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Retrouvez le replay de Hammett Week-end sur BFMTV.
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00:01Générique
00:05Bonjour à tous, notre émission spéciale se poursuit.
00:09On va faire le point sur cette attaque terroriste dans les Yvelines.
00:12Le périple meurtrier d'un homme qui a tiré en rafale depuis une voiture,
00:15à trappe et à la verrière.
00:17Une personne est morte, 4 sont blessés dont une enfant de 12 ans.
00:21Le parquet national antiterroriste s'est rapidement saisi des faits.
00:25Le mobile reste à déterminer, mais il pourrait être d'ordre raciste.
00:29On va tout de suite aller retrouver notre journaliste sur place.
00:33Racontez-nous, vous êtes à trappe, racontez-nous ce qui s'est passé ce matin
00:39aux alentours de 10h30, Théo Bassilana.
00:45Le suspect présumé a donc fait un parcours meurtrier.
00:50Il est passé notamment par cette station de service qui se situe juste derrière moi.
00:54Et malheureusement, ici, une personne a grièvement été blessée.
00:59On a pu voir également cette voiture blanche qui est toujours stationnée au niveau d'une pompe à essence,
01:05comme si la scène était encore figée, puisque la trappe à essence de cette voiture est encore ouverte.
01:10On a également pu voir plusieurs douilles autour de cette voiture.
01:14Et puis, la vitre du coffre de cette même voiture a été touchée par plusieurs impacts de balles.
01:20On peut notamment y voir plusieurs trous au niveau de cette vitre.
01:24On a également pu rencontrer un témoin de cette scène ici, dans cette station de service.
01:30Il était présent au moment des tirs.
01:32Il s'est caché sur la banquette arrière de sa voiture,
01:35puisqu'il s'apprêtait en réalité à faire le plein de son véhicule.
01:39Je vous propose de l'écouter.
01:40Il était à notre micro tout à l'heure.
01:42J'étais sur mon téléphone à ce moment-là.
01:44Je voulais démarrer, mais j'attendais un peu.
01:47Et j'entends des détonations, des rafales automatiques.
01:51Donc, j'attends, je regarde sur ma gauche.
01:53Je vois que le chauffeur du camion juste à ma gauche, il commence à être inquiété.
01:59Et je vois qu'il se met sur sa banquette arrière, je ne sais pas comment c'est.
02:03Je vois qu'il saute derrière.
02:04Il me dit, là, c'est bizarre, il doit se passer un truc.
02:05Donc, j'entends une détonation.
02:09Je vois un monsieur avec un truc dans la main.
02:12Vraiment, c'était sur une fraction de seconde, je vois quelque chose dans la main,
02:15mais je ne sais pas honnêtement ce que c'est ou quoi.
02:18Donc, quand j'ai vu ça, je me suis empressé de me mettre derrière,
02:21sur la banquette arrière, pour ne pas qu'il me voie.
02:23Heureusement qu'il y avait le camion à ce moment-là qui me cachait.
02:26Du coup, je m'allonge sur la banquette arrière.
02:30J'attends, j'appelle la police directement à 10h10.
02:34J'appelle la police, je leur dis qu'il vient d'avoir des coups de feu.
02:40Et la police, ils me demandent la localisation.
02:42Et après, ils me disent qu'ils arrivent tout de suite.
02:45J'attends et au bout de 5 minutes, je sors ma tête, je vois qu'il n'y a plus
02:49rien.
02:49Honnêtement, je n'ai pas vu ce qu'il y avait autour, j'ai démarré la voiture.
02:52Je me suis dit, c'est un échappatoire.
02:54Ce témoin nous confiait, bien évidemment, son traumatisme, vous l'imaginez.
02:58Mais c'est aussi grâce à son appel que les policiers ont pu venir ici, se rendre sur place au
03:04sein de cette station-service.
03:05Une station-service qui est depuis quadrillée.
03:08Il y a de nombreuses rubalises, comme vous pouvez le voir.
03:11Il y a également la police scientifique qui est venue ici sur place pour faire de nombreux prélèvements.
03:16Notamment au niveau de cette voiture blanche dont je vous parlais tout à l'heure.
03:21Je terminerai par ce point parce qu'on a pu également rencontrer plusieurs habitants ici
03:25qui nous parlent bien évidemment d'une peur à la suite de cet événement
03:29et d'un choc, bien évidemment, après ces tirs, notamment ici dans cette station-service.
03:35Merci beaucoup Théo Bacillana avec Maelia Berti.
03:38Nos invités pour en parler, on est avec Vincent Vantiguem, grand reporter de la police justice.
03:43Bonjour à vous.
03:44On est avec Alexis Cuvillier, chef adjoint du service politique.
03:47Bonjour.
03:48Avec Reda Didi, vous êtes expert en tranquillité publique et en prévention des violences.
03:53Bonjour.
03:54Et nos invités politiques, François Calfon, député européen, parti socialiste, passe public.
04:00Et Joshua Auchard, sénateur, Assemblée nationale du Nord.
04:02Bonjour.
04:03Bonjour à tous les cinq, Vincent Vantiguem.
04:06On parle donc aujourd'hui d'un périple meurtrier.
04:09Il a tiré en rafale sur 15 minutes tout au long de son parcours.
04:13Oui, et en plusieurs endroits.
04:14C'est pour ça qu'on parle de périple meurtrier, qui est une notion connue, documentée en matière de lutte
04:19antiterroriste.
04:21Et c'est du reste, notamment, il n'y a sans doute pas que ça, mais notamment pour cette raison
04:26que le parquet national antiterroriste s'est saisi des investigations très rapidement.
04:30En fait, deux heures après les faits, le parquet communiquait en indiquant avoir ouvert une enquête pour un assassinat en
04:37relation avec une entreprise terroriste,
04:39avec, et c'est important de noter cette précision, avec la circonstance que les faits ont été commis à raison
04:45de l'appartenance réelle
04:46ou supposée à une prétendue race, une ethnie, une nation ou une religion déterminée.
04:50C'est-à-dire que le parquet national antiterroriste soupçonne enquête sur un mobile raciste de ce périple meurtrier,
04:59notamment en raison des victimes qui ont été visées par cet homme.
05:03Ça, ce sont les maires du secteur visé qui nous l'ont raconté toute la journée sur l'antenne de
05:07BFM.
05:08Ali Rabbe, le maire de Trappes, qui parle, lui, carrément d'un attentat à connotation raciste, probablement islamophobe.
05:14Alors, il dit, l'enquête précisera tout ça, mais je ne pense pas être démenti.
05:17Voilà ce qu'il dit tout à l'heure, après avoir rencontré Laurent Nunez sur ce point.
05:21On est là, donc, sur une enquête ouverte pour un caractère terroriste et un mobile potentiellement raciste.
05:26Les personnes visées étant des personnes, enfin, les personnes blessées et la personne décédée étant des personnes noires ou d
05:33'origine maghrébine.
05:34C'est ce qui a été relevé notamment par les différents maires des villes, Trappes, Laverrière et Coignères.
