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00:00Voilà, vous avez entendu la colère du ministre de l'économie et du maire de Bordeaux après la décision de
00:05la préfecture d'autoriser la manifestation dans le centre-ville, Vincent Vantiguem.
00:09C'est vrai que ça a surpris un peu tout le monde, contrairement à Paris notamment, où là ce sera
00:14bien en périphérie demain, Bordeaux, il y aura bien une manifestation au cœur du centre-ville ?
00:19C'est vrai qu'on a un petit peu de mal à y voir clair puisqu'on a des situations
00:23totalement disparates d'une ville à l'autre.
00:24Vous l'avez dit, à Bordeaux, la manifestation est autorisée dans le centre-ville après des négociations avec les organisations
00:29syndicales, il faut bien le préciser.
00:31Elle ne parcourra pas la rue Sainte-Catherine qui est peut-être la rue la plus emblématique du centre-ville
00:35de Bordeaux.
00:36Donc on a cette situation-là à Bordeaux.
00:37À Paris, totalement inverse, on a les organisations qui ont proposé un parcours entre Bastille et Nation, la préfecture de
00:43police qui a mis son veto et ça se joue en ce moment même devant le tribunal administratif.
00:47On ne sait toujours pas où la manifestation aura lieu demain.
00:50Est-ce que ce sera entre Bastille et Nation, comme le veulent la CGT et d'autres organisations syndicales, ou
00:55entre Porte-de-Charenton, Porte-de-Bagnolet, comme l'a proposé la préfecture de police ?
00:59Puis il y en a d'autres situations.
01:00À Marseille, vous vous souvenez, samedi dernier, tout avait été interdit, puis tout était autorisé à la dernière minute.
01:04Et là, il n'y a eu aucune manifestation, aucune déclaration, en tout cas de manifestation déposée.
01:09Aucune déclaration officielle de manifestation par les syndicats déposée à Marseille ?
01:12Non.
01:13Donc c'est une source d'inquiétude ?
01:14C'est une source d'inquiétude.
01:16On imagine qu'il se trame quelque chose quand même à Marseille.
01:18Ce qu'on peut redouter, en tout cas, c'est qu'il y ait ce qu'on appelle des cortèges
01:22sauvages,
01:22qui sont beaucoup plus difficiles à juguler pour les forces de l'ordre,
01:26à ceci près que s'il y a ces fameux cortèges sauvages, que ce soit à Marseille ou ailleurs, du
01:31reste,
01:32les manifestants sont immédiatement en infraction.
01:35On n'a pas le droit de manifester.
01:36Si la manifestation n'a pas été autorisée par la préfecture,
01:39ça donnera l'occasion aux forces de l'ordre de pouvoir interpeller les gens qui se rendraient sur ces manifestations.
01:43Mais oui, on n'a pas de manifestation déclarée à Marseille.
01:46Mais par contre, sur les réseaux sociaux, ce à quoi on assiste, c'est des rendez-vous, des rassemblements.
01:51Je pense notamment à une manifestation qui est prévue dans le 5e arrondissement de Marseille
01:56pour la fête d'Halloween vers 20h.
01:58Une autre manifestation dans le 1er arrondissement à 14h.
02:00Donc, qu'est-ce qui va se passer demain ?
02:02C'est vraiment ça aussi qui nourrit l'inquiétude des autorités et de Laurent Nunez au premier titre.
02:07Laurent Nunez et son entourage qui évoquent des épisodes de violences urbaines comparables à ceux du 17 octobre.
02:14Qui les redoutent.
02:16Ils ne les évoquent pas encore, mais en tout cas, ils les redoutent forcément.
02:18C'est ce qu'ils attendent, en tout cas, et ce qu'ils redoutent.
02:21Ça fait peur, Richard Ramos ?
02:23Oui, ça fait peur, mais bon, nous-mêmes, on prend contact avec des gens au ministère.
02:29Je pense qu'ils sont très inquiets, je veux dire, la manifestation de demain.
02:32Autant, samedi, ils n'étaient pas inquiets.
02:37On est toujours inquiets, on a toujours la peur d'un débordement, de quelqu'un qui décède.
02:42Donc, évidemment, c'est la peur aux ventes à chaque fois.
02:44Mais je pense que pour demain, ils sont très, très inquiets.
