00:00Europe 1 Soir, 18h-20h, Pierre de Villeneuve.
00:04Toujours en compagnie de la sénatrice PS du Val-de-Marne,
00:08moi je me souviens à l'automne 2019, lorsque le PS fermait le très symbolique siège de la rue de
00:14Solferino,
00:14les journaux titraient « La fin du PS » où Macron dynamite le PS dans son envie de mettre fin
00:21au clivage gauche-droite,
00:22forcée de constater que les socialistes sont toujours là.
00:25Et c'est un doux euphémisme, puisque la primaire des socialistes va arriver.
00:30Écoutez, Raphaël Glucksmann, chez nos confrères d'RTL ce matin,
00:34le candidat place publique a estimé que François Hollande ne devrait pas être candidat.
00:39Je n'ose imaginer qu'il soit un président de la République.
00:42Non, je n'ose l'imaginer.
00:43Vous voyez bien, il n'y a encore pas que vous avons dit le reportage dans l'huit.
00:45Je pense qu'il sera avec nous, je pense que nous allons...
00:49Vous voyez bien qu'il attend que vous plantiez pour prendre la place.
00:51Mais je pense que beaucoup de gens attendent que je me plante.
00:53Et si vous voulez, ça fait même des années que beaucoup de gens attendent que je me plante.
00:57La bulle sondagière.
00:58Mais on ne comprend pas pourquoi il parle aux Françaises et aux Françaises.
01:00Mais je vais vous dire, il y a une chose très simple.
01:01C'est que moi, je parle aux Françaises et aux Françaises.
01:04Oui, non, simplement oui, non.
01:05Est-ce que François Hollande est trop à droite pour vous, comme il est trop à droite d'Olivier Faure
01:08?
01:09Oui, non. Est-ce qu'il est trop à droite pour vous ?
01:11François Hollande fera la campagne du candidat qui sera désigné de gagner l'élection.
01:16Mais moi, je vais rassembler, j'ai besoin de tout le monde.
01:19Laurence Foncilla a l'habitude de dire qu'on a la droite la plus bête du monde.
01:21Est-ce qu'on a la gauche la plus bête du monde qui commence déjà à se diviser ?
01:25À la gauche, elle était déjà divisée avant le début de ce processus de primaire.
01:29Et l'objectif de cette primaire est du moins celui de Raphaël Guxman, que je soutiens,
01:34et qui est le candidat effectivement pour lequel je vais voter et pour lequel je fais campagne dans la primaire.
01:39C'est justement de sortir de cette confusion qui est entretenue à gauche
01:45et d'offrir à la gauche une stratégie claire et un programme clair.
01:49Parce que dans tout ça, toutes ces candidatures, tous ces jeux stratégiques,
01:54il y a beaucoup de confusion qui est entretenue.
01:56Par qui ?
01:59Par ceux qui veulent être candidats.
02:02Par François Hollande.
02:03François Hollande, il a une position qui est un peu particulière,
02:06c'est-à-dire qu'il est un candidat qui n'est pas dans la primaire,
02:09mais qui se prépare pour au cas où il pourra être candidat.
02:12Est-ce que je souhaite que François Hollande soit candidat ?
02:15Non dans le processus qu'il a choisi.
02:18Moi je souhaite que la primaire désigne Raphaël Guxman,
02:22qu'elle clarifie un certain nombre de sujets très importants pour la gauche à laquelle j'appartiens,
02:27c'est à la gauche républicaine et démocratique,
02:29qui est entre autres la question des alliances avec la France insoumise.
02:33Je ne veux pas revivre...
02:34Mais ça il l'a dit, qu'il n'y aurait pas d'alliance.
02:36Je ne veux pas revivre ce que nous avons vécu au moment des municipales
02:40avec le premier secrétaire qui passe à la télé le dimanche soir
02:42pour dire qu'il n'y aura pas d'alliance avec la France insoumise
02:44et qui revient à la télé à la même heure le lendemain
02:48pour dire que tout compte fait on va faire des alliances avec la France insoumise.
02:51C'est une alliance technique.