05:39On va revenir évidemment sur l'hypothèse du mobile raciste et cette enquête qui a été très rapidement ouverte par
05:48le Parquet national antiterroriste.
05:50Mais d'abord, un mot sur les victimes.
05:53Une fillette de 12 ans, trois autres gravement blessées.
05:57Que sait-on de l'état de ces victimes ?
05:59Alors, pour l'instant, on ne sait pas grand-chose parce qu'on sait que leur pronostic vital a été
06:03engagé pendant un certain temps,
06:05qu'ils sont en urgence absolue, ils sont actuellement l'objet de soins.
06:08Les maires, là encore, ont eu des propos assez rassurants sur l'état des blessés.
06:12Mais évidemment, on est un peu plus de six heures après les faits.
06:15Il faut que tout ça soit stabilisé.
06:17Mais pour bien comprendre l'ampleur de ce qui s'est passé ce matin,
06:20il faut savoir que cette fillette, âgée d'une douzaine d'années, a été touchée par huit balles.
06:24Elle a huit impacts de balles sur elle, ce qui donne juste l'ampleur du drame qui s'est noué
06:30ce matin.
06:30La victime décédée était un jeune homme de 26 ans, extrêmement jeune.
06:34Après, on a des victimes qui sont âgées de 29, de 49 ans.
06:37On a des différents profils qui ont été transportés dans les hôpitaux de la région parisienne
06:41et qui sont en train d'être soignés.
06:43Mais c'est vrai que l'utilisation d'une arme automatique, des tirants rafales à plusieurs reprises
06:48alors qu'il est à bord de son véhicule, ça donne l'idée de ce qui a pu se produire
06:52ce matin
06:52et du carnage qui aurait pu avoir lieu.
06:54Là encore, ce sont les mots d'Ali Rabé, le maire de Trappes,
06:57qui dit avoir retrouvé des impacts de balles sur des habitations, sur le centre de santé.
07:01Les premiers faits se sont déroulés aux abords d'un square avec des jeux pour enfants.
07:06Alors ce matin, la météo était catastrophique et il y avait peut-être moins d'enfants que d'habitude
07:11mais on est en période de vacances scolaires et cet homme aurait pu faire beaucoup plus de victimes potentiellement.
07:15C'est les mots effectivement employés par le maire de Trappes qui parlent de miracles.
07:21Certes, le bilan est très lourd mais ça aurait pu être encore pire vu le mode opératoire employé.
07:26Oui absolument, ça aurait pu être encore pire.
07:28Il faut pour le coup noter l'intervention rapide de la BAC sur le terrain qui était d'une grande
07:36efficacité.
07:38Écoutez, aujourd'hui, moi je tiens d'abord à avoir un mot pour les familles, pour les victimes.
07:44Il va falloir prendre le temps d'examiner exactement ce qui s'est passé.
07:49Le parquet national antiterroriste a été saisi, d'ailleurs ce qui ne prédit pas les conclusions.
07:56Il a été saisi, il fera son enquête et puis il saisira les conclusions.
07:59Je crois qu'il est urgent d'atteindre un point pour avoir les différentes conclusions.
08:03Ce qui est certain et l'effet que nous pouvons relever, c'est que cet individu a agi dans des
08:11quartiers populaires.
08:12Donc il est visé à un certain public.
08:15Ensuite, il va falloir aller vérifier les motivations et un peu tout ce qu'il a pu dire, faire son
08:22environnement, regarder autour de lui.
08:25Notamment la perquisition servira à ça pour réellement mieux comprendre ses motivations.
08:31Je voulais vous entendre dans un instant, messieurs, mais à nouveau, puisque vous voulez évoquer le profil.
08:36On a plus d'informations sur le profil du suspect âgé de 39 ans, connu des services de police, mais
08:45pas fiché S.
08:46Oui, connu pour des petits délits de droit commun et il n'était pas dans le viseur des services de
08:52renseignement.
08:53Il ne faisait pas l'objet d'une fiche S.
08:55Je le disais, connu pour des petits délits.
08:58Ce qu'on peut noter sur le profil de cet homme, on l'a dit à un âgé de 39
09:02ans, Kevin T., c'est qu'il connaissait extrêmement bien le secteur.
09:05Pourquoi ? Parce qu'il est né dans les Yvelines à Saint-Cyr-l'École et il vivait à plaisir
09:09juste à côté de cette fameuse Nationale 10
09:12qu'il a empruntée pour commettre ce périple meurtrier.
09:15Donc on peut considérer qu'effectivement, il a emprunté ce secteur et il a utilisé cette arme avec quelque chose
09:21de prémédité, de pensée.
09:23Pourquoi je parle de préméditation ? Parce que le parquet a ouvert son enquête pour des faits d'assassinat.
09:28Un assassinat n'est rien d'autre qu'un meurtre avec préméditation.
09:31Et puis surtout, après son interpellation, les enquêteurs sont allés très rapidement chez lui pour perquisitionner son domicile.
09:37Et ce qu'ils ont trouvé en arrivant, ce sont des bonbonnes de gaz qui potentiellement étaient destinées à piéger
09:44l'immeuble
09:44ou à piéger le logement pour pouvoir faire davantage de victimes.
09:48Donc son appartement piégé avec des bonbonnes de gaz, à qui pouvait-elle s'adresser j'allais dire ?
09:55Est-ce que c'était pour piéger les policiers ?
09:58Alors ça pareil, l'enquête va devoir le déterminer, mais il y a plusieurs hypothèses sur la table.
10:02Il y a plusieurs hypothèses.
10:03L'hypothèse la plus probable ou la plus crédible, on pourrait dire, c'est que cet homme s'attendait à
10:07être interpellé.
10:08Peut-être s'attendait-il à être abattu par les forces de l'ordre à l'issue de ce périple
10:12meurtrier.
10:13Et il avait prévu un comité d'accueil pour les policiers qui, il le savait certainement,
10:17allaient venir perquisitionner à un moment donné chez lui.
10:20François Calfon, votre réaction face à ce drame ?
10:23Moi je suis sidéré, sidéré de l'état de mon pays.
10:26C'est-à-dire qu'aujourd'hui les gens ne parlent plus que de violence d'où qu'elles viennent.
10:31Et c'est le retour.
10:32Moi je m'en tiens au fait.
10:34Le parquet national antiterroriste a été saisi.
10:37C'est un itéraire criminel de nature terroriste et dont les motifs pourraient être, selon le parquet,
10:43là je m'en tiens au fait, des motifs racistes.
10:47Je regrette infiniment que la violence de tous contre tous,
10:52que ceux qui en font leur terreau produisent des actes qui sont tout à fait préjudiciables.
10:57Ce pays a besoin d'apaisement.
10:59Il n'a pas besoin, sur un terreau inflammable, que tout prenne feu.
11:03Et c'est exactement ce qui est en train de se produire.
