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00:00Une image en direct à vous montrer en cette veille de mobilisation contre la vie chère le ministre de l
00:06'économie Roland Lescure
00:07qui est auprès des commerçants à Bordeaux qui doit visiter quelques boutiques
00:14qui s'est rendu à la chambre des commerces et des industries.
00:17Le ministre de l'économie donc aux côtés des commerçants à Bordeaux.
00:20Bordeaux où on le rappelle Dominique Rizet, contrairement à Paris, la manifestation a été autorisée par la préfecture en plein
00:26centre-ville.
00:27En plein centre-ville, le ministre avait dit qu'il ne fallait plus faire de manifestations dans les centres-villes.
00:32Donc départ demain à 14h de la place de la Bourse à Bordeaux, arrivé dans Bordeaux aux places de la
00:38Victoire,
00:39on est effectivement en plein centre-ville mais il y aura un couvre-feu à partir de 20h à Bordeaux
00:45pour les mineurs non accompagnés.
00:47Richard Caminat, vous voyez soupiré, vous pensez que c'est une décision inconsciente d'autoriser des manifestations dans le centre
00:55-ville ?
00:55Je ne me permettrais pas de juger la décision du préfet de la région Nouvelle-Aquitaine.
01:01C'est lui qui décide en son âme et conscience en fonction des éléments qu'il a,
01:04parce que lui aussi a un service de renseignement qui lui fait remonter les informations.
01:07Et s'il estime qu'il est en capacité, avec les moyens qui sont mis à disposition en termes de
01:11force de l'ordre,
01:12de permettre le bon déroulement du cortège sur le circuit ou sur l'itinéraire qui a été validé, aucun problème.
01:17Après, s'il a fait un mauvais choix, il la rendra compte en haut lieu.
01:22Il faut bien rappeler, Julie, que l'autorisation des manifestations et de certains tracés, ça ne se fait pas aux
01:28doigts mouillés.
01:29Ça se fait normalement quand même sur la base d'éléments concrets.
01:32L'exemple que j'aime toujours à citer, c'est le comité du 9 mai.
01:36Ce rassemblement de néo-nazis identitaires, d'ultats-droites,
01:40que l'on voyait souvent dans Paris, déambulés dans Paris,
01:43et qui chaque année ne manquaient pas de susciter des polémiques sur nos plateaux.
01:472023, 2024, 2025, c'est autorisé.
01:50Ça suscite des polémiques, mais c'est autorisé.
01:522026, la manifestation est interdite, mais pour des raisons très précises,
01:55parce que quelques semaines plus tôt, vous avez à Lyon la mort de Quentin de Ranque,
01:59et que donc il y a un contexte propice à ce qu'il y ait des affrontements
02:02entre des membres de l'ultra-droite et des ligues antifascistes, des collectifs antifascistes,
02:07des membres de l'ultra-gauche.
02:08C'est interdit. Pour vous dire simplement que quand il y a interdiction,
02:13changement de tracé, ça se fait sur des éléments tangibles, la plupart du temps.
02:17En tout cas, ça détonne quand même cette décision à Bordeaux.
02:21Donc, dans le centre-ville de Bordeaux, il y aura bien une manifestation demain.
02:25En revanche, Dominique, à Paris, là, la décision a été très claire.
02:30La CGT souhaitait aller de Bastille à Nation.
02:34Les Gilets jaunes prévoyaient d'aller de Bastille jusqu'à la place de la Concorde,
02:37en passant par Opéra.
02:38Finalement, la préfecture de police a tranché, a dit non.
02:41Ce sera un défilé en périphérie entre la porte de Bagnolet et la porte de Charenton.
02:45Pour tout le monde.
02:45Pour tout le monde.
02:47Pour éviter au maximum les dégâts dans le centre-ville et donc d'épargner les commerçants.
02:53Je crois qu'après ce qu'on a vécu et ce que nous a raconté à l'instant Cédric Laurent,
02:58et ce que des commerçants ont vécu,
03:00et qui n'est encore une fois pas le fait des manifestants,
03:02mais bien le fait de casseurs, de pilleurs,
03:05c'est compliqué de dire à des commerçants,
03:09on est deux mois avant Noël,
03:11écoutez, la manifestation va encore une fois passer devant chez vous,
03:15encore une fois vous allez devoir ressortir les planches,
03:18vous allez devoir reprendre le marteau, les clous pour protéger votre façade,
03:23c'est compliqué.