02:52Cette confusion-là, je n'en veux plus,
02:54comme beaucoup de gens de gauche,
02:55comme beaucoup de socialistes dans les murs et hors les murs,
02:58c'est-à-dire des gens qui sont des électeurs de gauche,
03:00qui attendent que la gauche redresse la tête.
03:03Et je pense que, pourquoi je dis à propos de François Hollande,
03:05parce que François Hollande est candidat au cas où le candidat désigné échouerait.
03:11Et je pense que Raphaël Glucksmann, s'il est désigné, n'échouera pas.
03:15Jules Torres.
03:16Voilà.
03:17Petit commentaire de sondage qu'on a publié avant-hier dans le journal du dimanche.
03:21On voit bien qu'il n'y a pour l'instant pas de dynamique pour M. Glucksmann,
03:25que certes la primaire pourrait lui donner une dynamique,
03:27mais tout le pari de François Hollande et d'un certain nombre d'observateurs,
03:30c'est de dire que Raphaël Glucksmann, finalement, est trop faible.
03:33Et moi, il y a eu une image qui m'a quand même marqué,
03:35c'est hier devant le ministère de la Justice,
03:37où Raphaël Glucksmann est tensé par des militantes.
03:40Et c'est vrai qu'il ne réagit pas.
03:42Est-ce que vous ne trouvez pas que Raphaël Glucksmann est un petit peu trop mou,
03:45si je puis dire, pour ne pas être trop dur,
03:47pour gagner une élection présidentielle ?
03:49Face à Jean-Luc Mélenchon, qui quand même représente une radicalité
03:51qui est un peu conforme à ce qui se passe dans le pays.
03:54Alors, hier, place Vendôme, j'étais avec Raphaël Glucksmann,
03:57j'étais à côté de lui.
03:58Il y a une militante, mélenchoniste, très probablement,
04:04qui est venue expliquer à Raphaël Glucksmann
04:06qu'il n'était pas la gauche.
04:09Raphaël Glucksmann est resté extrêmement calme.
04:11Trop calme, peut-être ?
04:12Non, non, très calme.
04:13Et il a eu bien raison de rester calme.
04:15Mais par ailleurs, ce qui s'est passé à ce moment-là
04:18est tellement symptomatique de ce dont nous ne voulons plus,
04:21c'est-à-dire la France insoumise,
04:23les mélenchonistes qui viennent expliquer à la gauche
04:25qui est de gauche, qui n'est pas de gauche,
04:27qu'est-ce qu'une pensée de gauche,
04:28qu'est-ce qu'une bonne pensée de gauche,
04:29qui excommunie ou absolve les uns ou les autres.
04:31Le PS l'a fait pendant 40 ans, madame la sénatrice.
04:33Non, non, pendant 40 ans, le PS a été la force dominante à gauche
04:35et quand le PS était la force dominante à gauche,
04:37il savait s'allier avec d'autres gens autour de lui
04:40pour que la gauche gagne les élections en plusieurs reprises
04:43et gouverne.
04:44Et tout le contraire, en 2002...
04:47En 2002, vous avez Chevènement, Taubira...
04:53Non, pas Taubira, Chevènement...
04:54Si, Taubira, pardon, 5%...
04:57Un peu moins de 5%.
05:00Et qui a fait perdre à Jospin la possibilité d'être au second tour.
05:04Oui, mais honnêtement, ce n'est pas parce que Jospin a expliqué aux autres
05:07qu'ils n'étaient pas de gauche.
05:08Il y a quelque chose de très spécifique dans la manière
05:10dont la France Insoumise postule à être hégémonique à gauche
05:13et dans la manière dont ce sont eux qui disent
05:17qui est de gauche, qui n'est pas de gauche.
05:19Et hier, Raphaël Lussam a eu bien raison de rester calme.
05:21D'ailleurs, en fait, cette femme, il y a eu un événement,
05:25il y avait les caméras, donc ça a été diffusé.
05:27Mais ce n'est pas un épiphénomène ?
05:28Vous savez, partout où vous avez...
05:30Quand vous êtes candidat à l'élection présidentielle,
05:33partout où vous allez, vous allez rencontrer des gens
05:36qui sont vos adversaires, qui soutiennent vos adversaires.