11:05Et je peux vous dire, pour discuter avec un certain nombre de citoyens comme élus,
11:08les gens, avant même cette affaire, sont tout à fait inquiets.
11:11Je rajoute un point quand même, je ne peux pas ne pas penser aux victimes,
11:16à cette fillette qui aujourd'hui a reçu huit impacts dans son corps,
11:21ce qui est tout à fait effrayant,
11:22et effectivement à l'Irabé, à la communauté de vie de la ville de Trappes,
11:27qui est une ville extrêmement diverse,
11:30à Didier Fichère, au maire de Coignères,
11:32qui est à côté et sur lequel apparemment l'auteur a été appréhendé.
11:37Donc c'est toute cette partie de Saint-Quentin-en-Yvelines qui est impactée.
11:43Ce sont des territoires extrêmement divers, populaires,
11:47et qui maintiennent dans un contexte complexe
11:50une certaine forme de cohésion sociale.
11:53Et ce n'est jamais évident.
11:54Donc je ne fais pas partie de celles et ceux,
11:56parce que ça y est, c'est partie sur les réseaux sociaux qui vont enflammer.
12:00Je pense que les responsables politiques doivent être dignes.
12:02Beaucoup de réactions politiques, on y reviendra avec la politique.
12:04Je suis tout à fait effrayé.
12:05Si les motifs racistes sont confirmés, c'est tout à fait effrayant,
12:09puisque ce serait du terrorisme à caractère raciste.
12:15Mais pour autant, moi, je ne vais pas faire de la surenchère
12:17tant que les enquêtes sont en cours,
12:19tant que des gens luttent entre la vie et la mort,
12:21parce que je pense que la classe politique ferait bien d'avoir un peu de dignité.
12:26On ne va pas rajouter de l'huile.
12:28Donc Jean-Luc Mélenchon manque de dignité lorsqu'il dit tout de suite que le racisme est dessus.
12:32Je n'ai même pas vu la réaction, mais j'ai vu que ça commence déjà à partir en vrille.
12:35Et je trouve que c'est d'une indignité absolument repoussante.
12:40On va marquer une très courte pause.
12:42Je voulais vous entendre, évidemment, également Joshua Auchard, Alexis Culier.
12:46On viendra sur les différentes réactions politiques de la France insoumise,
12:50du RN, de Marine Tondelier.
12:52On marque une très courte pause.
12:53On revient sur les tout derniers éléments de l'enquête.
13:03La suite de notre édition spéciale consacrée à cette attaque terroriste dans les Yvelines.
13:08Un homme qui a tiré en rafale depuis une voiture, attrapé à la verrière.
13:12Une personne est morte.
13:13Quatre sont blessés, dont une enfant de 12 ans.
13:16Le parquet national antiterroriste s'est rapidement saisi.
13:19Des faits, le mobile reste à déterminer,
13:21mais il pourrait être d'ordre raciste.
13:23Théo Bassilana, vous êtes à Trappes pour BFM TV.
13:27Est-ce qu'on peut revenir avec vous sur le déroulé des faits ?
13:29Tout s'est passé aux alentours de 10h30 ce matin.
13:35Exactement, aux alentours de 10h30.
13:37Et donc, le suspect présumé a poursuivi son parcours,
13:41son périple meurtrier, notamment ici, au sein de cette station-service
13:44qui se situe juste derrière moi.
13:47Il a effectué plusieurs tirs avec son arme ici.
13:50Malheureusement, une personne au sein de cette station-service a gréavement été blessée.
13:55Ce que je peux vous dire aussi, et ce qu'on voit ici visuellement,
13:58c'est cette voiture blanche qui se situe juste derrière moi.
14:01Et la scène est comme figée,
14:03puisque la trappe à essence de cette voiture est encore ouverte.
14:07On a pu également voir à proximité de cette voiture plusieurs douilles par terre.
14:12Et puis, la vitre arrière qui se situe au niveau du coffre de cette voiture blanche
14:17est partiellement brisée.
14:19On peut également y voir plusieurs trous.
14:21Possiblement, vous l'imaginez, des impacts de balles.
14:24Ici, l'émotion est forte.
14:26On a pu rencontrer un témoin qui était présent au moment des tirs,
14:29puisqu'il s'est rendu ici dans cette station-service pour faire son plein d'essence.
14:33Il a dû se cacher sur la planquette arrière de son véhicule pour éviter ces tirs.
14:39Je vous propose de l'écouter.
14:40Il était à notre micro et notre caméra tout à l'heure.
14:43J'étais sur mon téléphone à ce moment-là.
14:45Je voulais démarrer, mais j'attendais un peu.
14:48Et j'entends des détonations, des rafales automatiques.
14:52Donc, j'attends, je regarde sur ma gauche.
14:54Je vois que le chauffeur du camion juste à ma gauche,
14:58il commence à être inquiété.
15:00Je vois qu'il se met sur sa banquette arrière.
15:03Je ne sais pas comment c'est.
15:04Je vois qu'il saute derrière.
15:05Il me dit, là, c'est bizarre, il doit se passer un truc.
15:06Donc, j'entends une détonation.
15:10Je vois un monsieur avec un truc dans la main.
15:13Vraiment, c'était sur une fraction de seconde.
15:15Je vois quelque chose dans la main,
15:16mais je ne sais pas honnêtement ce que c'est ou quoi.
15:19Donc, quand j'ai vu ça, je me suis empressé de me mettre derrière,
15:22sur la banquette arrière, pour ne pas qu'il me voie.
15:24Heureusement qu'il y avait le camion à ce moment-là qui me cachait.
15:27Du coup, je m'allonge sur la banquette arrière.
15:31J'attends, j'appelle la police directement à 10h10.
15:35J'appelle la police, je leur dis qu'ils viennent d'avoir des coups de feu.
15:41Et la police, ils me demandent la localisation.
15:43Et après, ils me disent qu'ils arrivent tout de suite.
15:45J'attends et au bout de cinq minutes, je sors ma tête,
15:48je vois qu'il n'y a plus rien.
15:50Honnêtement, je n'ai pas vu ce qu'il y avait autour.
15:52J'ai démarré la voiture.
15:53Je me suis dit, c'est un échappatoire.
15:56Voilà, pour ce témoignage d'un habitant de Trappes,
15:59plusieurs lieux dans différents quartiers de la ville
16:01ont été visés par les tirs.
16:02Donc, une maison de santé, des véhicules, un espace de jeu.
16:07Ce que dit le maire, c'est que manifestement,
16:10il tirait au hasard.
16:11Il avait envie de faire un carnage.
16:13Voilà, je reprends les mots du maire.
16:15Pendant 15 minutes, il a tiré.
16:17Et c'est pour ça qu'on parle de périple meurtrier.
16:19Aujourd'hui, Boris Karlamoff.
16:21Oui, périple meurtrier, puisque le tireur agit en trois lieux,
16:24bien distinct entre les villes de Trappes et de Coignères.
16:28Donc, cette ville, ce qui se situe dans le département des Yvelines.
