
00:48Bonsoir et bienvenue.
00:50Jennifer Haas, vous êtes vice-présidente des Jeunes Républicains, soutien de Bruno Retailleau.
00:54Bonsoir, bienvenue à vos côtés.
00:56Mathis Aversinck, étudiant parisien, militant NPA, jeune révolutionnaire.
01:01Bonsoir et bienvenue.
01:02On est également avec Yusri Mefta, élève en première générale au lycée Berthelot à Pantin.
01:08Bienvenue à vous sur ce plateau.
01:09À vos côtés, Delphine Girard, professeure de lettres classiques dans un collège du Val-de-Marne.
01:14Bonjour.
01:14Boris Karlamoff est également avec nous, puisqu'on analysera à nouveau ces images de cette voiture de policier qui a
01:21foncé sur une foule de manifestants à Dunkerque.
01:24Première question à vous, Mathis Aversinck.
01:26Vous dites quoi au gouvernement ? C'est déjà un premier pas ?
01:31Non, ce n'est absolument pas un premier pas.
01:33En fait, déjà, on va se demander pourquoi ces professeurs n'étaient pas déjà devant des élèves.
01:38Mais surtout, il y a eu des plans sociaux massifs, notamment à l'Académie de Créteil en début d'année.
01:42Des contractuels qui faisaient cours année après année et qui, cette année, on a dit qu'ils ne reviendraient pas
01:48devant leurs élèves.
01:49On voit qu'il y a un manque de moyens qui est flagrant.
01:51Et là, ce n'est même pas du bricolage.
01:53En réalité, c'est même plutôt du bluff.
01:55Les mesures que demandent, en réalité, les lycéens et lycéens...
01:58Ce n'est pas du bluff.
01:59On va voir ce qui va se passer.
02:00L'annonce a été faite.
02:01Il parle de 3 000 enseignants qui vont venir remplacer.
02:02Il y a des endroits où on voit des contractuels, déjà, qui étaient dans des collèges, être plutôt envoyés dans
02:07des lycées.
02:08Est-ce qu'on va prendre en collégien pour donner aux lycéens ?
02:11Non, en réalité, c'est quand même plutôt du bluff.
02:13Comme, d'ailleurs, la plateforme qu'ils ont mis en avant.
02:17Les lycéens et les lycéennes, là, ce qu'ils demandent, c'est très clair, c'est la fin de Parcoursup.
02:20Enfin, ils demandent également ceci.
02:23Ils ont fait une liste de 10 revendications.
02:26Mais parmi elles, il y avait cette question-là du remplacement des professeurs absents.
02:31Est-ce que vous partagez, Yousri Mefta, ce point de vue ?
02:34C'est-à-dire, c'est que du bricolage, c'est du bluff et on n'est pas du tout
02:37satisfait ?
02:38Alors, je suis un peu sur cet avis aussi.
02:41Mais je pense qu'on devrait attendre un peu, le début de la semaine prochaine,
02:45pour voir ce que ça donne.
02:47Mais c'est vrai que ce n'est pas la première priorité du mois de juin, du coup, à Pantin,
02:53dans l'île de France.
02:54C'est quoi la priorité à Pantin ?
02:55La priorité, pour l'instant, c'est le bâti scolaire, les bâtiments ainsi que la cantine.
02:59Donc, j'ai pu montrer il y a quelques jours, ici à BFM, sur un forum,
03:05la cantine du lycée et surtout le bâti scolaire qui est vraiment invivable.
03:10Il faut des rénovations, il faut un changement, il faut des garanties.
03:14C'est ça, donc, les priorités.
03:16Alors, ça, on va y revenir sur les autres revendications,
03:19mais sur celles-ci en particulier, les 3 000 professeurs, Delphine Girard.
03:22Quel est votre regard ? On est quand même un petit peu surpris,
03:24parce qu'on apprend donc qu'il y avait 3 000 enseignants un peu en veille
03:30qui attendaient, en gros, d'être appelés et qui n'étaient pas utilisés.
