Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 13 minutes
Retrouvez le replay de Fauvelle Week-end sur BFMTV.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00L'absence des profs, Edouard Geffray nous dit, le ministre de l'éducation nationale,
00:05j'ai trouvé la solution grâce à un logiciel d'intelligence artificielle.
00:09On va pouvoir répartir beaucoup plus vite la réserve en quelque sorte de profs remplaçants
00:14et il promet que dès mardi, dans trois jours, il y aura 3000, même un peu plus,
00:183000 profs remplaçants qui seront en classe.
00:21Ça y est, je vous vois sourire Nicolas Demelac parce que c'est vrai que depuis qu'Edouard Geffray a
00:25fait cette annonce,
00:26on se dit où est-ce qu'ils étaient.
00:27On a entendu les témoignages des professeurs qui étaient pour le moins sceptiques, interrogatifs et dubitatifs.
00:34Donc c'est le premier point.
00:36Mais il y a au moins qu'il donne un signe tardif, tardif, parce que quand même dans tout ça,
00:41ce qu'on n'a pas dit c'est qu'ils s'y sont pris vraiment comme des manches.
00:44C'est-à-dire qu'ils ont tardé, ils ont attendu, etc.
00:47Mais moi, bon pardon, je vais vous parler puisque vous avez cité de vous parler, comme on disait autrefois,
00:51moi j'ai fait des manifs durs en mai 68, les mots d'ordre c'était quand même
00:55« Soyez réaliste, demandez l'impossible » ou bien sous les pavés de la plage.
00:58Donc je suis allé voir.
00:59Vous voulez dire quoi ? Que vous les trouvez très calmes aujourd'hui ?
01:01Ils étaient incroyablement sages et revendicatifs avec beaucoup de filles d'ailleurs
01:05et une ambiance hyper, hyper sympathique.
01:08Je vous sens enthousiaste de ces manifs.
01:08Non mais parce qu'il fallait aller au centre, il fallait au centre et pas du tout suivre
01:15ce que dit Yves Tréhard en disant « c'est la fin de l'autorité », etc.
01:18Au contraire, ils réclament des profs qui soient en face d'eux, ils réclament des chaises,
01:23des tables, ils veulent travailler, c'est extraordinaire.
01:26Moi je ne veux pas qu'on passe sous silence les 60 conférences qui ont été tapés.
01:29Mais j'y viens ! Mais attendez, simplement je parle du plus général.
01:33Alors que vous avez présenté le particulier comme étant le général, je vais me permettre
01:38de remettre un peu de général qui était quand même une atmosphère, pas celle que
01:42vous décrivez.
01:43Mais c'est vrai qu'il y a une marge beaucoup plus importante à chaque année, d'ailleurs
01:48pas seulement dans les manifestations lycéennes mais dans les manifestations du PSG, etc.
01:53qui elle, monte de violence en violence et que si on ne trouve pas des réponses vraiment
01:59de fermeté et juridique, on aura des morts là.
02:02Vous disiez, est-ce qu'on aura des morts ?
02:04Oui, on en aura parce que là, moi je trouve qu'effectivement, les attaques contre les
02:07profs, je n'avais jamais vu ça.
02:09Je veux dire, même nous quand on était déchaînés.
02:10Même en mètre 68 ?
02:11Ah non, on écrivait au tableau, ne dis pas bonjour monsieur le professeur, dites crève
02:15salope, mais c'était ceux qu'on n'aimait pas du tout et jamais on avait un geste
02:18ou quoi que ce soit.
02:19On ne les décapitait pas les profs.
02:20Je veux dire, c'était...
02:21Non mais en 68, c'était les maîtres.
02:23C'était les maîtres.
02:24En 68, il y avait quand même des cocktails monotov qui ont été jetés contre des
02:29Et les mots d'ordre, c'était quand même CRSSS, qui est un mot d'ordre que je trouve
02:36fond, qui est en 68.
02:37Je dis ça parce que je vous ai déjà raconté, quand je vois qu'une gamine de chez moi a
02:39passé une nuit parce qu'elle avait écrit « Acab » sur son petit ventre, on est aussi
02:43dans une manière où la police est rentrée dans quelque chose qui me semble totalement
02:47démesuré.
02:48Ça ne vous choque pas, ça, Acab ?
02:50Non mais je veux dire, ce n'est pas le sujet.
02:51Vous savez, moi j'aime Georges Brassens, Hécatombe, qui dit « On adore les flics
02:55sous la forme de Maccabée », les chansons de Renaud.
02:57Toute la culture française, on aime ou on n'aime pas, est quand même marquée par
03:00un côté anti-curé, anti-flic.
03:02Si maintenant une gamine de 15 ans, si les fonctionnaires de police n'ont rien de
03:04ma faire qu'interpeller dans la rue, une gamine de 15 ans pour les faire passer
03:07une nuit entière, 24 heures de garde à vue pour avoir écrit ça sur son ventre, je
03:10dis que cette société est devenue folle.
03:11D'accord ? Et ça montre aussi qu'il y a chez les flics une volonté, un abus de pouvoir.
03:16Un abus de pouvoir.
03:17Non, non, madame, je vais vous dire, je ne vais pas citer Florence Portelli, écoutez-moi,
03:21peut-être que vous ne serez pas d'accord, mais écoutez-moi.
03:23Pourquoi on a un peu d'accord sur les flics ?
03:25Parons du contenu, moi j'aurais parlé du contenu.
03:27Vous avez raison, je voulais te dire un témoignage, je quitte le sujet, moi je suis
03:31TZR, tout le monde a découvert ce...
03:33TZR, c'est cette réserve de propre emplacement.
03:35Je suis en lycée pro depuis 1994, et avant d'être député, mes dernières années,
03:39en 2014-2015, j'étais titulaire de zone de remplacement, d'accord ?