05:38Il se trouve qu'hier, c'était la France Insoumise.
05:40Un jour, probablement, il rencontrera des électeurs d'autres de l'extrême droite
05:44qui viendront lui expliquer que peut-être il est trop de gauche.
05:47En tout cas, ce que je voudrais finir à mon propos,
05:49ce qui est clair, c'est que la candidature Raphaël Glucksmann,
05:52elle donne à gauche l'espoir d'une nouvelle séquence.
05:56Et cette nouvelle séquence, elle est fondée sur la clarté.
05:59Et tout ce qui s'organise sur l'élection présidentielle aujourd'hui
06:01dans cette primaire, vise à mettre de la confusion
06:04et d'un certain point de vue, à bordéliser la primaire.
06:06M. Golnadel.
06:08Mme Rossignol, je m'adresse à l'une des membres du Parti Socialiste
06:14qui a sans doute été la plus virulente contre la France Insoumise.
06:20Raison pourquoi j'ai l'estime pour vous.
06:22Est-ce que vous arrivez à comprendre que je ne peux pas
06:25pardonner à M. Glucksmann d'avoir mis son nom,
06:29ou du moins la signature de son parti,
06:33sur le même parchemin que le parti antisémite ?
06:35Pour moi, ce qu'il a fait est impardonnable.
06:39Est-ce que vous comprenez ma sensibilité ?
06:41Laurence Roussignol ?
06:42Oui, je comprends qu'il y a eu une séquence qui a été assez difficile,
06:45y compris pour Raphaël Luxman,
06:47qui venait de faire un très bon score pour la gauche
06:51et cinq points devant la France Insoumise,
06:54et qui n'est pas lui-même député national,
06:58qui est député européen,
06:59et qui a eu cette séquence de la dissolution,
07:02qui a amené à conclure des accords rapides.
07:07Effectivement, je peux entendre ce que vous dites,
07:09mais il faut faire aussi crédit aux gens de ce qu'ils disent
07:11et du cap qu'ils tiennent.
07:13Et Raphaël Luxman tient le cap là-dessus.
07:15Il le tient, il le tiendra.
07:17Et d'ailleurs, c'est pour ça qu'il est candidat.
07:20Pas simplement pour que la gauche comporte avec la France Insoumise,
07:23mais pour que la gauche puisse réfléchir,
07:26élaborer, construire un programme
07:28qui ne soit pas soumis aux injonctions permanentes
07:33de la France Insoumise en termes programmatiques
07:36et en termes idéologiques.
07:38Donc, il va tenir, il le tient,
07:40et les gens qui sont autour de lui sont avec lui,
07:42entre autres pour ça,
07:43et aussi parce qu'il a un programme qui est très sérieux,
07:46à la fois sur la transition écologique, sur la République.
07:49C'est un vrai républicain.
07:51Donc, on peut, effectivement, j'entends ce que vous dites,
07:53mais ce qu'il emporte aujourd'hui,
07:55c'est que c'est un vrai républicain, moderne,
07:57et qu'il prépare la transition écologique
07:59et aussi la restauration de la République.
08:01Laurence Rossignol, j'entends que vous êtes sénatrice et pas députée,
08:04mais est-ce que le PS va censurer le gouvernement sur le budget ?
08:06Je n'en sais rien.
08:07Honnêtement, je n'en sais rien.
08:09Non, mais je ne vais pas vous répondre aux choses.
08:10J'en sais rien pour plusieurs raisons.
08:12D'abord, parce qu'on ne connaît pas encore le budget,
08:14et j'entends, un jour, il y a une fuite,
08:15le lendemain, le Premier ministre porte plein de contrôles à fuite.
08:18Ça vous a fait rire ou ça vous a fait pleurer ?
08:19Non, ce qui m'étonne, c'est le Premier ministre
08:22qui porte plein de contrôles à fuite, c'est assez nouveau.
08:24C'est assez d'un gré.
08:26Je ne savais jamais...
08:27Bon, voilà, on va avoir plein de choses nouvelles,
08:28il faut être souple.
08:32Et on ne sait pas,
08:33je sais qu'il y a des mesures
08:35qui sont inacceptables.