02:48Notamment, on le voit à Marseille, on voit bien qu'aujourd'hui, les choses vont être un peu moins cadrées
02:53et que ça va être plus difficile.
02:54Et j'ai envie de dire, c'est presque pour certains, on sent qu'il y a eu un match
03:00allé, un match retour.
03:01Et là, c'est le dernier match, là, entre guillemets.
03:03Donc, on sent qu'il y a une violence qui monte.
03:04Le dernier match, vous croyez ? Il y a encore un rendez-vous le 5 novembre ?
03:07Il y en aura d'autres, mais ils ont été jugulés samedi dernier.
03:13Là, il y en a qui vont essayer de faire le rapport de force pour, entre guillemets,
03:18essayer de déjouer tous les plans des forces de l'ordre pour essayer que ça se passe bien.
03:25Pourtant, le plan, il est particulièrement conséquent.
03:2870 000 policiers et gendarmes, ça, c'est le même volume que samedi dernier,
03:32sauf qu'il y avait une partie samedi dernier qui était affectée à Orléans pour le congrès du RN.
03:37Là, ils vont être redispatchés pour couvrir spécifiquement ces manifestations.
03:42Je vous fais la liste.
03:43La BRI, le RAID, le GIGN, les drones, des hélicoptères, des brigades équestres, des unités cynophiles.
03:4926 centaures, les véhicules blindés de la gendarmerie.
03:54Qu'est-ce qu'il faut craindre ?
03:55Donc, on n'est pas, malgré ce dispositif, on n'est pas paré ?
03:58Alors, on peut toujours craindre quelque chose.
04:02Et d'ailleurs, ce serait malsain que de ne pas anticiper le pire.
04:06Le but du ministère de l'Intérieur, décliné au niveau de tous les préfets, c'est d'anticiper le pire.
04:13C'est-à-dire, quel serait le mode d'action de l'adversaire qui pourrait nous mettre le plus en
04:16difficulté ?
04:17À ce stade, on a déployé des moyens.
04:20Effectivement, on va pouvoir, je rappelle que sur Orléans, il y avait l'équivalent de 13 000 forces, je crois,
04:25ou 3 000 forces, pardon, avec des blindés également.
04:30Donc, ces forces vont être réparties un petit peu partout.
04:32L'idée, c'est d'avoir une sorte de réaction, une force de réaction rapide qui soit en mesure d
04:37'intervenir en tout point où des actes de vandalisme soient signalés pour éviter que, justement, les médias ou même les
04:46gens qui sont sur le terrain avec des portables,
04:48puisque maintenant, il y a autant de journalistes que de participants à une manifestation, puissent montrer des images de casse
04:54et de pillage sans que les forces de l'ordre interviennent.
04:57Donc, c'est surtout ça.
04:59Et je crois que tous les moyens ont été mis en œuvre.
05:01Mais surtout, ce qu'il faut dire, c'est que déjà, dans les réseaux sociaux, on appelle, comme le 17
05:05octobre, à des actes de violence et de pillage.
05:09Et il y a la concomitance de la fête d'Halloween qui ne va pas simplifier les choses.
05:13Alors, en quoi ça complique les choses, cette fête d'Halloween ? C'est le risque que les manifestants viennent
05:18masquer.
05:19Grimer, masquer.
05:20Mais qu'est-ce que ça change, j'allais dire, pardon pour ma question, mais...
05:23Qu'est-ce que ça change ? C'est que déjà, dans un premier temps, pour les forces de l
05:26'ordre, il va falloir réussir à distinguer ceux qui veulent fêter Halloween, vraiment, véritablement,
05:31ceux qui veulent aller réclamer des bonbons dans les magasins ou chez les particuliers,
05:34de ceux qui profitent de ça pour se déguiser, se grimer et commettre des exactions.
05:39C'est la raison pour laquelle la préfecture de police, là aussi, a interdit le fait de pouvoir se déguiser
05:45ou au moins se dissimuler le visage.
05:46Il faut bien comprendre qu'aujourd'hui, c'est interdit, dans l'espace public, de se dissimuler le visage.
05:50On doit avoir le visage apparent.
05:52Avec un risque de 150 euros d'amende si vous êtes dans l'espace public avec un visage dissimulé.
05:56Il y a des exceptions à cette année. Vous savez, la principale exception, c'est le 31 octobre, c'est
06:00justement pour la fête d'Halloween.