03:42Vous ne l'êtes plus aujourd'hui, on ne vous a pas appelé pour aller...
03:44Non, vous ne nous quittez pas là !
03:46Tu sais quoi ?
03:47Vérifier que ce téléphone ne sonne pas !
03:49Non mais des statistiques...
03:51On va l'envoyer chez vous, Florence Portelli, dans vos lycées.
03:54Non mais je veux terminer sur un truc, c'est que premièrement, je ne crois pas à cette
03:58idée, parce que c'est un peu faire croire qu'il y aurait des profs chez eux qui attendaient
04:01à ne rien faire, ce n'est pas exact.
04:02Moi j'ai eu des organisations syndicales, aujourd'hui on a réduit en 10 ans, on est passé
04:06de 28 000, je crois, je parle sur le plan national TZR, aujourd'hui ils ont été
04:11ramenés à moins de 15 000, 14 000 enseignants.
04:13On a besoin de ces brigades de remplacement, c'est 480 000 enseignants quand même, donc
04:18d'accord ? On parle de chiffres énormes pour le coup.
04:21Et donc, faire croire qu'il y aurait 3 000 personnes qui feraient rien, déjà ce n'est
04:24pas exact, donc je pense qu'ils nous en fument.
04:25Deuxièmement, ce qui va avoir lieu, c'est qu'on va demander à un prof de maths d'aller
04:28remplacer un prof de SVT, d'accord ?
04:30Mais vous ne pensez pas que ça va se voir assez vite ?
04:32Ça va se voir d'ores et déjà, j'ai entendu sur d'autres de vos confrères des témoignages
04:35d'une dame qui dit, moi je suis prof de français, on demande d'aller faire de l'anglais
04:38à 120 km de chez moi, etc.
04:39Donc ça n'est pas une réponse.
04:41Et troisièmement, c'est quand même piquant, je le répète, qu'il nous sort ces chiffres
04:44alors que l'année dernière encore, il a supprimé des postes et je crois que, si
04:48je ne dis pas de bêtises, c'est près de 1 500 dans le second degré de postes d'enseignants
04:52qui ont été…
04:53Donc si vous voulez, ils remplissent d'un côté ce qu'ils ont vidé de l'autre
04:57et on est en train de payer les conséquences.
04:59Le problème surtout, alors moi je voulais parler d'un système déjà plus, j'y crois
05:02vraiment, plus fédéral, enfin à l'allemande, mais en dehors de ça, c'est le problème
05:06de la formation des professeurs et du salaire.
05:08Ce n'est pas du tout attractif.
05:09On ne va pas se mentir, on peut tourner autour du pot, ce n'est pas attractif.
05:13Et d'ailleurs, quand on voit, quand on se déplace dans les établissements scolaires,
05:16et le pire honnêtement, c'est dans le secondaire, ce n'est pas maternelle, la primaire,
05:20etc.
05:20Le collège.
05:21Même moi je vois parfois, pour faire des voyages linguistiques, où la mairie propose de payer
05:26les déplacements, donc ce n'est même pas un problème d'argent, je n'arrive plus
05:29à trouver des professeurs motivés.
05:31Je suis maire depuis 2014, par exemple, pour aller en voyage linguistique en Allemagne,
05:36dans le cadre de mon jumelage, je n'arrive pas depuis 2014 à trouver un professeur d'allemand
05:41qui accepte de...
05:41Mais je peux donner un chiffre, en 1980, des enseignants c'était 2,3 SMIC, aujourd'hui
05:45c'est 1,2 en début de carrière.
05:46Et le problème aussi, pardon, pour certains, du niveau, parce que comme ce n'est pas attractif,
05:51le niveau il a vachement baissé.
05:53Alors on a des professeurs, je ne suis pas en train de stigmatiser le corps enseignant,
05:56extraordinaire, et qui ont vraiment le feu sacré, parce qu'avec ce qui s'est passé
05:59notamment avec Samuel Paty et Dominique Bernard, chacun m'a dire que j'ai un professeur
06:03dans un de mes établissements qui a reçu des menaces, qui étaient « on va t'égorger
06:08et on va violer ton cadavre ». Donc voilà, c'est une réalité aujourd'hui, à part un
06:13petit crétin qui trouvait ça très drôle et qui envoyait ça sur les réseaux sociaux.
06:16Le prof n'a pas trouvé ça drôle du tout, il était terrorisé, il a fallu attendre
06:20que le jeune soit interpellé, qu'on trouve qui c'était, etc.
06:22Donc ils vivent dans ce contexte-là. Mais en plus, il y a un problème de niveau
06:26et de formation, parce que comme ce n'est pas attractif, le niveau baisse beaucoup.
06:30Quand vous avez des comptes rendus, des reportages qui sont faits sur les sorties
06:34de concours, mais c'est effrayant. Donc c'est tout ça qu'il faut mettre à pied.
06:37Et considérez, pardon, moi je parle à mon camp, parce que moi je suis de droite.
06:40– Vous êtes la seule à réussir à faire taire Yves avant qu'il dévise.
06:44Je note que vous êtes absolument la seule à arriver.
06:45– Comme je suis de droite, je ne vais pas aller devant ma porte.
06:48J'interprète vraiment, je veux vraiment que tous les candidats de la droite républicaine
06:53considèrent que l'éducation fait partie des piliers d'un programme présidentiel.
06:58Sinon le reste, ça ne sert à rien même de parler de sécurité si on ne gère pas déjà
07:03le problème de l'éducation, de l'émancipation intellectuelle, de la culture.
07:06– Je vous donne la parole dans un instant.
07:08– Oui, je vous en prie.
Commentaires

Recommandations