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  • il y a 7 semaines
Tous les jours, actualité, débats et bonne humeur rythment L'Heure des pros. Ce mercredi, Pascal Praud reçoit Éric Lombard à l'occasion de la sortie de son livre "Dispas ça, tu vas finir par te faire virer".

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Transcription
00:01Eric Lombard est avec nous.
00:02Dis pas ça, tu vas finir par te faire virer.
00:04C'est chez Albain Michel, l'ancien ministre des Finances raconte.
00:06D'abord, vous êtes chez Viré ?
00:08Alors, ça ne fait pas référence en particulier au gouvernement,
00:12puisque le gouvernement, d'ailleurs, j'ai pas été renouvelé, ce qui est différent.
00:15Mais pourquoi vous n'avez pas été reconduit ?
00:17Vous étiez...
00:17Je ne sais pas...
00:18Ah si, vous savez.
00:19Non.
00:20Ah si.
00:20Non.
00:21Ah aussi.
00:22Non, mais il y a sûrement une raison.
00:23Dites-nous les choses, autrement ce n'est pas amusant.
00:27Dites-nous...
00:28Ce qui est intéressant, c'est de dire la vérité.
00:30Et la vérité, c'est que...
00:31Vous savez bien.
00:32Je ne sais pas.
00:33Arrêtez.
00:34Moi, je ne vous crois pas.
00:36Vous avez forcément une idée.
00:37Je ne mens pas.
00:38Peut-être que j'étais un peu encombrant, encore que j'ai été loyal.
00:43Non, la réalité, c'est que...
00:44Qui vous vire ?
00:45Dans la vie politique...
00:46Qui vous vire ?
00:47C'est Emmanuel Macron ?
00:49Dans la vie politique, il n'y a pas de DRH.
00:50Justement, vous parliez de DRH.
00:51Ah bah si, c'est Emmanuel Macron.
00:52De façon très simple, le Premier ministre m'a appelé un dimanche en disant
00:55« Je suis désolé, tu ne seras pas dans l'équipe. »
00:58Je dis « Bon, je te remercie de m'avoir prévenu. »
01:00Il m'a dit « Le Président de la République t'appellera sans doute pour te remercier et t'en
01:03parler. »
01:03Il t'a appelé ? Il vous a appelé ?
01:05Non, mais...
01:07Il ne vous aimait pas alors ?
01:10Vous l'avez revu ?
01:11Je l'ai croisé à une cérémonie à l'Elysée.
01:14On a eu des propos chaleureux, mais anodins.
01:19Et c'est pas...
01:20Enfin, franchement...
01:21Quel monde, quand même !
01:22Non, mais moi, j'essaie de comprendre, M. Lombard.
01:26Il y a sûrement une raison.
01:27Votre politique, est-ce votre personnalité ?
01:30Vous lui avez dit des choses.
01:31Il y a sûrement des raisons.
01:32Il y a sûrement des raisons.
01:34Je ne pense pas que ce soit très important.
01:37Et quand on est dans le monde politique,
01:39et je le contourne depuis très longtemps,
01:40on sait que c'est comme ça que ça fonctionne.
01:42Il ne faut pas s'en formaliser.
01:43Moi, je le vois à l'inverse.
01:44J'ai eu l'honneur de servir à la Caisse des dépôts
01:47et au gouvernement, de faire des choses.
01:50Ce que j'en ai tiré, c'est ce que je disais tout à l'heure rapidement.
01:53Ces deux enseignements, c'est possible de bouger les choses
01:56pour autant qu'on le veuille et qu'on ait une vision claire,
01:58y compris dans le fonctionnement de l'administration,
02:00y compris dans des réformes importantes.
02:02Et c'est une question de clarté de vision de Gaulle.
02:07Et vous diriez, est-ce qu'Emmanuel Macron a une clarté de vision ?
02:09Oui.
02:10Et sa vision était très juste en 2017.
02:13Et ce qui a péché, mais ce qui a péché historiquement
02:17ces dernières années sous la Vème République,
02:19c'est à partir de la vision, l'exécution.
