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  • il y a 4 jours
Classement PISA : «Chaque prof se considère comme maître dans sa classe», constate Olivier de Lagarde

Tous les jours, actualité, débats et bonne humeur rythment L'Heure des pros. Ce mercredi, Pascal Praud revient sur l'effondrement du niveau de la France dans le classement PISA.

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Transcription
00:00Tout le monde titre sur l'affaire Pisa, qui est, comme le dit très justement M. Jeffrey, préoccupant,
00:06mais ce n'est pas une surprise, puisqu'on le dit depuis la fabrique des crétins.
00:09En fait, tout ça écrit. Ce qui est fou, c'est que tout ça écrit depuis 30 ans.
00:13Les gens nous disaient « ça n'existe pas », etc. La fabrique des crétins, c'est Jean-Paul Brighelli.
00:18Je vais vous lire le tweet d'Éric Zemmour. Tout est dit.
00:21Éric Zemmour a merveilleusement résumé ce qui se passe dans l'école.
00:26Il fut un temps où l'école de la République française apprenait Clovis, la règle de Troie et l'accord
00:29du participe passé.
00:31Elles transmettaient des savoirs à nos enfants et leur apprenaient à aimer la France.
00:35Cette école aujourd'hui n'est qu'un lointain souvenir. On nous avait promis l'épanouissement.
00:39Nous avons obtenu l'ignorance malheureuse. On a expliqué à nos maîtres que le savoir était une violence.
00:43La note, une humiliation. L'orthographe, un privilège de classe.
00:46Ils ont obéi. Ils ont supprimé la dictée, le redoublement, l'histoire, le latin, la grammaire.
00:52Ils ont mis l'élève au centre et le professeur au fond de la salle.
00:56Ils délivrent le baccalauréat à 9 candidats sur 10 pour que nul ne pleure.
01:00Et ils s'étonnent aujourd'hui que nos enfants ne lisent plus.
01:03Et puis il y a ce chiffre que 30 ans de bonne conscience nous ont interdit de prononcer.
01:0757 points d'écart de niveau entre les élèves autochtones et les élèves immigrés.
01:11Une école qui n'instruit plus, ne peut plus assimiler.
01:14Un pays qui accueille sans limite, fabrique méthodiquement ses propres fractures.
01:18Les deux mots ne font qu'un.
01:20Bon, c'est un pays qui s'effondre.
01:22Alors, il n'y a pas que la France, il y a l'Occident.
01:23C'est toute la chute de l'Occident.
01:25C'est-à-dire que la Chine, Taïwan, Singapour est premier.
01:28Donc ça aussi dit quelque chose de cet Occident tel qu'il est aujourd'hui,
01:32qui a dominé le monde.
01:33Et c'est la fin.
01:34Vous disiez tout.
01:36Olivier Delagarde.
01:37On ne baisse pas sous l'assaut de ces pays qui réussissent.
01:40On baisse par volonté d'abaissement.
01:43C'est un demi-siècle de pédagogisme,
01:45de prise en otage de l'éducation nationale par l'idéologie,
01:49par les syndicats, par le déni, etc.
01:52Et pourquoi on ne s'inspire pas de ce qui marche ailleurs ?
01:55C'est quand même étonnant.
01:56Mais oui, et ce qui est drôle, alors évidemment,
01:58ça renvoie à Emmanuel Macron, je l'ai dit.
02:00Il n'est pas responsable de tout.
02:01Il n'a rien fait.
02:02Il a parlé.
02:03Il n'a rien fait.
02:04Il a parlé dans tous les domaines.
02:06Il n'a rien fait.
02:07Dix ans de Macron, champ de ruines.
02:10Terrible.
02:10En fait, le bilan est terrible.
02:12Je vous assure.
02:13C'est rare.
02:14Évidemment, c'est le pire bilan d'un président
02:16sous la Ve République.
02:18C'est le pire bilan.
02:19Je voulais vous faire écouter, par exemple,
02:20ce qu'il avait dit en 2000.
02:22Et après, je vous donne la parole, Olivier.
02:24Parce qu'effectivement, ce président qui n'est responsable de rien,
02:28je le dis pour Marine Lançon,
02:29c'est un son d'avril 2023 ou 2024.
02:33C'est le dernier son qu'on voulait écouter d'Emmanuel Macron.
02:36On l'interroge sur le cassement PISA il y a trois ans.