06:01La loi prévoit cette exception, sauf que là, cette année, au risque des débordements et notamment des appels à commettre
06:07ces exactions
06:07qui fleurissent sur les réseaux sociaux, la préfecture de police a pris aussi un arrêté, une disposition pour interdire le
06:13fait de se dissimuler le visage
06:15parce qu'on les voit, ces vidéos sur les réseaux sociaux, notamment une vidéo qui circule énormément sur des comptes.
06:21Venez fêter Halloween, venez faire la fête, venez faire la révolution sur le fond d'images qu'on a vues
06:28le 17 octobre.
06:29C'est ça qui inquiète énormément les autorités à l'heure actuelle.
06:32En fait, il va y avoir trois moments demain, véritablement.
06:35Demain matin, les cortèges classiques, alors celui de Paris doit partir dans l'après-midi, mais dans toute ville de
06:40province, c'est le matin.
06:42Il y a 150 manifestations déclarées.
06:44Ça, les autorités ne sont pas trop inquiètes parce que ce sont des manifestations déclarées avec les syndicats.
06:48Ensuite, il y aura ce qu'on appelle les cortèges sauvages qui sont redoutés dans les rues de Paris
06:52parce que le tracé, eh bien, il ne l'a pas mis tout le monde d'accord.
06:56entre les syndicats, les gilets jaunes, les étudiants et ceux qui veulent commettre des executions.
07:01Et troisième temps, la soirée avec cette fête d'Halloween et les risques de débordement qui en découlent.
07:06Et ça, ça inquiète véritablement beaucoup les forces de l'ordre.
07:09Est-ce que ça vous inquiète aussi, Safia Haïd-Warabi ?
07:11Vous êtes militante antiraciste, féministe à Révolution Permanente.
07:14Vous allez manifester demain ?
07:15Bien sûr que je vais manifester demain, mais moi, ce qui me frappe et ce qui m'inquiète plus,
07:19c'est par exemple, monsieur, je vous ai entendu parler tout à l'heure,
07:20en parlant des manifestants, vous avez dit adversaires.
07:23Ça me fait penser, c'est extrêmement grave,
07:26et ça me fait penser à la logique avec laquelle intervient le gouvernement,
07:29qui a convoqué un conseil de défense cette semaine pour parler des manifestations.
07:33Aujourd'hui, moi, ce que je vois, ce n'est pas nous qui sommes en guerre.
07:35Moi, je vois qu'on a un État et des forces de police qui sont en guerre contre les manifestants.
07:39Pareil, on parle de manifestations sauvages.
07:41On est dans un pays où on déclare les manifestations.
07:47Quand on appelle les manifestations sauvages,
07:49pardon, mais les manifestations, elles ne sont pas sauvages par essence.
07:52C'est-à-dire le fait qu'aujourd'hui, il y ait des manifestations,
07:54il y ait des gens qui sortent et qui s'expriment,
07:55je ne vois pas pourquoi on les qualifierait de sauvages.
07:57On est en train de créer un consensus sur le droit de manifester,
08:00qui est extrêmement délétère à mon sens.
08:03Aujourd'hui, le droit de manifestation Amnesty International
08:05part aujourd'hui d'une surenchère sécuritaire
08:07et d'une attente grave aux droits de manifestation.
08:10On a des instances des droits de l'homme
08:12et qui se posent des questions sur la démocratie
08:13qui sont en train d'épingler la France.
08:15Vous avez raison, mais par ailleurs,
08:17je pense par ailleurs, juste, il y a Roland Lescur.
08:19Oui, Roland Lescur.
08:20Roland Lescur, pardon, excusez-moi.
08:22Roland Lescur et le préfet de Gironde
08:24et notamment sur la ville de Bordeaux
08:26qui prenaient la parole en interpellant les organisateurs,
08:29les organisations.
08:31Mais comme si, en fait, tout était notre responsabilité ou que sais-je.
08:34Moi, j'aimerais dire qu'aujourd'hui, la responsabilité
08:37des organisations syndicales et politiques,
08:39c'est aujourd'hui de résister face à cette attente de droit de manifestation
08:42et qu'aujourd'hui, on ne devrait pas se laisser imposer
08:45des parcours de manifestation par l'État ou la préfecture.
08:49Tout à fait, j'ai vu.
08:50Vous avez vu les manifestations du 17 octobre.
08:53Il faut bien prendre des mesures, non ?
