00:04Depuis le 1er septembre 2026, toutes les entreprises assujetties à la TVA doivent être en mesure de recevoir les factures
00:11électroniques.
00:12Les grandes entreprises et ETI, elles doivent également commencer à les émettre électroniquement et à transmettre les données attendues par
00:20l'administration.
00:21Une réforme donc majeure qui concerne plusieurs millions d'entreprises et qui bouleverse le marché de la facturation pour comprendre
00:28cette réforme.
00:29Et aussi du côté des plateformes, je suis ravie d'échanger en visio avec Stéphanie Oshaby qui est directrice générale
00:35de Quaiant France.
00:36Merci beaucoup d'être avec nous.
00:39Merci, merci de m'accueillir.
00:41Alors Quaiant accompagne déjà les entreprises, ce n'est pas nouveau pour vous de créer des facturations électroniques.
00:47Mais qu'est-ce que cette obligation change concrètement dans votre activité ?
00:53Alors effectivement, ce n'est pas nouveau pour nous puisque nous avions déjà des solutions qui permettaient aux entreprises de
01:03recevoir et d'émettre leurs factures de manière électronique ou de manière papier.
01:10On est multicanal, on est sur multicanal.
01:13Ce qui là en fait fait la différence, c'est donc la structuration et donc le passage de la facture
01:23qui est donc un document qui devient en fait des données que l'on va passer dans des systèmes qui
01:29vont pouvoir être analysées de manière beaucoup plus détaillée.
01:33Donc ça change énormément en termes de technologie puisqu'on parle d'une technologie où on émet un document à
01:40une technologie où on envoie et on reçoit des données.
01:44Est-ce que vous avez réussi à absorber cette montée en puissance ? Comment ça s'est passé pour vous
01:49ce 1er septembre ? Est-ce que c'était un flux difficile à gérer ?
01:57Non, alors ça s'est bien passé. Je vous avouerais qu'on a eu un petit peu, voilà, la veille
02:03était assez dynamique, un petit peu l'angoisse de l'an 2000, pour les plus âgés qui s'en souviennent.
02:13Donc non, voilà, on croisait les doigts. Et puis non, le 1er septembre s'est très bien passé. Nous avons
02:21déjà un certain nombre de milliers de factures qui passent dans nos systèmes sans problème.
02:27Voilà, donc très, très positif en tout cas ce départ. Alors bien sûr, il y a encore beaucoup de choses
02:33à faire. La réforme a été une réforme qui est très complexe à mettre en musique.
02:41On a eu de la DGFIP, donc des instructions assez tardives pour certaines des fonctionnalités, par exemple, fonctionnalités qu'on
02:53appelle B2C, donc des factures, le traitement des factures aux clients finaux.
02:59Ça s'appelle le e-reporting. Donc ça, ce sont des choses qui se mettent en place un petit peu
03:05tardivement, du fait qu'on a reçu des instructions tardives.
03:08Mais, et puis beaucoup de cas d'usage à mettre en place. Donc voilà, ça va encore nous prendre, occuper
03:13nos équipes de développement encore pour des semaines, voire des mois.
03:19Mais en tout cas, voilà, là on traite, je dirais, la grosse majorité des flux et les choses se passent
03:24bien.
03:25Et vous avez, vous êtes rendu compte, en tout cas, est-ce que la masse de vos clients a augmenté
03:32d'un coup, d'un seul ? Parce que c'est vrai qu'il y en a pas mal qui
03:35n'étaient pas encore tout à fait préparés.
03:37Est-ce que tout d'un coup, vous avez eu un nombre de clients nouveaux en une semaine ?
03:44Alors, en une semaine, non. Donc nous, ça fait des mois que l'on prépare, voilà, c'est des mois
03:49et des mois que l'on prépare, en fait, donc la facturation électronique, que ce soit encore une fois pour
03:55l'entrant ou le sortant.
03:56Donc, la priorité, ça a été de mettre en conformité nos clients existants et donc aussi de signer des nouveaux
04:06clients.
04:07Donc oui, on a eu un gros afflux de nouveaux clients. Pour vous donner une idée, on a eu une
04:17grosse augmentation de nos commandes, plus de 11 fois ce que l'on faisait, par exemple, l'année dernière à
04:26la même époque.
