00:04L'inauguration, le 10 septembre 2026, de l'Université Internationale Briscotaire Oliguiema du Cap Esterias illustre une méthode que le
00:14Président de la République entend imprimer à l'action publique.
00:17Reprendre les projets longtemps immobilisés, accélérer leur exécution et parvenir à leur livraison effective.
00:23Lancé en 2008 sous Omar Bungo Ondimba, puis resté en sommeil pendant près de 15 ans, le chantier universitaire a
00:29été relancé en 2024 avant d'être achevé deux ans plus tard.
00:33Au-delà de l'infrastructure, cet aboutissement pose désormais la question de la généralisation de cette logique aux nombreux projets
00:39publics inachevés du pays.
00:41Au Gabon, les chantiers abandonnés, ralentis ou indéfiniment reportés en l'entend constituer l'un des symboles les plus visibles
00:47des difficultés d'exécution de la dépense publique.
00:49Routes, établissements scolaires, structures sanitaires ou équipements administratifs ont parfois survécu à plusieurs exercices budgétaires sans atteindre leur terme.
00:58L'Université du Cap Esterias offre à cet égard un cas emblématique.
01:02Initie en 2008, elle aura attendu 2024 pour connaître une véritable relance avant d'être inaugurée en septembre 2026.
01:09C'est dans cet écart entre près de 15 années d'immobilisme et deux années d'exécution que se dessinent
01:15ce qui pourrait être qualifié de méthode Oliguiema.
01:18La première caractéristique de cette approche tient à la reprise des projets existants.
01:22Dans un pays où chaque nouveau cycle politique peut être tenté d'imprimer sa marque à travers de nouvelles infrastructures,
01:28achever ce qui a déjà été engagé constitue également une question de rationalité budgétaire.
01:33Les sommes précédemment investies n'acquièrent véritablement leur utilité publique que lorsque l'ouvrage entre en service.
01:40Le cas du Cap Esterias est particulièrement parlant.
01:43L'infrastructure aujourd'hui livrée s'étend sur 11 hectares, compte 14 bâtiments, un amphithéâtre de 386 places, des résidences
01:50ainsi qu'un hôtel-restaurant pédagogique.
01:52Sa première phase doit accueillir 4000 étudiants avec une capacité appelée à atteindre 12 000 places.
01:58Autrement dit, la relance n'a pas consisté à effacer le projet antérieur mais à conduire à son terme une
02:04infrastructure dans le pays.
02:06Attendez déjà la réalisation.
02:08La deuxième dimension de cette méthode réside dans la recherche de résultats visibles et mesurables.
02:12Une annonce, une cérémonie de lancement ou la pose d'une première pierre ne constituent pas en elle-même une
02:17politique publique aboutie.
02:19Pour l'usager, seul compte finalement la mise à disposition effective de l'infrastructure promise.
02:25En ce sens, passer du chantier à l'ouvrage livré modifie le critère d'évaluation de l'action gouvernementale.
02:31Cette logique peut aussi constituer un instrument de discipline administrative achevé rapidement, suppose de suivre les calendriers, résoudre les blocages
02:39administratifs, sécuriser les financements et demander des comptes aux entreprises adjudicataires, corps aux administrations chargées du suivi.
02:47La méthode ne pourra toutefois être véritablement appréciée que si cette exigence d'exécution devient systémique et ne dépend pas
02:54uniquement de l'intervention directe du chef de l'État.
02:57Car la célérité ne peut constituer à elle seule un critère de réussite.
03:01Un chantier achevé doit respecter les normes techniques, répondre aux besoins pour lesquels il a été financé et disposer des
03:07ressources nécessaires à son fonctionnement.
03:09Dans le cas de l'université du Cap-Esterias, le défi se déplace désormais du BTP vers l'enseignement.
03:15Enseignants, équipements pédagogiques, programmes, laboratoires, maintenance et financement devront suivre.
03:22C'est précisément sur ce terrain que la méthode de Liguingema devra faire ses preuves dans la durée.
03:26Finaliser un chantier est une première victoire sur l'inertie.
03:29Assurer son fonctionnement 5, 10 ou 15 ans après sa livraison relève d'une politique publique durable.
03:36L'efficacité ne peut donc se mesurer au seul ruban coupé, mais au service effectivement rendu au Gabonais.
03:42L'expérience du Cap-Esterias pourrait ainsi servir de matrice à une politique plus large d'achèvement des investissements publics.
03:48Celle-ci supposerait d'inventorier les chantiers inachevés, d'évaluer leur taux d'exécution, les montants déjà décaissés, les besoins
03:55financiers restants à couvrir et leur utilité actuelle avant d'établir des priorités.
04:01Tous les anciens projets ne méritent pas nécessairement d'être poursuivis.
04:04Ceux qui répondent encore à un besoin public devraient en revanche pouvoir être conduits jusqu'à leur terme.
04:09C'est peut-être là que se situe le véritable enjeu de la méthode, passer d'une volonté présidentielle de
04:14concrétiser et finaliser à une culture administrative de l'achèvement.
04:19Si le Cap-Esterias démontre qu'un projet vieux de près de deux décennies peut finalement sortir de terre,
04:24la prochaine étape sera de faire en sorte qu'au Gabon, terminé ce qui a été commencé, cesse d'être
04:29présenté comme une performance exceptionnelle pour devenir la règle ordinaire de l'action publique.
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