08:54Moi, ce que je pense, c'est qu'aujourd'hui,
08:57la volonté du gouvernement et des préfets,
09:00ce n'est pas de lutter contre la violence,
09:01c'est de lutter purement et simplement contre la mobilisation.
09:03Ce n'est pas les violences qui dérangent le gouvernement.
09:05Arrêtons d'être naïfs.
09:06C'est la mobilisation.
09:07C'est nous, en tant que jeunes, quand on se met au mouvement,
09:10qui les dérangent.
09:10Voyez bien qu'ils ont...
09:11Il y a eu un début de réponse politique aussi.
09:14Mais parlons d'arrêt.
09:15On va y revenir dans un instant sur cette réponse politique.
09:18Mais c'est des miettes et des arnaques.
09:18Donc, pour moi, à mon sens, le problème, c'est la mobilisation,
09:21pas les violences contre le gouvernement.
09:22Puisque vous interpelliez Richard Caminade.
09:24Oui, oui.
09:24Alors, je suis tout à fait d'accord avec vous,
09:25mais la sémantique est très importante.
09:28Elle est grave.
09:28Elle est très importante.
09:29Par exemple, j'ai parlé d'adversaires.
09:32À dessein.
09:33On n'est pas en guerre.
09:34Comme vous l'aviez évoqué, vous évoquez une situation de guerre.
09:37En guerre, ce n'est pas un adversaire qu'on a en face de nous.
09:39C'est un ennemi.
09:39Ce n'est pas pareil.
09:40Vous pensez que les manifestants sont ma séminaires ?
09:41Ce n'est pas la même logique.
09:42Ce n'est pas la même logique.
09:43Ce n'est pas la même logique.
09:44Les manifestants sont là pour exprimer un mécontentement.
09:48On les considère comme des manifestants.
09:51Quand je parle d'adversaires, c'est ceux qui cassent,
09:52c'est ceux qui pillent, c'est ceux qui agressent les forces de l'ordre.
09:55Je fais une nuance là-dessus.
09:56Mais vous avez raison.
09:57La sémantique est importante.
09:59Mais en guerre, ce n'est pas un adversaire.
10:01C'est un ennemi.
10:02Je pense que quand même, parce qu'à vous entendre,
10:04on a le sentiment que ça y est, la bascule autoritaire est enclenchée,
10:08qu'en France, il y aurait des arrestations arbitraires
10:11et que la liberté de manifester serait foulée au pied.
10:14Je crois quand même qu'il y a juste deux exigences qu'on peut se poser.
10:18D'une part, éviter de laisser penser que la France serait devenue la Chine.
10:25Moi, je peux le dire.
10:25Je n'ai pas de contrat publicitaire avec la Chine.
10:27Je ne m'appelle pas Kylian Mbappé, donc je peux le dire très tranquillement.
10:30Simplement, il y a une recherche fastidieuse de conciliation
10:34entre la liberté de manifester, constitutionnelle,
10:37et par ailleurs, la propriété privée,
10:40qui est aussi sanctuarisée par la Constitution
10:42et qui a été gravement atteinte par notamment les pillages de commerce.
10:46Cette recherche-là est difficile.
10:48Le premier épouvantail, le premier cauchemar à éviter,
10:51c'est le spectre d'une Chine ou d'un État illibéral ou autoritaire.
10:55La deuxième chose, là pour le coup, ça renvoie à ce dont on parlait sur les réseaux sociaux,
11:00avec parfois tout un imaginaire autour de clowns, tueurs de CRS,
11:05on voit passer toutes sortes de choses.
11:06Et là, le cauchemar, l'épouvantail, c'est American Nightmare,
11:11cette série américaine dans laquelle pendant 12 heures,
11:15il est possible qu'une société se livre à toutes les exactions sans être punie.
11:20Parce qu'il y aurait besoin comme ça d'un grand défouloir, d'une grande catharsis,
11:23et donc il faudrait pouvoir tuer, piller, assassiner,
11:25sans faire l'objet de la moindre poursuite.
11:28Je crois que voilà, ces deux cauchemars-là,
11:31c'est ceux qui essayent d'éviter le gouvernement.
11:33D'une part, ne pas verser, ne pas prêter le flanc à des accusations d'autoritarisme
11:38parce qu'on interdirait aux gens de manifester
11:40et de faire entendre leurs justes revendications.
