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  • il y a 1 semaine
Tous les jours, actualité, débats et bonne humeur rythment L'Heure des pros. Ce mardi, Pascal Praud reçoit Sophie Audugé pour parler de son livre "L'Éducation nationale en perdition".

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Transcription
00:00Sophie Audugé, l'éducation nationale en perdition.
00:02Alors, vous parlez du pédagogisme, vous parlez de la fin de l'autorité à l'école,
00:05vous parlez de la méthode globale contre le B.A.B.A., bon, etc.
00:09Tout ça, effectivement, mais on le dit, on le redit,
00:13mais depuis combien de temps on le dit, Sophie ? Donc, que faire ?
00:16Il faut accepter l'idée que c'est un système qui s'est installé au sein
00:21de ce qu'est évidemment aujourd'hui l'éducation nationale et ministère,
00:23mais qui est une nébuleuse réformatrice,
00:25qui a intégré dès les années 20, en fait, un syndicalisme de fonctionnaires instituteurs
00:30avec le SNI, la Ligue de l'enseignement,
00:32et que ça a constitué une nébuleuse qui n'a cessé de progresser
00:35et qui a réformé sans loi.
00:37C'est ce que j'explique dans le livre, c'est-à-dire que quand vous comprenez
00:40comment ça s'est fait depuis 1920, ensuite en 1936,
00:44puis ensuite quand ça a repris après dans les années 40, 50 et 60,
00:48vous comprenez bien que le système est totalement verrouillé de l'intérieur.
00:51La réalité aujourd'hui, c'est qu'aucun parti politique n'a accepté l'idée
00:58qu'il fallait rompre avec ce modèle-là, casser le système,
01:01pour revenir à une instruction publique, remettre l'éducation là où elle est,
01:05c'est-à-dire chez les parents.
01:06Mais les parents, ils n'éduquent plus, Sophie.
01:09Et alors ?
01:09Et alors ?
01:09Vous le savez comme moi, ils sont perdus dans...
01:11Ce n'est pas le rôle de l'école, ce n'est pas le rôle de l'argent public,
01:13Mais je suis d'accord avec vous, mais ils sont perdus.
01:16Pas tous d'ailleurs.
01:17Pas tous, loin de là.
01:19Ne vous inquiétez pas.
01:19C'est ceux qui ne sont pas perdus, croyez-moi, les enfants, ça marche.
01:22Alors, je vous donne un exemple, vous parliez de votre génération,
01:24vous avez été bachelier en 84.
01:2682.
01:27Pardon.
01:28En 20 ans, j'aurais été en retard.
01:3082.
01:32Non, mais c'est intéressant parce qu'on a quand même des données
01:34qui sont suivies, des données éducation nationale,
01:37donc françaises, qui suivent le calcul et le français.
01:41Et si vous comparez les premières et les dernières,
01:43donc on va comparer 87 à 2017, d'accord ?
01:46Le niveau en calcul de 50% des élèves de 87,
01:51c'est-à-dire le niveau médian, 50% ou au-dessus,
01:54est aujourd'hui atteint par 7% des élèves français.
01:58Vous mesurez ça, c'est-à-dire que les meilleurs de classe,
02:01c'est-à-dire les 2-3 meilleurs de classe aujourd'hui n'existent plus.
02:04Ils sont l'exception qui confirme la règle à peu près dans une classe sur 4.
02:09C'est-à-dire que c'est ça la réalité.
02:10Donc quand on dit aux profs, écoutez, montez le niveau,
02:13ils vont vous répondre, mais moi, elle est très mauvaise,
02:15qui représentait à peine un élève en 87.
02:17J'en ai 8 à 10 par classe, sur une classe de 26.
02:21Il y avait quand même des mauvais élèves quand j'étais en cours,
02:23il y avait des gens qui étaient largués, ça existait.
02:26Je ne vous dis pas le contraire.
02:27Je vous dis qu'aujourd'hui, c'est la norme, c'est la majorité.
02:30Donc les professeurs, ils ont quoi comme solution ?
02:32Faire un programme que 50% de la classe ne suit pas ?
02:35Ou s'adapter ?
02:36Et c'est bien ce que sort les résultats PISA 2025,
02:39qui viennent de sortir aujourd'hui.
02:41C'est-à-dire qu'évidemment, on décroche, évidemment,
02:44à l'OCDE, beaucoup décroche,
02:45mais nous, on décroche beaucoup plus fort,
02:47beaucoup plus vite que les autres.
02:48On aggrave encore les inégalités.
02:50Si on fait un examen, je vous disais, si on fait un examen, les gens,
02:53on fait un examen, par exemple, de passage.
02:56Avant, il y avait des examens de passage, le brevet,
02:58mais les parents, ils vont vous tomber dessus.
03:01Les parents, ils veulent que leur enfant fasse...
03:03Et alors, qui dirige ?
03:03Oui, c'est de la démagogie, ils ne vont pas voter pour vous.
03:07Bah tant pis.
03:08Bah oui, mais vous ne serez pas...
03:10C'est pas ce qu'on fait depuis des décennies ?
03:11Pour vous, on ne vote en rien.
03:12Bah oui.
03:12Je veux dire, quelle est la solution ?
03:14C'est qu'à continuer à être les moins bons du monde.
03:16Parce que là, vous êtes en train de former des ouvriers non qualifiés en masse,
03:23alors que tous les enjeux d'avenir sont sur un niveau en mathématiques,
03:28en sciences et en maîtrise de la langue, très au-dessus.
03:31Très au-dessus, les 10 et les 15 premiers.
03:32Il faut regarder le niveau de résultats qu'ils atteignent.
03:35Donc si vous voulez, après, il ne faut pas s'étonner qu'il y ait un décrochage de l'économie.
03:38Je veux dire, l'école est tout.
03:40Et vous avez parfaitement raison.
03:41Donc quand vous voulez remonter la France et l'économie française,
03:45vous n'avez pas 36 000 solutions.
03:46Vous remettez l'instruction publique à un très haut niveau.
03:49Mais vous avez parfaitement raison.
03:50Et le reste doit suivre.
03:52Et même si les parents ne sont pas d'accord, à un moment...
03:54Il y a trop de bacheliers et nous sommes d'accord.
03:55Bien sûr.
03:56Tout ça encombre le système.
03:58Après la fac, ils y vont, ils n'y restent pas.
04:01Mais même dans le budget, si vous voulez,
04:02on met beaucoup trop dans l'enseignement supérieur,
04:05sans objectif et sans finalité.
04:07Il n'y a aucune raison que l'argent public,
04:09l'argent du contribuable,
04:10paye des sections universitaires qui n'amènent sur aucun emploi.
04:14Ça n'a aucun sens.
04:15Il faut rationaliser ça et mettre beaucoup plus sur les premières années.
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