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  • il y a 7 minutes
Retrouvez le replay de Hammett Week-end sur BFMTV.

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00:00Laissez-moi qu'on regarde ensemble ces images, les images de ce bâtiment de l'université de Nantes,
00:05totalement saccagés, ce sont les mots de la présidente de l'université.
00:09Il était occupé illégalement jour et nuit depuis mercredi par les étudiants,
00:12en soutien du mouvement des lycéens.
00:15Ils ont finalement été délogés ce matin par les forces de l'ordre.
00:18On va en parler avec nos invités.
00:19On est avec Guilhem Carayon, vice-président délégué de l'UDR.
00:23Bonjour, allié du Rassemblement National.
00:26Sylvain Berrios, député horizon et indépendant du Val-de-Marne.
00:29Bonsoir et bienvenue.
00:31Laurence Saillet, ancienne députée européenne et républicain, bonsoir.
00:35À ma droite, on est avec Ilan Gabet.
00:37Vous êtes étudiant en master de droit à l'université Paris-Saclay.
00:41Bonsoir et bienvenue.
00:43Guillaume Lacroix, président du Parti radical de gauche.
00:45On est toujours avec Thierry Arnaud.
00:47Je vais commencer par vous, Ilan Gabet.
00:50Quelle est votre réaction quand vous voyez ces images ?
00:52Peut-être qu'on peut les revoir à l'écran, ces images de l'université de Nantes,
00:55en partie saccagées par des étudiants qui bloquaient l'université depuis mercredi.
01:00Ces images sont dommageables évidemment, mais je pense qu'il faut d'abord parler de la violence que subissent les
01:04étudiants,
01:05la violence systémique du classement, du parcours sub, de tout ce qu'ils ont subi avant.
01:08Mais qui justifie ça ?
01:09Non, évidemment pas, je ne les justifie pas, mais je pense qu'il faut avoir en tête ces deux violences
01:12et on ne peut pas parler de l'une sans parler de l'autre, puisqu'en fait les deux sont
01:15en relation.
01:16Donc vous les justifiez ?
01:17Mais non, absolument pas.
01:18Ce que je dis, c'est que ces violences sont inexcusables et condamnables,
01:21mais ce que je veux dire avant tout, c'est qu'il y a aussi des violences qui ont poussé
01:25et qui ont amené ces mouvements de contestation qui dégénèrent en violence et c'est dommage.
01:29Guillaume Carayon, sur les images qu'on voit là à l'écran, cette université en partie saccagée ?
01:36C'est des centaines de milliers d'euros de dégâts qui seront remboursés par le contribuable,
01:41par les impôts des Français, sûrement par les parents des casseurs aussi.
01:45C'est des dizaines de millions d'euros de dégâts sur toute la France depuis deux semaines.
01:48Donc c'est évidemment insupportable.
01:50On reparlera peut-être des violences aussi sur les policiers, sur les pompiers, sur les gendarmes,
01:53sur les professeurs depuis deux semaines.
01:55Moi, je trouve qu'on a un mouvement social qui partait de revendications qui étaient ultra légitimes,
02:00objectivement.
02:00Le fait qu'on manque de profs, le fait qu'il y a des classes qui sont saturées,
02:03le fait qu'il y a des bâtiments publics qui doivent être rénovés,
02:05tout ça, c'est des revendications qui sont légitimes,
02:07sur lesquelles sont d'accord peut-être 70-80% des Français.
02:11Mais là, pour le coup, que la violence se banalise, qu'elle se généralise
02:14et qu'elle donne lieu à des dégradations, à des incendies de bâtiments,
02:17je trouve ça insupportable parce qu'encore une fois, c'est vous comme moi qui allons payer.
02:20Avec la présidente de l'université de Nantes qui donne des détails,
02:23qui raconte qu'elle a essayé d'entrer dans le bâtiment, qu'on lui a refusé l'entrée,
02:27elle dit qu'il y aurait pu y avoir des morts.
02:29Un étudiant, visiblement, a été menacé d'un couteau à l'intérieur.
02:33Laurence Saillet ?
02:34Justement, ça fait trois jours, quatre jours qu'on ne la laisse pas rentrer dans son établissement
02:37et elle n'a pas actionné le dispositif, enfin on y verra plus clair,
02:42mais apparemment le préfet pour évacuer l'établissement.