02:23Et c'est vrai que dans l'entreprise, on apprend à mettre en œuvre
02:25ce qu'on décide.
02:26Et dans l'État, on fait les textes.
02:29Et puis après, on pense que l'administration suivra,
02:31que l'intendant suivra.
02:32– M. Lombard, j'entends ça, j'entends ça,
02:36ça c'est, comment dire, la défense, la plaidoirie de l'aile madame.
02:40J'entends ça depuis dix ans.
02:41– Ce n'est pas une défense, c'est une proposition.
02:43– Le président, ce n'est pas de la faute du président,
02:44quand ça sort du bureau, le président dit, je veux que ce soit en blanc,
02:48et déjà quand on sort du bureau, un conseiller dit,
02:50oui, il a peut-être dit crème, et puis ça va finir en rouge.
02:52C'est la défense que j'entends depuis dix ans.
02:55Elle ne me convainc pas.
02:57C'est à lui de mettre en charge.
02:58– Ce n'est pas une défense, c'est une proposition.
03:00D'abord, il y a quand même un petit peu de critique,
03:02peut-être, dans ce commentaire,
03:04puisque la responsabilité de l'exécution,
03:07elle relève aussi du pouvoir politique.
03:08– Évidemment.
03:09– Simplement, ce que je constate, c'est que ce n'est pas dans la tradition
03:11et dans les savoir-faire des responsables politiques,
03:14et d'ailleurs, ce n'est pas leur rôle.
03:16– Mais ce n'est pas vrai ce que vous dites.
03:18Un jour, il y a eu, comment dire, un prisonnier
03:22qui s'est évadé de l'île de Ré.
03:24Il y avait le bagne.
03:25De Gaulle, il a licencié le préfet,
03:28il a licencié tout le monde.
03:29Toute la chaîne.
03:31Il a pris des décisions.
03:34Donc, il y a des...
03:36C'est quand même...
03:37Parce que vous me dites, le politique n'a jamais rien fait,
03:40c'était l'administrateur qui suivait.
03:41– Oui, mais la question n'est pas d'analyser ce qui s'est passé,
03:44ce qui est votre rôle et que vous faites.
03:48Et mon sujet, c'est comment est-ce qu'on traite ça à l'avenir.
03:50– Oui, je suis d'accord.
03:51C'est ça qui est important.
03:53Et donc, d'abord, il faut considérer que c'est bien
03:54aux responsables politiques de s'en occuper.
03:56Et moi, je fais une proposition très simple
03:58de constituer auprès du Premier ministre,
04:00et ça ne coûte pas d'argent parce que c'est une petite équipe,
04:03qui s'occuperait de l'organisation de l'État.
04:06Quand François Béraud était Premier ministre,
04:08il l'a revu.
04:09– Non, non, non, c'est pas...
04:10Le commissariat au plan, c'est la prospective.
04:12– Je vous l'assure, je vais tomber de ma chaise.
04:14Si vous dites que le ministre ne s'occupe pas
04:16de l'organisation de l'État, mais il sert à quoi ?
04:18Un ministre, ça ne sert à rien,
04:19c'est comme dans le film de Louis de Funès.
04:21– Le ministre...
04:22– Je ne sais rien faire.
04:23– Quand est-ce que c'est la dernière fois
04:25où vous avez vu un ministre s'occuper
04:27de réorganiser son ministère ?
04:29Eh bien, c'était Christian Sauterre,
04:32quand il a réorganisé le ministère des Finances
04:33avec la fusion de la Compta et de la DGFIP.
04:36Et c'est vrai que ce n'est pas dans la tradition française
04:38d'organiser le fonctionnement de l'État.
04:42François Béraud l'a fait en revoyant le rôle des préfets
04:44et en redonnant aux préfets responsabilité
04:46dans le département.
04:49parce que ça n'est ni dans la tradition
04:52et je pense que c'est ça qui a...
04:55Je consacre un chapitre du livre à cette question
04:57parce qu'elle est vitale.
04:58Encore une fois, on peut commenter les raisons
05:00pour lesquelles ça n'a pas été fait.
