00:00Europe 1, 11h-13h, Christine Kelly et vous.
00:04Pour l'instant, nous parlons des droits de succession.
00:08Faut-il les supprimer comme le propose Sarah Knafo pendant que vous appelez au standard Europe 1 ?
00:14On a des réactions sur le sujet précédent, elle va nous les donner.
00:18Géraldine Hamon, je vais quand même rappeler que sur le classement PISA,
00:21Joachim Lefloquimade, lui, il a dit que l'étude, selon les résultats de l'étude, son surprise,
00:27ils sont cataclysmiques avec cette chute de 16 points en mathématiques en 3 ans.
00:33Gabriel Attal, le classement PISA est sorti, ses résultats ne sont pas seulement mauvais,
00:38ils sont alarmants, il a été ministre, il a été premier ministre,
00:41il a été ministre de l'éducation nationale, je suis à me la parenthèse.
00:43Ah bah oui, il avait même dit que c'était la mère des batailles.
00:45Mais après il est parti.
00:46Voilà, le décrochage, exactement, le décrochage de nos élèves, c'est le décrochage de notre pays.
00:51Bruno Rotaillot, du classement, les résultats du classement PISA viennent de tomber en 10 ans.
00:56La France a perdu 44 points en lecture, 38 en mathématiques au classement PISA.
01:03Voilà, et puis quelques réactions sur WhatsApp.
01:06Je suis enseignante, on a de plus en plus d'élèves avec un niveau de plus en plus faible
01:09et des handicaps divers et variés.
01:11Il faut réorienter en filière professionnelle,
01:13plutôt responsabiliser les parents pour veiller à l'apprentissage des leçons
01:18et alléger les effectifs.
01:20Il y a un autre message aussi, même lorsqu'on est des parents qui suivent et surveillent la scolarité de
01:26nos enfants
01:26et qui se désespèrent au quotidien du niveau, le système est plus fort que nous.
01:31Il m'a été reproché par le principal du collège d'avoir souligné des fautes d'orthographe de la part
01:35d'un professeur.
01:36Incroyable ! Merci beaucoup pour vos réactions sur le WhatsApp d'Europe 1 0182 39 21.
01:44On reprend notre fil sur la suppression des droits de succession,
01:48comme le propose Sarah Knafou.
01:50L'héritage est-il un impôt injuste, un impôt nécessaire ?
01:53Sarah Knafou propose de supprimer purement et simplement ses droits de succession.
01:58Elle considère qu'il s'agit d'un impôt injuste,
02:00une forme de confiscation d'un patrimoine déjà taxé du vivant des parents.
02:05Gabriel Cluzel.
02:06Non mais l'impôt sur la succession, c'est plus qu'un impôt, c'est une philosophie.
02:11Parce que c'est un matraquage de la transmission.
02:16La transmission, c'est une valeur aujourd'hui qui est très décriée.
02:19Et tout le monde louche dessus.
02:21Vous savez, je me souviens d'il y a Elbron Puvé qui avait dit
02:23« Oui, c'est injuste, l'héritage, ils vous tombent comme ça du ciel. »
02:26Mais oui, bien sûr, ils tombent du ciel.
02:27C'est vrai, nos parents sont morts, nos grands-parents, ils ont sué sang et eau pour nous laisser ça.
02:31Et c'est ce qui les a tenus.
02:32Ça a été le moteur de leur vie, comme nous, c'est de donner une vie meilleure à nos enfants.
02:35Et on voudrait le supprimer.
02:36Mais c'est absolument scandaleux.
02:38Alors pourquoi tout le monde louche dessus ?
02:39Parce que monsieur doit savoir ça mieux que moi.
02:42François Pirard.
02:43Voilà, et François Pirard.
02:45Je crois que ça s'élève à combien ?
02:479 000 milliards le montant de...
02:52Le gâteau de la succession.
02:53Au total, les droits de la succession en France, selon le périmètre qu'on retient,
02:57c'est entre 15 et 20 milliards d'euros.
02:59Non, mais parce que dans les dix prochaines années, je vais retrouver le chiffre que j'avais noté,
03:05on prévoit un transfert entre eux, puisque c'est la génération des baby-boomers qui, hélas, va partir.
03:10Donc ça fait une foule de gens.
03:13On prévoit un transfert de fortune extrêmement important.
03:16Mais plutôt qu'il aille à leurs enfants, l'État veut le spolier et louche dessus.
03:20Et pourtant, il y a des pays européens qui fonctionnent très bien sans droits de succession.
03:24Alors, je crois qu'il y a l'Autriche qui a très peu de droits de succession, la Hongrie, l
03:28'Italie.
03:28Vous savez, nous, là où on commence à...
03:31Un enfant est exonéré jusqu'à 100 000 euros.
03:33L'Italie, c'est 1 million.
03:35Donc vous voyez, ça ne touche plus les classes moyennes.
03:38Donc, on pourrait faire la même chose en France.
03:40Et pourquoi, Sarah Knafo, mais pas que, dit que c'est un impôt injuste ?
03:43Parce qu'en plus, c'est un impôt qui a déjà été...