16:31Et il a donc été interpellé alors qu'il se trouvait dans ce véhicule,
16:35dans son véhicule.
16:36C'est le véhicule qu'on voit à l'image.
16:38On voit à l'image avec des forces de l'ordre
16:41qui sont en train de faire les constatations,
16:43un travail de politique technique et scientifique.
16:45Tous ces policiers sont en train de passer au peigne fin ce véhicule
16:49pour tenter de retrouver le moindre indice
16:50qui pourrait faire avancer cette enquête.
16:53Cet homme, il est allé...
16:54Pardon, je vous arrête un instant, Boris.
16:56Là, ce sont les photos de l'arrestation.
16:57Absolument.
16:58Donc, l'homme, vous le voyez, il est assis contre la roue
17:01à l'arrière du véhicule.
17:03Il est flouté, assis au sol, entouré par des policiers.
17:06C'est au moment de son interpellation,
17:08un véhicule gris,
17:09avec tous ces policiers qui sont toujours en train de faire des constatations.
17:15Nous sommes sur la commune de Coignères,
17:17dans le département des Yvelines.
17:19Et donc, cet homme qui a depuis été placé en garde à vue,
17:22on va rappeler que sa garde à vue peut durer au maximum jusqu'à 96 heures
17:25puisqu'on est dans le cadre d'une enquête de terrorisme.
17:29C'est le parquet national antiterroriste qui s'est saisi des investigations
17:34pour notamment assassinat en relation avec une entreprise terroriste
17:37commis à raison de l'appartenance à une prétendue race,
17:41une ethnie, une nation ou une religion.
17:43Donc, des investigations qui sont toujours en cours sur place.
17:46Qui voit-on à l'image, pardon ?
17:49Je m'arrête à nouveau sur cette arrestation.
17:52Ce sont les policiers de la BAC ?
17:53Non, là, ce sont des policiers.
17:54Vous avez notamment de la BRB,
17:56donc la brigade de répression du banditisme.
17:59C'est l'ASDAT, la section sous-direction antiterroriste
18:03qui a été saisie des investigations,
18:05avec notamment le concours de l'ADGSI.
18:08Donc, ce sont des enquêteurs spécialisés en la matière
18:11qui mettent des investigations actuellement.
18:13Tony Vallée, vous êtes avec nous, secrétaire départemental Yveline
18:16du syndicat de police Unité.
18:18Ce qui frappe quand même dans cette affaire,
18:21c'est la rapidité de l'intervention des forces de l'ordre.
18:26Je m'invite de vous dire heureusement,
18:28on a quand même des effectifs qui sont sur secteur
18:32et qui, dès qu'on est appelé, essaient d'intervenir le plus rapidement possible.
18:36Donc là, sur cette histoire-là, nos collègues ont agi assez rapidement
18:40et ont interpellé l'individu rapidement également.
18:45Oui, une intervention très rapide et une opération très périlleuse.
18:49J'imagine, on parle quand même d'un homme de 39 ans armé d'une arme automatique.
18:57Oui, tout à fait.
18:58Il faut savoir que depuis les derniers attentats,
19:00nos collègues de la BAC notamment,
19:03suivent des formations de ce qu'on appelle tuerie de masse niveau 2
19:07pour justement se préparer à intervenir sur des situations
19:11comme celles qu'il y a eues aujourd'hui.
19:15Alors attendez, je voulais qu'on écoute un témoignage
19:19qui vient de nous parvenir,
19:20puisque je vous le disais, le bilan est d'un mort
19:23et de quatre blessés, dont une enfant de 12 ans.
19:25Elle a été très sérieusement blessée,
19:27elle a reçu huit impacts dans le corps
19:30et nos équipes ont pu échanger avec Amandine
19:34qui a porté secours à la fillette blessée.
19:37Elle a accepté de témoigner à notre micro.
19:40Elle a hurlé, à l'aide, à l'aide, j'ai mal.
19:44Elle a mal, elle nous dit, j'ai mal.
19:46Vous voyez une plaque de sang ?
19:47C'est ça, elle était en sang.
19:49Et après, mon conjoint m'a demandé, mais tu as mal où ?
19:53C'est là, elle a pu préciser vraiment la douleur,
19:55c'était au niveau de son ventre.
19:57Et qu'est-ce que vous faites ? Un point de compression ?
19:59Non, du tout, on n'y touche pas.
20:00On n'y touche pas.
20:01Moi, la seule chose, c'est que j'ai dit à ma fille,
20:03ramène-moi une couverture pour la couvrir,
20:05ce qui fait très, très froid actuellement.
20:07Donc, c'était vraiment, principalement, c'était de la couvrir
20:10parce que généralement, on sait très bien que
20:11si on la déplace ou quoi que ce soit,
20:13vous imaginez, on ne sait pas réellement ce qu'elle a.
20:15Et à ce moment-là, on ne s'imaginait même pas
20:17qu'elle avait reçu des balles.
20:20Elle ne savait pas ce qui s'est passé.
20:22Elle ne se savait pas.
20:25Elle ne savait pas.
20:26C'est horrible.
20:27C'est très, très dur.
20:30Mais c'est une petite fille qui a été très courageuse
20:33parce que franchement,
20:34comme elle a su contenir vraiment sa douleur,
20:38la seule fois où elle a hurlé,
20:39c'est quand j'ai ouvert la fenêtre, moi.
20:42Je l'ai entendue hurler qu'à ce moment-là,
20:44à l'aide, j'ai mal.
20:45Et quand on s'est approchée d'elle,
20:47elle parlait tout doucement, j'ai mal.
20:49Elle ne hurlait pas.
20:49Elle aurait pu hurler de douleur,
20:51parce qu'on sait très bien,
20:52mais même pas.
20:53Elle contenait sa douleur.
20:57Et franchement,
20:58elle a été très, très, très courageuse.
21:01Témoignage poignant.
21:03Boris, est-ce qu'on a des informations
21:04sur l'état de cette petite fille ?
21:06Alors, elle est toujours hospitalisée
21:08dans un établissement parisien
21:10avec un état très grave,
21:13touché à huit reprises,
21:15selon le témoignage d'Amandine
21:16qu'on vient de vous défuser.
21:19Mais voilà, un état très grave,
21:20tout comme les autres blessés,
21:23puisqu'on va rappeler qu'au total,
21:25il y a donc eu quatre blessés.
21:27Cette jeune fille de 12 ans,
21:28il y a un homme âgé de 20 ans,
21:30un homme âgé de 29 ans
21:30et un homme âgé de 47 ans
21:32qui ont tous été grèvement blessés
21:35suite à cette attaque terroriste.
21:37Leur pronostic vital est engagé
21:39pour ces quatre blessés ?
21:40Est-ce qu'on a cette information ?
21:41Alors ça, on n'a pas la précision à ce stade.
21:43Je vous lis ce qu'a confié la maman
21:47de cette petite fille
21:49à nos confrères d'RTL.
21:51Touchée au foie, aux reins, aux cuisses,
21:54ses jambes vont être déformées,
21:56son état est grave.