11:42Et par ailleurs, éviter le caractéristique.
11:45American Nightmare, sois-en.
11:46J'aimerais entendre Richard Ramos.
11:48Qu'est-ce que vous répondez à ceux, les organisations syndicales,
11:51certains responsables politiques, dirent,
11:53et ça pose quand même des questions en termes de liberté publique.
11:55Oui, mais ça pose des interrogations légitimes.
11:58Mais nos commerçants qui sont en train de crever,
12:01le mec qui se lève le matin, qui bosse 17 heures par jour,
12:04et qui n'arrive pas et qu'ils voient être pillés,
12:06qu'ils voient piller, il est normal qu'on le protège aussi.
12:09Et donc, c'est très compliqué, c'est à la fois permettre à ceux qui ont des choses à dire,
12:13parce qu'ils ne sont pas contents du gouvernement de pouvoir manifester,
12:17mais aussi de protéger ceux qui travaillent et ceux qui font commerce.
12:20C'est ça la difficulté.
12:22Et moi, je le dis très clairement,
12:25je pense qu'on ne peut pas aller dans une manifestation si elle n'est pas autorisée.
12:29Parce que ça veut dire qu'on décide tranquillement qu'on peut mettre le droit de côté.
12:34Non, mais le droit de manifestation, c'est pouvoir manifester.
12:36Mais le droit ne vous permet pas de manifester si la préfecture ne vous y a pas autorisé.
12:52Non, c'est faux, c'est faux, monsieur.
12:54Non, c'est faux.
12:55Vous avez confiance dans la justice ?
12:57C'est pas mal.
12:59Après, on a une possibilité, évidemment, de négociation.
13:03Mais vous vous rendez compte que le préfet, il est légitime
13:06quand il pense que ça met en danger l'avis des commerçants,
13:09l'avis économique des commerçants ou l'avis tout court des commerçants
13:13de dire à des gens qui veulent manifester, qui ont le droit de manifester,
13:16on va aller manifester à tel endroit.
13:19Et donc, c'est ça la difficulté.
13:20Et la difficulté qu'on a, c'est que quand on a beaucoup de manifestants,
13:23parce qu'il y a une vraie colère sociale,
13:24qui est, elle, légitime et elle a le droit de s'exprimer.
13:28Et il faut cette grosse colère sociale pour que des gens,
13:31des black blocs, des casseurs, des pilleurs se mettent à l'intérieur de ça.
13:35Et c'est ça la difficulté.
13:36Moi, je ne crois pas que les policiers, nos policiers,
13:39ils sont très contents d'aller essayer de faire une bagarre
13:44avec quelqu'un qui vient manifester.
13:45Je ne le crois pas, ça.
13:46Je ne le crois pas, absolument pas.
13:48Ils sont même, dans ceux que je rencontre, moi, sur le terrain,
13:50ils sont surtout là pour protéger le droit à manifester.
13:53Mais derrière, il n'empêche que nos commerçants, on en a besoin.
13:58Et si, de temps en temps, il faut interdire une rue
14:00parce qu'il y a un danger pour eux, moi, ça ne me gêne absolument pas.
14:05– C'est une erreur pour vous d'autoriser la manif dans le centre-ville à Bordeaux, par exemple ?
14:08– Moi, je l'ai dit, je connais la préfète,
14:10j'aime beaucoup qui était ma préfète, Sophie Broca.
14:12C'est une femme intelligente.
14:14– Mais là, vous êtes en désaccord, sur ce point.
14:16– En tout cas, à part si elle a des renseignements
14:17qui lui permettent de dire, et que je n'ai pas,
14:20parce qu'elle a des renseignements territoriaux,
14:22elle a des éléments que moi, je n'ai pas sur le terrain.
14:25Si elle pense qu'il n'y a aucun danger,
14:27dont acte, on lui donnera raison.
14:28Mais attention, si on pense qu'il y a le moindre danger,
14:32moi, je crois que dans la situation actuelle,
14:34il faut protéger nos commerçants.
14:35– Ce qu'il faut bien préciser, c'est que les préfectures,
14:38que ce soit à Bordeaux, à Paris ou ailleurs,
14:40n'ont pas à autoriser une manifestation.
14:43C'est-à-dire que c'est un pouvoir déclaratif,
14:46on déclare, c'est un droit constitutionnel,
14:48c'est dans le bloc de constitution.