02:38Il dit, mais ce n'est pas de ma faute
02:39puisque les réformes n'ont pas été mises en place.
02:41Là, les réformes, elles ont été mises en place.
02:43Et c'est pire.
02:44Et c'est pire.
02:45C'est-à-dire qu'il n'a rien fait.
02:47C'est ça le reproche que tu peux faire à un président.
02:49Il n'a rien fait.
02:51C'est incroyable de ne rien faire, quand même.
02:53C'est incroyable de ne pas prendre de décisions.
02:55Écoutez ce que disait Emmanuel Macron,
02:57c'est en janvier 2024.
03:00Pourquoi les résultats PISA sont mauvais ?
03:03Parce que les résultats PISA sont faits sur des classes
03:05qui n'ont pas été touchées par les réformes
03:07qu'on a conduites au premier quinquennat.
03:08Attendons ceux qui ont eu à suivre.
03:10Donc moi, j'assume.
03:10Vous me parlez de résultats qui ne sont pas liés
03:12aux réformes qu'on a faites.
03:14Ben attendons, j'assume.
03:15Ben non, il n'assume pas.
03:16Il n'assume pas.
03:17Il n'a rien fait.
03:19C'est un président qui n'aura fait que parler.
03:22Mais avec un talent extraordinaire.
03:24Vous disiez que tout le monde est d'accord sur le constat.
03:26C'est vrai, ce matin dans la presse, finalement,
03:27ça fait la une de tous les journaux.
03:29Mais ensuite, sur les raisons de cet échec,
03:34là, il y a une grosse différence, si vous voulez.
03:36Il y a ceux qui disent, c'est la faute des écrans.
03:38C'est la faute des parents.
03:40C'est la faute à pas de chance.
03:42Et puis finalement, il faut relativiser.
03:43Et puis ce matin, il y a quand même ceux qui disent,
03:47et si l'éducation nationale était responsable ?
03:49Et si les profs, vos chers profs,
03:51avaient également leur part de responsabilité
03:54dans ce naufrage véritablement de l'éducation ?
03:59Mais c'est toute une génération.
04:00Qu'est-ce qu'on peut faire ?
04:02Quand je dis solution radicale,
04:04il y a des solutions radicales que tu peux prendre en économie.
04:06Mais là, c'est toute une génération.
04:07Tu fais comment pour reformer les profs ?
04:10Olivier Delagarde.
04:11C'est faire exposer l'éducation nationale
04:13et confier l'éducation aux régions.
04:15Ça sera probablement la seule façon de faire,
04:18et encore là, bon courage,
04:19peut-être revenir sur l'emploi à vie dans l'éducation nationale.
04:22Peut-être revenir sur l'emploi à vie dans l'éducation nationale.
04:25Faire des contrats de profs de 5 ans.
04:27Comme en Suisse, pourquoi pas ?
04:30En tout cas, les solutions, elles doivent être vraiment radicales.
04:32Mais c'est toute une génération.
04:33Et qu'est-ce qui incarne ça ?
04:35On a écouté hier Marine Tondelier.
04:37Elle incarne la chute, évidemment, intellectuelle.
04:40culturelle de connaissance de ce pays.
04:42C'est-à-dire que vous avez quelqu'un
04:42qui se présente à la présidence de la République
04:43qui ne sait même pas qui est Georges Pompidou.
04:45Non, mais c'est effrayant.
04:46En fait, c'est un pays qui est devenu effrayant.
04:48Il paraît qu'elle a fait Sciences Po au Lille.
04:50Oui.
04:51Et elle n'a jamais entendu parler de Pompidou.
04:53Oui.
04:54C'est quand même inquiétant.
04:55Éric Nolot.
04:55Moi, je voudrais prendre une comparaison avec le football.
04:58La filière de formation française est excellente, exemplaire.
05:02C'est-à-dire qu'on sort chaque année
05:03pour le plus grand bonheur des championnats étrangers, des champions.
05:05Si tout d'un coup, au bout de cinq ans de formation,
05:08on ne sortait que des joueurs qui ne mettent pas un pied devant l'autre,
05:11on dirait qu'il y a quelque chose qui ne va pas, il faut changer.
05:13C'est ce qui se passe dans l'éducation nationale.
05:15Un lycéen sur trois ne comprend pas un texte de 400 mots.