02:45Mais vous savez, je vais être un peu dure, mais ces idées gauchistes d'expliquer
02:49qu'on doit garder des lieux d'échange et donc qu'on donne la possibilité
02:54à des squatteurs, des gens de l'extérieur qui sont venus,
02:57parce que ce n'était pas uniquement les étudiants,
02:59d'être dans des locaux, de les détruire, moi je suis inquiète pour notre pays
03:04de voir que nous sommes autant faibles par rapport à ça.
03:07Trois, quatre jours d'occupation, tout le monde avait peur d'intervenir
03:11parce qu'on devait, je l'ai entendu ce matin le dire, laisser un lieu d'échange.
03:15Dernière précision, il y avait des sacs d'excréments destinés justement à la police.
03:22Donc on voit un petit peu l'idéologie, si vous voulez,
03:25qui est vraiment immonde par rapport aux forces de l'ordre.
03:28Alors tous ceux qui disent le terme de violence policière,
03:30déjà il faut que ça s'arrête, parce que ce n'est pas des violences policières,
03:33c'est des violences de certains policiers.
03:35Et tous ceux qui expliquent aussi...
03:36Mais là c'est un autre sujet.
03:37Oui mais c'est parce que...
03:39Quel rapport, c'était destiné à jeter sur la police ?
03:41Donc ça montre l'idéologie de ceux qui bloquent contre la police.
03:45Quel rapport avec les violences policières ?
03:45Est-ce que ça explique les violences policières, c'est ça ?
03:47Non, ça n'explique pas.
03:48Déjà, je n'utilise pas le terme de violences policières, monsieur.
03:50C'est parce que vous qui faites du droit, vous devez savoir ce que ça veut dire.
03:53Ça voudrait dire que l'État organise des violences par la police.
03:56Que les violences sont systémiques.
03:57Ah bon ? Vous dites que c'est systémique ?
03:59Oui, bien sûr.
03:59Très bien.
03:59Écoutez, c'est votre idéologie, très bien.
04:01Et on doit leur balancer les sacs d'extraordement.
04:03Je n'ai pas dit ça.
04:04C'est un autre sujet.
04:06Et j'aimerais...
04:07On va revenir sur les violences commises au sein de la police,
04:11juste après la publicité.
04:12Mais sur ce qui s'est passé à Nantes,
04:15Guillaume Lacroix...
04:15Effectivement, surprenant ce délai
04:18entre mercredi, le moment où l'occupation commence,
04:20et l'intervention des forces de l'ordre le samedi.
04:25Oui, vous avez des occupations.
04:26C'est un peu la tradition des mouvements lycéens et étudiants.
04:29Enfin, vous l'avez vu devant Assas.
04:30Alors, pardon, des lieux occupés,
04:32ça existe même dans les universités classées plutôt à droite.
04:36C'est une vieille tradition que d'occuper.
04:39Moi, je condamne évidemment ce type d'actes sans discuter.
04:42J'allais vous dire ce qui m'effare depuis des années.
04:47C'est comment la violence est devenue un mode d'expression de la jeunesse.
04:52Comment la violence dans la société et dans la jeunesse,
04:55mais est compris dans la jeunesse,
04:56est devenue un mode d'expression.
04:58Combien d'affaires de gamins qui se règlent au couteau ?
05:01Combien d'affaires où on voit des barbares de 15 ans
05:04allumer un aérosol pour essayer de brûler le visage d'une femme ?
05:07Où on voit un professeur se faire arroser des sens.
05:10On n'est plus dans un sujet de contestation seulement.
05:13On est dans une forme d'inquiétude
05:16qui doit être celle des parents,
05:18celle de l'État, celle de l'organisation
05:20sur ce que devient notre jeunesse et ses rapports sociaux.
05:23Donc moi, je crois qu'aujourd'hui,
05:24nous avons un sujet qui s'appelle l'école publique,
05:27l'école de la République.
05:28D'ailleurs, je le dis,
05:29la famille politique est à l'origine de ce concept
05:32et de cette organisation.
05:33On n'en parle pas.
05:35Parce qu'on passe notre temps à ne parler que des violences
05:38qui sont un autre problème, un vrai problème
05:40et auquel il va bien falloir que nous répondions
05:42si nous voulons être dignes d'une civilisation.