03:35Alors, la vérité, c'est que je ne partage pas votre surprise parce que je suis prof
03:39et que nous, nous le savons, mais je conçois que la population partage votre étonnement
03:42et c'est un problème parce que ça donne effectivement un sentiment de bricolage
03:46alors que néanmoins, le ministre répond quand même à l'urgence première
03:49qui est d'avoir un professeur devant chaque classe.
03:52Et ça, c'est vraiment la revendication la plus indiscutable,
03:56la plus partagée, la plus urgente.
03:57On y répond d'une manière qui a l'air un petit peu circonstancielle,
04:00un petit peu légère, il est vrai, mais en tout cas, on répond.
04:03Pourquoi légère ?
04:05Parce qu'on a besoin de davantage de recrutement,
04:08on a besoin d'ouvrir des postes, en réalité.
04:09On a besoin non seulement de vacataires, mais du titulaire.
04:13On a besoin d'avoir un vrai recrutement, une vraie politique de recrutement.
04:17On a une crise de recrutement qui fait partie inhérente du problème
04:20que connaît la profession actuellement.
04:23Et ça, ça va devoir être pris à bras-le-corps de manière bien plus globale,
04:27bien plus sérieuse.
04:28Mais l'urgence, c'était de répondre à la nécessité de mettre un prof dans chaque élève.
04:32On ne peut pas dire, là au moins, que le ministre ne fait pas un effort
04:34pour entendre les revendications premières.
04:36Antoine Oberdorf, juste qu'on comprenne bien,
04:38d'où sortent-ils ces milliers d'enseignants ?
04:42D'ailleurs, on vient de l'entendre, Édouard Geffray, le ministre de l'Éducation,
04:45qui dit que ça va même aller jusqu'à 4000, en fait, si on fait le calcul.
04:48De quoi parle-t-il concrètement ?
04:50Et qui sont ces enseignants qui vont donc arriver en rapport ?
04:53Ces titulaires sur zone de remplacement,
04:55ce sont des titulaires, non pas des contractuels,
04:58de l'enseignement public,
04:59qui sont dans toutes les académies de français de Navarre
05:02et qui se tiennent prêts à pallier à des absences,
05:05à des arrêts maladie de certains de leurs collègues professeurs.
05:08Donc, cette armée de réserve, effectivement, elle est disponible,
05:11et on le sait.
05:12Maintenant, c'est là où ça sent évidemment l'improvisation
05:16de la part d'Édouard Geffray,
05:17c'est qu'un professeur, jusqu'à preuve du contraire,
05:19n'est pas interchangeable avec un autre professeur
05:21en fonction de la matière qu'il dispense.
05:23Et la première réaction des personnels administratifs a été de dire
05:26« Très bien, mais qu'est-ce qui nous prouve
05:28que ces professeurs répondent aux besoins des disciplines
05:33qui sont les plus en tension ?
05:34Va-t-on se retrouver dans des configurations ?
05:37Avec un professeur de français qui va donner des cours de maths ? »
05:40Et c'est ce que d'ailleurs dit en substance Édouard Geffray
05:42quand il dit qu'au fond, si on a affaire à un professeur d'art plastique,
05:45je vous dis n'importe quoi,
05:48qui devait pallier à l'absence d'un professeur des mathématiques,
05:51eh bien, au moins, ça permettrait d'encadrer les enfants.
05:53Donc, l'information du jour, c'est qu'en réalité,
05:56les professeurs dans notre pays sont désormais
05:57voués à des opérations de gardiennage des lycéens.
06:00C'est vraiment ça ?
06:02On se dirige vers une opération de gardiennage ?
06:04Ça ne sent pas très sérieux ?
06:06En tout cas, c'est une solution, je suis d'accord.
06:08Effectivement, il y a ce sujet.
06:09Math français, c'est les deux matières en tension.
06:12Et vous avez raison quand vous dites qu'il y a un problème d'attractivité.