05:18C'est-à-dire qu'un lycéen sur trois n'a rien compris
05:20à votre éditorial tout à l'heure.
05:21Il avait l'impression d'entendre du Heidegger dans le texte.
05:24Moi, je dis, devant un pareil constat d'échec,
05:26il faut tout reprendre à zéro.
05:27Ce ne sont plus des réformes.
05:29Ce ne sont plus des réformettes.
05:30Il faut tout changer.
05:31Donc, les réformes ne servent plus à rien.
05:33Le mot radicalité s'applique à l'éducation nationale,
05:36comme à beaucoup d'autres domaines.
05:37À tout.
05:38C'est-à-dire que tu as attendu tellement longtemps en tout,
05:41je ne suis même pas sûr qu'on y arrive.
05:42Parce que je ne suis même pas sûr que quelqu'un veuille le faire.
05:45Parce que l'insécurité, la dette, le chômage, la retraite, tout ça,
05:50seules des mesures radicales pourront changer ce pays.
05:54Autrement, on continue.
05:56Et on s'enfoncera, c'est le Titanic.
05:58Et ça va un peu plus lentement que le Titanic.
06:01Vous voulez qu'on voit le sujet ?
06:03Peut-être l'effondrement de le niveau scolaire.
06:05Et puis, alors, ce monsieur Jeffrey, il est génial.
06:08Tiens, on va l'écouter, là.
06:10Il dit, c'est une alerte.
06:11Ils sont déconnectés.
06:13Mais franchement, moi, je vais vous dire...
06:15Attendez, tous ces prédéces, c'est la réalité.
06:16Moi, ils me mettent en colère.
06:18Il ne sort pas de rien, Jeffrey.
06:19Parce qu'il était directeur des programmes avant,
06:21de l'éducation nationale.
06:22Certes, il est ministre depuis peu de temps.
06:24Il le sera pour peu de temps encore.
06:25Mais en fait, c'est vraiment un apparticle
06:28de l'éducation nationale.
06:29Mais comment on peut...
06:30Ces gens qui se disent intelligents,
06:33mais c'est quoi l'intelligence ?
06:34C'est voir.
06:35Et voir, c'est quoi ?
06:36C'est agir.
06:37Qu'est-ce qu'ils font ?
06:38Rien.
06:39Mais ils ne peuvent pas agir.
06:40Rien.
06:40Rien.
06:41On nous dit que le président Macron est intelligent,
06:43mais il n'a rien fait.
06:44Je vais me faire l'avocat d'Edouard Jeffrey à un instant.
06:47Charlotte a raison.
06:48C'est-à-dire qu'avant lui, il y avait un déni.
06:50Au moins, il affronte la réalité.
06:51Et moi, de ce que j'ai entendu de sa part,
06:52c'est le retour de l'orthographe.
06:54Je vous avoue que c'est élémentaire.
06:56Mais c'est le retour de l'exigence de l'orthographe
06:57dans les évaluations.
06:59Il n'est pas défavorable au groupe de niveau.
07:01Honnêtement, ce n'est pas le pire
07:02des ministres de l'Éducation nationale
07:03que nous avons eu.
07:04Il dit, je veux le retour de l'orthographe.
07:06Et puis, les correcteurs du bac disent,
07:07non, non, nous, on s'en fout.
07:08Après, qu'ils ne soient pas suivis, c'est autre chose.
07:10Non, mais qu'ils ne soient pas suivis,
07:11qu'il ait de l'autorité dans son ministère.
07:12Pour moi, dans les intentions, je trouve que c'est...
07:19C'est un résultat qui constitue une alerte collective,
07:22plus qu'une alerte même.
07:24Il y a une dimension un peu alarmante collectivement.
07:27Parce qu'en réalité, on est sur un point de rupture
07:28universel dans l'éducation.
07:30Ce qui est en train de se passer,
07:31c'est que partout dans le monde,
07:31et dans tous les pays développés,
07:33on est en train de déléguer, en fait.
07:35On a délégué, c'est-à-dire l'éducation,
07:36le savoir, etc., aux réseaux sociaux, aux numériques.
07:40Et ce que dit très bien PISA,
07:41c'est qu'il y a un impact des réseaux sociaux,
07:44de la consommation des réseaux sociaux,
07:45de la surexposition aux écrans,
07:46qui est démesuré.