05:45Pardon, une civilisation dans laquelle nos enfants
05:48règlent leurs problèmes avec des actes de violence
05:51parfois barbares à 15 ans
05:53n'est plus d'une civilisation
05:55si on ne regarde pas le problème droit dans les yeux.
05:58Je voyais réagir là-dessus.
05:59Une violence de notre jeunesse,
06:03dit Guillaume Lacroix à vos côtés.
06:05Moi, ce que je veux dire, c'est que la violence,
06:06elle n'est pas choisie par ceux qui militent
06:08et qui défendent leurs idées.
06:10En fait, combien de mouvements pacifiques
06:11depuis 2017 que Macron est arrivé au pouvoir
06:14ont donné lieu à des changements structurels
06:16dans les différentes institutions ?
06:18Donc, il faut passer par des violences
06:19pour retenir les solutions.
06:20Non, je ne dis pas qu'elle est souhaitable,
06:20je dis juste que la violence est choisie
06:22puisqu'elle est laissée comme seul mode d'expression
06:24pour permettre d'avoir accès,
06:26qu'on nous écoute.
06:27Sylvain Berriot, que vous inspire cette logique ?
06:32La violence pour être écouté, être entendu ?
06:35D'abord, dans l'histoire des mouvements étudiants,
06:40rien n'a jamais été obtenu par la violence.
06:43Rappelez-vous, à chaque fois qu'il y a eu la violence,
06:46on a pu retirer un projet de loi,
06:48mais en revanche, il n'y a pas eu d'avancée,
06:50de progrès par la violence.
06:51C'est inexact.
06:531990 ?
06:53Non, on a retiré, mais on n'a pas avancé.
06:56Il y a eu un milliard ?
06:57Et c'est intéressant, et c'est intéressant.
06:59On peut reprendre 90, on peut reprendre 86.
07:02Moi, ce que j'observe, c'est que depuis, on va dire,
07:05entre 1990 et aujourd'hui,
07:07vous avez à peu près 1,5 million d'étudiants supplémentaires.
07:111,5 million d'étudiants supplémentaires.
07:13Est-ce qu'il y a eu un accompagnement structurel
07:16et de moyens d'organisation pour accueillir ces étudiants supplémentaires ?
07:20Non, et aucun, aucun mouvement, quel qu'il soit,
07:25n'a, ne serait-ce que posé ce débat-là et apporté une solution.
07:29Sur la violence, vous avez l'extrême-gauche qui,
07:33pardonne-moi, je ne veux pas dire que tu es d'extrême-gauche,
07:36mais on suit toi ce qu'on tutoyait tout à l'heure en Côte d'Ivoire.
07:38C'est pas une question d'âge.
07:42Mais qui dit, en fait, la violence peut se justifier
07:46pour débattre et pour revendiquer.
07:48En fait, non.
07:49Non, on ne peut pas, la violence ne peut pas être
07:52la base d'une revendication.
07:54Ce n'est pas possible.
07:55Mais c'est pas ce que j'ai dit.
07:56Mais c'est pas un problème de...
07:56Je pense qu'il faut qu'on arrête de faire de la violence
07:59ou du support de la violence un problème de droite ou de gauche.
08:01J'espère que M. Gabet a quand même, et l'a dit tout à l'heure,
08:04la conscience que la violence n'est pas un moyen de fonctionner.
08:06Moi, je suis d'une gauche républicaine qui n'accepte aucune violence,
08:10d'où qu'elle provienne.
08:11Et je pense que ce qui devrait nous interpeller,
08:13nous, adultes, nous, responsables politiques,
08:16c'est pas de commencer à faire des procès d'intention gauche-droite
08:18pour savoir lequel est du côté de la violence.
08:20Personne ici, je l'espère, n'est du côté de la violence.
08:22C'est-à-dire que nous avons une jeunesse...
08:24Et vous condamnez ?
08:25Une jeunesse qui va aujourd'hui dans une société
08:29et qui s'exprime par la violence.
08:31Et ça devrait être notre obsession.
08:33Vous êtes capable de condamner là les images qu'on a vues ?
08:36Mais ces images, elles sont pas souhaitables.
08:37C'est pas possible.
08:38C'est pas possible.
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