06:15Mais pour rendre, effectivement, ce métier plus attractif,
06:19il faut redonner envie, effectivement, aux Français
06:21de tenter les concours.
06:22Et c'est tout l'enjeu du plan, justement, de Gabriel Attal,
06:25de rechanger le système,
06:27c'est-à-dire de revaloriser déjà les salaires des professeurs
06:29à hauteur de 200 euros et de 60 euros.
06:30Mais là, sur la réponse à la crise,
06:32sur la réponse du ministre de l'Éducation,
06:34de dire, je mets jusqu'à 4000 enseignants sur la table
06:38pour pallier ces problèmes de non-replacement.
06:42Je suis porte-parole de Gabriel Attal, pas du gouvernement.
06:45Non, mais vous soutenez normalement le gouvernement aussi.
06:47Voilà, il y a un porte-parole.
06:48En tout cas, ce qui est sûr, c'est que ces mesures,
06:50elles sont peut-être stratégiquement mises en place
06:54pour apaiser, sans doute un peu, la colère.
06:56En disant, voilà, on essaie de trouver des solutions,
06:58j'imagine, tout de suite, comme ça, dans l'urgence,
07:01avec les problématiques que vous soulevez.
07:03Et je pense que c'est juste un pansement,
07:05plus qu'une solution.
07:06Et je pense qu'il y a vraiment un vrai travail de fond à entamer.
07:09Donc, ce n'est pas une solution pérenne, Jennifer Haas ?
07:11Bon, il y a plusieurs sujets.
07:14Vous l'avez dit, déjà, premièrement, d'où viennent-ils ?
07:16Donc ça, c'est une très, très bonne question.
07:17Je réagis aussi sur le fait que le sujet d'avoir une réserve de professeurs
07:22est assez inquiétant, parce que normalement,
07:24ces professeurs devraient être devant des élèves.
07:26Mais moi, je vais surtout réagir sur ce que j'ai entendu
07:28des deux autres jeunes qui sont sur le plateau,
07:30qui ont dit, ce n'est absolument pas la priorité.
07:33Alors, on nous parle de parcours sup,
07:35on nous parle du bâti scolaire.
07:38Bien évidemment que c'est la priorité d'avoir un enseignant,
07:41d'avoir un professeur devant chaque classe.
07:43Donc moi, je pense qu'en réalité,
07:45le gouvernement pense répondre à la crise.
07:47En apportant des solutions, ou des pseudo-solutions,
07:50en apportant en tout cas des professeurs,
07:52la réalité, c'est que ce qu'on voit là, sur les images,
07:54ces derniers jours, ça n'a rien à voir
07:56avec des revendications éducatives.
07:58En réalité, toutes les violences que l'on voit,
08:00tous les blocages que l'on voit,
08:02en fait, c'est très simple.
08:03Vous avez la fameuse plateforme de consultation nationale.
08:06J'ai bien écouté le ministre de l'Éducation nationale.
08:09Il a accueilli déjà, je crois, 43 000 témoignages.
08:11Il a dit, 66 000 lycéens ont répondu, il me semble.
08:13C'est le chiffre que j'ai retenu.
08:15On a 2 500 000 lycéens dans ce pays.
08:19Alors, il y a deux hypothèses.
08:20La première, c'est que les bloqueurs et les casseurs
08:23ne veulent absolument pas apporter des solutions.
08:25La seconde, ce serait qu'en réalité,
08:27la grande majorité des lycéens sont bien dans leur lycée
08:31et qui n'ont pas forcément besoin de se mêler
08:34à cette mobilisation qui, pour moi...
08:36C'est que les gadgets démocratiques inventés par la Macronie
08:39et finis par lasser les gens,
08:40on sait quel sort a été réservé...
08:42Je ne défendais pas la Macronie,
08:43alors pour le coup, je ne suis pas l'air pour défendre la Macronie.
08:45Mais il y a un vrai sujet, en tout cas, sur le recrutement.
08:47Alors, tout le monde dit, il faut recruter plein de professeurs,
08:49comme si on avait des tas de candidats qui se bousculaient au portail,
08:52alors que ce n'est absolument pas le cas.