04:28Voilà. Mais ça peut être aussi des clients existants qui ont pris une solution de facturation électronique qui avait déjà
04:34peut-être une autre solution de Quadiant.
04:36Il y a à peu près 150 plateformes agréées par l'État. Vous, pour vous mettre en conformité, qu'est
04:43-ce qu'il a fallu faire ? Est-ce que ça représentait un investissement important de votre part ?
04:49Alors, ça représente un gros investissement. Je ne peux pas vous dévoiler le chiffre, mais oui, ça représente un investissement
04:56important en R&D, en développement.
05:00Voilà. Même pour des sociétés qui avaient déjà des solutions, je dirais, qui traitaient en fait la facture comme une
05:08donnée.
05:09Donc, par exemple, des sociétés qui ont des technologies type EDI. Donc, même pour ces sociétés, oui, la facturation électronique
05:18a demandé du développement supplémentaire.
05:20Et donc, un investissement important. Voilà.
05:27Pour se mettre en conformité, voilà, ça passait par quoi pour être agréé ?
05:33Alors, pour être agréé, donc, alors, outre le fait qu'il faille, justement, pouvoir émettre et recevoir des factures des
05:42autres plateformes,
05:44l'interopérabilité est très importante. Donc, répondre à tout le carrier des charges de la DGFIP.
05:51Être aussi capable, donc, d'avoir un niveau de sécurité important. Donc, là aussi, il y a toute une demande
06:00de la DGFIP sur toute la partie sécurité
06:03pour être sûr, eh bien, que, voilà, les plateformes ne soient pas victimes, donc, de piratage informatique.
06:11Toutes les plateformes doivent être sur, donc, des serveurs ou sur une technologie qui s'appelle Secnum Cloud,
06:17qui est donc une technologie, alors, franco-française, avec des serveurs franco-français, donc, qui ont un niveau de sécurité
06:26très, très important.
06:28Et puis, donc, passer les différents audits, donc, de la DGFIP.
06:34Oui, justement, vous avez prononcé le terme sécurité. C'est vrai que c'est ce qu'on entend, en tout
06:37cas, dire des entreprises quand elles parlent de leurs craintes.
06:40Vous, comment est-ce que vous vous assurez que tout ça n'est pas poreux et est en vase clos
06:48?
06:50Alors, on a, en fait, tout un dispositif d'infosécurité qui est mis en place.
06:57On est ISO 27001. C'est aussi, d'ailleurs, un des prérequis pour être plateforme agréée.
07:04C'est l'être ISO 27001. Ça suppose, donc, voilà, un niveau de process, donc, très, très important.
07:14Voilà, on est sur des plateformes hyper sécurisées.
07:18On a mis en place toute une structure, en fait, autour des données,
07:27qui fait que, normalement, nous sommes, voilà, tout à fait, enfin, nous ne sommes pas poreux et potentiellement victimes de
07:37piratage.
07:38Quand on voit qu'il y a à peu près 150 plateformes agréées, vous, comment est-ce que vous avez
07:43fait pour vous différencier ?
07:45Et aussi, est-ce que c'était une opportunité, cette réforme, pour vous faire connaître, proposer d'autres services ?
07:55Tout à fait. Alors, nous, en fait, encore une fois, on proposait déjà des solutions que l'on appelle des
08:00solutions de pré-comptabilité
08:04qui permettent d'automatiser, en fait, donc, la gestion des flux entrant ou sortant,
08:11d'automatiser, donc, ces flux-là et de les digitaliser pour pouvoir rentrer des données directement dans les ERP.
08:19Donc, c'est vraiment des services, en fait, qui sont offerts aux entreprises, enfin, vendus aux entreprises,
08:25afin de digitaliser, en fait, tout leur processus financier, de pouvoir aussi offrir, donc, à la fonction finance,
08:33eh bien, l'opportunité d'avoir, donc, des outils adaptés à la gestion opérationnelle,
08:42voilà, des flux financiers permettent aussi de faire le lien avec les opérationnels de leurs entreprises.
08:49Donc, ça, c'était des solutions que l'on vendait précédemment,
08:53et c'est vrai que la facturation électronique nous a permis d'accélérer la vente de ces solutions.