03:24Je crois que ce que fait la préfecture de police,
03:26qui n'a pas envie que ces manifestations se déroulent dans les rues,
03:29parce qu'il y a autour des manifestations ces problèmes liés à la sécurité
03:34et des manifestants et des commerçants.
03:36Mais c'est vrai qu'une manifestation,
03:38ça a moins d'allure sur les boulevards des Maréchaux,
03:40comme la semaine dernière jusqu'à la porte d'Italie,
03:43comme là on demande à cette manifestation d'aller de la porte de Bagnolet
03:48à la porte de Charenton,
03:50ça a moins d'allure, c'est moins plaisant,
03:51et ce ne sont plus les grandes manifestations parisiennes.
03:53D'où les recours déposés.
03:55Qui ne dégénéraient pas.
03:56Notamment déposés par la CGT.
03:59On attend toujours...
04:00Référé, liberté.
04:02Oui, et on attend toujours la réponse du tribunal
04:04pour savoir si, oui ou non,
04:07votre parcours tel que vous le souhaitiez,
04:10donc de Bastille à Nation, sera maintenu.
04:13En tout cas, vous, ce nouveau tracé ne vous plaît pas ?
04:16La question, c'est qu'en fait, le droit de manifester,
04:19c'est ce que je disais tout à l'heure,
04:19est un droit constitutionnel et un droit important en démocratie.
04:23Parce que rien de ce qui a été gagné n'a été gagné sans manifestation.
04:27Si on est en République, ce n'est pas tombé du ciel, en fait.
04:28Et c'était d'ailleurs considéré comme très violent à l'époque.
04:31Nous, notre propos n'est pas celui-là.
04:34Riyad Rani, qui est dirigeant syndical lycéen, a dit
04:36notre stratégie, ce n'est pas la violence.
04:38La violence, elle desserre le mouvement, elle serre le gouvernement.
04:41Donc on le dit à toutes et tous.
04:42Demain, il y aura deux endroits possibles à Paris.
04:44Soit vous venez à Bastille à 14h, si c'est autorisé, si c'est refusé.
04:48Soit vous venez à Porte de Bagnolet, demain à 14h.
04:51Et la force du nombre les obligera à reculer, comme ils ont commencé à le faire.
04:55C'est le cas pour partie sur des revendications pour les jeunes, les lycéens, les étudiants notamment.
05:00C'est extrêmement important.
05:01Et deux, pour l'ensemble du salariat, du public et du privé, jeunes ou retraités,
05:06pour vivre de son travail correctement.
05:08Et enfin, apaisés.
05:09Parce qu'on ne peut pas continuer comme ça.
05:11Ce n'est pas possible de ne pas entendre les revendications de celles et ceux qui travaillent.
05:14Et qu'ensuite, évidemment, les commerçants, les artisans puissent bosser.
05:18La question, nous, on n'est pas là pour empêcher les gens de travailler.
05:20Au contraire, le T de CGT, ça veut dire travail.
05:22Et on respecte trop le travail et les travailleuses et travailleurs pour savoir ce que c'est.
05:25Donc maintenant, il faut revenir à la raison.
05:27Et arrêter d'instrumentaliser en permanence la colère populaire.
05:31Parce que sinon, comment ça va finir ?
05:32Moi, je me disais tout à l'heure, quand je vous entendais faire vos propos, en fait.
05:36Dans quel pays on est ?
05:37En dix ans, quand je vois le cheminement d'un côté, les gilets jaunes qui ont été éborgnés.
05:44Aujourd'hui, les jeunes qui sont mutilés.
05:46Entre-temps, ils ont défoncé le service public de chemin de fer.
05:49J'ai venu, je mets cinq heures aujourd'hui pour venir du plus envelé à Paris en prenant le train.
05:54Il n'y a plus de gares, plus de cheminots, plus d'agents.
05:56Les ordonnances Macron-Pénicaud, les agents de la fonction publique cet été,
05:59les pompiers CGT qui seront dans la manifestation.
06:01Il y a eu, malgré tout, des réponses quand même.
06:04Les gilets jaunes, 17 milliards qui ont été mis sur la table.
06:07Il y a eu un début de réponse du côté du gouvernement concernant les lycéens, en l'occurrence.
06:13Juste, on va reparler évidemment des revendications, mais sur l'inquiétude quand même des commerçants.
06:17On est avec Romain Etuin.
06:19Vous êtes à Lyon.
06:20Lyon qui a été directement impacté aussi par ces manifestations.
06:24Le commerçant chez qui vous êtes, lui, n'était pas concerné par le tracé de la manifestation la semaine dernière.