21:57Ma petite, elle avait un foulard sur sa tête,
21:59elle n'est pas voilée,
22:00mais elle avait attaché un foulard sur sa tête.
22:03Voilà, cette petite fille de 12 ans
22:05touchée à huit reprises.
22:07Beaucoup de réactions politiques
22:08depuis ce drame.
22:09On ne vous a pas encore entendu là-dessus, Joshua Auchard.
22:13Votre réaction suite à cette attaque terroriste ?
22:15Permettez-moi déjà d'avoir une pensée
22:17pour les quatre blessés.
22:19On sait, cette jeune fillette de 12 ans
22:20qui a été, comme vous l'avez dit,
22:21criblée de balles et cette personne décédée.
22:23En espérant que le bilan ne s'alourdisse pas
22:25dans la journée et d'avoir un mot,
22:26vous l'avez rappelé d'ailleurs,
22:27pour les forces de l'ordre
22:28qui sont intervenues très rapidement,
22:29la bac départementale des Yvelines
22:31qui est intervenue très rapidement
22:32et pour vos deux témoins, Amandine et Amide,
22:35qui ont eu le bon réflexe de se protéger,
22:37d'appeler les secours
22:38et de porter secours sur site.
22:40Maintenant, j'en appelle à la dignité
22:42de l'ensemble des forces politiques.
22:45On a vu sur quelques tweets
22:45que ce n'était pas forcément toujours le cas.
22:47Je pense qu'on doit être ici
22:48dans un moment de concorde national
22:50de condamner, bien évidemment,
22:52cet acte odieux,
22:54mais un moment de rassemblement
22:55des forces politiques
22:57face à cet acte odieux
22:58et, vous l'avez dit, largement condamnable.
23:01Vous visez qui en particulier ?
23:03Vous visez Jean-Luc Mélenchon,
23:05la France insoumise
23:05qui parle d'emblée d'un acte raciste ?
23:08Oui, j'ai vu Jean-Luc Mélenchon
23:09qui avait fait un raccourci un peu rapide.
23:12Ce qu'on sait au jour d'aujourd'hui
23:13pour vous parler des faits,
23:14c'est que le parquet antiterroriste
23:15est saisi par le biais du mode opératoire.
23:18C'est le mode opératoire
23:18qui fait qu'on a saisi le parquet antiterroriste.
23:20C'est le 435-1 du Code de sécurité intérieure,
23:23le périple meurtrier,
23:24comme ça a été rappelé tout à l'heure.
23:25On ne saisit le parquet antiterroriste.
23:26Aucun autre mobile est défini à ce jour.
23:29J'ai toute confiance en la justice.
23:31Maintenant que le mobile raciste
23:33soit confirmé ou pas par la justice,
23:36cet acte est odieux et mérite
23:37d'être condamné par l'ensemble des forces politiques.
23:39Alexis Cuvillier,
23:40quelles sont les réactions politiques
23:42marquantes effectivement
23:44depuis ce drame ?
23:45Puisque vous évoquiez Jean-Luc Mélenchon,
23:47en effet, le candidat de la France insoumise
23:49à l'élection présidentielle
23:50a publié un message
23:52qui commence par cette phrase
23:54« Le racisme tue, attrape au moins un mort
23:56et quatre blessés graves,
23:57parmi lesquels une enfant de 12 ans.
23:59Face à ce crime odieux,
24:01tous les êtres humains se souviennent
24:02qu'ils sont semblables
24:03en se voyant tous horrifiés et indignés »,
24:06dit Jean-Luc Mélenchon.
24:07Jean-Luc Mélenchon qui choisit
24:09de reprendre de façon affirmative
24:12la qualification de l'enquête
24:14qui vient de commencer,
24:15celle sur laquelle
24:16le parquet national antiterroriste
24:18débute ses travaux.
24:20C'est une expression
24:21qu'a choisi également
24:22Manuel Bompard,
24:23qui est un proche de Jean-Luc Mélenchon,
24:25le coordinateur national
24:26de la France insoumise.
24:27D'autres personnalités
24:29au sein du bloc central
24:30sont aussi allées sur ce terrain.
24:33Lorsque, par exemple,
24:35Gérard Larcher explique
24:36que le mobile raciste
24:37a été retenu,
24:38cela nous laisse sans voix
24:38dans un climat de tension
24:39et de violence
24:40que nous connaissons dans le pays,
24:42dit le président du Sénat,
24:44Gabriel Attal,
24:45le parquet national antiterroriste
24:46évoque des théories racistes
24:47et des cibles
24:48en raison de la couleur
24:49et des différences.
24:49Si cette information se confirme,
24:51c'est d'une barbarie innommable.
24:53Mais c'est vrai
24:53qu'il y a eu
24:54dans toutes ces réactions,
24:55ces nombreuses réactions,
24:57parfois des distinctions,
24:58des façons d'exprimer
24:59les choses
24:59qui n'étaient pas
25:00tout à fait les mêmes.
25:01J'en termine
25:01avec la réaction
25:02du chef de l'État,
25:03Emmanuel Macron.
25:04Profonde émotion
25:04suite à l'attaque
25:05à l'arme à feu
25:06survenue à Trappes
25:07et à la verrière.
25:08Dans cette terrible épreuve,
25:10la nation se tient
25:10aux côtés des victimes.
25:13Reconnaissance
25:13aux forces de l'ordre.
25:14Emmanuel Macron,
25:15d'ailleurs,
25:15qui annule un déplacement
25:16au Sénégal
25:17et au Nigeria
25:18en lien avec cette attaque
25:20et avec les manifestations ?
25:21Pas de lien
25:22avec cette attaque
25:23d'aujourd'hui.
25:24La décision a été prise
25:25avant que cette attaque
25:26à Trappes
25:27ne soit connue.
25:28Donc,
25:28au vu de la situation...
25:29Évidemment,
25:30avec la situation sécuritaire,
25:31nous l'avons bien en tête,
25:33même si l'Élysée
25:34ne fait pas de raccourcis.
25:35François Calfon.
25:36De toute façon,
25:37je n'ai pas commenté
25:38les propos
25:39des réactions politiques.
25:41La question qu'on peut se poser,
25:43cette fois-ci,
25:43apparemment,
25:45le parc antiterroriste
25:46s'est saisi
25:46sur cette qualification-là
25:48qui est à confirmer.
25:50Mais est-ce qu'en France,
25:51le racisme tue ?
25:51Bien sûr que le racisme tue.
25:54Et ce serait quand même
25:55être d'une particulière naïveté
25:56ou alors d'un aveuglement particulier
26:00pour ne pas le reconnaître.
26:02Est-ce que nous sommes
26:03dans un climat de campagne
26:04qui est un climat épouvantable ?
26:05Oui, nous sommes
26:06dans un climat de campagne
26:07qui est épouvantable,
26:08où finalement,
26:09c'est la chasse aux uns,
26:11aux autres,
26:12c'est la stigmatisation
26:13des religions.