14:50Ensuite, la possibilité pour la préfecture,
14:52c'est de l'interdire sur des fondements juridiques,
14:54sur la base, un risque de trouble à l'ordre public,
14:56ou que sais-je.
14:57Le seul juge de paix, et c'est celui qu'on attend
15:00pour Paris cet imprimidif,
15:01c'est le tribunal administratif, pardon,
15:03voire le conseil d'État, le degré supérieur.
15:06La difficulté aussi là-dedans.
15:08Vous voyez, il est 18h.
15:09La manifestation à Paris, il est prévue à 14h.
15:11On ne sait toujours pas où elle doit se tenir.
15:13Quelles sont les conséquences ?
15:14Parce qu'on attend la décision du tribunal.
15:16Parce qu'on attend la décision du tribunal administratif,
15:17qui peut elle-même faire l'objet encore d'un recours
15:20devant le conseil d'État.
15:21Donc, que font les manifestants qui souhaitent
15:23défiler tranquillement demain ?
15:25Que font les autorités ?
15:26Est-ce qu'on va sécuriser les deux parcours ?
15:29On peut imaginer que oui.
15:30Parce que les appels à se rassembler place de la Bastille,
15:35c'est interdit par la préfecture de police.
15:37On se doute qu'il y a quand même des personnes
15:38qui vont vouloir y aller, peut-être pour en découdre.
15:40Donc, on va sécuriser aussi ce secteur-là.
15:43On va sécuriser le parcours que la préfecture a voulu
15:45dans l'attente de cette décision du tribunal administratif.
15:48Et c'est pour ça que les organisations,
15:50et sans doute à juste titre,
15:51réclament aussi devant la justice administrative
15:53que les arrêtés prévectoraux soient pris
15:55au moins 24 heures à l'avance des manifestations
15:58pour pouvoir les contester, pour pouvoir s'organiser.
16:01Et ça prend du temps d'ailleurs,
16:02puisqu'on devait avoir la réponse vers 17h.
16:04Une heure plus tard, on ne sait toujours pas
16:06quelle sera la décision du tribunal.
16:07Oui, ça prend aussi du temps,
16:08parce qu'il y a beaucoup d'arrêtés qui ont été attaqués.
16:11Il y a beaucoup de décisions à rendre.
16:12On parle évidemment essentiellement du parcours de la manifestation,
16:15mais il y a aussi, on a attaqué l'arrêté sur les couvre-feux.
16:17Vous savez qu'il y a des couvre-feux en vigueur ce week-end à Paris.
16:20Oui, on a attaqué par exemple un arrêté
16:23interdisant ce qu'on appelle le transport des EPI,
16:26des équipements de protection individuelle.
16:29Ça aussi, ça a été attaqué par certaines associations
16:31parce qu'on estime que, par exemple,
16:33un journaliste qui veut couvrir la manifestation de demain,
16:37s'il transporte un casque, des lunettes de protection,
16:40peut-être qu'il ne faut pas lui interdire de le faire.
16:41Je rappelle effectivement ce couvre-feux à Paris.
16:45Deux zones de la capitale sont concernées,
16:47le secteur de la Place de la République et de Châtelet-Léal.
16:49Pour les nuits de samedi à dimanche, puis de dimanche à lundi,
16:52interdiction de circuler, donc de 23h à 6h du matin.
16:57Oui, je voudrais revenir sur deux points.
16:59Tout d'abord, l'itinéraire en centre-ville de Bordeaux.
17:03Comme disait M. le député,
17:06la préfète, elle ne se prononce pas comme ça au déboté.
17:10Elle a des éléments concrets, tangibles,
17:13qui lui permettent de se prononcer objectivement
17:16sur la possibilité de permettre le bon déroulement du cortège sur l'itinéraire.
17:21Il dit qu'elle a eu les garanties de sécurisation qui ont été données par les syndicats.
17:25Absolument.
17:25Les préfets ne sont pas inconscients, loin de là.
17:27Donc, si elle l'a fait, si elle a décidé, si elle a donné son accord,
17:31c'est qu'elle avait des éléments qui lui permettaient de le faire.
17:33Et qu'elle a les moyens d'assurer la sécurité de ce cortège
17:37sur l'itinéraire qui a été arrêté.