05:04Vous dites qu'il faut une vision claire du courage
05:06et vous nous avez dit aussi qu'il faut une union
05:09de la gauche et de la droite contre les extrêmes,
05:11tous ensemble.
05:12Comment vous voulez avoir une vision claire
05:13et agréger tout le monde sur des antagonismes pareils ?
05:17Sur le point de l'organisation,
05:18c'est vraiment un sujet que tout le monde doit prendre en compte
05:21parce que ça n'a pas été fait, il faut le faire.
05:23Sur la vision claire,
05:26je n'ai pas dit de nous rassembler le centre
05:27contre les extrêmes.
05:28J'ai dit que nous devons avoir un projet
05:30qui est le projet des partis de gouvernement
05:33dans ce qu'ils ont en commun,
05:35la vision européenne,
05:36la transformation énergétique,
05:37plus d'équité,
05:38qui soit suffisamment mobilisateur
05:40pour que ce projet gagne
05:42et gagne contre effectivement
05:44ce qui sera en face,
05:45qui sont les deux extrêmes.
05:46mais on ne va pas gagner les élections
05:48en disant qu'il ne faut pas que le RN gagne,
05:50il ne faut pas que l'EFI gagne.
05:51On va gagner les élections
05:52en disant que notre projet
05:54est le meilleur projet pour la France.
05:56Et vous, vous allez vous engager ?
05:57Vous avez un candidat ?
05:57Je suis déjà engagé, me semble-t-il.
05:59J'ai fait des contributions sur l'Europe,
06:01sur le budget.
06:01Mais vous êtes avec Edouard Philippe,
06:02vous êtes avec Gabriel Attal.
06:04Je suis indépendant.
06:06Je dis ce que je pense.
06:07Je remercie d'inviter un indépendant.
06:09Mais vous êtes proche de qui ?
06:10Vous êtes candidat ?
06:11Oui, c'est pour ça que les...
06:13Je vais vous répondre clairement.
06:14Vous êtes le plus proche de celui-là aujourd'hui.
06:16Je fais...
06:17Bruno Retailleau ?
06:17Non.
06:18Je suis...
06:19Innombant.
06:20J'ai échangé encore hier soir
06:22avec un de ses proches.
06:23Et j'ai bien travaillé avec Bruno Retailleau,
06:25qui est un républicain
06:26pour qui j'ai du respect.
06:27Je connais bien les dirigeants
06:29du Parti socialiste.
06:30Je connais bien Edouard Philippe.
06:31Je connais bien Gabriel Attal.
06:32Je connais bien François Hollande.
06:34Je suis en dialogue.
06:35Vous avez un dialogue.
06:36Vous vous engagez ?
06:36J'ai un dialogue.
06:37Aujourd'hui, avec personne,
06:39et je leur dis les yeux dans les yeux,
06:40parce que je souhaite d'abord
06:41qu'on se mette d'accord sur le projet,
06:43avoir un projet mobilisateur.
06:45Et après, nous verrons,
06:46et tout le monde y traite dans son coin,
06:48quelle sera l'incarnation.
06:49Et l'incarnation, c'est quelque chose
06:51qui viendra plus tard.
06:52Et la raison pour laquelle
06:53je ne me suis engagé auprès de personne,
06:55c'est que pour le moment,
06:56il n'y a ni un projet,
06:58ni un candidat
06:59qui me convainque suffisamment.
07:03Et j'attache beaucoup d'importance
07:04à la question de la méthode.
07:05J'en ai déjà parlé
07:06depuis que je suis sur ce plateau.
07:07C'est-à-dire,
07:09comment est-ce qu'on va construire
07:10une majorité
07:11pour pouvoir régler
07:13les problèmes qui existent
07:15et qui sont nombreux ?
07:16Et ma conviction,
07:17c'est que ce sera une coalition,
07:19comme on l'a fait
07:20de façon implicite
07:21pour faire le budget 25,
07:23avec les parties
07:24ou des parties
07:25de cette question.
07:26Voilà le...
07:27Vous attendez que François Hollande

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