08:53On ne parle jamais des questions des affectations.
08:56Pour moi, il faut décentraliser complètement l'éducation nationale.
09:00C'est la proposition de Bruno Retailleau
09:02dans son projet École décentralisée.
09:04Il veut des écoles normales de professorat régionales,
09:08c'est-à-dire avec des professeurs qui sont formés dans leur région
09:11et qui, ensuite, seront affectés proches de chez eux.
09:15Parce qu'on peut poser la question
09:17d'aller mettre un professeur devant chaque élève
09:19s'il n'y a pas de professeur qui est disponible
09:22et qui est proche de son domicile.
09:24C'est ça, moi, en tout cas, ce que j'ai entendu de beaucoup de professeurs.
09:27Après, on peut peut-être aussi encore en discuter avec vous.
09:29C'est que beaucoup nous disent,
09:30mais moi, je n'ai pas envie d'aller travailler à plus de deux heures de chez moi.
09:32Et en général, ce sont les jeunes,
09:33les jeunes professeurs qu'on envoie le plus loin de chez eux.
09:36Donc ça, c'est un vrai sujet.
09:37Et je pense qu'il faut décentraliser vraiment l'éducation nationale.
09:40Et ça, c'est le risque ?
09:40Honnêtement, je ne pense pas...
09:42Alors, je ne parle pas pour les enseignants en général,
09:44mais j'enseigne depuis quand même 23 ans.
09:46Je suis la tête d'un collectif de plusieurs centaines d'enseignants
09:49qui défendent la laïcité en milieu scolaire.
09:50Je n'ai jamais entendu dire que le sujet de la décentralisation du recrutement
09:55était un cheval de bataille des enseignants.
09:57Très honnêtement, ce qui permettrait de redorer le blason de la profession,
10:01c'est d'abord les questions salariales de toute évidence,
10:04surtout en début de carrière.
10:05Et c'est naturellement les conditions de travail.
10:07C'est-à-dire que, pour être tout à fait honnête,
10:09les revendications des enseignants sont assez proches de celles des lycéens.
10:12C'est-à-dire, elles consistent à réclamer des conditions de travail
10:16qui soient décentes, qui soient surtout équitables sur le territoire national
10:20et qui soient dignes pour tout le monde.
10:23Pour ça, ça passe d'une part par des locaux en bon état, partout.
10:27Mais ça, pardonnez-moi...
10:28Ça passe par un investissement de l'institution qui soit égale,
10:32qui soit le même dans toutes les zones du pays.
10:35Et ça demande, évidemment, des professeurs qui soient suffisamment rémunérés,
10:39suffisamment considérés par l'institution,
10:41pour avoir envie de s'engager toute leur carrière dans cette voie.
10:43Et redonner un vrai pouvoir, peut-être, pardon,
10:45aux directeurs d'école ou aux chefs d'établissement,
10:48qui souvent se heurtent à la longueur des process,
10:52aux normes, au fait qu'ils doivent passer par le rectorat,
10:54qu'il y a toujours forcément une certaine lenteur
10:56qui permet justement de pallier au remplacement des profs.
10:59Donc il y a sans doute aussi des choses à gagner de ce côté-là.
11:02Il y a certainement de l'efficacité à gagner dans la machine de l'éducation nationale.
11:06C'est vrai que c'est un mammouth, comme disait Alec, c'est la vérité.
11:08Et la question de ces professeurs réservistes en est une preuve.
11:11Même si c'est une goutte d'eau, 4 000 professeurs,
11:13on est 800 000 quand même, on est 800 000 enseignants.
11:15C'est une goutte d'eau, mais surtout ça donne l'impression,
11:17effectivement, d'un bricolage et d'une institution
11:20qui n'est pas optimisée dans son fonctionnement.
11:21Encore une fois, je ne crois pas que ce soit ça
11:23qui participe de la crise de la vocation.