17:38Je rappelle que les itinéraires, ils peuvent être choisis et déterminés
17:43en fonction, comme l'a dit notre camarade,
17:46en fonction des risques de troubles à l'ordre public
17:48et de la capacité à assurer le bon déroulement du cortège.
17:51À partir de là, c'est quand même l'essentiel de permettre aux gens
17:53de manifester et de déambuler pour exprimer leur mécontentement.
17:59C'est la priorité de l'autorité préfectorale qui est responsable de l'ordre public.
18:03C'est la priorité des forces de l'ordre qui sont là pour protéger
18:06et qui sont là pour empêcher que d'autres viennent polluer le message qui est passé,
18:10d'autres viennent casser, d'autres viennent piller.
18:13Voilà, c'est important de le dire.
18:14Et on l'a bien précisé également, la décision de l'autorité préfectorale
18:18peut être remise en question par un référé liberté auprès du tribunal administratif
18:23et au-delà, on peut monter jusqu'au conseil d'État.
18:26La problématique après, c'est les délais.
18:27Le juge administratif peut se prononcer très rapidement.
18:31Le conseil d'État, c'est un peu plus long.
18:35Et on l'a vu la semaine dernière, ça a posé problème
18:37parce que la semaine passée, on l'a bien vu,
18:41la préfecture avait autorisé le parcours entre Bastille et Nation
18:44puis au dernier moment, on a déployé ça sur les boulevards des Maréchaux
18:48dans le sud-est de Paris
18:50et en fait, les organisations syndicales n'ont même pas eu le temps
18:52de saisir le tribunal administratif.
18:54C'est fait exprès ?
18:55En tout cas, ce qu'on peut dire, c'est qu'il ne faut jamais dépolitiser ce genre de débat
18:59parce qu'effectivement, il y a tout le débat sur le tribunal,
19:01le référé liberté, combien de temps ça prend, etc.
19:03Mais je pense qu'aujourd'hui, quand il y a des interdictions
19:05et effectivement un martèlement du gouvernement
19:07pour que notamment à Paris, qui n'est pas n'importe quelle ville,
19:10on est dans un pays extrêmement centralisé
19:11avec tous les organes de pouvoir à Paris,
19:14ceci extrêmement symbolique.
19:15Si le gouvernement incite pour que ce soit autant tenu
19:18en périphérie des villes, c'est là où vraiment j'insiste.
19:20C'est-à-dire que les violences, etc. ne sont que prétextes
19:24pour un gouvernement qui est extrêmement gêné par la mobilisation
19:27parce que ça vient appuyer sur une crise politique
19:29et sur une crise de régime qui est installée depuis des mois, voire des années.
19:33On efface certes un gouvernement d'illégal, mais en réalité illégitime.
19:37Et en fait, écarter les mobilisations des centres de pouvoir,
19:39c'est aussi une forme d'invisibilisation de nos mobilisations.
19:42Dans un contexte où le gouvernement est, comment dire,
19:45mis à pied dans la mesure où en fait il ne répond pas aux revendications,
19:48il nous offre des miettes, voire des arnaques.
19:50Je veux dire, il n'a répondu à rien, c'est-à-dire qu'on demande
19:53la fin de la sélection universitaire, on n'a eu rien sur ce sujet.
19:56La question c'est peut-être de changer le prénom de parcours, si vous voyez.
19:59On a demandé davantage de moyens pour nos universités et nos lycées.
20:03La réponse qu'on a eue, c'était peut-être de faire des prêts
20:05aux collectivités territoriales qui sont déjà extrêmement en difficulté.
20:09Quand on sait qu'il y a des milliards qui sont donnés à l'armée,
20:11des milliards qui sont faits aux entreprises avec des aides publiques,
20:16quand on sait qu'il y a des milliards à récupérer dans l'évasion fiscale,
20:18on est en train de se foutre de notre gueule.
20:20Mais ce gouvernement, il reste 5 mois avant que vous puissiez le pousser dehors
20:25et lui trouver un remplaçant. 5 mois.
20:27Mais attendez, vous pensez réellement que la crise politique
20:31va s'arrêter avec une élection présidentielle ?
20:33Il y a un bulletin dans l'urne.
20:34Vous pensez vraiment que ça ne fait pas plus de 10 ans ?
20:37Mais moi, monsieur, je suis militante révolutionnaire.
20:39Pardon, priorité au direct, Laurent Nunez.
20:41Est à l'hôtel de police de Rouen.