26:16Certains pointent l'islam du doigt
26:17en permanence
26:19avec des propositions
26:21de nature raciste,
26:22pour le coup,
26:23sur le foulard,
26:24l'interdiction du foulard
26:25dans l'espace public.
26:26On n'a jamais vu ça.
26:27D'autres pointent les juifs
26:28en toute situation,
26:30les rattachant
26:31à ce qui se passe
26:32au Proche-Orient.
26:33Ils font commerce
26:34d'un portée
26:35finalement
26:35des situations tendues.
26:37Et donc,
26:38derrière,
26:38ça mène
26:39à ce genre d'actes ?
26:40Le climat est épouvantable.
26:41Avant même,
26:43cette affaire-là,
26:44moi j'étais avec des citoyens
26:45hier,
26:45sur les violences
26:47en marge des manifestations,
26:48les pillages,
26:50à force que vous ayez
26:51les uns les autres
26:51qui pointent du toit
26:52tantôt telle et telle communauté,
26:55tantôt la police,
26:56qui serait censée aussi
26:57tuer de manière systémique,
26:59les gens ne s'y retrouvent plus.
27:01Ils sont perdus
27:02et ils attendent
27:03des responsables politiques,
27:04ce que je vais faire là,
27:06qui disent
27:06non,
27:07ça n'est pas la guerre
27:08de tous contre tous,
27:09ça n'est pas tel quartier
27:11contre tel autre,
27:12ça n'est pas la population
27:14contre la police,
27:15ça n'est pas telle religion
27:17à pointer du doigt.
27:18La France,
27:19c'est ce qu'on fait en commun,
27:20d'où qu'on vienne.
27:21Et je crois qu'on a
27:22un peu tendance à l'oublier
27:23et je pense même
27:24que si on continue comme ça,
27:25on va arriver très très amibés
27:27à l'occasion
27:28des élections présidentielles.
27:29Et je vais même
27:29d'y rajouter une chose
27:30qui me touche particulièrement.
27:33Il y a la guerre en Europe,
27:34il y a une crise terrible,
27:35les gens n'arrivent pas
27:36à boucler leur fin de mois
27:37et on va se rajouter
27:38dans la classe politique,
27:41finalement,
27:42on va mettre de l'huile
27:43sur le feu
27:43en toute situation.
27:46Mais moi,
27:46je suis député européen,
27:48nos collègues
27:48ne comprennent pas
27:50ce qui se passe en France
27:50et qu'est-ce qui se passe
27:51de manière effrayée
27:52dans un pays
27:53qui est un des piliers
27:54de l'Union Européenne.
27:55Donc j'en appelle
27:56à une forme d'apaisement.
27:58C'est pour ça que je...
27:59Voilà,
27:59chacun prend ses responsabilités.
28:01Mais je ne vais pas
28:03pointer du doigt
28:04alors que l'enquête
28:05ne va pas,
28:06finalement,
28:07n'est pas arrivée
28:08à son terme.
28:09Elle ne fait que commencer.
28:10Pour autant,
28:10pas de naïveté excessive.
28:12Est-ce qu'il y a du racisme
28:12dans le pays ?
28:13Oui,
28:14bien évidemment.
28:15Est-ce qu'au lieu
28:16de chercher en chacun,
28:17quelle que soit son origine,
28:19un Français,
28:19on va chercher en chacun
28:22son origine,
28:23même quand celui-ci
28:24vit d'abord
28:25comme citoyen
28:26de la République
28:26et que lui-même
28:27n'en a que faire
28:28d'où il vient,
28:29on va pointer du doigt
28:31tel ou tel.
28:31Ça,
28:32c'est un climat
28:32qui est épouvantable.
28:34Et je vous fais écouter
28:35la réaction du maire
28:36de Trappes là-dessus.
28:39On a déploré un décès
28:40d'une personne
28:41qui était près
28:41d'une aire de jeu,
28:43puis rendait visite
28:44à sa famille
28:44qui n'a rien demandé
28:45et qui était abattue
28:47d'une rafale
28:47d'armes automatiques.
28:49Une fille de 12 ans
28:50étant entre la vie
28:51et la mort
28:51au moment où on se parle,
28:52elle a été ciblée
28:53par une rafale
28:53d'armes automatiques
28:54dans notre pays.
28:56Son crime,
28:56c'est probablement
28:57d'être racisé.
28:58Un homme,
29:00dans une station
29:00essence de Trappes,
29:02a été victime
29:02d'une rafale
29:03d'armes automatiques
29:04parce qu'il est maghrévin.
29:07L'enquête précisera
29:08tout cela,
29:09mais je crois
29:10que j'ai peu de risques
29:11d'être démenti
29:11dans ce que je vous indique là
29:14en me disant
29:14que c'est probablement
29:15l'un des premiers
29:18tentatives de crime de masse
29:20à connotation
29:21islamophobe et raciste.
29:23C'est très fort
29:24ce qu'il dirait,
29:25la Didi.
29:26Oui, c'est très fort.
29:27Ce que je vous disais
29:28en préalable,
29:29c'est qu'il faut attendre
29:29les conclusions de l'enquête
29:31pour savoir où on en est,
29:32mais ce qui est
29:33certain, c'est qu'il y a
29:34un climat quand même
29:35dans ce pays
29:36qui existe depuis
29:37plusieurs années
29:38et qui a,
29:39et là je mets ma casquette
29:40d'ancien DILCRA,
29:41délégué interministériel
29:42de lutte contre le racisme
29:42et l'antisémitisme,
29:43délégué adjoint,
29:45il y a peut-être un travail
29:46qui n'a pas été fait
29:46sur ce sujet-là
29:47de façon assez profonde
29:48et assez puissante
29:50pour arriver au niveau
29:51où on est,
29:51c'est-à-dire en effet
29:52parfois une vision
29:54d'une société
29:55où vous avez deux camps
29:55qui se regardent
29:57face à face.
29:58Lui, il dit
29:59ça couvait,
30:01comme s'il disait
30:02c'était presque inévitable
30:03ce à quoi
30:04on est arrivé aujourd'hui.
30:05Vous regardez
30:05les derniers sondages,
30:06vous regardez
30:07les différentes études
30:08faites sur le sujet,
30:09vous avez quand même
30:09ces remontées
30:10de ces différentes problématiques.
30:11Si tout un chacun
30:12se met à discuter
30:13avec son voisin
30:14et les différents commerçants,
30:16c'est des questions
30:17qui remontent en fait,
30:18qui sont là,
30:18qui sont présentes
30:19et qui traversent
30:21l'ADN
30:21et l'histoire
30:22de ces individus.
30:26Comment se fait-il
30:27en effet
30:28que dans notre pays,
30:31la fraternité,
30:32on n'arrive pas
30:33à mieux la faire vivre ?