11:26Pourquoi vous ne participez pas plus à cette plateforme
11:29qu'évoquait à l'instant votre voisine ?
11:31Alors moi, j'ai effectivement le chiffre de 43 000 contributions enregistrées,
11:35en tout cas hier.
11:38Pourquoi ne pas faire valoir ce qui vous semble important,
11:43les évolutions qu'il faut absolument mettre en œuvre
11:45puisque le gouvernement a promis de les intégrer
11:49au projet de budget à venir ?
11:50Non mais les lycéens, et nous maintenant les étudiants,
11:53puisque les étudiants ont aussi rejoint le mouvement en masse,
11:55ça fait déjà deux semaines qu'on met en avant nos revendications.
11:58On les voit sur les pancartes, on les voit dans la rue,
12:00on les voit en manifestation, et on sait très bien
12:03où est-ce qu'elle va finir.
12:04Cette nouvelle plateforme participative, elle va finir à la poubelle
12:07comme celle de la grande convention climat,
12:09celle du débat des gilets jaunes.
12:11Ça, les lycéens, ils l'ont vu.
12:12Donc quelle serait la mesure que vous vous demandez
12:15et qui pourrait permettre de mettre un terme
12:17à ces manifestations qu'on voit maintenant chaque semaine ?
12:19Par exemple, la fin du tri social,
12:21la fin de Parcoursup, la fin de mon master,
12:23la fin en fait de toute une logique de société
12:25qui vise à chaque fois à mettre les élèves en compétition
12:28les uns avec les autres.
12:30Ça a à voir avec les moyens.
12:31Et d'ailleurs, ça a à voir avec les moyens
12:32parce que ce qui se passe en permanence,
12:34c'est qu'on limite le nombre de places à l'université,
12:36on les limite à l'entrée en licence,
12:37on les limite à l'entrée en masseur.
12:39On devrait les limiter beaucoup plus.
12:39Oui, parce que vous ne voulez peut-être pas
12:41que certaines personnes aient accès à l'éducation.
12:43Je peux le comprendre vu votre combat politique.
12:45Pour vous, c'est uniquement
12:48comme envoyer la police contre les pauvres.
12:50C'est le bilan de la droite au pouvoir, évidemment.
12:53Donc la réalité, c'est exactement ce qui se passe en ce moment.
12:57Il suffit de voir aujourd'hui.
12:58Plus de 6500 interpellations,
13:01il n'y aura aucune négociation aujourd'hui
13:02tant que les poursuites continuent.
13:03La mobilisation est complètement urbaine.
13:05Mais ne faut-il pas, monsieur ?
13:07Elle continuera cette mobilisation.
13:08Là, il y a des dizaines de milliers de lycéens
13:10et d'étudiants dans la rue.
13:12On a vu les profs, effectivement, les rejoindre.
13:14Derrière, c'est une question de société.
13:16C'est une question de société,
13:17de manque de moyens,
13:18de conditionnaliser les lycéens.
13:20Les lycéens mettent ça en avant.
13:22Je comprends que vous n'alliez pas les voir
13:23parce que vous serez très, très mal accueillis.
13:26C'est évident.
13:27Mais la réalité aujourd'hui,
13:28c'est que la mobilisation, elle va continuer.
13:30Les annonces du gouvernement
13:31n'ont évidemment rien calmer.
13:32Elle va vraiment continuer cette mobilisation ?
13:33Vous avez vu ce que dit l'exécutif
13:36qui parle d'une décélération.
13:38Quand on regarde les chiffres,
13:39aujourd'hui, c'est un peu moins de 150 lycées
13:40qui restent fermés.
13:41On a quand même l'impression,
13:43effectivement, d'un rythme
13:45un peu moins soutenu que ces derniers jours.
13:47Quand on met 5 CRS pour un lycéen
13:49à la porte de tous les lycées,
13:50qu'on ferme administrativement
13:52presque la majorité des universités,
13:54on peut dire, oui, regardez,
13:55il y a moins de grèves dans les lycées.
13:56Mais regardez la manifestation de jeudi dernier.