08:37Comme ?
08:38Un certain nombre sur la protection sociale.
08:41Moi, je suis particulièrement intéressée sur ce sujet.
08:42Vous avez quoi dans la protection sociale ?
08:44Par exemple, tout ce qui se dit sur les arrêts maladies,
08:49sur le fait qu'on réduise la durée des arrêts maladies
08:53à 31 jours.
08:55Pour la première fois.
08:56Pour la première fois,
08:57il y a une vraie offensive contre les arrêts maladies.
08:59Je sais qu'il y a un sujet sur les arrêts maladies,
09:01qu'il y a une augmentation des arrêts maladies
09:03qui est un symptôme
09:04et qui devrait nous alerter.
09:06Mais on ne peut pas régler la question
09:08de pourquoi il y a plus d'arrêts maladies
09:09uniquement en réduisant les arrêts maladies.
09:11Je sais qu'il y a des mesures.
09:12Le gouvernement a renoncé cet été à une franchise.
09:15Je ne sais pas ce qu'il prépare.
09:16Sur la politique familiale,
09:17j'ai vu qu'il se préparait des choses
09:18qui n'étaient vraiment pas bien.
09:21Vraiment pas bien.
09:22En particulier,
09:23qui frapperaient les familles monoparentales,
09:26alors qu'elles devraient être la priorité
09:28de nos politiques sociales en faveur des familles.
09:30Donc, je sais qu'on attend de l'argent
09:32pour accompagner la loi intégrale,
09:34puisqu'il va y avoir...
09:35Justement.
09:36Voilà, on y vient.
09:37Au Parlement,
09:37l'Assemblée nationale va commencer cette semaine
09:39à discuter de la loi intégrale.
09:41J'imagine,
09:41et je fais le vœu,
09:42qu'elle soit votée à l'Assemblée
09:44puis ensuite au Sénat
09:45et qu'elle soit adoptée
09:46avant la fin...
09:48avant...
09:49mi-octobre,
09:49on va peut-être dire
09:50fin octobre.
09:51En même temps,
09:52il va falloir les moyens.
09:53Où sont les moyens dans le budget ?
09:54Pour le moment,
09:55je n'en sais rien.
09:56Et il en faut pour que la loi intégrale
09:57ne soit pas
09:58qu'une réforme du code pénal.
10:00S'il n'y a pas de moyens,
10:00est-ce que vous êtes d'accord
10:01pour ponctionner davantage
10:02les Français qui le sont déjà ?
10:05Pas tous.
10:06Ah,
10:07donc ça veut dire que...
10:08Pas tous.
10:09Certains.
10:09Je ne suis pas pour ponctionner
10:10davantage les Français qui sont déjà...
10:11D'ailleurs,
10:12dans le programme de Raphaël Guxman,
10:15il y a comme proposition
10:17le fait de redonner du salaire net aux Français.
10:21Redonner du salaire net.
10:22C'est un programme de tous les candidats.
10:24Non.
10:25Non, non, non.
10:25Ça dépend comment on le redonne.
10:27Ça dépend comment.
10:28Redonner du salaire net aux Français
10:31n'est pas le programme de tous les candidats.
10:33Ce n'est pas vrai.
10:33Alors, c'est un certain nombre de vous disent
10:34si, si, tous les salaires vont augmenter,
10:36mais on ne sait pas comment.
10:37On ne sait pas comment.
10:38On va dire aux entreprises
10:39d'augmenter les salaires.
10:40On va augmenter le SMIC.
10:41Moi, je ne suis pas défavorable.
10:42Au contraire.
10:43Mais en même temps,
10:44ça ne règle pas la question
10:45du pouvoir d'achat des salaires
10:46au-dessus du SMIC.
10:48Raphaël Guxman propose
10:49de baisser la CSG
10:51sur les salaires.
10:52Donc, de redonner
10:52du pouvoir d'achat aux Français.
10:54Merci beaucoup,
10:56Laurence Rosignol,
10:56d'avoir été avec nous.
10:5919h42,
10:59une pause
11:00et on se retrouve dans un instant.
11:01Tout de suite.
11:03Sous-titrage Société Radio-Canada