03:45C'est de l'argent qui a déjà été taxé.
03:47L'impôt sur le revenu, les droits de mutation avec l'immobilier, et plein d'autres encore.
03:52Donc c'est vrai que, oui, je suis d'accord.
03:54Je trouve que c'est un impôt profondément injuste.
03:57Gabriel Kuzat sur Europe 1, Karim Aloum.
03:59Je trouve que ce n'est pas le seul impôt qui est injuste.
04:01Il y en a tellement d'impôts qui sont injustes.
04:03Malheureusement, le système français,
04:05qui est basé sur la distribution,
04:09on peut dire un budget de 15 à 20 milliards.
04:13C'est très compliqué pour un chef de gouvernement de le faire.
04:16Rappelons que, sur les successions,
04:19un peu de vérité aussi,
04:22l'INC a informé que 85% des successions
04:25ne sont pas soumises à l'impôt.
04:27C'est ainsi qu'il le dit.
04:28Donc il y en a 14%, environ 15% qui sont soumises.
04:31Et souvent, il faut être honnête,
04:33ce n'est pas tout le monde qui est taxé.
04:35C'est une partie, mais cette partie qui est taxée
04:36fait partie, fait fonctionner l'économie.
04:40C'est très, très important.
04:42C'est le moteur de la France.
04:43Ce n'est pas parce qu'il n'y a que 15%,
04:44donc ce n'est pas grave.
04:46Non, fait partie de l'économie.
04:47Aujourd'hui, la puissance d'un pays,
04:49c'est son économie.
04:50Aujourd'hui, l'économie française,
04:52à cause des déficits,
04:54à cause des intérêts de la dette
04:55et à cause des dépenses,
04:56on n'arrive pas à la faire fonctionner.
04:58Et taxer les gens qui font fonctionner l'économie,
05:01effectivement, c'est un impôt injuste.
05:03Mais on attendre aussi.
05:04Nicolas Kippé, il en a marre.
05:05Il en a marre d'être taxé.
05:06Taxé, taxé, taxé.
05:07Je donne le mot de la main à François Pira.
05:09Non, je vais simplement dire, préciser,
05:10c'est bien le chiffre qui avait sorti
05:12la Fondation Jean Jaurès fin 2024.
05:149 000 milliards d'euros de patrimoine
05:16pour être transmis en France
05:17entre 2025 et 2040.
05:19On comprend que ça en fasse rêver beaucoup.
05:20Pardon.
05:20Jean-Marie Cluzel sur Europe 1.
05:23François Pierrarre, fondateur de l'Observatoire Hexagone sur Europe 1.
05:26Comment vous, qu'est-ce que vous répondez,
05:28vous, à Sarah Knafow,
05:29vous qui êtes dans les chiffres,
05:31vous qui êtes de l'Observatoire de l'Hexagone,
05:33l'Observatoire Hexagone, pardon,
05:35lorsque vous voyez justement ce sujet
05:39des droits de succession ?
05:41Alors je pense qu'il y a deux débats.
05:42Il y a un débat qui est économique
05:43et un débat qui est moral.
05:44Le débat moral dont on vient de parler,
05:46je pense que Gabriel et Karim ont fait le tour,
05:49mais il y a effectivement aussi un débat économique
05:52qui part d'un point de départ
05:53qui est, on a énormément de dépenses publiques.
05:55Il faut donc beaucoup de recettes publiques
05:57et la question c'est,
05:58où on va chercher ces recettes publiques ?
06:00Aujourd'hui, la France est le pays
06:01qui taxe le plus le travail dans l'OCDE
06:04et taxer l'activité,
06:05c'est évidemment toxique pour l'économie.
06:07Et donc, on est tenté de se dire,
06:08on va aller taxer quelque chose
06:10qui est relativement neutre sur l'économie,
06:12on va taxer les successions.
06:13Mais là, on soulève un enjeu moral
06:16dont on a parlé,
06:17mais quand même quand on regarde le constat,
06:19on reste aujourd'hui le pays
06:21qui taxe le plus les héritages
06:23dans l'Union Européenne,
06:24en tout cas quand on le rapporte au PIB.
06:28Qui taxe le plus au niveau de l'Union Européenne.
06:31Mais je ne sais pas,
06:32j'ai posé peut-être une question
06:34un peu surprenante,
06:35comment le contribuable français
06:38peut-il s'élever contre ça ?
06:41Comment peut-il se dire, moi,
06:43à part partir à l'étranger,
06:45à part effectivement trouver,
06:46je ne sais pas,
06:47des détournements,
06:49je ne sais pas lesquels,
06:49mais comment le français peut-il faire face
06:53à cette succession de taxes ?
06:55Il nous écoute,
06:56il en a marre,
06:57il est taxé tout le temps,
06:58tu achètes un truc,
06:59tu as la TVA,
07:00tu as l'impôt sur le revenu,
07:01tu as une entreprise,
07:02c'est 30% sur l'entreprise,
07:04etc.
07:05Tu te lèves le matin,
07:05tu es déjà taxé.