13:59Il y avait encore des dizaines
14:00de milliers de jeunes et d'étudiants dans la rue.
14:03Le mouvement, nous, ce qu'on voit,
14:04c'est qu'il s'intensifie.
14:05Des lycées qui n'avaient pas commencé à se mobiliser...
14:06Vous vous dites qu'il s'intensifie.
14:07Bien sûr.
14:08Et d'ailleurs, on pense que ça va même continuer
14:09avec le 17 octobre, qu'on va voir d'autres secteurs
14:12du monde du travail nous rejoindre.
14:14Et le fait est que, là, mardi,
14:16il va y avoir une nouvelle journée massive,
14:18massive de mobilisation
14:19avec un appel à marcher sur Matignon à Paris.
14:22Et ça, il va y avoir...
14:23À marcher sur Matignon ?
14:24Je m'arrête.
14:25Pardon, pardon.
14:25Ça veut dire quoi, marcher sur Matignon ?
14:27La prise du palais d'hiver, pourquoi pas ?
14:28Ça veut dire quoi, pardon, marcher sur Matignon ?
14:31Ça veut dire que les lycéens, les lycéennes
14:33et les étudiants et tous les secteurs
14:34qui vont nous rejoindre,
14:35ils vont aller à Matignon
14:36pour porter leur combat.
14:38Ils vont continuer de se mobiliser
14:40parce que la réalité, c'est que, de toute façon,
14:42c'est très bien qu'on n'obtiendra rien
14:43sans lutte.
14:44Que si on ne se bat pas,
14:46on n'obtiendra absolument rien.
14:47Parce que c'est ce que le gouvernement
14:49et tous les gouvernements successifs,
14:50on se rappelle de M. Attal et des autres,
14:52c'est ce qu'ils nous ont montré.
14:53Si on ne se bat pas,
14:54on n'obtient rien sinon la répression,
14:57la répression, la répression.
14:58Donc, cette société-là,
14:59les lycéens et les étudiants...
15:00Juste dans les faits,
15:01marcher sur Matignon,
15:02ça veut dire quoi ?
15:02Vous allez manifester devant les portes de Matignon ?
15:05Vous verrez mardi.
15:06Vous verrez des dizaines de milliers
15:08de lycéens, d'étudiants,
15:09peut-être même d'autres secteurs du monde
15:10qui vont marcher pour défendre
15:13leurs revendications.
15:14Et on espère que tous les autres secteurs
15:17de la société vont nous rejoindre.
15:18Alors, ça fait évidemment que vous pourrez agir.
15:20C'est pas possible.
15:20On ne peut pas laisser dire ça.
15:21Mon enseignant, je tiens beaucoup
15:22au message des lycéens.
15:24Moi qui tiens à leur doléance
15:25et à leur revendication,
15:26moi qui les fais mienne
15:27en tant qu'acteur du monde pédagogique,
15:29je déplore effectivement
15:30ce mode de revendication.
15:32Je déplore que vous souhaitiez
15:33marcher sur Matignon
15:34et agréger d'autres causes
15:36que celles que portent les lycéens.
15:38Parce que moi, étant attachée justement
15:40à ce que défendent les lycéens aujourd'hui
15:42pour l'éducation nationale,
15:43je considère que noyer la lutte
15:45en y agrégeant des mouvements
15:47qui sont politiques
15:50avec des revendications
15:52qui sont d'un autre ordre.
15:53D'une part, c'est noyer le message
15:54et d'autre part,
15:56c'est se diriger vers une violence
15:58qui est contre-productive pour les messieurs.
16:00Le terme marcher sur Matignon
16:01est violent.
16:02Est-ce que vous vous rendez compte ?
16:04Vous vous en rendez compte ?
16:05Mais la violence,
16:06c'est les 6500 interpellations
16:08de lycéens et lycéennes.
16:09C'est des lycéens et lycéennes
16:10qui sont éborgnés,
16:11qui perdent leurs mains,
16:12qui perdent leurs mains,
16:13ça a été...