06:30Il le sera, c'est ça, cette fois-ci ?
06:34Oui, tout à fait, puisque le tracé a été autorisé par la préfecture.
06:38Et donc, les manifestants vont passer juste devant cette boutique de vélos, la boutique de Rouen.
06:44Rouen, vous êtes installé ici depuis trois ans.
06:47Vous êtes un indépendant.
06:48Est-ce que vous nous disiez, c'est que demain, vous allez faire en sorte que vos vélos ne soient
06:53pas volés ?
06:53Tout à fait, je les mets en sécurité.
06:55Je vais tous les attacher les uns avec les autres, mettre du poids pour qu'ils ne puissent pas être
07:01emportés
07:02et les attacher à des points fixes dans le magasin.
07:06Vous aviez déjà fermé la semaine dernière.
07:08Vous allez devoir fermer encore demain.
07:10Il y a cette manifestation qui passe juste devant chez vous.
07:13Comment vous vous sentez ?
07:14Très inquiet, parce que même si cette fois-ci, elle est organisée
07:18et que théoriquement, ça devrait être plus en sécurité,
07:22très inquiet des casseurs, parce que vu ce qu'ils ont fait au centre-ville
07:25et même dans les autres magasins de vélos où ils ont été vidés,
07:29j'ai peur de ça, réellement.
07:31Et là, moi, vu les prêts et les emprunts qui sont en cours,
07:35s'ils me vident le magasin, je suis mort.
07:38Merci beaucoup, Rouen.
07:39En tout cas, on espère que ça se passera bien pour vous demain,
07:42puisque Rouen l'a rappelé.
07:44En effet, beaucoup de commerces ont été saccagés à Lyon.
07:46Plus de 300 commerces pour un préjudice qui dépasse la dizaine de millions d'euros.
07:51Merci beaucoup, Rouen, avec Raphaël Blanc-d'Amour.
07:57Cédric Laurent, vous aussi, vous êtes gérant de magasins.
08:00Alors, vous n'êtes donc pas sur le tracé de la manifestation,
08:03puisque la préfecture de police en a décidé autrement.
08:05Mais votre devanture a été saccagée.
08:09C'était le 17 octobre.
08:10Vous en avez pour combien de travaux ?
08:13Structurellement, 50 000.
08:1550 000. Et demain, qu'est-ce que vous allez faire ?
08:17Est-ce que vous restez ouvert malgré tout ?
08:19Non, on reste ouvert, parce que c'est notre métier de servir les clients.
08:24Et puis, de toute façon, il faut qu'on rentre de l'argent.
08:25Fermer, ça ne va pas nous faire payer les taxes,
08:27ça ne va pas nous faire payer les crédits qu'on va devoir prendre pour les réparations.
08:30Donc oui, on va être ouvert.
08:32Effectivement, si ça chauffe, on fera comme d'habitude.
08:35On fermera les grilles, on va sortir les produits les plus chers du magasin
08:38pour les mettre en protection.
08:40Et puis, on va rester dans le magasin pour essayer pacifiquement
08:46de faire une barrière à leur motivation.
08:51En gros, vous me dites que vous restez ouvert parce que vous n'avez pas le choix économiquement.
08:57Vous avez déjà été assez branlé comme ça ?
08:58Personne n'a le choix.
08:59Ça fait 10 ans qu'on perd du chiffre d'affaires.
09:00On a tout eu. Le Bataclan, la République, les Gilets jaunes, le Covid.
09:07Ensuite, on a eu, comme je vous le disais, l'impact d'Internet avec les changements de consommation.
09:12On a 150 manifestations qui passent dans l'Est parisien par an
09:16ou qui sont stationnées sur la place de la République qui nous bouffent tous les week-ends.
09:21On n'a pas d'autre moyen que d'essayer de survivre en maintenant l'activité, oui, bien sûr.
09:24Vous souhaitez pouvoir ouvrir le dimanche ?
09:26C'est une proposition qui est sur la table.
09:29C'est ce que demandent certains commerçants.
09:30Le gouvernement étudie cette proposition.
09:32Dans Paris, un tramureux, je n'y crois pas.
09:33Parce que la plupart de nos clients, depuis le Covid, ils sont en week-end.
09:37de jeudi à lundi, donc le dimanche en plus.
09:41Il faut bien qu'ils puissent faire du vélo.
09:41Il faut bien qu'ils puissent faire du vélo, voilà.
09:43Donc il n'y a pas de présence de consommateurs supplémentaires le dimanche, je pense.