30:35Le parquet national
30:36antiterroriste,
30:37je le rappelle,
30:38qui a annoncé très vite
30:39ouvrir une enquête
30:39pour assassinat
30:40en relation
30:41avec une entreprise
30:41terroriste
30:42avec la circonstance
30:43que les faits
30:44ont été commis
30:45à raison de l'appartenance
30:46vraie ou supposée
30:47à une prétendue race,
30:48ethnie, nation
30:49ou religion déterminée.
30:51Boris Karlamov,
30:52le but est donc
30:53entre autres
30:53de déterminer
30:54le mobile raciste ou non.
30:55Oui absolument,
30:56ce set,
30:57c'est ce qui est retenu
30:57par le parquet national
30:59antiterroriste
30:59puisque c'est cette
31:00circonstance aggravante
31:01qui a été indiquée
31:03dans les chefs d'accusation.
31:04Cette garde à vue,
31:05elle va durer au maximum
31:06jusqu'à 96 heures,
31:07ce qui laisse du temps
31:08aux enquêteurs
31:09de la sous-direction
31:10antiterroriste
31:12de faire le point,
31:14de trouver
31:14un éventuel mobile
31:15et de confirmer
31:16donc ce caractère
31:18à cette connotation
31:19raciste.
31:20On va rappeler
31:20que cet homme,
31:21il est âgé de 39 ans,
31:22il est déjà connu
31:22des services de police
31:23et des justices
31:24pour des faits
31:25de droit communs
31:26mais il n'était pas
31:28fiché S.
31:29Quand les enquêteurs
31:30sont allés
31:31à son domicile,
31:32ils ont retrouvé
31:32plusieurs bonbonnes
31:34de gaz.
31:34L'appartement
31:35était donc piégé
31:37et donc
31:38cette personne-là,
31:39elle va devoir
31:40s'expliquer,
31:41elle a le droit
31:41de garder le silence
31:43mais elle va devoir
31:43donc parler
31:45à ces enquêteurs
31:46de la sous-direction
31:47antiterroriste
31:48de Levallois-Péry.
31:49Il y a également
31:49la DGSI
31:51et des directions
31:51zonales
31:52de la police nationale
31:52qui sont en co-saisine
31:54de ces investigations
31:55mais voilà,
31:56ça laisse du temps
31:57pour les enquêteurs
31:57de faire toute la lumière,
31:59d'essayer de faire
31:59la lumière
32:00sur ce drame
32:01qui s'est noué
32:02et cette attaque terroriste
32:03qui s'est nouée
32:04donc ce matin
32:05à Trappes.
32:06Axel Ronde
32:06nous a rejoint
32:07président et porte-parole
32:08du syndicat de police
32:09CFTC.
32:10Merci d'être avec nous.
32:11Là-dessus,
32:12sur le profil du suspect
32:13sur cet appartement
32:14piégé,
32:14comment vous,
32:15vous l'interprétez ?
32:17On voit bien
32:18que l'auteur
32:18voulait tuer
32:20un maximum de personnes
32:21parce qu'en piégeant
32:22son appartement,
32:23il espérait
32:24que les policiers
32:25allaient faire
32:25une perquisition
32:27lambda
32:27et rentrer dans l'appartement
32:28et au final
32:29se faire sauter.
32:30Il y a tout un process
32:31qu'on utilise.
32:33Ou alors,
32:33il voulait se retrancher
32:34chez lui
32:35et tout faire sauter.
32:36En même temps,
32:37il y a plusieurs
32:38effectivement
32:39scénarios possibles
32:40mais en tous les cas,
32:41le but,
32:41c'est de faire
32:42le maximum de victimes.
32:43Il a été heureusement
32:45arrêté
32:45dans son poste
32:47périple meurturé
32:48et par l'action rapide
32:49des fonctionnaires
32:49de police
32:50de la brigade
32:50anticriminalité.
32:51Donc,
32:52on voit qu'au final,
32:54les policiers
32:55sont extrêmement réactifs
32:56quand il y a
32:56des situations
32:57extrêmement
32:59comme un attentat.
33:00On est formé
33:01pour cela
33:01depuis quelques années,
33:02on le sait,
33:03la menace
33:03de l'attentat
33:04est bien évidemment
33:06présente
33:07dans chacune
33:08des interventions
33:09finalement des policiers
33:10parce que
33:10les attentats
33:11peuvent surgir
33:12à tout moment
33:12et on l'a bien vu,
33:13en quelques minutes,
33:15il y a eu
33:16ce drame
33:17et que des vies
33:18ont malheureusement
33:19été fauchées.
33:20Comment on intervient
33:21sur ce genre
33:22de cas ?
33:24On parle d'un homme
33:26lourdement armé
33:27à bord de sa voiture.
33:28On la voit là,
33:29sa voiture,
33:30criblée de balles,
33:31cette Clio
33:32à l'antenne.
33:34Il est armé
33:35d'une arme automatique.
33:37Il a été interpellé
33:38en 15 minutes.
33:40Ils ont réussi
33:41à le neutraliser.
33:42Comment on fait
33:43pour intervenir
33:44sur un cas aussi
33:46délicat,
33:46j'allais dire ?
33:47C'est déjà
33:47les primo intervenants.
33:49L'appel
33:49aux 17 police secours
33:50qui va nous guider
33:54tout de suite
33:54sur le profil
33:55de la personne
33:56à rechercher
33:57et des cas
33:58qu'il peut y avoir,
33:59qu'est-ce qui se passe
33:59réellement.
34:00On nous a tout de suite
34:01donné la description
34:02du véhicule
34:03qui a permis
34:03de lancer
34:04des recherches
34:05avec l'aide
34:06des caméras
34:06de surveillance aussi.
34:07On peut s'appuyer
34:08là-dessus
34:08pour rechercher
34:10et remonter
34:11la piste
34:12de l'individu
34:13et tout de suite
34:14le signalement
34:15est envoyé
34:15à toutes les patrouilles
34:16de police
34:16dans la zone
34:18pour pouvoir
34:18rattraper ce véhicule.
34:21Les témoins
34:22sont quelque chose
34:23d'essentiel.
34:25Effectivement,
34:26quand ils nous relèvent
34:27tout de suite
34:27les faits,
34:28la rapidité
34:29de l'action
34:29aussi dépend
34:30de ce qu'on nous rapporte
34:32immédiatement
34:32aux 17 police secours
34:34et ça permet
34:34de déployer
34:35des forces rapidement
34:36et les brigades
34:37anticriminalités
34:38ont dans
34:39leur véhicule
34:40des armements
34:41particuliers
34:42pour justement
34:43répondre
34:44à une attaque
34:45terroriste
34:45à des individus
34:47lourdement armés.
34:48Nous avons aussi
34:48des armes
34:49comme le G36,
34:50c'est une arme de guerre
34:51qui permet effectivement
34:52de neutraliser
34:53les individus,
34:54des boucliers aussi
34:55tactiques
34:55et des casques lourds
34:56blindés.
34:58Boris Karlamov
34:59et Axel Ronde
35:00d'ailleurs,
35:00est-ce qu'on peut
35:01décrire ensemble
35:02les images
35:02qu'on voit là
35:03à l'antenne ?