09:00On se rappelle qu'encore l'année dernière, seulement 25% des entreprises en France étaient équipées,
09:05donc, on avait un gros déficit d'équipements, de solutions digitales en France,
09:10et la facturation électronique a permis, donc, d'accélérer cet équipement, donc, de solutions digitales,
09:17et donc, effectivement, des sociétés comme Coalient d'en bénéficier.
09:21Comment vous les sentez, les entreprises, sur cette digitalisation,
09:26et puis ce changement interne de culture d'entreprise ?
09:31Est-ce qu'elles ont pris le pas ?
09:33Alors, je dirais qu'il y a un petit peu deux écoles.
09:38Donc, certaines ont embrassé, en fait, ce changement,
09:41et l'ont vu comme une opportunité, justement, d'aller beaucoup plus loin,
09:45de réfléchir à l'ensemble de leurs process,
09:47à réfléchir à comment la finance pouvait être, justement,
09:50beaucoup plus intégrée dans le quotidien opérationnel de l'entreprise.
09:55Donc là, voilà, il y a eu une vraie réflexion autour de la digitalisation des process,
10:00ce qui, pour moi, était vraiment l'opportunité de cette réforme.
10:05Et puis, certaines ont vu plutôt ça comme une contrainte,
10:08et ont juste cherché à se mettre en conformité,
10:12sans pour autant changer la manière dont ils travaillaient.
10:17Voilà.
10:17Je pense que dans les prochains mois, dans les prochaines années,
10:21ceux-là verront ou seront obligés, de toute façon,
10:26d'avoir une réflexion sur la digitalisation des process financiers beaucoup plus poussés.
10:31Est-ce qu'on a des données, des chiffres, pour comprendre un peu comment la digitalisation,
10:37et surtout la facture électronique, peut améliorer la rapidité, le business, en fait, tout simplement ?
10:44Est-ce qu'on a des cas concrets d'application de cette efficacité digitale
10:49qui peut apporter un meilleur business, tout simplement ?
10:54Oui, tout à fait.
10:55Alors, par exemple, pour citer quelque chose d'un petit peu...
11:01Par exemple, je pense à la finance embarquée.
11:05Donc, la finance embarquée, on voit qu'il y a...
11:07Enfin, le marché de la finance embarquée, c'est un très, très gros marché.
11:10La finance embarquée, pour ceux qui ne savent pas, c'est l'accès, en fait, aux services financiers
11:17qui sont donnés aux entreprises par des outils qui ne sont pas forcément des outils bancaires.
11:22Par exemple, l'accès à des sociétés de factoring, du financement,
11:27qui peuvent venir par des outils qui ne sont pas votre banque, par exemple,
11:32qui ne sont pas des canaux traditionnels.
11:35Et en fait, on voit que la facturation électronique, par la transparence qu'elle permet d'avoir autour des données
11:44et surtout l'immédiateté de la donnée et du reporting, en fait.
11:52Vous pouvez maintenant, vous n'êtes plus dépendant d'avoir votre comptable qui saisit, peut-être en fin de mois,
11:59etc.
12:00Donc, vous avez toujours un décalage, vous avez toujours un décalage avec, par exemple, votre niveau de trésorerie.
12:06Eh bien, quand est-ce que vos clients vont pouvoir vous payer, etc.
12:09La facturation électronique au cœur, justement, d'un dispositif qui permet de digitaliser les factures entrantes,
12:18mais aussi d'avoir une meilleure compréhension de comment payent vos clients,
12:23d'avoir une meilleure compréhension, une vision de vos DSO, vous rajoutez ça, un petit peu d'intelligence artificielle,
12:31eh bien, vous avez plus de prédictibilité.
12:33Ça, par exemple, ça peut vous donner aussi une meilleure et une confiance dans, par exemple,
12:38la trésorerie dont vous avez besoin dans six mois, comment vous serez capable de rembourser,
12:42et puis, donc, d'avoir accès à des outils qui vous permettent, justement, d'accéder, par exemple, à du factoring
12:50de manière extrêmement simple.
12:52Merci beaucoup, Stéphanie Oshaby.
12:54Je vous rappelle que vous êtes directrice générale de Coyante France.
12:58Et merci à vous toutes et tous de nous avoir suivis.
13:00C'était Smartéco.
13:00Sous-titrage Société Radio-Canada
13:06Sous-titrage Société Radio-Canada