07:47Et dans le même temps, les parents
07:51ont pris une distance par rapport
07:53à la scolarité de leur enfant,
07:54et s'y impliquent beaucoup moins.
07:55C'est de la faute des parents.
07:57Ce qui n'est pas faux, d'ailleurs.
07:58Non, mais il n'a pas tort.
08:00Il n'a pas tort.
08:01Jamais il ne dira que c'est la faute des profs.
08:03Non, mais il pourrait surtout dire
08:04que c'est de notre faute à nous, l'administration,
08:06autrement, il ne sert à rien.
08:07En fait, il devrait prendre sa propre responsabilité.
08:10Évidemment que les parents déconnent, complètement.
08:13Parce que parfois, ils sont perdus, d'ailleurs, les pauvres.
08:15Et il n'y a plus de...
08:17Bon, c'est vrai.
08:17Mais quand les parents font ce qu'il faut faire,
08:20c'est-à-dire pas de portable, etc.,
08:22croyez-moi, l'autorité, là, ça marche avec les enfants.
08:25Et la réussite des enfants, c'est la volonté des parents.
08:27Il n'y a pas de souci.
08:28Les parents déconnent, c'est sûr.
08:29Mais ils pourraient simplement dire
08:30l'État déconne.
08:32Charlotte Dornela.
08:33Il y a plusieurs choses.
08:34Déjà, les profs, je pense qu'on peut régler
08:36le problème de la bureaucratie
08:37avant celui des profs qui sont factuellement
08:39tous les jours devant des élèves.
08:40Et honnêtement, moi, j'en croise toute la journée
08:43des profs qui sont dans l'alerte maximum
08:46depuis des années et des années
08:47et qui continuent à faire le job.
08:48Donc, il y en a peut-être qui posent problème.
08:50Mais honnêtement, c'est surtout le ratio.
08:52Et comme dans beaucoup d'autres endroits,
08:55administratifs de l'éducation nationale
08:56qui ne voient jamais un élève
08:57et qui peuvent être loin
08:59et idéologues, évidemment, loin des élèves,
09:02et les professeurs qui sont encore sur le terrain.
09:05Déjà, il faut peut-être distinguer ça
09:06et commencer par le début.
09:07La deuxième chose sur les parents.
09:08Moi, je veux bien qu'on reproche tout aux parents.
09:10Mais j'aimerais bien savoir exactement
09:11ce qu'on leur reproche.
09:12De ne pas s'occuper de leurs enfants.
09:13Non, non.
09:14Alors, ça.
09:15C'est assez simple, d'ailleurs.
09:17Par rapport à l'école.
09:17Non, non, mais par rapport à l'école.
09:19Bon, déjà, les parents...
09:19De faire des enfants et de ne pas s'en occuper.
09:21Mais eux-mêmes sont démunis.
09:22Déjà, les parents, aujourd'hui,
09:23sont les élèves d'hier, du même système.
09:25Oui.
09:26Au bout d'un moment, ça a des conséquences.
09:27Ça, c'est sûr.
09:28Ce n'est pas juste des élèves pour toujours, les gens.
09:30Ils deviennent parents, eux aussi, en fait.
09:33Donc, eux, ils ont des lacunes.
09:34Ils n'arrivent pas à accompagner leurs enfants.
09:36Mais je note que ce matin,
09:38on leur reproche de se tenir trop loin de l'école.
09:40Et tout le reste de l'année,
09:41on explique qu'ils sont en permanence dans l'école
09:42et qu'ils empêchent les profs de travailler.
09:44C'est un peu vrai aussi.
09:45Oui, mais alors, du coup, je ne sais plus.
09:48Mais il y a une chose.
09:48C'est un peu vrai aussi.
09:49Ils viennent contester l'autorité du maître.
09:51C'est un peu vrai.
09:52C'est un peu vrai.
09:53D'accord.
09:54Et donc, comment les remettre,
09:56remettre les parents à leur place ?
09:57Certes, on peut leur demander,
09:57sur le terrain de l'éducation,
09:59de faire leur boulot et de le réclamer.
10:01Et ça, ça appartient aux politiques.
10:03Et à l'école, de laisser l'école faire.
10:05Mais pour ça, par quoi faut-il commencer ?
10:07Peut-être par arrêter de défier les parents
10:09sur le terrain éducatif à l'école.