16:14Jusqu'où est-ce que le gouvernement
16:15va aller pour faire faire
16:16la fin à lycéenne ?
16:17Jusqu'o est-ce qu'il va aller ?
16:19Là, aujourd'hui, moi, je condamne
16:20les violences exercées
16:23par le gouvernement
16:24qui ont pris contre des professeurs
16:25qui défendent leurs élèves.
16:27C'est cette violence-là,
16:28c'est la violence sociale
16:29qui est exercée aujourd'hui
16:29contre tous les secteurs
16:31de la société.
16:32Non, mais là, on voit
16:33qu'on est en réalité
16:34à un carrefour de cette mobilisation
16:37où, d'un côté,
16:38il y a la recherche
16:39d'un débouché politique
16:40et j'observe que
16:41le front syndical lycéen
16:43commence à se fracturer
16:44en réalité
16:45sur ses franges
16:47les plus réformistes,
16:48notamment avec
16:48le renouveau lycéen
16:49et ainsi de suite,
16:50et de l'autre,
16:51un débouché
16:52qui se veut
16:52beaucoup plus protestataire
16:53jusqu'au boutiste,
16:54pourquoi pas insurrectionnel,
16:56avec le NPA,
16:58Révolution Permanente,
16:59l'Union Syndicale Lycéenne
17:00qui veulent aller crescendo.
17:02Moi, simplement,
17:03j'aimerais qu'on remette
17:04des mots
17:05derrière les expressions
17:07que vous employez.
17:08trisociales.
17:09Trisociales sur Parcoursup.
17:10Parcoursup est une matrice
17:12de sélection,
17:13effectivement.
17:14Parmi les propositions
17:16d'amélioration
17:17qui sont faites
17:17de Parcoursup,
17:18il y a le fait
17:18de rendre impossible
17:22le fait de savoir
17:23de quel établissement
17:24vient un étudiant
17:25pour que la réputation même
17:28de son lycée
17:28n'impacte pas sa scolarité.
17:30C'est déjà fou
17:31que c'est fonctionné
17:32comme ça jusque-là,
17:32en réalité.
17:33Ça veut dire que jusque-là,
17:34effectivement,
17:35quand on vient d'une banlieue,
17:36quand on vient d'une ville
17:38de province,
17:39on n'a pas les mêmes chances
17:40qu'un étudiant.
17:40Oui, rassurement.
17:41Mais c'est quand même
17:42assez impressionnant.
17:44Et ça, c'est la société
17:45qu'on voit partout.
17:46C'est pas seulement les lycéens.
17:48On n'est pas obligé
17:49de se crier dessus.
17:49Simplement, une chose.
17:51Ce type d'avancée-là,
17:52vous les assimilerez
17:53sans doute à des miettes.
17:55Simplement,
17:55pour les générations
17:57à venir de lycéens
17:57qui n'auront plus
17:58à subir précisément
18:00la relégation de leur lycée,
18:02la mauvaise réputation
18:02de leur lycée,
18:03qu'ils soient d'ailleurs
18:03dans le 93
18:04ou de l'endroit
18:05dont je viens,
18:05par exemple,
18:05dans le Gers.
18:06Tous les lycées
18:07n'ont pas bonne réputation
18:08forcément dans certains
18:09territoires ruraux.
18:10C'est une avancée.
18:11Vous assimilerez ça
18:12à des miettes.
18:12D'autres prendront ces gains.
18:14Et c'est le carrefour
18:16où nous sommes aujourd'hui
18:16dans cette mobilisation lycienne.
18:17Je pense que le sujet aussi,
18:19vous parlez de parcours sub du tri,
18:20je pense que c'est le niveau
18:21d'exigence aussi
18:22qu'il faut peut-être relever
18:23parce qu'aujourd'hui,
18:23on a oublié finalement
18:25qu'il y a des passerelles,
18:27des étapes
18:27et c'est pour ça
18:27que Gabriel Attal
18:28proposait un certificat d'études
18:29à la sortie du primaire
18:31pour éviter qu'un enfant
18:32de 11 ans
18:33se noie complètement
18:34jusqu'à ce qu'il ait 15 ans,
18:36qu'on remette effectivement
18:37le brevet obligatoire,
18:38qu'il y ait un dédoublement
18:39des classes,
18:41mais qui a été décricoté
18:43par les sujets.