07:06Tu te lèves le matin,
07:07tu as dit bonjour,
07:08tes mots sont taxés.
07:10C'est incroyable.
07:12Et pour autant,
07:12pendant ce temps-là,
07:14les dépenses continuent.
07:16Pour un résultat ?
07:17Et pour un résultat,
07:18voilà.
07:18Tu vas aux urgences,
07:19c'est le contraire des urgences,
07:20tu attends 3 jours,
07:21tu mets tes enfants à l'école,
07:23c'est la cata,
07:25tu vas à l'hôpital,
07:26etc.
07:26Tu n'es pas soigné.
07:28Comment, moi,
07:28je suis un français,
07:29je suis Nicolas,
07:30je paie,
07:30comment peut-on...
07:32Ma question est un peu bizarre,
07:33surprenante,
07:34vous n'avez peut-être pas la réponse,
07:35mais que peuvent faire les français ?
07:36Il y a trois niveaux.
07:38Il y a un premier niveau
07:38où quand même,
07:39on sent de plus en plus
07:40chez certains français
07:41une certaine résignation
07:42de se dire que ça ne sert à rien
07:44de gagner plus
07:44parce que la tranche marginale
07:47d'imposition est trop élevée
07:49et à la fin,
07:49on se satisfait de peu,
07:51en quelque sorte.
07:52C'est quelque chose
07:52qui mine profondément
07:55l'énergie vitale du pays
07:56et notre dynamique.
07:58Deuxième chose,
07:59ça peut être de l'optimisation
08:00à plusieurs niveaux.
08:01Ça peut être simplement
08:01faire des donations anticipées,
08:03essayer de donner
08:05le plus possible
08:05à ses enfants
08:07en amont
08:07de la succession
08:08d'une manière ou d'une autre
08:09ou bien des optimisations
08:10plus sophistiquées
08:11concernant les hauts patrimoines
08:13mais qui sont très largement pratiquées
08:14ce qui fait que
08:15comme c'est un impôt
08:16qui est très contourné,
08:16peut-être aussi
08:17qu'il n'est pas non plus
08:19très pratique
08:20à mettre en œuvre
08:21et qu'il est cautionnable.
08:22Et puis,
08:22le troisième moyen,
08:24c'est tout simplement
08:24par le vote
08:25parce que c'est quand même
08:26un sujet profondément politique
08:28et moral
08:28et nous sommes en démocratie.
08:30C'est évidemment tranché
08:31lors des élections.
08:32Il y a plusieurs offres politiques
08:34qui justement
08:35se positionnent là-dessus
08:35sur une réduction
08:37ou une suppression
08:37des impôts de succession.
08:39On peut considérer
08:40qu'on peut réduire les impôts
08:41parce que ça bloque l'économie.
08:43Mais il faut être honnête aussi.
08:44Il faut dire aussi
08:44qu'on doit s'attaquer
08:46à l'État-providence,
08:47à sa haute dépense.
08:48Si on ne s'attaque pas
08:49aux dépenses,
08:49on ne peut pas s'attaquer
08:50aux impôts.
08:51C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
08:52les candidats à l'élection présidentielle,
08:53ils ont facteur à régler.
08:54Le premier,
08:56réduire les déficits.
08:57Reduire la dette,
08:58baisser les impôts
08:59et relancer l'économie.
09:01Il faut conjuguer tout ça.
09:02Il faut être courageux
09:03de dire
09:03que l'État-providence
09:04est un obstacle.
09:05Il faut s'attaquer.
09:06Les dépenses,
09:07on doit les diminuer.
09:08Si on ne diminue pas
09:09les dépenses,
09:10je suis désolé,
09:10c'est très compliqué
09:11de baisser les impôts.
09:12Même ce dernier impôt
09:14dans lequel on cite
09:15sur les successions,
09:15on ne pourra pas toucher.
09:16L'État-providence
09:17est un handicap.
09:18On reviendra évidemment
09:19sur ces sujets.
09:21Merci infiniment
09:21François Appirard,
09:22fondateur de l'Observatoire Hexagone,
09:25d'être venu nous parler
09:26de ce classement PISA,
09:28de ces droits de succession.
09:30On va marquer une pause
09:32et puis on parlera
09:33du lancement des voix juives.
09:35Je ne suis pas juive,
09:37mais je défends les juifs.
09:39Moi je suis juif.
09:40Je ne suis pas catholique,
09:41mais je défends les catholiques.
09:43Je ne suis pas je ne sais pas quoi,
09:45mais je défends je ne sais pas quoi.
09:47On marque une pause,
09:49on revient sur Europe 1.
09:50Il est important
09:51que la France reste
09:52le pays des libertés.
09:54Merci d'avoir choisi
09:55Europe 1.
09:5511h-13h,
09:56c'est Christine Kelly
09:57et vous au 0182-39-21.
10:01Le numéro du standard
10:02d'Europe 1 est non surtaxé.
10:03Vous pouvez aussi envoyer
10:04vos messages et réactions
10:05sur WhatsApp 0182-39-21.
10:08A tout de suite sur Europe 1.
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