10:11Quand vous avez un ministre, Vincent Payon,
10:14qui vous dit le rôle de l'école
10:15est d'arracher les enfants
10:17à leurs déterminismes familiaux,
10:19ah ben moi, je suis la mère de famille,
10:20ouais, je viens dans l'école.
10:21Et puis, à toutes les heures,
10:23pour savoir exactement ce qu'on explique à mon enfant,
10:25sur le terrain,
10:26tous les débats sociétaux,
10:27s'invitent à l'école.
10:28Toute l'année, vous avez remarqué,
10:29d'ailleurs, on dit en permanence,
10:30tel ministre, il est opposé à tel,
10:32il n'y a aucune cohérence
10:33entre les ministres de l'Éducation nationale.
10:35Aucune cohérence sur des débats de société.
10:37Ce n'est pas sur la méthode de lecture,
10:39on n'en a jamais entendu parler, en fait.
10:40Donc, c'est savoir
10:41quel débat de société on installe à l'école,
10:43à quelle heure,
10:44est-ce que l'éducation sexuelle,
10:45c'est le matin ou le soir,
10:46et par quelle association,
10:47et laquelle on subventionne,
10:48et laquelle on fait venir
10:49sur le racisme, la sexualité,
10:52l'écologie, tout ça.
10:53On fait de la com.
10:54On fait de la com pour les médias.
10:55On fait de la com pour France Inter,
10:57pour ses émissions.
10:58C'est pire que de la com,
10:59parce que quand vous défiez ainsi
11:00les parents sur le terrain,
11:01éducatifs et même idéologiques,
11:03eh bien, vous les invitez
11:04à s'inviter dans l'école.
11:06Or, si vous recentrez sur l'instruction,
11:08vous dites, écoutez, chacun son job.
11:09On est co-éducateur, factuellement,
11:11donc on doit bien s'entendre,
11:13mais sur le terrain de l'instruction,
11:14on va vous demander de rester
11:16à l'écart du commentaire sur les notes.
11:17Mais vous ne pouvez le faire
11:18que si vous restez à votre place
11:20en tant qu'instructeur,
11:22instructeur et non pas éducateur,
11:23à la place des parents
11:24et surtout avec la volonté revendiquée
11:26de les défier sur le terrain
11:28de l'éducation.
11:29Donc peut-être qu'on pourrait
11:30commencer par ça.
11:30Par ailleurs, ça aiderait aussi
11:32à recentrer sur les heures
11:33de maths, de lecture,
11:34parce que, et je termine avec ça,
11:37le rôle de l'école.
11:38Quand on vous dit,
11:39on va mettre tous les débats
11:40qui nous agitent en permanence,
11:41nous, adultes,
11:42on va les intégrer à l'école
11:43parce qu'il faut ouvrir
11:44les enfants sur le monde,
11:45il faut les aider
11:47à sauver la planète, etc.
11:49Mais le rôle de l'école,
11:50c'est de leur apprendre à lire,
11:51à compter,
11:52à comprendre un texte
11:53de 400 mots
11:54pour qu'ensuite
11:55ils soient suffisamment libres
11:56et intelligents
11:57pour participer
11:58à ces débats de société.
11:59Là, ça s'appelle
12:00de la pure manipulation.
12:02Quand l'intelligence
12:03n'est pas encore formée
12:04et qu'on leur impose...
12:05Je suis d'accord avec vous,
12:05mais l'impulsion
12:05qui n'a pas été donnée
12:06par celui qui gouverne le pays,
12:08qui préside le pays.
12:10Quand vous avez...
12:11combien de ministres
12:12de l'éducation nationale
12:13en huit ans ?
12:15Quand vous avez Blanquer
12:16et Papendiaï,
12:17quand vous n'avez aucune cohérence
12:19comme toujours
12:19chez Emmanuel Macron,
12:21quand il n'aura fait
12:21que parler, parler, parler
12:23et ne rien faire
12:25et ne jamais être cohérent
12:26et ne jamais mettre les mains
12:28dans le cambouis
12:29pour faire, agir, agir...
12:31Vous avez raison,
12:32mais il faut réfléchir avant d'agir.
12:34Vous savez,
12:34on apprend ça à un jeune.
12:36Et on me dit
12:37que cet homme est intelligent.
12:38Mais si tu es très intelligent
12:39et que tu ne fais que des bêtises.
12:42Je veux dire...