09:47Mais ça, c'est un point sur lequel le gouvernement pourrait faire un geste ?
09:50Ce qu'il faut dire, c'est que d'un point de vue légal,
09:53il y a déjà une possibilité d'ouvrir,
09:55qui est prévue sur un quota de 12 dimanches par an.
09:59Ensuite, le propos de la ministre, de la porte-parole du gouvernement,
10:03Maud Bréjean, a été de dire que, effectivement,
10:05les commerçants pourraient aller au-delà.
10:07Mais enfin, ouvrir un dimanche pour les commerçants,
10:09ça veut aussi dire, pour beaucoup d'entre eux,
10:11payer des salariés le dimanche.
10:12Le double.
10:13Et double.
10:14Donc ça, c'est évidemment pris en compte.
10:17On voit qu'aujourd'hui, il y a un certain nombre de commerçants
10:20qui se retrouvent le bec dans l'eau,
10:22dans l'attente de sécurisation véritable
10:24et de nouvelles de leurs assureurs, aussi.
10:26Et que la couverture de leur perte d'exploitation
10:30n'est pas assurée.
10:31On leur propose des facilités de crédit,
10:33mais un petit peu, là, pour le coup, à l'instar des régions
10:36qui ne veulent pas non plus des facilités de crédit
10:38pour ce qui concerne la rénovation du bâti scolaire,
10:41les crédits, ils disent,
10:42non, nous, en fait, on est déjà endettés jusqu'au cou,
10:44on ne va peut-être pas pousser encore le bouchon.
10:45Donc leur situation est très, très, très compliquée.
10:47Thomas Vacheron.
10:48L'ouverture du travail du dimanche,
10:49ça desserre les petits artisans commerçants
10:51qui n'ont pas beaucoup de salariés
10:52et ça sert les grands groupes.
10:54Donc là, c'est très simple.
10:55Si on permet à tout le monde d'ouvrir n'importe quand,
10:57c'est les grands groupes qui ont le plus de salariés
10:59au détriment du petit commerce indépendant de proximité.
11:01On le voit sur le 1er mai.
11:02Ceux qui ont le plus poussé, c'est les grandes chaînes,
11:04contrairement aux artisans boulangers avec qui on discutait,
11:06qui nous disaient, mais notre problème,
11:07ce n'est pas le 1er mai,
11:08notre 1er mai, c'est le coût de l'énergie,
11:09notre problème, c'est Carrefour qui nous fait concurrence
11:11en vendant du pain 7 jours sur 7.
11:12Donc là, à un moment, il faut,
11:13dans une société aussi fragmentée,
11:15du temps de repos, pour aller se balader,
11:17pour faire du vélo justement.
11:19Et c'est autour de ça qu'il faut apaiser et avancer.
11:22Et moi, ce que je tiens à dire quand même,
11:24c'est que demain, les manifestations vont être importantes.
11:26Il y aura des centaines de milliers de personnes dans la rue.
11:28On le redit.
11:29Soit ça sera à 14h pour Paris,
11:31soit à Porte de Bagnolet, soit à Bastille.
11:33Vous le verrez, puisqu'on n'a que les réseaux sociaux pour informer
11:36et peut-être les chaînes d'info si c'est relayé
11:39une fois que ça sera confirmé.
11:40Et nous, on le dit, demain, c'est une étape.
11:42Et la grande grève intersyndicale du public et du privé,
11:46du 5 novembre, où on le dit à tout le monde,
11:48pour gagner, plus il y aura de grévistes,
11:50plus nous allons gagner des augmentations du SMIC,
11:53plus nous allons gagner des pompiers, des infirmiers,
11:54des agents, des soignants, plus on peut avancer.
11:56Et je le dis pour les salariés du privé,
11:58y compris dans les petites entreprises,
11:59on peut faire une heure de grève pour gagner,
12:02pour gagner des avancées.
12:03Il faut mettre au pot.
12:04Et ensemble, on peut cette fois-ci gagner quelque chose,
12:07comme ont commencé à le faire les étudiants
12:09et les lycéens, justement.
12:10Il y a une grande inquiétude, en tout cas, des autorités,
12:12alors que l'entourage du ministre de l'Intérieur
12:15parle d'épisodes de violence comparables
12:18à ceux du 17 octobre,
12:19qui seraient attendus demain,
12:22d'où ce très gros dispositif policier
12:24qui a été mis en place.
12:25On remarque une très courte pause,
12:26on se retrouve juste derrière.
12:27A tout de suite.