35:03Qui sont ces enquêteurs
35:05autour de
35:07de cette Clio ?
35:08Qu'est-ce qu'on est
35:09en train de rechercher ?
35:11Comment sont-ils
35:11en train de travailler là ?
35:13Alors là,
35:13c'est un travail
35:13de police technique
35:14et scientifique,
35:15c'est-à-dire que ce sont
35:15des enquêteurs spécialisés
35:17qui vont passer
35:17au peigne fin
35:18ce véhicule
35:18pour tenter de trouver
35:19le monde indice
35:20qui permettrait
35:20de faire avancer
35:21les investigations
35:23puisqu'on va rappeler
35:23que l'auteur présumé
35:25se trouvait dans son véhicule
35:26lorsqu'il a été interpellé
35:27par un équipage
35:28de la BAC de 50 ans
35:29en Yvelines.
35:30Donc après 15 minutes
35:32d'un périple meurtrier
35:33on est sur le parking
35:34d'un magasin
35:35en bord de National 10
35:37et tous ces enquêteurs
35:38en combinaison blanche
35:39que vous voyez
35:39sont en train de faire
35:40du relevé
35:41de la constatation
35:42au relevé d'indice.
35:43Il y a plusieurs services
35:44qui ont été saisis
35:45pour cette enquête
35:46en premier lieu
35:47la sous-direction
35:49antiterroriste
35:49la DGSI
35:50et des directions zonales
35:51de la police nationale.
35:53Tout à l'heure
35:54on voyait un policier
35:54avec le sigle
35:55vous voyez le sigle BRB
35:57pour brigade de répression
35:58du banditisme
36:00donc il y a tout un travail
36:01de très longue haleine
36:03de constatation
36:04de relevé
36:04avec tout autant d'éléments
36:05qui vont partir après
36:06en laboratoire
36:07pour des analyses
36:09bien plus fines
36:11bien plus précises
36:12tous ces éléments
36:13seront ensuite versés
36:14au dossier d'instruction
36:15l'objectif
36:16on l'a bien compris
36:17c'est faire avancer
36:17les investigations
36:18le plus rapidement possible
36:19en parallèle
36:20des auditions
36:21de la garde à vue
36:22qui est en cours
36:23et qui peut durer
36:24jusqu'à 96 heures
36:25donc dans les locaux
36:26de la sous-direction
36:27antiterroriste
36:28à l'OEA opéré
36:28juste à côté de Paris.
36:29Et écoutez le témoignage
36:30de cette femme
36:30qui a croisé
36:32l'assaillant
36:33à bord de sa voiture
36:35je suis sortie de chez moi
36:38donc j'habite pas très loin
36:39du centre commercial
36:39du bois de l'étang
36:41à la sortie de ma rue
36:42j'emprunte une autre rue
36:43et c'est à ce moment-là
36:43où les deux russes
36:44se réjoignent
36:45que j'ai croisé
36:46une clio grise
36:48avec la fenêtre ouverte
36:49avec un individu
36:50à l'intérieur
36:50et qu'on s'est croisé
36:52il s'est arrêté
36:52il m'a regardé
36:53à un moment
36:54avec l'air agarre
36:56et un peu
36:58voilà
36:58un peu
37:00indécis
37:00sur son parcours
37:02donc on s'est regardé
37:04il m'a regardé
37:04et puis
37:05ce qui m'a interpellé
37:06aussi c'est
37:07les impacts
37:08enfin il avait le pare-brise
37:09il avait deux impacts
37:10sur le pare-brise
37:10qui étaient cassés
37:12et ensuite
37:13je l'ai fait avec un signe
37:14de la main
37:14je l'ai fait
37:15bah passe
37:15du coup
37:16parce qu'on ne pouvait pas
37:16passer tous les deux
37:17dans cette rue
37:17donc je l'ai fait un signe
37:18en passé
37:19et puis du coup
37:20il est parti
37:20emprunter cette rue
37:22direction
37:23la mairie de la Verrière
37:25et j'ai essayé
37:26à une vitesse
37:27mais extrêmement
37:29extrêmement vite
37:30et au niveau de la Verrière
37:31la mairie de la Verrière
37:32c'est là où
37:32je ne l'ai plus revue
37:34et je l'ai complètement
37:35perdue du
37:36on imagine
37:37la panique des habitants
37:38qui ont été témoins
37:39de cette scène
37:40on sait qu'une cellule
37:41d'urgence médico-psychologique
37:42Boris a été
37:44mise en place
37:45oui c'est le processus normal
37:46puisqu'on imagine
37:47le nombre de personnes
37:48qui ont pu assister
37:49à ces scènes
37:50et qui sont bien évidemment
37:51traumatisées
37:52donc tout de suite
37:53une cellule médico-psychologique
37:55a été enclenchée
37:57activée
37:57pour venir en aide
37:58à toutes ces personnes
37:59qui ont sans doute
38:00pour beaucoup d'entre elles
38:01assisté à ces scènes d'horreur
38:03ce matin
38:03si c'est terroriste
38:05c'est qu'il y a forcément
38:07des complices
38:07c'est ce que cherchent aussi
38:08à trouver
38:10les enquêteurs
38:11oui bien sûr
38:12effectivement
38:12tous ces relevés
38:13nous permettront de savoir
38:14qui est rentré dans ce véhicule
38:16et savoir si ces personnes
38:17sont connues des services
38:18de police ou pas
38:18donc oui on va chercher
38:20bien évidemment
38:21tout type de traces d'indices
38:23est-ce que cet individu
38:24peut-être a été téléguidé
38:26par une autre personne
38:27qui était peut-être aussi à bord
38:28qui l'a emmené sur zone
38:30et qui après
38:30l'a laissé faire
38:32ce périple meurtrier
38:34tout seul
38:34donc oui bien évidemment
38:35tous ces relevés
38:36vont nous servir
38:37pour savoir
38:38qui a fréquenté ce véhicule
38:40à qui appartient ce véhicule
38:41est-ce que ce véhicule
38:42est volé ou pas
38:43est-ce que
38:43les plaques d'immatriculation
38:44sont vraies ou pas
38:45en tout cas
38:46il y a tout ce travail
38:47d'enquête
38:47qui débute
38:49et qui va nous donner
38:50beaucoup de choses
38:51beaucoup d'éléments
38:52et aussi on va faire le travail
38:53sur la téléphonie mobile
38:54sur tout ce qui est
38:55internet
38:56et j'en passe
38:57donc oui c'est la rapidité
38:58d'action des services de police
38:59qui permettra aussi
39:00d'éviter
39:01que si cet individu
39:02fait partie d'un groupuscule
39:04d'un groupe
39:04et s'il y a une cellule
39:06terroriste
39:07qui est active actuellement
39:08ça il faut tout de suite
39:09le savoir
39:09pour l'anéantir
39:11au plus vite
39:11pour éviter
39:12qu'il repasse à l'action
39:13pour éviter
39:13Sous-titrage FR ?