12:44Ou alors...
12:45Qu'est-ce que ça veut dire ?
12:46Il n'aura jamais pris les taureaux...
12:48En fait, c'est la mère des batailles,
12:51l'éducation nationale.
12:52Et il y a trois ans,
12:54il est dans la négation.
12:55Il aurait dû être à l'école
12:56tous les jours
12:57depuis dix ans.
12:58Tous les jours !
12:59Et mettre les mains
13:00dans le cambouis.
13:01C'est la mère
13:01de toutes les batailles.
13:03Il ne l'a pas fait.
13:04Et c'est pire.
13:05Et c'est un drame.
13:07Donc,
13:08qu'est-ce que vous voulez
13:08que je vous dise ?
13:09Il y a bien un moment
13:10où il y a bien des responsabilités
13:11dans ce pays.
13:11Et il te dit
13:12on a tenu.
13:13On a tenu.
13:14Mais enfin,
13:14c'est un drame.
13:15Le pays est un drame.
13:16Non, mais il faut virer des gens.
13:18Il faut virer des gens.
13:19Il faut faire.
13:20Mais au moins,
13:20faire quelque chose.
13:21Idéologiquement,
13:22c'est une évidence.
13:23Enfin, je veux dire,
13:23quand on a le débat
13:24sur la méthode syllabique
13:26et que vous avez
13:27certains syndicats
13:29ou formateurs de profs...
13:31Eh bien, tu imposes.
13:31Tu imposes,
13:32tu prends le pays à terre.
13:33Mais vous ne pouvez rien imposer.
13:35Mais alors,
13:35on ne peut rien faire.
13:36C'est le problème.
13:37C'est-à-dire que chaque prof
13:39se considère
13:40comme maître dans sa classe.
13:41Mais c'est ça,
13:42la réalité.
13:42Mais ce n'est pas une question de profs.
13:43Ce n'est pas une question de profs,
13:45On leur impose...
13:45Enfin, quand tu es un patron,
13:46tu donnes une impulsion
13:48sur le sujet.
13:48Les profs ne sont pas du tout
13:49libres dans leur classe.
13:50Ça ne marche pas comme ça,
13:50l'éducation nationale.
13:51Monsieur Jeffrey,
13:52ministre de l'éducation nationale,
13:53un jour voit la Vierge
13:54et dit
13:55tiens,
13:55il faudrait remettre
13:56l'orthographe à l'école
13:57après avoir fait le contraire
13:58en tant que numéro 2
13:59de l'éducation nationale
14:00pendant des années.
14:01Les inspecteurs d'académie
14:02lui ont fait un bras d'honneur
14:03en lui disant
14:03on n'en a rien à foutre.
14:04Eh bien, tu les vires !
14:05On n'en a rien à foutre
14:06de vos instructions.
14:07Eh bien, tu les vires !
14:07On va continuer à corriger
14:08sans tenir compte de l'ordre.
14:09Eh bien, tu les vires
14:10à ce moment-là.
14:11Qu'est-ce que tu veux
14:11que je te dise ?
14:12Tu prends des solutions
14:14radicales.
14:14Bon courage !
14:17Bon courage !
14:18Eh bien, en fait,
14:18on ne peut rien faire avec vous.
14:21Non, mais c'est pas nous !
14:24Vous me fascinez, en fait.
14:26C'est pas nous !
14:26C'est pas nous !
14:27Je vous dis simplement
14:28le système, simplement.
14:29Vous explique que vous ne pouvez pas
14:29ramasser la table
14:30à être en béton armé,
14:31que c'est une bastille
14:32à démanteler,
14:33que ça va faire.
14:34Non, c'est une bastille.
14:35Mais non, on peut faire des choses,
14:36mais il ne suffit pas
14:37de faire des phrases.
14:38Il ne suffit pas
14:39de faire des phrases.
14:40Effectivement,
14:41la révolution,
14:41ce serait d'arraser,
14:42peut-être, je ne sais pas,
14:43de transformer
14:44le ministère de l'Éducation nationale
14:45en ministère
14:46de l'instruction publique,
14:47mais on en est très, très loin.
14:48Non, mais la régionalisation,
14:49c'est une bonne piste.
14:50Il faut arrêter.
14:51Bon, écoutez ce que dit Bruno Le Maire.
14:53Bruno Le Maire,
14:53qui a été au pouvoir,
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