18:44Mais Gabriel Attal
18:44vous promettez
18:45un choc des savoirs.
18:46Moi, le seul choc que j'ai eu,
18:47c'est quand j'ai vu
18:47le classement PISA.
18:48Oui, mais ça,
18:525% depuis 10 ans.
18:53Aujourd'hui, on parle d'avenir.
18:54Arrêtons de parler du passé.
18:55Retournons.
18:55Pardon, mais c'est un bilan.
18:57C'est un bilan.
18:57Il a quand même été au banal.
18:59Mais vous ne faites que parler du bilan.
19:00Si on parle de l'avenir,
19:01est-ce qu'on ne peut pas
19:01essayer de revoir le système ?
19:03On est en train de discuter
19:03entre gens qui ont envie
19:05que ces revendications
19:06qui sont légitimes
19:07soient entendues
19:08et qu'on avance
19:08pour faire progresser cette...
19:09En tout cas, ça mesure par...
19:10Et qu'on ait des ouvriers,
19:11des scientifiques,
19:11des ingénieurs
19:12qui soient tous là.
19:13Le conditionnement du brevet
19:14est pour le passage en seconde.
19:16En tout cas,
19:17le gouvernement est rône
19:18et rône que le niveau d'exigence
19:21aujourd'hui,
19:21c'est quelque chose
19:22qui n'existe plus.
19:23Je suis d'accord avec vous,
19:25mais le problème,
19:25c'est que quand vous êtes
19:25en responsabilité,
19:26dans l'impôt noir,
19:28un parcours sur...
19:28Vous êtes en responsabilité,
19:29vous ne le faites pas.
19:29Je suis porte-parole
19:30de Gabriel Attal aujourd'hui.
19:31Qui a été en responsabilité.
19:32Et bien sûr,
19:33pendant 6 mois, exactement.
19:35Et pendant 6 mois,
19:35il a fait beaucoup d'effets d'annonce.
19:36Il a fait beaucoup d'effets d'annonce.
19:38Ça fait 2 mois.
19:38Oui, comme Bruno Rochayon,
19:39nous a parlé d'une mesure
19:41par sur le brevet.
19:42C'est tellement facile
19:43de revenir sur le passé,
19:44de refuser,
19:45de regarder ce qui se passe devant.
19:46Vous avez toujours tendance
19:47à regarder derrière.
19:48En tout cas,
19:49on est en train de se demander
19:50d'éliminer des candidats
19:52pour notre jeunesse.
19:53D'éliminer des candidats
19:54qu'on a déjà essayés.
19:55C'est un chantier
19:55qui a besoin de repères
19:56et de confiance
19:57et d'empathie.
19:58Et quand j'entends monsieur,
19:59je ne suis pas forcément
20:00d'accord avec tout.
20:01Mais il y a en tout cas
20:01une ambition,
20:02c'est celle d'écouter
20:03cette jeunesse
20:04et de changer leur bâti.
20:06Mais écoutez la jeunesse,
20:08c'est celle qui ne s'exprime pas.
20:09Celle qui ne s'exprime pas,
20:11mais celle qui s'exprime,
20:12ça fait dix ans
20:12qu'ils s'expriment,
20:13peut-être qu'on peut commencer
20:14véritablement à imaginer
20:15un nouveau système.
20:16Et c'est tout l'enjeu
20:16de la campagne de Gabriel Attal
20:18qui justement proposera d'ailleurs,
20:19j'en profite,
20:20demain au Métis de Lyon,
20:21un grand pacte pour la jeunesse
20:22avec des annonces très importantes.
20:23On suivra ça évidemment
20:24sur BFM TV.

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